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 NOS ANNÉES RÉCRÉ A2, 1978 - 1988

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Astre*Solitaire

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MessageSujet: NOS ANNÉES RÉCRÉ A2, 1978 - 1988   NOS ANNÉES RÉCRÉ A2, 1978 - 1988 Icon_minitimeJeu 5 Aoû - 15:43

Nos années Récré A2, 1978 - 1988


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de Sébastien Carletti, 2013, aux éditions Falmmarion



Depuis quelque temps, je cherchais à me procurer un livre, beau si possible, qui puisse réveiller certains souvenirs nostalgiques d'une ère cathodique révolue.

À cette époque (les années 70), pour moi, encore jeune bambin, c'était surtout « Les visiteurs du mercredi » (avec Soizic Corne) et « L'île aux enfants » (et Casimir). Mais aussi des visages volés, pourrait-on dire, et qui marqueront ma mémoire, comme celui de l'actrice Anne-Marie Carrière, du prestidigitateur Gérard Majax (dès 1977 dans « Abracadabra ») ou de ces gueules telle la bouille de Michel Constantin. Il y aura bien sûr quelques dessins animés mémorables, avant la révolution Goldorak : Waldo Kitty (dès 1977 chez nous), plein de Hanna-Barbera comme Hong Kong Fou Fou, ou encore Barbapapa. Enfin, et bien souvent en noir et blanc, on pourra évoquer des séries emblématiques telles que Zorro, La petite maison dans la prairie, Davy Crockett, ou alors, et déjà en couleur, La pierre blanche (1977 toujours, pour des souvenirs terribles).

Il existe un certain nombre de propositions pour retracer les années télé et je me suis finalement porté sur ce livre, étonnamment peu cher, et au nombre de pages impressionnante, 240, glacées, dans un format proche du A4 (un peu moins haut et un peu plus large). En le recevant, j'ai vu qu'il était en fait bradé à moitié prix. Il date de 2013 et ne s'est probablement pas aussi bien vendu que ce qui avait été prévu, d'où des stocks à écouler — enfin je suppose.

Ce livre est donc une véritable encyclopédie des 10 années évoquées (du 3 juillet 1978 au 28 juin 1988). Les chaînes et leurs directeurs, directrices, des programmes, ainsi que leurs politiques, les animateurs et animatrices, les émissions et au sein de ces dernières, les différentes séries (animées ou non), téléfilms (canadiens, russes, israéliens, etc.), et autres propositions culturelles et éducatives du style Mes mains ont la parole, défilent sous nos yeux qui ne cessent de s'écarquiller toujours plus, au cri de « Mais oui ! » et aux soupirs attendris de « Je m'rappelle ». Il regorge d'une foultitude d'informations, et moi qui connais tout de même un peu le sujet, je découvre encore de nouveaux éléments, apprends de nouvelles anecdotes. Alors peut-être pas sur mes séries de prédilection (comme Cobra ou Ulysse 31), encore que parfois un détail intéressant vient préciser ce que je savais déjà (telle la réaction de Véronique Joubert lorsqu'elle découvrit l'équivalent du Capitain Future en français — et donc l'explication du pourquoi Le capitaine Flam atterrit sur TF1 et pas sur Antenne 2). Mais sur tout le reste (comme l'origine du nom Edgard pour Lupin the III, ou que Samson et Goliath, d'Hanna-Barbera sera la source de l'inspiration pour Musclor), l'évocation des projets, le déroulé des créations et des influences, les plannings de programmation, les choix de renouveau et d'abandon, cet ouvrage tient vraiment ses promesses et nous offre une quantité de renseignements et de précisions à donner le tournis. Et l'ensemble ne se limite pas à « Récré A2 », mais bien aux années où cette émission officia. C'est ainsi que toutes les chaînes sont passées en revue, de TF1 et Salut les petits loups à Canal+ et Cabou Cadin en passant par La Cinq et Youpie ! L'école est finie. Chaque années possède une double page de rétrospective. Puis s'égrènent les pages soit sur une émission propre à une chaîne (« Acilion et sa bande » sur TF1), soit avec un zoom sur une série particulière (Les misérables sur FR3 jeunesse, de la Tôei ; ou San Ku Kaï sur Antenne 2), soit sur une tranche horaire (le 19 h 55 de FR3), soit encore sur une grille de programmes comme le samedi sur... ou les réjouissances des périodes de fêtes. Rajoutons que toutes les pages sont abondamment illustrées, avec des numéros pour bien s'orienter au sein du foisonnement chroniqué.

Néanmoins, on peut faire quelques micro-reproches.
Le style de Sébastien Carletti est, malheureusement, loin d'être parfait. Je passe sur le mélange des paroles de générique avec leur capacité à introduire une séquence. Je n'apprécie pas tellement ce procédé que je trouve maladroit, mais c'est ici une question de goût. Par contre, il y a certaines phrases qui sont indigestes ou inutilement complexes comme « [...] pas qu'il ne s'agit pas de l'oreille de Seyar — on s'en doutait — mais plutôt que... », avec parfois des fautes d'orthographe ou de syntaxe. De plus, sa façon de retracer les différentes chronologies s'apparente de temps en temps à un inventaire à la Prévert un peu lourd. Il est dommage qu'un littéraire/correcteur n'ait pas pris la peine de relire tranquillement cette prose, ponctuellement laborieuse. Et pour en terminer sur le style de notre auteur, sans que cela soit vraiment un reproche, on peut constater qu'au fil des pages, on ressent le sentiment que pour Sébastien Carletti, toutes les séries, toutes les émissions sont formidables, passionnante, captivantes, etc. Un peu de recul critique n'aurait probablement pas été de trop. Il faudra attendre la très peu morale émission « Marotte et Charlie », où Jacky et Patrick Simpson-Jones ridiculisent de façon déplorable les deux présentatrices concurrentes que sont Marie Dauphin et Charlotte Kady, pour qu'il commence à condamner du bout des doigts.
Autre bémol, embêtant celui-ci : il n'y a aucun index. En fait, ça, c'est mon principal reproche. Et ainsi retrouver un élément en particulier (par exemple, la présentatrice Mélanie, de « Vitamine », qui apparaît sur plusieurs photos) risque d'être sacrément difficile au vu de la masse des informations présentes, du nombre de pages et de la vitesse à laquelle une précision en chasse une autre.
Ensuite, mais là il s'agit probablement d'une question de droit, on regrette les vignettes minuscules qui encadrent et illustrent le texte, et qui ne font pas honneur aux matériaux évoqués. Mais comme je l'ai dit, il y a de très belles illustrations qui surgissent à chaque page — c'est indéniable et procure un réel plaisir de lecture. Pourtant, en tant que consommateur jamais satisfait, quelques pleines pages de photos, de couvertures, d'illustrations supplémentaires (comme un petit album photo par année) n'auraient pas été de refus.
Enfin, mais là il s'agit d'une opinion personnelle, je regrette que l'on n'en apprenne pas davantage sur les coulisses des émissions et le destin des animateurs/animatrices. Par exemple, pourquoi Mélanie disparaît-elle de « Vitamine », qu'est-elle devenue, alors qu'elle avait présentée cette séquence pendant 4 ans ? Mystère. Ou encore, qu'en fut-il de Claude Pierrard après 7 ans de « Croque Vacances » (l'information se trouve sur la Toile et il s'agit d'un désaccord entre ce dernier et la ligne éditoriale d'AB) ? Et qu'est devenu Isidore ?

Malgré ces quelques réserves, vraiment légères, ce livre est une véritable plongée dans les souvenirs de ceux qui sont nés entre 1968 et 1978 et vous fera redécouvrir des séries complètement oubliées comme Sans-secret, l'agent écureuil ou Antivol, des programmes relégués au fin fond de votre mémoire tels « Kaléidoscope », « Discopuce » ou « A2mains », et des présentateurs, animatrices, dont seule une photo, une image, autorise la remonté du souvenir, comme Douchka (pour Walt Disney), Emmanuelle Bataille ou Marie-Pierre (La vie des Botes). Une belle machine à remonter le temps, à conseiller et à recommander sans fin.



Source de l'image : Amazon.

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