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 MYTHOLOGIE CELTIQUE

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MessageSujet: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Dim 8 Jan - 1:21


Nous voici sur les terres des celtes. Venez vous mêler à Lug, Cernunnos et Teutatès. Poussez plus loin et partez à la rencontre des créatures de cette mythologie encore mal connue.


Dernière édition par Voyageur Solitaire le Mar 17 Jan - 21:25, édité 2 fois
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MessageSujet: MYTHOLOGIE CELTIQUE/NORDIQUE   Jeu 12 Jan - 3:32

CERNUNNOS


Divinité trés ancienne, c'est un dieu gaulois. L'étymologie de son nom signifierait "le cornu", ce qui explique qu'il soit souvent pourvu de bois de cerf. Il est souvent représenté sous l'apparence d'un homme superbe ou d'un sage vieillard, portant un torque dans une main. Détail singulier : il est régulièrement montré assis en tailleur, comme le Bouddhâ, ce qui laisserait penser à de lointaines origines indiennes.
Il est le dieu des animaux et des forêts et par analogie, une divinité de la nature, dieu des saisons et des cycles, de la fécondité et de la terre.
Celà va même plus loin, la chute et la repousse de ses ramures symbolisant la mort et la résurrection.
Il est abondament représenté, grande source d'inspiration pour de nombreux artistes.

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MessageSujet: MYTHOLOGIE CELTIQUE/NORDIQUE   Sam 14 Jan - 15:04

TEUTATES


Teutatès est une forme archaïque ou une variante de Toutatis, il provient de teutã qui a évolué en touta et totã. Le sens est « père de la tribu, de la nation », c’est le dieu protecteur d’une communauté et de son territoire, avec une connotation virile et guerrière. C’est la même notion que l’on retrouve dans la mythologie celtique irlandaise de tuath (la tribu), avec les Tuatha Dé Danann. Teutatès peut être rapproché du Dagda et comparé au Mars romain, en temps que divinité guerrière.
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Yavanna
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Sam 14 Jan - 17:58

Arianrhod



Déesse lunaire et magicienne de la mythologie celtique, son nom signifie Roue d'Argent. Fille de Dôn, elle a cinq frères : Gwydion, Amaethon, Hyveidd, Gofannon et Gilvaethwy. Comme la plupart des divinités lunaires, elle est associée à la fécondité, et est la mère du dieu suprême Llew Llaw Gyffes, équivalent de Lugh, et de Dylan Eil Ton. Elle apparaît notamment dans le quatrième conte des Mabinogion, Math Vab Mathonwy, qui relate la légende la plus célèbre qui lui est associée.

Math Vab Mathonwy

Dans le Mabinogi de Math, il est dit que le roi Math ne peut vivre que les pieds dans le giron d'une vierge. Lorsque Goewin, qui remplissait ce rôle, est enlevée par Gilvaethwy, son fiancée, c'est Arianrhod qu'est proposée la charge de la remplacer. Mais le roi, avant de lui confier cette tâche capitale, doit s'assurer de sa virginité, en la faisant passer au-dessus d’une baguette magique. L'épreuve la fait enfanter d'un garçon, Dylan, créature de la mer, qui retourne à l’océan, et d’une boule de chair, sur qui elle lance 3 malédictions : il n’aura pas de nom si ce n’est pas elle qui le nomme, il ne portera aucune arme si ce n’est pas elle qui l’arme, et il ne pourra prendre femme parmi les humaines. L'attitude de la déesse, certes connue pour son mauvais caractère, peut paraître cruelle, mais révèle en fait l'importance du rôle de la femme chez les Celtes. En effet, l'attribution du nom, la prise des armes et le mariage étaient des rites de passage particulièrement importants chez les garçons, et étaient souvent présidées par des femmes "faiseuses d'hommes".

L’enfant sans nom sera recueilli et élevé par son oncle Gwydion qui usera de toutes les ruses pour contrer les malédictions maternelles. C'est ainsi que, déguisé en cordonnier, il rendit visite à Arianrhod dans sa tour, accompagné de l'enfant. Voyant ce dernier tuer un roitelet d’un simple jet de pierre, la déesse éblouie par tant d'habileté déclarera alors qu’il est un lion brillant à la main sûre, lui donnant ainsi son nom : Llew Llaw Gyffes.
Lorsque l'enfant fut en âge de prendre les armes, Gwydion, déguisé cette fois en barde, demanda l'hospitalité pour la nuit à Arianrhod, qui accepta. A l'aube, à l'insu de tous, Gwydion monta sur le plus haut rempart et donna à la crête des vagues l'apparence de navires armés. Comme il l'espérait, Arianrhod vint les sommer de partir pour ne pas subir l'attaque, mais son rusé frère lui proposa son aide et celle de son jeune compagnon, suggérant à la déesse de lui donner des armes pour combattre à ses côtés. Arianrhod tomba dans le piège et arma sans le savoir son fils. Aussitôt qu'il porta les armes, les navires hostiles disparurent et Gwydion s'en retourna avec Llew, sous les vociférations de la déesse furieuse.
La troisième malédiction fut la plus difficile à contrer. Avec l'aide de la magie de Math, Gwydion pétrit tout une nuit les fleurs du chêne, les boutons du genêt et la reine-des-prés afin d'en faire la plus belle femme du monde, qui fut nommée Blodeuvedd, ce qui signifie Visage de Fleur. Llew put l'épouser, puisque, créée par la main des magiciens, elle n'était pas humaine. Mais ceci est une autre histoire Wink

Culte

Arianrhod est aussi liée au passé, au présent et à l'avenir, et par conséquent au cycle de la vie, présidant par là même à la réincarnation. Déesse de connexion, elle est associée au filage et au tissage, et donc à la naissance, la mort et la renaissance. Il est dit qu'elle vivait dans une tour nommée Caer Arianrhod (le Château de la Roue d'Argent), désigné dans les cieux par les gallois comme étant la constellation Corona Borealis. Malgré son caractère difficile (lunatique !) elle était profondément respectée, et un peu crainte aussi ...

De nos jours, elle est encore très populaire, et continue de veiller sur la divination et l'intuition. Elle aide à prendre conscience des changements inéluctables auxquels nous sommes tous soumis par le destin.

Correspondances

Objet : Rouet
Astre : Lune et étoiles
Couleur : Argenté

________________________
Sources :
:star: Mythologies, anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, ouvrage collectif, éditions GRUND, 2002
:star: Contes et Légendes de la Mythlogie Celtique, Christian Léourier et Jean-Louis Thouard, éditions Nathan, 2000
:star: La Bible de la Magie Naturelle, Ann-Marie Gallagher, éditions Guy Trédaniel, 2006
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Yavanna
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Sam 14 Jan - 17:59

Brigit



L'une des Déesses les plus importantes du panthéon celtique est connue à travers le monde sous une multitude de noms et se présente sous une grande diversité d'avatars. Pourtant, elle est à elle seule l'incarnation du principe féminin dans toute sa splendeur. Ainsi, elle est Brigantis en Bretagne armoricaine, Brid ou Bride en Ecosse, Berecyntia, Brig, Brigandu ou encore Brigantia en Gaule, Brig, Brigid, Brigh ou bien Brighit en Irlande, Brigid au Pays de Galles ou bien encore Brigindo en Suisse. Mais nous retiendrons Brigit, la dénomination la plus proche de son étymologie d'origine.

En effet, les théonymes Brigit et Brigantia dérivent de l’ancien celtique (on trouve parfois dans les textes le terme de "proto-celtique") brigantija ou brigantis dont le sens est "très haute", "très élevée". L’origine est le mot Briga (qui signifie hauteur ou encore forteresse) qui, utilisé comme préfixe, a donné de nombreux toponymes tant dans l’espace insulaire, qu’en Gaule et dans la péninsule ibérique. Il est aussi présent dans la composition du nom de certains peuples (Brigantes, par exemple).

Comme on peut le constater, cette signification confirme le rôle primordial de cette déesse.

Déesse Mère, Fille et Soeur

Dans la plupart des textes, elle est souvent comparée à la Minerve des Romains (Athéna chez les Grecs), avec qui elle partage un certain nombre de fonctions. Ainsi, elle est la déesse-mère, et règne sur les arts, la guerre (mais seulement sur les aspects positifs, tels que courage, statégie et victoire notamment), la magie et la médecine. Elle est la patronne des druides, des bardes (poètes), des vates (divination et médecine) et des forgerons. Elle est étroitement associée au Feu.

En Irlande, Brigit est la fille du Dagda. Elle est aussi la mère, l’épouse et la sœur de Lug, Dagda, Ogme, Nuada, Diancecht et Mac Oc, les Dieux majeurs des Tuatha Dé Danann. Elle est associée à la fête purificatrice d’Imbolc (qui se tient encore de nos jours les 1er Février) sous l'aspect Jeune Fille de la Triple Déesse. En tant que telle, elle est censée protéger les troupeaux et favoriser la fécondité. Son lien avec le Feu lui confère un pouvoir Solaire jeune capable de réchauffer la Terre au sortir de l'hiver pour la préparer au premiers signes du printemps. L’importance de son culte chez les Celtes a conduit les évangélisateurs chrétiens à lui substituer une sainte éponyme, sainte Brigitte, afin d'éradiquer le culte païen plus facilement.

La racine étymologique du nom de cette Déesse se retrouve notamment dans le nom des peuples des Brigantes (qui correspondent aux actuels territoires du Yorkshire et du Northumberland) et des Brigantii (près du lac de Constance), dont la capitale Brigantion (Bregenz) est de même origine. Il en va de même pour Briançon. En Gaule, il semble qu'Épona soit l'un de ses avatars et lui confère un rôle psychopompe évident. Elle protège les femmes, les enfants et les animaux nouveaux-nés du printemps. Elle est également parfois associée aux serpents, non dans un aspect négatif, mais au contraire pour symboliser l'ancien pouvoir curatif de la Déesse de la Terre.

De nos jours, elle est une image d'indépendance, d'intégrité et d'énergie, souvent représentée sous son Triple Aspect, avec des cheveux d'un roux ardent.



Correspondances

Plante principale : Perce-neige
Animal : Agneau
Couleur : Blanc et argent
Lieu : Puits
Objet : Chaudron, enclume et marteau
Elément : Feu


________________________
Sources :
:star: Mythologies, anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, ouvrage collectif, éditions GRUND, 2002
:star: Contes et Légendes de la Mythlogie Celtique, Christian Léourier et Jean-Louis Thouard, éditions Nathan, 2000
:star: La Bible de la Magie Naturelle, Ann-Marie Gallagher, éditions Guy Trédaniel, 2006
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Sam 14 Jan - 18:00

Cerridwen



Encore très populaire de nos jours, il s'agit d'une des Grandes Déesses du panthéon celte, à l'origine vénérée par les peuples gallois, censée avoir vécu sous le règne d'Arthur. Elle incarne les 3 visages à l'image de la Lune et de la Vie : la jeune fille, la mère et l'aïeule. Elle est principalement vénérée sous son visage de vieille femme au Chaudron de Sagesse, d'Inspiration et de renaissance.

On écrit parfois son nom Keridwen.

Descendance

De son époux Tegid Voel (le chauve), Cerridwen eut trois enfants : un garçon, Morvran, une fille d'une grande beauté, Creirwy et enfin un enfant qui, s'il est presque toujours désigné sous des épithètes masculins, n'était en réalité ni un garçon ni une fille, mais un être d'une grande laideur, appelé Afangdu (le monstre noir à cause de la couleur de sa peau). Il était si mnstrueux que tous les serviteurs de Cerridwen prirent la fuite en le voyant, à l'exception de Morda, un vieil aveugle et de son guide Gwyon Bach, qui, selon les légendes, est tantôt un jeune garçon, tantôt un nain.

Notons que, dans la plupart des mythes, Afangdu n'est autre que le surnom de Morvran, Cerridwen n'ayant alors que deux enfants.

Le mythe de Taliesin


Les métamorphoses de Cerridwen et Gwyon Bach

Au XVIe siècle, Elis Gruffydd, un soldat gallois en garnison à Calais (qui était alors une ville anglaise) compose Hanes Taliesin : le conte de Taliesin. Ce texte qui raconte la naissance mythique du barde et expose ses pouvoirs magiques à été traduit en anglais au XIXe siècle par lady Charlotte Guest et édité avec les Mabinogion.

Pour compenser l'apparence fort repoussante d'Afangdu, Cerridwen, qui l'aimait de tout son coeur, décidé de lui préparer un breuvage qui lui donnerait la connaissance du passé, du présent et de l'avenir et ferait de lui le plus brillant et le plus inspiré des êtres. Pour cela, elle alluma un feu sous son chaudron (nommé Amen) où, pendant un an et un jour, elle fit bouillir six herbes de pouvoir, sous la surveillance de Morda, chargé d'entretenir le feu, et de Gwyon, qui devait quant à lui remuer la préparation. Nul ne devait s'en approcher. Cela dit, Cerridwen ne se faisait pas trop de soucis puisqu'il était de notoriété publique que la potion était un poison mortel, à l'exception de trois gouttes, que seule Cerridwen pouvait repérer dans le chaudron plein, et qu'elle destinait à Afangdu.

La fin de l'année était proche quand, soudain, pendant que Gwyon mélangeait le liquide comme à son habitude, trois gouttes de potion brûlante éclaboussèrent sa main (certains récits désignent seulement son pouce). D'instinct, il porta la brûlure à ses lèvres pour en atténuer la morsure et soudain, il perçut tous les bruits du monde et comprit tous les secrets du passé, du présent et du futur. Grâce à ce tout nouveau don, Gwyon sut combien Cerridwen serait en colère lorsqu’elle se rendrait compte qu’il avait acquis l’inspiration destinée à Afagddu. Au même moment, le chaudron se brisa en quatre morceaux. Pris de terreur, il s'enfuit.

Lorsque Cerridwen découvrit ce qu'il s'était passé, elle devint folle de rage et commença par frapper l'innocent Morda, avant de se mettre à la poursuite de Gwyon, qui n'en menait pas large de son côté puisque son nouveau pouvoir, qu'il ne maîtrisait pas encore, ne cessait de le faire changer de forme et de lui révéler des bribes confuses du passé et de l'avenir. Mais, lorsqu'il aperçut la Déesse à ses trousses, il souhaita avoir la rapidité du lièvre. Aussitôt, il fut métamorphosé en lagomorphe bondissant. Mais Cerridwen maîtrisait très bien la métamorphose. Ni une, ni deux, elle se changea en lévrier. Apercevant une rivière, Gwyon devint truite; Cerridwen plongea à sa suite sous la forme d'une loutre. Bondissant hors de l'eau, Gwyon se changea en colombe. Aussitôt, la Déesse fit de même sous les traits d'un épervier. Dans un dernier espoir, Gwyon devint grain de blé au milieu de milliers de grains semblable, et se crut enin sauvé. Il se trompait. Cerridwen, patiente, se changea en poule noire et avala tous les grains, dont celui qui avait été Gwyon.

Lorsqu'elle redevint femme, la Déesse s'aperçu qu'elle était enceinte. Se pensant punie pour avoir été injuste avec Morda, elle donna naissance, durant un jour de pluie (le 1er novembre selon la plupart des sources), à un garçon, aussi beau qu'Afangdu était laid. Elle avait projeté de le tuer à sa naissance mais, attendrie par la beauté du bébé, elle l'enferma dans un sac et le jeta à la mer (à vous de voir si ce traitement est plus doux ...). Mais cet enfant avait été poisson ... l'océan, par compassion, le jeta dans les filets vides d'un pêcheur, qui le nomma Taliesin (front blanc) et l'éleva comme un fils. Ce pêcheur n'était autre qu'Elffin, le fils de l'écuyer Gwyddno Garanhir.

Certaines sources affirment que la dérive de Taliesin sur les flots aurait duré ... 40 ans.

La jeunesse de Taliesin

Un petit ajout vient éclairer nos lanternes sur la jeunesse de Taliesin. Elffin, qui venait juste de repêcher le bébé, mit le sac sur un cheval pour l’emmener chez lui et Taliesin entama alors un chant pour consoler l’infortuné pécheur, lui disant que sa trouvaille a beaucoup plus de valeur que les saumons. De ce jour, en effet, la fortune d’Elffin s’accroît considérablement, de même que sa réputation à la cour du roi. Aussi, se vante-t-il d’avoir un barde plus savant que tous les bardes du roi et une femme plus estimable que toutes celles du royaume. Naturellement, cet orgueil lui vaut d’être emprisonné. Le roi dépêche son fils Rhun au château d’Elffin pour qu’il séduise l’épouse de l’impudent. Taliesin qui connait l’avenir, remplace la femme par une de ses servantes que Rhun endort avec un philtre. SE croyant trimphant, il s’en rend maître et lui coupe un doigt, porteur d’une bague. Le roi fait alors venir Elffin et lui présente le doigt. Malheureusement pour lui, Elffin lui démontre par trois arguments que ce doigt n’est pas celui de son épouse ... Furieux de s'être laissé dupé, le roi le renvoie en prison. Taliesin explique à la femme d’Elffin comment il va libérer son maître. Le barde arrive à la cour du roi, dans la grande salle, il s’installe à l’écart. Les bardes de la cour, passent devant Taliesin qui leur jette un sort : arrivés devant le roi pour lui rendre hommage, ils ne savent dire que "blub, blub", comme des poissons hors de l'eau ! Tancé, Heinin leur chef, explique au roi qu’ils sont victimes d’un sortilège et il désigne le responsable qui est sommé de s’expliquer. Taliesin prend alors la parole et se présente en récitant un poème, affirmant ses origines et ses exploits au cours de l’Antiquité. Puis il enchaîne un autre chant dans lequel il prédit la libération de Elffin et un autre qui déclenche une formidable tempête ; convaincu, le roi fait libérer Elffin. Malicieux, Taliesin demande à Elffin de faire un pari avec le roi, en affirmant posséder un cheval plus rapide que tous les coursiers royaux. Une date de concours est arrêtée, le roi se présente avec ses 24 meilleurs chevaux mais c’est, évidemment, celui d’Elffin qui remporte la course. Taliesin fait alors creuser un trou et l’on découvre un chaudron plein d’or, qu'il offre à son père adoptif pour le remercier de l'avoir tiré des flots..

Adulte, il devint le Prince des Bardes. Il racontait volontiers son histoire, mais bien peu le croyaient ... En effet, ce mythe tardif prenait place à l'époque où l'on ne craignait que peu les poètes, où l'on commençait à mettre par écrit les mystères et les mythes qui n'étaient transmis jusqu'alors que par voie orale. Les anciens symboles n'étaient déjà presque plus compris par les copistes qui les reproduisaient sans en connaître le sens. A cause de cela, Taliesin, qui aimait méditer sur les manuscrits, déclarait non sans malice : "J'admire les livres et ce qu'ils ne savent pas."

Le "vrai" Taliesin

Le poète historique Taliesin a bel et bien vécu au VIème siècle, et suivit l'enseignement des druides avant d'être converti par Saint Devi. Nous possédons environ une vingtaine de poèmes qui lui sont attribués.

Taliesin serait né vers 534, dans le Powys et serait mort vers 599, il serait le fils de saint Henwg de Llanhennock. Il fait partie des Cynfeirdd, c’est-à-dire les premiers bardes, et certains ont émis l'idée selon laquelle son œuvre aurait été composée en Cambrien. Selon l’Historia Brittonum attribuée à Nennius, c’est un contemporain d’Aneirin et l’un des plus grands poètes de Bretagne.

Une douzaine de poèmes du Livre de Taliesin (qui date du Xème siècle mais aurait été rédigé vraisemblablement à l'époque du vivant de Taliesin), sont authentifiés et lui sont attribués. Pour la plupart, ce sont des louanges des différents rois au service desquels il a été attaché. Vers 555 il est en effet le barde du roi du Powys Brochfael, puis de son successeur, Kynan Garwyn et enfin du roi de Rheged (actuel Cumberland) Urien et de son fils Owain mab Urien. Le poète Alfred Tennyson (1809-1892), dans son recueil Idylls of the King, l’incorpore à la légende arthurienne et en fait un barde du mythique roi Arthur, que nous connaissons désormais sous le nom de Myrddin, autrement dit Merlin (mais cela n'est qu'une des nombreuses variantes de l'explication sur l'existence de Merlin).

Il aurait effectué un voyage en Bretagne continentale (Armorique) et aurait séjourné à l’abbaye de Rhuys, à la demande du roi de Domnonée, Judicaël, puis à son retour, aurait enseigné sa science à Merlin (ici, nous voyons donc que Merlin est dissossié de Taliesin). Il accompagne Bran Vendigeit lors de l’expédition militaire en Irlande et figure dans le conte Kulhwch et Olwen au côté du roi Arthur.

Élaborée dans un contexte chrétien, rédigée alors que la tradition a été oralement transmise pendant des siècles, la légende de Taliesin nous décrit l’archétype du poète gallois, qui est une évolution du druide celte. Chez les Celtes, la divination comme la médecine était une branche de la magie, exercée par la classe sacerdotale. C’est par la ruse que Gwion Bach s’accapare le don prophétique mais il doit fuir et montrer ses capacités à se transformer. Ces métamorphoses sont courantes dans la mythologie celte (on peut penser particulièrement à l’histoire de Finn Mac Cumaill).

Autre élément important de la mythologie celtique, le chaudron qui est notamment l’un des talismans du dieu-druide (le Dagda) irlandais. C’est le symbole de la prospérité, de la richesse et aussi l’ustensile de référence pour la préparation de la magie. Il est également étroitement associé à la femme (part son association avec l'utérus primordial) et est donc symbole de vie. Pensons notamment au chaudron de Bran, qui avait le pouvoir de ramener les morts à la vie.

Dans la société celtique de l’Antiquité, le druide et le roi forment une sorte de binôme, si le second règne sur son peuple, il ne peut le faire qu’avec les conseils et sous la direction spirituelle du premier. C’est ce qu’illustrent, d’une manière très altérée, les rapports entre Taliesin et Elffin.

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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Sam 14 Jan - 18:01

Diancecht



Il s'agit du Dieu Médecin et Guérisseur des Tuatha de Dannan. Son nom signifie "prise rapide" et évoque la vélocité précise de sa magie ainsi que l'efficacité de ses remèdes. On le retrouve au Pays de Galles sous le nom de Mabon et en Gaule sous celui de Maponos. Il est parfois associé à l'Apollon Greco-romain, en plus belliqueux toutefois !

Il est le père de Cian (et donc, le grand-père de Lug, je vois que vous suivez ^^), d'Airmed (une fille dont le nom signifie "la mesure") et de jumeaux : Miach ("le boisseau") et Ormiach.

Dans le récit du Cath Maighe Tuireadh (bataille de la plaine des piliers) il soigne et rétablit les blessés, il ressuscite les morts (pourvu qu'ils aient encore leur tête !) en les immergeant dans la Fontaine de Santé tout en chantant des incantations rituelles et magiques. Airmed, quant à elle, collecte les plantes médicinales destinées à la Fontaine. Lorsque Nuada Airgetlam a le bras sectionné dans la première bataille, il lui fabrique une prothèse en argent pour effacer l’infirmité et lui redonner l'accès à la Souveraineté. Par la suite, son fils Miach, habile médecin lui aussi, greffera un nouveau bras à Nuada. Mais, par jalousie, Diancecht le mettra à mort de trois coups d’épée dans la tête. Sur la tombe de Miach pousseront ensuite 365 plantes que sa sœur Airmed classera et répertoriera.

Un autre récit, bien moins célèbre, fait aussi mention de l’intervention de Diancecht, et pas dans la moindre des conditions, car il y est dit que le dieu de la médecine sauva l’Irlande ! Selon cette légende, Morrigan donna naissance à un enfant qui était si horrible que Diancecht décida qu’il valait mieux le tuer que le laisser en vie. L’enfant fut ainsi mis à mort et Diancecht trouva dans son cœur trois serpents. Les trois créatures, si elles avaient vécu, auraient ravagé l’Irlande, aussi Diancecht les détruisit et les brûla. Leurs cendres furent jetées dans la Boyne dont les flots entrèrent aussitôt en ébullition.

C'est un dieu vindicatif et belliqueux, qu'il vaut mieux avoir de son côté !

________________________
Sources :
:star: Mythologies, anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, ouvrage collectif, éditions GRUND, 2002
:star: Contes et Légendes de la Mythlogie Celtique, Christian Léourier et Jean-Louis Thouard, éditions Nathan, 2000
:star: La Bible de la Magie Naturelle, Ann-Marie Gallagher, éditions Guy Trédaniel, 2006
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Sam 14 Jan - 18:01

Lugh



On trouve également son nom orthographié Lug ou encore Lú en graphie moderne (prononcez [lou]). Il est le dieu suprême de la mythologie celte, non seulement parce qu'il est au sommet de la hiérarchie mais aussi et surtout parce qu'il fait partie des rares divinités à se retrouver chez tous les peuples celtes.

Son nom latin, Lugus, a marqué la géographie gauloise. Ainsi, sa présence est attestée par un certain nombre de toponymes dont le plus connu est Lugdunum ("dunon" en gaulois, qui signifie forteresse ou colline), la ville de Lyon mais aussi celle de Laon, qui semble provenir de la même étymologie. Certains veulent le rattacher au gallois Llew Llaw Gyffes, mais cette hypothèse est fortement controversée étant donné que ces deux dieux ont des ascendances très différentes. Cela dit, ils peuvent être rapprochés, en particulier au sujet de l'étymologie de leur nom, qui signifie "brillant".

Jules César dans la Guerre des Gaules le compare à Mercure. Son nom même, en rapport avec la lumière en fait un dieu solaire. Un autre de ses nombreux surnoms est Lámhfhada ce qui signifie "au long bras" (ce fait confirme l'universalité de ses pouvoirs). En effet, il maîtrise la création, les échanges, la pensée et la beauté, c'est un druide, un guerrier et un artisan qui peut aussi se montrer vindicatif et obscur. Il possède une fronde et une lance magique, arme mortelle à chaque coup mais qui sert aussi à l'adoubement royal. Elle est inséparable du Chaudron du Dagda rempli de sang, car il faut qu'elle y soit plongée pour étancher sa soif de sang et éviter qu'elle ne détruise tout autour d'elle. Pour les arts, Lugh possède une harpe qui joue de la musique toute seule, mais dont il sait se servir admirablement : elle peut endormir, faire pleurer ou rire, selon les intention de son porteur. Dieu magicien, il protège son camp en gesticulant d'un bras, sautant à cloche-pied et en fermant un oeil. C'est un dieu borgne proche du védique Varuna, à l'instar d'Odin, le dieu borgne de la mythologie nordique.

Lugh et la Seconde Bataille de Mag Tured

Il apparaît dans la littérature dans les récits des Mabinogion. C'est dans les sources irlandaises qu'il en est le plus question, en particulier dans le Cath Maighe Tuireadh (la Seconde Bataille de Mag Tured), où il apparait pour la première fois. Il est le père du héros Cúchulainn, engendré avec une mortelle, Deichtire (la soeur du roi Conchobar).

Il est le fils de Cian et Eithne,apparenté aux Fomorïrés par son grand-père maternel Balor (roi de ce peuple marin). Une prophétie ayant révélé à Balor qu'il serait tué de la main de son petit-fils, il enferme sa fille dans une tour de cristal, afin qu’elle ne se retrouve pas enceinte. Cependant, Cian, avec l’aide de la druidesse Birog, réussit à entrer dans la tour et à séduire Eithne. Elle donne naissance à des triplés, mais Balor, découvrant la supercherie, les jette dans l’océan. Deux des bébés se noient, mais Birog parvient à sauver Lugh, et le confie à Manannan Mac Lir, dieu régant sur les océans, qui l’adopte et l'élève comme un fils.

Une fois parvenu à l'âge de prendre les armes, Lugh se rend à Tara pour rejoindre la cour du roi Nuada, mais le portier refuse de le laisser entrer, sauf s'il peut se vanter de posséder une qualité utile au roi. Lugh offre ses services comme écrivain, forgeron, homme d’armes, harpiste, poète, historien, sorcier, artisan, mais à chaque fois, le portier lui répond qu’il y a déjà quelqu’un à la cour qui possède ces talents. Il demande alors si quelqu’un a toutes ces qualités réunies, et le portier est alors bien obligé de reconnaître que non. Méfiant, il va tout de même en avertir Nuada, qui lui confie un jeu d'échec pour mettre à l'épreuve le jeune homme, en précisant qu'il n'aura pas de partenaire, les pièces se déplaçant seules. Lugh, ayant gagné la partie, fut enfin accepté auprès du souverain, qui s'en trouva bien content car il connaissait les ruses de l'ennemi. Pendant sept ans, il fut le chef de l'armée danéenne. Après une séance d'espionnage menée par Dagda (j'en parlerai dans le post qui lui sera consacré), la bataille fait rage, et Nuada est tué. Celui-ci avait demandé à ce que 9 guerriers empêchent Lugh de faire la même erreur que lui en se jetant trop tôt dans la bataille. C'était sans compter sur la ruse de Lugh, qui se déguisa en cocher pour tromper ses gardes du corps.

Lorsque Lugh se retrouva devant Balor, dont l'oeil unique avait le pouvoir de tuer quiconque croisait son regard, il lui annonça qui il était. Piqué, Balor demanda alors à ce que l'on ouvre son oeil (il fallait 3 soldat pour cela) mais le jeune homme fut plus malin. Il fit tourner sa fronde (certaines sources mentionnent plutôt une lance) et perça l'oeil meurtrier, tuant du même coup son propriétaire, tout en semant une belle panique dans les troupes ennemies, propice à la victoire danéenne.

Après cette victoire, Lugh retrouve Brès, seul et terrifié sur le champ de bataille. Pour sauver sa vie, le traître promet à Lugh que les vaches d’Irlande ne manqueront jamais de lait. Mais les Tuatha refusent l’offre. Il promet alors quatre récoltes par an, mais les Tuatha rétorquent qu’une seule récolte leur suffit. Cependant, Lugh, dans sa grande bonté, accepte de lui laisser la vie sauve à condition qu’il enseigne aux Tuatha à labourer, semer et moissonner.

De nos jours encore, il est honoré le 1er août, lors de la fête qui porte son nom, Lughnasadh.

Correspondances :

Astre : Soleil
Fête : Lughnasad
Objet : Lance
Symbole : Cercle

________________________
Sources :
:star: Mythologies, anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, ouvrage collectif, éditions GRUND, 2002
:star: Contes et Légendes de la Mythlogie Celtique, Christian Léourier et Jean-Louis Thouard, éditions Nathan, 2000
:star: La Bible de la Magie Naturelle, Ann-Marie Gallagher, éditions Guy Trédaniel, 2006
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Sam 14 Jan - 18:02

Manannan Mac Lir

[img][/img]

Manannan Mac Lir, dont le nom signifie littéralement "le Mannois fils de Lir" (Lir étant l'Océan) est parfois désigné sous son nom gallois, Manawyddan Fab Llyr, et parfois Manawydden. Il est le frère du Dagda et d’Ogma. Appartenant au Tuatha dé Dannan, il est le dieu-guerrier souverain de l’Autre Monde celtique, le Sidh. Il en est le régisseur et maître, et à ce titre, il fournit aux autres dieux les cochons fabuleux servis au Festin d’Immortalité.

Le Sidh est certes situé sous terre, mais on y accède par delà les eaux (mers, lacs, fleuves ...). Manannan, vêtu d'une cape verte et d'un bandeau doré, conduit ainsi son char sur les flots et dans les plaines, et son bateau se manœuvre seul (il suffit de lui dicter la destination désirée). C’est la raison pour laquelle on en fait parfois un dieu marin protecteur des navigateurs ou, au contraire, naufrageur de navires, mais sa puissance le place au rang de ses frères. Il est l’époux de Fand qui aura une aventure amoureuse avec le héros Cúchulainn, mais Manannan, jaloux, dressera son manteau d'invisibilité entre eux pour les empêcher de se voir.

Au nombre de ses pouvoirs, il faut insister sur les dons de métamorphose et d’ubiquité ainsi que sur son rôle psychopompe. Il use de son manteau d'invisibilité et maîtrise le Temps, aussi météorologique que temporel, grâce à ce précieux artefact. Il possède également deux lances, la Rouge et la Jaune, trois épées, la Riposteuse, la Grande Furie et la Petite Furie. Il préside aussi à la magie, aux arts, au commerce et à la fertilité. Il est le père de nombreux enfants divins ou humains.

Il aurait donné son nom à l'Île de Man qu'il protège, de même que les îles Arran et Clyde.

Un aspect du dieu Lugh ?

Certains affirment qu'il ne serait qu'un aspect du dieu-roi Lugh. En effet, il règne sur le Sidh, tout comme le dieu Védique Varuna, garant de l'ordre et de la justice, règne sur les eaux primordiales. Lugh correspond dans ses grandes caractéristiques à ce dieu védique représentant de la souveraineté.

Le gallois, Manawyddan Fab Llyr, double de Manannan Mac Lir, renforce cette idée que ces deux divinités n'en ferait qu'une. Dans le Mabinogi de Manawyddan, le héros, accompagné de Pryderi, le fils de Pwyll, voyage de ville en ville, chassé de son pays par une malédiction. Dans chaque ville, Manawyddan développe une activité artisanale. Celle-ci marche si bien qu'à chaque fois, les artisans chassent les deux héros qui doivent s'établir ailleurs. Cet aspect polytechnicien de Manawyddan Fab Llyr est repris en Irlande par le dieu Lugh, dieu-roi qui englobe toutes les fonctions de la société.

Lugh serait donc double. Il est le dieu-roi lumineux sous son propre nom (Lugh/Llew) et il est le seigneur du Sidh (sur l'île de Man, Manannan/Manawyddan), engendré par les eaux primordiales (Mac Lir/fab Llyr).

Il est tentant de rapprocher Manannan Mac Lir des dieux nordiques Heimdallr, dieu créateur de la société humaine, et Ægir, dieu des océans. Heimdallr est d'ailleurs engendré par neuf vagues, qui sont les neufs filles ou épouses du dieu Ægir.

Le dieu irlandais Dagda possède aussi son double du Sidh qui se nomme Midir (à rapprocher du dieu indo-iranien Mitra).

Correspondances

Animal : Cheval, cochon, saumon
Lieu : Océans
Couleur : Vert

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Sources :
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:star: Mythologies, anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, ouvrage collectif, éditions GRUND, 2002
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Sam 14 Jan - 18:02

Nuada



Il est le roi des Tuatha de Danan et relève à ce titre de la classe guerrière, sa fonction étant d’assumer la royauté et d’assurer la redistribution des richesses à l'issue des victoires. C'est un conquérant droit et courageux, bon pour son peuple et impitoyable envers ses ennemis. Au Pays de Galles, il s’appelle Nudd (ou Llud) et en Gaule Nodons.

Argetlam

Lors de la Première Bataille de Mag Tuireadh (contre les Fir Bolg), il reçut la visite de Morrigane, qui lui proposa de lui révéler les faiblesse de l'ennemi, qu'elle avait observé tous les jours, en échange d'une nuit avec lui. Forcément, Nuada se hâta d'accepter. Le lendemain, submergé par la folie guerrière inspirée par Morrigane, il oublia qu'un roi, qui préside aux combats, ne doit jamais se jeter en personne dans la mêlée. Il se retrouva ainsi face à face avec le chef de l'armée adverse, Eochtraï, qu'il défia en combat singulier. Ce dernier accepta, mais fut rapidement mis à mort par l'élu de Morrigane. Malheureusement, Sreng, l'un des lieutenants d'Eochtraï, frappa Nuada par surprise et lui trancha le bras droit.

Diancecht remplaça bien vite le membre manquant par une prothèse d'argent, qui donna le surnom d'Argetlam (au bras d'argent) au souverain, mais Nuada restait malgré tout estropié. Or, chez les Celtes, de la santé du roi dépend celle du royaume, et l'infirmité de Nuada annonçait ainsi de grands malheurs. Afin de contrer la catastrophe, Nuada céda son trône à Brès (fils d'une princesse danéenne, Eriu et d'un prince fomoïré, Elatha) choisi pour sa grande beauté les bons rapports qu'ils entretenait avec les terribles Fomoïrés. Mais il fut mauvais souverain, écrasa le peuple d'impôts, humilia les chefs de clan en les soumettant à des travaux serviles (Ogma l'orateur dut porter des fagots, Dagda, harpiste virtuose, se déforma les doigts à creuser des fossés de fortification ...) et couvrit le peuple de son père de présents ! Les sept années de son règne furent appelées les Sept Années Funestes dans les anciennes chroniques d'Irlande, car la terre, suivant l'exemple de l'avarice du souverain, devint stérile.

Mais Miach, encore plus habile que son père Diancecht, modela un bras fait de chair et d'os pour remplacer celui perdu par Nuada. Ayant retrouvé son intégrité physique, le roi chassa enfin le tyran Brès et reprit sa place à la tête du royaume, qui redevint très vite prospère. Malheureusement, l'humiliation ainsi subie par Brès ne resta pas sans conséquence ... Mais ceci est une autre histoire Wink Disons simplement qu'il trouva la mort lors de la Seconde Bataille de Mag Tuireadh. Dans certaines versions de la mythologie, il est l’époux de Ethniu (ou Ethnée), fille de Delbáeth, mais toutes les sources ne corroborent pas cette hypothèse.

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Sources :
:star: Mythologies, anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, ouvrage collectif, éditions GRUND, 2002
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Sam 14 Jan - 18:03

Oengus



Divinité issue de la tradition irlandaise, Oengus (ou Aengus, ou Mac Oc, littéralement "fils jeune"), dont le nom signifie "choix unique", est le fils adultère du Dagda qu'il engendra avec Eithne (ou Boand, du nom de la rivière La Boyne) qu'il avait enlevé après avoir dupé son époux. Il fut conçut et naquit le même jour. Selon la coutume du fosterage, il est élevé par Midir, un frère de son père. Il a une fille nommée Curcog et est le père adoptif de Diarmuid Ua Duibhne, à qui il apportera une aide précieuse lors de sa fuite avec la belle Grainne (mais cela est une autre histoire ...). Dans l’organisation des Tuatha Dé Danann, c’est un dieu qui participe aux trois fonctions (sacerdotale, guerrière et artisanale). Il possède un palais situé sur les rives de la rivière Boyne, et est vêtu d’un manteau aux larges raies d’or. Ses baisers se tranforment en oiseaux portant des messages d'amour. Certains l'ont rattaché à la divinité greco-romaine Apollon, mais certains traits le rapprochent plus d'Eros.

Il s’empara par ruse de la demeure de son père, le Brug na Boinne : rusé, il en demanda la propriété symbolique pour un jour et une nuit. Mais n'oublions pas que, dans le domaine celtique, un jour et une nuit représentent l’éternité ! Il en devint donc le propriétaire attitré. Le temps et l’éternité furent dès lors sous sa responsabilité.

On le décrit d’une grande beauté, toujours accompagné de quatre cygne. Dans son sommeil, il s’éprend de la belle Caer Ibormaith, dont le père, Ethal, refuse de lui donner la main. Oengus le contraint à lui dire où elle se cache, et la découvre nageant sur un lac, dans le Connaught , sous l’aspect d’un cygne au milieu de cent cinquante autres oiseaux. Afin de venir en aide à son fils qui dépérissait de cet amour contrarié, Dadga emprisonna Ethal qui révéla alors que sa fille portait une terrible malédiction : comme 150 autres dames, elle vivait une année sous forme humaine, puis la suivante sous forme de cygne.
Ethal accepta finalement de donner sa fille à Oengus à condition que celui-ci la reconnaisse parmi les 150 autres cygnes. Oengus accepta volontiers, et il parvint à reconnaître sa belle au premier regard. Il se métamorphosa alors en cygne et, ensemble, ils partirent pour Brugh na Boinne, le palais d’Oengus. Celui-ci promit à Caer de la ramener de temps à temps sur le lac où elle vivait.
C'est ainsi que chaque année, à Samhain, le dieu Aengus respecte sa promesse et se transforme donc en cygne par amour pour Caer.

Dieu populaire et très aimé, il protège les amoureux, la jeunesse et la beauté.

Correspondances

Animal : Cygne
Lieu : Lacs
Astre : Soleil

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Sources :
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:star: Mythologies, anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, ouvrage collectif, éditions GRUND, 2002
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Sam 14 Jan - 18:03

Rhiannon

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Cette déesse issue de la tradition celtique galloise est un avatar de la divinité majeure celtique Brigit/Brigantia. Son nom, dérivé de Rigantona, signifie "Grande Reine". Elle est la maîtresse des oiseaux chanteurs et est souvent également associée aux chevaux, ce qui a poussé certains à la rapprocher de la déesse gauloise Epona. Cela dit, cet amalgame réducteur ne fait pas l'unamité, les rôles des deux déesses étant très différents.

Union et descendance

Elle apparaît dans deux des quatre Mabinogion : Pwyll, prince de Dyved et Manawydan fils de Llyr.

Le premier conte narre l'aventure de Pwyll au tertre d'Aberth, une petite colline qui recouvrait un antique tombeau dressé par un peuple disparu. Selon une antique prédiction, tout homme qui s'assiérait au sommet assisterait à un prodige ou, s'il en était indigne, recevrait un coup mortel. Pwyll y vit une jeune fille montée sur une jument, et demanda à l'un de ses compagnons de la rejoindre pour lui demander de décliner son identité. Mais, par un curieux prodige, même au grand galop, le cavalier ne put rattraper la jument de la jeune fille (qui allait pourtant au pas) et elle disparut.
Le lendemain, Pwyll réitéra l'expérience, sans plus de résultat. Le troisième jour, Pwyll la poursuivit lui-même, et, voyant qu'elle le distançait, lui cria de s'arrêter au nom de l'homme qu'elle aimait le plus. La jeune fille se tourna vers lui et lui sourit : il était cet homme-là. Vous l'aurez compris, la mystérieuse jeune fille n'était autre que Rhiannon.
Cependant, avant d'épouser le roi du Dyved, Rhiannon lui imposa un an de délai. Passée cette période, Pwyll devait se rendre à la demeure du père de la jeune fille, Heveidd, située au Pays de l'Abyme, que Pwyll connaissait bien pour y avoir combattu le "démon" Hafgan.
Pwyll tint sa promesse. Mais, au milieu du banquet pré-nuptial un homme borgne au riche habit de velour noir rehaussé d'or demanda un don au roi. Pwyll, tout à sa joie, lui accorda en affirmant qu'il lui accorderait tout ce qu'il demandera, à l'exception de son cheval ou de son épée. Hélas, ce réflexe de célibataire lui coûta : l'étranger, nommé Gwawl, réclama Rhiannon. Une parole était une parole, Pwyll dut s'y plier. Mais la jeune femme était plus maligne que son futur époux. Elle exigea une fois encore un an de délai et ordonna à Pwyll de revenir, cette période écoulée, déguisé en mendiant, et de demander comme faveur au banquet de se faire remplir un sac en peau de porc.
Une fois encore, Pwyll obtempéra. Gwawl lui accorda l'aumône en acceptant de remplir son sac. Mais, plus il y jetait de nourriture, plus le sac en contenait. Gwawl commença à se lasser et voulut chasser le mendiant. Mais Rhiannon lui rappela qu'il avait promis de remplir le sac, et qu'une promesse était une promesse ... Malicieuse, elle affirma connaître l'enchantement qui ensorcelait le sac et chuchota à Gwawl qu'il suffisait qu'un chef très puissant en tasse le contenu avec ses pieds en disant "On en a assez mis" pour le briser. Sûr de sa puissance en tant que chef, Gwawl se chargea lui-même de tasser le contenu du sac, dans laquel Pwyll l'enferma avant de le rosser de coups de bâton ! Meurtri, Gwawl implora la grâce, que Pwyll lui accorda à condition qu'il renonce à Rhiannon et à la vengeance. Piteux, le borgne s'en fut sous les rires et les quolibets, et Pwyll épousa enfin Rhiannon.

De cette union va naître Pryderi, un garçon, enlevé à la naissance. Cet incident vaut à sa mère d'être injustement accusée d’infanticide. En guise de pénitence, elle est condamnée à rester assise aux portes de la ville, où elle doit raconter son histoire aux visiteurs et les faire entrer en les portant sur son dos. La punition ne s’arrêtera que sept ans plus tard, quand elle retrouve enfin son fils disparu.

Pour que la royauté de Pwyll sur le Dyved soit reconnue, il doit avoir une reine à ses côtés pour légitimer son pouvoir. En effet, chez les Celtes, la Souveraineté est un concept féminin. La pénitence qu’elle endure, suite à l’enlèvement de son fils, est un ajout postérieur sans doute dû à la christianisation du récit, cette notion étant inconnue de la civilisation celtique.

Correspondances

Animal : Oiseaux, chevaux
Lieu : Mer

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Sources :
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:star: Mythologies, anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, ouvrage collectif, éditions GRUND, 2002
:star: Contes et Légendes de la Mythlogie Celtique, Christian Léourier et Jean-Louis Thouard, éditions Nathan, 2000
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Mar 17 Jan - 19:25

Morrigan (ou Morrigu)



Son nom est formé de "Mor" (grande), "Rig" (roi ou reine) et "Ana" (mère). Elle est donc ainsi la Grande Mère Reine, comme la gauloise Rigantona.

Avec ses avatars, Macha ("Plaine") et Mebd ou Bodb ("Corneille"), elle est la triple déesse de l'amour passioné, de la mort et du déchaînement vital. Epouse du dieu-druide Dagda, auquel elle s'unit la nuit de Samain (31 octobre), elle est parfois représentés comme un vol de trois corneilles ou par un corbeau. Il semble qu'elle soit un avatar sombre de la grande déesse Mère Birgid (ou Brigit).

Elle est présente sur les champs de bataille dans un équipage rouge, sur un char guidé par un cheval à une patte. Au cours des guerres, elle apparaît sous diverses formes animales (le plus souvent celle d'une corneille) et pour l’invoquer, il faut croasser. Entre autres pouvoirs qui sont nombreux, elle peut inspirer la peur ou le courage aux guerriers. Elle prophétise, donne son amour aux guerriers afin de les aider à la victoire (en effet, la magie inhérente au principe féminin a toujours légué force et courage à l'homme ...). Elle est souveraine des exprits des morts, en contact avec les walkyries, elle assite les guerriers blessés et escorte leurs esprits sur "l'Autre Rive du Monde".

Dans le récit nommé Táin Bó Cúailnge (la razzia des vaches de Cooley), sous l’apparence d’une belle et jeune fille aux sourcils roux, elle tente de séduire Cúchulainn (on prononce ce nom "Kourouline" :wink: ), qui refuse ses avances. Elle le menace alors sous l’aspect de différents animaux et, pendant qu’il combat, elle s’enroule autour de sa cuisse, métamorphosée en anguille. Le héros s’en défait et la blesse. Il est alors absent du combat pour un long moment, mais lorsqu'il revient combattre elle lui apparaît pour la dernière fois en jeune femme lavant des dépouilles dégoulinantes de sang. Il sait alors que son heure a sonné (l'image des lavandières nocturnes est encore de nos jours un présage de mort, découlant de la mythologie celte). Plus tard, c’est en corneille qu’elle assistera à l’agonie de Cúchulainn, perchée sur son épaule.

De nos jours, Morrigane est invoquée pour extraire la sagesse essentielle du chaos et de l'obscurité primales (vus comme un potentiel positif !), lieu de la créativité. L'animal qui lui est dédié est bien évidemment la corneille et son cousin, le corbeau.

Correspondances

Couleur : Noir
Animal : Corneille

__________
Sources :
:star: Mythologies, anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, ouvrage collectif, éditions GRUND, 2002
:star: S comme sorcière, Marie des Bois, éditions du Cercle Beltane, 2000
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Mer 25 Jan - 2:53

Citation :
Elle est la maîtresse des oiseaux chanteurs et est souvent également associée aux chevaux, ce qui a poussé certains à la rapprocher de la déesse gauloise Epona. Cela dit, cet amalgame réducteur ne fait pas l'unamité, les rôles des deux déesses étant très différents.

Pourrais tu préciser la différence, wikipédia ou des sources généraliste restent très vagues la dessus. Un petit éclairssissement serait bienvenu.
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Mer 25 Jan - 16:22

Rhiannon est avant tout associée à l'Au-dekà, aux mondes souterrains, dont le cheval est l'un des symboles dans la mythologie celtique (notamment parmi les peuplades les plus septentrionales). Elle a donc une vocation majoritairement psychopompe et était vraisemblablement invoquée tout particulièrement lors des cérémonies funéraires.

Epona, quant à elle, est bien moins marquée par cet aspect. Elle est une déesse "de surface", qui règne davantage sur les chevaux en tant que manifestations animales (et non comme symboles psychopompes exclusivement). Le cheval gouverné par Epona est souvent celui que les Gaulois vénèrent pour les services qu'il peut rendre une fois son côté sauvage dompté : il est un don de la nature qui permet à l'Homme de se déplacer, de travailler et de faire la guerre, un compagnon du quotidien, un allié.

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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Mer 25 Jan - 19:24

Merci pour ces précisions, j'ai un petit faible pour cette déesse depuis longtemps. C'est lié à un livre de contes très joliment illustré



et au morceau d'Enya intitulé Epona sur son album 'the celts' .
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Jeu 1 Nov - 20:54

Le siège de Druim Damhgaire

Au moment qui nous intéresse, l’Irlande est partagée en deux. Cormac mac Airt, petit-fils de Conn a le titre de Haut-Roi mais ne règne réellement que sur la moitié nord; Fiacha petit-fils d’Eogan le Grand, roi de Munster, règne sur la moitié sud.
Une telle situation ne peut que dégénérer à la longue et Cormac est bien décidé à abattre ce vassal aussi puissant que lui. Il rassemble des troupes de tous les rois et chefs qui lui doivent allégeance, découvre opportunément que Fiacha ne lui a pas depuis des années payé le tribut de bétail dû au Haut-Roi d’Irlande et consulte ses druides Cithruadh et Fis. Ceux-ci sont peu encourageants, et Cormac envisage sérieusement de les sacrifier pour conjurer les mauvais présages.
Les chefs et leurs contingents arrivent l’un après l’autre, et en attendant que tous soient arrivés on enchaîne festins arrosés et parties de chasse. Dans une de celles-ci, Cormac, qui a perdu le contact avec les autres, s’endort dans un brouillard magique; une très belle jeune fille aux cheveux d’or le réveille. C’est Bairrfhinn Blaith, du sidh* de Bairche. Ils passent trois jours et trois nuits dans le monde du sidh, à l’issue desquels Bairrfhinn procure à son amant trois magiciennes ( Ergi, Eang et Engain ) et deux druides ( Colphta et Lurga ) pour l’aider dans sa guerre.

L’armée rassemblée par Cormac se jette sur le Munster sans rencontrer de résistance - ou plus exactement, de résistance physqiue, parce que les druides Cithruad et Fis, qui ont décidé de se rallier à Fiacha, jettent sur elle le Vent des druides qui crée la confusion dans les esprits et fait se battre les guerriers entre eux. Malgré cet incident, elle parvient devant Druim Damhgaire, la forteresse royale de Fiacha où celui-ci a rassemblé en hâte tout ce qu’il avait de troupes à portée de main.
Colphta et Lurga commenent par hausser la colline où Cormac a bâti son camp; des guerriers fameux des deux armées se livrent des duels mais, comme les trois magiciennes, sous forme de brebis, harcèlent les guerriers de Fiacha, ceux-ci sont tous vaincus. Le dernier coup vient quand Colphta et Lurga lient les eaux de Munster: forcée par la soif, Drum Dmhgaire va devoir capituler.
La situation de Fiach est critique mais il lui reste une issue: le druide Mog Ruith ( Serviteur de la Roue ) dont il fut l’élève. Celui-ci apparaît et exige en paiement de larges terres: Fiach les accorde aussitôt. Mis en appétit, Mog Ruith demande de surcroît 100 vaches et 100 bœufs, 100 chevaux, 50 manteaux, une belle fille pour épouse et la première place dans les assemblées. Fiacha donne tout; dans la position où il est, il donnerait plus encore.
Au moins cette aide coûteuse est efficace. Mogh Ruith libère les eaux et abaisse la colline où se dresse le camp de Cormac; son élève Cenmar, à l’aide d’une anguille(?) enchantée, tue Colphta et Lurga. Après quoi, comme les magiciennes viennt l’affronter sous leur forme de brebis, Mogh Ruith conjure trois chiens qui les égorgent.

Cormac sent le moment venu d’user de diplomatie. Il fait de grandes offres à Mogh Ruith, mais celui-ci les repousse. Cormac a plus de chance avec ses deux anciens druides, qui voient toute la gloire et les récompenses aller à Mogh Ruith: contre un paiement substantiel ils retournent au service de leur seigneur.
Les deux armées sont sur le point de se livrer bataille, mais là encore toute l’action va se décider par la magie. Cithruadh allume un feu druidique avec du bois de sorbier et le dirige par ses incantations sur l’armée de Fiacha; mais Mogh Ruith, couvert d’une peau de taureau brun sans cornes surmontée d’une coiffe faite d’un oiseau empaillé(?), s’élève dans le ciel et son feu druidique dévore celui de Cithruadh avant de frapper l’armée de Cormac qui s’enfuit en désordre. Les guerriers de Fiacha n’ont que la peine de massacrer les fuyards qu’ils peuvent atteindre pendant que Mogh Ruith pétrifie Cithruadh et Fis.

La paix est conclue, un traité est signé qui rend Fiacha complètement indépendant, et des otages sont échangés; parmi ceux que fournit Fiacha, Connla, fils de Tadg, un de ses cousins. Quelques temps plus tard, Connla tuera Fiacha à l’incitation de Cormac.
Comme quoi, les armées et la magie à grand spectacle, c’est bien, mais ça ne résout pas tout.


* Vu les pertes terribles qu'ils ont subies à la 2° bataille de Mag Tùred ( et encore, ils l'ont gagnée ), les Tuatha Dé Danann ont choisi de ne pas disputer l'Irlande aux nouveaux arrivants humains mais de se retirer dans un monde parallèle accessible par les sidhe i.e. les collines artificielles abritant des tombeaux pré-celtiques.
Ils sont plus beaux, meilleurs combattants et magiciens que les humains et ils ne vieillissent pas; dans la pratique ce sont plus des elfes boostés que des dieux affaiblis.
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MessageSujet: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Jeu 1 Nov - 21:16

Etonnant ! Je croyais que Cormarc était un personnage fictif, né de l'imagination fertile d'Howard, j'ignorais qu'il avait vraiment existé.
Beaucoup de détails de ton récit apparaissent dans la trés bonne histoire "Le crépuscule du dieu gris" d'Howard, dans le recueil "Bran Mak Morn". Une histoire profondément onirique et barbare, sur fond de guerre et de rivalité entre deux femmes.
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Jeu 1 Nov - 21:34

Voyageur Solitaire a écrit:

Beaucoup de détails de ton récit apparaissent dans la trés bonne histoire "Le crépuscule du dieu gris" d'Howard, dans le recueil "Bran Mak Morn". Une histoire profondément onirique et barbare, sur fond de guerre et de rivalité entre deux femmes.
Ah, celui-la je ne le connais pas, je vais voir si je peux le trouver

Voyageur Solitaire a écrit:
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MessageSujet: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Jeu 1 Nov - 21:42

Oui, je te conseille vivement "Le crépuscule du dieu gris", une sombre et splendide histoire celtique façon Howard, pleine de bruit et de fureur, avec deux femmes, une reine barbare, sensuelle et impitoyable et une femme elfique, douce et lumineuse. Et en filigrane, le crépuscule du paganisme, d'Odin et les siens face à un monde nouveau en train de naître... Superbe !
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Lun 26 Nov - 19:14

Suivant le topic de VIC sur Collier et son oeuvre Lady Godiva, parlons un peu de cette belle légende celtique, entre mythe et réalité.

Au début de l'an 1000, les habitants de la ville de Coventry en Angleterre menait une existence difficile, étant écrasé sous le poids des impôts que prélevait le Comte Léofric de Chester pour financer ses campagnes militaires. Sa jeune épouse Lady Godiva (Godwa ou Godgifu en saxon) eut pitié de ces gens et implora Léofric de diminuer le taux de taxation. Il accepta à la condition qu'elle traverse nue la place du marché de Coventry, ce qu'elle fit à cheval, sa longue chevelure dissimulant son corps.
Un embellissement plus tardif de la légende raconte que Godiva demanda à tous les habitants de rester chez eux, volets fermés. Et que seul un tailleur appelé Peeping Tom osa regarder la scène par la fente d'un volet. Mal lui en prit, car il perdit aussitôt la vue.

La légende de Lady Godiva nous est parvenu principalement par la chronique de Roger of Wendover (Flores Historium -1230).

Sa véritable histoire : Lady Godiva (d. c. 1010 - 1067) était une Saxonne de sang noble. Épouse de Léoric, compte de Chester (d.1057), la comtesse était une pieuse bienfaitrice qui par des dons de son époux et d'elle même fit édifier deux monastères: un à Coventry et un second à Stow. L'histoire ne nous révèle pas si la légende de la cavalière vêtue que de sa longue chevelure est vraie ou non.

La légende de Lady Godiva donne lieu chaque année depuis 1678 à un festival annuel au cours duquel une jeune femme personnifiant la jeune comtesse parcoure sur un cheval blanc les rues de la ville de Coventry. Statue de Lady Godiva dans la ville de Coventry. Une statue représantant Lady Godiva à également été élevée près de la place du marché de Coventry afin de rappeler l'événement.



Le mythe de la femme nue sur un cheval vient aussi de là, d'où l'érotisme souvent présent dans cette légende, et ses interprétations modernes multiples.

L'histoire de Lady Godiva a été portée au cinéma en 1955 avec Maureen O'Hara dans le rôle titre.


Dernière édition par Warlock le Lun 26 Nov - 21:00, édité 1 fois
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MessageSujet: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Lun 26 Nov - 20:17

Je ne connaissais pas cette histoire. Soit dit en passant, le mythe de la femme nue que nul ne doit contempler sous peine d'être aveuglé ou foudroyé est assez répandu dans beaucoup de légendes.
Idem pour l'association cheval-femme nue, clairement explicite et trés fortement sexuée : Plus encore que la Belle et la Bête, c'est la féminité et la virilité dans son expression la plus crûe, vu la taille du sexe d'un cheval. L'argot ne s'y est pas trompé avec les termes "jument", "pouliche" ou "étalon"... On trouve souvent également le taureau dans ce rôle et symbole de virilité sexuelle (voir le mythe de Pasiphaé s'unissant au taureau pour donner naissance au minotaure).
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE CELTIQUE   Lun 3 Déc - 22:52

L’article concernant Gwydion a à mon avis quelques manques et inexactitudes, je poste donc ma version.

Gwydion fils de Dôn est un magicien gallois issu de ce qu’il est convenu d’appeler une famille à problèmes.
Il a trois ou quatre frères, je ne sais plus au juste - Gilvæthwy, Amæthon [ Laboureur ], Govannon [ Forgeron ] et peut-être encore un autre - et une sœur, Arianrhod [ Roue d’Argent ]. Leur oncle est Math fils de Mathonwy, magicien et roi du royaume de Gwynedd.

Pauvre Math ! Être roi et magicien, ça a l’air très bien à première vue, mais il lui faut souscrire à une condition mystique bien précise. En guerre, il DOIT mener ses troupes; en paix il DOIT garder les pieds en permanence sur les genoux d’une vierge.
À ce que je crois comprendre, on en sélectionne une qui fait le boulot une année et qui sera richement dotée ensuite. Encore faut-il qu’elle soit vierge pour commencer et comme la suite de l’histoire le prouve ça ne se trouve pas si facilement.
Dans la pratique, cela veut dire que Gwydion remplace son oncle dans toutes les fonctions royales que son immobilité lui dénie.

Tout commence quand Gilvæthwy est pris de désir pour la vierge du moment, Gœwin. Gwydion trouve la solution tout de suite: il va provoquer une guerre, Math conduira l’armée et Gilvæthwy pourra joyeusement violer Gœwin.
J’insiste sur le fait qu’il s’agit d’un viol, le texte de la 4° branche du Mabinogion le dit explicitement. Qu’un neveu du maître viole une servante, ça se voit un peu partout à l’époque, mais pour celle-la Gilvæthwy aurait peut-être dû se contenir un peu.
Gwydion s’en va donc en visite au royaume de Devred, le voisin de Gwynedd au sud. Il se trouve que Pryderi, roi de Devred, possède un troupeau de porcs merveilleux donnés par Arawn [ si j’ai bien compris, Arawn est similaire aux Dé Danann irlandais; il est associé à la chasse, à la fertilité et à la mort ]. Les relations du Devred avec Arawn remontent en fait au père de Pryderi, Pwyll: il avait offensé Arawn en tuant devant lui le cerf qu’il chassait, aussi Arawn a échangé leurs apparences pour un an; l’année écoulée, Arawn avait été très heureux d’apprendre que Pwyll n’avait pas usé de ses droits avec l’épouse d’Arawn et avait aussi vaincu le plus grand rival de celui-ci, Hafgan ( le Mabinogion ne dit pas comment Arawn en avait usé avec l’épouse de Pwyll et si Pryderi n’en est pas la conséquence )
Visite diplomatique, entretenir les bonnes relations entre les deux royaumes, bla bla. Gwydion admire les porcs qu’on lui montre sous toutes les coutures et les admire tellement qu’il dit vouloir les acquérir.
- Je le voudrais bien, répond Pryderi, mais j’ai reçu ces porcs à condition de ne pas les vendre ni les donner.
- Soit, dit Gwydion ( qui trouve toujours les bonnes solutions ) mais rien ne vous interdit de les échanger.
Et Gwydion de produire son offre, soit une certaine quantité de chevaux noirs harnachés d’or et de boucliers ornés d’or. Pryderi accepte avidement et il est bien déçu quand une fois Gwydion parti chevaux et boucliers reviennent à leur état normal de champignons.
Aucun souverain celte ne saurait tolérer une telle insulte, aussi Pryderi rassemble ses troupes et envahit le Gwynedd; mais toutes considérations militaires mises à part la magie de Math le condamne d’avance. Il perd trois batailles successives et pour sauver les derniers survivants de son armée lance un défi à Gwydion; Gwydion le tue en duel sans états d’âme.
Tout est donc bien qui finit bien, en tout cas jusqu’à ce que Math revienne triomphant et que Gœwin lui raconte ce qui s’est passé en son absence.
Math, disons-le, n’est pas content. Il change pour un an Gwydion en cerf et Gilvæthwy en biche, avec pour sort de s’accoupler; et quand au bout d’un an ils lui reviennent accompagnés d’un faon il change Gwydion en laie et Gilvæthwy en sanglier, avec pour sort de s’accoupler; et quand au bout d’un an ils lui reviennent accompagnés d’un marcassin il change Gwydion en loup et Gilvætwhy en louve, avec pour sort de s’accoupler; et quand au bout d’un an ils lui reviennent accompagnés d’un louveteau il leur rend à tous apparence humaine - les trois petits deviendront trois guerriers sans reproche dont les noms signifient ( avec beaucoup d’originalité ) Cerf, Sanglier et Loup.

Ça n’est pas tout ça, mais il on est à l’époque où il faudrait une nouvelle vierge et Gwydion suggère sa sœur Arianrhod. Le choix aurait pu être meilleur parce qu’au moment où elle “passe sous la baguette de Math” ( arrêtez de ricaner, j’ai assez peine à m’en empêcher moi aussi ) elle accouche de deux enfants - un qui saute dans la mer ( apparemment on est en bord de mer ) et qu’on nommera Dylan de la Vague ( son oncle Govannon le tuera plus tard, peut-être sans le reconnaître ) et un qui roule aux pieds de Gwydion et que celui-ci ramasse. C’est peut-être une conséquence de ses aventures en forêt mais voilà qu’il se sent une âme de père pour ce petit.
Arianrhod est furieuse, et avant de repartir dans son château ( lui aussi en bord de mer ) elle met ce sort sur son fils qu’il n’aura jamais de nom si elle ne lui en donne pas un elle-même.
Sept années passent, et Gwydion et son pupille se présentent chez Arianrhod sous l’apparence d’un cordonnier et son jeune apprenti. Les suivantes d’Ariarhod lui vantent la qualité de son travail, et comme elle descend l’examiner ( les distractions sont rares à l’époque ) le jeune garçon tue sous ses yeux un rouge-gorge d’un jet de pierre. “ Bien joué, blond jeune homme à la main habile ( Lleu Llaw Gyffes ) !” rit-elle; “ Tu lui as donné un nom et un beau nom”, dit Gwydion en reprenant son apparence, “ il se nommera donc Lleu Llaw Gyffes.”
Arianrhod n’est pas contente du tout et met ce sort sur Lleu qu’il n’aura jamais d’armes si elle ne lui en donne pas elle-même.
Sept années passent, et Gwydion et Lleu reviennent au château d’Arianrhod sous l’apparence d’un vieux barde et de son apprenti; Arianrhod, qui sait les usages, les accueille honorablement et ils donnent une bonne prestation. Le lendemain, Gwydion crée l’illusion d’une flotte de guerre qui approche du château; Arianrhod fait distribuer des armes à tous les hommes valides, et en telle hâte qu’elle en donne aux deux bardes de ses mains… vous avez compris.
Une fois désabusée, Arianrhod folle de rage impose ce sort à son fils de n’avoir aucune femme d’une race vivant actuellement sur terre, et quitte cette histoire. Dommage, parce que le personnage était intéressant.

Le problème dépassant quelque peu les pouvoirs de Gwydion, il fait appel à son oncle Math; et ils créent une femme à partir de fleurs. Étant en veine d’originalité, ils la nomment Bloddeuwedd - Semblable à une fleur.
Là où ça devient drôle, c’est que Bloddeuwedd hait cet homme pour qui elle a été créée.
Lleu mène la vie d’un seigneur gallois, souvent à la chase ou à la guerre. Bloddeuwedd en profite tout d’abord pour prendre un amant en la personne d’un seigneur voisin nommé Gronw Pebyr ( Jeune homme vigoureix - ce nom nous donne peut-être indirectement le pourquoi de la haine de Bloddeuwedd, allez savoir ). Elle en profite ensuite pour arracher à Lleu son secret, en jouant les épouses tendres et effrayées des périls que court son seigneur.
Lleu la rassure: protégé par la magie de Gwydion, il ne peut être tué ni le jour ni la nuit, ni à pied ni à cheval, ni sec ni mouillé, ni nu ni vêtu. Et de dire comment il pourrait être tué: debout avec une jambe dans un chaudron plein d’eau ( on se baigne dans ce genre de trucs à l’époque, on allume un feu dessous pour donner un bain chaud ) et l’autre sur le dos d’un bouc ( ou d’un cerf selon les sources ), enveloppé dans un filet, au crépuscule et ( rajout chrétien ) par une arme forgée uniquement pendant la messe. Bloddeuwedd fait savoir la chose à Gronw Pebyr et persuade son pauvre imbécile de mari d’organiser la mise en scène. TOTALEMENT pas suspect.
Gronw, qui est vigoureux mais qui a d’autres manques, ne fait que blesser Lleu de son javelot; Lleu se métamorphose en aigle et s’enfuit. Plus de Lleu, Blodeuwedd sert à Gwydion un baratin quelconque et joue la comédie de l’épouse éplorée.
Quelques temps après, Gwydion entend un de ses porchers raconter une étrange histoire: un de ses porcs s’en allait toujours de son côté quand il les menait dans la forêt et revenait plus repu que les autres. Il l’a finalement suivi et l’a vu s’arrêter au pied d’un arbre: dans les branches se tenait un grand aigle blessé et de son corps tombaient des morceaux de chair pourrie que le porc engouffrait.
Gwydion trouve l’aigle, le fait venir à lui par trois chants magiques et lui rend sa forme humaine, après quoi il le soigne pendant de longs mois jusqu’à ce qu’il se remette. Après quoi, ils marchent sur les méchants - à Lleu Gronw Pebyr, à Gwydion Bloddeuwedd.
Bloddeuwedd a tâché de s’enfuir mais Gwydion la rattrape et la transforme en effraie, ce qui explique pourquoi les gallois l’appellent Bloddeuwedd.
Quant à Gronw, ne voyant aucun espoir dans le combat, il propose à Lleu de lui jeter un javelot dans les mêmes conditions que lui l’avait fait, mais, en considération du fait qu’il avait été séduit et n’avait été qu’un instrument dans l’histoire, de lui permettre de se protéger d’une pierre plate. Lleu accepte, et son javelot transperce et la pierre et Gronw Pebyr. Adieu Gronw.


Gwydion s’est également retrouvé impliqué dans un des “Trois combats futiles de Prydein [ Galles ]”. Son frère Amæthon avait en effet dérobé à Arawn un chien de chasse, un daim et un vanneau; et Arawn fou de rage avait envoyé une armée sur le Gwynedd - armée comprenant aussi bien ses vassaux que des humains. Il s’était toutefois abstenu d’en prendre la tête.
L’armée d’Arawn avait tout d’abord pris l’avantage et repoussé en désordre celle du Gwynedd, mais Gwydion avait animé les arbres pour les envoyer au combat et repris tout l’avantage. Mais dans un combat pareil, ce n’est pas le simple choc des armes qui décide: chaque camp inclut une personne dont l’ennemi doit deviner le nom pour vaincre. Au signe sur son bouclier, Gwydion identifie l’homme de l’armée d’Arawn comme un des illustres battus de la tradition galloise, Brân le Béni [ Brân Vendigeit ] alors qu’en face personne n’est capable d’identifier la femme Achren [ Arbres ].


Quand je disais que c’était une famile à problèmes; on a un filou, un violeur, un assassin, un voleur et une Marie-couche-toi-là, et ce qui est pire ils provoquent des guerres à répétition. La famille royale à votre service.
On dit que Lleu succèdera à Math sur le trône de Gwynedd et il est à souhaiter que l’expérience lu ait appris quelque chose, sans quoi on frémit au sort du royaume sous un roi pareil.
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