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 BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème

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VIC

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MessageSujet: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Dim 6 Aoû - 14:52

Un sujet pour parler de plusieurs séries de BD évoquant l'Amérique Black.
Si si, il y en a plusieurs sur le sujet.
À commencer par l'excellente série :


WAKE UP AMERICA, série complète en 3 tomes.





Citation :

Wake Up America est une peinture de la société américaine des années 60, racontée à partir de la vie de John Lewis, démocrate, icône américaine, le seul encore vivant du groupe des Big Six dont faisait partie Martin Luther King. Ce premier tome retrace le début des sits in et la mise en pratique de la politique de non violence.




Citation :

Second volet de l'évocation de la lutte pour la conquête des droits civiques dans l'Amérique ségrégationniste, dans un registre vibrant. Ce grand récit réaliste relate la longue marche des Noirs américains pour l'égalité des droits. À travers le personnage de John Lewis, figure historique du mouvement aux côtés de Martin Luther King, les auteurs retracent le combat des militants pour les droits civiques au tournant des années cinquante et soixante. Le Sud ségrégationniste y est dépeint dans toute sa violence et son injustice.




Citation :
À l'automne 1963, le mouvement des droits civiques s'est imposé aux Etats-Unis. John Lewis, en tant que président du comité étudiant d'action non violente est en première ligne de la révolte. Tandis que Jim Crow élabore des lois toujours plus répressives et discriminantes, le seul espoir de Lewis et ses compagnons est de faire réellement appliquer le principe du vote pour tous, y compris à aux citoyens noirs : « un homme, une voix ». Avec cette nouvelle bataille viendront de nouveaux alliés mais de redoutables ennemis, ainsi qu'un nouveau président qui semble être les deux à la fois. Les fractures au sein du mouvement s'approfondissent. Tout semble devoir se jouer dans une petite ville le long de l'Alabama, Shelma…







Citation :

John Lewis est un survivant, un témoin et, surtout, un acteur majeur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux USA. Né en Alabama, il a très vite réalisé la situation dans laquelle les « non-Blancs » vivaient. Très jeune – il s'exprime en public sur la question à seize ans seulement -, il rencontre Martin Luther King Jr. et met immédiatement son existence au service de la cause. Cinquante ans après les faits, il siège aujourd’hui au Congrès et, par la force des choses, est devenu la conscience morale des afro-américains.

Biographie mâtinée de cours d'histoire, Wake up America retrace avec application la vie de John Lewis. Oscillant entre souvenirs personnels et événements d'importance, la lecture est agréable, prenante même, mais terriblement convenue. En effet, le ton général donne à l'ouvrage une allure de panégyrique. Forgée par ces temps terribles et par l'insupportable racisme dans lequel baignait le Sud des États-Unis,  la destinée de Lewis ressort un peu trop cousue de fil blanc pour être totalement convaincante. Cela dit, l'album reprend très précisément les moments clefs du long combat vers l'égalité avec, notamment, les techniques d'opposition passive basées sur la non-violence qui sont utilisées par les militants. Pour être vraiment complet, il manque cependant un petit rappel sur l'origine de la ségrégation américaine.

Après le très remarqué Le silence de mes amis, récit également ancré dans l'époque des luttes raciales états-uniennes, le choix de Nate Powell pour illustrer cet opus est parfaitement logique. Toujours très influencé par Will Eisner, le dessinateur propose un découpage original et maîtrisé. La lisibilité est exemplaire, les nombreux effets de mise en scène (planches ouvertes, plongées et contre-plongées forcées, etc.) ne sont jamais gratuits et toujours conçus pour mettre en avant le scénario. L’œil est constamment guidé par un réseau de phylactères et autres blocs récitatifs. Malheureusement, le dessin, même s'il est bien en place, se limite à un rôle illustratif purement technique et ne participe que trop rarement au jeu narratif.

Malgré ces quelques défauts, ce premier tome de Wake up America se révèle être de bonne facture et représente une introduction intéressante à un pan de l'Histoire contemporaine des USA.
Par A. Perroud


Mon avis :

beaucoup de choses justes dans la critique ci-dessus, y compris sur les défauts. Lire cette BD permet d'en apprendre beaucoup sur cette facette de l'histoire des USA. On croit savoir, on croit connaître la ségrégation. En fait, non, on est toujours très en dessous de la réalité qui dépasse toujours la fiction. Comment, il y a encore 50 ans à peine, une partie des USA pouvait à ce point prôner la ségrégation ? Une génération après les Nazis, c'est court, et la dictature n'est pas si éloignée, notamment au niveau fédéral. La paranoïa américaine envers les noirs rappelle celle envers les communistes, le résultat est édifiant concernant le lavage de cerveau et le conditionnement. Cette BD est vraiment une plongée dans l'Histoire. Cette série est extrêmement instructive, un bon investissement pour comprendre ce qu'était vraiment la ségrégation, et se plonger dans une époque. Une machine à remonter le temps qui nous rappelle que non, ce n'était pas forcément mieux, avant. Si vous êtes amateur du thème ou aimez l'Histoire, cette BD est à lire !

Citation :


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VIC

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MessageSujet: Re: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Lun 14 Aoû - 14:54

MOTHERFUCKER, série complète en 2 tomes





Citation :
Il s’appelle Vermont Washington. Si son patronyme est symbole de liberté pour l’Amérique, il ne l’est pas pour lui, jeune afro-africain.
Il habite à Los Angeles, dans le quartier de Watts, célèbre pour les émeutes survenues, en août 1965, à la suite du 100è anniversaire de l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis.
Son quotidien, et celui de sa famille, n’est fait que d’injustices, de restrictions, de discriminations et d’humiliation. Ils sont victimes du racisme ordinaire, qui sévit encore en ces années soixante, où le Ku Klux Klan, vestige insupportable de l’esclavage, n’en finit pas de mourir. Une haine omniprésente perçue à travers le travail, l’éducation, les lieux publics… Même les forces de l’ordre soudoyées participent à cette discrimination générale.



Citation :
Dans cette seconde partie, Sylvain Ricard poursuit son illustration par l'exemple du programme des Black Panthers à travers le parcours de certains de ses membres et en particulier celui de Vermont Washington. Entré dans le cycle infernal du jusqu’au-boutisme, celui-ci va se heurter à la répression implacable des autorités, qu'elle soit exercée à son encontre ou à celui de son entourage . S’appuyant sur le lavis noir et blanc très réussi de Guillaume Martinez, la narration adopte la trame du reportage. Elle en a la force, la percussion, l’impact émotionnel. Le lecteur assiste aux injustices, brutalités, procès truqués et autres vexations quotidiennes. Il voit également Annette basculer dans le désespoir, perdue et progressivement isolée au sein même de sa communauté. Pourtant, malgré l’horreur des propos, le spectateur reste toujours un peu en retrait de l'action. Est-ce dû au parti-pris adopté par un scénario très didactique ou, au contraire, à la distance que chacun peut souhaiter installer face à des actes particulièrement choquants et se déroulant à une époque assez proche ? Un peu des deux sans doute.

Ce livre constitue un témoignage plutôt pertinent sur un épisode de l'histoire d’une nation qui n’en a pas fini avec ses vieux démons. Ce type d'évènement et d'acte est inscrit dans la mémoire de tout un chacun, mais l’actualité offre régulièrement des faits prouvant qu’il convient de multiplier les piqûres de rappels afin d’éviter d’avoir à employer trop souvent le présent pour parler de ce type d'abjections. Cet album peut y contribuer.
Par O.Vrignon


Mon avis
:

Voici une BD qui m'a laissé sur ma faim. Il faut dire que le thème m'intéressait et que j'avais sans doute un peu fantasmé son contenu. À l'origine de ma déception, je m'attendais à lire une BD qui retrace l'histoire des Black Panthers. Ce n'est pas le parti de cette BD qui se focalise sur l'histoire d'un adhérent du mouvement.
L'histoire racontée et le dessin sont bons, mais je n'avais pas prévu une histoire "de fiction" centrée sur une famille, même crédible à l'extrême : j'espérais une histoire globale du mouvement. Pour cela, on apprendra davantage en lisant un article de wikipedia sur le sujet, et l'on verra tout le potentiel d'une telle démarche, à la manière de Wake Up America qui nous apprend énormément de choses.


Cette BD ne fait pas l'impasse sur le côté historique pour autant et permet quand même d'apprendre des choses aux lecteurs, notamment le Ten-Point Program :
Citation :
Le 15 mai 1967, dans le deuxième numéro du journal Black Panther Newspaper, le Black Panther Party publie la version originale de son programme en dix points (« Ten-Point program »)12. Les dix points sont les suivants :

   1 Nous voulons la liberté. Nous voulons pouvoir décider de la destinée de notre Communauté noire.
   2 Nous voulons le plein emploi pour notre peuple.
   3 Nous voulons la fin de la spoliation de notre Communauté noire par les Capitalistes.
   4 Nous voulons des habitations décentes, dignes d'abriter des êtres humains.
   5 Nous voulons pour notre peuple une éducation qui expose la vraie nature de cette société américaine décadente. Nous voulons une éducation qui enseigne notre vraie histoire et notre rôle dans la société d'aujourd'hui.
   6 Nous voulons que les hommes noirs soient exemptés du service militaire.
   7 Nous voulons un arrêt immédiat de la BRUTALITÉ POLICIÈRE et des MEURTRES de Noirs.
   8 Nous voulons la liberté pour tous les hommes noirs détenus dans des prisons fédérales, d'États, de comtés et de villes.
   9 Nous voulons que les Noirs, lorsqu'ils sont soumis à un procès, soient jugés par un jury constitués de leurs pairs ou de personnes issues de leurs communautés noires, comme défini dans la constitution des États-Unis.
   10 Nous voulons des terres, du pain, des logements, l'éducation, des habits, la justice et la paix.

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VIC

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MessageSujet: Re: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Sam 19 Aoû - 22:43

Emmett Till, derniers jours d'une courte vie, par Arnaud Floc'h




Citation :
De nos jours, un homme blanc, jeune journaliste, questionne un vieux musicien noir. En fait il s’intéresse assez peu au blues : il voudrait savoir quels ont été – 60 ans plus tôt – les liens du musicien (alors âgé de treize ans), avec Emmett Till. Et le bluesman, non sans émotion, accepte de parler, et de remonter le temps…

… Quand Emmett Till, jeune adolescent noir de quatorze ans venu de Chicago passer ses vacances chez Moïse son grand-oncle, descend le 24 août 1955 du train en gare de Money dans le Mississippi, il ne sait pas encore qu’il va vivre les cinq derniers jours de sa courte vie.

Il aura eu la malchance de pénétrer dans une épicerie réservée aux Blancs et de se comporter de « manière provocante » vis-à-vis de Carolyn, épouse de l’épicier, Roy Bryant.

Mis au courant de « l’affront », Roy, accompagné de son demi-frère Milan, part dans une chasse à l’homme qui finira tragiquement. Après avoir kidnappé Emmett, ils le tortureront avant de le jeter dans l’eau de la rivière. Ils seront plus tard acquittés et se vanteront de leur « exploit » dans la presse.




L'histoire vraie d'Emmett Till :

Si l'histoire de Rosa Parks est connue en France, celle d'Emmett Till l'est beaucoup moins mais fut importante aux États-Unis. Son meurtre fut l'un des principaux événements à l'origine de la création du mouvement afro-américain des droits civiques. Aimé Césaire consacra un poème à la mémoire d'Emmett Till dans son recueil Ferrements publié en 1960. En 1962, Bob Dylan signa une chanson appelée The Death of Emmett Till.

La BD prévient et on connaît déjà la fin : nous assistons aux derniers jours de vie d'Emmett avant son assassinat.

Pour un regard de travers, Emmett, âgé de 14 ans, sera enlevé puis lynché par deux frères blancs : il fut frappé jusqu'à en devenir méconnaissable (il eut les yeux arrachés, de très nombreux coups, un ou plusieurs tirs de pistolet, un ventilateur de machine à trier le coton attaché autour du cou avec du fil barbelé) et fut jeté encore vivant dans la rivière.

Les principaux suspects du crime, Roy Bryant et son demi-frère J.W. Milam, furent acquittés par le jury, composé de douze hommes blancs. Les délibérations prirent à peine 67 minutes. Un juré affirma qu'ils avaient même dû faire une « pause boisson » pour pousser le temps de la délibération au-delà d'une heure. Cet acquittement précipité provoqua un tollé aux États-Unis et en Europe, tant et si bien qu'il influença l'essor du mouvement des droits civiques américains.
Après leur acquittement, les coupables reconnaitront par voie de presse être les meurtriers de l'adolescent : ils étaient certains de leur impunité, car selon le Double Jeopardy Act « nul ne pouvait être jugé deux fois pour le même délit ».

La page wikipedia consacrée à Emmett montre une photo post mortem de son visage méconnaissable, yeux arrachés : âmes sensibles s'abstenir.



Mon avis :

Encore une fois, la BD se montre un vecteur très intéressant pour rendre compte des faits historiques, et pour les faire découvrir. L'Histoire se suffit à elle-même ici, la réalité est pire que la fiction. Point d'effets accrocheurs dans cette BD, la certaine sobriété de mise est au service du récit. C'est efficace, la lecture marquera les esprits, et il sera dorénavant difficile d'oublier le sort de ce garçon.

Petit bonus : j'ai apprécié en fin d'ouvrage une intéressante chronologie des faits marquants sur l'histoire des droits civiques des Noirs au États Unis.




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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Dim 20 Aoû - 13:15

Comme je l'avais déjà dit sur le sujet du film Spider, je n'aime pas les drames - drame qui ici prend une tournure tragique. Il s'agit donc d'une BD que je ne lirais très certainement pas.
Mais cela ne veut pas dire que ces sujets ne m'intéressent pas, bien au contraire. Je reviens de la page Wiki et je suis complètement horrifié. Je ne comprends pas, je ne parviens pas à comprendre comment des individus peuvent se montrer tellement dénués de sentiment et se comporter en monstres pires que tous ceux que les films fantastiques ou d'horreur pourraient nous donner à voir. Cette absence absolue d'empathie pour un autre être humain, un gamin en plus, me plonge toujours dans des abimes d'incompréhension... et de révolte.

En tous les cas, merci à toi pour m'avoir appris l'existence de cette tragédie définitivement inhumaine.

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VIC

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MessageSujet: Re: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Mar 22 Aoû - 21:09

Astre*Solitaire a écrit:
Je reviens de la page Wiki et je suis complètement horrifié. Je ne comprends pas, je ne parviens pas à comprendre comment des individus peuvent se montrer tellement dénués de sentiment et se comporter en monstres pires que tous ceux que les films fantastiques ou d'horreur pourraient nous donner à voir.
La réalité dépasse effectivement la fiction, comme je l'avais écrit.
La BD, même si tu ne la liras pas, a rempli son office puisque j'ai pu te faire découvrir cette triste histoire grâce à elle.

J'imagine que mes prochaines critiques de BD ne vont pas aller vers tes goûts car ce sera particulièrement dramatique, avec Maus d'Art Spiegelman.
Peut-être que je glisserai une critique d'une chose un peu plus légère en attendant.
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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Mar 22 Aoû - 23:11

Oh non, surtout pas.
C'est parfait de dénoncer ou de permettre d'appréhender l’innommable, le monstrueux - et plus que tout - l'inacceptable qui trop souvent se tapit dans la nature humaine. Je suis absolument ravi que de telles initiatives existent (la BD) et que certains (VIC) la relaient pour ceux (moi) qui n'y irait pas : cette connaissance m'a renforcé - si besoin était.
Je suis vraiment content - pas ravi, ou heureux, le sujet ne s'y prête pas - mais content que tu m'aies appris quelque chose. C'est important.

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MessageSujet: Re: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Jeu 9 Aoû - 22:00

Tout d'abord je tenais à remercier VIC de m'avoir prêté Wake up America. J'ai vraiment bien aimé, cette BD qui s'articule autour de la vie de John Lewis, raconte la lutte des noirs pour les droits civiques et contre la ségrégation. Le ton est dur, et même si on connait de base le sujet on en apprend encore mieux ce combat mené par Martin Luther King, Lewis et les autres.
Bien sur la BD n'évite pas l'hagiographie donnant à Lewis souvent un peu trop le bon rôle, ne mettant pas assez en avant ses failles et ses défauts, mais ça reste cependant je trouve un détail. On se dit que c'était il y a pas peine plus de 50 ans, et qu'alors le sud est USA était un Etat policier…  La description des techniques d’action non-violente est très bien décrite tout au long du récit. On se rend compte que cela ne consistait pas seulement à rester figé au même endroit sans rien faire. Il fallait une bonne dose de sang froid et de courage à ces militants, car leur pacifisme affiché n’empêchait pas la violence de l’autre camp, et semblait même parfois la décupler. Par contre j'ai trouvé la mine des policiers un peu trop patibulaire, comme si les traits étaient grossis pour nous montrer des monstres en face. Alors que n'était que des hommes coincés dans des croyances et une éducation antédiluviennes.
Cette BD entre 3 tomes se lit comme un roman graphique, passionnant, ludique et dramatique, à faire lire aux plus jeunes, pour qu'ils apprennent qu'il y a moins de 60 ans, des hommes et des femmes noirs luttaient pour leur droit aux USA. Ce qui est hélas toujours le cas…

Une BD qui mériterait une belle adaptation en série TV. Bien sur il y a eu récemment le film Selma qui parle de la fameuse marche en 1965, mais qui recentre un peu trop le film autour de Martin Luther King, et pas assez sur la lutte des droits civiques.
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MessageSujet: Re: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Dim 26 Aoû - 21:04

Je n'avais pas pensé à une adaptation en série et je trouve que tu as eu une très bonne idée. En même temps, je me demande si l'Amérique est vraiment prête pour ça, curieusement.
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Warlock

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MessageSujet: Re: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Dim 26 Aoû - 22:10

On a bien eu le film Selma récemment parlant de Martin Luther King et des marches pour les droits civiques alors pourquoi pas une série sur Wake up America.

Après c'est sur ça ferait parler, mais quand on lit ce roman graphique on se dit que ça pourrait faire une magnifique série marquante et prenante.
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MessageSujet: Re: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Dim 18 Nov - 20:34

PANAMA AL BROWN


Panama Al Brown
Un reporter à la dérive trouve malgré lui un sujet pour un papier qui pourrait lui sauver sa place : le lien qui unissait un champion du monde de boxe noir à Cocteau qui vient d’entrer à l’Académie Française. Une BD unique ! Panama au Panthéon

Présentation et critique de Planète BD :

Citation :
L'histoire :
Championnat du monde de boxe, 26 mai 1935 à Valence. Panama encaisse une droite. Il envoie la sienne puis est pris d’un vertige. Il se demande ce qu’il lui arrive en mettant un genou à terre. Vingt ans plus tard, Jacques, reporter sur le déclin, arrive chez son patron, ami de surcroît, à la libération. Il lui a trouvé une place dans son canard. Mais depuis trop longtemps, Jacques abuse de son statut et ne livre plus aucun bon papier. Du coup, ça se bouscule pour prendre sa place. Pour cette raison, il reçoit un ultimatum : un bon sujet, des belles photos ou… la porte ! Destination Paris pour l’entrée de Cocteau à l’Académie Française. Une fois sur place, Jacques arrive à la bourre pour la cérémonie d’intronisation et peine à récupérer le fil. Il essaie vainement de copier sur les notes des autres reporters, lorsque tout à coup, le discours déclenche la colère d’un d’entre eux qui quitte la salle en vociférant. Jacques, qui se dit que son retard n’est pas rattrapable, poursuit l’enragé et le retrouve en train de griller une cigarette. Il s’appelle George Peeters, patron de l’officiel du ring. Et s’il veut savoir ce qui le met en rogne, c’est d’avoir entendu le nom d’un ami résonner sous les coupoles de l’Académie Française, alors qu’il est mort dans la misère. Panama Al Brown, son ami Alfonso, ancien champion du monde des poids coq, se serait fait un plaisir de venir écouter son « ami » Cocteau. Et Dieu sait qu’il aurait été fier d’entendre son nom résonner ici !


Citation :
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
On entre dans l’histoire de Panama Al Brown comme le récit s’entame, mine de rien, avec une bonhomie curieuse à l’instar du personnage de Jacques, alcoolique du genre plaintif, mais doté d’un on ne sait quoi de sympathique qui capte l’attention. Alex W Inker (Apache, Prix SNCF du polar 2017) rend hommage à un oublié de l’Histoire. Pas de l’histoire du sport et de la boxe en particulier, c’est un oublié de l’Histoire avec le grand H. Pourquoi ? Parce qu’un génie nègre des années 30 ne pouvait matériellement accéder aux honneurs qu’il méritait. Oui, bien sûr, il a été alcoolique, toxicomane et homosexuel, mais comme combien de stars aujourd’hui qui croulent sous les honneurs une fois mortes ? Pour Alfonso, de son vrai prénom, rien, quedchi, quedal, nib, même pas une miette ou si peu (Imbroglio negro, l’Afrique fantôme). Pourtant, génie, il l’était dans la boxe, la musique, la danse, la fête, l’instinct humainement bon. Et Génie il devenait quand il investissait Cocteau d’une passion pour le moins décalée à l’époque, rien que par le plaisir global qu’il donnait à son amant. L’oubli est réparé et pas simplement par un clin d’œil ou un coup de coude. C’est un petit chef-d’œuvre que cette biographie. Il est important de savoir comment le monde n’a pas évolué sous ses airs de ne plus y toucher et Alex W Inker n’a pas son pareil pour le figurer à travers des récits du XXème siècle antique. Panama Al Brown est l’exemple criant que la modernité, l’avant-gardisme, le talent, s’ils ne sont pas protégés par un entourage à la hauteur, c’est à dire ni envieux ni vénal et juste respectueux de laisser la magie du personnage opérer, ne sont rien. Panama Al Brown c’est l’histoire de la frustration des gens entiers qui ne comptent rien, qui foncent et qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent sans jamais en voir les fruits parce qu’ils n’ont pas de « réseau ». Porté par un montage aux petits oignons, un dessin noir et blanc qui déborde de vie, enrichi d’un cahier additionnel essentiel (avec la savoureuse photo « pied de nez » de Cocteau au monde entier), cet album offre en cerise sur la BD une couverture monumentale. C’est aussi beau que cette magnifique histoire est triste.


Mon avis :

Panama Al Brown ? Jamais entendu parlé. Un amant de Cocteau, son ange noir déchu ? Rien à battre. Par contre, j'ai apprécié de découvrir le destin d'Alphonso qui débarque de Panama à Harlem, puis au Paris de Pigalle au lendemain des Années Folles. Comment ce Paris était finalement un lieu où échapper à la ségrégation américaine (et panaméenne au passage, puisque ce sont les noirs qui ont servi de main d'œuvre pour la construction du Canal de Panama et qu'on ne souhaitait pas vraiment intégrer ensuite). Ce Paris de lendemain des Années Folles, nous plonge avec délectation dans une certaine gueule de bois. Comme Jacques, le reporter alcoolique, on ne sait plus très bien où commence le rêve, la réalité, où commence la fiction. Le livret en fin de BD, indispensable, nous donne la biographie de Panama Al Brown, des photos et des indications précieuses. L'histoire de Jacques, elle, contient trop d'invraisemblances. Mais ce n'est pas un problème, l'essentiel ici était de nous faire découvrir un oublié de l'histoire. Cette BD distrayante y parvient fort bien, servie par un dessin en noir et blanc efficace.
Et Panama Al Brown dans tout cela ?
Et bien, il semble que ce boxeur possédait une droite aussi assassine qu'elle était fragile, au point qu'il devait la bander tout le temps et s'en servir le moins possible. Comme s'il avait signé un pacte avec le Diable. Cocteau a du apprécier…



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MessageSujet: Re: BLACK AMERICA : les BD autour de ce thème   Dim 18 Nov - 20:58

Découverte totale en ce qui me concerne, merci à toi.
Pour ce qui est du Paris des Années Folles, ce fût effectivement un refuge pour beaucoup d'artistes et personnalités noires de l'Entre-Deux Guerres. Comme Joséphine Baker, victime de la ségrégation et du mépris du public aux USA et qui fût bien accueillie en France où elle connût un vif succès. Il y avait aussi une certaine libéralisation des mœurs, une certaine liberté.

Bien sûr, il s'agissait d'un mouvement limité et il ne faut pas s'illusionner dessus. Il n'empêche, le Paris des Années Folles et même des années 1930 passait pour certains bien plus ouvert et tolérant que d'autres capitales européennes ou même mondiales. Une certaine image de "la fête parisienne", entourée d'une intelligentsia brillante et cosmopolite : Picasso, Scott Fitzgerald, Hemingway, Joséphine Baker et sa Revue Nègre, Modigliani… Sans oublier le Paris "populaire" avec les bals populaires, Mistinguett, Maurice Chevalier, les chansonniers de rue, les bistrots… Culturellement parlant, le Paris des années 1920 rayonnait.
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