Le temple d'Artémis à Éphèse, est dans l'Antiquité l'un des plus importants sanctuaires d'Artémis, déesse grecque de la chasse et de la nature sauvage.
Sur l'emplacement d'un sanctuaire plus ancien, un temple "archaïque" est bâti vers 555 av. J.-C. par Théodore de Samos, Ctésiphon et Metagenès, financé par le riche roi Crésus de Lydie.
Ses dimensions colossales (137,74 m de longueur et 71,74 m de largeur) et la richesse de sa décoration en font l'une des sept Merveilles du Monde Antique.
Construit en marbre, avec une double rangée de colonnes périptèrale laissant la place pour un large passage cérémonial autour de la cella.
Une nouvelle statue cultuelle en ébène est sculptée par Endoios, la précédente ayant été probablement détruite dans une inondation, et un naiskos pour l'abriter est érigé à l'est de l'autel en plein air.
Ce temple était très respecté comme lieu de refuge, une tradition liée au mythe des Amazones, qui se seraient réfugiées sur le site du temple face à Héraclès et Dionysos.
Le temple a attiré de nombreux marchands, rois, et curieux, ainsi que de nombreux fidèles du culte d'Artémis dont beaucoup ont rendu hommage, à Artémis sous forme de bijoux et de diverses marchandises.
On y a retrouvé ce qui pourraient être les plus anciennes pièces en électrum (alliage or-argent) ainsi que de nombreux autres objets de valeur.
Il est également considéré comme étant la première banque au monde car il était possible d'y déposer de l'argent et de le récupérer plus tard crédité d'un intérêt.
Il est incendié volontairement en 356 av. J.-C. par Érostrate, qui voulait ainsi se rendre célèbre en détruisant le temple.
Apprenant le mobile de l'incendiaire qui avait détruit le temple qui faisait l'envie de tous les Grecs, les magistrats de la cité le firent torturer et tuer.
Il fut interdit que son nom soit prononcé sous peine de mort. Cet arrêt ne fut respecté que 23 ans, jusqu'à l'arrivée d'Alexandre le Grand, qui proposa de financer la restauration du temple.
Quand les Éphésiens apprirent la date de naissance de leur bienfaiteur (la même nuit que celle de l'incendie fatal), le nom d'Érostrate fut révélé.

Le temple d'Artémis imaginé par Maarten van Heemskerck (1498-1574), dans un style contemporain de l'artiste.
Un second temple "hellénistique" est bâti au milieu du IVe siècle av. J.-C. sur le même plan. Il est pillé par les Ostrogoths en 263 puis brûlé par les chrétiens en 401.
Justinien achève de le démanteler en prélevant une partie de ses colonnes pour le palais impérial de Constantinople.
Après six années de patientes recherches, le site du temple a été redécouvert en 1869 par une expédition commanditée par le British Museum, conduite par John Turtle Wood.
Bien que plusieurs artéfacts et sculptures aient été retrouvés, il ne reste aujourd'hui qu'une seule colonne du temple proprement dit.
Les ruines d'Éphèse se trouvent aujourd'hui dans la partie sud ouest de la ville turque de Selçuk, à cinquante kilomètres au sud d'Izmir.