AccueilRechercherS'enregistrerConnexion
Le Deal du moment :
Abonnement 12 mois Nintendo Switch Online
Voir le deal
15.99 €

 

 LECONTE DE LISLE (1818-1894)

Aller en bas 
AuteurMessage
Voyageur Solitaire
Admin
Voyageur Solitaire

Masculin Messages : 7689
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Ici et ailleurs...
Emploi/loisirs : Tout, passionnément...
Humeur : Ici et maintenant

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeJeu 8 Nov - 15:25


Les éléphants

Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L'horizon aux vapeurs de cuivre où l'homme habite.

Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus
Dorment au fond de l'antre éloigné de cent lieues;
Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.

Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
L'air épais ou circule un immense soleil.
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
Fait onduler son dos où l'écaille étincelle.

Tel l'espace enflammé brûlé sous les cieux clairs,
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes,
Vont au pays natal à travers les déserts.

D'un point de l'horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l'on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sur crouler au loin les dunes.

Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine;
Sa tête est comme un roc et l'arc de son échine
Se voûte puissamment à ses moindres efforts.

Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
Il guide au but certain ses compagnons poudreux
Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.

L'oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l'oeil clos. Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l'air embrasé monte en brume,
Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

Mais qu'importent la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé?
Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s'abrita leur race.

Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Ou nage en mugissant l'hippopotame énorme,
Où, blanchis par la lune et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.

Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l'horizon s'effacent.
Revenir en haut Aller en bas
https://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Voyageur Solitaire
Admin
Voyageur Solitaire

Masculin Messages : 7689
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Ici et ailleurs...
Emploi/loisirs : Tout, passionnément...
Humeur : Ici et maintenant

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeJeu 8 Nov - 15:44

Un coucher de soleil

Sur la côte d'un beau pays,
Par delà les flots Pacifiques,
Deux hauts palmiers épanouis
Bercent leurs palmes magnifiques.

À leur ombre, tel qu'un Nabab
Qui, vers midi, rêve et repose,
Dort un grand tigre du Pendj-Ab,
Allongé sur le sable rose.

Et, le long des fûts lumineux,
Comme au paradis des genèses,
Deux serpents enroulent leurs noeuds
Dans une spirale de braises.

Auprès, un golfe de satin,
Où le feuillage se reflète,
Baigne un vieux palais byzantin
De brique rouge et violette.

Puis, des cygnes noirs, par milliers,
L'aile ouverte au vent qui s'y joue,
Ourlent, au bas des escaliers,
L'eau diaphane avec leur proue.

L'horizon est immense et pur,
À peine voit-on, aux cieux calmes,
Descendre et monter dans l'azur
La palpitation des palmes.

Mais voici qu'au couchant vermeil
L'oiseau Rok s'enlève, écarlate :
Dans son bec il tient le soleil,
Et des foudres dans chaque patte.

Sur le poitrail du vieil oiseau,
Qui fume, pétille et s'embrase,
L'astre coule et fait un ruisseau
Couleur d'or, d'ambre et de topaze.

Niagara resplendissant,
Ce fleuve s'écroule aux nuées,
Et rejaillit en y laissant
Des écumes d'éclairs trouées.

Soudain le géant Orion,
Ou quelque sagittaire antique,
Du côté du septentrion
Dresse sa stature athlétique.

Le Chasseur tend son arc de fer
Tout rouge au sortir de la forge,
Et, faisant un pas sur la mer,
Transperce le Rok à la gorge.

D'un coup d'aile l'oiseau sanglant
S'enfonce à travers l'étendue,
Et le soleil tombe en brûlant,
Et brise sa masse éperdue.

Alors des volutes de feu
Dévorent d'immenses prairies,
S'élancent, et, du zénith bleu,
Pleuvent en flots de pierreries.

Sur la face du ciel mouvant
Gisent de flamboyants décombres,
Un dernier jet exhale au vent
Des tourbillons de pourpre et d'ombres,

Et, se dilatant par bonds lourds,
Muette, sinistre, profonde,
La nuit traîne son noirs velours
Sur la solitude du monde
Revenir en haut Aller en bas
https://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Voyageur Solitaire
Admin
Voyageur Solitaire

Masculin Messages : 7689
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Ici et ailleurs...
Emploi/loisirs : Tout, passionnément...
Humeur : Ici et maintenant

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: Re: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeVen 12 Juil - 21:43

Le sommeil du condor

Par-delà l'escalier des roides Cordillères,
Par-delà les brouillards hantés des aigles noirs,
Plus haut que les sommets creusés en entonnoirs
Où bout le flux sanglant des laves familières,
L'envergure pendante et rouge par endroits,
Le vaste Oiseau, tout plein d'une morne indolence,
Regarde l'Amérique et l'espace en silence,
Et le sombre soleil qui meurt dans ses yeux froids.

La nuit roule de l'est, où les pampas sauvages
Sous les monts étagés s'élargissent sans fin.
Elle endort le Chili, les villes, les rivages,
Et la mer Pacifique, et l'horizon divin.
Du continent muet elle s'est emparée :
Des sables aux coteaux, des gorges aux versants,
De cime en cime, elle enfle, en tourbillons croissants,
Le lourd débordement de sa haute marée.
Lui, comme un spectre, seul, au front du pic altier,
Baigné d'une lueur qui saigne sur la neige,
Il attend cette mer sinistre qui l'assiège :
Elle arrive, déferle, et le couvre en entier
Dans l'abîme sans fond la Croix australe allume
Sur les côtes du ciel son phare constellé.

Il râle de plaisir, il agite sa plume,
Il érige son cou musculeux et pelé,
Il s'enlève en fouettant l'âpre neige des Andes,
Dans un cri rauque il monte où n'atteint pas le vent,
Et, loin du globe noir, loin de l'astre vivant,
Il dort dans l'air glacé, les ailes toutes grandes.
Revenir en haut Aller en bas
https://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Voyageur Solitaire
Admin
Voyageur Solitaire

Masculin Messages : 7689
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Ici et ailleurs...
Emploi/loisirs : Tout, passionnément...
Humeur : Ici et maintenant

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: Re: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeVen 11 Avr - 19:35

L'un de mes poèmes préférés de Leconte de Lisle, une évocation assez prenante de Satan, de son éternelle lassitude et de sa mélancolie, de son désespoir. Le plus beau des anges devenu le sinistre immortel...

La tristesse du diable

Silencieux, les poings aux dents, le dos ployé,
Enveloppé du noir manteau de ses deux ailes,
Sur un pic hérissé de neiges éternelles,
Une nuit, s'arrêta l'antique Foudroyé.

La terre prolongeait en bas, immense et sombre
Les continents battus par la houle des mers.
Au-dessus flamboyait le ciel plein d'univers,
Mais Lui ne regardait que l'abîme de l'ombre.

Il était là, dardant ses yeux ensanglantés
Dans ce gouffre où la vie amasse ses tempêtes,
Où le fourmillement des hommes et des bêtes
Pullule sous le vol des siècles irrités.

Il entendait monter les hosannas serviles,
Le cri des égorgeurs, les Te Deum des rois,
L'appel désespéré des nations en croix
Et des justes râlant sur le fumier des villes.

Ce lugubre concert du mal universel,
Aussi vieux que le monde et que la race humaine,
Plus fort, plus acharné, plus ardent que sa haine,
Tourbillonnait autour du sinistre Immortel.

Il remonta d'un bond vers les temps insondables
Où sa gloire allumait le céleste matin,
Et, devant la stupide horreur de son destin,
Un grand frisson courut dans ses reins formidables.

Et se tordant les bras, et crispant ses orteils,
Lui, le premier rêveur, la plus vieille victime,
Il cria par delà l'immensité sublime
Où déferle en brûlant l'écume des soleils :

- Les monotones jours, comme une horrible pluie,
S'amassent, sans l'emplir, dans mon éternité.
Force, orgueil, désespoir, tout n'est que vanité,
Et la fureur me pèse, et le combat m'ennuie.

Presque autant que l'amour la haine m'a menti :
J'ai bu toute la mer des larmes infécondes.
Tombez, écrasez-moi, foudres, monceaux des mondes !
Dans le sommeil sacré que je sois englouti !

Et les lâches heureux, et les races damnées,
Par l'espace éclatant qui n'a ni fond ni bord,
Entendront une Voix disant : Satan est mort !
Et ce sera ta fin, Oeuvre des six Journées !
Revenir en haut Aller en bas
https://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Gorak

Gorak

Masculin Scorpion Messages : 5481
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 47
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: Re: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeVen 20 Mar - 21:11

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Lecont10

Leconte de l'Isle (1820-1894), fils d'un chirurgien militaire de la Réunion, après avoir voyagé dans les Indes et les îles de la Sonde, devint bibliothécaire au Sénat.
Il se consacra tout entier à la poésie, fut le successeur de Victor Hugo à l'Académie française et le maître incontesté du Parnasse.

Les Poèmes Barbares et les Poèmes Antiques, véritables harmonies plastiques, évoquent avec un relief saisissant les paysages exotiques et surtout les scènes lointaines.

Pessimiste amer, il eut en dégoût la laideur de la vie moderne et il prêcha le repos dans la mort et l'oubli. La plupart de ses poèmes, d'une forme impeccable, aux termes précis et pittoresques, sont de purs chefs-d'oeuvre.

Extrait :

La vipère


Si les chastes amours avec respect louées
Éblouissent encor ta pensée et tes yeux,
N’effleure point les plis de leurs robes nouées,
Garde la pureté de ton rêve pieux.
Ces blanches visions, ces vierges que tu crées
Sont ta jeunesse en fleur épanouie au ciel !
Verse à leurs pieds le flot de tes larmes sacrées,
Brûle tous tes parfums sur leur mystique autel.
Mais si l’amer venin est entré dans tes veines,
Pâle de volupté pleurée et de langueur,
Tu chercheras en vain un remède à tes peines :
L’angoisse du néant te remplira le coeur.
Ployé sous ton fardeau de honte et de misère,
D’un exécrable mal ne vis pas consumé :
Arrache de ton sein la mortelle vipère,
Ou tais-toi, lâche, et meurs, meurs d’avoir trop aimé !


Charles Leconte de Lisle, Poèmes barbares
Revenir en haut Aller en bas
http://othello.forumculture.net/
Voyageur Solitaire
Admin
Voyageur Solitaire

Masculin Messages : 7689
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Ici et ailleurs...
Emploi/loisirs : Tout, passionnément...
Humeur : Ici et maintenant

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: Re: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeVen 20 Mar - 22:10

C'est sans aucun doute mon poète préféré ou peu s'en faut et c'est pourquoi j'ai ouvert ce sujet sur lui. Ses Poèmes barbares font partie des livres que je relis régulièrement sans m'en lasser. On n'est pas loin de la Fantasy par moments, les descriptions sont puissamment évocatrices. Le Runoïa, malgré sa longueur, est magique, description d'un royaume nordique, païen et onirique qui voit venir sa fin devant l'arrivée du dieu unique et s'achève par la fuite du dernier des rois païens qui maudit le nouveau dieu et lui prédit sa fin, renié par les hommes qui l'adorent aujourd'hui. Grandiose et barbare.
Revenir en haut Aller en bas
https://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Gorak

Gorak

Masculin Scorpion Messages : 5481
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 47
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: Re: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeVen 20 Mar - 22:51

Il fait un peu partie de ces poètes et auteurs "oubliés" aujourd'hui. C'est dommage de les laisser dormir et prendre la poussière sur une étagère. Tu as bien raison de le relire souvent, VS. Ces vers sont superbes.

Revenir en haut Aller en bas
http://othello.forumculture.net/
ashimbabbar



Masculin Messages : 241
Date d'inscription : 21/04/2012

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: Re: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeLun 14 Sep - 18:51

Le cœur de Hialmar

Une nuit claire, un vent glacé. La neige est rouge.
Mille braves sont là qui dorment sans tombeaux,
L'épée au poing, les yeux hagards. Pas un ne bouge.
Au-dessus tourne et crie un vol de noirs corbeaux.

La lune froide verse au loin sa pâle flamme.
Hialmar se soulève entre les morts sanglants,
Appuyé des deux mains au tronçon de sa lame.
La pourpre du combat ruisselle de ses flancs.

- Holà ! Quelqu'un a-t-il encore un peu d'haleine,
Parmi tant de joyeux et robustes garçons
Qui, ce matin, riaient et chantaient à voix pleine
Comme des merles dans l'épaisseur des buissons ?

Tous sont muets. Mon casque est rompu, mon armure
Est trouée, et la hache a fait sauter ses clous.
Mes yeux saignent. J'entends un immense murmure
Pareil aux hurlements de la mer et des loups.

Viens-t'en ici, Corbeau, mon brave mangeur d'hommes !
Ouvre-moi la poitrine avec ton bec de fer.
Tu nous retrouveras demain tels que nous sommes.
Porte mon cœur tout chaud à la fille d'Ylmer.

Dans Upsal, où les Jarls boivent la bonne bière,
Et chantent, en heurtant les cruches d'or, en chœur,
À tire d'aile vole, ô rôdeur de bruyère !
Cherche ma fiancée et porte-lui mon cœur.

Au sommet de la tour que hantent les corneilles
Tu la verras debout, blanche, aux longs cheveux noirs.
Deux anneaux d'argent fin lui pendent aux oreilles,
Et ses yeux sont plus clairs que l'astre des beaux soirs.

Va, sombre messager, dis-lui bien que je l'aime,
Et que voici mon cœur. Elle reconnaîtra
Qu'il est rouge et solide et non tremblant et blême
Et la fille d'Ylmer, Corbeau, te sourira !

Moi, je meurs. Mon esprit coule par vingt blessures.
J'ai fait mon temps. Buvez, ô loups, mon sang vermeil.
Jeune, brave, riant, libre et sans flétrissures,
Je vais m'asseoir parmi les Dieux, dans le soleil !
Revenir en haut Aller en bas
Voyageur Solitaire
Admin
Voyageur Solitaire

Masculin Messages : 7689
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Ici et ailleurs...
Emploi/loisirs : Tout, passionnément...
Humeur : Ici et maintenant

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: Re: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeLun 14 Sep - 20:38

Magnifique et puissamment évocateur... Analogie troublante également avec la superbe histoire de Conan La fille du géant du Gel où notre cimmérien se retrouve seul survivant d'une terrible bataille dans les montagnes enneigées, seul et perdant son sang parmi les cadavres avant de voir apparaître Atali, la fille d'Ymir, celle qui entraîne les guerriers blessés pour les tuer et offrir leur coeur encore fumant à son père... La bibliothèque d'Howard comptait plus de 50 volumes de poésie, je me demande si les oeuvres de Leconte de Lisle s'y trouvaient...
Revenir en haut Aller en bas
https://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
ashimbabbar



Masculin Messages : 241
Date d'inscription : 21/04/2012

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: Re: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeMer 16 Sep - 17:29

idée intéressante et qui pourrait bien ne pas être venue aux experts de Howard, ceux-ci étant américains.

Sinon, l'expression "pourpre du combat" m'évoque une volonté délibérée d'imiter les kenningar
Revenir en haut Aller en bas
Gorak

Gorak

Masculin Scorpion Messages : 5481
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 47
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: Re: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitimeVen 4 Aoû - 8:53

La rose

Je dirai la rose aux plis gracieux.
La rose est le souffle embaumé des Dieux,
Le plus cher souci des Muses divines.
Je dirai ta gloire, ô charme des yeux,
Ô fleur de Kypris, reine des collines !
Tu t'épanouis entre les beaux doigts
De l'Aube écartant les ombres moroses ;
L'air bleu devient rose, et roses les bois ;
La bouche et le sein des Nymphes sont roses !
Heureuse la vierge aux bras arrondis
Qui dans les halliers humides te cueille !
Heureux le front jeune où tu resplendis !
Heureuse la coupe où nage ta feuille !
Ruisselante encor du flot paternel,
Quand de la mer bleue Aphrodite éclose
Étincela nue aux clartés du ciel,
La Terre jalouse enfanta la rose ;
Et l'Olympe entier, d'amour transporté,
Salua la fleur avec la Beauté !
Revenir en haut Aller en bas
http://othello.forumculture.net/
Contenu sponsorisé




LECONTE DE LISLE (1818-1894) Empty
MessageSujet: Re: LECONTE DE LISLE (1818-1894)   LECONTE DE LISLE (1818-1894) Icon_minitime

Revenir en haut Aller en bas
 
LECONTE DE LISLE (1818-1894)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Terres d'évasion... :: LA BIBLIOTHEQUE :: La section générale :: Les poèmes-
Sauter vers: