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 James Bond 007 en général

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cdang

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MessageSujet: James Bond 007 en général   James Bond 007 en général Icon_minitimeLun 19 Avr - 11:06

James Bond 007 : les films

S'il y a des fils ouverts pour différents films, le sujet mérite àmha un fil global, ne serait-ce que pour lier les différents articles. Les romans, c'est par-là.

James Bond 007 est un personnage de fiction créé par l'écrivain Ian Flemming. C'est un agent secret du MI6 (6e bureau du renseignement militaire britannique, military intelligence) qui a le permis de tuer (d'où le double-zéro dans son matricule). Il y a au final assez peu de romans et après les avoir adaptés, les producteurs se sont attaqués aux nouvelles puis finalement à des scénarios originaux.

La franchise est aux mains de Harry Saltzman et Albert Broccoli mais on compte deux œuvres hors de ces productions.

Plusieurs acteurs se sont succédé : Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan et enfin Daniel Craig. Depuis le premier film en 1962, le personnage a bien évidemment évolué : on se débarrasse au fur et à mesure du sexisme et du racisme ordinaire, on suit l'évolution de la mode (perte du chapeau puis du costume 3 pièces), les gadgets se modernisent. Certains acteur·rice de rôles secondaires ont duré : Lois Maxwell a incarné miss Moneypenny (la secrétaire de M) de 1962 (dr. No) à 1985 (Dangereusement vôtre) et Desmond Llewelyn a interprété Q (le spécialiste en équipement) de 1963 (Bons Baisers de Russie) à sa mort en 1999 (Le Monde ne suffit pas).

Le célèbre thème, surnommé gun barrel (canon de pistolet), a été composé par Monty Norman. Les musiques sont composées par des compositeurs de renom (John barry, Michael Kamen, Éric Serra, Hans Zimmer…) et à partir du second opus, on a une chanson de générique dédiée où se succèderont Paul McCartney, Madonna, a-ha, Duran Duran, Louis Armstrong, Adele, Sheryl Crow, Billie Eilish…

Que sait-on sur James Bond ? On apprend dans On ne vit que deux fois qu'il a le grade de commander (capitaine de frégate) dans la Royal Navy, et dans Au service secret de sa majesté qu'il est d'une famille écossaise dont la devise est Orbis non sufficit, « le monde ne suffit pas ».

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Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore
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Timothy Dalton, Pierce Brosnan, Daniel Craig

Productions Saltzman & Broccoli (EON productions)

  1. James Bond 007 contre Dr. No (Dr. No) de Terence Young, 1962, avec Sean Connery.
  2. Bons Baisers de Russie (From Russia with Love) de Terence Young, 1963, avec Sean Connery, chanté par Matt Monro.
  3. Goldfinger de Guy Hamilton 1964, avec Sean Connery, chanté par Shirley Bassey.
  4. Opération Tonnerre (Thunderball) de Terence Young 1965, avec Sean Connery, chanté par Tom Jones.
  5. On ne vit que deux fois (You Only Live Twice) de Lewis Gilbert, 1967, avec Sean Connery, chanté par Nancy Sinatra.
  6. Au service secret de Sa Majesté (On Her Majesty's Secret Service) de Peter Roger Hunt, 1969, avec George Lazenby, chanté par Louis Armstrong.
  7. Les diamants sont éternels (Diamonds are forever) de Guy Hamilton, 1971, avec Sean Connery, chanté par Shirley Bassey.
  8. Vivre et laisser mourir (Live and Let Die) de Guy Hamilton, 1973, avec Roger Moore, chanté par Paul McCartney et les Wings.
  9. L'Homme au pistolet d'or (The Man with the Golden Gun) de Guy Hamilton, 1974, avec Roger Moore, chanté par Lulu.
  10. L'Espion qui m'aimait (The Spy Who Loved Me) de Lewis Gilbert, 1977, avec Roger Moore, chanté par Marvin Hamlisch.
  11. Moonraker de Lewis Gilbert, 1979, avec Roger Moore, chanté par Shirley Bassey.
  12. Rien que pour vos yeux (For Your Eyes Only) de John Glen, 1981, avec Roger Moore, chanté par Sheena Easton.
  13. Octopussy de John Glen, 1983, avec Roger Moore, chanté par Rita Coolidge.
  14. Dangereusement vôtre (A View to a Kill) de John Glen, 1985, avec Roger Moore, chanté par Duran Duran.
  15. Tuer n'est pas jouer (The Living Daylights) de John Glen, 1987, avec Timothy Dalton, chanté par a-ha.
  16. Permis de tuer (Licence to Kill) de John Glen, 1989, avec Timothy Dalton, chanté par Gladys Knight.
  17. GoldenEye, L'Œil de feu de Martin Campbell, 1995, avec Pierce Brosnan, chanté par Tina Turner.
  18. Demain ne meurt jamais (Tomorrow Never Dies) de Roger Spottiswoode, 1997, avec Pierce Brosnan, chanté par Sheryl Crow.
  19. Le monde ne suffit pas (The World Is Not Enough) de Michael Apted, 1999, avec Pierce Brosnan, chanté par Garbage.
  20. Meurs un autre jour (Die Another Day) de Lee Tamahori, 2002, avec Pierce Brosnan, chanté par Madonna.
  21. Casino Royale de Martin Campbell, 2006, avec Daniel Craig, chanté par Chris Cornell.
  22. Quantum of Solace de Marc Forster, 2008, avec Daniel Craig, chanté par Alicia Keys.
  23. Skyfall de Sam Mendes, 2012, avec Daniel Craig, chanté par Adele.
  24. 007 Spectre (Spectre) de Sam Mendes, 2015, avec Daniel Craig, chanté par Sam Smith.
  25. Mourir peut attendre (No Time to Die) de Cary Joji Fukunaga, 2021, avec Daniel Craig, chanté par Billie Eilish.


Deux films sont donc sortis en dehors des productions Saltzman et Broccoli :

  • Casino Royale d'un collectif de réalisateurs (dont John Huston et Robert Parish), 1967, une parodie à sketchs avec Peter Sellers (James Bond), David Niven, Ursula Andress, Orson Welles, Woody Allen et même un petit rôle de Jean-Paul Belmondo ;
  • Jamais plus jamais (Never say never again) d'Irvin Kershner, 1983, avec Sean Connery, une reprise d'Opération tonnerre orchestrée par le co-scénariste de la version d'origine Kevin McClory sur fond d'un conflit sur les droits (McClory n'avait pas été crédité au générique et a obtenu le droit de faire son propre film).


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MessageSujet: Re: James Bond 007 en général   James Bond 007 en général Icon_minitimeLun 19 Avr - 11:56

Comme dit il y a peu ailleurs, je me suis rendu compte récemment que je ne m'y retrouvais que dans les 14 premiers. Les autres ne m'apportent plus rien. Les premiers correspondent aux romans originaux, ont Connery et Moore (sauf un, que je trouve d'ailleurs loupé). Et le parfum de nostalgie de mon enfance, où je les trouvais assez cultes. Pour les suivants, même si j'aime bien Brosnan, je trouve qu'ils ne m'apportent rien de neuf.
Quand aux Craig, ça m'indiffère totalement.
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MessageSujet: Re: James Bond 007 en général   James Bond 007 en général Icon_minitimeMar 20 Avr - 9:10

La période chapeau (1962-1971)


  1. James Bond 007 contre Dr. No (Dr. No) de Terence Young, 1962, avec Sean Connery.
  2. Bons Baisers de Russie (From Russia with Love) de Terence Young, 1963, avec Sean Connery, chanté par Matt Monro.
  3. Goldfinger de Guy Hamilton 1964, avec Sean Connery, chanté par Shirley Bassey.
  4. Opération Tonnerre (Thunderball) de Terence Young 1965, avec Sean Connery, chanté par Tom Jones.
  5. On ne vit que deux fois (You Only Live Twice) de Lewis Gilbert, 1967, avec Sean Connery, chanté par Nancy Sinatra.
  6. Au service secret de Sa Majesté (On Her Majesty's Secret Service) de Peter Roger Hunt, 1969, avec George Lazenby, chanté par Louis Armstrong.
  7. Les diamants sont éternels (Diamonds are forever) de Guy Hamilton, 1971, avec Sean Connery, chanté par Shirley Bassey.


James Bond 007 en général MV5BMWRkZTI4NzktYjA4Yi00ZjE0LTgzOWQtYzJlMTkyOTU1ODRmXkEyXkFqcGdeQXVyNDY2MTk1ODk@._V1_UX182_CR0,0,182,268_AL_ James Bond 007 en général MV5BZjBiNGNlNmItZTk2Zi00YjRlLTk1NzEtNDI2YTNmN2EwNDhlXkEyXkFqcGdeQXVyNDY2MTk1ODk@._V1_UX182_CR0,0,182,268_AL_  James Bond 007 en général MV5BMTQ2MzE0OTU3NV5BMl5BanBnXkFtZTcwNjQxNTgzNA@@._V1_UX182_CR0,0,182,268_AL_ James Bond 007 en général MV5BM2I0YWRjZDQtMjQwMC00N2EzLTg0MTctYWE0MzIzOTZiMjE5XkEyXkFqcGdeQXVyNDY2MTk1ODk@._V1_UX182_CR0,0,182,268_AL_

Ce n'est pas une dénomination officielle ou en vigueur parmi les fans, mais le port du chapeau par James Bond s'étend du premier au dernier Sean Connery, et donc inclut celui avec George Lazenby. Cela en fait-il un groupe homogène, les films suivants avec Roger Moore tranchent-ils avec ce groupe ? Certes non. Mais le découpage est pratique et permet d'éviter de se disperser. Le chapeau est d'ailleurs anecdotique, on ne le voit que dans la scène d'ouverture gun barrel et lorsque Bond entre dans le bureau de Moneypenny, où il le lance pour l'accrocher au porte-manteau.

Il s'agit donc des premiers films et on voit se mettre en place au fur et à mesure des éléments caractéristiques. Il y a évidemment les éléments récurrents des romans et il est à ce titre intéressant de voir que le premier roman, Casino Royale, est adapté dans une parodie hors franchise mais sera le 21e adaptaté par la production Saltzman/Broccoli. Je n'ai lu qu'une poignée de James Bond il y a longtemps mais Casino Royale est marquant car il a une structure différente des autres : dans les romans que j'ai lu, James Bond se retrouve immanquablement prisonnier au milieu de la fiction et ce n'est pas le cas dans le premier roman.

Or donc, les caractéristiques de James Bond, le personnage : coureur de jupon à succès, amateur de vodka-Martini sans glace (au shaker, pas à la cuiller) et de champagne Dom Pérignon cuvée 1953, célèbre (un oxymore pour un agent « secret »), n'hésitant pas à tuer et à torturer (mais les victimes cèdent rapidement, on épargne la morale des spectateurs), un humour pince-sans-rire so British (les célèbres jeux de mots sur les cadavres de ses ennemis).

James Bond 007 en général MV5BMTc5MThlMDMtNGZhNy00ZGI5LTliYjItNmIwMzZlOTliOTNhXkEyXkFqcGdeQXVyNDY2MTk1ODk@._V1_UX182_CR0,0,182,268_AL_ James Bond 007 en général MV5BZGFlNGNiMmQtMThhZS00MWMxLWFiNGItZTM4ZmJlODM3ZmU2XkEyXkFqcGdeQXVyNDY2MTk1ODk@._V1_UX182_CR0,0,182,268_AL_ James Bond 007 en général MV5BMDBlODdhNTYtMGYwNi00NjI1LWFiNTYtMzAwYWM5MTRlMzgzXkEyXkFqcGdeQXVyNDY2MTk1ODk@._V1_UX182_CR0,0,182,268_AL_

Concernant les films, certaines caractéristiques se mettent en place au fur et à mesure. L'ouverture gun barrel où l'on voit James Bond à travers le canon d'un pistolet avec le célèbre thème apparaît dès le premier, Dr. No (1962). Logo 007/̵͇̿̿/’̿’̿ ̿ ̿̿ ̿̿ ̿̿ avec le pistolet est présent sur la première affiche, même si son apparence évolue légèrement au cours du temps. Le prégénérique, une scène d'action qui suit l'ouverture gun barrel et précède le générique, apparaît dès le deuxième, Bons Baisers de Russie (1963). La chanson dédiée apparaît également dans le 2 mais elle est chantée à la fin, et a été traduite dans la VF. C'est aussi le premier où le générique est constitué de femmes nues vues plus ou moins en ombres chinoises ou plutôt servent ici d'écran de projection, et où l'on voit Q et ses gadgets. La chanson dédiée pour le générique d'ouverture apparaît dans le 3, Goldfinger (1964), et Shirley Bassey interprètera deux autres génériques. À partir de là, la structure des films reste stable.

Les ingrédients de la fictions sont eux aussi assez stables : des bagarres à mains nues, des courses poursuite en voiture, en bateau (Bons Baisers de Russie) ou en ski (Au service secret de sa majesté), du dépaysement (oui, la Suisse de Goldfinger et Au service… c'est dépaysant quand on habite au bord de la mer), les personnages récurrents (M le chef de service, Q le directeur technique, Moneypenny la secrétaire, Felix Leiter le correspondant de la CIA). Si le Spectre, organisation criminelle internationale (acronyme de Service pour l'espionnage, le contre-espionnage, le terrorisme, la rétorsion et l'extorsion, Special executive for counterintelligence, terrorism, revenge and extortion), est mentionné dans le 1 Dr.No (1962), il apparaît véritablement dans le 2 Bon Baisers… (1963) avec sa structure pyramidale (les membres sont identifiés par un numéro) ; le numéro 1, Blofeld, est identifié dans le 5 On ne vit que deux fois (1967).

Ces films sont aussi une plongée dans l'ambiance de l'époque. En pleine période de conquête spatiale, le vol spatial apparaît dans plusieurs film : le 5 On ne vit que deux fois (1967), le 7 Les diamants sont éternels (1971) et le 1 Dr. No tourne autour du lancement de fusées. L'image de la femme est calamiteuse (sois belle et tais-toi, tu es méchante mais je te convertis au bien en te baisant, tu es de bonne volonté et tu te fais tuer), les seuls acteurs noirs jouent des gros bras qui ne pipent mot, l'image du chinois colle au péril jaune. La langue française a encore une aura prestigieuse puisque les films sont ponctués de formules de politesse en français (quand on les regarde en VO). La guerre froide et les tensions est-ouest sont mises en scène dans Bon baisers de Russie (2, 1963) et On ne vit que deux fois (5, 1967).

Y en a-t-il qui sortent du lot ? Mon préféré est le 6 Au service secret de sa majesté (1969). Pas pour George Lazenby, qui est un James Bond certes très honnête, mais plutôt pour son côté tragique plus poussé que les autres, les poursuites à ski, Louis Armstrong mais aussi le montage de Peter Roger Hunt (c'est le seul film de James Bond qu'il a réalisé) : dans les bagarres, on a des plans de coupe avec des zooms très rapides qui dynamisent la scène, là où elles s'éternisent parfois dans d'autres films, autres temps autres mœurs (et que je te balaie, et que je t'étrangle, et que je te casse la chaise sur la tronche, et que je te pousse dans le mur…).

Je relèverai aussi Opération tonnerre pour sa bataille sous-marine et On ne vit que deux fois pour les ninjas (du grand nawak mais jubilatoire).

Concernant les anecdotes : après le 5, Sean Connery décide d'arrêter et la production fait appel à un débutant, George Lazenby. Celui-ci n'a pas souhaité continuer et Sean Connery est donc réapparu dans le suivant avant de céder définitivement la place. Comme mentionné plus haut, le scénariste Kevin McClory a collaboré avec Ian Flemming pour l'adaptation au cinéma des romans ; le projet initial n'a jamais abouti mais Fleming a réutilisé des éléments apportés par McClory dans Opération Tonnerre. Après un projet, McClory obtient les droits pour le scénario du film mais s'engage à ne pas en faire d'adaptation durant 10 ans ; c'est en fait 20 ans plus tard, en 1983, que sort Jamais plus jamais, Sean Connery incarnant alors un James Bond à la retraite.


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MessageSujet: Re: James Bond 007 en général   James Bond 007 en général Icon_minitimeMer 21 Avr - 21:59

Bien joué, les films avec les liens qui vont bien ^^.

Gamin, nous avions quelques Flemming/Bond en vf et je me souviens en avoir lu certains vers 14/15 ans. J'avais plutôt aimé à l'époque. J'ai commencé avec les Moore, pour poursuivre avec les Connery [on évite les mauvaises blagues ^^] ; mais au ciné, mon premier Bond, ce fut Permis de tuer. Je garde donc une vraie préférence pour Dalton. Maintenant, cela fait super méga longtemps que je n'ai pas vu un Bond, depuis le dernier Spectre, probablement, et donc encore plus longtemps pour les autres. Quand j'étais jeune, ce qui me choquait le plus dans les James Bond, c'était les femmes de son entourage qui se retrouvaient assassinées. J'étais révolté. Aucun souvenir pour dire si j'ai aimé un film plus qu'un autre dans la période chapeau. Disons que je crois avoir bien aimé Dr No, et vraiment peu apprécié Goldfinger - Bond y est - dans mon souvenir - d'une passivité extraordinaire. Heureusement que le méchant lui explique tout.

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MessageSujet: Re: James Bond 007 en général   James Bond 007 en général Icon_minitimeLun 1 Nov - 1:02

Sur un forum voisin, Pascalahad présentait la structure des films pré-Craig de la manière suivante :
Pascalahad a écrit:


  • Le gun-barrel, pour être sûr qu'on ne s'est pas trompé de salle.
  • Un pré-générique spectaculaire, avec ou sans rapport avec l'intrigue principale.
  • Un générique avec l'artiste du jour, qui collabore en général avec le compositeur de la musique du film.
  • Une mission, confiée par M, plus la scène de dragouille avec Monneypenny.
  • Un méchant au top de sa puissance, des hommes de main très distinctifs, hommes ou femmes, un repaire sympa et grandiose.
  • Une James Bond girl, et c'est souvent elle qui a un arc narratif. Bond est juste là pour l'aider, car lui n'a pas d'arc.
  • La scène des gadgets de Q, l'antenne du MI6 étant située dans un endroit improbable. Tandis que les assistants de Q testent des gadgets de façon plus ou moins irresponsable en arrière-plan, Q livre les inventions qui vont servir dans le film.
  • Des cascades, des combats, et du flegme, beaucoup de flegme. Des dialogues à double sens, des punch lines, tout en sachant à quel moment la jouer "premier degré" pour que ça ne devienne pas une farce complète.
  • Un final spectaculaire où on est à peu près sûr que le méchant ne reviendra pas dans le suivant, et où on comprend que la Bond girl, ce soir-là, ne laissera pas dormir 007 sur le canapé.

Sujet intéressant : qu'est-ce qu'un film James Bond 007 ? Déjà, les bouquins il y en a peu donc difficile de se référer à ça. De plus, les bouquins portent fortement la marque de leur époque et les JB7 ont toujours suivi l'évolution géopolitique, même à l'époque des Sean Connery (on voyait déjà poindre la détente et le SMERSH a été gommé au profit du SPECTRE).

Et : l’œuvre originale dépeignant un Royaume Uni façon Rule, Britannia! et un personnage sexiste pouvait-elle résister à l'évolution des mœurs ?

Bon, cherchons ailleurs. La manière dont je vois le cinéma d'action des années 1960, c'est des films de guerre, des western, des polars façon noir, et JB7. Clairement, à l'époque, les films JB7 imposent un style de film d'action. Avec des bagarres à mains nues interminables, quelques gadgets techno de pointe (par rapport à l'époque), un poil d'improvisation ingénieuse (qui ouvre la voie à McGyver) et des voyages exotiques façon Tintin. Et un truc qui m'a marqué, c'est le fait que quasi systématiquement, JB7 se retrouve piégé, enfermé (par un ennemi qui se montre souvent courtois) et qui doit s'en sortir.

Et là, je me demande dans quelle mesure Ian Fleming n'a pas imposé la fausse défaite (all is lost) qui a ensuite été systématisée par Blake Save the cat Snyder et qu'on retrouve maintenant partout. Et la production a également systématisé le prégénérique qui est maintenant une figure quasi imposée.

Bref, dans les années 1960-1970, JB7 a imposé un style.

Puis les films d'action ont évolué, notamment avec l'influence des hong-kongais, en particulier quand John Woo a débarqué aux USA. Mais déjà dans les années 1980, JB7 se bat moins avec les poings et plus à l'arme à feu. De meneur, JB7 se retrouve plutôt en position de suiveur et là, effectivement, il se noie maintenant dans la masse des films d'action.

La période Craig est manifestement caractérisée par des arcs narratifs qui s'imbriquent de manière foutraque (mais je n'en ai vu que deux). Mais il y a depuis longtemps des artifices qui servent de prétexte à des péripéties et de l'exotisme. Par exemple le dopage des chevaux dans Dangereusement vôtre (A View to a Kill) pour montrer Chantilly et avoir une poursuite à cheval mais qui n'a que peu de choses à voir avec l'intrigue principale (le détournement de la production des puces). Donc on a un peu l'habitude de se perdre pour un rien dans ces films.

Bref, au final, qu'est-ce qui fait l'essence de JB7 sur 60 ans ? Des scènes d'action (à mains nues ou à coup de feu), des relations passionnelles hétéro (qui évoluent certes avec les mœurs de la société), de l'exotisme, des enjeux internationaux et un monde à sauver, un thème de générique de Monty Norman et les chansons taillées sur mesure, des personnages récurrents (M, Q, Monneypenny, quelques méchants). On a réussi à se débarrasser des génériques de Maurice Binder mais on reste sur des évocations des thèmes abordés dans le film en ombres chinoises. Les productions récentes se détachent moins des autres films d'action mais il reste néanmoins des éléments caractéristiques forts (contrairement aux Mission impossible que je trouve bien moins typés).


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MessageSujet: Re: James Bond 007 en général   James Bond 007 en général Icon_minitimeLun 1 Nov - 12:08

Analyses très intéressantes. N'étant pas un grand fan des Bond et de ce genre de film en général - que je regarde vraiment pour me divertir sans me prendre trop la tête - le débat me passe un peu au-dessus de cette dernière. Mais je trouve vraiment cela stimulant de chercher à comprendre les ressorts de ces films. Je suis allé voir Save the Cat et, malgré la langue utilisée, je vais essayer de naviguer dans tout cela pour en retirer des informations ou éléments qui pourraient - moi - bien m'intéresser ou m'être utile ultérieurement. Merci.

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MessageSujet: Re: James Bond 007 en général   James Bond 007 en général Icon_minitimeMar 2 Nov - 14:26

Save the Cat! est à l'origine un livre de Blake Snyder. Le titre fait référence au lt. Ripley qui va sauver le chat Jones dans Alien, le 8e passager. Il a été traduit en français avec un titre à la con :

Les Règles élémentaires pour l'écriture d'un scénario (Dixit 2019, ISBN 978-2844811929)
https://www.dixit.fr/boutique-detail-livre-les-regles-elementaires-pour-l-ecriture-d-un-scenario-par-blake-snyder-270-0-1.html

tu peux donc le lire dans la langue d'Audiard. Après une intro très étatsunienne — j'ai vendu un scénario 1 million de dollars à Spielberg donc écoutez-moi, je sais ce que je dis —, c'est un livre de recettes. Il définit en particulier des temps forts (story beats) avec les numéros de page où ils doivent arriver. C'est assez effrayant de voir qu'on reconnaît la totalité des commerciales productions étatsuniennes depuis les années 1990.

Sinon, je sors d'une projection des Chasses du comte Zaroff (The Most Dangerous Game, Schoedsack et Pichel, 1932) et c'est dingue : il y a déjà quasiment tout James Bond 007 dedans !
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MessageSujet: Re: James Bond 007 en général   James Bond 007 en général Icon_minitime

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