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 LA SHARKSPLOITATION

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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeJeu 7 Jan - 17:31

La Sharksploitation



LA SHARKSPLOITATION Croppe10
1- Le meilleur et le pire des films de requin... tueur


Voilà deux ans, en 2018, je refermais mon très long article sur les requins dans l'imaginaire. J’avais annoncé que, si suite il y avait, elle ne concernerait que la Sharksploitation. Et c’est ce que je vais tenter, à mon niveau, de vous proposer ici.
Mais qu’est-ce que la Sharksploitation, me direz-vous ? Il s’agit « du film d’exploitation de requin1 » mangeur d’homme. Ce genre très particulier possède pas moins de 100 films, au bas mot, à son actif, et doit même commencer à taquiner le 150. Je doute donc de jamais pouvoir tous les voir, ou tous les analyser. Mais disons qu’effectuer un tour d'horizon de la bonne moitié de ces métrages, en y mêlant attachement et lassitude, bienveillance et déconvenue, me semble tout à fait envisageable, même si je ne pense pas critiquer plus de 10 à 12 films par an. Nous aurons d’ailleurs la chance d'avoir deux guides pour nous aventurer dans les eaux troubles des films de requin. Tout d’abord le livre Bad Requins, sous-titré « l’histoire de la Sharksploitation », de Prevost, Gaillard et Pizzoferrato, aux éditions Huginn & Muninn et sorti fin 2018. Puis ensuite, et surtout, les analyses et commentaires du Pr. Rico. Éminent spécialiste du nanar, officiant sur le site Nanarland2, le professeur s’attache depuis juin 2018, à travers son Shark Parade3, à chroniquer deux titres de film de requin par quinzaine, rythme devenu depuis quelques mois, mensuel, en usant pour ce faire de 7 critères d’appréciation dits squalocinématographiques. Six d'entre-eux sont notés de 0 à 3 : l’originalité, le scénario, les personnages, la réalisation, l’ambiance et la qualité des requins. Le dernier critère, l’appréciation personnelle, est noté de 0 à 2, ce qui permet d’avoir une note sur 20 et de classer les films au sein d'une évaluation généralisée : la Shark Parade.

Je me démarquerai néanmoins du Pr. Rico, dans mes avis, sur plusieurs points.
1. Je ne critiquerai qu’un film à la fois ;
2. Ma critique sera écrite et non orale ;
3. Je redéfinis légèrement (voir ci-dessous) les critères. Cela me permet d’opérer, par exemple, un autre distinguo entre originalité et histoire, ou de placer la musique dans l’ambiance et non plus dans l’appréciation personnelle ;
4. Ma liberté d’illustration est bien plus grande ;
5. Je me concentrerai davantage sur l’histoire et le ressort dramatique, plutôt que sur l’analyse de la production et de la réalisation que je laisse bien volontiers au professeur.

Cette notation de non acquis à acquis ne sort pas toute faite du chapeau. Elle provient de considérations pédagogiques dont l’objectif est de faire disparaître (ou reculer) la notation classique. C’est un système d’évaluation par compétence permettant d’indiquer si celle-ci est acquise ou non (et parfois il n’y a que trois degrés), utiliser dans le milieu scolaire. Le Pr. Rico s’est « amusé à reprendre et détourner les systèmes d’évaluation par compétence [...] et qui sont bien pratiques pour disséquer les films de façon détaillée en pointant précisément les aspects qui fonctionnent ou pas dans un film » [source : MP du Pr. Rico]. Et peut-être un peu par dérision, c’est cette évaluation sans note qui permettra de dégager une note finale, sur 20, comme au bon vieux temps.
Il existe donc 7 critères qui seront ainsi successivement évalués. Bien que cela semble aller de soi, il s’avère qu’à l’écoute des podcasts de Shark Parade, je me suis rendu compte d’une probable – mais non certaine, je n’affirmerai donc rien – divergence d’opinion sur ce que pouvait regrouper telle ou telle catégorie. Profitons donc de n’avoir point encore plonger dans cet océan noir et profond, pour rapidement les passer en revue.


LA SHARKSPLOITATION Bad-sa11
2- Bad Requins



Les critères à évaluer


Originalité
Caractère de ce qui est nouveau. Tout le monde voit évidemment où l’on veut en venir, une histoire jamais vue, de l’inventivité, du renouveau, bref, ce qui va octroyer son cachet, son caractère, sa singularité à l’œuvre proposée. Mais où chercherons-nous de telles hardiesses ? Personnellement, c’est le ou les concepts que je regarde. En quoi l’idée qui nous est proposée se démarque du genre, ou le renouvelle. Elle prend racine dans la notion de départ – par exemple un monde futuriste où le requin est devenu la race dominante, régnant sur les vols spatiaux et manipulant l’espèce humaine par la pensée (ce qui risque de coûter bonbon en effets spéciaux). Puis il y a les perspectives, les angles d’approche pour traiter du sujet. Imaginons que vous souhaitiez faire un faux remake des Dents de la mer. Sauf qu’il se passerait aujourd’hui et que vous adopteriez la perspective d’une ONG de type Greenpeace qui s’opposerait à toute idée de capture ou d’abattage du requin – il n’est fondamentalement pas responsable d’être ce qu’il est. Enfin, il y a le ou les twists, ou encore les changements de direction, qui en cours d’histoire – et pas forcément sur les 5 dernières minutes – viennent remettre en cause la vision préétablie de l’univers proposé. On pourrait parler aussi de rebondissement scénaristique, à la seule condition que ce rebondissement modifie vraiment la manière dont l’histoire est perçue. Par exemple, pour lutter contre les attaques d’un requin que rien ne semble pouvoir arrêter, se rendre compte au deux tiers du film qu’il s’agit d’une malédiction et que seule la magie vaudou de l’île permettra au cours normal des choses de reprendre. Peu importe si ensuite c’est bien traité ou non. Cela peut même devenir un navet ou un nanar. L’essentiel est que cela soit original et que cela ne se contente pas de suivre les traces ultra balisées des prédécesseurs.


Scénario/histoire
C’est souvent le point que je maîtrise le mieux (ce qui ne veut pas forcément dire que je le maîtrise bien) et donc celui pour lequel je suis le moins indulgent. Le scénario, au cinéma, c’est la « trame écrite et détaillée des différentes scènes d’un film, comprenant généralement le découpage et les dialogues4 ». J'inclurai les dialogues dans le critère Personnage.
Première précision : il m’arrive de consulter les critiques après avoir écrit mon avis, histoire de ne pas être influencé et de voir ensuite les divergences d’opinion. Mais pour les requins, je vois souvent ressurgir le terme de nanar. Or, bien souvent, ce n’est pas le cas, car le nanar est quelque chose de très précis. Il suffit d’aller lire Wikipédia pour s’en rendre compte : « Un nanar est, dans le langage familier, un film tellement mal réalisé et ridicule qu’il en devient involontairement amusant et comique. Le nanar diffère du navet par son aptitude à divertir. Le nanar amuse par ses défauts tandis que le navet est simplement mauvais et ennuyeux. Le terme « nanar » est cependant parfois utilisé abusivement pour désigner des films sans intérêt. Il fait alors double emploi avec le terme « navet » auquel il devrait s’opposer. ». Voilà : abusivement. Vous pouvez faire encore mieux en vous rendant sur le site de Nanarland et de la définition qu'il propose.
Seconde précision qui a son importance, mais que le Pr. Rico nous rappellera régulièrement : nous notons ici les films de requin un peu entre eux. D’où une certaine bienveillance. Si on devait évaluer chaque film à l’aune du cinéma en général, ils perdraient tous de 1 à 4 points dans la notation finale, car il faudrait voir tout de même à ne pas exagérer. Exemple avec le film à venir. Ma note en tant que film eut été de 13. Vous aller ainsi découvrir sa note « squalographique » dans le message suivant.
Il s’agit donc ici d’évaluer la maîtrise des forces agissantes à même de pouvoir narrer une histoire, une aventure. Bien sûr, certains films cherchent à aller à l’encontre de ce schéma, mais ce sera rarement le cas dans cette niche si particulière qui nous occupe.


Personnages
Une notion qui n’est peut-être pas si évidente puisqu’elle concerne le jeu des acteurs, évidemment, mais aussi en partie leur écriture – psychologie et lignes de dialogue. Or, bien souvent, les critiques confondent jeu d'acteur et direction artistique. Prenons un exemple qui m'a marqué : Halle Berry. Sur la page Wikipédia qui lui est dédiée, la liste de ses récompenses est étourdissante. Lors de la 74e cérémonie des oscars (2002), elle remporte la statuette de la meilleure actrice. Cela ne veut pas forcément dire qu’elle est une actrice exceptionnelle, mais qu’elle sait, a minima, jouer la comédie. Et pourtant, trois ans plus tard, elle remporte le prix de la pire actrice dans les Razzie Awards (cérémonie que je trouve particulièrement inepte et vaguement hypocrite). Mais voilà, le film, c’est Catwoman. Ce n’est pas vraiment l'actrice qui y est mauvaise, mais le film dans lequel elle joue, la direction artistique. On voit bien que ces braves gens des Razzie n’ont pas eu la chance de voir Raging Sharks sortie la même année et où toute les actrices n’ont qu'une seule et unique expression, celle de l’ennuie absolu. Donc, essayons de ne pas tout mélanger. Aux acteurs s’adjoint la construction des personnages : leur caractère, leur réaction, comment ils évoluent dans le cadre de l’histoire, leurs dialogues et les interactions que cela génère entre tous les protagonistes. C’est aussi ici que, malheureusement, les discours creux et les arguments à trois francs se retrouveront.

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3- Mort Künstler, « I Fought the Sea Killer »,1956


Ambiance
Trois critères sont, selon moi, à retenir pour l’ambiance. Premièrement, la qualité de la photographie qui génère des atmosphères si particulières, qui s’occupe des couleurs, qui confère le visuel apporté à l'œuvre. Deuxièmement, le ton (comédie, action, premier degré/second degré), associé au rythme du film, que le réalisateur souhaite conférer à son long métrage, le tout articulé à l’histoire. C’est souvent cette alchimie qui explique si l’on s'ennuie ou non, un film pouvant être lent et passionnant (2001) ou épileptique et ennuyant (6 Undergroud). Troisièmement, enfin, la musique qui participe pleinement à l’immersion, sauf lorsqu’il s’agit de papier-peint musical, ou pire, de musiques réorchestrées à partir de pistes libres de droit (quand elles sont réorchestrées). Bien souvent, le Pr. Rico place la B.O. dans la section Appréciation personnelle. Je pense qu’elle assume davantage sa fonction ici, dans l’ambiance.


Réalisation
C’est là où je m’y connais le moins. Mes avis ne seront donc pas forcément les plus pertinents. J'atteins ici ma zone d'ultracrépidarianisme. J’essaierai néanmoins de faire illusion, en utilisant les termes appropriés et en faisant part de mon ressenti par rapport à la mise en scène générale. Cadrage, prise de vue, types de séquence (cut répétitif ou plan-séquence), montage, bref tout ce qui participe de l’œil de la caméra et de son ordonnancement seront évalués (oui, enfin, peut-être pas tout, tout, non plus) dans cette section. Les prouesses techniques de réalisation, telle la caméra qui traverse l’espace aqueux, plonge à travers le hublot, s’enfonce dans l’orifice d’un opercule béant pour atteindre la rétine apeurée de la future victime (vu les films critiqués, cela n'arrivera pas souvent), seront aussi gérées par cette catégorie.


Qualité des requins
De manière plus générale, il s’agit ni plus ni moins de la qualité des effets spéciaux. Les effets contribuant au réel, l’interaction avec l’environnement et la menace qui se dégage des requins, en dehors de toute construction anxiogène, seront les caractéristiques que nous observerons pour déterminer la réussite ou non de l'intrusion du squale dans le réel. Bien souvent, les mauvais films useront et abuseront des stock-shots (images d’archives, souvent des reportages animaliers) ou de la synthèse grossière et qui tâche, voire, pour le pire du pire, de requin en mousse (coucou le Batman de 1966). Mais je ne me contenterai pas des requins et étendrai cette catégorie aux effets spéciaux en général, et aux décors en particulier. Comme les films seront régulièrement des petits budgets, j'attribuerai des points aux efforts réalisés pour nous faire croire au film, plutôt qu’à la maestria des requins et des décors, sinon tous les films se retrouveront avec 0 ou 1. Mais les requins y auront une place prépondérante.

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4- Batman, la série de 1966


Appréciation personnelle
Il s’agit ici de laisser sa subjectivité s’exprimer, telle une mention nostalgie, un plaisir coupable, un étonnement bienvenue ; de récompenser des efforts d’acteurs/d’actrice ou de réalisateurs, malgré des délais impossibles, des budgets indignes, des histoires ridicules ; de souligner un point qui n'entrerait pas dans ce classement ou quelque chose qui m'aurait particulièrement séduit au sein d'une mélasse indigeste. Contrairement au Pr. Rico, je ne mettrai jamais de point négatif. Même si le film est une arnaque grossière, je ne retirerai pas de point. Je n’en donnerai pas, tout simplement. Néanmoins, ici, spécifiquement, des 0,5 seront possibles, ce qui me permettra de nuancer ma subjectivité sur une échelle de 5 points.


L'évaluation des critères et le classement des films en fonction de la notation

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Note
Le Pr. Rico attribue à Deep Blue Sea la belle note de 16,5. C’est donc un Incontournable, ce qui nous pose d’emblée un problème. Comme de 0 à 20, il y a 21 notes, il est impossible de diviser ce nombre de manière entière (on obtient 4,2). Il faut donc une catégorie de 5 notes et 4 autres catégories de 4 notes. Si le Pr. Rico range Deep Blue Sea dans les Incontournable, alors la dernière catégorie est celle à 5 notes (de 16 à 20). J’aurais personnellement offert cette place à la catégorie Routinier pour avoir un vrai centre du passable à 10, pivot parfait entre le 0 et le 20. Mais soyons honnête. Les films de requins sont dans leur immense majorité de beaux navets. Leur donner un petit coup de pouce en décalant la catégorisation vers le haut ne pourra pas leur faire de mal. Il n’y en aura de tout façon pas beaucoup à pouvoir espérer rentrer dans la catégorie prestigieuse. De plus, en milieu scolaire, 16 est généralement attribué au devoir réussi, avec tous les attendus. Cela permet donc d'avoir une belle équivalence entre la notation à laquelle tous les français sont habitués et celle de nos chers requins mangeurs d’homme.

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5- Cool Bean Bag Chairs Design



Sitographie

1- Arte : article d'où provient la définition et qui retrace une petite histoire de la Sharksploitation ;
2- Nanarland : le site des passionnés des mauvais films sympathiques ;
3- Shark Parade : podcast tout entier dédié à la plus grande gloire des films de requins tueurs ;
4- CNRTL ;


Iconographie

1- Sharksploitation : en anglais, et cela commence fort avec « Sharks in Dungeons and Dragons » ;
2- Huginn & Muninn : le site officiel ;
3- En Cantos Descritos : blog en espagnol ;
4- Batman News : article sur Les moments les plus bizarres des films de Batman ;
5- Devil Dinosaur : blog en anglais.



Et pour quelques requins de plus...

Top 5, n° 305 : Les nanars à requins, sur AlloCiné : courte vidéo de 2'40 minutes pour vous mettre dans l'ambiance.


La Sharksploitation italienne, par David Didelot, rédacteur en chef de Vidéotopsie


Sur la chaîne, La cinémathèque du bis, 2017

_________________
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Dernière édition par Astre*Solitaire le Dim 7 Fév - 17:42, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeVen 8 Jan - 17:32

1- Peur Bleue


Un film de Renny Harlin
Produit par Warner Bros
Sorti en 1999



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1- L’affiche originale



MISE EN BOUCHE


Bande annonce officielle de Peur Bleue



PRÉSENTATION ET CONTEXTUALISATION
« Sous cette surface qui ressemble à un miroir, un monde grouillant de monstres. » Janice Higgins.

Nous sommes à la toute fin du XXe siècle. Une des technologies qui fait alors débat depuis les années 80, ce sont les OGM. Essentiellement réalisée sur des végétaux par l'intermédiaire de bactéries dont le plasmide (agent de la bactérie qui lui permet d'infecter le génome d'une plante) est modifié, cette technologie conduira à l'apparition de la branche dite du génie génétique, et à la production d'insuline par la bactérie Escherichia coli pour aider les personnes diabétiques. Rapidement, les scientifiques se tournent vers des modifications génétiques sur les plantes (tabac, tomate, soja, maïs) et sur les animaux (souris, hormone bovine pour favoriser la production de lait), non sans soulever d'importants problèmes éthiques.
C'est ainsi que les docteurs Susan McCallister et Jim Whitlock essaient de franchir à leur tour une étape en modifiant le cerveau de requins mako. Ils veulent, en accroissant leur masse cérébrale, augmenter la sécrétion d'une protéine qui, une fois extraite, pourrait se révéler efficace contre la maladie d'Alzheimer. Mais ce que la directrice des recherches, McCallister, ne dit pas, c'est que pour y parvenir, elle a dû modifier leurs gênes, pratique alors juridiquement interdite, et non cautionnée par les investisseurs. Tout se déroule correctement, les premiers tests doivent avoir lieu dans deux mois, lorsque l'un des trois requins modifiés, et dits de première génération, s'échappe, attaquant des plaisanciers. Ce fait-divers fait les gros titres. L'entreprise pharmaceutique, craignant pour la valeur de ses actions, décide de stopper l'expérience. Mais McCallister les convainc de lui accorder 48 heures de délais afin de prouver l'efficacité de sa méthode. L'un des responsables, Russell Franklin, l'accompagne donc au centre de recherche Aquatica, une ancienne base militaire transformée en laboratoire flottant grâce aux fonds alloués par le groupe coté en bourse. C'est le début du week-end et la quasi totalité des employés quitte le centre. Ne reste plus sur place que huit personnes : la Dr Suzanne McCallister, Carter Black, le dresseur/chasseur de requins, Janice Higgins, la biologiste marine, Jim Whitlock, le second chercheur en génie génétique, Russell Franklin, le patron, Sherman Dudley, « le Prêcheur », le cuisinier, Brenda Kerns, la cheffe opératrice et Tom « Scoggs » Scoggins, l'ingénieur de la base. Une fois la visite du complexe terminé et les principes de la recherche expliqués aux novices que nous sommes, toutes les pièces de l'échiquier sont alors en place pour que l'horreur commence... car les requins ont évolués.


ORIGINALITÉ
Peur bleue est un film que je suis allé voir au cinéma, du temps où j’allais avec une régularité métronomique m’abreuver de lumière enfermé dans le noir. Et j’en conservais un souvenir, s’il n’était ému, du moins était-il attachant, celui d’une bonne production qui savait quoi faire pour remplir son cahier des charges : nous plonger dans une ambiance humide et claustrophobe, alors que des squales méchamment dopés, ondulent silencieusement le long des eaux noires d’un centre en perdition. Aussi nourrissais-je une certaine appréhension, pour ne pas dire une appréhension certaine, contraint que j’étais – afin de chroniquer cette revue – de le revoir. Soyons honnête, la patine des ans n’a pas suffit à embellir ce film B alors que l’originalité et les surprises ménagées avaient depuis bien longtemps désertées la pellicule vingt ans d’âge. Mais voilà, il y a là, dans cette histoire d’expérience, de manipulations génétiques sur des requins mako, de destruction digne d’un film catastrophe – et qui d’ailleurs n’est pas sans rappeler L’aventure du Poséidon (1972, excellent film, à regarder si vous ne l’avez pas vu) version minimaliste – et, de cette unique véritable prise de position du film, cette interrogation – bien qu’assénée à gentils coups de bergerades – sur le poids des responsabilités, une réelle originalité du film qui quitte la surface des eaux pour s’aventurer en leur sein. [Acquis, 3]


SCÉNARIO/HISTOIRE
Néanmoins, de bonnes idées ne suffisent pas toujours à accoucher d’une bonne histoire. Si la trame narrative de Peur Bleue demeure plutôt bien racontée, permettant aux spectateurs que nous sommes de comprendre les enjeux, de caractériser les personnages, de suivre sans presque la moindre difficulté (deux fois exceptées), soit par des événements déclencheurs, soit par des discussions éclairantes, l’évolution de l’histoire..., la faiblesse des causes inhérentes à la catastrophe qui ne cessent de s’empiler maladroitement comme si les lois de la Fortune avaient de manière impromptue organisé un jeu de dominos géants qui, une fois le premier renversé, ne pouvait qu’entraîner à sa suite une ribambelles d’accidents fortuits, improbables, malheureux, englue le film dans une nécessaire suspension volontaire de l’incrédulité qui, à force d’être forcée, en devient si pesante, qu’elle aurait pu faire sombrer le film en même temps que la station. D’un certain point de vue, ils (les événements impondérables ne résultant pas de l’action des personnages) cachent surtout le renoncement affiché du film à cette lutte pour la liberté, pour la prise en main de son avenir, pour la revendication à exister et que saura réamorcer La planète des singes de 2014 (tiens, avec un remède contre la maladie d’Alzheimer... si cela ne s’appelle pas une coïncidence, ça). On peine donc à ne pas y voir une sorte de paresse scénaristique qui se décharge du fardeau de la justification rigoureuse pour nous signifier des hasards malencontreux qui se succèdent avec rigueur, telles les plaies d’Égypte. Cela se passe quand tout le personnel quitte la base, lorsque la tempête s’approche, lorsque le requin anesthésié ne l’est plus, lorsque le câble se bloque, lorsque tout explose comme dans les déferlements pyrotechniques des voitures du cinéma des années 80 parce qu’un oiseau bat de l’aile au moment où une bagnole perd de l’essence. C’est dommage de ne pas avoir pris le temps de poser ces jalons narratifs pour qu’ils soient acceptés par le spectateur. Les accumuler sans les expliquer conduit à une indigestion qui peu à peu pourrait nous sortir du film. Dans le même registre, celui de la fainéantise, nous pouvons signaler une scène doublement jouée (avec des variantes, mais c’est absolument la même scène, tout s’y déroule de la même manière). Là encore, un brin d’extravagance, d’originalité, allez, soyons fou, d’écriture, et le film aurait rapidement pu atteindre des dimensions mythologiques. En lieu et place, on privilégiera un humour généré par les dires et les réactions des personnages et qui, il faut bien le reconnaître, ont plutôt la fâcheuse tendance à casser l’ambiance qu’à la soutenir. Il restera heureusement discret et saura aux bons moments se faire oublier. Alors je critique, je critique, mais il s’agit là d’arguments qui empêchent simplement au film de s’envoler vers des hauteurs stratosphériques. Car pour ce qui est du reste, c’est franchement pas mal. Comme déjà évoqué, notre film oscille entre L’aventure du Poséidon et Les dent de la mer, et parvient à faire monter progressivement la tension par une narration serrée et alternée jouant avec intelligence sur les angoisses et les moments de soulagement du spectateur. À cela, on peut rajouter, pour le plaisir, quelques instants jubilatoires qui montre que le film, comme on dit, en a sous la pédale, telle la scène d’introduction, la tirade de Samuel L. Jackson, le sacrifice final, et, un peu avant la conclusion du film, les silences éloquents qui, maintenant encore, m’ont finalement davantage marqués que tout le reste. Non, c’est bien. [En cours d’acquisition, 2]

LA SHARKSPLOITATION Deep_b10
2- La team Peur Bleue


PERSONNAGES
Dès le début du film, il y a un effort de fait pour que les personnages ne soient pas de simples cocons vides, mais bien des êtres de chairs et de sang auxquels nous, aimables spectateurs, puissions nous identifier. Alors s’identifier, effectuer un transfert émotionnel, je ne sais pas. Il s’agit là peut-être d’un pari osé parce que si les personnages effectivement sont attachants, dans l’ensemble, ils n’en demeurent pas moins assez succincts, voire emprunt d’un certain stéréotype un peu pataud qui les enferment dans des réactions et des comportements sans grandes saveurs : le beau ténébreux au passé louche, le geek excité, la scientifique froide et amorale, le cuistot rigolo, etc. Il leur manque une réelle profondeur, une âme je dirais, un comble pourrait-on dire pour un film qui s’appelle Deep Blue Sea. Néanmoins sur la ligne de leur stéréotype, les silences, les regards, le jeux des acteurs pour lesquels il n’y a pas grand chose à dire tant ils sonnent juste (mais pas davantage), font le reste et on parvient sans trop de peine à croire à ces figures et à la situation qu’ils doivent affronter. Il y a tout de même sur la longueur quelques attitudes et comportements qui ne coïncident vraiment pas avec l’histoire et qui font s’arquer un sourcil de reproche sévère. Mais il s’agit là de vétilles, davantage liées au scénario d’ailleurs, qui est parfois un peu léger, qu’à la psychologie des personnages. [En cours d’acquisition, 2]

LA SHARKSPLOITATION Unbena13
3- La Dre Susan McCallister, interprétée par Saffron Burrows


AMBIANCE
L’ambiance, c’est le point fort du film, son vrai moment de bravoure, parce que toute l’équipe y croit et qu’au final, le film donne simplement l’impression d’être (presque) vrai. Tout ce qui est montré à l’écran confère un forme d'authenticité, de crédibilité à ce monde reconstitué. Peu à peu, l’on se retrouve happé par les flots débordant et, collé au fond de son siège, on vit chaque moment, on tremble, on crie, on pleure, comme les mâchoires passent. Il est tout de même dommage que la musique de Trevor Rabin ne suive pas. Non pas qu’elle soit mauvaise, mais elle a du mal à insuffler ce que l’on attend ici d’un score où la peur primale d’être dévoré, couplée à l’angoisse d’être englouti par les eaux, devrait juste tout balayer. Et c’est loin d’être le cas tant cette B.O. ne marque pas les esprits. Rabin s'est sort bien sur les thèmes mélodieux, calmes, libérateurs, tel son Aftermath (piste 1) ou Susans Softens (piste 2), mais qui lorgne quand même pas mal sur le Pic de Dante par certains moments. Par contre, dès que l'on embraie sur les séquences angoissantes, c'est un alignement de notes lourdes, répétitives et sans saveur, à l'exception des chœurs, employés de façon intéressante. Je relève quand même un bon passage dans Anarchy (piste 9) de la minute 3 à 3'30 Mais ce score ne dessert pas le film non plus... et c’est heureux. [Acquis, 3]


RÉALISATION
La réalisation ne se fait finalement pas trop sentir. Elle est là, honnête, mais ne cherche ni l’esthétisme, ni à révolutionner le genre. Elle cherche simplement à vous happer. Il n’y a donc pas de plan génialissime, suffocant, angoissant jusqu’à s’en déchirer la rate, épiquement anthologique. Ami(e) de 2001 Odyssée de l’espace ou de Psychose, passez votre chemin. On est là pour suivre les personnages, pour narrer l’inéluctabilité de leur destin... un point c’est tout. Et en soi, c’est très bien. Malheureusement, à cette absence de virtuosité se greffe aussi quelques défauts. Le cas le plus flagrant, et pour moi le moins défendable, c’est l’omniprésence des requins. Ces derniers sont toujours là – mais je veux dire TOUJOURS. Dès qu’un personnage est dans l’eau, sans le savoir, il génère l’effet thaumaturgique de Conjuration de requins, et hop, miracle, un squale apparaît. Cela nuit naturellement à tout idée de suspens, de tension. Rapidement, l’on sait que dès qu’un personnage se mouille le postérieur, Isurus oxyrinchus va ramener le sien. Et puis il y a tout de même deux ou trois scènes où l’on suit sacrément mal l’action. À deux reprises, au moins, je me suis demandé : « hein, quoi, qu’est-ce qui s’est passé là, mais euh... il vient de faire quoi  ? ». Ainsi, dans les tout premiers débuts, lorsque l’un des protagonistes trompe la 2e génération pour l’endormir à coup de seringue, je n’ai pas trop compris comment celui-ci s’y prend. Plus tard, il y a cette scène où maman requin ne parvient pas à mordre notre vaillant héros alors qu’il se jette devant une porte. On ne comprend absolument pas pourquoi et toute la séquence est gentiment ratée. Enfin, un ultime reproche, très léger, à cheval entre l'Ambiance et la Réalisation, provient des intentions du réalisateur. En effet, Harling, dans une interview réalisée par Jean-Luc Vandiste pour « l’Écran fantastique » n° 193 de janvier 2000, et qui est reproduit dans Bad Requins pages 16 à 19, précise que ce film peut, émotionnellement parlant, se comparer « à des montagnes russes. On se rapproche de la mort, on crie, on sursaute, et surtout, on se sent soulagé ensuite. Il est important de créer des vagues dans la tension qui soutient le film, plutôt qu’elle ne soit constante. ». Or, c’est justement ce va-et-vient dans la mise en scène, entre un moment dramatique, puis un élément censé être comique, qui sort le spectateur du film et qui, au final, lui fait perdre une partie de sa force anxiogène. Je pense qu’ici l’humour, et en particulier ce type d’humour (un personnage de type humoristique, pour ne pas dire le clown de service) dessert l’œuvre plutôt qu’elle ne concoure à en renforcer l’émotion. Malgré ces quelques bémols, rendons à Poséidon ce qui appartient à Poséidon : c’est du très bon B bien filmé ! Du haut de gamme en la matière. On demeure – presque –  toujours au niveau des personnages. Ça sert évidemment l’ambiance, même si cela manque quelque peu de caractère, ou de prise de risque. Mais le tout est propre, lisible, fait monter la tension comme la station s'enfonce et remplit parfaitement son cahier des charges : faire le show. [Acquis, 3]

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4- Carter Black (joué par Thomas Jane), en mode Guillaume Tell marin


QUALITÉ DES REQUINS
Abordons à présent les requins en particulier et les effets spéciaux en général. Pour ce qui est de nos charmants croqueurs d’humain, tout en n’oubliant pas que l’on est en 1999, il faut reconnaître qu’il sont très bien, sauf sur quelques plans peu nombreux où on se dit qu’effectivement, l’âge parfois ne rend pas toujours service. Harling souhaitait que les squales vus à l’image soient les plus réalistes possibles - d’où le choix d’employer avant-tout l’image de synthèse, une vraie révolution à l’époque. Et cela fonctionne : ils sont massifs, sinistres, sans pitié, mais il leur manque un petit côté, je ne sais pas, qui nous ferait nous projeter sur eux, les détester, les plaindre, les admirer... les envier. Ils avaient un potentiel terrible qui finalement se réduit à déchiqueteur de torse. La fin nous laisse un goût amer, et l’on se dit que l’on vient de passer à côté d’une histoire qui eut pu être mythique (La révolte des requins, mais cela nous entraîne vers le scénario). Les requins sont de vrais personnages au sein du film (ils provoquent l’action), mais on a quand même du mal à y croire ou plutôt, devrait-on dire, du mal à s’investir - et ce malgré ce soucis de réalisme qui poussa le metteur en scène à contraindre Thomas Jane à « plonger parmi les requins ». L'acteur le dit lui-même, il était terrifié. (Bad Requins, page 184). Les effets spéciaux en eux-mêmes sont aussi là pour nous rendre la base sous-marine crédible. Et je dis oui. J’y crois. Les eaux, les niveaux, les corridors, les salles... tout est soigneusement orchestré, comme dans un sous-marin en plus grand et l’impression réelle de claustrophobie et d’irréductibilité de la menace fonctionne à plein. Moi je dis bien joué. [En cours d’acquisition, 2]

LA SHARKSPLOITATION Deep-b10
5- Selfie improvisé fortement déconseillé par la rédaction


APPRÉCIATION PERSONNELLE
Au final, je vais gracieusement rajouter +0,5 pour la vision selon la perspective du requin, même si en soit ce n’est pas d’une originalité folichonne. Disons que j’ai bien apprécié ce changement de point de vue et, après avoir lu cette longue critique, vous devez vous douter du pourquoi ; ainsi que +0,5 pour le petit message moralisateur sous-entendu (il n’est jamais vraiment explicité), et qui permet au film d’évacuer la problématique imbécile du qui meurt et comment pour s’offrir un instant un moment de réflexion sur les enjeux de l’action humaine, des impacts de nos décisions... et c’est tout de même assez rafraîchissant.


NOTATION

LA SHARKSPLOITATION Unbena15
Le commentaire de l'appréciation personnelle est celui du professeur, afin que la partie subjective ressorte mieux et que les deux puissent être comparées.


DÉBRIEFING
J’ai tout de même pas mal forcé sur ce film en terme de critique. Et bien oui ! C’est qu’il nous fallait une mesure étalon et c’est ce que Deep Blue Sea nous permet de réaliser au mieux. On a ici un très bon petit film, mais ni un grand film, ni encore moins un chef-d’œuvre. Mais on n’a pas non plus un film médiocre ou raté. Sa plus grande faiblesse est scénaristique, ce qui plombe les personnages. Puis vient celle de la réalisation qui, si elle est tout à fait correcte, n’est pas exempt de facilités et de défauts, rendant du même coup certaines scènes avec les requins moins crédibles. J'ai néanmoins décidé ici de réévaluer ma notation en passant de 2 à 3, car entre-temps, je me suis infligé tout une série de navets les plus indigestes possibles dans cette niche cinématographique. Et si je mettais une appréciation trop sévère pour Peur Bleue, cela aurait contribué à lisser l'ensemble des films vers le bas, surtout en terme de réalisation. Déjà qu'il n'y en aura pas beaucoup au-delà de 12... Mais ainsi serrez-vous à même de mieux juger certaines notes, puisque ces dernières se feront, en partie, à l’aune de celles-ci. Au final, on se rend bien compte qu’avec un scénario plus dense et des personnages moins stéréotypés – ce qui aurait sous-entendu une phase d'exposition plus fouillée, plus réaliste et plus longue – on se serait rapproché du Graal squalocinématographique, Les dents de la mer, pour ne pas le citer.



LA VALSE DES AFFICHES

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Sitographie

1- Shark Parade : premier épisode de la série.

Quelques critiques sur le net
2- Horreur.net : courte et positive ;
3- Le quotidien du cinéma : courte et négative ;
4- Courte focale : longue et plutôt positive ;
5- Scifi Universe : courte, en demi-teinte ;
6- Écran large : pas vraiment une critique, encore que, globalement positif, encore que ;
7- Critiksmoviz : courte et positive.


Iconographie

1- Listal : un réseau social pour partager des listes ;
2- Courte Focale : la critique du film ;
3- The Guardian : une interview de l'actrice, en anglais ;
4- F this Movie : blog en anglais, sur les films ;
5- F this Movie : blog en anglais, sur les films.

La valse des affiches
6- The Movie DB ;
7- Store HMV : site commercial ;
8- Sens critique : tout plein d'affiches ;
9- Scifi-Movies ;
10- Shark Movie ;
11- Cinematerial ;
12- Dciné ;
13- Kabel Eins : site allemand, avec une galerie d'images comportant deux publicités.




Et pour quelques requins de plus

Le requin mako, le requin le plus rapide du monde


Sur la chaîne National Geographic Wild France


Thème principal de Deep Blue Sea, par Trevor Rabin


Sur la chaîne TehGr81


Et sur Cinezik, une critique du score de Trevor Rabin.


À dans un mois pour l'analyse de Deep Blue Sea 2.

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Dernière édition par Astre*Solitaire le Mar 26 Jan - 15:10, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeDim 10 Jan - 16:49

Merci pour cet article fort détaillé. Justement, puisque tu parles de maître-étalon du genre, et que tu cites ce film, je me demandais ce que donnerait les notes des Dents de la Mer que je n'ai jamais vu.
Est-ce qu'il y a un film de requin meilleur que celui-ci ?
Par ailleurs, grâce à ton article, j'ai flashé sur l'illustration de Mort Künstler, et je commence à chercher quelques autres de ses créations pour ouvrir un sujet sur lui dans les illustrateurs rétro.
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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeDim 10 Jan - 21:39

Alors, Les dents de la mer, premier du nom, écrase toute idée de concurrence. Le seul endroit où il va perdre des points, c'est dans la qualité des requins, Bruce (nom donné au requin mécanique) n'ayant eu que des soucis techniques. Puis en fonction des goûts, l'appréciation personnelle jouera son rôle de modération. Pour moi c'est du 18 sur 20 (-2 pour la qualité des requins, mais il faudra que je le revoie dans tous les cas, peut-être que je hisserais le tout à 19, parce que le film ne date pas d'hier). S'il n'y a qu'un seul film de requin à voir, c'est celui-là.

Très content pour Künstler. C'est aussi à cela que sert ce genre d'article, pouvoir faire des découvertes.

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeLun 11 Jan - 19:32

J'ai du a peu près tout voir en ce qui concerne les films de requins au cinéma, et il y a de sacré soupe la dedans. Au bout d'un moment ce ne sont plus des requins mais des monstres sanguinaires loin de l'image véridique du requin...

En ce qui concerne les films je n'en retiens que deux. Le premier dents de la mer, chef d'oeuvre du genre et qui encore aujourd'hui garde toute sa force et son impact. Enfin le second dents de la mer qui bien qu'inférieur au premier a des bons moments d'angoisse et d'intérêt.

Quand au reste sans vouloir être méchant c'est à oublier au plus vite.
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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeLun 11 Jan - 22:11

C'est clair que la grande majorité des films en question est vraiment nullissime. The raiders of the Lost Shark ou Psycho Shark, par exemple. Mais il y a quelques bons films. Peur bleue notamment, mais aussi 47 Meter down, Open Water, et un que je n'ai pas vu mais dont j'ai entendu beaucoup de bien, Instinct de survie et pour lequel j'ai de grands espoirs de le voir rentrer dans la catégorie des bons films. La question est de savoir ce que l'on veut voir. Si l'on reste sur un film où un requin attaque une plage, tout, ou presque, a été fait avec Les dents de la mer. Mais si l'on veut explorer le requin tueur/mangeur d'homme, il y a pas mal de voix d'exploration possibles et tout n'a pas été fait, ou bien fait, loin s'en faut. J'avoue que les trois sus-cités sont assez semblables en ce qu'ils sont en fait un thriller en huis clos entre un ou deux humains face à un ou deux requins. Mais cela génère de sacrées ambiances. Il y en a un que j'ai bien aimé, c'est Darktide, mais je reconnais que les requins y sont anecdotiques. Pour moi, le soucis du Dents de la mer 2, c'est que c'est un décalque du 1. Mais comme le film est pensé en terme de blockbuster, le reste suit (acteurs, effets spéciaux, réalisation).

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeLun 11 Jan - 23:54

Les Dents de la mer 2 même si il est en dessous du premier reste tout de même un bon film du genre. Et apporte de certaines nuances par rapport au premier, il y a plus de morts dedans et de manières différentes. Et l'apport du groupe de jeune est plutôt bien amené, sans tomber dans les clichés du genre.

Peur bleue avec ces requins frénétiques qui volent dans tous les sens je n'ai pas pu, la ce n'est plus des requins mais des créatures d'un autre monde. Open water est clairement le film le plus crédible et réaliste du genre. Mais je ne vois pas l'intérêt de ce genre de production, ça n'apporte pas grand chose à moins d'aimer ce genre de drame humide. Instinct de survie est vraiment mauvais pour moi. Aucune crédibilité dedans, avec un dénouement illogique et absurde.

Non vraiment à mes yeux il n'y a que deux films sur les requins qui valent le coup, les deux premiers Dents de la mer.
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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeMar 12 Jan - 15:34

Flûte alors. Si tu dis qu'Instinct de survie est nul. Je me faisais vraiment une petite joie de découvrir ce film - le seul avec The Reef - dans les moyens/bons - que je n'ai pas encore vus.

« Peur bleue avec ces requins frénétiques qui volent dans tous les sens ». Je l'ai revu pour la critique et les requins ne volent pas dans tous les sens. Ils sont très rapides, agressifs, bondissent parfois hors de l'eau - mais rappelons qu'ils sont génétiquement modifiés et que justement leur imprévisibilité en fait une menace réelle. De ce point de vue là, je ne suis pas d'accord avec toi. De fait, on tranche ici radicalement avec Les dents de la mer. Bruce (il y en avait 4) n'a posé que des soucis à l'équipe de tournage et l'une des solutions trouvées, fut d'en montrer le moins possible. Harvin fait le choix inverse et, tout comme Les dents de la mer à l'époque avec cet animatronique marin, il "révolutionne" le genre avec ses requins numériques. Ils ne sont évidemment pas parfaits, mais suffisamment bons pour que 22 ans plus tard, on y croit encore (avec les quelques réserves émises dans ma critique). Mais évidemment, il faut adhérer au concept de requins génétiquement modifiés... En tous les cas, moi, j'ai pris un vrai plaisir à regarder ces requins évoluer dans leur habitat naturel, et à ne plus devoir me contenter d'une grande ombre menaçante.

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeDim 17 Jan - 16:37

Avis aux amateurs de critique. Je viens de reprendre celle que j'avais postée sur Peur Bleue. Il y manquait l'accroche du film, quelques avis sur la BO - très courte - que je viens de réécouter, un peu de mise en page, évidemment, et deux catégories que j'essaierais de conserver : les différentes affiches du films (poster et jaquette) et une liste de sites proposant eux aussi une critique du film en question. Bonne lecture ou relecture, si le cœur vous en dit.

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MessageSujet: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeDim 7 Fév - 22:56

2- Deep Blue Sea 2


Un film de Darin Scott
Produit par Warner Bros
Sorti en 2018



LA SHARKSPLOITATION 61lf7-10
1- L’affiche originale



MISE EN BOUCHE


Bande annonce officielle de Deep Blue Sea 2, en VO



PRÉSENTATION ET CONTEXTUALISATION
« Ce que vous avez créé [,,,], ce ne sont que des dents et des muscles au service d’un instinct meurtrier. » Dr Misty Calhoun.

Carl Durant n’est pas seulement un scientifique de génie, il est également un homme d’affaire richissime qui, parti de rien, a réussi à développer une importante entreprise dans le secteur médical, Les Laboratoires pharmaceutiques Durant. Pour une raison inconnue, le milliardaire a contracté cette idée fixe que, dans un laps de temps assez court, l’intelligence artificielle, en devenant quantique, allait surpasser celle humaine à tous les niveaux et que, se rendant compte de leur supériorité, les machines choisiraient de nous déclarer la guerre. La seule et unique solution qu’il a trouvée pour empêcher les ordinateurs subatomiques d’anéantir notre monde a donc été de concevoir un produit capable de stimuler notre intellect et ainsi nous permettre d’utiliser l’entièreté du réseau neuronal humain. Mais comment y parvenir et assurer l’opérabilité d’un tel projet ? Sa société est notamment spécialisée dans la production de produits dits stimulants, les nootropes (de nôos – esprit ; et -trope – augmentation), de type ritaline ou adderall. Ce dernier est une sorte de comprimé d’amphétamine prescrit en cas de trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité ou pour les narcolepsies, mais qui est parfois utilisé de manière détournée par certains étudiants qui souhaitent, justement, voir augmenter leurs fonctions cognitives et leur capacités à mémoriser – ce qui est formellement déconseillé, cette auto-médication hors contrôle médical pouvant entraîner addiction, hypertension ou encore psychose. La ritaline, elle, est aussi un psychostimulant employé dans le cas de troubles du déficit de l’attention. Un nootrope, en lui-même, est une substance, souvent médicamenteuse (mais certaines plantes comme le café rentrent aussi dans cette catégorie, puisqu’il est établie que la caféine renforce notre capacité à la vigilance, bien que le syndrome de sevrage en rende les bénéfices rapidement nuls), censée stimuler « la mémoire, la vigilance ou certaines fonctions cérébrales »1. Cette chimie des psychotropes propose plusieurs approches pour concevoir des nootropes, comme l’emploi des racétams (une classe de médicaments) qui stimulent la mémoire et qui sont donc utilisés contre l’Alzheimer ; mais également de produits basés sur la dopamine – un neurotransmetteur –, la mémantine – un élément de synthèse bloquant certains récepteurs (les protéines qui reçoivent les neurotransmetteurs), ou encore le fluorénol – un autre matériau de synthèse, dérivé du fluorène –, qui permettent de développer des substances dites nooanalétiques, où « analétique » renvoie à la stimulation de certaines fonctions du vivant, ici l’esprit. La solution de Durant est double. D’abord, il injecte chez des requins bouledogues le nootrope de synthèse développé par son entreprise. Ce dernier se fixe à l’échelle moléculaire sur les anticorps de l’animal. Durant les récupère et grâce à la formule du composé organique qu’il a mise au point, il obtient un produit censé modifier la structure génétique du cerveau : l’intelligence n’est plus stimulée, elle est accrue. Et il vérifie les résultats en donnant ce même produit aux requins tests. Ces derniers ont vu leur intelligence croître de fois 10 0002. Ainsi les humains pourront-ils à leur tour augmenter leur intelligence et par la même empêcher l’avènement de l’IA. Pour une raison inexpliquée, cette mutation génétique permet de contrôler les requins qui se déplacent alors en banc et suivent des instructions données par cliques à l’aide d’une petite télécommande. Seulement voilà, le requin femelle, Bella, commence à avoir un comportement inexpliqué, même en prenant en compte l’augmentation de ses capacités cognitives, et notre savant milliardaire a atteint « une phase critiques dans [s]es recherches ». Il sent que c’est le bon moment pour demander un coup de main. Il fait donc appel à un neurophysiologiste et à une neurobiologiste, ainsi qu’à une spécialiste comportemental des requins qui travaille pour la Fondation des cinq océans, afin d’observer et de comprendre la conduite déviante des squales génétiquement modifiés. L’équipe arrive sur la station marine Akheilos et nos neuf protagonistes vont commencer à se pencher sur les travaux et les méthodes de Carl Durant. Mais c’est justement le moment que Bella choisit pour se révolter et passer à l’offensive : le temps de la domination des requins est venu !

1- Les informations données ici sont une sélection de plusieurs pages Wikipédia sur le sujet.
2- Je dois reconnaître que tout ceci n’est pas très clair. Est-ce que les requins permettent de développer la substance modificatrice du génome ou bien sont-ils les sujets tests de cette dernière, ou les deux ? J’ai considéré cette double option comme la bonne, bien que je ne vois pas l’intérêt de booster l’intelligence des requins, sauf à considérer les résultats sur leur contrôle.

LA SHARKSPLOITATION 16884710
2- La team Peur Bleue 2, l’avocat en moins


ORIGINALITÉ
Donc, voilà : un même titre nanti d’un deux. On serait en droit, de prime abord, de s’attendre à une suite ; et comme le film est censé se dérouler 19 ans plus tard, on se dit que les enfants, les survivants même (allez Carter Blake, 49 ans, c’est le début de l’aventure), vont reprendre le flambeau et découvrir que des notes sur le sérum originel immoral ont pu être sauvegardées et que des savants f... férus de science s’y sont à nouveau frottés, en ayant conscience des risques potentiels ; où qu’un quatrième requin, femelle, avait bénéficié, dans le plus grand secret, des attentions attendries du Dr Susan McCallistair (vous savez, le camp n° 2, il y a toujours un camp n° 2) et que dans la confusion et la mort de tout le monde, oublié, mettant à profit son nouveau QI de 75, elle s’échappait en silence vers les profondeurs, et qu’ainsi 19 ans plus tard, sa descendance commençait à proliférer et à représenter une menace pour le genre humain, leur QI étant passé à 90. Et bien je vous arrête tout de suite. Rien de tout cela. Non, non... pas une suite... un remake. Un vrai de vrai. L’histoire, dans les grandes lignes, est absolument la même que celle de son prédécesseur : un scientifique va accroître l’intelligence des requins – ici bouledogues – pour permettre d’éradiquer Alzheimer..., ah ! non pardon, pour rendre l’humanité à son tour plus intelligente afin de s’opposer aux machines qui bientôt se révolteront. Sérieusement ? Et attention, ce remake ne se contente pas simplement d’aligner la même ligne scénaristique. Il reprend carrément des scènes du premier film à l’identique : le requin est anesthésié, mais se réveille quand même ; Calhoun se retrouve comme McCallistair en sous-vêtements (scène assez gratuite d’ailleurs) ; la salle d’accès à l’océan va subir une énorme dépressurisation ; deux des attaques de requin sont des copier/coller (une surtout) ; le groupe s’enfuit par une échelle de secours, dans une tunnel ascendant. Ou alors il en inverse les références : ce n’est plus la femme, la méchante scientifique face au responsable désireux d’arrêter le projet, mais le responsable à l’origine du projet et la scientifique, la garante morale ; un des protagoniste fourre son bras dans la gueule du requin, mais cette fois-ci en réchappe ; et il y a la chaussure de l’ingénieur. Oui, la chaussure. Dans le premier film, l’ingénieur, en étant dévoré, voyait l’une de ses jambes se faire sectionner. On la voit alors en gros plan, avec un pied nu. Dans le film 2, l’ingénieur survit et se fait uniquement boulotter... la chaussure. Il y a pourtant deux idées originales : les bébés requins, mais qui sont tellement mal développés que la notion vire au comique ; et surtout Durant qui s’administre son protocole médicamenteux, avec à chaque fois des flashs où des molécules s’assemblent et des formules protéiniques apparaissent, symbolisant la croissance de son intelligence. Intéressant Set-Up (la Préparation) qui malheureusement ne débouchera jamais sur le moindre Pay-Off (le Paiement). [Non acquis, 0]


SCÉNARIO/HISTOIRE
Néanmoins, un scénario en béton armé, justifiant chacune de ses scènes, va nous sauver tout ça ? Hein ?! Non ? C’est comme le 1, mais en moins bien... Ah ! D’accord. Et effectivement, on nous sert ici la même intrigue mais avec un développement scénaristique très mal maîtrisé. Le film s’articule en gros autour de trois parties : la mise en place de l’intrigue (35 minutes), les errances dans les coursives (45 minutes) et l’affrontement final (15 minutes). La première partie est probablement la plus intéressante (je lui aurait donné 2). On nous sert une scène d’introduction à la fois pêchue, mais aussi accusatrice, dénonçant la chasse aux ailerons de requin. Puis on découvre peu à peu les personnages – ceux de la base et ceux qui vont y arriver – les différents organismes, et la structure où aura lieu l’action. C’est ici que les problèmes commencent, avec une dilution des enjeux sur près de dix minutes : quel programme, pourquoi des ingénieurs, pourquoi une comportementaliste. Elle devra elle-même hurler la question au bout d’une demi-heure pour que la réponse nous soit enfin donnée. Au final, ce qui débutait correctement, finit dans un gloubiboulga d’arguments pseudo-scientifiques mal digérés, contradictoires, noyant l’incurie du scénario. Toutes ces mises en place font gagner du temps et de l’argent (un groupe de personnes qui papotent dans une salle bleue, c’est moins cher à filmer que des prises de décisions et des événements), avant les scènes d’action proprement dites ; et ce plantage de décor n’aura finalement aucune conséquence. Les enjeux sont évacués au profit d’un cliffhanger stéréotypé à la fin du film. Alors commence le ventre mou du film. Accrochez-vous, c’est du lourd. Pour vous aider à suivre l’action, consulter l'image ci-dessous. Malin, un requin, à l’aide de son aileron, coupe la corde d’amarrage (à droite, sur la petite plate-forme) d’un zodiaque (celui qui est au centre) qui, en dérivant, va heurter de l’autre côté de la station, l’installation électrique de surface (à gauche, en rouge, le groupe électrogène), qui prend feu alors qu’un bidon d’essence ouvert se déverse dans l’eau : boom ! Les requins vont ensuite tout défoncer à coups de museau (je me demande si c’est possible ça ?), et la base va prendre l’eau, ce qui va modifier la pression de la salle de plongée : et reboom ! Et là, les personnes réunies dans cette pièce d’accès à l'océan se retrouvent séparées en 5 groupes. Putain (cri d’étonnement), il y avait 5 portes dans cette salle (on n’en voit jamais qu’une seule, mais bon) et tout le monde en a choisi une différentes pour fuir ? Et là, l’ennuie s’installe. On voit des binômes avancer mollement dans l’eau, sous des filtres de lumières différentes : qui bleu, qui rouge, qui vert. La maman requin, Bella, accouche alors d’une nuée de bébés requins avides de chair humaine et c’est partie pour des squales en mode piranhas, chassant dans les coursives inondées d’une station qui de fait ne possède que deux couloirs et trois pièces. Le problème de ces mini-requins est qu’on ne les voit qu’une ou deux fois et qu’ils se manifestent par des bouillonnements en déplacement et le bruit idiot qu’ils poussent en se jetant sur leur proie. Ils ne font pas peur, ne ménagent pas de suspens, sont invisibles, et parfois ridicules. Leurs cibles disparaissent sous l’eau qui devient rouge, pour ressortir ensuite avec le visage déchiqueté, ce qui réveille un peu le spectateur que nous sommes. Arrive alors la dernière partie, et là, c’est de nouveau pas mal. Il y a une certaine action, un peu de suspens, quelques scènes sympa, la dernière surtout, et une mise en place – la clé rouge – trouve ici son utilité. Mais devoir attendre ¾ d’heure pour obtenir 15 minutes de correctes, c’est cher payé. C’est donc un film plutôt plan-plan et le scénario n’y changera malheureusement pas grand chose. Ce qui empêche ce long métrage d’être ennuyeux, c’est que chaque séquence est traitée de manière à peu près crédible et qu’ainsi il est possible de suivre l’histoire, en étant secoué par-ci, par-là, par les deux trois scènes attrayantes du film. [Insuffisamment acquis, 1]

LA SHARKSPLOITATION Dbs_0910
3- La station océanique du pauvre, Akheilos


PERSONNAGES
Il y a ici neuf protagonistes. Le milliardaire, auteur du projet, Carl Durant, et son avocat, Craig Burns. Le chasseur de requin, Trent Slater, et son acolyte Mike Shutello. Les neurophysiologiste et neurobiologiste Leslie et Daniel Kim. L’ingénieur Aaron Ellroy et le mécano Josh Hooper. Et bien sûr la Dr Misty Calhoun. On remarquera que déjà, sauf pour la docteur, l’ensemble de l’équipe fonctionne par binôme et que chacun verra l’un de son binôme se faire dévorer – permettant une plus grande implication personnelle dans le drame en train de se jouer. C’est pour le coup assez bien trouvé. Bien sûr, on échappe assez peu ici aux stéréotypes du genre, mais ce n’est pas l’objectif. Chaque personnage possède soit une ligne de dialogue, soit une scène d’action qui permet rapidement de le caractériser, et ma foi, cela fonctionne honnêtement. L’ensemble de cette structure en double, associée à des protagonistes un minimum construits, génère une alchimie suffisante pour que l’on puisse se mettre à leur niveau et souhaiter les voir survivre. Il y a donc ici une crédibilité dans les enjeux portés par les personnages et la nature des relations qu’ils entretiennent, qui rend l’aventure regardable. Le souci vient des dialogues, vraiment faiblards, alternant parfois entre le « je dis une phrase, mais en faite je meuble car je n’ai rien à dire », ou « je déclame, je soliloque et au final, je tourne en rond ». Ce sera surtout vrai dans cette partie « ventre mou » où, comme ils ne font rien, il n’y a rien à dire, et ce qu’ils disent sonne désespérément vide. Je n’hésite pas ici à souligner que ces acteurs de seconde zone, à l’exception de Michael Beach, sont l’un des bons points du film. Ils assurent avec sérieux le minimum espéré dans une production de cet acabit, sans presque trop surjouer (mais quelque fois en jouant un peu mal), et sont franchement corrects au sein du minimalisme dans lequel la plupart sont enfermés. [En cours d’acquisition, 2]

LA SHARKSPLOITATION Dbs_0710
4- Durant et Calhoun ... Ça monte


AMBIANCE
L’ambiance, elle, par contre, n’y est pas. Soyons parfaitement honnête : il ne s’agit pas là d’un désert narratif du niveau de la contemplation de l’évaporation d’une flaque d’eau par un moine tibétain en pleine crise existentielle. Non ! Mais on s’ennuie parfois ferme et pire que tout, on a de temps en temps l’impression de voir la même chose (une coursive bleue, un couloir rouge, un conduit vert). Rares sont les scènes qui vous prennent à la gorge ou vous réveillent. Citons pêle-mêle et en spoilant généreusement ce film : Daniel suspendu à sa barre comme un bernard l’hermite à son anémone de mer – franchement trippant – le seul moment du film où j’ai vu mon rythme cardiaque s’accélérer légèrement ; la mort du dit Daniel – oups spoiler, mais je vous avais prévenu – et qui est vraiment bien faite ; la main toute plongée jusqu’à la garde dans le plus profond de la gueule grande ouverte d’un requin en train de se réveiller ; la scène finale. Pour ce qui est du reste, on s’y attend quand même pas mal et comme les enjeux narratifs sont presque inexistants (la survie des personnages, c’est à peu près tout), l’intérêt pour ce qui se passe à l’écran est du même tonneau et nous indiffère malgré tout. La photographie est dégueulasse. Scott utilise pendant plus de la moitié du film, des filtres de couleur, cache-misères de la pauvreté du décor. Ils rendent parfois les environnements douloureux à regarder. Le rythme de la seconde partie est abominable et cerise sur le gâteau, la partition musicale y est digne d’un vieux téléfilm, où un violon tire une note de musique pendant 10 minutes. Pour ne rien arranger, la première victime est accompagnée d’un passage à la guitare électrique sortie d’on ne sait où, du plus mauvais effet. Alors oui, la musique d’introduction est pas mal, mais s’inspire quand même gentiment d’Eric Serra et de son Grand bleu. Il n’a bien que vers la fin, que l’on trouve un morceau un peu plus épique et poétique, mais c’est bien maigre. [Insuffisamment acquis, 1]


RÉALISATION
C’est vrai que filmer sans histoire, sans décors et sans moyens, ce n’est pas facile. Je trouve pourtant que Scott s’en sort, si l’on décide de considérer ce film pour ce qu’il est, un DTV. Ce que je veux dire par « s’en sortir », c’est que l’histoire se suit sans incohérence ou rupture narrative, à une seule exception près. C’est lorsque Ellroy dérive sur son matelas pneumatique dans une coursive et que les bébés requins l’attaquent et dégonflent son abri. Cut. Quelques scènes plus tard, il marche et croise Daniel. Non. Ce n’est pas raccord. Mais sinon, je n’ai rien constaté qui choque. Il y a notamment moins de scènes inexplicables que dans Peur Bleue. Scott tourne presque toujours avec deux ou trois types de cadre : lorsqu’il se concentre sur les personnages (plan épaule ou poitrine) et quand il s’intéresse à l’action,  en usant d’un « faux » plan américain, puisque l’eau cache la partie du corps sous la ceinture. Il y a donc la décision de filmer de manière très rapprochée les personnages, pour instaurer un effet de claustration. Et cela suscite également l’impression d’être à la fois avec les personnages et en même temps spectateur de l’histoire. Mais l’ensemble demeure néanmoins vraiment mou. La perspective change rarement : une fois elle est celle de l’intérieur de la gueule du requin, une fois l’utilisation du champ/contre-champ se révèle efficace, et une autre fois, un jump scare va fonctionner. On est donc en présence d’un de ces téléfilms que nous passait M6 dans les années 90 – rien de bien folichon, mais pas désagréable non plus à regarder. [En cours d’acquisition, 2]

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5 et 6- Leslie et Misty, leur filtre, leur ambiance


QUALITÉ DES REQUINS
Les requins en eux-même et pour eux-même, je les ai trouvés réussis. À aucun moment je me suis dit : « Oh, le vilain effet spécial pas raccord, en fond vert, incrusté... ». Non. J’y ai cru et donc cela mérite une bonne note. Ce qui prouve aussi que 2018, et bien ce n’est pas 1999. (Oui, je sais, c’est une lapalissade. Mais parfois, c’est bien pratique pour appuyer le propos.) Une époque à laquelle on n’aurait pas eu droit au même traitement pour ce genre de petit budget, et je ne vois pas pourquoi sous prétexte que le film est plus récent, je ne lui accorderais pas les mérites de sa technologie. Clairement, le décor est cheap au possible. Si le bassin de plongée peut encore faire illusion, ce n’est pas le cas de la base Akheilos. Mais on a droit à de belles explosions, il y a quelques effets gore bienvenus, et malgré un environnement réduit, parfois minimaliste, il ne fait jamais carton pâte. [En cours d’acquisition, 2]

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7- Alouette, je te plumerai... et la tête, alouette


APPRÉCIATION PERSONNELLE
Alors, comme j’aime bien les clins d’œil pas trop appuyés, je rajoute un demi point pour celui du requin Bella qui mate avec insistance à travers le hublot. Le premier réflexe est de se dire qu’elle écoute (ils parlent bien sûr de la tuer, elle et ses compagnons, pas de faire des gaufres pour l’anniversaire du neveu de Carl Durant). Mais c’est impossible, dans l’eau, derrière un hublot étanche. La vache, elle comprend l’anglais et elle lit sur les lèvres ! Et là, tu exploses de rire parce que non, elle les regarde juste et c’est nous qui lui mettons des tas d’intentions absurdes, avec ce renvoi à 2001 Odyssée de l’espace.

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8- Je vous vois


Et puis je vais rajouter un demi-point parce que j’ai bien aimé quand enfin Durant se mange une patate. Un des ces moments où j’étais synchro avec les personnages. Cela mérite son petit demi-point. La licence Peur Bleue possède un contexte moral et philosophique passionnant. Il est donc vraiment regrettable que des moyens étriqués et des scénarios étiques nous empêchent d’en profiter. Il s’agit d’un film médiocre sauvé par ses acteurs et par les quelques bons passages avec les requins. Il peut se regarder en soirée comme à l’époque des téléfilms sur M6 – c’est à peu près son niveau. Pas un mauvais film, malgré ce qu’en disent les critiques, mais à réserver aux aficionados du genre. [+ 1 point]


NOTATION

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DÉBRIEFING
Voilà un film que j’ai eu du mal à noter. Je mets 7, je mets 8, je mets 9 ? Mon plus gros soucis a porté sur la réalisation. Il m’aurait été facile de mettre un 1. Un virgule cinq aurait été parfait. Mais ce film, s’il demeure médiocre voire mauvais (le coup du zodiaque, limite nanard), se regarde. Pas d’incohérence, on ne sort pas du film, et comme je l’ai vu trois fois, j’y vois probablement davantage ses qualités et les efforts réalisés, que ses défauts... multiples. Je ne connais pas son budget, mais le fait qu’il y ait autant de Set-Up s’explique sûrement par le nombre des scénaristes ayant travaillé sur le projet : 3. C’est quand même ballot de ne pas utiliser ce potentiel présent et d’en faire un bête film claustrophobe. Mais de mon point de vue, il ne vaut pas certaines notes, évidemment subjectives, que j’ai pu lire, et proches du zéro ; avec de telles évaluations, un nombre non négligeable de films se retrouveraient notés négativement. Je pense donc qu’il est un peu sous-côté et qu’il évoque de fait un téléfilm du samedi soir un peu mou, tels Tremblement de terre à New York ou L’invasion des abeilles tueuses, correct et pas malhonnête pour deux sous. Il mérite un 8 (mon évaluation première) et justement, c’est ma subjectivité qui lui donne un petit coup de pouce dans ce monde impitoyable de la Shaksploitation.



LA VALSE DES AFFICHES

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Sitographie

1- Shark Parade : deuxième épisode de la série.

Quelques critiques sur le net
2- Essentiel Actu: courte et négative ;
3- Horreur Québec : courte et négative ;
4- Le cinéma de Freddy: courte et très négative ;
5- Cinéma Choc : longue et un peu moins assassine ;
6- Horreur.net : moyenne, en demi-teinte.


Iconographie

1- Amazon ;
2- Écran large : sur le cinéma, mais pas que ;
3 à 8- IMdB.

La valse des affiches
9- Jambo Congo : site francophone congolais, et 13 affiches du film ;
10- Filmstarst : en allemand, sur le cinéma ;
11- Allo Ciné ;
12- Moviez : des jaquettes de film.





Et pour quelques requins de plus

Le requin bouledogue, agressif, rapide et intrépide




Sur la chaîne National Geographic Wild France


L’homme requin Akheilos

Dans le film, ce nom serait censé référer à un personnage de la mythologie grecque, fils de Zeus et de Lamia. Cette dernière est effectivement une créature qui dévorait les enfants. Je ne reprends pas les différentes légendes. On peut en lire le résumé sur Mythologica. Mais, que ce soit sur le net ou dans mes livres sur le sujet, par contre, pas d’Akheilos, à l’exception du site australien Theoi. Je cite mon premier article sur les requins (voir page 1 de ce sujet) et l’étymologie du mot : « On appelle parfois le grand requin blanc, Lamia, et grand blanc est une traduction littérale de la dénomination anglo-saxonne qui remplace deux noms vernaculaires présents dans la littérature française comme dans les écrits scientifiques : lamie et carcharodonte » (Extrait provenant de Doris pour : Données d’observations pour la reconnaissance de la flore et de la faune subaquatiques, fiche sur le requin.) ; et qu’ « Aristote et Pline distinguent aussi le grand requin blanc auquel ils réservent le nom de lamie, le « vorace » en grec, une appellation qui lui collera à la peau pendant des siècles. ». (Extrait du Huffington Post, le requin : mythologies d’un mangeur d’hommes.) Mais entre le lamie des eaux et la/les femme(s) nommée(s) Lamia, il n’a y pas de point commun. ». Ce que cela veut dire, c’est que Lamia en grecque signifiait « glouton », de laimos, « gosier » ; mais pouvait aussi signifier « sensuel ». Zeus s’est épris d’une belle femme. Mais la vengeance d’Héra sur ses enfants, la poussa à commettre des crimes sur des enfants et elle s’enlaidit. On la fit ensuite appartenir aux groupes des Empuses, des femmes démons, rejetons d’Hécate, et qui sucent le sang ou la vie de leurs victimes. C’est donc une figure qui devient peu à peu monstrueuse. De l’autre côté, nous n’avons que Acheloos, le dieu-fleuve, qui est connu pour avoir lutté contre Héraklès, sous la forme d’un serpent, puis d’un taureau. Or, le serpent est souvent une créature aux caractéristiques monstrueuses, et il est souvent associé aux monstres marins, tel celui qu’envoie Poséidon contre Hippolyte, ou encore, justement, la lamie, une femme au corps serpentin. Y aurait-il eu association d’idées ? Je ne sais pas. Ce qui est a peu près sûr, c’est que le requin ne figure probablement pas dans le bestiaire mythologique grecque. On s’interroge donc sur les sources du film.

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13- Richard Hescox, Lamia transformed


Source de l’image : The Original Van Gogh Sear Anthology : une interview en anglais de Mr. Hescox ;
Site de Richard Hescox, où il met en ligne certaines de ses illustrations.


Une autre liste notée de films de requin : c'est sur Horreur.net, qui donnent 8 à Deep Blue Sea 2 et 14,2 à Peur Bleue.

Et si Durant vous a contaminé avec sa psychose sur l'intelligence artificielle quantique, voici un petit article sur les ordinateurs et leur développement quantique : Experiences Microsoft.




À dans un mois pour l’analyse de Malibu Shark Attack.

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeDim 14 Mar - 20:26

3- Malibu Shark Attack


Un (télé)film de David Lister
Produit pour Syfy
Sorti en 2009



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1- L’affiche française



MISE EN BOUCHE


Bande annonce, en VOSTF



PRÉSENTATION ET CONTEXTUALISATION
« J’ai entendu des histoires de requins capables d’aller sur la terre ferme pour attraper des gens. Ils savent faire ça ? » (Jenny)

Nous sommes à la fin des années 2000, sur la côte de Malibu, ville réputée pour ses plages, ses sauveteuses en rouge et pour être la capitale du surf aux États-Unis. C’est ainsi que sur le bord de mer, l’on retrouve des jeunes femmes en bikini, des surfeurs aux corps sculpturaux, et la fameuse brigade des maîtres-nageurs. La fine équipe est composée de Chavez, un ancien des forces spéciales maritimes, de Heather, son ex, de Barb Simons, future diplômée en océanographie et de son petit ami, Bryan Cornroy. Et puis il y a Doug Crenshaw, juste sauveteur, et enfin Jenny, jeune femme aux parents influents et qui doit réaliser cent heures de travaux d’intérêt général pour vol à la tire. À ces six personnages viennent se greffer, au bout de la baie, sur une zone immobilière en construction, Colin Smith, entrepreneur, et le nouvel homme de Heather, ainsi que ses trois employés de chantier : George, et Karl et Yancey qui sont ensemble. Et tout se passe à merveille en cette belle journée ensoleillée. Colin décide de bloquer un parking public sans autorisation pour ses travaux, ce qui va déclencher la colère de Chavez – jaloux – et qui, derechef, se fait une devoir d’aller faire respecter la loi. Et sur l’eau, il y a des jeunes qui font du parachute ascensionnel sans se soucier des nageurs. Mais Heather veille au grain... Soudain, au fond de l’océan, une explosion retentit. Puis une autre. Puis encore une autre. Trois terribles déflagrations – dont on ignorera toujours l’origine – et qui provoquent un effondrement de la plaque océanique engendrant un tsunami d’une ampleur encore jamais vue. La vague qui approche mesure 40 mètres de haut et va ravager les côtes de la Californie, s’y enfonçant sur plusieurs kilomètres. Rapidement, les deux équipes vont se retrouver encerclées par les eaux, sans moyens de communication. Mais le pire reste à venir, car en explosant, les fonds océaniques ont relâché une espèce de requin disparu : le requin lutin (ou gobelin en anglais). Ils nous sont décrits comme étant une race de squale supposée éteinte, aveugle, se repérant au bruit, aux vibrations, au champ électromagnétique, et se déplaçant plus vite qu’un petit engin à moteur, tel un jet ski. Mais tout le bla-bla scientifique du film est en partie inexacte. Reprenons. D’abord, les requins lutins ne sont pas du tout éteints. Ils vivent encore aujourd’hui à une assez grande profondeur (entre 30 et 1 300 m). Ce qui nous interroge sur leur capacité à voir. Y a-t-il de la lumière à ces profondeurs marines ? « Pour la biologie, l’eau dite « profonde » commence vers les 200 mètres, en y incluant également la zone mésopélagique (qui est comprise entre 200 m et 1 000 m). Cette eau profonde est située en dessous de la thermocline (la zone de transition entre les eaux chaudes et les eaux froides) pour ce qui est de la température, et en dessous de la zone photique pour ce qui est de la lumière (à 150 m de profondeur dans les océans, 99 % de la lumière solaire a été absorbée, 200 m étant la limite de zone où la photosynthèse ne peut plus se réaliser). C’est alors toute la zone aphotique (de « a- » privatif, c’est-à-dire sans lumière) qui est considérée : zone bathyale (zone mésopélagique + zone bathypélagique : 4 000 m), zone abyssale (jusqu’à 6 000 m) et zone hadale (le plancher marin maximum, vers 11 000 m). » (cf. la sitographie pour les sources). Le requin qui nous intéresse n’est donc pas aveugle puisqu’il peut nager à des profondeurs où la lumière est présente et qu’il possède effectivement deux yeux munis de membranes nictitantes (comme pour les batraciens). Le fameux rostre, ou museau, de ce requin est surtout constitué d’ampoules de Lorenzini qui lui permettent effectivement de détecter les champs électromagnétiques. Mais c’est un requin très lent et qui se déplace mollement. Il n’est certes pas capable de rattraper un jet ski. Pour compenser sa faible vélocité, il a développé un système de mâchoires protractiles (l’inverse de rétractile) assez unique au monde, avec lequel ses mâchoires se projettent et se referment 36 cm plus loin que leur emplacement d’origine, et ce à une vitesse de plus de 11 km/h. Sur une distance aussi courte, il lui faut à peine plus d’une seconde pour se déplier, attraper sa proie et se rétracter – ce n’est donc pas visible à l’œil nu. Enfin, oui, on peut considérer que ce requin du fond des mers fait bien partie de la famille du requin blanc. Il lui est apparenté. Il y a 7 familles de requin chez les lamniformes, dont celle du grand requin blanc. Si Mitsukurina Owstoni est bien un lamniforme, il n’appartient pas à la même famille que celle des lamnidae dont est issue carcharodon, mais à celle des mitsukurina dont il est le seul représentant. C’est donc au mieux un cousin. Et maintenant que tout est dit, le spectacle peut commencer.

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2- Une tour de sauvetage, insubmersible, indestructible, invincible


ORIGINALITÉ
Le principe pour faire ce film part d’une bonne idée, qui est de réunir trois thèmes à succès. Il s’agit ici de la série Alerte à Malibu (le fameux Baywatch, dont une adaptation cinématographique avec Dwayne Johnson a été réalisée en 2017), qui va nous fournir le cadre ; du film catastrophe (de type Le jour d’après de 2004), qui va permettre d’isoler les personnages et de les plonger dans une ambiance à la « survival » ; avant de les confronter au climax du film, les attaques de requins tueurs, dans la plus pure tradition du slasher animalier. Pris séparément, ces motifs n’offrent rien de vraiment intéressant ou novateur – ce n’est qu’une resucée de ce qui existe déjà : les 243 épisodes et 4 téléfilms d’Alerte à Malibu ; les films catastrophe avec tsunami, tels Déluge sur la ville (1976), Raz de marée (1997), Tsunami, terreur en mer du nord (2005) ou encore La grande inondation (2007). Et je ne parle pas de la menace animalière. Mais c’est le mélange des genres qui en fait le sel, et auquel les producteurs ont eu la bonne idée de rajouter des requins inhabituels, peu ou jamais vus au cinéma, et qui chassent en bande. D’assez fade, on finit par obtenir un pitch sympa offrant, sur le papier, des corps de rêve, des scènes de destructions dantesques, et des prédateurs implacables. [En cours d’acquisition, 2]


SCÉNARIO/HISTOIRE
Mais voilà, avoir des concepteurs ne sert à rien sans scénaristes. Hou, hou. Les scénaristes ? Où êtes-vous ? Ils sont partis. Et c’est le stagiaire préposé à l’alimentation des batteries des portables qui s’en est chargé. Et donc c’est particulièrement mal écrit. Outre les postérieurs des jeunes demoiselles alignées sur la plage et les cheveux des surfeurs baraqués qui, entre deux vagues, les remettent à leur place d’un coup de tête à la Michael Madson, après une longue partie d’exposition qui nous présente nos fringants héros, on retrouve les deux groupes enfermés et qui se demandent ce qu’ils vont bien pouvoir entreprendre. Hum. Se faire manger, un peu. Faire une sortie en piscine... euh pardon, en haute mer et qui ne sert absolument à rien, scénaristiquement parlant. Rejoindre le second groupe pour se faire réenfermer dans un chantier, pour finalement être secourus par un hélico qui passait par là. Je résume : exposition, on subit, on subit, on subit, on tue trois squales, on est sauvé. À cette indigence événementiel aurait pu correspondre l’utilisation intelligente des concepts et de l’action. Mais nos beaux concepts ne servent qu’à faire trop classe sur la jaquette. Baywatch, c’est le demi-bikini de Jenny qui crie pendant tout le film à cause de sa blessure, comme vous, parce que putain ! mais y font quoi les requins. Pas de ralenti de sauveteuse en maillot de bain ou de beaux maîtres-nageurs avec la planchounette rouge. Quant au tsunami, c’est une immense minute d’images de synthèse à vomir où l’on nous dit qu’il a ravagé par sa violence, dépassant celui de 2004 (ça ne mange pas de pain), toute la côte ouest..., mais qui est incapable de renverser une cabane en bois. Conséquence, ça barbote dans 20 cm d’eau pendant tout le film. Cette incapacité à se servir des thèmes à comme pendant fâcheux des incohérences scénaristiques pénibles. Les jeunes du début, en bateau, et qui tractaient les parachutistes venant de se faire écharper les jambes : on les oublie. Rien à carrer des deux types dont les guibolles se sont méchamment faites boulotter ou des gamins qui vont devoir affronter la grosse vague sur leur petit bateau à moteur. Rajoutons que normalement, les requins sont omniprésents, genre on les voit 1 plan sur 5. Mais lorsque Heather tombe à l’eau et surnage, apeurée et perdue … rien. Pas de requins. Elle est récupérée dans la seconde par son ex qui revient du chantier, alors qu’il lui avait fallu un temps fou pour y arriver. La gestion du temps et des distances n’est clairement pas le problème du script. Il en va de même lorsque Chavez pique une tête au fond d’un placard pour récupérer des armes. La scène d’avant, trois requins mâchouillaient leur abri. Et là, plus personne. L’océan est vide de cette menace en carton pâte. Et puis il y a cette transition immonde entre la cabane sur pilotis et le chantier, transition à laquelle personne ne peut croire. « Je vous l’avais bien dit, on n’a plus d’essence dans le moteur les gars, il va falloir ramer. » Et personne ne rame, mais la coque de bois dérive gentiment vers le chantier de départ en mode téléguidé, tranquille. Ce dernier est fermé par un grillage, donc les requins ne peuvent pas passer. Et il y a 30 cm de flotte. Il suffit d’enjamber la palissade contre laquelle s’est rangée la barque pour accéder aux baraquements en béton. Mais non, pour y aller, un membre de l’équipe se sacrifie, on parle de nager, les protagonistes se retrouvent séparés, on ne sait pas trop comment. C’est affreusement brouillon. En fait, dans toute cette déconfiture scénaristique, il y a quand même une bonne idée, et c’est étonnamment celle du triangle amoureux. Ce qui n’est au début qu’un cliché indigeste, se transforme dans les 5 dernières minutes du film, et parvient à mêler rivalité entre les deux primo mâles et amorce d’une suggestion d’un ménage à trois. Mais ce ne sera évidemment jamais exploité et permettra seulement de conclure le film par une boutade de Heather au sommet du ridicule : « est-ce que petits vous prêtiez vos jouets ? » ; et qui, au passage, se chosifie (elle se compare à un jouet) – ce qui en dit long sur son implication dans notre histoire.
Je devrais lui attribuer un zéro pointé et pourtant je mettrais quand même un 1. Pourquoi ? Et bien parce que l’on peut suivre l’histoire de A à C en passant par B. S’il y a bien des scènes incohérentes, le film, lui reste compréhensible. L’histoire est lisible, fait évoluer ses personnages, se conclue de manière plus ou moins satisfaisante et ce n’est pas une Bérézina scénaristique. C’est juste plat. [Insuffisamment acquis, 1]

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3- L’équipe au complet - vous êtes sauvé


PERSONNAGES
Les personnages, parlons-en, mais rapidement, tant il y a peu à en dire. Seuls Heather, incarnée par Peta Wilson, surtout connue pour la série Nikita, et Chavez, joué par Warren Christie et que l’on a pu notamment voir dans la série Alphas, ont un léger vernis historique : ils ont formé un couple pendant 6 ans, avant que Heather ne le quitte en raison de son refus à fonder une famille, pour aller se mettre avec Colin, l’insipide patron du chantier. Mais que Peta Wilson est ici fade et en pleine contre-performance, comme lorsqu’elle écarquille les yeux pendant la déferlante pour simuler la peur. Mais c’est, de fait, un reproche général, valable pour tous les acteurs lorsqu’il s’agira de jouer l’angoisse. Outre que ce triangle amoureux ne sera pas résolu, en raison d’enjeux narratifs prépondérants (sourire), le reste du personnel se résume à un mot de description psychologique pour cerner chaque personnage : l’écervelée (Jenny, qui ne parvient pas à comprendre pourquoi voler quelque chose, même d’une valeur insignifiante, peut être puni par la justice ; et qui se met à minauder vers la fin du film, alors qu’ils sont cernés par de vilains requins), le beau gosse (Doug, qui finira par répondre aux avances de Jenny), l’océanographe (Barb), son amoureux (Brian, qui est acteur et qui vient la demander en mariage, peu avant la catastrophe), l’employé de chantier (George) et les deux autres employés, Karl et Yancey, qui ne sont que le redoublement de Barb et Brian – même histoire, même fin et dans le même ordre en plus. Avec aussi peu de matière, les acteurs font ce qu’ils peuvent. Seule Sonia Salomaa (plus grand chose depuis 2014, à part le film The Space Between, où elle fut nominée pour les Leo Award) tire son épingle du jeu, avec son positionnement scientifique qui vise à défendre les espèces menacées et une variété d’expressions qui s’affranchit du spectacle de fin d’année de CE1. Elle a une ou deux bonnes tirades, ce qui n’est pas le cas des autres personnages dont les dialogues sont convenus, inintéressants, parfois ridicules et bien souvent dépourvus de tout enjeux. Pourtant les acteurs font leur boulot : concentrés, énervés, effrayés. Ils manient avec force (exagération dans le cas de la peur qui se lit dans les regards) ces trois seules émotions demandées par le réalisateur et remplissent donc peu ou prou leur cahier des charges. Ce n’est pas mauvais, c’est d’une affolante platitude. [Insuffisamment acquis, 1].

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4- Warren : « T’aurais pas dû signer. » ; Peta : « Mais pourquoi j’ai signé ? » / 5- Comment ça un tsunami ?

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6- Barb, Jennie et Doug / 7- Warren : « Je vais te dénoncer ! » (mode super jaloux) ; Colin : « Zut, y va cafter ! » (mode super inquiet)


AMBIANCE
L’ambiance parvient juste, mais vraiment tout juste, à surfer au dessus du zéro absolu. C’est particulièrement mou du genou et on ne se sent à aucun moment investi par le destin tragique des protagonistes. Mais il y a quand même un semblant de tension à deux ou trois reprises. Quand tout le monde se retrouve en huis clos, dans la cabane sur les eaux, il peut sembler assez difficile d’y trouver plus d’intérêt qu’à Histoires et légendes du péage de Saint Arnoult, mais des efforts manifestes sont déployés pour générer l’idée de danger, comme lorsque deux personnages sont piégés dans une voiture, ou que les squales décident de hanter les couloirs du chantier. D’ailleurs, la mort de l’océanographe m’a surpris et réveillé. Et puis avoir deux décors différents – un lieu clôt de jour, un dédale de béton de nuit – pour narrer les aventures du groupe, offre un changement de perspective de bon aloi, et permet ainsi au spectateur de hausser un sourcil et de chercher à se replonger dans l’histoire. Mais, regrettablement, ce sentiment passe assez vite. Je ne parle même pas de la musique de Michael Nelson qui ne suffirait pas à combler les joies des aficionados de la musique d’ascenseur. [Insuffisamment acquis, 1]


RÉALISATION
J’ai détesté la réalisation de Lister. Mais vraiment. Pour le dire simplement, c’est feignasse. Commençons avec cette succession de plans identiques. Le réalisateur use et abuse des redites. Ainsi Malibu : on voit la plage, les filles – beaucoup –, les garçons – un peu –, on nous offre un petit plan agréable qui passe des enfants à la tour de sauvetage, et puis hop, on recommence : plage, filles, garçons. Et il va nous faire le coup pendant tout le film : trois explosions identiques pour amener le tsunami, trois fois le même plan du sang qui s’effiloche dans l’océan ; je n’ai plus compté le nombre de plans identiques avec les requins lutins (qui sont parfois inversés – la gauche pour la droite). Ou encore vers la fin du film, lorsque Chavez utilise une tronçonneuse pour découper du mitsukurina, on se surprend à penser « tiens, une scène originale ». Ce sera malheureusement réutilisé à la toute fin, mais avec une disqueuse. Franchement, quel manque d’imagination. À toutes ces répétitions vient se greffer un montage épileptique, qui ne cesse de passer d’un décors à un autre pour ensuite nous resservir les mêmes scènes. Dès les premières séquences d’exposition, Lister, ce qui en soi n’est pas inintéressant, veut mêler le quotidien (la plage), la présentation des personnages et la menace qui monte. Le problème, c’est qu’à trop alterner ces différentes séquences, on ne s’arrête sur rien, on s’éparpille, et on désamorce à chaque fois le début de tension qui s’installe. À cet émiettement narratif, peut-être dû au montage qui se voulait nerveux (rires), se rajoutent les terribles coupures du journal TV censées ancrer l’histoire dans le réel. Je veux bien que l’on filme une journaliste pour poser et présenter l’ampleur de la catastrophe, mais il y aura au moins quatre interludes de ce genre, totalement inutiles, et qui font systématiquement chuter le peu de stress qui existait. Tout cela étire artificiellement le film, l’histoire, les enjeux, en un lissage qui rend l’aventure aussi palpitante qu’un train fantôme pour Télétubbies. L’utilisation des quelques stock-shots est parfois ridicule. On veut nous montrer la population fuyant le raz de marée à l’aide de bouchons monstres … mais qui sont dans les deux sens !! Un peu de respect pour le spectateur, diantre. Enfin, disons quelques mots sur la manière de filmer. Dès que le groupe subit une attaque, la caméra se focalise sur les visages. Lister filme en gros plans et en tremblotant tel Alzheimer pour tenter de conférer une vague sensation de rythme et d’action. Cela vous rend juste malade. On remarquera d’ailleurs que souvent, les femmes ont droit au gros plan, alors que les hommes seront plutôt cadrés en plan poitrine, pour une raison que j’ignore. Et l’enchaînement entre les scènes demeure confus. On passe sans arrêt de la cabane, aux requins, des requins à la journaliste, puis retour à la cabane, au chantier, aux requins, etc. Cet enchaînement frénétique nous incite surtout à penser qu’il n’y a pas grand chose à filmer. On peut aussi s’interroger sur des choix de réalisation étranges, comme la mort de Georges en hors champ, la nuit américaine pour montrer les événements dans le chantier, ou cette poésie du ralentit pour capter l’émotion du squale trucidé qui coule lentement... dans un mètre d’eau. Alors tout n’est pas à jeter. Il y a quelques plans sympathiques, comme l’abri des sauveteurs posé sur un océan immobile, le bras de Barb qui s’enfonce mollement dans l’eau, la scène où Jenny se fait recoudre et pour qui on souffre un peu... Mais ce n’est pas suffisant pour sauver le long-métrage. Bref, si l’ensemble demeure lisible, les trop grandes facilités de mise en scène et de montage plombent le film. J’ai trouvé les plans affreusement répétitifs, plats – ce qui explique cette absence de tension – le tout étant réalisé sans passion, sans envie, sans amour. Ça se suit, mais ça ne décolle jamais. [Insuffisamment acquis, 1]

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8- Peta en pleine répétition Actor Studio / 9- Action folle dans des décors dantesques


QUALITÉ DES REQUINS
Rappelons tout d’abord que c’est une petite production (estimée à 3 millions de dollars) de 2009. Et franchement, ils ont cherché à faire un truc cool avec l’une de leur trois bonnes idées : les requins lutins. Résultat, on les voit, ils ont une gueule vraiment pas habituelle et on prend un certain plaisir à les regarder évoluer et tenter de boulotter humain et cabane en bois. Mais il n’y a que quatre ou cinq scènes « originales », le reste étant juste réutilisé : requin nageant, attaquant la cabane, mourant dans son sang... Et une absence presque complète d’interaction homme/requin, ce qui empêche toute force dramatique de s’installer, toute menace réelle de prendre corps. Les attaques de requins sont d’ailleurs assez horribles : un nageur qui regarde dans l’eau. Un requin qui le repère, un nageur qui plonge, le requin qui ouvre sa gueule. Du rouge. Par contre les ombres de ces prédateurs marins, filmées en plongée, font bien le travail. Le vrai point noir, c’est le tsunami, une purée digitale immonde, qui de surcroît disparaît lorsqu’il est en arrière-plan, tout concentrés que nous sommes sur l’angoisse des visages cadrée en gros plan. Mais il y a un effort qui se voit, que l’on ressent et cette première apparition de mitsukurina mérite un petit point pour l’impression d’étrangeté et cette application à en faire la vraie force agissante du film. [Insuffisamment acquis, 1]



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10- Avouez qu'un tel rendu, une telle qualité, vous êtes bluffé


APPRÉCIATION PERSONNELLE
C’est un mauvais film que seuls son originalité, sa contextualisation, et un casting baywatchien passable sauve de la déroute la plus totale. Malgré tout, le résultat final est supérieur à chacune des parties, comme si un début d’alchimie s’opérait. Il est difficile de ressortir de ce film de requin en le détestant. Il fait le taf et pour peu que l’on ne soit pas trop regardant, on peut arriver à passer une soirée tranquille avec un film dénué de la moindre prétention. [Avis personnel, +0,5]



NOTATION


LA SHARKSPLOITATION Score_10
(Le commentaire de l’appréciation personnelle est celui du professeur, afin que la partie subjective ressorte mieux et que les deux puissent être comparées.)




LA VALSE DES AFFICHES

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Sitographie

1- Shark Parade : premier épisode de la série ;
2- Wikipédia : les abysses, avec une petite édition de ma part ;
3- Wikipédia : le requin lutin.

Quelques critiques sur le net
4- Cinéma fantastique : courte et indulgente ;
5- La visq team : courte et mitigée ;
6- SCIFI Universe : moyenne et négative ;
7- Voracinéphile : courte et indulgente ;
8- Devil Dead : longue, gentiment négative.


Iconographie

1- Série Box :
2- Sur la plage ;
3- Zero Star Cinema, en anglais ;
4- Filmes Band, en portugais ;
5- Station Hollywood, en anglais ;
6- ImdB : 38 images du film ;
7- Jumping Shark, en anglais : 12 images du film ;
8- Cf. ImdB ;
9- Devil Dead : vous pourrez y voir Peta écarquillant les yeux de terreur absolue ;
10- Bustle, en anglais.

La valse des affiches
11- ImdB ;
12- Amazon ;
13- Famous Fix ;
14- German Fans Share ;
15- New on Netflix ;
16- Patch, en anglais ;
17- Amazon Prim Video, affiche reprise de The Meg ;
18- Rate your Musik ;
19- Cf. Amazon ;
20- Cinéma Passion.



Et pour quelques requins de plus

Le requin lutin, un requin de l’étrange


Sur Zapping sauvage


Sur Esprit biologie (qui lit au début Wikipédia, avant de s’en affranchir quelque peu)




À dans un mois, environ, pour l’analyse de 90210 Shark Attack.

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeDim 14 Mar - 22:18

Ah mais j'étais en train de terminer la lecture de DBS2... particulièrement long d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeLun 15 Mar - 19:36

Trop long ?? J'espère que cela demeure quand même intéressant à lire.

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeLun 15 Mar - 22:40

La longueur n'a rien à voir avec l'intérêt de la lecture.

C'est assez compliqué. D'un côté tu te démènes pour analyser et argumenter avec moults détails, avec d'énormes efforts de documentation et d'efforts sur la forme, pour la rendre attrayante.
De plus, la multiplicité des couvertures et des riches illustrations, sans compter les références, c'est tout simplement un travail colossal... pour un sujet de niche (voir ci-dessous)

D'un autre côté, il y a nous lecteurs. Sommes-nous des spécialistes du sujet, ou bien ce forum ? Non.
Donc je suppose que tu vas perdre des lecteurs ici qui ne sont pas intéressés particulièrement sur un sujet qui peut être vu comme une niche.
Ensuite, il y a le temps de lecture proprement dit, qui s'accorde peu avec le manque de temps dont nous disposons. Par exemple, en ce qui me concerne, je n'ai pas le temps de lire d'une traite l'un de ces articles, je divise la lecture en 2 ou 3 fois, avec risque de perdre le lecteur donc.
Je trouve que le côté "long" de tes articles risque de décourager la lecture, mais ça n'est que mon point de vue.

Je trouve aussi qu'il y a un côté intimidant pour moi à répondre à ces articles. Un commentaire de 2 lignes en réponse à un tel article, c'est un manque de considération par rapport au travail effectué. Sachant que je ne connais aucun des films dont tu parles, c'est difficile à commenter.
Je tenais à dire tout ça car cela m'embête de voir un tel travail sans commentaire ou réponse. Et je suis bien embêté d'en faire, ne connaissant rien au sujet, et n'ayant pas vu les films.

Je pourrais te donner mon impression en fonction de l'impression ou l'envie que tu nous donnes sur le visionnage de tel ou tel film, mais mes commentaires feraient bien pauvres.
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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeMar 16 Mar - 13:30

Tout d'abord, merci de ton retour VIC.

Pour les lecteurs.
J'avoue que cela fait un bon moment maintenant que j'ai - malheureusement - cessé d'essayer d'attirer le lecteur, de le convaincre de s'intéresser à mes sujets, de les lire, de les critiquer, de juste laisser un mot. L'expérience m'a montré, un peu douloureusement au début, mais je suis maintenant vacciné ^^, que ce n'est bien souvent pas l'article - sa qualité, sa pertinence, son organisation - qui suscite les réactions, mais davantage les prises de position, un peu comme dans les débats que nous avons eus sur la saga Alien, où chaque lecteur s'en va butiner dans les avis des autres, retirer deux ou trois citations qui l'interpellent, et à partir de là étoffer son propos. Pour caricaturer, imaginons que quelqu'un écrive une vaste, profonde et pénétrante critique sur un des textes de Lovecraft et qu'à un moment il dise, en passant, que non, il ne trouve pas finalement HPL tellement raciste que cela [je précise que je donne un exemple d'amorce de débat et que je ne donne pas mon avis ou mon opinion sur HPL], et bien c'est fort probablement sur ce point que les gens vont réagir et pas sur la critique en soi. Sinon, on peut aussi faire des articles sur l'actualité, cette dernière faisant pas mal réagir. En fait, les articles travaillés hors news du moment sont probablement ceux qui provoquent le moins de réponses. Ils sont lus, appréciés ou non, souvent on en ressort avec quelque chose, et on passe à une autre page internet. Tu remarqueras qu'ici au final, personne n'a commenté véritablement les articles sur le requin dans l'imaginaire, non plus que mon long article sur la série Penny Dreadful, ma critique de La forêt des mythagos ou de l'intégrale de CAS, et je ne parle même pas de mon dernier long et monstrueusement chronophage article sur les Conan, vide de tout commentaire le concernant spécifiquement (mais il y en a eu pour les 4 articles, en groupe). Donc j'écris des critiques avant tout pour mon plaisir, pour la découverte, la recherche (j'apprends toujours plein de choses) et le partage. Tant mieux si j'ai des réponses, des commentaires. Pas grave si je n'en ai pas - je ne les attends plus depuis un bon moment.

Pour la thématique de niche
J'ai un peu regardé les visites, et ces articles sont trouvés sur le net et vus par environ 50 personnes par semaine. Aucune idée s'ils lisent ou s'ils jettent un coup d'œil et repartent. Mais s'il est indéniable qu'il s'agit d'un cinéma de niche, ce dernier est très présent sur le net - critiques, commentaires, listes, l'attestent. En fait, je suis même un peu déçu qu'il y en ait autant. J'aime bien critiquer et commenter soit quand cela n'est pas fait, soit quand c'est énormément fait. Ici, les quelques sites offrant un panorama des films de Sharksploitation sont plutôt bons, voire très bons. Il me fallait donc me démarquer. D'où cette approche objective, frontale, qui s'émancipe des contextes et du support. Je ne m'occupe que du film, en essayant de le faire au mieux. Cela explique peut-être en partie les dimensions de chaque article (couplée à mon incapacité à faire court). Enfin, je pense que nous sommes dans tous les cas un minuscule forum noyé dans le grand océan d'internet. Ce qui veut dire que j'aime à nous distinguer des autres par la qualité de ce que nous proposons, ce qui induit que même si l'on ne participe pas, le fait de nous avoir découvert génère l'envie de nous suivre et de nous lire. Nous proposons des articles/sujets de niche ; mais j'estime que c'est en les approfondissant que nous en offrons toute leur substance aux lecteurs. Mais peut-être que je m'égare.

Pour conclure sur la taille - ben c'est juste un article. Tout commentaire est bon à prendre, même petit, même si tu n'y connais rien - tu peux avoir un avis sur l'avis sans avoir vu le film. Que je regarde une photo (une œuvre d'art réalisée parfois en un instant) ou la pyramide de Gizeh, ce n'est ni le temps ni la taille de l'œuvre qui m'empêcherait de m'en faire une opinion. Mais je respecte évidemment tes hésitations et je ne puis en aucun cas croire que tes commentaires seraient ceux du pauvre. Je les lirai toujours avec beaucoup de plaisir. La seule chose qui me chagrine, c'est qu'il te faille plusieurs journées de lecture pour en arriver au bout, ce qui n'est effectivement jamais mon but. J'en suis sincèrement désolé.

Bref, chacun fait comme il veut, personne n'est obligé de rien et merci du fond du cœur à tout ceux qui prennent le temps de lire, même si aucune réponse n'est postée. C'est finalement pour vous que j'écris.

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeSam 5 Juin - 16:31

4- 90210 Shark Attack


Un film de David DeCoteau
Produit par Rapid Heart Pictures
Sorti en 2014



LA SHARKSPLOITATION 90210-10
1- L’affiche



MISE EN BOUCHE


Bande annonce, en VO



PRÉSENTATION ET CONTEXTUALISATION
« Je suis un homme et la seule chose que j'ai, c'est ma parole » (Brice)

Nous sommes en 2014, à Beverlly Hills. Six étudiants (Mercy et Brice, qui sont ensemble, Jess, Tyler, Denny et Alyssa) et leur professeure d'océanographie (Paméla) viennent s'installer sur les hauteurs pour un long week-end dans le but de participer à deux expéditions en pleine mer. En effet, ils doivent réaliser, en vue de l'obtention de leur diplôme de fin d'année, un compte-rendu sur ces sorties scientifiques. Il apparaît bien vite que Brice et Mercy ne sont là que pour s'amuser, d'autant que cette villa est mise gracieusement à leur disposition par le très riche papa de Brice et que son fiston se sent donc un peu comme chez lui. Et si Denny et Jess sont bien venus pour étudier, ce n'est pas le cas d'Alyssa qui voit plutôt dans ces expéditions une chance de renouer avec le passé trouble de son père. C'est ainsi que dans un premier temps, l'on apprend que Scotty, le papa d'Alyssa, est un océanographe très réputé qui se serait « volatilisé » il y a quelques années. Les circonstances de cette disparition demeurent mystérieuses et même Alyssa, qui l'accompagnait à l'époque dans chacune de ses expéditions, ne s'en souvient pas. Elle est en effet victime d'une terrible perte de mémoire vis-à-vis de cette partie de sa vie. D'où l'intense dépression dans laquelle elle se trouve. Mais plus tard, Jess nous apprend que Scotty, et ce d'après les ouï-dire d'internet, aurait non pas été ce célèbre océanographe, mais un sinistre chasseur de butin qui se serait servi de son aura médiatique pour piller des trésors archéologiques, les revendant au plus offrant. C'est ainsi que Scotty, au cours d'un de ses voyages, aurait découvert une tribu primitive sur la côte du Mexique. Celle-ci adorait comme dieu tutélaire un grand requin blanc. Une fois la tribu mise en confiance, et le fameux requin identifié, Scotty aurait organisé une chasse géante, fait tuer le requin, avant de l'expédier aux USA. Le lendemain, il avait mystérieusement disparu. Mais ce n'est pas tout. Alors que l'histoire progresse, nous découvrons que Tyler entretient une relation sulfureuse avec son enseignante, Paméla et que tous deux cherchent à découvrir la véritable histoire qui se cache derrière l'amnésie d'Alyssa, pour pouvoir écrire un best-seller et en faire un formidable film d'aventure, dont Tyler serait la vedette d'affiche. Sauf que le groupe, en revenant de leur première expédition au programme, s'aperçoit que Brice et Mercy demeurent inexplicablement introuvables. Car à ce moment de l'histoire, tout le monde ignore encore que la dent de requin qu'Alyssa porte en pendentif autour de son cou d'albâtre est maléfiquement maudite et qu'elle commence à se métamorphoser en demi-grand requin blanc pour dévorer avec une joie abjecte la tête et les torses de ses proies ébaubies. Le buffet sanglant va pouvoir commencer...

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2- Rêve de requin ou malédiction de requin ?


ORIGINALITÉ
Toute l'histoire, sans exception, se passe dans la villa ou à l'extérieur direct de la villa – comprendre la piscine. On a donc deux étudiants qui ne pensent qu'au sexe, une jeune traumatisée, un amoureux transis, deux dents longues d'Hollywood et une jeune fille euh, normale. Bref, rien. Non, le seul élément un tant soit peu original de l'histoire, c'est la dent de requin maudite. La tribu, pour se venger de la mort de sa divinité, a tué Scotty, puis a vaudouisé une dent de requin afin qu'elle provoque chez son porteur une inextinguible soif de sang, avant de la passer autour du cou d'Alyssa. Son amnésie l'a protégée un temps, car selon le proverbe vaudou bien connu « qui ne se rappelle ne voit loa monter1 ». Mais les souvenirs de la jeune femme se faisant de minute en minute plus précis, la malédiction a refait surface et elle se transforme rapidement, passant en quelques heures de la dépressive imbuvable à la jouisseuse sanguinaire, prenant plaisir à dévorer une par une les personnes de son entourage. Alors, évidemment, il demeure nombre d'incohérences. Un tribu inconnue au Mexique ? Pourquoi la fille et pas le père ? L'absurdité du plan de Tyler et Paméla, les cadavres qu'elle ne prend pas la peine de dissimuler et qui traînent un peu partout, etc. Mais l'idée d'une malédiction qui transformerait une personne en requin assoiffé d'hémoglobine est intéressante. Il est regrettable que le contexte du film ne permette jamais de mettre cette problématique en valeur, la laissant stagner au simple niveau du concept. Et c'est bien la seule idée pertinente de tout le film et son seul lien avec des requins. [Insuffisamment acquis : 1]

1. Ce proverbe n'existe évidemment pas. Les Loa ou Lwa, dans le vaudou, sont des esprits et monter est un verbe employé en possession lorsqu'un loa descend sur un fidèle.

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3- Alyssa effroyablement tourmentée par son colifichet maudit


SCÉNARIO/HISTOIRE
Comme vous avez pu le lire plus haut, l'histoire tourne autour de la malédiction d'une dent de requin et de l'amnésie d'Alyssa. D'un côté nous avons Paméla qui manipule Alyssa en se faisant passer pour une bonne amie qui veut l'aider, afin de découvrir le mystère qui tourne autour de la disparition de Scotty. Et de l'autre Alyssa, qui va lentement s'ouvrir au pouvoir de la dent. Le reste n'est que chamailleries lycéennes : Mercy et Brice qui s'envoient en l'air, qui se saoulent, qui veulent faire une vidéo compromettante sur Alyssa, cette dernière et Jess qui se disputent parce que Jess a dit des méchancetés sur son papa, Denny tellement amoureux d'Alyssa – alors qu'il sait qu'elle a dévoré Brice, je veux dire : il la voit en semi-squale découper Brice en deux – ne s'interroge pas sur le fait que soudainement, elle veuille faire l'amour avec lui. Je sais bien que l'amour rend aveugle, m'enfin quand même. Bref, ça vole très bas. À cela se rajoute l'horrible montage de Decoteau pour nous narrer son « récit ». Le monsieur n'a rien à filmer, à par des intérieurs de villa, des grilles de parking, des bordures de piscine. Donc toutes les dix minutes, ou toutes les cinq minutes – cela dépend de chaque séquence – on nous colle des images de vidéos/reportages sur Malibu, libre de droit, et mal étalonnées (celle de la ville de nuit est juste irregardable), suivies de prises de vue sur des requins en pleine mer/en aquarium, avec parfois des requins digitaux. On ne sait pas pourquoi c'est là, mais c'est là. Ensuite, comme il n'y a pas de budget ou de volonté, ou les deux, lorsque le demi-requin tue un protagoniste, on coupe avant la coupe, et paf !, scène de palmiers bordant les avenues de Beverlly Hills, en contre-plongée. Cinq fois. En quoi de telles images viennent expliquer ou souligner la mort d'un personnage, en quoi ? Ça ne raconte rien. Sans compter un paquet de scènes inutiles comme Tyler dans la piscine, Tyler sous la douche, Tyler qui drague Jess... Tyler en fait. Mais on ne peut pas nier qu'il y ait une histoire, qu'elle avance et qu'elle propose un dénouement. [Insuffisamment acquis : 1]

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4- La team 90210 Shark Attack


PERSONNAGES
Les personnages ne sont caractérisés que par une seule et unique attitude, ce qui peut s'expliquer au vu du peu de scènes qu'ils ont à jouer (à part déambuler) ou du non intérêt des scènes à jouer. Brice : s'amuser, prendre du bon temps ; Mercy : la pouf de service ; Jess : la brave étudiante un peu naïve ; Denny : l'amoureux transi ; Alyssa : la dépressive ; Tyler : le bellâtre ; et Paméla : la manipulatrice. En fait, bien qu'elle manipule, c'est le personnage ayant l'éventail de jeu le plus important : rôle d'encadrement – un peu sévère (elle fronce le sourcil droit) ; rôle de copine psychologue – un peu gentille (elle arque ses deux sourcils) ; rôle de méchante – là le jeu est vraiment déplorable : en gros, elle pense à être une manipulatrice, elle pense à son projet, donc elle fronce les sourcils, les deux, en même temps, pour montrer qu'elle pense. Dès lors, on peut affirmer que cela joue très mal. Néanmoins je ne jette pas la pierre aux acteurs et actrices. Quant on a rien à jouer, c'est difficile de jouer. C'est le cas de Jess qui a quoi, quatre scènes. Une en gros plan, où elle matte Tyler (sans parole), une où elle se dispute avec Alyssa ; une où elle expose la malédiction ; une où elle se fait draguer, puis manger. L'acteur qui joue Denny, Jud Birza, est par contre particulièrement mauvais, Stéphanie Shemansky, notre Alyssa, est en mode « je fais la gueule », et les deux personnages attardés que sont Brice et Mercy, sont surjoués par Braden Bracca et Nikki BreAnne Wells (en pilotage automatique moins fort que son collègue, notons-le). Et les dialogues sont à l'avenant : médiocres, inutiles, redondants, clichés au possible lorsqu'ils ne sont pas risibles et surtout d'une absence de saveur, d'une platitude absolue. C'est navrant de bout en bout. Les seuls moments où ils deviennent audibles, c'est lorsqu'un personnage se met à expliquer les tenants et aboutissants de l'histoire : qui est le papa de..., quels sont les rumeurs à son sujet..., voici le plan machiavélique que nous avons fomenté..., voici le plan machiavélique qu'ils ont fomentés... Tout cela n'est pas médiocre – c'est du niveau des films amateurs tournés en webcam : navrant, ennuyant, ridicule, voire gênant. [Non acquis : 0]

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5- Jess : « Pour fuir ce film, c'est par où ? » / 6- Dennis, une bonne tête de vainqueur

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7- Un couple torride Brice & Mercy, dans la scène la plus hot du film


AMBIANCE
Si tout cela ne vous paraît pas très bon, vous devez savoir que nous venons de passer en revue les meilleurs aspects de ce film. À présent, c'est la descente, longue et abyssale, au sein des profondeurs du navet intégral. Par où commencer ?  Une métaphore ? Ce pseudo long métrage pourrait en être une belle de l'ennui. Decoteaux ne montre rien : des requins, la ville, la plage, proviennent d'images sans lien avec le film, les personnages ne font presque jamais rien, rien qui aident l'histoire : ils se laissent tous portés sauf Denny qui essaie d'agir, dans une scène parfaitement ridicule, et qui au final, demeurera empoté et n'agira pas. Ils marchent, ils sont assis, ils sont allongés, ils montent des escaliers. Et pour entrecouper cela, quelques dialogues insipides, mal joués et mal filmés. Les décors ne sont jamais raccords avec une ambiance qui aurait pu exister, la réaction des personnages (sauf peut-être Mery qui décampe fissa dès qu'elle a vu son copain se faire boulotter) est molasse, inadaptée, factice. Tout sonne faux, horriblement faux et artificiel. Ce à quoi viennent se surajouter les velléités d'esthétisation de la plastique masculine au travers un voyeurisme incongru qui n'engendrent que stupeurs interloquées voire légers malaises. On ne se rattrapera évidemment pas avec la bande son tirée de pistes audio libre de droit, totalement oubliable, repiqués sur pas moins de 8 sites en ligne différents. Quelle créativité. Ce n'est pas un film juste désespérément ennuyeux, c'est l'exemplification concrète de l'asthénie déprimante du vide notionnel en cinéma. Impossible de mettre moins que zéro, mais cela le mériterait. [Non acquis : 0]

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8- Des décors à la hauteur des ambitions : bordure de fontaine


RÉALISATION
Passons à la manière de tenir une caméra. DeCoteau n'a quasiment qu'un seul et unique décor. Plutôt que de le filmer sous tous les angles pour éviter une certaine redite, il pose sa caméra et laisse tourner, avec parfois un travelling, toujours le même, qui suit ses personnages. Le hall d'entrée offre un bel escalier en colimaçon. Lorsqu'une personne l'empreinte, il est suivi de dos, en contre-plongée, avec un léger effet gyroscopique. On se dit : sympa. Sauf que toutes les personnes qui montent ce satané escalier sont toutes filmées de la même façon. Au bout de la huitième fois, on veut aplatir la caméra, démonter l'escalier. Et ce sera pareil pour des plans fixes qui reviennent en boucle : la fontaine, la piscine, la mezzanine, l'entrée du salon, le couloir... À cette indigence de mise en scène, s'ajoute l'absence quasi complète d'ellipse narrative dans les plans, presque tous filmés en plan séquence. Je descends dans le jardin et je remonte le mur du bâtiment pour aller à l'arrière, là où se trouve la piscine : pas de problème, je montre toute la séquence de traversée du long jardin. Et quand c'est terminé, et que la personne repart dans l'autre sens, on fait la même... de dos. Une méthode comme une autre pour gonfler artificiellement la durée du film. Viennent ensuite les scènes les plus dérangeantes ou dissonantes du métrage : les gros plans sur le torse d'éphèbe de Tyler. Il y a notamment une scène de voyeurisme où Jess contemple la gravure de mode : les yeux de Jess, le nombril de Tyler ; les yeux de Jess, le nombril de Tyler ; les yeux de Jess, le nombril de Tyler ; les yeux de Jess, le nombril de Tyler ; les yeux de Jess, le nombril de Tyler ; les yeux de Jess, le nombril de Tyler ; les yeux de Jess, le nombril de Tyler ; les yeux de Jess, le nombril de Tyler ; les yeux de Jess, le nombril de Tyler … Cinq minutes !!! Pas de parole, toujours les mêmes plans... J'ai été pris d'un rire nerveux. Et ce genre de scène va revenir au moins une fois entre Tyler et Paméla. Et hop, 10 minutes dans la boîte. De nombreuses scènes trop longues qui ne servent à rien sont conservées pour la même raison : je marche dans un immense couloir, j'explore la villa vide, je ne fais rien dans la cuisine, je dors dans mon lit, je me tourne, les yeux vers le ciel, je me rendors dans mon lit... Je vous ai déjà parlé des scènes déplacées issues d'images d'archive et qui tombent comme un cheveu dans la soupe. On ne va pas y revenir. Et le son n'est même pas correctement mixé, surtout avec les parties dans la cuisine où la réverbération sonore rend parfois les dialogues incompréhensibles. Alors il y a un frémissement de début de mise en scène, après le long spot pour la ville de Beverly Hills, qui est une prolepse narrative en noir et blanc, avec Paméla qui arrive devant la caméra, et un corps dont la tête disparaît dans la piscine. Voilà. C'est le seul moment fou-fou de la réalisation. [Non acquis : 0]

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9- Un premier twist bouleversant : Paméla et Tyler sont en couple / 10- Un second twist boulversifiant : Alyssa est une halfsquale (à ne découvrir que dans la bande-annonce)


QUALITÉ DES REQUINS
Il n'y a que deux requins dans ce film. Le premier est celui que vous voyez dans la bande annonce. Il est laid au possible, incrusté avec les pieds, pas raccord avec les autres personnages et rapidement coupé avant que le sang ne devienne indispensable. C'est juste une honte. C'est du niveau de l'acteur qui avait vu son visage caché par une photo découpée de Bruce Lee dans le film Le jeu de la mort. Le second est une animation en image de synthèse qui est censée représenter l'esprit du requin. C'est une sorte de fil de fer jaune orange qui tourne la tête et qui disparaît. Et qui a sûrement été repompé ailleurs. Voilà. Les autres requins visibles sont ceux de documentaires/reportages divers et parfois l'apparition surprenante d'un requin lui aussi en image de synthèse vraiment grossières, et complètement déconnecté du film. On ne cherche plus à savoir pourquoi. Le reste des décors est d'un vide absolu, froid, arctique. Il n'y a rien pour humaniser les personnage, pour mettre une touche de vérité : ils ont des bagages, un smartphone, une pile de documents et... une dent de requin montée en pendentif. Le reste, c'est une cuisine déserte, des chambres nues, des couloirs sans âme. On a l'impression d'être à la fin d'un déménagement. Ici, il n'y a plus rien à sauver, tout est déjà mort. [Non acquis : 0]

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11- Zi spéchole éfaicte / 12- Bruce Lee or not Bruce Lee : not !


APPRÉCIATION PERSONNELLE
C'est phénoménalement ennuyant, relativement mal joué, volontairement filmé avec les pieds, parfois dérangeant, et le pire du pire, une arnaque cinématographique sur tous les plans. Même Brett Kelly ne patauge pas aussi profondément dans la fange de la fumisterie assumée. Ce n'est pas juste un navet ou un très mauvais film, c'est de l'empapaoutage en bonne et due forme. [Avis personnel, 0 point]



NOTATION


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Le commentaire de l'appréciation personnelle est celui du professeur.


DÉBRIEFING
Que dire de ce film qui n'a au final déjà été dit : c'est une arnaque intégrale. Il y a un vrai concept qui aurait pu déboucher sur un petit film du samedi soir sans prétention. Mais ici, l'idée, c'est de dépenser le moins pour gagner le plus. On film du vide que l'on meuble avec du rien en surfant sur la seule bonne intention du métrage et qui permet d'avoir une trame narrative que l'on peut suivre. On fait une affiche mensongère comme une arracheuse de dent (de requin) et on laisse la toile faire le reste. J'ai presque des remords à le critiquer tellement il devrait être oublié. Mais voilà, à présent, j'ai un beau mètre étalon : ça, c'est une daube, ça c'est un film qui mérite tous les qualificatifs dont on affuble en général non pas les vrais mauvais films, mais ceux que l'on n'a pas aimés ou qui ne répondent pas à nos attentes. Alien versus Predator, un mauvais film ? Nan... allez voir 90210. Highlander 2 une daube infâme : pas du tout, limite un bon film dès que l'on regarde 90210. Vous crachez sur Superman IV, conspuez la saga Transformers, vouez aux gémonies Batman et Robin, et Eragon et Mortal Kombat, et... arrêtez tout de suite et allez boire à la source du véritablement vrai mauvais film : 90210 Shark Attack.



LA VALSE DES AFFICHES

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Pas vraiment d'affiches à se mettre sous la dent. Juste quelques variations typographiques et de photo-montage. Je subodore que l'affiche n° 1, en début d'article, n'est pas celle originale, mais une reprise. Les bimbos et le requin ne sont pas identiques.



Sitographie

1- Shark Parade : deuxième épisode de la série.

Quelques critiques sur le net : je n'ai trouvé aucune critique française écrite du film sur le net, sauf le podcast de Shark Parade. Je vous mets donc deux critique en anglais, une longue et une mi-longue.
2- Adam, the Movie God : critique longue qui a détesté - 3/20 ;
3- Dread Central : mi-longue, pas forcément plus indulgente, mais qui ne comprend pas (moi non plus).


Iconographie

1- IMDb ;
2, 3, 5, 6, 7, 10 et 11- TV Spielfilm : sur les 35 images tirées du film. Si vous souhaitez avoir une idée des décors, du jeu des acteurs, c'est un bon indicateur ;
4 et 9 - Movie Pilot : d'autres images ;
8- The Horror Syndicate : avec une critique en anglais ;
12- Cinéma Choc.

La valse des affiches :
13- Amazon ;
14- Horror News.



Et pour quelques requins de plus

Puisqu'il n'y a vraiment rien à tirer de ce « machin », je vous propose d'écouter Melissa Cristina Márquez, une biologiste marine qui s'essaie à analyser les attaques de requin issues de films de requin ou de films mettant en scène des attaques de requin. C'est plutôt intéressant. C'est en anglais, mais YouTube vous permet d'afficher des sous-titres en français.



Sur la chaîne GQ, qui est une chaîne de mode masculine, où des intervenants divers parlent de sujets censés intéresser particulièrement les hommes.


Dans les recommandations, j'ai totalement oublié de vous présenter Rate Your Music qui liste un nombre impressionnant de films de requin. Malheureusement, il faut cliquer sur chaque film pour découvrir la note moyenne qui lui a été attribué. Notre petit dernier obtient une délicieuse moyenne de 0,5/5, soit 2/20, pour 4 votes (c'est par ici).


Comme vous l'aurez remarqué, je vous poste cette critique avec presqu'un mois de retard. Veuillez m'en excuser. De nombreux imprévus me sont tombés dessus entre fin mars et début juin. Mais je vais essayer de tenir le rythme de 10 films par an. On devrait y arriver. Je vous donne donc rendez-vous sur cette colonne prochainement pour découvrir :

Empire of the Sharks.

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeDim 6 Juin - 13:47

Vu qu'il était annoncé que Pamela avait la plus belle palette de jeu d'actrice, j'en étais venu à esperer qu'elle était capable de froncer un 3ème sourcil.
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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeLun 7 Juin - 10:45

J'attends avec impatience Sharknado.
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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeLun 7 Juin - 21:34

@Vic : pour Paméla, ce sera dans : Atomic Shark  LA SHARKSPLOITATION 330px-11

@cdang « J'attends avec impatience Sharknado » : ça fait plaisir grave !
Comme il est dans pas mal longtemps, je pourrais tout à fait modifier l'ordre des films et traiter en priorité de ceux qui vous intéresseraient.

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeMer 28 Juil - 22:25

Comme vous l'aurez constaté, il y a un gros retard sur le prochain film. La cause : Le Catalogue des Défis Fantastiques dont la révision me prend un temps fou et pas du tout, mais alors pas du tout prévu. Mais c'est dans les cartons et, je l'espère, disponible d'ici à la première semaine d'août. Je vous dis donc à très bientôt.

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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeLun 20 Sep - 15:51

Et bien voilà, c'est fait ! J'ai vu pour la première fois un film de requin : les Dents de la mer.
Sans ce sujet, il ne me serait pas venu à l'idée de le regarder.
Agréablement surpris par la première partie qui surfe sur la politique et le psychologique. La deuxième partie du film où ils se retrouvent à 3 bascule dans un autre genre : spectaculaire, action, frissons.
J'ai compris que l'essence de la crainte qu'on peut éprouver face à un film de requin tient un peu dans une phrase du film où il est dit que la plupart des requins attaquent à quelques mètres de la plage.
On se retrouve donc avec une sorte de machine à tuer façon alien, mais qui n'est pas de la sf. C'est ce qui rend le truc flippant : ça peut arriver.
Question réalisation, Spielberg m'épate. Plein de bonnes idées dans ce film (les enfants qui se baignent, la gifle d'une mère, l'aileron factice des enfants...). Le chasseur de requin est lui un peu caricatural, lorgnant du côté du capitaine Achab face à Moby Dick.
En terme d'efficacité, c'est assez redoutable, peut-être parce qu'on ne voit pas beaucoup le requin justement. Alors quand on le voit...
J'ai eu aussi un gros jump scare dans l'épave du bateau exploré par le chercheur.

Au final, en le regardant, l'impression de voir un classique incontournable qui se suffit presque à lui-même en posant les galons du genre et qui met la barre très haut. Difficile d'imaginer des clones du genre apportant quelque chose derrière ce film.
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MessageSujet: Re: LA SHARKSPLOITATION   LA SHARKSPLOITATION Icon_minitimeDim 26 Sep - 19:05

Je suis bien content que ce sujet ait au moins permis cela : te donner envie de voir Les dents de la mer.
Et oui, c'est un vrai classique et pour être vraiment honnête, et malgré quelques très bons films, aucun ne lui arrive à la cheville. Il ne joue pas dans la même catégorie.

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