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 LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS

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Gorak
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MessageSujet: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeDim 3 Juil - 10:45

Ils se sont lancés à la conquête du monde, pour eux, le monde justement ne suffisait pas. Soif d'aventure et de découvertes, de richesses, de connaissance ou de pouvoir, ils ont repoussé toutes les frontières.
Il y a eu bien sûr le Nouveau Monde... "Le XVIème siècle... Des quatre coins de l'Europe, de gigantesques voiliers partent à la conquête du Nouveau Monde... A leur bord, des hommes avides de rêve, d'aventure et d'espace..."
Et puis, la fin du XIXème avec le développement de la vapeur, du charbon, de l'électricité... Le train, les bateaux à vapeur, les premiers appareils de photographie, le télégraphe... Les écrits de Jules Verne, les correspondants du National Geographic...

Petit tour d'horizon de ces voyageurs infatigables, de Magellan à Alexandra David Neel, de Humboldt à Vasco de Gama en passant par Darwin et tous les autres, tous ceux, toutes celles, qui refusaient de s'arrêter, sur la carte, à cette mention de Terra Incognita...

Richard Francis Burton

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Richar10

Un homme incroyable, curieux de tout, au-delà de toutes les conventions, de toutes les règles. Un "diable d'homme" comme on l'appelait, entouré de scandales, au parfum de soufre et d'aventure.

Né en 1821 en Angleterre, il est officier, explorateur, écrivain, traducteur, linguiste, diplomate, il s'intéressa à tout, avec une soif de connaissance qui le poussa à explorer des sujets considérés comme interdits ou scandaleux. Il maîtrise 29 langues et 11 dialectes ! Parlant couramment l'arabe, il se déguise en pèlerin et devient le premier occidental à pénétrer au cœur de la Mecque, il en rapporte même des croquis et les mesures exactes de la Kaaba. Il fait partie de l'expédition qui découvre en Afrique le lac Tanganyika, il est également consul de Grande Bretagne en Orient, principalement à Damas (où il se fait de nombreux ennemis...). Chevalier de l'ordre de Saint Michel et de Saint Georges, il est plus ou moins affilié à toutes les grandes sociétés d'explorateurs et de géographie de son époque.
Dans le même temps, curieux d'occultisme, il intègre de nombreuses sociétés secrètes, des confréries ésotériques. Il se passionne pour la fauconnerie et l'escrime, traduit Les 1001 Nuits et le Kama Sutra, écrit des poèmes, des traités d'escrime...

Il est donc le premier occidental à s'introduire à la Mecque, lisant le Coran, apprenant les rituels et comportements indispensables, allant jusqu'à se faire circoncire pour parachever sa mystification. Attaqué par des pillards sur le chemin, il les met en déroute et accomplit donc le pèlerinage sans être démasqué, gagnant le titre de Hajji.
Alors qu'il cherche à atteindre la cité somalienne d'Harar où aucun blanc n'a jamais pénétré, son expédition est attaquée par des tribus sauvages. Il est le seul à s'en sortir après un furieux combat où une lance lui transperce la joue et ressort par l'autre, lui laissant une cicatrice qu'il arborera par la suite avec fierté.
Il combat pendant la Guerre de Crimée, explore les Dardanelles, monte une expédition pour découvrir les sources du Nil... Son compagnon d'exploration devient temporairement aveugle et sourd suite à une infection qui atteint le groupe, Burton en réchappe et découvre le lac Tanganyika. C'est bientôt toute la région des grands lacs africains qu'il répertorie, calcule et dessine.
Nommé Consul en Guinée Equatoriale, notre homme s'ennuie... Il accepte donc d'accompagner le botaniste allemand Gustav Mann et devient le premier européen à gravir le mont Cameroun, point culminant de l'Afrique de l'Ouest. Il séjourne aussi longuement en Inde où sa pratique des coutumes, langues et dialectes locaux étonne Maharajas et Nababs qui le reçoivent volontiers à leur cour.

Infatigable, Burton est aussi un homme à scandale. Il se fout clairement des conventions et de la bienséance. Déjà, ses traductions des 1001 Nuits et du Kama Sutra, écrites sans aucune censure, ont choqué. Mais notre homme va plus loin, il porte une fascination certaine aux rites et coutumes sexuelles les plus originales rencontrées au cours de ses voyages. On le dit bisexuel, ses souvenirs de voyages décrivent de manière claire, sans censure, certaines pratiques observées et il écrit des poèmes érotiques, parfois pornographiques même... Il cause un énorme scandale en rédigeant un rapport détaillé, en Inde, sur une maison close aux pensionnaires masculins fréquentée par beaucoup de soldats britanniques. Il se défend en clamant que ce rapport lui a été demandé par l'armée elle-même et que cela devait rester secret. Que s'est-il vraiment passé, on n'en sait rien. Mais au vu des détails retranscrits et de leur précision, il apparaît évident que Burton a lui-même "pratiqué" les lieux...
Grand buveur, Burton s'adonnait également à l'opium et au haschisch, plus tard à la morphine. Provocateur, il ne niait rien et semblait même s'amuser de tous ces bruits répandus sur lui : on l'accusa d'être alcoolique, bisexuel, drogué, débauché, assassin, apostat converti à quantité de cultes... On insistait sur son intérêt pour l'œuvre de Sade, on racontait qu'il avait tué un homme... On ne prête qu'aux riches...

Ce qui est certain, pour finir, c'est qu'au-delà de sa légende, Richard Francis Burton fût bel et bien un sacré aventurier, voyageur infatigable, curieux de tout et d'esprit libre. Diplomate, écrivain, bagarreur, baroudeur, poète, extrêmement cultivé, notre homme était aussi à l'aise sur les pistes perdues et brûlées de soleil que dans les salons feutrés des sociétés d'explorateurs. Certains l'admiraient (beaucoup de chefs africains le surnommaient avec respect "le nègre blanc"), d'autres préféraient quitter la pièce lorsqu'il était là.

Il meurt d'une crise cardiaque, à Trieste en Italie, en 1890, aux côtés de sa femme. Car ce diable d'homme s'était même marié ! Une femme issue de la haute bourgeoisie et qui sembla se faire à cette vie et à ce personnage atypique et cynique, l'accompagnant même dans certains de ses voyages. Elle le suivra ainsi au Brésil où Burton s'aventure dans la forêt amazonienne, sur les hauts-plateaux et descend les rapides en canoé avec les indigènes. A Damas, le couple se lie même d'amitié avec l'aventurière scandaleuse Jane Digby, autre personnage haut en couleurs de l'époque. A la mort de Burton, sa femme brûle de très nombreux manuscrits. Elle repose à ses côtés, en Angleterre, dans une tombe en forme de tente bédouine.
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeDim 3 Juil - 11:26

Jane Digby, l'aventurière scandaleuse

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Jane_d10

Elle est une aventurière, pas une exploratrice, mais l'ayant mentionné dans le message précédent, autant rester un petit moment en sa compagnie...

Née en 1807 en Angleterre, voilà une femme libre, une aventurière, bien qu'aristocrate à la base. Elle a de qui tenir, son père ayant capturé un galion espagnol empli d'or, faisant ainsi la fortune de sa famille avant de combattre aux côtés de Nelson à Trafalgar...

Aimant les hommes, la belle Jane va les collectionner (chose mal vue à l'époque) et va beaucoup voyager au bras de ses nombreux amants. Et pas avec n'importe qui puisqu'elle devient la maîtresse de Louis Ier de Bavière. Ce qui ne l'empêche pas de prendre pour amant un noble hongrois qu'elle épouse et à qui elle donne un enfant. Notre incorrigible n'en prend pas moins un autre amant, un comte grec qui est blessé en duel avec le mari de la belle. Le couple se sépare mais reste en bonne entente tandis que Jane s'installe en Grèce avec son amant blessé. Pas une très bonne idée : elle devient rapidement la maîtresse du roi...

Marquée par la mort accidentelle de son fils, la belle s'enfuit et tombe dans les bras d'un général brigand albanais. Elle devient la "reine" de sa troupe, vivant dans les cavernes, chassant et montant à cheval au gré des bivouacs. Quand elle découvre que son amant la trompe, elle s'enfuit.
Pour ses 46 ans, Jane part au soleil de l'Orient. Eternelle amoureuse, elle s'éprend d'un puissant chef de tribu syrien et l'épouse selon le rite musulman, bien qu'il ait 17 ans de moins qu'elle. Elle passe alors une partie de l'année avec les nomades de son mari, sous la tente et l'autre partie dans un somptueux palais qu'elle s'est fait construire à Damas. C'est là qu'elle rencontre le couple Burton avec lequel elle se lie d'amitié, ainsi qu'avec le chef de la révolution algérienne alors en exil. C'est à Damas qu'elle meurt d'une crise cardiaque, à 74 ans.
Sur sa bible, elle avait fait graver ces mots :"Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés"
Jugée, elle le fût pourtant, restant comme "l'aventurière scandaleuse", trop libre, trop amoureuse des hommes à une époque encore trop conservatrice et cloisonnée...
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeDim 3 Juil - 12:19

Alexandra David Neel

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Alexan10

Née en 1868, elle fût la première femme à s'introduire à Lhassa, au Tibet, en 1924. Mais elle fût également cantatrice d'opéra, orientaliste, journaliste, écrivain, franc-maçon puis bouddhiste...

La jeune femme est très tôt saisie du démon du voyage : à 15 ans, alors que la famille est en vacances à Ostende, elle fugue et tente d'embarquer sur un navire en partance. Elle lit énormément, s'intéresse à la cause féministe, aux anarchistes, aux différents mouvements rebelles et nationalistes de l'époque. Elle intègre dans le même temps la Franc-Maçonnerie où elle atteint un grade élevé. Ce qui ne l'empêche pas de se convertir au Bouddhisme en 1889 et d'apprendre le sanscrit et le tibétain.

C'est pour aider sa famille, en difficulté financière, qu'elle se tourne vers le chant, l'ayant étudié ainsi que le piano. Elle chante à l'opéra d'Athènes, de Tunis où elle rencontre un cousin éloigné, son futur mari. Leur union est difficile, Alexandra se veut libre, elle ne veut pas d'enfants, elle rêve de voyages... Elle part seule, en Inde, promettant à son époux de revenir dans quelques mois. Ils se retrouveront... 14 ans plus tard.

Commence alors la carrière d'exploratrice d'Alexandra, une succession de voyages, de séjours et d'immersion en Inde et au Tibet. Elle fréquente les palais comme les monastères, se retire dans des grottes pour méditer, est reçue en audience par le Dalaï-Lama de l'époque qui lui donne sa bénédiction... Dans le même temps, elle s'initie au jeûne, au yoga, à des exercices corporels, respiratoires et de méditation. Se sentant prête, elle part alors pour le Tibet, seule à travers les montagnes, seulement accompagnée d'un moine. Elle est partout reçue avec étonnement d'abord, puis avec chaleur et amitié, elle fréquente temples, bibliothèques et monastères autant que les villages perdus. A son retour, elle est expulsée pour avoir bravé l'interdiction de pénétrer dans le pays. Refusant de rentrer en Europe où la Première Guerre Mondiale fait rage, Alexandra part au Japon, en Inde, en Mongolie et en Corée. Elle traverse le brûlant désert de Gobi, fait halte trois ans "pour se reposer" dans un monastère où elle traduit d'importants textes bouddhistes.

Reste le but de sa vie : Lhassa, alors cité interdite à tout étranger. Alexandra est décidée, elle se déguise en moine-mendiant et part, avec juste un pistolet et une bourse, au cas où elle serait enlevée contre rançon par les brigands des routes. Munie du minimum, vêtue de haillons, affrontant le froid, la neige et les difficultés du chemin à travers montagnes et hauts-plateaux, notre exploratrice atteint son but en 1924. Elle séjourne plusieurs jours en ville, incognito, avant d'être démasquée et de devoir fuir. Entrée comme une mendiante, elle fuit de même, en haillons, sans argent et parvient difficilement à regagner l'Europe, exténuée. Mais son exploit a été révélé et elle reste stupéfaite de l'accueil qui lui est réservé, on se bouscule pour la voir, lui parler, la photographier... Elle est quand-même blessée par les incrédules qui l'accusent d'imposture ou de mensonges et s'installe un moment dans le sud de la France, y achetant une petite maison où elle écrit ses livres et récits de voyages qui obtiennent un formidable succès.
1937, à 69 ans, Alexandra repart en Asie, mais au mauvais moment : elle se retrouve en pleine guerre sino-japonaise, prend de plein fouet famines, épidémies et massacres. Fuyant les combats, mêlée aux réfugiés et errant sur les routes, elle apprend la mort de son mari, nouvelle qui l'attriste énormément malgré leur longue séparation (ils échangeaient une correspondance importante et il l'avait aidé financièrement).
1946, à 78 ans, Alexandra regagne la France et s'installe dans le sud, à Digne, complètement seule. Elle écrit ses fantastiques souvenirs, mais de violentes douleurs articulaires entravent désormais sa mobilité et la font terriblement souffrir. Elle se lie alors d'amitié avec une jeune femme, une admiratrice qui devient sa secrétaire, dactylographiant et mettant en ordre ses écrits et surtout veillant sur elle.
La "Dame de Digne" s'éteint à 101 ans. Quelques mois plus tôt, elle avait demandé le renouvellement de son passeport... A sa demande, ses cendres sont dispersés dans le Gange.
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeVen 9 Déc - 19:29

Cecil Rhodes, le bâtisseur d'empire

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Cecil_10

Longtemps admiré, adulé, encore incroyablement présent dans l'inconscient collectif de l'Afrique Australe, son histoire et son héritage sont soumis depuis quelques années à de violentes critiques.

Explorateur, aventurier, financier, homme politique visionnaire, l'homme ne peut laisser indifférent.

Né en 1853 en Angleterre, intelligent, brillant mais de santé fragile, il est envoyé à 17 ans en Afrique du Sud pour y soigner ses problèmes respiratoires, le climat du continent noir paraissant plus bénéfique aux médecins. Installé chez son frère, fermier dans les plaines, Rhodes a un coup de foudre pour le continent noir. Sa vie sera ici, il le sait.
Se refaisant une santé, il participe à la ruée diamantifère de l'époque, suite aux fabuleux gisements découverts dans le nord. Il ne trouve pas de diamants mais vend du matériel, des bêtes et de la nourriture aux prospecteurs. Doué, rusé, habile, il va alors faire rapidement fortune. Alors qu'il n'a pas 20 ans, il rachète progressivement les concessions de diamants, tisse des liens avec les diamantaires les plus réputés... En 1885, toutes les mines de diamants lui appartiennent, il crée une société qui, trois ans plus tard, contrôle 90% de la production mondiale de diamants !

Désormais à la tête d'un empire, fabuleusement riche, Rhodes ne s'arrête pas là : visionnaire, profondément attaché à l'empire britannique, il rêve d'un empire africain, du Caire à l'Afrique du Sud. Après le business, la politique. De retour après un séjour en Angleterre pour peaufiner ses études (et au passage dîner avec la reine Victoria), à 28 ans, il se fait élire député puis Premier Ministre de la colonie du Cap. Il favorise alors les grands groupes miniers, crée des routes, des chemins de fer (dont le pont qui enjambe les chutes Victoria, reliant le Zambèze au Zimbabwe) et ne tarde pas à entrer en conflit avec les royaumes noirs. Il s'oppose aussi à la République Afrikaner, état blanc, issu des premiers colons hollandais et allemands. Il s'entend néanmoins avec eux, étant comme eux tenant de la "supériorité" anglo-saxonne et germanique sur les locaux. Dans le même temps, il finance explorations et expéditions pour défricher de nouveaux territoires. Certains porteront d'ailleurs son nom, Rhodésie du Nord et du Sud, actuels Zambie et Zimbabwe.

Jouant ses adversaires les uns contre les autres, il négocie personnellement avec le roi Matabélé Lobengula et obtient une concession sur son royaume. Dans les faits, Rhodes devient le maître de 195 000 kilomètres carrés... Mais Lobengula, conscient de s'être fait flouer proteste, menace d'entrer en guerre contre les anglais et envoie une délégation à Londres, pour protester auprès de la reine. Inquiet, Rhodes rassemble tous ses soutiens et obtient gain de cause : la Concession est validée pour 25 ans sous son autorité, au nom (et au profit...) de la couronne britannique. Rhodes contrôle désormais un véritable empire, de l'Afrique du Sud au Niger et au Mozambique. Ayant les pleins pouvoirs, il aboli l'esclavage, interdit la vente d'alcool aux indigènes et maintient les traditions locales.
Lobengula, furieux, lui déclare alors la guerre, guerre qu'il va perdre avant de s'enfuir.
Mais après les Matabélés, ce sont les Ndébélés qui entrent dans la danse, déclenchant un soulèvement de grande ampleur, massacrant, pillant et incendiant les fermes des colons, aidés par les Shona. Les anglais décident de réagir par une expédition massive et planifient froidement l'extermination des peuples noirs en révolte. Mais Rhodes s'y oppose et part négocier, complètement seul, dans les montagnes, avec les rois noirs. Un armistice est conclu et la paix signée.

Eclate alors la guerre avec les Boers, colons blancs du Transvaal, richissime région aurifère et agricole érigée en République indépendante. Cette fois, Rhodes est en sérieuses difficultés face à son ennemi, Paul Kruger (oui, celui qui a donné son nom au célèbre parc). Deux guerres meurtrières et sanglantes... Au cours de la seconde, Rhodes lui-même est assiégé dans la ville de Kimberley.
Notre homme est vainqueur, l'Etat libre d'Orange (où naîtra un certain Tolkien...) et le Transvaal sont intégrés à la couronne britannique. Mais la roue tourne... Ses problèmes de santé resurgissent avec force, l'obligeant à se retirer, son frère est inculpé pour haute trahison... Rhodes voit s'éloigner ses rêves d'empire, il doit démissionner de tous ses mandats, se reposer, bientôt s'aliter... Il meurt, épuisé, d'un cancer à 49 ans en 1902. Il n'a pas d'héritier, ne s'étant jamais marié ("Pas le temps, j'ai trop de travail" disait-il). Depuis quelques années, de nombreux historiens et universitaires pensent d'ailleurs qu'il aimait les hommes, dont son secrétaire personnel à qui il avait prévu dans son testament de léguer sa colossale fortune, mais le jeune homme mourût avant lui.

Que reste-t-il aujourd'hui de l'histoire de Cecil Rhodes ? En Afrique Australe, il est aussi connu que Washington aux USA, on ne compte plus les statues, bustes, monuments, villes baptisées à son nom en son honneur.
Les Afrikaners le considèrent encore aujourd'hui comme un géant, l'homme qui s'est taillé un empire.
La population noire, elle, éprouve des sentiments plus mitigés... Car Rhodes n'a jamais caché qu'il rêvait d'un empire britannique et pour de nombreux peuples, il n'est qu'un colonialiste comme un autre, un conquérant étranger. Mais pourtant, Rhodes a eu d'autres aspects : c'est lui qui a empêché l'extermination des Ndébélés après leur soulèvement, il a aboli l'esclavage dans les territoires qu'il contrôlait, interdit la vente d'alcool aux indigènes (vente qui faisait des ravages chez les noirs), et créé une bourse d'études pour tous, "sans distinction aucune de race ou de religion", permettant d'étudier gratuitement à Oxford. Une bourse qui existe toujours et dont a bénéficié par exemple un certain... Bill Clinton. Certaines dispositions présentes dans son testament sont encore d'actualité, gérées par... la fondation Nelson Mandela.

Aventurier, homme d'affaires, homme politique, génie visionnaire pour les uns, colonisateur pour les autres, fabuleusement riche à 20 ans et discutant d'égal à égal avec les plus grands, ambigu, secret, rien ne manque à Cecil Rhodes pour rester dans l'histoire.
Celui qui rêva d'un empire africain de l'Afrique du Sud au Caire et fût  proche de réaliser son rêve reste très présent dans la littérature, le cinéma, la télévision... En Afrique Australe, il est incontournable. L'écrivain sud-africain Wilbur Smith l'a incorporé à sa saga des Ballantine (voir le sujet consacré dans La bibliothèque).

Laissons à Cecil Rhodes lui-même le mot de la fin :"Toutes ces étoiles… Ces mondes immenses qui restent hors d'atteinte... Si je le pouvais, j'annexerais les autres planètes".
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeVen 9 Déc - 20:29

Citation :
La population noire, elle, éprouve des sentiments plus mitigés...

Oui, c'est le moins qu'on puisse dire... puisqu'il me semble que même le pays auquel il avait donné son nom, la Rhodésie, s'est vu effacé des Atlas pour devenir le Zimbabwe...

Mais comme tu l'as rappelé, il a su s'opposer à l'extermination des "sauvages" - comme on les appelait à cette époque - et faisait preuve, d'une certaine manière, d'humanité.
Il fait partie de ces rares colonialistes qui, comme Savorgnan de Brazza, avaient malgré tout un coeur profondément humain.

Ceci dit, son aventure reste exceptionnelle. Même si son bilan, son action, peut faire l'objet de critiques. L'histoire n'est jamais ni blanche ou noire, mais toute en nuances. Après tout, rien ne sert de juger avec nos yeux du XXIème siècle. Restons dans le contexte de cette époque. Wink
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeVen 9 Déc - 20:49

Il reste difficile à cerner... Il ne cachait pas qu'il croyait sincèrement en la supériorité "anglo-saxonne et germanique" pour imposer son empire en Afrique.
Paradoxalement, il intervînt souvent en faveur des noirs et connût ses revers les plus sanglants contre d'autres blancs, ceux d'Orange et du Transvaal... Il s'est montré très humain avec les populations noires mais il a quand-même spolié ces dernières de territoires entiers et de fabuleuses richesses...

Son épopée donne le vertige en tous cas. Parti de rien, il s'est forgé un empire, une fortune colossale et son rêve d'unifier l'Afrique sous pavillon britannique du Cap au Caire a bien failli se réaliser, il en avait les moyens. Fabuleusement riche mais vivant de manière très simple, dînant avec la reine Victoria mais partant seul dans les montagnes pour négocier avec les rois noirs en révolte, l'homme reste paradoxal et fascinant. Sans parler de ce qui ne s'appelait pas encore l'Afrique du Sud, immense contrée sauvage avec les britanniques, les hollandais, les royaumes noirs (Matabélés, Ndébélés, Shonas, Zoulous...), la fièvre des diamants et de l'or, les premiers chemins de fer, les colons, les missionnaires...

Je l'ai découvert par les romans de Wilbur Smith. Ce dernier fait d'ailleurs partie de ceux qui affirment que Rhodes était homosexuel, ce qui lui a valu de violentes critiques et injures, détail qui montre combien le personnage reste important et "sensible", encore aujourd'hui.
Au cours de mes longs séjours en Afrique du Sud, j'ai pu constater cette importance, surtout en visitant sa tombe, sur la "colline aux esprits" et le Rhodes Mémorial, érigé en son honneur : beaucoup, beaucoup de monde...
Qu'il ait été longtemps encensé en Afrique du Sud se comprend, vu que le pays était entièrement dirigé par la minorité blanche. Maintenant que la population noire a repris ses droits est venu le temps de la critique... En tous cas, les Afrikaners, sud-africains blancs, issus des colons hollandais et germaniques d'autrefois, le considèrent encore aujourd'hui avec grand respect, sans pour autant être racistes. D'un autre côté, en septembre 2015, la statue de son mémorial a été vandalisée. Longtemps après sa mort, Cecil Rhodes continue de déchaîner les passions...
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeVen 1 Mar - 15:15

Jack London

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS 800px-22

Ecrivain et romancier, aventurier, marin, correspondant de guerre, homme engagé, Jack London est certainement le "vagabond magnifique".
Chanté par Yves Simon, se liant d'amitié avec Corto Maltese et rencontrant Picsou dans sa jeunesse sous la plume de leurs auteurs respectifs, passé d'une vie de misère à la grande aventure, au succès et à l'argent, Jack London a clairement brûlé sa vie (il est mort à 40 ans à peine).

Né en 1876 à San Francisco, il connaîtra une enfance difficile, proche de la misère avant de vagabonder de petits métiers en désoeuvrement. Balayeur, blanchisseur, voleur d'huitres, chercheur d'or, marin… Dans le même temps, il dévore les livres et se fait sa propre éducation, entièrement autodidacte. A 10 ans, il rencontre la bibliothécaire de sa ville qui se prend d'affection pour lui et lui fournit des livres, lui fait découvrir et lui explique la poésie, les grands auteurs. C'est la révélation.
Dans le même temps grandit son attrait pour la mer, les voyages, la liberté. Il emprunte de l'argent à sa nourrice, une ancienne esclave qu'il considère comme une mère et achète un bateau pour se mêler aux pêcheurs qui hantent les côtes. D'escales en soirées et beuveries, il tombe dans l'alcool, manque mourir noyé puis s'engage auprès des gardes-côtes pour traquer les braconniers. Il part, devient vagabond, erre le long des routes, est incarcéré pour vagabondage, vit de tout et de rien… De retour chez lui, il commence à écrire. En 1897, c'est la ruée vers l'or dans le Grand Nord, London s'y rend, devient chercheur d'or, écume les saloons, les cabarets, coure les filles, retombe dans l'alcool. Atteint du scorbut, il est rapatrié chez lui. Convalescent, il se consacre à l'écriture. Alors, le destin bascule.

Ses écrits connaissent un vif succès. Le fils du loup, L'appel de la forêt soulèvent l'enthousiasme. London y traduit son amour pour le Grand Nord, les grands espaces, la vie sauvage. En 1902, engagé comme correspondant de guerre, il doit couvrir la guerre des Boers mais cette dernière s'achève quand notre homme débarque en Angleterre. Il s'installe alors volontairement dans un quartier misérable de Londres pour y observer la vie des ouvriers et des pauvres. Il en tire le superbe livre Le peuple de l'abîme, véritable radiographie de la misère ouvrière et pamphlet social. Il devient un auteur engagé, très intéressé par le socialisme. La guerre russo-japonaise, où il est à nouveau correspondant, lui donne l'occasion de voyager et écrire à nouveau avec La Corée en feu. Le succès ne le lâche plus, l'argent lui brûle les doigts. 1906 : toujours attiré par la mer, il entame un tour du monde à bord de son voilier, visite les Marquises, les Samoa, Hawaï, les Fidji, les Salomon… Atteint d'ulcères, il se fait soigner en Australie avant de rentrer en Californie, dans le ranch qu'il s'est acheté. Il épouse une amie, Elizabeth, surnommée affectueusement "Bessie". D'un commun accord, ils sont plus liés par l'amitié que l'amour mais leur mariage sera heureux, donnant naissance à deux filles. Mais on ne retient pas un tel homme… Jack repart, toujours ici et ailleurs, continue à écrire (50 ouvrages au total), s'engage en politique, se lie avec de grands idéologues socialistes, soutient les rebelles mexicains…

Mais Jack a été trop loin, trop fort, trop vite. Son corps est usé par une vie frénétique, affaibli, atteint de dysenterie. Dans le même temps, il y a aussi les excès, l'alcool, son addiction à la morphine… Usé, consumé, Jack London le flamboyant meurt en 1916, à 40 ans.
Romancier, écrivain, voyageur, avide de liberté, d'espace et d'aventure, fasciné par le Grand Nord et la mer, il fût aussi un homme engagé dans les luttes sociales, un homme de tous les excès qui aura littéralement brûlé sa vie.
Il est vraiment dommage qu'en France, il soit souvent cantonné à la littérature enfantine ou adolescente. Ses écrits n'ont rien d'enfantin et ne se limitent pas à Croc blanc. Pour ceux qui lisent l'anglais, je conseille vivement de se procurer des éditions dans cette langue et récentes pour vraiment lire Jack London.

L'homme a trop écrit, trop vécu. Au sommet de sa gloire, il s'impose de nouveaux défis : tour du monde avec son propre bateau, reportages tous-terrains... Son cœur, sa tête sont trop pleins, son corps malade. La machine humaine a tourné au-delà de ses forces et de ses moyens. Le génie fatigué de la vie disparaît avant d'avoir eu l'idée de vieillir : "Je ne perdrai pas mes jours à essayer de prolonger ma vie, je veux brûler tout mon temps"
(Yves Simon)
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeVen 1 Mar - 16:57

Croc-Blanc, l'Appel de la Forêt, le Loup des Mers... lui, il m'aura fait voyager très loin dans ma chambre d'enfant.
Partir sur les pistes, rejoindre les grandes étendues sauvages, du grand spectacle avant l'heure. Et je m'endormais avec des images plein la tête.

Là où Jules Vernes remplit son texte de détails qui souvent alourdissent le récit, au contraire, Jack London, c'est beaucoup plus léger et on entre plus facilement dans l'action.

Les soirs où il n'y a rien à la TV et que vous ne savez pas quoi faire : prenez un Jack London, installez-vous confortablement et préparez-vous à décoller !
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeSam 2 Mar - 8:52

En ce qui me concerne, je l'ai peu lu et, comme pour beaucoup d'hommes dans son genre, c'est sa vie qui m'attire plus que son œuvre. Quelque part, ce type ne pouvait pas vieillir et finir tranquillement ses jours sur un rocking-chair sous sa véranda… Les hommes comme lui ne peuvent que brûler leur vie et ils le savent, il n'y a que la mort qui peut les arrêter. Il me fait penser à Rimbaud, parti se perdre dans les profondeurs de l'Abyssinie.

Les mots d'Yves Simon sont très bien trouvés et résument bien le personnage. Signalons cependant qu'Yves Simon les a écrit pour appuyer sa conviction que London s'était suicidé. Hypothèse rejetée par tous les biographes, le certificat de décès et le médecin du romancier, à ses côtés au moment de sa disparition : London est mort d'une urémie, son organisme déjà épuisé par une vie frénétique.
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeSam 2 Mar - 10:15

Voyageur Solitaire a écrit:
Quelque part, ce type ne pouvait pas vieillir et finir tranquillement ses jours sur un rocking-chair sous sa véranda… Les hommes comme lui ne peuvent que brûler leur vie et ils le savent, il n'y a que la mort qui peut les arrêter.

C'est tout ce qui fait la force de son écriture, justement. Wink

Jack London, c'est du vécu. Les aventures qu'il raconte dans ses livres, tu sens qu'il les a lui-même éprouvées. Tu sentirais presque la morsure du froid de l'Alaska engourdissant ses phalanges.

En fait, on ne peut pas trop le comparer à Jules Verne. Leur approche est différente. Jules Verne, ce qui n'enlève rien à son génie créatif, est resté dans l'imaginaire ; Jack London, lui, a vraiment fait l'expérience personnelle des voyages et ça se ressent dans ses oeuvres.

Si Jules Verne reste un excellent romancier et raconteur d'histoires, Jack London se situe presque dans le journalisme. Quand on ouvre un livre de London, c'est comme si on avait un guide de voyage entre les mains. Tu prends "Le Loup des Mers", par exemple, et tu peux presque retrouver ton chemin dans San Francisco.
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeSam 2 Mar - 12:31

Il était journaliste quelque part, ayant travaillé comme correspondant de guerre, couvrant le conflit sino-russe. Et pour son livre Le peuple de l'abîme, il s'est volontairement installé et immergé dans un quartier ouvrier et pauvre de Londres pour témoigner de la condition sociale du monde ouvrier. London, c'est effectivement du vécu.

Après, le corps a ses limites… Il avait attrapé le scorbut, la dysenterie, de violents ulcères… Sans oublier l'alcool et la morphine qui l'aidait à soulager ses douleurs.
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeMer 27 Mar - 21:31

Marco Polo

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Marco_10

Ben oui, quand-même...
"Le plus grand voyageur de tous les temps" ? C'est ainsi en tous cas que le surnommait le philosophe et médecin Pietro d'Abano, un contemporain.
Né à Venise en 1254, Marco Polo est passé à la postérité pour ses fabuleux voyages et non moins fabuleuses découvertes, lorsqu'il accompagna son père et son oncle, marchands, en Extrême-Orient. Un voyage de 26 ans à but politique et commercial : en bons marchands, les Polo étaient avides de découvrir de nouveaux débouchés commerciaux, de nouvelles routes et de nouveaux produits et denrées. Politiquement, il s'agissait pour la chrétienté de trouver un allié pour prendre les musulmans à revers, rêve déjà caressé avec le mythe du Prêtre Jean.
La chance de Marco Polo sera Kubilaï Khan, souverain mongol et empereur de Chine dont notre commerçant voyageur deviendra un homme de confiance et un fidèle serviteur. Marco Polo effectuera même plusieurs missions pour lui.
A son retour, Marco est fait prisonnier durant la guerre entre Venise et Gênes. C'est en prison qu'il relate ses fabuleux voyages à un compagnon de cellule, Rustichello de Pise. Ses souvenirs deviendront le fameux Devisement du monde ou Livre des merveilles.

Aujourd'hui comme hier, l'ouvrage divise.
Traduit en de nombreuses langues dès son apparition, il décrit une multitude de détails et d'évènements dont certains restent peut-être sujets à caution. Certains lieux, certaines villes n'existent plus ou ont changé de nom et, relatés 20 ans après avoir eu lieu, certains évènements présentent des flous et imprécisions inévitables. L'itinéraire lui-même reste incertain aujourd'hui encore.

Ce qui est certain, c'est que Marco Polo a observé sans relâche, avec une curiosité insatiable, tout ce qui l'entourait. Et il en a vu des choses !
Mossoul, Saint-Jean d'Acre, Bagdad, Tabriz, l'Asie Centrale, la Mongolie, la Chine… Mais aussi le Viet Nam, Sumatra, l'Iran, la Grèce, la Turquie… Marco Polo signale même pour la première fois l'existence du Cypango, c'est à dire le Japon, inconnu jusqu'alors. On peut rajouter l'Inde et le Tibet où notre homme décrit en détail monastères et lamaseries. Il a rôdé également aux confins de la Birmanie.
Marchand, ethnographe, ambassadeur, homme de confiance de l'empereur, Marco Polo s'est intéressé à tout, du plus grand au plus infime. Polyglotte, il parlait vraisemblablement le mongol, le chinois, le persan, le ouïgour et l'arabe. Il maîtrisait aussi quatre systèmes d'écriture différents.  Il décrit la faune, l'alimentation, les religions, les us et coutumes des pays traversés, leurs arts, sciences et techniques, leurs inventions comme la "monnaie de papier" (premiers billets de banque). Son ton est majoritairement neutre et objectif, les jugements négatifs restent exceptionnels et même les jugements tout court. Le faste et la puissance de l'empereur le marquent profondément, il s'intéresse aussi particulièrement aux pierres précieuses et aux épices, poivre, noix muscade, clous de girofle, safran, gingembre… Il étudie le bouddhisme, le lamaïsme et le taoïsme, l'islam, les courants dérivés du christianisme (nestoriens, jacobites, culte de saint Thomas) ainsi que les peuplades animistes qui adorent des idoles.

Bien sûr, au vu de son époque, on trouve également au fil des pages créatures fantastiques, miracles, magie et légendes, faits divers étonnants, exagérations… Autant d'éléments qui faisaient partie intégrante de l'époque et qui compliquent aujourd'hui la tâche des érudits et historiens qui décortiquent l'ouvrage.
A l'époque, le succès fût retentissant bien que pour beaucoup, une bonne partie restait fantaisiste. Ecrit vingt ans après les faits, traduit et retraduit, copié et recopié, parfois enjolivé suivant les versions, rempli de tant de faits incroyables, Le livre des merveilles avait de quoi susciter le doute. Pourtant, il influença grandement la cartographie dans les siècles qui suivirent (beaucoup des observations géographiques de Marco Polo se révélant exactes), le frère du roi de France en demanda une copie et Venise fît installer un exemplaire attaché par une chaîne dans un lieu public afin que chacun puisse le lire. Enfin, le récit inspira sans doute pour son expédition, bien plus tard, un certain Christophe Colomb (qui, ne l'oublions pas, ne cherchait pas l'Amérique mais une route maritime vers l'Inde et la Chine).
Pour Mark Elvin, professeur à Oxford, les recherches établissent que "dans la très grande majorité des cas, Polo a décrit avec précision des objets matériels, tels les billets de papier monnaie imprimés par la dynastie mongole, qui n'ont que tout récemment été découverts par les archéologues". Le sinologue Hans Ulrich Vogel établit qu'on ne peut trouver dans aucune autre source de l'époque — occidentale, arabe ou persane — des renseignements aussi précis que ceux que donne Marco Polo, par exemple sur le format et la dimension du papier, l'utilisation des sceaux, les dénominations du papier monnaie (fabriqué à partir d'écorce de mûrier) ou l'utilisation des coquillages au Yunnan. Enfin,  en 1997, le voyageur Michael Yamashita a entrepris à son tour de reprendre la route de Marco Polo au cours d'un voyage qui a donné lieu à un reportage du National Geographic en mai 2001, suivi d'un livre en 2002. Au terme de cette expédition qui a duré quatre ans, il conclut : "Durant tout ce voyage, nous fûmes surpris de constater à quel point Marco avait été un témoin digne de foi" (Wikipédia).

Marco Polo lui, n'avait aucun doute sur tout ce qu'il avait vu, vécu et relaté : sur son lit de mort, avant d'expirer, il eût le temps de vigoureusement envoyer au diable ceux qui lui demandaient quels passages inventés et fantaisistes il fallait retrancher de son livre...
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeMer 27 Mar - 23:32

En ce qui concerne Colomb, on sait maintenant officieusement qu'il ne cherchait pas une route pour les Indes, mais bien à la recherche de nouvelles Terres pour le royaume d'Espagne.

En effet en 1488, un navire marchand français (avec à son bord les frères Pinzon) qui allait au Cap vert s'est perdu à cause du mauvais temps et s'est retrouvé après un long voyage au cap San Rogue dans l'actuel Brésil près du fleuve Amazone. 4 ans plus tard, Christophe Colomb avec les mêmes frères Pinzon "découvrent" "officiellement" l'Amérique. Sachant aussi qu'avec l'aide des cartes maritimes des portugais l'expédition maritime de Colomb savait qu'il y avait des terres inconnues loin au large. Ce voyage savait très bien ou il allait, et que cette "découverte" ne doit rien au hasard. Sachant que les frères Pinzon étaient les navigateurs et les cerveaux du premier voyage de Colomb, étant les premiers à poser pieds à terre.
Il faut donc remettre les choses à leur place avec les véritables personnages centraux du voyage de 1492. Les frères Pinzon, la face cachée de Christophe Colomb, les éminences grises du voyage de Colomb en cette année 1492.

L'histoire officielle, religieuse et politique à vue les choses autrement...
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeJeu 28 Mar - 14:14

Ah, intéressant, passionnant même.
J'en étais resté à l'idée voulant que, convaincu que la Terre était bien ronde, Colomb ait tenté de rejoindre les Indes par l'océan et serait tombé sur un continent inconnu au milieu du chemin. Raison pour laquelle ce nouveau continent aurait été nommé "Indes occidentales".
J'ignorais l'existence de ces fameux frères, merci pour cette découverte.

C'est Martín Pinzón qui suggère à Colomb le changement de cap du 7 octobre 1492 qui amène l'expédition, cinq jours plus tard, sur l'île de San Salvador (dans les actuelles Bahamas). Pendant le voyage, Pinzón désobéit à plusieurs reprises aux ordres de Colomb. Le 21 novembre, Pinzón se sépare du reste de la flotte à Cuba dans l'intention de faire des découvertes de son propre chef et de faire fortune. (Wikipédia)
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeJeu 28 Mar - 19:27

C'est l'un des plus célèbres clichés de l'histoire que Colomb partait pour rejoindre les Indes et la Chine. Aujourd'hui encore on veut faire gober ça aux gens, ce qui est bien dommage… Après sans tomber dans le complot, ce serait bien de se pencher un peu plus sur les voyages de Colomb et l'histoire des frères Pinzon. Ainsi et surtout sur les navigateurs portugais du XVe siècle.

Des le milieu du XVe, les navigateurs portugais savaient qu'il y avait une grande terre encore inconnue à découvrir et à explorer au delà du grand océan.

Mais bon quand la légende est plus belle que la réalité on écrit la légende.
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeLun 18 Jan - 19:42

La tragique expédition Jeannette

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Uss_je10

L'expédition Jeannette est une expédition polaire américaine, se déroulant sur le Jeannette entre 1879 et 1881, expédition commandée par George Washington De Long. Le but est d'atteindre le pôle Nord par l'océan Pacifique via le détroit de Béring en se basant sur une théorie selon laquelle un courant tempéré, le Kuroshio, coulerait vers le nord dans le détroit, fournissant ainsi une porte d'entrée vers une mer libre de toutes glaces au sein du pôle.

C'est l'auteur de cette théorie, le cartographe allemand August Petermann, qui encourage James Gordon Bennett junior, le propriétaire du journal New York Herald, à financer cette expédition polaire afin de valider son idée. Bennett achète alors une ancienne canonnière de la Royal Navy, la Pandora, qu'il rebaptise Jeannette et choisit De Long, un officier expérimenté qui a déjà voyagé dans les mers arctiques, pour diriger l'expédition. Bien qu'étant essentiellement une entreprise privée aux frais de Bennett, l'expédition reçoit le soutien officiel du gouvernement américain.

De Long, commandant de l'expédition, dont sa femme disait qu'il avait "le virus polaire dans le sang"

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS George15

Néanmoins la théorie de Petermann s'avère erronée et le navire se retrouve piégé par les glaces avec, à bord, trente-trois membres d'équipage. Il dérive pendant près de deux ans (!) avant d'être écrasé par la pression des glaces et de sombrer au nord-est de la côte sibérienne. De Long évacue le navire et conduit alors ses hommes dans un périlleux trajet sur la banquise. Au cours de ce voyage, et après séparation de l'équipe en trois groupes durant une violente tempête, De Long et vingt de ses compagnons trouvent la mort.

Avant sa disparition tragique, l'expédition découvre de nouvelles îles, les îles De Long, et recueille de précieuses données météorologiques et océanographiques. Mais très vite, les choses tournent mal : le navire devient inhabitable à cause de l'humidité, obligeant l'équipage à construire une maison de glace sur la banquise. La pression de la masse de glace fait éclater les parois, occasionnant des voies d'eau importantes. Un homme perd la vue en raison des réverbérations du soleil sur la glace, un autre devient fou...  Le 16 et le 24 mai 1881, l'équipage découvre deux îles baptisées respectivement île Jeannette et île Henriette. Un groupe de matelots débarque sur cette dernière et y dresse un cairn au sein duquel est déposé le journal de bord. Broyé par les glaces, le navire coule finalement le 13 juin. De Long entraîne alors ses hommes sur trois canots de sauvetage pour tenter de rejoindre le continent. Après plus d'un mois d'efforts, le 28 juillet, ils atteignent l'île Bennett où ils trouvent du gibier, des œufs d'oiseaux, du bois flotté et de la houille. À partir de là, la mer étant libérée des glaces, ils décident de tenter d'atteindre les îles de Nouvelle-Sibérie, et y accostent enfin le 30 août. Les conditions de survie s'y avèrent excellentes. Néanmoins, De Long est pressé de rejoindre le continent et prend la décision de repartir. Une décision qui lui sera fatale ainsi qu'à une grande part de son équipage...

Le 12 septembre, une violente tempête sépare les trois canots. Ces derniers se retrouvent, sans vivres, à errer dans un vaste delta, véritable labyrinthe parsemé de blocs de glace à la dérive.
- Celui commandé par le lieutenant Chipp avec huit hommes à bord est sans doute englouti par la mer et ne sera jamais retrouvé.
- Le deuxième, dirigé par le second et ingénieur George W. Melville, atteint la terre ferme et, grâce à l'aide d'indigènes et d'exilés russes rencontrés au moment opportun, parvient à Iakoutsk sain et sauf.
- Le canot de De Long, lui, accoste sur un bras occidental de la Léna. Douze des quatorze hommes, dont De Long lui-même, y meurent de froid et de faim. Le journal de De Long, retrouvé sur place plus tard, est éloquent sur les souffrances endurées et l'agonie du groupe. Il y écrit, méthodiquement, les noms de ceux qui meurent de faim ou de froid au fil des jours. Le journal s'arrête le 31 octobre, vraisemblablement le jour de sa mort.

Melville, qui réussit à sauver les hommes du second canot

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS 487px-11

Deux hommes que De Long avait envoyés en avant pour chercher du secours, Ninderman et Noros, survivent en réussissant à atteindre le 22 octobre, exténués, à moitié morts, un village, Kou-Mark-Sourka dont les habitants  leur viennent en aide. Un dernier déplacement les fait rejoindre la ville de Bulun. Ce n'est que plusieurs mois plus tard, et après maintes difficultés pour se faire comprendre, que Ninderman et Noros y sont rejoints par Melville et ses hommes, qui, comme on l'a vu plus haut, avaient eux aussi survécu. Ce n'est que le 16 mars 1882 que l'on retrouve les corps de De Long et ses hommes. Leur examen prouve que certains en sont venus à manger les corps de leurs camarades morts pour tenter de survivre... Les dépouilles, conservées intactes par la glace, sont rapatriées aux Etats-Unis.

Noros et Nindemann, uniques survivants du troisième canot

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Noros_11

Au final, sur les 33 membres de l'expédition, 13 ont survécu. Mais certains ont connu malgré tout une fin sinistre...

- Melville, qui commandait le second canot, connût la fin la plus heureuse : il reprît ses missions en Arctique et sauva même les survivants d'une autre expédition. Nommé Contre-Amiral pour sa bravoure, il meurt en 1912.
- Danenhower continue dans la marine, mais sombre dans la dépression et l'alcool en 1887.
- De son côté, James Bartlett, qui a souffert de graves problèmes mentaux après son retour, hanté par ce qui s'est passé, menace de tuer sa femme et sa nièce et passe à l'exécution le lendemain, en 1892. Sa femme survit mais sa nièce est tuée. Bartlett, horrifié, se suicide.
- Nindemann travaille comme ingénieur naval jusqu'à sa mort en 1913.
- Le dernier survivant de l'expédition, Herbert Leach, devient ouvrier d'usine et meurt en 1933. Emma De Long, veuve du chef de l'expédition, décède à l'âge de 91 ans, en 1940.

En février 2015, l'aventurier russe Andrey Khoroshev annonce se lancer à la recherche de l'épave de la Jeannette.

Bien que le sort de la Jeannette permet d'infirmer la théorie de la mer libre du pôle, l'apparition en 1884 de débris de l'épave sur la côte sud-ouest du Groenland établit bien l'existence d'un courant océanique déplaçant les glaces de l'Arctique d'est en ouest. Un monument aux morts de la Jeannette est érigé en 1890 à l'Académie navale d'Annapolis.

A noter également que Jules Verne évoque longuement l'expédition tragique de la Jeannette dans deux de ses romans : Sans dessus dessous (chapitre VII) et Robur-le-Conquérant (chapitre XIV).
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeLun 18 Jan - 22:01

Pas encore lu le deuxième Verne que tu cites. Verne relate ce genre d'expéditions historiques dans plusieurs récits polaires que j'ai cités sur ce forum. J'ai également lu un ouvrage sur la conquête des pôles et la recherche du passage du NO. Ainsi que the Terror de Dan Simons. D'ordinaire, ce sont les expéditions au départ de l'atlantique qui sont davantage mises en avant. Pour le reste, ce récit semble assez banal pour ce genre d'expéditions qui ont presque toutes mal finies.
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeMar 19 Jan - 14:48

Jules Verne ignorait que l'Antarctique était un continent et faisait naviguer le Nautilus sous les glaces du pôle Sud.
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeMer 20 Jan - 11:44

Jules Verne a grosso modo utilisé les pôles dans 10 de ses romans, et 5 en font le sujet principal : Un hivernage dans les glaces, Les aventures du capitaine Hatteras, Au pays des fourrures, L'épave du Cynthia et Le Sphinx des glaces. Les 5 autres sont : Vingt mille lieues sous les mers, Robur le conquérant, Sans dessus dessous, Césat Cascabel et La chasse au météore. J'en ai lu exactement la moitié ^^.

@Sphigx : il se basait pour ce faire sur la carte - un peu dépassée - de Philippe Buache (1757) mais qui était encore considérée comme valable. « Le continent serait coupé en deux parties disjointes séparées par un chenal. »
Pour plus d'informations : Les voyages polaires de Jules Verne.


LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Antarc10
« Carte des Terres Australes comprises entre le Tropique du Capricorne et le Pôle Antarctique, où se voient les Nouvelles découvertes faites en 1739 au sud du Cap de Bonne Espérance par les Ordres de MM de la Compagnie des Indes.
Dressée sur les Mémoires et sur la Carte Originale de M le Lozier Bouvet chargé de cette Expédition par Philippe Buache (1700-1773), dessinateur. »



Source de l'image : Gallica.

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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeJeu 2 Déc - 20:17

Mansa Abubaraki II, l'empereur voyageur

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Un empereur africain aurait-il abordé aux Amériques bien avant Christophe Colomb ?

C'est la thèse défendue autour de Mansa Abubaraki II. Ce dernier a été empereur du Mali, dans les années 1300. A cette époque, son empire est l'un des plus vastes au monde, englobant toute l'Afrique de l'Ouest actuelle. Un des plus riches aussi, grâce à des gisements aurifères énormes. Sa richesse était légendaire et comme le Prêtre Jean, le souverain a enflammé l'imaginaire de l'Occident médiéval. Sur certains parchemins et manuscrits, on le voit sur son trône tenant une énorme pépite d'or. Un voyageur musulman, Ibn Battuta, qui séjourne dans l'empire malien de l'époque, en décrit l'opulence, les villes splendides, les femmes "d'une beauté incomparable". Il note dans ses carnets qu'il fait très chaud, que les femmes, dévoilées, sont très libres et fréquentent librement les étrangers de passage. L'empereur se fait précéder de musiciens qui jouent d'instruments à cordes d'or et d'argent et de chiens aux lourds colliers d'or massif.

Le reste est enveloppé de mystère.
L'empereur passait pour être d'une curiosité insatiable. Il voulait savoir ce qu'il y avait au-delà de "la grande mare", c'est à dire l'océan atlantique. Dans ce but, le souverain aurait pendant des années fait construire plus de 200 navires par des ingénieurs tchadiens avant de les envoyer en expédition vers l'inconnu, avec ordre de ne pas revenir "sans résultats". Au bout d'un certain temps, un seul navire revînt, les autres ayant été engloutis. L'empereur aurait alors décidé de faire construire une nouvelle flotte et aurait abdiqué en faveur de son frère, partant lui-même sur l'océan pour n'en jamais revenir.

Cette hypothèse conforte ceux qui, arrivés par la suite en Amérique à l'époque des grandes découvertes, y auraient découvert des témoignages et traces de culture africaine, comme Lopez de Gomara ou Pierre Martyr d'Anghiera. Certains vont plus loin et pensent que l'empereur aurait bien atteint le Nouveau Monde, le Brésil précisément, et y aurait fondé une colonie.
Du côté des historiens et scientifiques, on admet que l'empereur, au vu de sa fabuleuse richesse, avait les moyens de ses ambitions mais que, techniquement, les africains de l'époque n'avaient pas de navires capables d'affronter la haute mer, à fortiori un océan inconnu.

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Mali_210

Le plus grand flou entoure donc celui qui est resté dans l'histoire africaine comme "l'empereur voyageur" ou "l'empereur navigateur". La source de cette histoire se trouve principalement dans l’encyclopédie rédigée par Shihab al-Din al-Umari (1300-1349), un historien d’origine syrienne. Ce dernier avait 24 ans quand l’empereur Mansa Musa, successeur de Mansa Ababuraki, de passage à la Mecque, lui raconta l'aventure de son prédécesseur. Le problème, c'est que l'historien ne nomme pas Mansa Ababuraki, il n'y a donc aucune preuve qu'il s'agissait bien de lui.

Il n'empêche qu'à l'époque, on y croit : on a retrouvé des références à l'itinéraire supposé du souverain navigateur, établi par des cartographes catalans, dans deux ouvrages, l’Atlas anonyme de 1375 et la carte de Mecia de Villadestes de 1417. D'autres rappellent que lors de son voyage de 1492, Christophe Colomb était accompagné de trois guides africains, les frères Nino, Pedro, Francisco et Juan. Pedro pilotait la Santa Maria, Juan et Francisco étaient sur la Nina. Pourquoi ces trois guides africains ? Avaient-ils étudié le voyage supposé de l'empereur malien ?

Aujourd'hui, on en reste aux suppositions et le mystère demeure.
Rien ne prouve que le richissime empereur malien ait accompli un tel périple. Mais si c'était vrai, cela signifierait qu'un souverain africain aurait "découvert" l'Amérique, environ 150 ans avant Christophe Colomb...
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeDim 5 Déc - 14:27

Ce n'est pas tant le fait que Christophe Colomb ait « découvert » les Amériques, qui soit important, me semble-t-il - il paraît assez probable que pour des raisons diverses et des accidents variés, d'autres aient pu le faire avant lui ; mais qu'il en soit revenu avec des preuves permettant (en bien ou en mal) d'en démarrer la colonisation, l'époque et la technique aidant. Donc que par hasard, chance, préparation, un roi africain l'ait fait avant lui ne me semble pas déraisonnable. On a vu des traversés bien plus improbables.

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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeDim 5 Déc - 15:49

Alors, je n'y connais rien en navigation maritime mais on sait que certaines peuplades du Pacifique ont été capables de parcourir des distances incroyables et sans escales sur de simples pirogues à balancier, avec uniquement une solide connaissance des courants et de l'astronomie. On sait aussi que les vikings ont probablement atteint le Nouveau Monde et quand on voit un drakkar... On est loin du galion ou du paquebot et ils ont quand-même traversé l'Atlantique avec.

Les africains de l'empereur ignoraient le gouvernail, la boussole ou autres, certes. Mais le Mali, ne l'oublions pas, c'est aussi l'université prestigieuse de Tombouctou, dont nous avons déjà parlé, formidable centre de savoir et de connaissances qui n'avait rien à envier aux universités médiévales. Surtout que beaucoup de savants arabes y séjournaient et étudiaient et on sait qu'en matière d'astronomie et de mathématiques, ils étaient très forts. Déjà fabuleusement riche, l'empereur a pu en plus bénéficier de leur savoir. Il aurait de surcroît demandé à ses ingénieurs de lui construire des navires comme "ceux des anciens égyptiens".
Or, il est très probable que les égyptiens d'autrefois aient réussi la première circumnavigation autour de l'Afrique, sous le règne du Pharaon Nékao II, sous le commandement de capitaines phéniciens. Hérodote en parle et avec des faits et des détails probants.

N'oublions pas aussi l'exploit du navigateur norvégien Thor Heyerdahl qui, dans les années 1970, a traversé l'Atlantique sur un bateau de papyrus semblable à celui qu'utilisaient les anciens égyptiens, du Maroc à la Barbade.

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Thor-h10

(image : britannica.com)

LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Ra10

(image : lopinion.ma)

Alors bien sûr il n'y a aucune preuve et il y a sans doute une grande part de légende dans cette histoire. Mais, à titre personnel, je pense que cela a pu être possible.
En tous cas, pour les navigateurs et rêveurs de l'époque médiévale, il y avait là de quoi enflammer l'imagination...
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeDim 5 Déc - 19:43

Christophe Colomb savait très bien ou il allait et sa "découverte" des Amériques n'était pas fortuite.

En 1488, un navire marchand français (avec à son bord les frères Pinzon compagnons de Colomb pour son grand voyage) qui allait au Cap vert s'est perdu à cause du mauvais temps et s'est retrouvé au cap San Rogue dans l'actuel Brésil près du fleuve Amazone.
4 ans plus tard, Christophe Colomb avec les mêmes frères Pinzon "découvrent" "officiellement" l'Amérique...
On peut donc en conclure que Colomb savait très bien ou ils allait et que cette "découverte" ne doit rien au hasard. Sachant que les frères Pinzon étaient les navigateurs et les cerveaux du premier voyage de Colomb, étant en plus les premiers à poser pieds à terre. On ajoute à ça l'aide des marins portugais et de leurs cartes...

Leif Erikson au début du XIeme siècle donc bien avant Colomb à foulé le sol américain, y formant des colonies, notamment au Canada actuel. Et pourquoi pas ce monarque africain, sachant en effet que les polynésiens ont parcouru de long en large le Pacifique, accostant certainement en Amérique avant Colomb.
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeLun 6 Déc - 22:28

Bon résumé. Il y a aussi une piste sur la découverte des amériques par la Chine.
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MessageSujet: Re: LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS   LES GRANDS EXPLORATEURS/AVENTURIERS Icon_minitimeMar 7 Déc - 1:02

Du côté des chinois je ne pense pas, idéologiquement, politiquement ils ne voyaient pas aussi loin que l'Océan Indien. La Chine impériale se considérait comme le centre du monde, elle n'avait pas vocation à explorer le monde connu et inconnu elle était trop repliée sur elle même. Les expéditions chinoises du XVeme siècle étaient avant tout des opérations de prestige destinées à affirmer la puissance de l'Empire des Ming et à gagner la reconnaissance de royaumes lointains d'où les échanges de produits de luxe, qui relèvent plus de la pratique du tribut que de vraies opérations commerciales. La différence est donc grande avec les expéditions qui partiront d'Europe quelques années plus tard.
Le développement de la marine chinoise des premiers empereurs Ming avait pour motif la protection contre les envahisseurs, et non des explorations lointaines.

Si les expéditions chinoises augmentèrent grandement le prestige de l'Empire dans toute l'Asie, elles n'étaient pas rentables économiquement et ne constituaient pas un enjeu politique primordial, ce qui expliquera que la Chine sabordera sa marine. Tournant le dos à la mer pour regarder vers le nord et les mongols, construisant par la suite la Grande muraille.
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