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 LA FORÊT DES MYTHAGOS

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Astre*Solitaire

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MessageSujet: LA FORÊT DES MYTHAGOS   LA FORÊT DES MYTHAGOS Icon_minitimeMar 23 Juin - 19:46

La forêt des mythagos

de
Robert Holdstock


LA FORÊT DES MYTHAGOS Folios10
Illustration de couverture par Guillaume Sorel




PRÉSENTATION
La forêt des mythagos (Mythago Wood) est un roman de Robert Holdstock (1948 - 2009 ; mort à 61 ans) paru en 1984. Il a été traduit par Éric Provoost sous le titre La forêt des mythimages en 1987 pour les éditions La Découverte, collection Fiction (n°11). Il sera repris en 1990 par Denoël au numéro 7 de la collection Présence du fantastique, avec une nouvelle traduction de William Olivier Desmond, pour le même titre. Puis en 2001, Denoël ressort l'ouvrage dans sa collection Lunes d'encre (n°26), auquel il y adjoint deux autres récits du même auteur se déroulant dans le même univers : Lavondyss (une suite indirecte) et La femme des neiges (qui précède le premier roman). L'éditeur change pour l'occasion le titre qui prend sa forme actuelle. Ce roman ressort en 2004 chez Gallimard dans la collection Folio SF (n°185). C'est l'ouvrage que je possède. Il se constitue d'un récit de 428 pages, comportant un Prologue et trois parties de longueur inégale : Le bois au Mythago ; Les chasseurs sauvages ; Au cœur de la forêt. Cette dernière partie à la particularité d'avoir des titres de chapitre et non pas de simple numéro comme les deux précédents. Enfin, il y a une courte Préface de Brian Aldiss, écrivain britannique né en 1925, connu pour sa trilogie d'Helliconia présentée par Vador59 dans la Bibliothèque de Science-fiction. Cette préface est traduite par Pierre-Paul Durastani.
Il semble que Robert Holdstock ait d'abord écrit une nouvelle de 50 pages portant ce titre - nouvelle qui reçu le prix « British Science Fiction for Short Story » en 1981. Cette nouvelle a été publiée en français aux éditions Alain Dorémieux dans le magazine Fiction n°340, en 1983.
LA FORÊT DES MYTHAGOS Fictio10
Illustration de couverture par Jean-Michel Lucciani


Il l'aurait donc reprise pour sortir trois ans plus tard le roman en question qui gagna pour l'occasion le prix « British Science Fiction for Roman ». L'année suivante La forêt des mythagos reçu le prix « World Fantasy » et en 2003, le prix spécial du Grand prix de l'Imaginaire « pour l'édition de l'ensemble du cycle dans la collection Lunes d'Encre ».

L'HISTOIRE
Nous sommes quelques années après la Seconde Guerre mondiale, en Grande Bretagne, dans le Herefordshire (à l'Est du Pays de Galles). C'est dans ce comté que se trouve la demeure familiale des Huxley, Oak Lodge, en bordure de la vieille forêt de Ryhope, présente d'aussi loin que remonte la mémoire des hommes. Le chef de famille, Georges, était un homme qui depuis des années s'était laissé dominer par l'obsession que cette forêt exerçait sur lui, délaissant sa femme, morte au début de l'histoire, et ses enfants, Christian, l'aîné et Steven. Ce dernier, ne supportant plus l'indifférence paternel, voire le sentiment de nuisance que sa propre présence semblait déclancher chez son père, quitta la maison, participa à la guerre et fini par s'installer en France. C'est là, lorsque s'ouvre le roman, qu'il apprend la mort de son père et qu'il reçoit une lettre de son frère le suppliant de revenir. Ce retour va l'entraîner malgré lui sur les pas de son géniteur, à la poursuite d'une femme surgit du néant et que Christian aime à la folie, Guiwenneth, et va l'obliger d'essayer de percer le secret des ombres que semble laisser s'échapper la forêt, bois que nul ne peut traverser et où même le temps paraît altéré - là où vivent les inquiétants mythagos.

AVERTISSEMENT
De mon point de vue, il est préférable de ne pas lire la quatrième de couverture, ni la Préface (qui apporte très peu), ni les différentes critiques sur le net, car ils gâchent légèrement la surprise de la découverte. L'ensemble de l'histoire nous est narré du point de vue de Steven - nous en savons donc autant que lui. Lire ces deux courts textes, ou leur reprise/commentaire sur internet nous permet d'en connaître davantage et nous empêche de participer pleinement à l'approche du bois et de ses mystères. Vous pouvez par contre lire la critique qui suit sa crainte, elle ne révèle rien de l'intrigue.

MA CRITIQUE
Très clairement, et contrairement au découpage du livre, ce roman se compose de deux parties : celle à l'orée de la forêt et celle dans la forêt. Ce partage n'est pas anodin car les événements qui s'y produisent, de par leur nature, influencent sur la structure externe du récit – et ici à notre sens – directement sur leurs qualités. Nous y reviendrons tout au long de cette opinion.
Disons-le tout de suite, il s'agit là d'un bon roman, voire par moment d'un très bon roman. Les points soulevés ci-dessous ne doivent pas le faire oublier. Holdstock a une main sûre et ferme lorsqu'il écrit. Il sait non seulement où il va, mais comment nous y amener. Cela passe d'abord par son style légèrement fin de siècle (XIXe) où il prend le temps de décrire, de poser une ambiance, d'installer les personnages (qui malheureusement sont parfois évanescent dans leurs développements psychologiques), les situations, mais sans perdre de vue sa narration. C'est très agréable et les premiers chapitres donnent un peu le sentiment de lire un Lovecraft modernisé. Bien souvent ses descriptions sont en accord avec les protagonistes (climat/sensation) et permet au livre d'atteindre une vraie densité narrative et émotionnelle. Malheureusement, lorsque nous abordons la seconde partie, cette force commence à devenir une faiblesse. Tout comme nous, le/les personnages vont découvrir la forêt, soutenus par leurs objectifs personnels et par une sorte de mise en abyme des visions du lecteur dans celles des « explorateurs » ; il n'y a donc plus ici une aussi grande palette d'émotions à présenter, juste comprise entre la surprise et la volonté, et c'est donc le cadre – la forêt – qui par ses modifications, climatiques comme de nature, s'évertue à nous plonger dans une ambiance des origines. Et ici l'auteur n'y parvient pas complètement. Les descriptions semblent se répéter, les « aventuriers » progressent – naturellement – et nous, nous nous ennuyons un petit peu en attendant la conclusion. C'est regrettable. D'autant plus que les procédés utilisées pour modifier la perspective du personnage principal sont autant de moment enrichissants et variés, venant complexifier la linéarité première sans compliquer le récit, et qui permettent au lecteur d'essayer, comme Steven, de saisir les histoires de chacun, de s'intéresser et de plonger dans l'aventure. En effet, l'instance narratrice (qui n'est pas l'auteur) est autodiégetique en focalisation interne : c'est-à-dire que c'est Steven qui nous raconte son périple. Cela permet à l'auteur de serrer sa trame narratrice tout en impliquant le lecteur au même niveau que son personnage. Ce niveau textuel est en outre fréquemment coupé par l'intrusion d'extraits et de voix différentes, souvent issus de carnets ou de journaux intimes, venants livrer des informations, des réflexions, des ressentis, des expériences, des perspectives inattendues, enrichissant la lecture tant sur la trame de l'histoire que dans sa structure temporelle. Cette technique nous immerge, nous fait participer, nous rend actifs et sa maîtrise (quoi que parfois son utilisation soit un peu artificielle et paradoxalement, pas suffisamment variée, multiple, labyrinthique) est une des clés de la qualité de cette œuvre. Tout comme le développement de l'intrigue qui suit une progression savamment étudiée et qui nous distille – sans recherche d'effets d'attente trouvant leur réponse dans le chapitre suivant – les éléments qui vont peu à peu enrichir notre connaissance de la forêt de Ryhope et des mythagos, en n'offrant que quelques rares coups de théâtre – plutôt bienvenus. Seule la seconde partie ne parvient pas à unir convenablement le concept de base avec son aspect narratif, une légère inadéquation qui contribue à éloigner le lecteur de Steven et à ne plus s'intéresser de manière aussi émotionnelle aux différentes péripéties qui lui arrivent – ainsi qu'à leur conclusion. Est-ce pour cette raison que celle-ci laisse sur notre faim, ou plutôt n'apporte pas tous les espoirs que l'on mettait en elle ? Peut-être... En tous les cas, cela nous contraint à refermer l'histoire sur un goût vaguement amer d'inachevé, de non complétude du récit, comme si l'on nous avait privé de la partie la plus essentielle (le dénouement), mais aussi, bien sûr, de la moins importante (nous pouvons sans peine nous réapproprier la fin).
Nous pouvons conclure en affirmant ici que l'on tient un vraiment bon roman de fantasie, très original et à recommander, même s'il nous paraît nécessaire de le situer à un niveau moins élevé que celui où certaines critiques et certains prix l'on placé. Le postulat de départ, le concept à l'origine du livre est excellent, son développement initial jusqu'au nœud de l'intrigue, très bon, mais Robert Holdstock ne parvient pas à tenir la distance, principalement car l'aspect purement romanesque s'est retrouvé étouffé par une transposition trop directe de la réflexion métaphorique conceptuelle. La péripétie pure eut été, de notre point de vue, un moteur bien meilleur et plus secret, étoffant – dans tous les sens du terme – un bois déjà tellement dense, envahissant et mystérieux.

MA NOTE : 14 (catégorie roman littéraire)



Source des illustrations :
NooSFere pour La forêt des mythagos ;
NooSFere pour la revue Fiction.

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