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 Le kenjutsu et le iaido

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 2 Déc - 19:06

cdang a écrit:
La vidéo suivante montre le rapport entre la coupe et la calligraphie...
Je crois me souvenir d'avoir lu une nouvelle d'une anthologie genre Bifrost sur le "Japon fantastique", où une combattante au bâton délivrait un message grâce à ses passes d'armes : j'avais beaucoup aimé l'idée.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 3 Déc - 10:39

Dans La Voie du sabre de Thomas Day (Gallimard, Folio SF), Miyamoto Musashi trace des kanji dans l'air avec son sabre.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeVen 19 Déc - 16:51

Suburi

Le terme suburi (素振り) signifie « sabre nu, dépouillé ». Cela désigne un exercice consistant à faire des coupes dans le vide.

Dans la logique de l'apprentissage japonais, le fait de répéter inlassablement un geste permet d'acquérir le geste parfait. En outre, le geste devient « automatique », il n'est plus nécessaire de penser pour le faire. On peut ainsi combattre en ayant l'esprit vide, donc sans geste parasite permettant de trahir l'intention et d'informer son adversaire.

On s'attache à ne pas mettre de force dans la coupe. En effet, lorsque le sabre est en haut (jodan no kamae), on doit contracter les muscles des bras pour le retenir. Si l'on relâche ces muscles, le sabre descend tout seul sous l'effet de son poids. Il serait contre-productif (plus lent, plus fatiguant) de contracter les muscles moteurs alors que les muscles immobilisateurs sont encore contractés. Ainsi, en s'entraînant à couper sans force, on apprend à relâcher les muscles antagoniste du mouvements, et l'on va vers une plus grande efficacité.

Dans la vidéo suivante, Toshiro Suga, maître d'aikido, explique la tenue du sabre et les principes de la coupe que l'on met en œuvre dans un suburi. Pour info, c'est lui qui jouait le samouraï affrontant James Bond dans Moonraker.

Il manque le début de l'explication. Il explique que le principal rôle du sabreur est de guider le sabre, l'effort à fournir est minimal tant le sabre est bien équilibré, résistant et affuté.



Dans la vidéo suivante, Morihiro Saito, maître d'aikido (qui est resté à s'occuper du sanctuaire shinto du fondateur Morihei Ueshiba jusqu'à sa mort), démontre les sept suburi pratiqués en aikiken (pratique du sabre de l'aikido).



Le travail se concentre là sur plusieurs choses :

  • chaque coupe est unique ; si l'on fait 1 000 coupes, c'est 1 000 fois une coupe ; concrètement, on essaie de ne pas faire un enchaînement « mécanique », le sabre « rebondissant » ; au contraire, chaque coupe a une fin claire ;
  • le shimeru (締める, lier), ou shibori (絞り, essorage) : au moment de l'impact supposé, les poignets se verrouillent ; ici, cela se voit particulièrement par une légère rotation des poignets vers l'avant ; à l'inverse, d'autres pratiquants s'attachent à toujours garder le même angle entre le sabre et les avants-bras, mais font tourner les poignets vers l'intérieur, comme lorsque l'on essore une serpillière (d'où le terme shibori) ;
  • le rôle des hanches et le ki ken tai : on voit le pied avant légèrement se lever lorsqu'il arme, puis se poser au moment de l'impact.

Vers 1:40, on le voit armer en jodan no kamae (garde haute), puis passer en waki kamae (sabre caché derrière), et repasser en jodan no kamae avant de faire une coupe kiri otoshi (cf. message du Lun 17 Nov - 23:11 pour ces termes).

à 4:00, on le voit faire des coupes kiri kaeshi : le sabre monte en protégeant le corps contre une coupe adverse (parade laissant glisser le sabre adverse), puis redescend pour faire la coupe.

La vidéo suivante montre des suburi lors d'un cours de kendo. On remarquera que le professeur (au fond, face à la caméra), contrairement à la plupart des élèves, descend bien son sabre, et marque un léger temps d'arrêt (shimeru) avant de remonter.



Dans la vidéo suivante, le professeur montre deux manière d'armer :

  • la manière combative, à 0:14 : le sabre est au-dessus de la tête ;
  • une des manières éducatives, à 0:27, consistant à laisser tomber le sabre derrière, ce qui oblige à décontracter les épaules ; on dit parfois que l'on « ouvre la poitrine ».




Sur la vidéo suivante, on voit un défaut typique des kendoka : ils ne descendent pas leur coupe, le but en compétition étant de toucher le casque puis de se retirer rapidement.



Pour travailler leur jeu de jambe, les kendoka font parfois des suburi en sautant :



On utilise en général un bokken (sabre en bois) pour faire les suburi. On utilise parfois un sabre en bois plus lourd appelé suburito ; pas tant pour se muscler que pour apprendre à mieux se relâcher. Mais certains se plaignent de tendinite, il faut donc utiliser le suburito avec parcimonie.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 10 Mar - 14:11

Aikiken

L'aikiken, c'est la pratique du sabre (ken) an aïkido. Il se pratique avec un bokken (sabre en bois rigide), habituellement sans tsuba (sans garde).

Quand on pense aïkido, on pense souvent à la pratique à mains nues (projections et immobilisations), mais la pratique des armes (sabre et bâton) en fait pleinement partie, même si c'est plus ou moins enseigné selon les dojo.

L'aïkido provient essentiellement d'une école martiale nommée Daito ryu aikijutsu. À l'époque médiévale, les samouraïs apprenaient à se défendre à mains nues, mais leur arme principale était le sabre. Ils ont donc développé des techniques qui étaient « compatibles » avec la pratique du sabre, c'est-à-dire qui utilisaient les mêmes mouvements de base. Ainsi, en travaillant l'un, on travaille aussi l'autre. C'est donc logiquement que pratique à mains nues et avec un sabre sont liées.

L'aïkido a conservé cette mémoire ; on parle d'ailleurs de tegatana, la « main sabre », pour désigner l'utilisation du tranchant de la main. Morihei Ueshiba, le fondateur, a transformé tout ça avec sa vision pacifiste et mystique.

J'ai déjà présenté des vidéos sur les bases de l'aikiken dans la présentation des suburi ci-dessus (Toshiro Suga et Morihiro Saito).

À la base, le principe aiki est un principe d'efficacité martiale :

  • 合, ai : harmonie
  • 気, ki : énergie, souffle vital ;

aiki signifie donc « harmoniser l'énergie ». Du point de vue martial, cela se comprend de deux manières :

  • utiliser son corps de manière harmonieuse, synchroniser ses gestes, sa respiration, pour utiliser au mieux son corps ; le katana se tient à deux mains, donc les bras travaillent de concert ; et il faut harmoniser l'intention, le mouvement du corps et celui du sabre (ki ken tai) afin que l'adversaire ne perçoive l'intention qu'au dernier moment (trop tard) et afin de ne pas s'exposer alors que la garde est ouverte ;
  • entrer dans le rythme de l'adversaire, gérer la distance en fonction de l'action (mai ai) ; plutôt que de s'opposer à l'adversaire, utiliser son élan contre lui (par exemple qu'il vienne s'empaler lui-même sur notre sabre plutôt que d'avoir nous à fournir l'effort) ; donc, s'harmoniser avec l'adversaire.

O sensei Ueshiba rajoute l'harmonie entre les personnes (pratiquer en bonne entente, dans le respect de l'autre, construire une société harmonieuse), et l'harmonie avec l'univers (ne faire qu'un avec l'univers et devenir ainsi invincible).

Les kata traditionnels ont donc été transformés pour mettre en avant les principes de l'aïkido :

  • awase, l'harmonisation, la synchronisation, la simultanéité : un kata comme ki musubi no tachi se rapproche plus d'une chorégraphie au sabre, les deux partenaires devant s'accorder ;
  • irimi, entrer avec le corps (dans le sens littéral), s'engager dans le mouvement, « prendre le centre » du partenaire ;
  • ma ai, gestion du rythme et de la distance : le sabre étant une extension du corps, il permet de prendre conscience de la direction des bras, de l'effort, il aide à visualiser les directions utilisées à mains nues, et il permet de varier la distance de travail par rapport à la pratique à mains nues ;
  • les saisies des poignets correspondent à un adversaire voulant empêcher de sortir le sabre.

Vidéos de ki musubi no tachi :



Il y a aussi dans l'aïkido des techniques de défense à mains nues contre une attaque au sabre, comme par exemple ci-dessous

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 10 Mar - 19:34

La 3è vidéo est la plus spectaculaire.
Parfois, j'ai du mal à comprendre en quoi la technique est particulièrement réussie, comme sur la 2è vidéo.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 11 Mar - 11:43

Petit décryptage de la 3e vidéo.

Première attaque, Toshiro esquive : il sort légèrement de la ligne d'attaque et pivote (tenkan) pour se retrouver côte-à-côte avec l'attaquant. Puis, il saisit la poignée du sabre avec sa main droite : le sabre se tient à deux mains, la main droite contre la garde (tsuba) dirige le sabre, la main gauche tient le pommeau (kashira) et donne la force à la coupe, il reste donc la place pour une 3e main entre les deux.

Ayant saisi la poignée, il recentre le sabre sur son axe, il est donc en position stable et l'adversaire est déséquilibré ; il fait une coupe dans le vide en plaçant son bras gauche sous le coude de l'adversaire, ce qui projette l'adversaire (conclusion du déséquilibre + clef sur le coude). Cette projection est un ude kime nage, « projection par une clef sur le coude ».

On voit là que l'esquive n'est pas simplement éviter le coup, mais surtout se placer, casser la distance pour ne plus être à la pointe du sabre et pouvoir poser ses pattes sur le partenaire.

Deuxième attaque, Toshiro entre dans la garde de l'attaquant, en plein dans son centre. C'est le principe irimi, « entrer et prendre le centre » (en fait, irimi est composé de deux kanji, le premier signifie « entrer (dans la maison) » et le deuxième représente l'enfant dans le ventre de la mère).

Troisième attaque, Toshiro recule pour éviter le coup et dévie la coupe sur le côté, par un mouvement maki otoshi (rouleau vers le bas ; maki = rouleau, comme pour les maki sushi).

Mais l'attaquant profite de l'impulsion de ce chassé pour réarmer (jodan no kamae) et couper (kiri otoshi). Toshiro esquive à nouveau en tenkan, mais en gardant cette fois-ci une plus grande distance (sécurité), puisqu'il est maintenant armé et à de l'allonge ; il pose son sabre sur celui de l'adversaire pour le gêner, mais en même temps, il saisit le poignet de l'attaquant, et s'écarte pour « créer le vide » (= emmener le partenaire dans un déséquilibre) et le projeter, par la technique kote gaeshi (retournement du poignet), suivie d'une immobilisation.

On voit là la mise en œuvre de quelques principes :

  • tenkan : demi-tour en pivotant, pour sortir de la ligne d'attaque tout en cassant la distance ;
  • ma ai : être à la bonne distance pour pouvoir toucher sans être touché, fermer l'angle d'attaque de l'adversaire tout en se créant une ouverture, être dans le rythme de l'attaque ;
  • centrage (fait partie du shisei, « l'attitude juste », « la bonne posture ») : si mes mains sont liées à celle du partenaire (parce qu'on tient tous les deux la poignée, ou parce que je saisis son poignet), alors mes mains doivent être sur mon axe médian (sagittal), ainsi, je suis en position stable, en position de force, et mon partenaire est déséquilibré ;
  • irimi : entrer en prenant le centre ;
  • créer le vide : m'effacer pour que l'adversaire coupe dans le vide, m'effacer pour entraîner le partenaire dans le déséquilibre.

Ceci permet de comprendre en quoi un kata plus « abstrait » comme ki musubi no tachi (les deux premières vidéos) peut être « réussi » : il s'agit de travailler les mêmes principes, mais en enlevant la notion d'urgence. Détaillons :

  1. On part d'une garde seigan no gamae, et on passe en garde jodan no gamae puis waki kamae en étant synchrone : travail du awase (lien), être attentif à l'autre, dans son rythme, vigilance (zanshin), travail de la distance (ma ai). Le travail du lien awase est une constante de ce kata.
  2. Le partenaire « attaquant » (n°1, à gauche sur la 1re vidéo) monte en jodan no gamae (il arme son coup) et fait une coupe kiri otoshi en avançant. Le partenaire « défenseur » (n°2, à droite, Morihiro Saito) fait le même mouvement, mais avec un déplacement différent ; il crée le vide, décentre le partenaire tout en restant centré, et menace les poignets.
  3. Le partenaire n°1 reprend de la distance (recule pour se mettre en sécurité) en armant son coup (garde jodan) ; comme « aspiré » (vigilance, zanshin, on réagit au quart de tour), le partenaire n°2 effectue un coup d'estoc (tsuki), mettant en pratique le principe irimi.
  4. Le partenaire n°2 arme (garde jodan) ; le vide qu'il crée en retirant son sabre permet au partenaire n°1 de faire sa coupe kiri otoshi. C'est un piège, il s'agit d'attirer le sabre là où l'on veut. Le partenaire n°2 se décale (crée le vide) puis effectue une coupe kiri otoshi sur la tête (men), mais en maîtrisant sa coupe, il s'agit d'effrayer l'adversaire pour annuler sa volonté agressive, de lui montrer qu'il est en position de faiblesse. N°2 descend son sabre sur les poignets pour empêcher un mouvement de sabre (on laisse la vie sauve, mais on reste vigilant, zanshin).
  5. N°1 décide tout de même de tenter sa chance. À nouveau comme aspiré (zanshin), n°2 monte son sabre pour maîtriser les poignets, les trancher si n°1 décidait de terminer son attaque.


La 2e vidéo est plus dynamique, mais on remarque que la distance initiale est plus grande, ce qui est àmha une erreur.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 18 Mar - 17:58

L'école Musô shinden de iaido


Le terme iaido (居合道) signifie « la voie de la vie en harmonie ». On peut y voir les notions de « sabre qui donne la vie », des principe aiki et ki-ken-tai, bref acquérir une rigueur morale (voie, do) et une manière harmonieuse d'utiliser son corps. D'une exigence martiale, c'est devenu un objectif de « développement personnel » (pour faire à la mode).

Il existe plusieurs écoles. Je vais vous parler de celle que je connais, la Musô shinden ryû.

Musô shinden ryû (夢想神伝流) : « école (ryû) développée selon une vision divine apparue lors d'un rêve ».

Cette école subdivise son enseignement en trois niveaux :

  • shoden, enseignement débutant : il s'agit des kata de l'école Omori ryû ;
  • chuden, enseignement moyen : il s'agit des kata de l'école Hasegawa Eishin ryû ;
  • okuden, enseignement profond.


Le niveau shoden, Omori ryû, consiste essentiellement en des kata démarrant à genou. Le niveau chuden, Hasegawa, consiste en des kata pour lesquels on démarre assis par terre, dans une sorte de position en tailleur avec un genou relevé, position dite tate hiza. Le niveau okuden comprend une série en tate hiza et une série debout (tachi hiza).

Omori ryû

La base de l'enseignement est donc la série Omori ryû. Comme souvent, le premier mouvement contient la totalité de la série, c'est-à-dire qu'il faut le maîtriser pour espérer maîtriser les autres kata, et les autres kata exploitent les principes travaillé dans le premier kata.

Le premier kata est donc shohatto (début avec le sabre vers l'avant) ; l'école Seitei iai a un mouvement similaire simplement appelé mae (devant).

On imagine deux samouraïs assis face-à-face, à genou, en train de parlementer. C'est tendu, ils sont armés, mais placés à une distance suffisante, hors d'atteinte mutuelle. Et là, c'est le drame, ils saisissent leurs sabres.

Le pratiquant incarne plus rapide. Il commence par saisir son sabre par un mouvement des mains et avants-bras, mais sans bouger les coudes ni les épaules, afin que le mouvement soit imperceptible. Avec le pouce, il déverrouille la lame : le habaki est une pièce attenante à la garde et qui frotte avec le fourreau (saya), empêchant le sabre de tomber, il faut donc dégager le habaki. Puis, il décolle ses fesses et tirant le sabre vers l'avant et le fourreau vers l'arrière.

Le travail simultané des deux mains est fondamental.

Arrivé en position haute (mais toujours à genou), son bras droit est en extension vers l'avant, le fourreau est tiré au maximum vers l'arrière (tout ensemble, ki ken tai), il tourner alors la lame et le fourreau pour que la lame soit à plat, dégage la pointe de la lame du fourreau, et le sabre jaillit comme un cran d'arrêt en même temps qu'il avance en levant un genou.

Ce mouvement, dit nuki tsuke, est insuffisant pour toucher l'adversaire, mais est une menace l'empêchant de dégainer.

Pour pouvoir le toucher, il faut armer le sabre et avancer, mais si l'on fait cela, l'adversaire peut dégainer, et il est lui en mesure d'avancer et donc de toucher. On avance donc le corps en ramenant la jambe arrière ; la pointe se rapprochant, l'adversaire est obligé de reculer et se retrouve déséquilibré, dans l'impossibilité de dégainer. Ce mouvement de menace, souvent difficile à voir, s'appelle seme.

On arme alors le sabre, par le mouvement du furi kabute, et en même temps on ramène le fourreau en position pour ne pas être gêné. Puis avance à genou en effectuant la coupe, mouvement dit kiri tsuke.

L'adversaire est mort, mais le pratiquant reste vigilant (zanshin), un autre adversaire peut survenir (comme on le verra avec le mouvement inyoshintai).

Dans la vraie vie, le combattant se mettrait certainement debout, pour attendre ses adversaire de pied ferme, puis, voyant qu'il n'y a plus de danger, irait essuyer sa lame sur le kimono de sa victime. Travailler ceci n'apporterait rien. On remplace donc cet essuyage par un mouvement plus esthétique, mais faisant travailler l'équilibre et les muscles des jambes : le pratiquant fait un grand mouvement de sabre, comme pour chasser le sang, tout en se relevant, mouvement appelé chiburi.

Puis, on rengaine le sabre, mouvement dit noto ; là encore, on travaille avec les deux mains en simultané. Le pratiquant se relève et revient à sa place, fin du kata.

Ce kata est ensuite effectué en supposant une attaque par le côté gauche, le côté droit, et par derrière (sato, uto et atarito). Il est effectué plus tard debout (koranto). On en fait une variation dans laquelle, après avoir abattu un premier ennemi, il rengaine mais on doit à nouveau dégainer pour affronter un deuxième ennemi (inyoshintai, puis gyakute inyoshintai). Il y a donc 7 mouvements sur exactement le même principe (sur les 12 que comporte la série).

Les mouvements sur la vidéo suivante sont démontrés à deux, puis seul ; la pratique se fait normalement seul.

Par rapport aux mouvements que j'ai expliqués, on voit :

  • shohatto : 0:10–1:23 ;
  • sato : 1:24–2:32 ;
  • inyoshintai : 2:33–3:58 ;
  • koranto : 8:37–9:09 ;
  • gyakute inyoshintai : 10:05–11:23 (fin).




Dernière édition par cdang le Jeu 19 Mar - 11:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 18 Mar - 22:16

Lors du chiburi, le mouvement est-il réellement justifié pour chasser le sang de la lame ?
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeJeu 19 Mar - 11:39

VIC a écrit:
Lors du chiburi, le mouvement est-il réellement justifié pour chasser le sang de la lame ?
C'est un mouvement symbolique, et aussi l'occasion de continuer le travail (de la posture notamment) après la coupe, donc de prolonger le temps pédagogique. Le sang, c'est un peu gras, ça part pas comme ça, et en plus il doit y en avoir un paquet sur la lame.

Comme je l'ai écris, dans la vraie vie on devait aller essuyer la lame sur le kimono du perdant.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeVen 20 Mar - 11:48

Omori ryû [2]

J'ai oublié deux kata lorsque j'ai mentionné les kata dérivant directement du premier (shohatto) :

  • seichuto : 7:41–8:36 sur la vidéo précédente ; similaire à uto, on se fait attaquer par la droite ; mais le mouvement utilisé pour interrompre l'attaque (nuki tsuke) est plus « explosif », et consiste à une coupe en diagonale (kesa giri) pour bloquer le bras de l'adversaire ; le mouvement se termine debout ;
  • gyakuto : 6:19–7:40 : au démarrage, on se lève en reculant pour échapper à la coupe ; le coup d'arrêt  nuki tsuke consiste à frapper le front (mais à une seule main, donc peu de force) pour déséquilibrer l'adversaire avant de le trancher ; puis, on s'approche et on vient lui trancher la carotide.

Donc 9 mouvements sur 12.

Restent :

  • ryuto : 4:00–5:03, on se fait attaquer par la droite, on se lève pour sortir de la ligne d'attaque et on contre-attaque ;
  • batto : 9:12–6:18 : c'est un mouvement qui se fait sur place ;
  • junto : 5:04–6:18 : ce mouvement est particulier, on y joue le rôle du kaishakunin, celui qui assiste le samouraï lors du seppuku (suicide rituel par éventration) ; on remarque que le tranchage de la tête se fait en deux temps ;

    1. On tranche les vertèbres, mais on laisse un bout de gorge pour que la tête reste accrochée et ne roule pas.
    2. Par un petit geste, on coupe ce qui reste pour que la tête tombe devant le corps.




Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 20 Mai - 18:25

Bon, allez, ya un moment où il faut prouver ce que l'on avance...

https://www.dailymotion.com/video/x2qtyzk_5-kata-muso-shinden-ryu_sport
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeDim 24 Mai - 19:42

Tout ceci a germé ces derniers mois et j'ai repris une activité physique régulière maintenant. La remise en forme est en marche. L'idée de pratiquer à nouveau des arts martiaux me tente également, mais je n'ai pas le temps pour ça, et ma condition physique est encore trop courte.
Mais bon, si je poursuis sur le même rythme, je pourrais étudier la question plus sérieusement dans un an. En attendant, je poursuis mes efforts. Et le ldvelhdo.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeJeu 22 Oct - 13:31

Bon, bin je crois que j'ai encore quelques progrès à faire…

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 24 Mai - 12:28

L'observation d'une coupe de bambou révèle les défauts de l'escrimeur : A Demonstration of Perfect Samurai Swordsmanship, Smithsonian Channel, 25 mars 2014


Sinon, sur un sujet connexe, l'art de la naginata (薙刀) : The Vicious Sword Female Samurai Favored, Smithsonian Channel, 28 août 2015


男子団体基本 - Men's dantai kihon (group basics drill), Akashika, 13 décembre 2014
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 24 Mai - 17:51

cdang a écrit:
L'observation d'une coupe de bambou révèle les défauts de l'escrimeur : A Demonstration of Perfect Samurai Swordsmanship, Smithsonian Channel, 25 mars 2014


[/youtube]

waow!le mec qui va jusqu'a scruter le morceau de bambou dans ses moindres détails pour juger du degré de perfection de la coupe...ça me laisse rêveur...
C'est décidement pas un Europeen qui s'embarrasserait  d'un tel détail..
Les Japonais et leur goût immodéré pour la perfection me fascineront toujours.
En tout cas,j aimerais bien que les lames de ma tondeuse à gazon soient aussi éffilées que celle de leur Katana,elle en aurait bien besoin...
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitime

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