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 Le kenjutsu et le iaido

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cdang

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 18 Nov - 10:28

Gorak a écrit:
Voilà un art martial qui me conviendrait bien. Enfin, si je ne suis pas trop âgé pour commencer.

Par contre, l'équipement ne doit pas être donné, non ?

Concernant le kenjutsu (pratique au sabre en bois) :

on parle de do, de « voie ». C'est une pratique qui est normalement accessible à tous, quel que soit l'âge. Le problème est peut-être plus de trouver un dojo.

Le sabre, et aussi de bâton court (jo), se travaillent en aïkido. La pratique des armes est souvent liée à la pratique à mains nues, mais certains dojo proposent des cours d'arme à part. Tu peux donc aller voir le dojo d'aïkido du coin et leur demander (c'est un art martial assez répandu en France, il y en a un peu partout). Tu peux aussi aller voir un dojo de kendo et leur dire que tu ne t'intéresses qu'au travail de kata, voir s'ils ont quelque chose à te proposer.

Le sabre se pratique aussi dans d'autre arts, comme le ninjutsu.

Les dojo pratiquant spécifiquement le kenjutsu sont plus rares, faut chercher.

Le matériel, c'est juste une veste de kendo (un kimono de judo peut aussi convenir, ça se trouve dans tous les magasins de sport, la différence est que veste de kendo est plus longue et peut donc se porter sans pantalon, et est bleue foncé ou noire, compter env. 30 à 50 EUR), un hakama (jupe culotte, compter 80 EUR) et un bokken (sabre en bois, compter 15 EUR).

Concernant le iaido (l'art de dégainer) :

la principale limitation physique, c'est qu'il y a des mouvements à genou, donc ça dépend de l'état de tes genoux. On peut bien sûr se contenter de pratiquer debout, il y a plein de mouvements debout, l'enseignant devrait en principe s'adapter à l'élève.

Cela peut se pratiquer au sein du Comité national kendo (Fédération de judo), ou au sein de la Fédération européenne de iaido (ce sont souvent des dojo d'aïkido).

La pratique du iai inclue en général du kenjutsu.

Les vêtements sont les mêmes que pour le kenjutsu. Au départ, on peut pratiquer avec un bokken, et éventuellement un fourreau (saya) en plastique (env. 20 EUR) ; j'ai fait ça pendant 2 ans. L'achat d'un iaito (lame en métal) est un investissement de quelques centaines d'euros, il faut voir ça avec l'enseignant. On peut en acheter en ligne, de bonne qualité et à un prix raisonnable ; bien sûr, rien ne remplace le fait de l'essayer dans une boutique (en particulier concernant la longueur de la lame), mais faut en trouver (sur Paris, l'excellent Zanshin ayant fermé, il doit rester Budo Store et Nippon Budo).
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Gorak

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 18 Nov - 13:15

Oui, c'est surtout la partie des katas qui m'intéresse. Je pourrais combiner cela à ma pratique du Tai-Chi.

Mais bon, encore faudrait-il trouver un club dans les parages, et ça c'est pas gagné... c'est à peine si j'ai pu trouver un club de Tai-Chi à côté de chez moi.

Parce que, bien qu'ayant le permis, je ne possède pas de voiture. Et à partir d'une certaine heure le soir, il n'y a plus de bus pour rentrer chez moi.

Et oui, ce sont les inconvénients d'habiter dans une ville moyenne de province... Smile
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cdang

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 18 Nov - 14:40

Perso, je vais au dojo à vélo  Wink

Si tu habites bien à Montbéliard, le site du Comité national kendo indique un dojo à Belfort (Yushikan, École Primaire Jean Jaures - 112 avenue Jean-Jaurès ; bon, à vélo ça fait quand même une trotte, tu as peut-être des concitoyens qui pourraient te covoiturer).

Le site de la FFAAA (prononcer « 2F3A ») me donne un dojo d'aïkido à Montbéliard (Zanshinkan Aikido, complexe sportif de la Lizaine, route d'Héricourt). Le site de la ligue de Franche Comté de la FFAB (l'autre fédé d'aïkido) donne plusieurs dojo dans le Doubs.
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VIC

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 18 Nov - 21:00

Idem que Gorak, cet art martial m'intéresse, notamment les katas. Mais bon, pas le temps pour l'instant. Peut-être dans 3 ou 4 ans ^^
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 19 Nov - 9:50

Pour toi Vic, sur Paris, c'est plus simple, il y a plusieurs dojo d'un peu tout. Et si tu acceptes de franchir le périph', je peux même t'indiquer mon ancien prof, qui est en outre devenu un ami, et qui reste pour moi un modèle de rigueur en budo (il ne cherche pas à attirer ou à garder ses élèves avec des activités « ludiques »).
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cdang

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeVen 21 Nov - 17:36

Le ki-ken-tai

Arf, dans les principes que l'on cherche à développer dans le kenjutsu (shisei, zanshin, ma ai, te no uchi, ha suji), j'ai oublié le ki-ken-tai. Ça tombe bien, ça va me permettre de développer un peu.

Donc :

  • ki (気), l'énergie qui baigne l'univers et insuffle la vie ;
  • ken (刀), le sabre ;
  • tai (体), le corps.

Revenons à l'idéal du combattant : il doit faire le vide dans son esprit, à la fois pour ne pas être troublé et bénéficier de toutes ses capacités mentales, mais aussi pour ne pas avoir de geste parasite. Ici, ki peut se traduire par intention : si je pense à mon attaque avant de l'exécuter, je vais avoir des gestes parasites qui vont indiquer à mon adversaire que je vais déclencher l'attaque ; il pourra utiliser ces signes (armenent du coup, plissement des yeux, …) pour déclencher lui-même son attaque, que je ne pourrai parer car je suis obnubilé par le geste que j'ai prévu de faire (notion de sen no sen, initiative simultanée, et de sen sen no sen, initiative anticipée).

Donc, je dois déclencher mon attaque au moment où je l'envisage, mon ki doit être synchrone avec mon attaque.

Mon attaque est bien évidemment un mouvement du sabre, ken. Mais c'est aussi un mouvement du corps, tai : en garde (kamae), chaque assaillant se place hors de portée du sabre de l'adversaire, mais pas trop loin pour n'avoir qu'un pas à faire pour pouvoir toucher (ma ai, gestion de la distance). Donc, mon corps doit avancer en même temps que mon sabre coupe : pas avant, car alors je m'expose avant de trancher mon adversaire, pas après, car alors ma distance est insuffisante au moment de la coupe.

Je dois donc travailler à unifier l'intention ki, le sabre ken et le corps tai dans le même mouvement.

Les kendoka disent : ki ken tai no ichi (ichi = un). L'arbitre peut juger de  l'unification du sabre et du corps ; pour pouvoir juger de l'unification d'iceux avec l'intention, l'attaquant doit crier l'endroit qu'il vise (men pour le casque, do pour la cuirasse, kote pour les poignets).

Au kenjutsu, on ne peut travailler que l'unification ken tai, puisque le mouvement à faire est prévu à l'avance (kata). Dans un premier temps — je dirai presque « naïvement » —, on arme la coupe (on prend le kamae de départ), on commence le pas en même temps que la coupe, on termine le pas en même temps que la coupe.

Mais le travail du corps est en fait un travail de hanches (koshi) : on peut bouger les jambes en restant sur place (faire du moonwalk), ce qui est important n'est pas en fait le mouvement des jambes mais le mouvement des hanches. Ce concept est très important pour les japonais, d'ailleurs, les hanches ont une signification mystique :

  • une respiration « normale » se fait en gonflant et dégonflant le ventre (mouvement du diaphragme, les épaules ne bougent pas) ;
  • la mère porte l'enfant dans le ventre ;
  • de fait, la circulation du ki est supposée passer par un point situé sous le nombril, le seika tanden (les chinois l'appellent dantian, c'est un des chakra des indiens) ;
  • sans doute de là la forte symbolique de l'éventration dans le suicide rituel, le seppuku.

Donc, le mouvement du corps, c'est d'abord le mouvement du ventre, des hanches (et d'ailleurs, les hanches portent le reste du corps).

Donc, dans une deuxième phase du travail, c'est le mouvement des hanches qui est important : le pied se pose de manière légère avant la fin de la coupe, et une partie du poids du corps est transférée sur le pied avant, via un mouvement des hanches (une légère rotation) au moment où la coupe se termine. Ainsi, vu de l'extérieur, le pied est en avance sur le sabre, mais la hanche est synchrone. Cela aussi est ki ken tai.

On retrouve ce concept dans la manière « théorique » de donner un coup de poing en avançant (tsuki) au karaté : le pied se pose légèrement, puis le poids est transféré au moment où le poing part (mouvement du bras et de la hanche). On voit bien ce travail de hanche au karaté sur la vidéo suivante :

en statique, ou voit le mouvement de hanche entre 02:00 et 02:05, puis il est démontré dans la plage 02:25-02:35 ; on voit le mouvement de hanche en avançant dans la plage 03:56-04:04.

Le ki ken tai est donc la manière jugée la plus sûre de porter une attaque :

  • en n'ayant pas d'intention jusqu'au moment de l'attaque, je reste vigilant et je peux effectuer une parade ou une esquive (go no sen, l'adversaire a l'initiative) si l'adversaire décide d'attaquer avant ;
  • en étant attentif, je peux aussi percevoir les signes avant-coureurs d'une attaque et donc attaquer alors qu'il est lui-même obnubilé par son intention d'attaque (sen sen no sen) ;
  • moi-même, je ne trahis pas mon intention d'attaque puisque je déclenche mon attaque au moment même où je l'envisage ;
  • j'engage mon corps (mes hanches) au bon moment, donc je m'expose au minimum tout en ayant la puissance maximale au moment de l'impact ;

je travaille cela en faisant attention, lors des kata, à synchroniser le mouvement des hanches avec celui du sabre.
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VIC

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeVen 21 Nov - 18:44

Oui, merci bien, tu peux toujours me donner par mp les coordonnées de ton ancien prof, même si il est peu probable que je choisisse de franchir le périf, mais bon, on ne sait jamais...

Est-ce que le chi n'est pas en fait lié à l'expulsion brutale de l'air ? C'est ce qu'il me semblait. Je me demandais si le cri (le kaï je crois) partait du même principe (en dehors du fait d'impressionner l'adversaire pour lui faire perdre un temps de réflexe).

Citation :
pour pouvoir juger de l'unification d'iceux avec l'intention, l'attaquant doit crier l'endroit qu'il vise (men pour le casque, do pour la cuirasse, kote pour les poignets).
Je me demande ce qui ce passerait si un combattant annonçait d'autres endroits à la place, ça devrait faire une sacrée pagaille.

Concernant la vidéo, je les vois pratiquer des mouvements opposés (avancer le bras droit tout en reculant le bras gauche). Il me semble que ces mouvements opposés permettent ou plus de rapidité, ou plus de force. Est-ce faux ? Merci.

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeVen 21 Nov - 23:37

VIC a écrit:

Est-ce que le chi n'est pas en fait lié à l'expulsion brutale de l'air ? C'est ce qu'il me semblait. Je me demandais si le cri (le kaï je crois) partait du même principe (en dehors du fait d'impressionner l'adversaire pour lui faire perdre un temps de réflexe).
Pour ce que j'en sais, le ki est une croyance mystique, c'est l'énergie de l'univers. À l'époque où on ne connaissait pas l'oxygène, la respiration permettait de faire le plein de ki et de le distribuer dans le reste du corps (en passant par le seika tanden). Mais il y a aussi une réserve de ki interne qui s'épuise, ce qui provoque le vieillissement.

On a en tête le kiai des karatékas. Le kiai est en fait une extension du ki interne, une manière de le projeter. Cela peut se faire par l'intermédiaire d'un cri, mais apparemment pas que ; et le cri n'est pas forcément violent, l'important est qu'il soit, je crois, « intense » (de même qu'un chanteur pro peut avoir une voix « dense » sans forcément chanter fort, alors que Jane Birkin a une voix éthérée même lorsqu'elle chante fort). Et de toute manière, il doit provenir du ventre (du seika tanden) ; les joueurs d'instrument à vent appellent ça la colonne d'air (la contraction des abdos et du diaphragme permet de maîtriser la pression).

Citation :
men-do-kote
Je me demande ce qui ce passerait si un combattant annonçait d'autres endroits à la place, ça devrait faire une sacrée pagaille.
Euh, c'est uniquement dans l'optique d'une compétition de kendo, pour pouvoir sanctionner une erreur. Sur le champ de bataille, tu parles qu'on s'en fout.

Citation :

Concernant la vidéo, je les vois pratiquer des mouvements opposés (avancer le bras droit tout en reculant le bras gauche). Il me semble que ces mouvements opposés permettent ou plus de rapidité, ou plus de force. Est-ce faux ? Merci.
Je ne suis pas karatéka, mais je vois les choses comme ça :
  • dans la garde (kamae), on a une main devant qui permet de maintenir l'adversaire à distance, de parer un coup, et éventuellement de saisir ce qui passerait à proximité ; reculer ce bras pendant que l'autre frappe permet simplement d'inverser la garde, donc d'avoir toujours un bras devant en protection et un bras armé prêt à frapper ;
  • l'échange des bras permet de faire participer tout le tronc, de la hanche à l'épaule, à la frappe, et donc de mettre plus de puissance ;
  • peut-être que replier le bras permet un relâchement de certains muscles facilitant la frappe de l'autre bras ; là, j'essaie de frapper en maintenant le bras devant, c'est pas « naturel » et ça me gêne un peu.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeVen 28 Nov - 11:53

Saya no uchi


  • saya (鞘) : le fourreau ;
  • uchi (内) : dedans ;

le terme saya no uchi désigne donc les techniques pratiquées en gardant le sabre dans le fourreau. On peut les pratiquer avec un bokken (sabre en bois) en imaginant qu'il est dans un saya.

À l'origine, il pouvait s'agir de techniques non-létales, par exemple pour corriger un paysan sans le tuer, mais surtout de techniques d'urgence : si l'on n'a pas le temps de dégainer, ou si un adversaire nous empêche de dégainer — en saisissant le poignet ou la poignée du sabre par exemple. Dans ce cas-là, on peut utiliser les parties non tranchantes du sabre pour frapper ou comme levier pour une clef de poignet (par exemple).

La vidéo suivante montre un agresseur volant le sabre de sa victime pour l'utiliser contre lui.



Contrairement au fourreau européen qui est attaché à la ceinture par des sangles, le saya est juste glissé dans la ceinture ; un cordon, le sageo, est noué à la ceinture et empêche le vol du saya. Mais le saya est mobile dans la ceinture et peut être éventuellement complètement dégagé.

Le kenjutsu et le iaido - Page 2 360px-Illustration_of_samurai_wearing_various_types_of_armor_by_Brian_Snoddy
Le saya est simplement glissé dans la ceinture.

Une technique saya no uchi simple consiste à donner un coup avec le pommeau du sabre (kashira) : on saisit la poignée (tsuka) de la main droite et le saya de la main gauche, comme pour dégainer, mais les deux mains vont vers l'avant. En application martiale, on vise en général le plexus solaire (le bas du sternum, il y a un os assez fragile, le xyphoïde), ou la gorge ; à l'entraînement, on frappe plutôt les abdos. La frappe fait reculer l'adversaire, ce qui laisse la place pour dégainer — il suffit de faire glisser le saya vers l'arrière en maintenant le bras droit (qui tient la poignée) tendu —, puis trancher.

La vidéo suivante montre un kata de l'école Seitie iai. Le pratiquant est attaqué des deux côtés ; il frappe l'adversaire devant lui avec le kashira, puis dégaine et pique l'adversaire derrière lui, et enfin se retourne vers le premier adversaire et le tranche.



Si un adversaire tente de saisir la poignée en venant de la droite (le sabre est porté sur la flanc gauche), on s'éloigne avec un pas sur le côté gauche ; la main gauche tire le saya vers la gauche (pour éloigner encore plus la poignée). De la, on peut faire un arc de cercle vers le haut pour frapper l'adversaire avec la garde (tsuka).

La vidéo suivante montre les kata de la série Hasegawa (niveau moyen de l'école Muso Shinden ryu). On voit ce mouvement de frappe vers 02:55 (la technique est suivie d'un dégainage et d'une coupe)


Si un adversaire réussit à saisir la poignée, il ne va plus la lâcher — ayant commencé les hostilités, il n'a aucun intérêt à libérer le sabre. On pose la main droite par dessus la main de l'adversaire, et la main gauche sur le saya, puis on fait un petit mouvement circulaire (mawashi) avec la poignée pour tordre son poignet (kote mawashi, que les aïkidokas appellent nikyo). Ce mouvement part des hanches : ce sont les hanches qui bougent, les mains étant posées sur la poignée et le saya pour que le sabre bouge de manière solidaire. Ainsi, on utilise les muscles des jambes, les plus puissants.

Si un adversaire saisit le saya par derrière, il peut déséquilibrer le porteur pour pouvoir ensuite lui voler son sabre (comme dans la première vidéo). Dans ce cas là, on peut se dégage par un pas, toujours en saisissant la poignée et le saya de la même manière.

On voit ce mouvement dans la vidéo précédente, vers 05:38 (également suivi d'un dégainage, puis d'une pique).

En ninjutsu, ils ont des techniques saya no uchi utilisant la cordelette sageo pour immobiliser ou étrangler l'adversaire.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 2 Déc - 12:55

Le hasuji


  • ha (刃) : le tranchant de la lame ;
  • suji (筋) : ligne ;

le hasuji désigne l'angle que fait la lame avec la cible. Le terme suji désigne la partie de la chair qui donne la force (muscle, tendon) mais aussi la corde de l'arc (initialement en tendon) ; on peut donc le comprendre comme étant la manière dont les muscles donnent la force au tranchant. Suji désigne aussi la ligne ; dans cette dernière acception, on pourrait y voir un rapport avec la calligraphie : la trace du sabre dans le corps est telle la trace du pinceau sur le papier. La ligne donne aussi le chemin, le chemin dans l'air et à travers le corps.

Le concept est assez clair lorsque l'on considère le batto do, la coupe de nattes de paille. La vidéo ci-dessous montre un exercice de coupe selon quatre plans différents : shiho giri, coupe dans les quatre directions (le même terme peut désigner d'autres types d'exercice). On voit également le reishiki (étiquette, protocole qui précède et qui suit l'exercice).



La vidéo suivante montre le rapport entre la coupe et la calligraphie. L'exercice s'appelle happo giri, coupe dans les huit directions (là encore, le terme peut désigner un autre type d'exercice). Le mouvement étant plus lent que sur la vidéo précédente (il n'y a pas besoin d'avoir une vitesse à l'impact), on peut bien voir l'orientation de la lame sur chaque coupe.



Avec un shinai (sabre souple de lamelles de bambou), le concept est moins évident : en effet le sabre est cylindrique. Toutefois, une cordelette, le tsuru, relie la pointe à la poignée, comme un hauban, et donne une légère courbure au shinai. Le tsuru matérialise le dos de la lame (mune), et donc la touche n'est validée que si c'est la partie opposée au tsuru qu touche l'adversaire.

La forme du bokken (sabre de bois rigide), et encore plus celle du iaito (katana non affûté), reproduit celle du katana, le tranchant (ha) est clairement matérialisé. Le pratiquant s'attache, lors des exercices, à bien orienter sa lame dans le sens de la coupe. En particulier, lorsque l'on est en garde (kamae), la lame doit déjà avoir l'orientation de la coupe.

Le kenjutsu et le iaido - Page 2 320px-Kodachi_ja_tanchikuto_1
Bokken (gauche) et shinai (droite). Le tranchant (ha) est vers la droite de l'image. On voit nettement le tsuru.

On pourra bien sûr critiquer que si une garde donne une seule possibilité de coupe, il n'y a pas d'effet de surprise. On en revient au fait que l'on pratique un do, une voie de progression continue, et non pas un jutsu, une pratique visant à vaincre.

Au iaido, on cherche à couper dans la continuité du dégainage, même si cette première coupe, le nuki tsuke, est souvent plus une menace destinée à stopper l'attaque qui vient qu'un tranchage de l'adversaire. Le fourreau doit donc être orienté dans le sens de la coupe. Toutefois, pour éviter que l'adversaire ne puisse prédire la coupe qui va être faite, le dégainage se fait toujours avec la lame dans le plan vertical (tranchant vers le haut), puis le fourreau tourne durant le dernier tiers du dégainage.


Dernière édition par cdang le Mer 3 Déc - 11:11, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 2 Déc - 19:06

cdang a écrit:
La vidéo suivante montre le rapport entre la coupe et la calligraphie...
Je crois me souvenir d'avoir lu une nouvelle d'une anthologie genre Bifrost sur le "Japon fantastique", où une combattante au bâton délivrait un message grâce à ses passes d'armes : j'avais beaucoup aimé l'idée.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 3 Déc - 10:39

Dans La Voie du sabre de Thomas Day (Gallimard, Folio SF), Miyamoto Musashi trace des kanji dans l'air avec son sabre.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeVen 19 Déc - 16:51

Suburi

Le terme suburi (素振り) signifie « sabre nu, dépouillé ». Cela désigne un exercice consistant à faire des coupes dans le vide.

Dans la logique de l'apprentissage japonais, le fait de répéter inlassablement un geste permet d'acquérir le geste parfait. En outre, le geste devient « automatique », il n'est plus nécessaire de penser pour le faire. On peut ainsi combattre en ayant l'esprit vide, donc sans geste parasite permettant de trahir l'intention et d'informer son adversaire.

On s'attache à ne pas mettre de force dans la coupe. En effet, lorsque le sabre est en haut (jodan no kamae), on doit contracter les muscles des bras pour le retenir. Si l'on relâche ces muscles, le sabre descend tout seul sous l'effet de son poids. Il serait contre-productif (plus lent, plus fatiguant) de contracter les muscles moteurs alors que les muscles immobilisateurs sont encore contractés. Ainsi, en s'entraînant à couper sans force, on apprend à relâcher les muscles antagoniste du mouvements, et l'on va vers une plus grande efficacité.

Dans la vidéo suivante, Toshiro Suga, maître d'aikido, explique la tenue du sabre et les principes de la coupe que l'on met en œuvre dans un suburi. Pour info, c'est lui qui jouait le samouraï affrontant James Bond dans Moonraker.

Il manque le début de l'explication. Il explique que le principal rôle du sabreur est de guider le sabre, l'effort à fournir est minimal tant le sabre est bien équilibré, résistant et affuté.



Dans la vidéo suivante, Morihiro Saito, maître d'aikido (qui est resté à s'occuper du sanctuaire shinto du fondateur Morihei Ueshiba jusqu'à sa mort), démontre les sept suburi pratiqués en aikiken (pratique du sabre de l'aikido).



Le travail se concentre là sur plusieurs choses :

  • chaque coupe est unique ; si l'on fait 1 000 coupes, c'est 1 000 fois une coupe ; concrètement, on essaie de ne pas faire un enchaînement « mécanique », le sabre « rebondissant » ; au contraire, chaque coupe a une fin claire ;
  • le shimeru (締める, lier), ou shibori (絞り, essorage) : au moment de l'impact supposé, les poignets se verrouillent ; ici, cela se voit particulièrement par une légère rotation des poignets vers l'avant ; à l'inverse, d'autres pratiquants s'attachent à toujours garder le même angle entre le sabre et les avants-bras, mais font tourner les poignets vers l'intérieur, comme lorsque l'on essore une serpillière (d'où le terme shibori) ;
  • le rôle des hanches et le ki ken tai : on voit le pied avant légèrement se lever lorsqu'il arme, puis se poser au moment de l'impact.

Vers 1:40, on le voit armer en jodan no kamae (garde haute), puis passer en waki kamae (sabre caché derrière), et repasser en jodan no kamae avant de faire une coupe kiri otoshi (cf. message du Lun 17 Nov - 23:11 pour ces termes).

à 4:00, on le voit faire des coupes kiri kaeshi : le sabre monte en protégeant le corps contre une coupe adverse (parade laissant glisser le sabre adverse), puis redescend pour faire la coupe.

La vidéo suivante montre des suburi lors d'un cours de kendo. On remarquera que le professeur (au fond, face à la caméra), contrairement à la plupart des élèves, descend bien son sabre, et marque un léger temps d'arrêt (shimeru) avant de remonter.



Dans la vidéo suivante, le professeur montre deux manière d'armer :

  • la manière combative, à 0:14 : le sabre est au-dessus de la tête ;
  • une des manières éducatives, à 0:27, consistant à laisser tomber le sabre derrière, ce qui oblige à décontracter les épaules ; on dit parfois que l'on « ouvre la poitrine ».




Sur la vidéo suivante, on voit un défaut typique des kendoka : ils ne descendent pas leur coupe, le but en compétition étant de toucher le casque puis de se retirer rapidement.



Pour travailler leur jeu de jambe, les kendoka font parfois des suburi en sautant :



On utilise en général un bokken (sabre en bois) pour faire les suburi. On utilise parfois un sabre en bois plus lourd appelé suburito ; pas tant pour se muscler que pour apprendre à mieux se relâcher. Mais certains se plaignent de tendinite, il faut donc utiliser le suburito avec parcimonie.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 10 Mar - 14:11

Aikiken

L'aikiken, c'est la pratique du sabre (ken) an aïkido. Il se pratique avec un bokken (sabre en bois rigide), habituellement sans tsuba (sans garde).

Quand on pense aïkido, on pense souvent à la pratique à mains nues (projections et immobilisations), mais la pratique des armes (sabre et bâton) en fait pleinement partie, même si c'est plus ou moins enseigné selon les dojo.

L'aïkido provient essentiellement d'une école martiale nommée Daito ryu aikijutsu. À l'époque médiévale, les samouraïs apprenaient à se défendre à mains nues, mais leur arme principale était le sabre. Ils ont donc développé des techniques qui étaient « compatibles » avec la pratique du sabre, c'est-à-dire qui utilisaient les mêmes mouvements de base. Ainsi, en travaillant l'un, on travaille aussi l'autre. C'est donc logiquement que pratique à mains nues et avec un sabre sont liées.

L'aïkido a conservé cette mémoire ; on parle d'ailleurs de tegatana, la « main sabre », pour désigner l'utilisation du tranchant de la main. Morihei Ueshiba, le fondateur, a transformé tout ça avec sa vision pacifiste et mystique.

J'ai déjà présenté des vidéos sur les bases de l'aikiken dans la présentation des suburi ci-dessus (Toshiro Suga et Morihiro Saito).

À la base, le principe aiki est un principe d'efficacité martiale :

  • 合, ai : harmonie
  • 気, ki : énergie, souffle vital ;

aiki signifie donc « harmoniser l'énergie ». Du point de vue martial, cela se comprend de deux manières :

  • utiliser son corps de manière harmonieuse, synchroniser ses gestes, sa respiration, pour utiliser au mieux son corps ; le katana se tient à deux mains, donc les bras travaillent de concert ; et il faut harmoniser l'intention, le mouvement du corps et celui du sabre (ki ken tai) afin que l'adversaire ne perçoive l'intention qu'au dernier moment (trop tard) et afin de ne pas s'exposer alors que la garde est ouverte ;
  • entrer dans le rythme de l'adversaire, gérer la distance en fonction de l'action (mai ai) ; plutôt que de s'opposer à l'adversaire, utiliser son élan contre lui (par exemple qu'il vienne s'empaler lui-même sur notre sabre plutôt que d'avoir nous à fournir l'effort) ; donc, s'harmoniser avec l'adversaire.

O sensei Ueshiba rajoute l'harmonie entre les personnes (pratiquer en bonne entente, dans le respect de l'autre, construire une société harmonieuse), et l'harmonie avec l'univers (ne faire qu'un avec l'univers et devenir ainsi invincible).

Les kata traditionnels ont donc été transformés pour mettre en avant les principes de l'aïkido :

  • awase, l'harmonisation, la synchronisation, la simultanéité : un kata comme ki musubi no tachi se rapproche plus d'une chorégraphie au sabre, les deux partenaires devant s'accorder ;
  • irimi, entrer avec le corps (dans le sens littéral), s'engager dans le mouvement, « prendre le centre » du partenaire ;
  • ma ai, gestion du rythme et de la distance : le sabre étant une extension du corps, il permet de prendre conscience de la direction des bras, de l'effort, il aide à visualiser les directions utilisées à mains nues, et il permet de varier la distance de travail par rapport à la pratique à mains nues ;
  • les saisies des poignets correspondent à un adversaire voulant empêcher de sortir le sabre.

Vidéos de ki musubi no tachi :



Il y a aussi dans l'aïkido des techniques de défense à mains nues contre une attaque au sabre, comme par exemple ci-dessous

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VIC

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 10 Mar - 19:34

La 3è vidéo est la plus spectaculaire.
Parfois, j'ai du mal à comprendre en quoi la technique est particulièrement réussie, comme sur la 2è vidéo.
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cdang

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 11 Mar - 11:43

Petit décryptage de la 3e vidéo.

Première attaque, Toshiro esquive : il sort légèrement de la ligne d'attaque et pivote (tenkan) pour se retrouver côte-à-côte avec l'attaquant. Puis, il saisit la poignée du sabre avec sa main droite : le sabre se tient à deux mains, la main droite contre la garde (tsuba) dirige le sabre, la main gauche tient le pommeau (kashira) et donne la force à la coupe, il reste donc la place pour une 3e main entre les deux.

Ayant saisi la poignée, il recentre le sabre sur son axe, il est donc en position stable et l'adversaire est déséquilibré ; il fait une coupe dans le vide en plaçant son bras gauche sous le coude de l'adversaire, ce qui projette l'adversaire (conclusion du déséquilibre + clef sur le coude). Cette projection est un ude kime nage, « projection par une clef sur le coude ».

On voit là que l'esquive n'est pas simplement éviter le coup, mais surtout se placer, casser la distance pour ne plus être à la pointe du sabre et pouvoir poser ses pattes sur le partenaire.

Deuxième attaque, Toshiro entre dans la garde de l'attaquant, en plein dans son centre. C'est le principe irimi, « entrer et prendre le centre » (en fait, irimi est composé de deux kanji, le premier signifie « entrer (dans la maison) » et le deuxième représente l'enfant dans le ventre de la mère).

Troisième attaque, Toshiro recule pour éviter le coup et dévie la coupe sur le côté, par un mouvement maki otoshi (rouleau vers le bas ; maki = rouleau, comme pour les maki sushi).

Mais l'attaquant profite de l'impulsion de ce chassé pour réarmer (jodan no kamae) et couper (kiri otoshi). Toshiro esquive à nouveau en tenkan, mais en gardant cette fois-ci une plus grande distance (sécurité), puisqu'il est maintenant armé et à de l'allonge ; il pose son sabre sur celui de l'adversaire pour le gêner, mais en même temps, il saisit le poignet de l'attaquant, et s'écarte pour « créer le vide » (= emmener le partenaire dans un déséquilibre) et le projeter, par la technique kote gaeshi (retournement du poignet), suivie d'une immobilisation.

On voit là la mise en œuvre de quelques principes :

  • tenkan : demi-tour en pivotant, pour sortir de la ligne d'attaque tout en cassant la distance ;
  • ma ai : être à la bonne distance pour pouvoir toucher sans être touché, fermer l'angle d'attaque de l'adversaire tout en se créant une ouverture, être dans le rythme de l'attaque ;
  • centrage (fait partie du shisei, « l'attitude juste », « la bonne posture ») : si mes mains sont liées à celle du partenaire (parce qu'on tient tous les deux la poignée, ou parce que je saisis son poignet), alors mes mains doivent être sur mon axe médian (sagittal), ainsi, je suis en position stable, en position de force, et mon partenaire est déséquilibré ;
  • irimi : entrer en prenant le centre ;
  • créer le vide : m'effacer pour que l'adversaire coupe dans le vide, m'effacer pour entraîner le partenaire dans le déséquilibre.

Ceci permet de comprendre en quoi un kata plus « abstrait » comme ki musubi no tachi (les deux premières vidéos) peut être « réussi » : il s'agit de travailler les mêmes principes, mais en enlevant la notion d'urgence. Détaillons :

  1. On part d'une garde seigan no gamae, et on passe en garde jodan no gamae puis waki kamae en étant synchrone : travail du awase (lien), être attentif à l'autre, dans son rythme, vigilance (zanshin), travail de la distance (ma ai). Le travail du lien awase est une constante de ce kata.
  2. Le partenaire « attaquant » (n°1, à gauche sur la 1re vidéo) monte en jodan no gamae (il arme son coup) et fait une coupe kiri otoshi en avançant. Le partenaire « défenseur » (n°2, à droite, Morihiro Saito) fait le même mouvement, mais avec un déplacement différent ; il crée le vide, décentre le partenaire tout en restant centré, et menace les poignets.
  3. Le partenaire n°1 reprend de la distance (recule pour se mettre en sécurité) en armant son coup (garde jodan) ; comme « aspiré » (vigilance, zanshin, on réagit au quart de tour), le partenaire n°2 effectue un coup d'estoc (tsuki), mettant en pratique le principe irimi.
  4. Le partenaire n°2 arme (garde jodan) ; le vide qu'il crée en retirant son sabre permet au partenaire n°1 de faire sa coupe kiri otoshi. C'est un piège, il s'agit d'attirer le sabre là où l'on veut. Le partenaire n°2 se décale (crée le vide) puis effectue une coupe kiri otoshi sur la tête (men), mais en maîtrisant sa coupe, il s'agit d'effrayer l'adversaire pour annuler sa volonté agressive, de lui montrer qu'il est en position de faiblesse. N°2 descend son sabre sur les poignets pour empêcher un mouvement de sabre (on laisse la vie sauve, mais on reste vigilant, zanshin).
  5. N°1 décide tout de même de tenter sa chance. À nouveau comme aspiré (zanshin), n°2 monte son sabre pour maîtriser les poignets, les trancher si n°1 décidait de terminer son attaque.


La 2e vidéo est plus dynamique, mais on remarque que la distance initiale est plus grande, ce qui est àmha une erreur.
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cdang

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 18 Mar - 17:58

L'école Musô shinden de iaido


Le terme iaido (居合道) signifie « la voie de la vie en harmonie ». On peut y voir les notions de « sabre qui donne la vie », des principe aiki et ki-ken-tai, bref acquérir une rigueur morale (voie, do) et une manière harmonieuse d'utiliser son corps. D'une exigence martiale, c'est devenu un objectif de « développement personnel » (pour faire à la mode).

Il existe plusieurs écoles. Je vais vous parler de celle que je connais, la Musô shinden ryû.

Musô shinden ryû (夢想神伝流) : « école (ryû) développée selon une vision divine apparue lors d'un rêve ».

Cette école subdivise son enseignement en trois niveaux :

  • shoden, enseignement débutant : il s'agit des kata de l'école Omori ryû ;
  • chuden, enseignement moyen : il s'agit des kata de l'école Hasegawa Eishin ryû ;
  • okuden, enseignement profond.


Le niveau shoden, Omori ryû, consiste essentiellement en des kata démarrant à genou. Le niveau chuden, Hasegawa, consiste en des kata pour lesquels on démarre assis par terre, dans une sorte de position en tailleur avec un genou relevé, position dite tate hiza. Le niveau okuden comprend une série en tate hiza et une série debout (tachi hiza).

Omori ryû

La base de l'enseignement est donc la série Omori ryû. Comme souvent, le premier mouvement contient la totalité de la série, c'est-à-dire qu'il faut le maîtriser pour espérer maîtriser les autres kata, et les autres kata exploitent les principes travaillé dans le premier kata.

Le premier kata est donc shohatto (début avec le sabre vers l'avant) ; l'école Seitei iai a un mouvement similaire simplement appelé mae (devant).

On imagine deux samouraïs assis face-à-face, à genou, en train de parlementer. C'est tendu, ils sont armés, mais placés à une distance suffisante, hors d'atteinte mutuelle. Et là, c'est le drame, ils saisissent leurs sabres.

Le pratiquant incarne plus rapide. Il commence par saisir son sabre par un mouvement des mains et avants-bras, mais sans bouger les coudes ni les épaules, afin que le mouvement soit imperceptible. Avec le pouce, il déverrouille la lame : le habaki est une pièce attenante à la garde et qui frotte avec le fourreau (saya), empêchant le sabre de tomber, il faut donc dégager le habaki. Puis, il décolle ses fesses et tirant le sabre vers l'avant et le fourreau vers l'arrière.

Le travail simultané des deux mains est fondamental.

Arrivé en position haute (mais toujours à genou), son bras droit est en extension vers l'avant, le fourreau est tiré au maximum vers l'arrière (tout ensemble, ki ken tai), il tourner alors la lame et le fourreau pour que la lame soit à plat, dégage la pointe de la lame du fourreau, et le sabre jaillit comme un cran d'arrêt en même temps qu'il avance en levant un genou.

Ce mouvement, dit nuki tsuke, est insuffisant pour toucher l'adversaire, mais est une menace l'empêchant de dégainer.

Pour pouvoir le toucher, il faut armer le sabre et avancer, mais si l'on fait cela, l'adversaire peut dégainer, et il est lui en mesure d'avancer et donc de toucher. On avance donc le corps en ramenant la jambe arrière ; la pointe se rapprochant, l'adversaire est obligé de reculer et se retrouve déséquilibré, dans l'impossibilité de dégainer. Ce mouvement de menace, souvent difficile à voir, s'appelle seme.

On arme alors le sabre, par le mouvement du furi kabute, et en même temps on ramène le fourreau en position pour ne pas être gêné. Puis avance à genou en effectuant la coupe, mouvement dit kiri tsuke.

L'adversaire est mort, mais le pratiquant reste vigilant (zanshin), un autre adversaire peut survenir (comme on le verra avec le mouvement inyoshintai).

Dans la vraie vie, le combattant se mettrait certainement debout, pour attendre ses adversaire de pied ferme, puis, voyant qu'il n'y a plus de danger, irait essuyer sa lame sur le kimono de sa victime. Travailler ceci n'apporterait rien. On remplace donc cet essuyage par un mouvement plus esthétique, mais faisant travailler l'équilibre et les muscles des jambes : le pratiquant fait un grand mouvement de sabre, comme pour chasser le sang, tout en se relevant, mouvement appelé chiburi.

Puis, on rengaine le sabre, mouvement dit noto ; là encore, on travaille avec les deux mains en simultané. Le pratiquant se relève et revient à sa place, fin du kata.

Ce kata est ensuite effectué en supposant une attaque par le côté gauche, le côté droit, et par derrière (sato, uto et atarito). Il est effectué plus tard debout (koranto). On en fait une variation dans laquelle, après avoir abattu un premier ennemi, il rengaine mais on doit à nouveau dégainer pour affronter un deuxième ennemi (inyoshintai, puis gyakute inyoshintai). Il y a donc 7 mouvements sur exactement le même principe (sur les 12 que comporte la série).

Les mouvements sur la vidéo suivante sont démontrés à deux, puis seul ; la pratique se fait normalement seul.

Par rapport aux mouvements que j'ai expliqués, on voit :

  • shohatto : 0:10–1:23 ;
  • sato : 1:24–2:32 ;
  • inyoshintai : 2:33–3:58 ;
  • koranto : 8:37–9:09 ;
  • gyakute inyoshintai : 10:05–11:23 (fin).




Dernière édition par cdang le Jeu 19 Mar - 11:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 18 Mar - 22:16

Lors du chiburi, le mouvement est-il réellement justifié pour chasser le sang de la lame ?
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeJeu 19 Mar - 11:39

VIC a écrit:
Lors du chiburi, le mouvement est-il réellement justifié pour chasser le sang de la lame ?
C'est un mouvement symbolique, et aussi l'occasion de continuer le travail (de la posture notamment) après la coupe, donc de prolonger le temps pédagogique. Le sang, c'est un peu gras, ça part pas comme ça, et en plus il doit y en avoir un paquet sur la lame.

Comme je l'ai écris, dans la vraie vie on devait aller essuyer la lame sur le kimono du perdant.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeVen 20 Mar - 11:48

Omori ryû [2]

J'ai oublié deux kata lorsque j'ai mentionné les kata dérivant directement du premier (shohatto) :

  • seichuto : 7:41–8:36 sur la vidéo précédente ; similaire à uto, on se fait attaquer par la droite ; mais le mouvement utilisé pour interrompre l'attaque (nuki tsuke) est plus « explosif », et consiste à une coupe en diagonale (kesa giri) pour bloquer le bras de l'adversaire ; le mouvement se termine debout ;
  • gyakuto : 6:19–7:40 : au démarrage, on se lève en reculant pour échapper à la coupe ; le coup d'arrêt  nuki tsuke consiste à frapper le front (mais à une seule main, donc peu de force) pour déséquilibrer l'adversaire avant de le trancher ; puis, on s'approche et on vient lui trancher la carotide.

Donc 9 mouvements sur 12.

Restent :

  • ryuto : 4:00–5:03, on se fait attaquer par la droite, on se lève pour sortir de la ligne d'attaque et on contre-attaque ;
  • batto : 9:12–6:18 : c'est un mouvement qui se fait sur place ;
  • junto : 5:04–6:18 : ce mouvement est particulier, on y joue le rôle du kaishakunin, celui qui assiste le samouraï lors du seppuku (suicide rituel par éventration) ; on remarque que le tranchage de la tête se fait en deux temps ;

    1. On tranche les vertèbres, mais on laisse un bout de gorge pour que la tête reste accrochée et ne roule pas.
    2. Par un petit geste, on coupe ce qui reste pour que la tête tombe devant le corps.




Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMer 20 Mai - 18:25

Bon, allez, ya un moment où il faut prouver ce que l'on avance...

https://www.dailymotion.com/video/x2qtyzk_5-kata-muso-shinden-ryu_sport
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeDim 24 Mai - 19:42

Tout ceci a germé ces derniers mois et j'ai repris une activité physique régulière maintenant. La remise en forme est en marche. L'idée de pratiquer à nouveau des arts martiaux me tente également, mais je n'ai pas le temps pour ça, et ma condition physique est encore trop courte.
Mais bon, si je poursuis sur le même rythme, je pourrais étudier la question plus sérieusement dans un an. En attendant, je poursuis mes efforts. Et le ldvelhdo.
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeJeu 22 Oct - 13:31

Bon, bin je crois que j'ai encore quelques progrès à faire…

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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 24 Mai - 12:28

L'observation d'une coupe de bambou révèle les défauts de l'escrimeur : A Demonstration of Perfect Samurai Swordsmanship, Smithsonian Channel, 25 mars 2014


Sinon, sur un sujet connexe, l'art de la naginata (薙刀) : The Vicious Sword Female Samurai Favored, Smithsonian Channel, 28 août 2015


男子団体基本 - Men's dantai kihon (group basics drill), Akashika, 13 décembre 2014
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitimeMar 24 Mai - 17:51

cdang a écrit:
L'observation d'une coupe de bambou révèle les défauts de l'escrimeur : A Demonstration of Perfect Samurai Swordsmanship, Smithsonian Channel, 25 mars 2014


[/youtube]

waow!le mec qui va jusqu'a scruter le morceau de bambou dans ses moindres détails pour juger du degré de perfection de la coupe...ça me laisse rêveur...
C'est décidement pas un Europeen qui s'embarrasserait  d'un tel détail..
Les Japonais et leur goût immodéré pour la perfection me fascineront toujours.
En tout cas,j aimerais bien que les lames de ma tondeuse à gazon soient aussi éffilées que celle de leur Katana,elle en aurait bien besoin...
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MessageSujet: Re: Le kenjutsu et le iaido   Le kenjutsu et le iaido - Page 2 Icon_minitime

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