AccueilRechercherS'enregistrerConnexion
-35%
Le deal à ne pas rater :
WD Elements Disque dur portable externe 5 To USB 3.0
99.99 € 152.99 €
Voir le deal

 

 GERARD DE NERVAL (1808-1855)

Aller en bas 
AuteurMessage
Warlock

Warlock

Masculin Taureau Messages : 3388
Date d'inscription : 11/01/2012
Age : 42
Localisation : Au milieu de nulle part
Humeur : Le monde est un ego sans fond

GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitimeDim 14 Juil - 18:05

Une femme est l'amour

Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;
Aux enfants qu’elle guide, à l’homme consolé,
Elle élève le coeur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

Courbé par le travail ou par la destinée,
L’homme à sa voix s’élève et son front s’éclaircit ;
Toujours impatient dans sa course bornée,
Un sourire le dompte et son coeur s’adoucit.

Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine :
Bien longtemps à l’attendre il faut se résigner.
Mais qui n’aimerait pas, dans sa grâce sereine,
La beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?


Dernière édition par Warlock le Dim 14 Juil - 18:12, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Warlock

Warlock

Masculin Taureau Messages : 3388
Date d'inscription : 11/01/2012
Age : 42
Localisation : Au milieu de nulle part
Humeur : Le monde est un ego sans fond

GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: Re: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitimeDim 14 Juil - 18:10

Le Temps

Ode

I

Le Temps ne surprend pas le sage ;
Mais du Temps le sage se rit,
Car lui seul en connaît l’usage ;
Des plaisirs que Dieu nous offrit,
Il sait embellir l’existence ;
Il sait sourire à l’espérance,
Quand l’espérance lui sourit.

II

Le bonheur n’est pas dans la gloire,
Dans les fers dorés d’une cour,
Dans les transports de la victoire,
Mais dans la lyre et dans l’amour.
Choisissons une jeune amante,
Un luth qui lui plaise et l’enchante ;
Aimons et chantons tour à tour !

III

” Illusions ! vaines images ! “
Nous dirons les tristes leçons
De ces mortels prétendus sages
Sur qui l’âge étend ses glaçons ; “
” Le bonheur n’est point sur la terre,
Votre amour n’est qu’une chimère,
Votre lyre n’a que des sons ! “

IV

Ah ! préférons cette chimère
A leur froide moralité ;
Fuyons leur voix triste et sévère ;
Si le mal est réalité,
Et si le bonheur est un songe,
Fixons les yeux sur le mensonge,
Pour ne pas voir la vérité.

V

Aimons au printemps de la vie,
Afin que d’un noir repentir
L’automne ne soit point suivie ;
Ne cherchons pas dans l’avenir
Le bonheur que Dieu nous dispense ;
Quand nous n’aurons plus l’espérance,
Nous garderons le souvenir.

VI

Jouissons de ce temps rapide
Qui laisse après lui des remords,
Si l’amour, dont l’ardeur nous guide,
N’a d’aussi rapides transports :
Profitons de l’adolescence,
Car la coupe de l’existence
Ne pétille que sur ses bords !
Revenir en haut Aller en bas
Paul Le Puel

Paul Le Puel

Masculin Gémeaux Messages : 154
Date d'inscription : 20/03/2013
Age : 44
Localisation : Lyon

GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: Re: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitimeDim 14 Juil - 20:17

« Il y a toujours quelque niaiserie à trop respecter les femmes. »
(tiré de ses lettres à Jenny Colon)
Revenir en haut Aller en bas
VIC

VIC

Masculin Messages : 3668
Date d'inscription : 18/01/2012

GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: Re: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitimeDim 14 Juil - 20:50

Citation :
Apollinaire dans La vie anecdotique raconte :

   Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit :

       En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… (Wikipedia)

http://parissecretetinsolite.unblog.fr/2011/10/03/un-article-de-mon-ancetre-ami-des-poetes-et-de-nerval/
Revenir en haut Aller en bas
Voyageur Solitaire
Admin
Voyageur Solitaire

Masculin Messages : 7689
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Ici et ailleurs...
Emploi/loisirs : Tout, passionnément...
Humeur : Ici et maintenant

GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: Re: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitimeLun 15 Juil - 20:10

Je connais peu Gérard de Nerval et sa poésie. Sa vision des femmes est jolie, mais ne correspond pas vraiment à la mienne : la femme douce, aimante, consolatrice... Pas du tout mon style, j'aime les guerrières, les femmes féminines mais déterminées et indépendantes. Je préfère largement la vision de Baudelaire, plus païenne et plus sensuelle. Le poison, posté par Warlock, est magnifique.
Revenir en haut Aller en bas
https://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Warlock

Warlock

Masculin Taureau Messages : 3388
Date d'inscription : 11/01/2012
Age : 42
Localisation : Au milieu de nulle part
Humeur : Le monde est un ego sans fond

GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: Re: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitimeMar 16 Juil - 18:31

De Nerval a toujours été mon poète préféré, et j'aime sa vision de la femme, douce, fragile, aimante, sensible, une vraie femme quoi dans toute sa féminité et sensibilité.
J'aime la nostalgie et la mélancolie de ce poète.


Une amoureuse flamme


   Une amoureuse flamme
   Consume mes beaux jours ;
   Ah ! la paix de mon âme
   A donc fui pour toujours !

   Son départ, son absence
   Sont pour moi le cercueil ;
   Et loin de sa présence
   Tout me paraît en deuil.

   Alors, ma pauvre tête
   Se dérange bientôt ;
   Mon faible esprit s’arrête,
   Puis se glace aussitôt.

   Une amoureuse flamme
   Consume mes beaux jours ;
   Ah ! la paix de mon âme
   A donc fui pour toujours !

   je suis à ma fenêtre,
   Ou dehors, tout le jour,
   C’est pour le voir paraître,
   Ou hâter son retour.

   Sa marche que j’admire,
   Son port si gracieux,
   Sa bouche au doux sourire,
   Le charme de ses yeux ;

   La voix enchanteresse
   Dont il sait m’embraser,
   De sa main la caresse,
   Hélas ! et son baiser…

   D’une amoureuse flamme
   Consumant mes beaux jours ;
   Ah ! la paix de mon âme
   A donc fui pour toujours !

   Mon coeur bientôt se presse,
   Dès qu’il le sent venir ;
   Au gré de ma tendresse
   Puis-je le retenir ?

   Ô caresses de flamme !
   Que je voudrais un jour
   Voir s’exhaler mon âme
   Dans ses baisers d’amour !
Revenir en haut Aller en bas
Warlock

Warlock

Masculin Taureau Messages : 3388
Date d'inscription : 11/01/2012
Age : 42
Localisation : Au milieu de nulle part
Humeur : Le monde est un ego sans fond

GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: Re: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitimeMar 10 Sep - 1:01

El Desdichado

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.
Revenir en haut Aller en bas
Warlock

Warlock

Masculin Taureau Messages : 3388
Date d'inscription : 11/01/2012
Age : 42
Localisation : Au milieu de nulle part
Humeur : Le monde est un ego sans fond

GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: Re: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitimeMar 10 Sep - 1:02

Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… - et dont je me souviens !
Revenir en haut Aller en bas
Warlock

Warlock

Masculin Taureau Messages : 3388
Date d'inscription : 11/01/2012
Age : 42
Localisation : Au milieu de nulle part
Humeur : Le monde est un ego sans fond

GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: Re: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitimeDim 13 Avr - 18:01

Sur le pays des chimères

Sur le pays des chimères
Notre vol s’est arrêté :
Conduis-nous en sûreté
Pour traverser ces bruyères,
Ces rocs, ce champ dévasté.

Vois ces arbres qui se pressent
Se froisser rapidement ;
Vois ces roches qui s’abaissent
Trembler dans leur fondement.
Partout le vent souffle et crie !

Dans ces rocs, avec furie,
Se mêlent fleuve et ruisseau ;
J’entends là le bruit de l’eau,
Si cher à la rêverie !
Les soupirs, les voeux flottants,
Ce qu’on plaint, ce qu’on adore…
Et l’écho résonne encore
Comme la voix des vieux temps,

Ou hou ! chou hou ! retentissent ;
Hérons et hiboux gémissent,
Mêlant leur triste chanson ;
On voit de chaque buisson
Surgir d’étranges racines ;
Maigres bras, longues échines ;
Ventres roulants et rampants ;
Parmi les rocs, les ruines,
Fourmillent vers et serpents.

À des noeuds qui s’entrelacent
Chaque pas vient s’accrocher !
Là des souris vont et passent
Dans la mousse du rocher.
Là des mouches fugitives
Nous précèdent par milliers,
Et d’étincelles plus vives
Illuminent les sentiers.

Mais faut-il à cette place
Avancer ou demeurer ?
Autour de nous tout menace,
Tout s’émeut, luit et grimace,
Pour frapper, pour égarer ;
Arbres et rocs sont perfides ;
Ces feux, tremblants et rapides,
Brillent sans nous éclairer !…
Revenir en haut Aller en bas
Warlock

Warlock

Masculin Taureau Messages : 3388
Date d'inscription : 11/01/2012
Age : 42
Localisation : Au milieu de nulle part
Humeur : Le monde est un ego sans fond

GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: Re: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitimeLun 14 Avr - 17:44

L’enfance

Qu’ils étaient doux ces jours de mon enfance
Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,
je coulai ma douce existence,
Sans songer au lendemain.
Que me servait que tant de connaissances
A mon esprit vinssent donner l’essor,
On n’a pas besoin des sciences,
Lorsque l’on vit dans l’âge d’or !
Mon coeur encore tendre et novice,
Ne connaissait pas la noirceur,
De la vie en cueillant les fleurs,
Je n’en sentais pas les épines,
Et mes caresses enfantines
Étaient pures et sans aigreurs.
Croyais-je, exempt de toute peine
Que, dans notre vaste univers,
Tous les maux sortis des enfers,
Avaient établi leur domaine ?

Nous sommes loin de l’heureux temps
Règne de Saturne et de Rhée,
Où les vertus, les fléaux des méchants,
Sur la terre étaient adorées,
Car dans ces heureuses contrées
Les hommes étaient des enfants.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




GERARD DE NERVAL (1808-1855) Empty
MessageSujet: Re: GERARD DE NERVAL (1808-1855)   GERARD DE NERVAL (1808-1855) Icon_minitime

Revenir en haut Aller en bas
 
GERARD DE NERVAL (1808-1855)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Terres d'évasion... :: LA BIBLIOTHEQUE :: La section générale :: Les poèmes-
Sauter vers: