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 GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE

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VIC

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MessageSujet: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Mer 19 Déc - 20:48

PETITES HISTOIRES de GRIMOIRES & DE TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE


Ce topic se veut diffèrent de celui intitulé "Le Grimoire de la Sorcière", et beaucoup plus sombre.
Ici nous parlerons des grimoires qui ont réellement existé, et de certaines pratiques de sorcellerie ou magie noire.
Nous parlerons également des Traités de Démonologie, qui, à l'inverse des Grimoires mis à l'Index, furent encouragés par l'Église.


Dernière édition par VIC le Sam 5 Jan - 23:10, édité 8 fois
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VIC

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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Mer 19 Déc - 21:47



Généralités sur les grimoires
:


Un grimoire est un livre composé de recettes de potions, de sorts et autres choses magiques.
Définition par Claude Lecouteux : le grimoire est un « livre de magie » qui « se présente comme un mélange de recettes diverses, aussi bien pour guérir certains maux que pour conjurer ou invoquer les démons, obtenir tel avantage, fabriquer des talismans et des amulettes, lever ou jeter des sorts, etc. » ; le grimoire appartient à « un type d'écrits anathémisés par l'Église » .
Les critères sont donc les suivants : c'est un livre qui parle de magie, qui s'adresse à des magiciens ou sorciers, qui contient des formules, qui est condamné par l'Église.

Les premiers grimoires apparaissent au milieu du XIII° siècle (ou XII° selon d'autres). On en trouve la liste chez divers auteurs, dont Roger Bacon, Guillaume d'Auvergne dans son De legibus et son De universo, Pietro d'Abano. Les condamnations de l'Église pleuvent. Le pape Paul IV, en 1557, condamne divers livres de magie : ainsi commence l'Index librorum prohibitorum, qui listera jusqu'en 1966.

Ces livres furent imprimés dès le XVI° s. Ils ont fasciné de nombreux écrivains, parmi lesquels John Milton dans Le paradis perdu, Goethe dans son Faust, Gérard de Nerval, Lovecraft.


L'Enchiridion du pape Léon


Liste de grimoires historiques ayant réellement existé :


- Cyranides (vers 100) : texte grec. C'est un recueil de recettes magiques.

- Le Picatrix, Pseudo-al-Majrîtî, Le but des sages dans la magie (Ghâyat al-hakîm fi'l-sihr) (Picatrix) (vers 1050), trad. de la version latine (1256) : . Un traité de magie médiéval.

- Le Grand Albert (avec des morceaux remontant en partie à Albert le Grand, au milieu du XIIIe s.). Édi. classique : Admirables secrets d'Albert le Grand, contenant plusieurs traités sur la conception des femmes et les vertus des herbes, des pierres précieuses et des animaux, Cologne, 1703.

- Le Petit Albert ou Le secret des secrets de nature (1ère éd. 1706). : Secrets merveilleux de la magie naturelle et cabalistique du Petit Albert, traduits exactement sur l'original latin qui a pour titre : Alberti Parvi Lucii Libellus de mirabilibus naturae arcanis.

- L'Enchiridion du pape Léon, Enchiridion Leonis papae. Enchiridion du pape Léon (1525, 1601, mais daté de 800, entre Charlemagne et le pape Léon III). Première trad. fr. 1579 : pentacles protecteurs de Pape Léon III.

- Grimoire du pape Honorius le Grand, avec un recueil des plus rares secrets (1670, en réalité après 1728 ; daté du pape Honorius III vers 1220)

- Le Livre de Romain (Romanus-Büchlein). Grimoire très répandu en Allemagne du XVIIe à la fin du XXe s.

- Véritables clavicules de Salomon (vers 1700, mais daté de 1517), ainsi que les Clavicules de Rabbi Salomon et Le livre de la Clavicule de Salomon Roy des Hébreux (fin du XVII° s.)

- Le véritable Dragon Rouge, où il est traité de l'art de commander les esprits infernaux, aériens et terrestres, faire apparaître les morts, lire dans les astres, découvrir les trésors, sources minières, etc. (1750 - ?). Ce grimoire serait détenteur des clefs de la magie noire, et serait un des rares traités qui détaillait le moyen de faire des pactes avec les démons.

- La Poule Noire : Sciences des talismans et anneaux magiques, art de la nécromancie et de la cabale, pour conjurer les esprit aériens et infernaux, les sylphes, les ondins, les gnomes : acquérir la connaissance des sciences secrètes ; découvrir les trésors et obtenir le pouvoir de commander à tous les êtres, déjouer tous les maléfices et sortilèges (XVIIIe s.)





Dernière édition par VIC le Lun 31 Déc - 15:29, édité 6 fois
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MessageSujet: PETITES HISTOIRES DE GRIMOIRES...   Mer 19 Déc - 21:52


Je fais un petit écart (mes excuses, Vic) avec un ouvrage fictif, mais qui fût longtemps (et encore de nos jours) considéré comme ayant réellement existé, le célèbre Necronomicon.

Le Necronomicon est un ouvrage fictif inventé par H.P. Lovecraft, vraisemblablement à l'occasion de la rédaction de sa nouvelle « La Cité sans nom », en 1921. Bien que le texte en lui-même ne donne pas le nom de Necronomicon, il présente en revanche pour la première fois l'auteur de fiction Abdul Al-Hazred, ainsi que les fameux vers : « N'est pas mort ce qui à jamais dort, et au cours des siècles peut mourir même la Mort ». C'est la nouvelle de 1922 « Le Molosse » qui utilise le nom de Necronomicon pour la première fois. En 1927, Lovecraft détailla l'histoire fictive de cet ouvrage afin d'éviter les possibles futures incohérences entre ses nouvelles qui l'évoqueraient. En tout, le Necronomicon est évoqué dans treize nouvelles : parfois seulement le titre, une ou deux phrases ou un paragraphe complet. Signalons également qu'Howard y fait souvent référence dans nombre de ses histoires.

En 1927, Lovecraft décida de donner une histoire à ce fameux ouvrage.
Selon lui, le Necronomicon, originellement nommé Kitab al Azif (littéralement « Livre du musicien ») aurait été écrit vers 730 à Damas par le poète Abdul al-Hazred, souvent surnommé « l'Arabe dément ». En arabe, al azif fait référence au bruit que produisent les insectes la nuit, ce qui dans cette culture se rapporte aux cris des djinns. Le manuscrit original en arabe aurait disparu.
Théodore Philetas de Constantinople aurait par la suite traduit l'ouvrage en grec ancien vers 950, et c'est lui qui attribua à l'œuvre le titre par lequel elle est la plus connue : Le Necronomicon. Le patriarche de Constantinople Michel Cérulaire fit brûler toutes les copies grecques en 1050 mais quelques exemplaires auraient échappé à cet autodafé.
Il aurait été ensuite traduit en espagnol par Jean de Seville.
Olaus Wormius en rédigea une traduction en latin en 1228. Les versions grecque et latine furent interdites par le pape Grégoire IX en 1232. Wormius fut mis au bûcher par l'Inquisition avec tous les exemplaires et seules quelques copies auraient subsisté. Une version en caractères gothiques apparut en Allemagne vers 1440, et le texte grec ressurgit en Italie au cours de la première moitié du XVIe siècle, suivi d'une traduction en espagnol vers 1600. Entre temps, en 1583, John Dee et Edward Kelley, deux occultistes britanniques travaillant pour le compte de l'empereur Rodolphe II, (et qui auparavant avaient déjà été employés par la reine Elisabeth Ière), se seraient procuré un exemplaire du livre. John Dee en publia une version anglaise, au préalable cryptée, en 1586, dont il ne subsite que des fragments. Le dernier exemplaire de l'édition italienne du XVIe siècle aurait été brûlé à l'issue des procès de Salem en 1692.

Voici donc pour l'histoire fictive de ce livre imaginaire.

Mais Lovecraft donna une telle force, une telle véracité à son invention, que beaucoup crûrent ce livre comme étant authentique. Diverses rumeurs circulent qui en font un ouvrage bien réel, dont quelques rares exemplaires subsisteraient dans les archives secrètes du Vatican, dans les réserves secrètes du British Museum, dans la bibliothèque de la Miskatonic University d'Arkham (université américaine pourtant fictive ! inventée par Lovecraft, qui la situe dans le Massachusetts), à l'Université de Lima au Pérou, à l'Université de Buenos Aires en Argentine, à la Bibliothèque Widener d'Harvard ou encore à la Bibliothèque nationale de France.
À la fin de sa vie, Lovecraft, étonné de l'ampleur prise par cette histoire, écrivit à un de ses amis : « Si la légende du Necronomicon continue à grandir, les gens vont finir par croire qu'il existe vraiment ».

Diverses éditions du Necronomicon sont effectivement parues au XXième siècle. Celle qui rencontra le plus de succès est celle dite du « Necronomicon Simon ». Il s'agirait d'une traduction grecque plus ancienne que celle de Philetas, remontant au IXième siècle. Elle aurait été apportée aux États-Unis dans les années 1970 par un évêque orthodoxe grec, Simon. Elle fut alors « traduite » du grec en anglais. Une première édition limitée fut publiée à 666 exemplaires reliés cuir. Elle connut ensuite de nombreuses rééditions et même en poche.

Cet ouvrage de fiction a également inspiré un certain nombre de légendes tenaces. Plusieurs personnes supposées avoir lu le Necronomicon seraient en outre devenues folles ou auraient simplement disparu. Il existerait, ou aurait existé, un exemplaire du Necronomicon écrit avec du sang sur de la peau humaine.

Le plus fou dans cette histoire, c'est que Lovecraft n'a jamais vraiment précisé ce que contient ou révèle le Necronomicon...




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VIC

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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Dim 30 Déc - 16:07


L'incroyable histoire du manuscrit de Voynich


Le manuscrit de Voynich est un livre illustré écrit entre 1408 et 1436 à l'aide d'un alphabet inconnu par un auteur inconnu. Le mystère demeure entier quant à la nature exacte de ce manuscrit puisque les thèses les plus diverses s'affrontent. Certains le jugent authentique, et émettent des théories pour expliquer son apparente inintelligibilité pour soutenir l'hypothèse d'un contenu signifiant, alors que d'autres pensent qu'il pourrait aussi s'agir d'une supercherie.

Le livre tire son nom d'un de ses anciens propriétaires, Wilfrid M. Voynich, qui l'acquit en 1912 auprès des Jésuites de Frascati, près de Rome. La plus ancienne mention connue de ce manuscrit date de 1639, dans une lettre d'Athanasius Kircher. Depuis 1969, le manuscrit est conservé à la Bibliothèque Beinecke de l’université Yale. Selon une étude publiée en 2011, le parchemin support du texte a été fabriqué entre 1404 et 1438.

Le livre est constitué de 234 pages de 15 cm de large et 23 cm de haut. Le manuscrit est en vélin (peau de veau mort-né, particulièrement fine, travaillée en parchemin de qualité supérieure) et 42 pages sont manquantes d'après la pagination. Il semble que lors de son acquisition par Voynich en 1912, le livre était déjà incomplet.

Malgré de nombreuses analyses de cryptologie, le texte du manuscrit reste toujours indéchiffrable aujourd'hui. Son alphabet ne ressemble à aucun autre et il n'y a aucun signe évident de ponctuation. La plupart des graphologues sont en faveur d'un unique auteur, même si des différences de style ont pu faire croire à des auteurs différents.
Puisque le texte est resté hermétique, les illustrations permettent d'identifier une demi-douzaine de sections consacrées à des sujets différents :

- Herbier : certaines plantes ont été reconnues, d'autre seraient hybrides
- Pharmacologie : plusieurs dessins de plantes légendés parties des végétaux (racines, feuilles, etc.) ce qui fait penser à un guide pour un apothicaire.
- Astronomie/Astrologie : diagrammes , constellations du Zodiaque (Les deux dernières pages de cette section, le Verseau et le Capricorne, ont été perdues).
- Biologie ou balnéothérapie : dessins représentant principalement des femmes nues se baignant dans des bassins ou nageant dans un réseau de tubes élaboré.
- Cosmologie : des diagrammes circulaires à la signification obscure. Cette section possède également des dépliants :





Histoire du manuscrit :

Wilfrid Michael Voynich (1865 - 1930) était un bibliophile polonais émigré aux États-Unis. En 1912, à l'occasion d'une visite arrangée par un contact demeuré anonyme, il se rend à Frascati près de Rome où se trouve la Villa Mondragone. Cette villa était la propriété des Jésuites qui désiraient la restaurer mais n'avaient pas les fonds suffisants. Les Jésuites décidèrent alors de vendre une partie de leur collection de livres anciens. Voynich leur achète trente manuscrits dont l'étrange ouvrage :
glissée à l'intérieur du livre, Voynich trouva une lettre de Johannes Marcus Marci à l'attention de Athanasius Kircher, datée de 1666.
Ethel Lilian Voynich hérite du manuscrit à la mort de son mari en 1930 à New York, et décède en 1960. Le livre revient à une ancienne secrétaire de feu son époux, qui le vend à Hans Kraus lequel en fait don, en 1969, à l'Université Yale qui en est l'actuelle propriétaire. L'intégralité du manuscrit a été publiée pour la première fois par un éditeur français en octobre 2005.

Le propriétaire officiel le plus ancien connu de ce manuscrit était un certain Georg Baresch, un alchimiste qui vivait à Prague au XVIIe siècle. Apparemment Baresch était lui aussi perplexe à propos de ce livre et envoya pour avis une copie d'une partie du manuscrit à Rome à Athanasius Kircher, un savant jésuite issu du collège romain spécialiste des langues. La lettre destinée à Kircher date de 1639, est la première allusion au manuscrit trouvée jusqu'alors.
Après la mort de Baresch, le manuscrit passa à son ami Jan Marek Marci qui envoya le livre à Kircher : la lettre d'explication de Marci (1666) est encore jointe au manuscrit. La lettre prétend entre autres que le manuscrit fut, à l'origine, acheté pour 600 talers d’or par l'Empereur Rodolphe II qui pensait que l'ouvrage était le fruit du travail de Roger Bacon.
On perd ensuite la trace du livre pendant 200 ans. Selon toute vraisemblance il a du être conservé la bibliothèque du Collège romain avant d'être vendu discrètement à Voynich.




Hypothèses sur l'auteur du manuscrit :

La lettre de Marci à l'attention de Kircher indique que le livre avait été acheté par Rodolphe II du Saint-Empire. La missive suggère que Rodolphe pensait que l'auteur était le philosophe et alchimiste anglais Roger Bacon (1214-1294). Voynich le croyait et il émit l'hypothèse que la personne qui vendit le manuscrit de Voynich à Rudolf ne pouvait être que John Dee. Dee était un mathématicien et un astrologue de la cour de la reine Élisabeth Ire, connue pour détenir une grande collection de manuscrits de Bacon.
Dee et son médium Edward Kelley vivaient en Bohème depuis plusieurs années quand ils espérèrent vendre leurs services à l'Empereur Rodolphe...
Quoiqu'il en soit, la paternité du manuscrit de Voynich fait toujours l'objet d'un débat opposant les aspects historiques et les expertises scientifiques.




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VIC

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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Lun 31 Déc - 14:24



Le Dictionnaire Infernal de Jacques Collin de Plancy

Le Dictionnaire infernal est l'œuvre majeure de Jacques Collin de Plancy, imprimeur-libraire puis écrivain français, né en 1793 ou en 1794 à Plancy-l'Abbaye et mort en 1881, auteur de nombreux ouvrages, près de 200, dont un certain nombre sur l'occulte, l'insolite et le fantastique.

Son œuvre la plus importante est son Dictionnaire infernal dont la première édition a été publiée en 1818 en deux tomes. Le Dictionnaire infernal a connu six versions éditées de son vivant. Regrettant l'absence d'articles sur l'occulte dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, Collin de Plancy rassemble dans son dictionnaire quantité de thèmes classés alphabétiquement, synthétisant toutes les connaissances de l’époque concernant les superstitions et la démonologie. Influencé par Voltaire et le siècle des Lumières, Collin de Plancy pourfend, dans un premier temps, quantité de superstitions.

Mais le scepticisme de Collin de Plancy s'esstompe avec le temps. Entre 1830 et 1837, il réside à Bruxelles, puis en Hollande, et il revient finalement en France après avoir abjuré ses « erreurs » et opéré un retour à la religion catholique. Ainsi à la fin des années 1830 il devient un catholique fervent au grand dam de ses admirateurs.

En effet la troisième édition, parue en 1844, a été remaniée pour plaire à l'église et arbore l'approbation officielle de l'archevêque de Paris. Les articles ont été entièrement remaniés pour être en accord avec mettre en conformité avec les canons de l'Église ; l'esprit des Philosophes des Lumières est renié, et le Protestantisme rejeté. Tous ses ouvrages bénéficieront désormais de l'approbation épiscopale. La sixième version et dernière publiée de son vivant en 1863, comporte 550 figures parmi lesquelles les portraits de 72 démons dessinés par M. L. Le Breton.

De nos jours on peut facilement trouver des rééditions du Dictionnaire Infernal, en particulier de la première édition sans doute la plus intéressante car non censurée (la deuxième était bâclée d'après l'aveu de l'auteur). Malheureusement elles ne comportent pas l'intégralité des gravures de Le Breton, très évocatrices, de la sixième édition.
L'intérêt d'un tel dictionnaire de nos jours est d'avoir un résumé synthétique sur les croyances populaires de l'époque.






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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Lun 31 Déc - 15:09



Généralités sur les traités de démonologie
:


On entend par démonologie l'étude des démons. Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, peu d'intérêt était porté aux démons.
Le Traité sur le mal de saint Thomas d'Aquin en 1272 rappelle que le diable est un hérétique, la sorcellerie un crime d'hérésie.

La théologie va donc se diviser en une angéologie (théodicée) qui est l'étude de Dieu, et une démonologie. La démonologie était conduite sous les auspices et avec les encouragements des plus hautes autorités catholiques et du pape lui-même. Les objectifs de la démonologie sont d'opérer une classification hiérarchique des démons, de connaître leurs histoires et leur façon d'opérer.

D'après Richelmus de Schental, abbé cistercien de Wurtemberg au XIIIe siècle, les démons se comptent par centaines de milliards. Au XVIe siècle, Jean Wier n'en enregistre que 44 435 556, divisés en 666 légions commandées par 66 princes. Le nombre 666 est couramment associé à Satan ; il provient de la Bible et symbolise ce qui est humain, imparfait car c'est « un chiffre d'homme » (Apocalypse 13:18).

Chaque démon a ses propres caractéristiques. Certains ont un nom tiré de leurs façons de se manifester (Belzébuth le seigneur des mouches, etc.).
Dans les premiers temps, les démons étaient donc des anges avant leur chute. La haute cour céleste des premiers temps était composée de cinq archanges - Michel, Gabriel, Raphaël, Lucifer et Belzébuth, suivis de cinqs anges. Tous sont tombés, entraînés par le péché de Lucifer qui a voulu s'élever plus haut que Dieu ; sauf trois : Michel, Gabriel et Raphaël.

L'äge d'or de ces traités, entre le XVIè et la première moitié du XVIIIè, correspond à celui de la chasse aux sorcières.
On estime à environ deux mille ces ouvrages parlant de sorcellerie, rédigés la plupart du tempts par des moines ou prêtres membres de la sainte Inquisition.




Liste des Traités de Démonogie ayant réellement existé :



Malleus Maleficarum, ou le Marteau des Sorcières, d'Henri Institoris et Jacques Sprenger, 1485 : véritable manuel de chasse aux sorcières rédigé à la demande du Pape Innocent VIII par deux inquisiteurs dominicain. Ving -huit éditions en deux siècles. Peut-être le premier livre de poche en format 18, malgré son épaisseur : l'historien Jules Michelet le qualifie de manuel de sottises.

De la démonomanie (démonialité) des sorciers, (Paris, 1580), par Jean Bodin. Ce classique de démonologie, souvent réédité, est un véritable code pénal des sorcières.

La démonolâtrie, (1582), par Nicolas Rémy. Ouvrage écrit par le secrétaire du duc de Lorraine Charles III, qui condamna à mort 900 sorcières en 15 ans.

Daemonologie in Form of a Dialogue, (Londres, 1597), par le roi Jacques Ier d'Angleterre

Discours exécrable des sorciers (Lyon, 1602), d'Henry Boguet. L'auteur de cet ouvrage prononça 600 sentences contre des sorcières ; son livre connut onze rééditions.

Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons, (Paris, 1612), par Pierre de Lancre. Ouvrage dans lequel il est beaucoup question des sorciers et de la sorcellerie.

Liste authentique des religieuses et séculières possédées, obsédées, maléficiées, le nom de leurs démons, le lieu de leur résidence, avec les signes de leurs sorties (1634)

Confessions et histoire de Madeleine Bavent, religieuse de Louviers, avec son interrogatoire, (Rouen, 1652)


le Cautio Criminalis (début XVIIè), anonyme et sans date, est une exception car il est l'un des rares à critiquer les procès en sorcellerie.
Son auteur, Friedrich von Spee (1591-1635), le publie anonymement . L'on peut y lire ces phrases :
"Souvent j'ai pensé que la seule raison pour laquelle nous ne sommes pas tous sorciers est que nous n'avons pas tous été torturés.
Et il y a de la vérité dans ce qu'un inquisiteur a osé récemment dire, en matière de vantardise, à savoir que s'il pouvait atteindre le pape, il lui ferait avouer qu'il est, lui aussi, sorcier."




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Youpi l'alchimiste

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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Lun 31 Déc - 16:07

Les illustrations du dictionnaire infernal me font furieusement penser à un bestiaire de jeux de roles. En plus nombres de ces noms sont passes à la postérité, il ne manque plus que leurs carcteristiques. Finalement les proces en sorcellerie des roliste ne me plus surprenant.
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VIC

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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Lun 31 Déc - 17:21

Pour te répondre, leurs caractéristiques existent et sont dépeintes dans certains grimoires. Bien sûr, je ne parle pas des caractéristiques "numériques" de JDR.

Les démons sont au total 72 dans la Goetie (c'est la première section du traité des Clavicules de Salomon, appelé aussi Lemegeton) , et ont tous une signification et une correspondance particulière. Chaque démon s'est vu ainsi préciser parfois des titres et un rang au sein d'une hiérachie infernale, des domaines d'action, une description physique, etc...
Puis chacun de ces 72 démons bénéficiera d'une gravure par M.L. Le Breton dans le Dictionnaire Infernal.
En voici quelques exemples choisi, dont les portraits sont visibles dans le précédent post consacré au Dictionnaire Infernal :


ABADDON ou APOLYON
Ou le destructeur,chef de des démons de la septième hiérarchie. C'est le nom de l'ange exterminateur dans l'Apocalypse, souverain du puits sans fonds, il l'est le roi des démons sauterelles. Beaucoup le croient Homme, mais il s'agirait en réalité d'une Femme.

ALASTOR
Ancien exécuteur des hautes oeuvres du monarque infernal, démon sévère.
Il fut banni des enfers par un des 4 princes infernaux pour avoir refusé un ordre direct, destiné à vivre dans un corps mortel.

BAAL
Grand duc dont la domination est très étendue aux enfers. Quelques démonomanes le désignent comme général en chef des armées infernales.
Il était adoré des Chaldéens, des Babyloniens et des Sidoniens, mais fait partie également des démons reconnus par l'Église catholique.
On lui offrait des victimes humaines, des enfants pour obtenir de belles récoltes ou la déroute des ennemis, il commande à soixante dix légions et règne dans toute la partie orientale.On le représente avec trois têtes : du chat, d'homme couronné et de crapaud, son torse râblé s'achève en pattes d'araignée.
Il rend invisibles et rusés tous ceux qui l'évoquent.

BEHEMOTH
Démon lourd et stupide, malgré ses dignités.
Sa force est dans ses reins, ses domaines sont la gourmandise et les plaisirs du ventre.
Quelques Démonomanes disent qu'il est aux enfers sommelier et grand échanson.

BELPHEGOR
Démon des découvertes et des inventions ingénieuses.
Il prend souvent un corps de jeune femme, c'est un démon qui a toujours la bouche ouverte.
Il est également l'ambassadeur des Enfers en France.

etc ...


La classification des démons par Peter Binsfeld, en 1589, est basée sur les 7 pêchés capitaux, où à chacun des pêchés correspondait un démon :

l'orgueil (superbia en latin) : Lucifer
l'avarice (avaritia) : Mammon
L'impureté ou Luxure (luxuria) : Asmodeus
L'envie (invidia) : Leviathan
La gourmandise (gula) : Belzébuth
La colère (ira) : Satan
La paresse (acedia) : Belphégor



Une autre classification du XVIè siècle s'est basée sur les mois, avec des implications astrologiques.
Durant le mois correspondant, le démon et ses assistants étaient considérés comme plus puissants:

Janvier : Belial
Février : Leviathan
Mars : Satan
Avril : Bélphégor
Mai : Lucifer
Juin : Berith
Juillet : Belzébuth
Août : Astaroth
Septembre : Thammuz
Octobre : Baal
Novembre : Asmodai
Décembre : Moloch









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Donald S

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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Mer 2 Jan - 0:26

Qui a déja entendu parler du petit et du grand Albert?
C'est ma grand-mère qui m'en a parlé quand j'étais marmot ,et la seule evocation de leur noms semblaient susciter chez elle un grand effroi(Faut dire,ils croient pas mal encore à la Sorcellerie et autres "j'teux de sort" dans les campagnes,même au XXIeme siecle!).Je me rappelle encore de ces mises en garde:
"Si jamais,tu tombes sur l'un de ses bouquins ne l'ouvrent jamais,ça te rendrait fous!Ce sont des livres maudits!"
Apparement,il s'agirait de Manuels de Sorcellerie qui ont circulé pas mal dans nos campagne...Je n'en sait guère plus...(ça n'a pas l'air trés Catholique tout ça,en tout cas...)
Quelqu'un en saurait-il d'avantage sur ces deux ouvrages?
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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Mer 2 Jan - 1:06

Donald le Naufrageur a écrit:
Qui a déja entendu parler du petit et du grand Albert?
C'est ma grand-mère qui m'en a parlé quand j'étais marmot ,et la seule evocation de leur noms semblaient susciter chez elle un grand effroi(Faut dire,ils croient pas mal encore à la Sorcellerie et autres "j'teux de sort" dans les campagnes,même au XXIeme siecle!).Je me rappelle encore de ces mises en garde:
"Si jamais,tu tombes sur l'un de ses bouquins ne l'ouvrent jamais,ça te rendraient fous!Ce sont des livres maudits!"
Apparement,il s'agirait de Manuels de Sorcellerie qui ont circulé pas mal dans nos campagne...Je n'en sait guère plus...
Quelqu'un en saurait-il d'avantage sur ces deux ouvrages?

Je les ai cité dans la liste des grimoires les plus connus (voir plus haut). En effet il y a beaucoup d'histoires mettant en scène des grimoires interdits qu'il ne faut jamais ouvrir sous peine de devenir fou ou maudit. Il y a aussi un certain nombre d'histoires racontant les malheurs de ceux qui ont transgressé l'interdiction. Cela fait partie du folklore entourant les grimoires. Il faut rappeler qu'ils étaient mis à l'Index par le Pape.


Le Grand et le Petit Albert



Le Grand Albert est un des grimoires les plus célèbres, livre de magie populaire, en latin, attribué au théologien et philosophe Albert le Grand (vers 1200-1280).
Ce docteur, très savant pour son époque et qui eut pour élève St Thomas d'Aquin, avait auprès de certains la réputation d'être sorcier.
La forme définitive du Grand Albert se situerait vers 1580 : en effet l'édition se serait enrichie d'extraits des Archidoxes de Paracelse, de la Philosophie Occulte de Cornelius Agrippa, de l'Enchiridion du pape Léon III, et du Grimoire d'Honorius.

Ce livre est souvent accompagné d'un autre, qui lui est similaire : le Petit Albert, paru en 1668. On y trouve des recettes magiques et un chapitre original sur les talismans.
Grand et Petit Albert sont ensuite réunis ensemble dans un grimoire en deux parties, notamment publié à Lyon en 1651, puis en 1775.

C'est le type même du grimoire diabolique enrichi de pentacles, à la réputation maudite : certaines éditions ont, en bas de certaines pages, l'avertissement suivant écrit en grosses majuscules rouges :
TOURNE LA PAGE SI TU ES ASSEZ HARDI


Voici le sommaire d'une version traditionnelle française, Les admirables secrets d'Albert le Grand, qui date de 1703 :

Spoiler:
 

Il est aussi considéré comme l'un des grimoires contenant le plus d'absurdités. On y trouve par exemple des recettes d'amour, d'autres pour faire danser ou les femmes, ou les hommes, ou une recette "pour faire péter un homme" : "les poils qui sont autour de la verge d'un âne, étant découpés dans du vin, si on les fait boire à quelqu'un, il pétera sur-le-champ".




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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Mer 2 Jan - 1:11

[quote="VIC"]
Donald le Naufrageur a écrit:
Qui a déja entendu parler du petit et du grand Albert?
C'est ma grand-mère qui m'en a parlé quand j'étais marmot ,et la seule evocation de leur noms semblaient susciter chez elle un grand effroi(Faut dire,ils croient pas mal encore à la Sorcellerie et autres "j'teux de sort" dans les campagnes,même au XXIeme siecle!).Je me rappelle encore de ces mises en garde:
"Si jamais,tu tombes sur l'un de ses bouquins ne l'ouvrent jamais,ça te rendraient fous!Ce sont des livres maudits!"
Apparement,il s'agirait de Manuels de Sorcellerie qui ont circulé pas mal dans nos campagne...Je n'en sait guère plus...
Quelqu'un en saurait-il d'avantage sur ces deux ouvrages?

Je les ai cité dans la liste des grimoires les plus connus (voir plus haut).



Autant pour moi!
En lisant ça,je me dis qu'il doit bien il y avoir quelques paysans malfaisants qui doivent en cacher l'un deux dans l'un de leur vieux coffre.
J'ai connu personellement des personnes qui se sont dites "avoir été envoutées".IL ne leur arrivait que des tuiles(chomages,accidents graves,depression,comportement agressifs etc etc),ils ont du faire appel à un désenvouteur(ou désencraudeurs comme on dit par chez moi) pour ce liberer de tout ça,et retourner le sort contre celui qui les leur avait lancé.
Je ne sait quel crédit porter à ce genre de croyances...Une choses est sûre,elle sont encore fortement ancrées dans les têtes des gens de la campagne.

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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Jeu 3 Jan - 19:02

la mandragore


En raison de la forme vaguement humaine de sa racine et de ses composés alcaloïdes psychotropes, la mandragore a été associée depuis l'antiquité à des croyances et des rituels magiques, et était très présente dans les grimoires.
(Les autres aspects de la mandragore sont traités dans la Roulotte de l'Herboriste : http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org/t753-la-mandragore#4094 )

En tant que plante magique, la mandragore est appelée kirkaia, en référence à la magicienne Circé. Les astrologues ont attribué la mandragore au signe du Cancer (karkinos) qui régit le corps humain de la poitrine au ventre. Il en résulte qu'elle contrôle la rate, organe responsable des accès de mélancolie.
Pline l'Ancien dans son Histoire Naturelle (Ier siècle) recommandait de tracer trois cercles autour de la plante avec son épée, d'être dos au vent, puis d'arracher la plante dans le sens du soleil couchant.

Le rituel d'arrachage de la mandragore change dès le début du Moyen Âge. Le collecteur de plantes doit maintenant pour dégager la racine, l'attacher à un chien et attirer l'animal au loin. Cette plante a une telle puissance magique que si l'herboriste s'aventurait à la déraciner lui-même, il s'exposerait à une mort certaine. Les textes2 ajoutent même « que cette racine a en soi une telle puissance divine que, lorsqu'elle est extraite, au même moment, elle tue aussi le chien » (Herbarius Apulei, 1481).
Les précautions lors de la cueillette sont aussi énoncées dans les écrits de Paracelse (1493-1541). Pour se procurer la racine de mandragore si dangereuse, il fallait des rituels magiques. Celui qui arrache la mandragore sans précaution, s'il ne devient pas fou en entendant les hurlements de la plante, sera poursuivi par sa malédiction...


Arrachage d'une mandragore. À gauche : Manuscrit Tacuinum Sanitatis, Bibliothèque nationale de Vienne, v. 1390.

Selon les divers écrits décrivant les rituels, on sait qu'ils se déroulaient les nuits de pleine lune. Les mandragores qui poussaient au pied des gibets étaient très prisées car on les disait fécondées par le sperme des pendus, leur apportant vitalité, mais celles des places de supplice ou de crémation faisaient aussi parfaitement l'affaire. Des « prêtres » traçaient avec un poignard rituel trois cercles autour de la mandragore et creusaient ensuite pour dégager la racine, le cérémonial étant accompagné de prières et litanies. On passait également une corde autour de la racine et on attachait l'autre extrémité au cou d'un chien noir affamé que l'on excitait au son du cor. Les prêtres appelaient alors au loin le chien pour qu'en tirant sur la corde il arrache la plante. La plante émettait lors de l'arrachage un cri d'agonie insoutenable, tuant l'animal et l'homme non éloigné aux oreilles non bouchées de cire.

La racine devenait magique après lavage, macération et maturation en linceul ; elle représentait l'ébauche de l'homme, « petit homme planté » ou homonculus. Ainsi choyée, elle restait éternellement fidèle à son maître et procurait à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité. Elle était vendue très cher en raison du risque à la cueillette, et ce d'autant plus que la forme était humaine, de préférence sexuée.
La racine de mandragore était également censée être aphrodisiaque, de même "que le sang qui s'écoule de la tige lorsque la fleur blanche en est détachée".
Enfin, la mandragore est souvent associée à l'élément feu. La mandragore pourrait exaucer tous les voeux, mais contre une compensation que le sorcier devra verser à "l'esprit-groupe" des mandragores, un collectif très puissant associé au feu.

En Europe, on trouve à partir du IXe siècle dans la littérature médicale la description de narcose par inhalation d'une éponge soporifique (spongia soporifera).
Une série de recettes allant du IXe au XVIe siècle et provenant de divers pays nous sont parvenues. La plupart se trouvent dans des manuels de chirurgie ou dans des antidotaires. La plus ancienne connue est celle de l'Antidotaire de Bamberg, Sigerist ; elle comporte de l'opium, de la mandragore, de la ciguë aquatique (cicute) et de la jusquiame. 7Au XIIe siècle, à l’école de médecine de Salerne, Nicolaus Praepositus, pronait aussi dans son Antidotarium l'usage d'une éponge soporifique dans certaines opérations chirurgicales : elle était imbibée d'un mélange de jusquiame, de jus de mûre et de laitue, de mandragore et de lierre.



à gauche : Manuscrit Dioscurides neapolitanus, VIIè, représentant les mandragores mâle et femelle


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MessageSujet: GRIMOIRES ET TRAITES...   Jeu 3 Jan - 19:28

Etonnant ! Surtout la technique de "cueillette" avec le chien. Assez fou le pouvoir attribué à cette plante, cette "allégorie" en quelque sorte de ses capacités hallucinogènes, pour en faire la plante qui rend fou.
Pour l'anecdote du sperme des pendus, elle fait allusion à la théorie qui veut que la pendaison provoque au moment fatal une brusque érection, voire une éjaculation... (C'est pas des blagues !). Mais j'ignore s'il s'agit d'un fait avéré ou d'une légende.
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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Jeu 3 Jan - 19:47

Voyageur Solitaire a écrit:
...
Pour l'anecdote du sperme des pendus, elle fait allusion à la théorie qui veut que la pendaison provoque au moment fatal une brusque érection, voire une éjaculation... (C'est pas des blagues !). Mais j'ignore s'il s'agit d'un fait avéré ou d'une légende.

D'après wikipédia :

Citation :
Une érection post mortem, aussi appelée "érection terminale" est une érection, techniquement priapique, observée sur des cadavres humains mâles qui ont été exécutés, particulièrement par pendaison. Le phénomène est attribué à la pression faite sur le cervelet par la corde. Des lésions à la moelle épinière sont liées au priapisme. Des lésions au cervelet ou à la moelle épinière sont également souvent associées au priapisme chez des patients vivants.

La mort par pendaison, que ce soit par exécution ou par suicide, affecte souvent les organes génitaux masculins comme féminins. Chez les femmes, les lèvres de la vulve se gonflent et il peut survenir un écoulement de sang du vagin. Chez les hommes, on trouve un état d'érection du pénis plus ou moins complet, avec écoulements d'urine, de mucus ou de fluide prostatique, qui surviennent assez souvent, dans un tiers des cas.

D'autres causes de décès peuvent aussi être responsables de ces effets, comme des blessures par balle au cerveau ou touchant des vaisseaux sanguins importants, ou des empoisonnements violents. En médecine légale, la présence d'une érection terminale est un indicateur d'une mort très probablement rapide et violente.
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MessageSujet: GRIMOIRES ET TRAITES...   Jeu 3 Jan - 19:53

Ce n'est donc pas une légende... Effet assez inattendu et surprenant...
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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Sam 5 Jan - 23:07

La Main de Gloire


La Main de Gloire possède la réputation d'être fort prisée des voleurs et cambrioleurs pour ses propriétés hypnotiques. En effet elle était censée plonger les habitants de la maison où on l'a déposait dans un sommeil profond. Les cambrioleurs pouvaient donc opérer leurs forfaits tranquillement après avoir placé cette main dans la maisonnée.

Le nom de Main de Gloire dériverait du mot " Mandaglore ", lui-même tiré de la Mandragore, cette racine magique fort prisée par les occultistes. Comme pour cette dernière, on retrouve une utilité au pendu : une variante sur la fabrication d'une main de gloire suppose la main coupée d'un pendu, dans laquelle on place une bougie. La mèche de cette bougie devant être faite de cheveux du pendu.



Voici la recette de la Main de Gloire tirée du Dictionnaire Infernal de Collin de Plancy :

"On l'enveloppe dans un morceau de drap mortuaire, en la pressant bien, pour lui faire rendre le peu de sang qui pourrait y être resté ; puis on la met dans un vase de terre, avec du sel, du salpêtre, du zimat et du poivre long, le tout bien pulvérisé. On la laisse dans ce pot l'espace de quinze jours ; après quoi on l'expose au grand soleil de la canicule, jusqu'à ce qu'elle soit bien desséchée ; et si le soleil ne suffit pas, on la met dans un four chauffé avec de la fougère et de la verveine.
On compose ensuite une espèce de chandelle, avec de la graisse de pendu, de la cire vierge, du sésame de Laponie ; et on se sert de la main de gloire comme d'un chandelier pour tenir cette merveilleuse chandelle allumée. Dans tous les lieux où l'on va avec ce funeste instrument, ceux qui y sont demeurent immobiles..."

Les moyens de se prémunir contre ce genre d'amulette est de verser du lait sur le seuil de sa maison - ou bien du sang ou de l'eau bénite, selon les versions. Mais le meilleur serait de frotter le seuil avec un onguent composé de fiel de chat noir, de graisse de poule blanche et de sang de chouette, le tout mêlé par temps de canicule.

...
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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Dim 6 Jan - 0:57

VIC a écrit:
La Main de Gloire


La Main de Gloire possède la réputation d'être fort prisée des voleurs et cambrioleurs pour ses propriétés hypnotiques. En effet elle était censée plonger les habitants de la maison où on l'a déposait dans un sommeil profond. Les cambrioleurs pouvaient donc opérer leurs forfaits tranquillement après avoir placé cette main dans la maisonnée.

Le nom de Main de Gloire dériverait du mot " Mandaglore ", lui-même tiré de la Mandragore, cette racine magique fort prisée par les occultistes. Comme pour cette dernière, on retrouve une utilité au pendu : une variante sur la fabrication d'une main de gloire suppose la main coupée d'un pendu, dans laquelle on place une bougie. La mèche de cette bougie devant être faite de cheveux du pendu.



Voici la recette de la Main de Gloire tirée du Dictionnaire Infernal de Collin de Plancy :

"On l'enveloppe dans un morceau de drap mortuaire, en la pressant bien, pour lui faire rendre le peu de sang qui pourrait y être resté ; puis on la met dans un vase de terre, avec du sel, du salpêtre, du zimat et du poivre long, le tout bien pulvérisé. On la laisse dans ce pot l'espace de quinze jours ; après quoi on l'expose au grand soleil de la canicule, jusqu'à ce qu'elle soit bien desséchée ; et si le soleil ne suffit pas, on la met dans un four chauffé avec de la fougère et de la verveine.
On compose ensuite une espèce de chandelle, avec de la graisse de pendu, de la cire vierge, du sésame de Laponie ; et on se sert de la main de gloire comme d'un chandelier pour tenir cette merveilleuse chandelle allumée. Dans tous les lieux où l'on va avec ce funeste instrument, ceux qui y sont demeurent immobiles..."

Les moyens de se prémunir contre ce genre d'amulette est de verser du lait sur le seuil de sa maison - ou bien du sang ou de l'eau bénite, selon les versions. Mais le meilleur serait de frotter le seuil avec un onguent composé de fiel de chat noir, de graisse de poule blanche et de sang de chouette, le tout mêlé par temps de canicule.

...


J'ai déja lu un passage sur cette pratique dans un ouvrage consacré à la Sorcellerie dans le Cotentin.
Il est à noter que cette région connut le dernier grand proccés en Sorcellerie du royaume de la France:Je veux parler bien sûr parler de celui de la Haye-du-puits qui de déroula dans les années 1680 et quelques...
Le tribunal de Normandie était particulièrement répressif et zélé dans ce genre d'affaire,si bien que le roi Louis XIV dut intervenir, car cette histoire prenait vraiment une tournure malsaine et démesurée.Si j'ai bonne mémoire,il me semble que les accusés furent graciés.
De toute façon ce coin de France a longtemps eu mauvaise réputation à ce sujet.Il existait à l'époque(et existe qui toujours d'ailleurs)un endroit qui s'appelait le "Mont Etenclin".Cette colline avait la réputation d'être hantée,et de servir de lieu de rassemblement pour les sabbats des Sorciers.

D'ailleurs,il a été tourné un docu-fiction vers la fin des années 60 sur ses événement.
Je met le lien pour ceux et celles que cela pourrait intérresser...

http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/CPF86654707/le-sabbat-du-mont-d-etenclin.fr.html
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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Lun 8 Avr - 21:51

Donald le Naufrageur a écrit:


J'ai déja lu un passage sur cette pratique dans un ouvrage consacré à la Sorcellerie dans le Cotentin.
Il est à noter que cette région connut le dernier grand proccés en Sorcellerie du royaume de la France:Je veux parler bien sûr parler de celui de la Haye-du-puits qui de déroula dans les années 1680 et quelques...
Le tribunal de Normandie était particulièrement répressif et zélé dans ce genre d'affaire,si bien que le roi Louis XIV dut intervenir, car cette histoire prenait vraiment une tournure malsaine et démesurée.Si j'ai bonne mémoire,il me semble que les accusés furent graciés.
De toute façon ce coin de France a longtemps eu mauvaise réputation à ce sujet.Il existait à l'époque(et existe qui toujours d'ailleurs)un endroit qui s'appelait le "Mont Etenclin".Cette colline avait la réputation d'être hantée,et de servir de lieu de rassemblement pour les sabbats des Sorciers....

Alors justement, suite au message de Donald S, j'ai lu le mois dernier "La messe noire des innocents, la Haye-du-puits 1668-1672" de M.Subiela (1976).
L'auteur d'après les rares documents d'époque conservés propose un roman historique sur ce procès de sorcellerie.
Je n'avais pas vraiment eu l'occasion de lire un ouvrage sur ce sujet, et sur la paysannerie Normande au XVIIè. Ce procès est important car ce fut le dernier dans son genre en France. Comme le dit l'auteur, il s'agit d'un tournant, celui où l'on passe des croyances et superstitions, aux précurseurs des Lumières.

Tout commence par une affaire banale qui prend des proportions de plus en plus grandes, enflée par quelques ecclésiastiques appliquant bêtement leurs stupides "traités de démonologie", s'essayant à l'exorcisme, obligeant tous les habitants à venir témoigner. Le résultat échappe alors à tout contrôle : n'importe qui dénonce son voisin, l'accuse de sorcellerie. Chaque accusé est alors torturé, et lâche des noms pour que la torture prenne fin. Et les nouveaux accusés sont à leur tour torturés pour en accuser de nouveaux, etc ... C'est une machine inexorable bicéphale : administrative et cléricale, qui s'auto-entretient. Les délires individuels ou collectifs, tout comme les petits règlements de compte sont aussi là : bêtise, méchanceté, jalousie côtoient croyance aveugle, obscurantisme, et fanatisme...
Dans le genre, ça va loin : entre ceux qui confessent avoir assisté au sabbat et à une orgie démoniaque avec Satan changé en monstre, ou le moine novice qui jure avoir vu une jeune fille enfourcher son balai et s'envoler par la fenêtre.

Pour ceux qui souhaitent connaître la fin : (SPOILERS)
Effectivement il y eu une grâce : les condamnés échappèrent de justesse au bûcher, pour finir exilés et bannis de Normandie, abandonnés sans rien sur la route, après des mois ou des années d'emprisonnement et de torture. Mais cette grâce n'est due qu'à l'intervention d'un homme d'état "éclairé" et précurseur des Lumières, Claude Pellot, qui a pris le dossier en main. Il avait l'oreille du Roi, et cela coïncidait avec la volonté de Versailles de diminuer l'autorité des juges locaux de province, (qui pour l'anecdote, achetaient leur charge et gagnaient leur rentes indépendamment de leur (in)compétence).


_________________
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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Mar 9 Avr - 15:52

C'est une histoire vraie ou c'est romancé sur un fait divers ?
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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Mar 9 Avr - 20:32

C'est romancé d'après des faits bien réels, archives, lettres, témoignages. Même si une une part des archives n'est pas disponible, par recoupement, il a été possible de connaître la biographie de nombreux intéressés, y compris des accusés. Le procès a duré longtemps et surtout a eu des ramifications politiques, ce qui fait qu'il a été plus facile d'en garder des traces écrites, contrairement aux procès précédents dont on ne connaît pas grand chose d'après l'auteur.

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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Mar 9 Avr - 21:16

Parfois les archives sont pleines de surprise comme cet acte par exemple, digne des "experts" :

Gausson : Cotes d'Armor 1694 / 1714 page 10/426 image 75
Ce jour dixième de juin a été enterré le corps de Françoise Salmon dans le cimetière de Gausson agé de sept ans et est morte par accident causé par un loup qui l'a tuée et dévorée, du village de Vautgarnier et a été inhumée dans le cimetière de Gausson en présence de Pierre Caro, Sylvestre Rault et plusieurs autres qui ont signé lans mil six cent quatre vingt dix sept. signature du curé.


Second acte à quinze jours d'intervalle. (page 10 image N° 77)

Ce jour quatrième juillet a été enterré dans le cimetière de Gausson le corps de Guillaume Despré aagé d'environ treize ans est mort de mort subite pour avoir été dévoré et presque mange par un loup.

le reste de son corps a esté enterré dans le dit cimetière. furent présents Pierre Carro, Sylvestre Rault et Tjhomas Després son père le cinquiesme dudit mois mil six cent quatre vingt dix sept suit la signature du curé.



Ou encore plus étonnant : Un mendiant tué par un aveugle !

Nous sommes le 30 mars 1719 mourut un mendaiant de Bonnassut des Merlaas qui auroit été battu et crevé par un aveugle, les 7 ou 8 au paravant. A été enterré au cimetière de l'église st Loup de dépost par moi Dussu pêtre



Et même les curés se font cramer !

Le mercredi 23 septembre 1551 maitre Etienne Bertin prêtre natif de Gien fut dégradé par monseigneur l'évêque de Bethléem (Clamecy) devant le portail de l'église cathédrale d'Auxerre qu'il estoit hérétique et avoit épousé une nommée la dame de l'Annonciade … qu'il emmena qu'il emmena à Genève où il a demeure longtemps et le lundi 28 dudit mois ledit Bertin a été brulé après avoir été étranglé en (la place de) la Fénérie auquel lieu le dit Bertin ….. avoir épousé ladite dame de l'Annonciade, nommée Charlotte Pinon, fille de feu maitre Jehan Pinon, de Donzy le pré, de laquelle il a eu troys enfants Dieu veuille avoir son âme. » Amen
« En 1551 (note 1), Rollet-le-Moine, bourreau d'Auxerre, reçoit une allocation sur les revenus du domaine royal pour avoir exécuté Etienne Berthin. Etienne Berthin fut étranglé, puis brûlé place de la Fénerie



Et même les commerçants sont assassinés :
Ce jourd'hui 31e janvier 1716 ont été par moi, chapelain soussigné, inhumez dans l'église de cette paroisse les corps de deux honnêtes marchands tuez et massacrés violemment sur les terres de cette paroisse en un endroit appelé L'Etang Girard, le 27e dudit mois par des voleurs de grand chemin à cheval, au nombre pour le moins de 6 ; lesquels marchands n'ont été trouvés morts que le lendemain et ainsi n'ont reçu aucun sacrement. Leur inhumation faite en présence de Loüis CHARLIN et Jean BILLARD, quia déclaré ne savoir signer. L'un s'appelait Edme LE PRÊTRE et l'autre le sieur ROUSSI. — Maupou prêtre
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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Ven 26 Sep - 11:59

Le livre noir de Von Junzt

Nous avons vu plus haut le fameux Necronomicon, oeuvre fictive de Lovecraft qui sût pourtant lui donner une telle force que beaucoup ont cru à son existence.
Mais Lovecraft ne fût pas le seul. Robert E. Howard fît de même avec les Unaussprechlichen Kulten de Von Junzt, ouvrage plus connu sous le nom de Livre Noir. Ce Von Junzt est un personnage imaginaire d'Howard, mais doté d'une telle présence que beaucoup ont cru à son existence, tout comme pour le poète Justin Geoffrey (Voir le sujet sur Howard).

Notre fameux Von Junzt aurait donc écrit ce mystérieux Livre Noir. Howard consacre deux récits à cet ouvrage, Le monolithe noir et La chose ailée sur le toit. Dans ces deux récits, il donne même une génèse, une "biographie" du mystérieux livre.
Ce dernier serait d'une extrême ambiguité et d'un contenu si terrible que la plupart de ceux l'ayant acheté l'auraient détruit ou brûlé, horrifiés. En 1845, un éditeur londonien, un certain Bridewall, en publia une nouvelle version bon marché, mais expurgée, ornée de gravures grotesques et mal traduite. En 1909, la Golden Goblin Press de New York en sortit une nouvelle édition. Là aussi le texte original fût expurgé, mais l'ouvrage fût magnifiquement illustré par Diego Vasquez.
Le fameux livre était le compte-rendu des inombrables voyages de son auteur dans les lieux les plus reculés et mystérieux du monde.

Tout ceci n'est que fiction. Howard a créé de toutes pièces le personnage de Von Junzt et son oeuvre, comme Lovecraft l'a fait avec Abdul Hal-Azred et son Necronomicon. Mais les deux amis ont réussi au travers de leurs nombreux récits à donner une telle force à ces personnages et leur oeuvre que beaucoup ont cru à leur existence.
Aujourd'hui encore, le Livre Noir, bien que fictif, fait partie intégrante, comme le Necronomicon, du mythe de Cthulhu et de l'univers Lovecraftien.
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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Mar 3 Nov - 14:47

Les portulans d'Opicino de Canistris

Pas vraiment un grimoire, mais c'est la catégorie qui m'a semblé la plus adaptée.


Au XIVe siècle, Opicino de Canistris, un scribe à la cour papale d'Avignon, tombe gravement malade. On lui administre l'extrême-onction mais il survit.

Il perd l'usage de son bras, mais celui-ci se met à dessiner de lui-même des cartes marine d'une extrême précision. Et lorsque l'on observe les cartes à l'envers, on y voit des images démoniaques…

L'ensemble figure dans l'inventaire de la Bibliothèque apostolique du Vatican avec la mention « un livre plein de figures difficilement compréhensibles […] avec de nombreux mystères », et est oublié durant six siècles.

Agnès Giard a écrit:
« L’activité graphique d’Opicino se déploie dans un dialogue avec l’au-delà », explique Sylvain Piron qui insiste sur le fait que, dès 12 ans, l’artiste développe un don inouï : doté d’une « conscience géographique aiguë » […].

Outils de déplacement non pas physique mais mental, ces cartes ouvrent le monde « à toutes les trajectoires et projections possibles. » Les villes qu’Opicino relie entre elles prennent place dans un rébus d’inspiration divine qu’il s’amuse parfois à résoudre en jeux de mots ésotériques… Il voit sa « ligne de rédemption » passer par « l’immolation » (Imola) de « tous les biens » (Bologne), par « mutation » (Modène) du « régime » (Reggio) du « bouclier » (Parme), jusqu’au « décret » (Plaisance) de Dieu. » Il fait de son nom même – Canistris (déclinaison du mot latin canistra « panier tissé », « corbeille ») la « racine » d’un osier qu’il faut tisser par cercles concentriques afin d’en faire le vase d’une âme enfin purifiée… Ses cartes tournent en spirale, comme des prières, incessamment répétées en direction de la vierge. C’est lui qu’il voit sur les genoux de la Madonne. C’est son visage en oraison qu’il reproduit sur le pourtour des plans tracés à l’aide de compas, accompagnés de sa confession. Il souffre et il a peur. Sa peur s’inscrit, sous la forme de monstres, au détour de chaque frontière : le monde terrestre, voué au mal, n’est qu’un fouillis de corps violentés.

On aurait inventé ça pour une fiction fantasy qu'on n'y aurait pas cru (-:

[Source]
Agnès Giard, « Faites sortir les monstres », Libération, 1er novembre 2015

Voir aussi l'ouvrage qui lui est consacré (et que je n'ai pas lu) :
Silvain, Piron Dialectique du monstre, éd. Zones sensibles, 2015, ISBN 978 293 0601 18 2.
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VIC

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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Dim 17 Jan - 11:38

Lemegeton

Le Lemegeton Clavicula Salomonis, ou the lesser key of Salomon, ou Lemegeton, est un traité de magie rituelle anonyme en anglais, de la seconde moitié du XVIIe siècle. Il s'agit, dans sa version complète d'une compilation et d'une refonte de cinq textes ayant auparavant circulé de façon indépendante.


L'ouvrage est en cinq parties :

- la Goetia qui décrit 72 démons et le rituel pour les invoquer ;
- la Theurgia Goetia avec des esprits en partie bons et en partie mauvais ;
- l’Ars Paulina qui décrit les esprits et anges qui gouvernent les heures du jour et les signes du zodiaque, tels que supposément découverts par l'apôtre Paul après avoir été enlevé au ciel ;
- l’Ars Almadel (du nom de son présumé auteur arabe) qui décrit vingt esprits bienveillants du zodiaque ;
- l’Ars Notoria, qui est un mélange de prières et de mots magiques permettant la communion avec Dieu et la connaissance des sciences humaine et divine.


La Goetia (terme grec désignant la magie avec une connotation péjorative, par opposition à theurgia = théurgie) contient la description de 72 démons que le roi Salomon aurait invoqués puis emprisonnés dans une urne de laiton scellée par des symboles magiques, et qu'il aurait ensuite obligés à travailler pour lui. Le texte explique comment fabriquer une urne similaire et détaille les formules magiques afin d'appeler ces démons en toute sécurité. La liste de démons reprend pour l'essentiel celle du Pseudomonarchia daemonum de Johann Weyer, en appendice de son De Praestigiis Daemonum (1563).

La Theurgia Goetia s'inspire de près du premier livre de la Stéganographie de l'abbé Trithème, écrite vers 1500, et qui circula de façon importante sous forme de manuscrits avant sa première publication en 1608, et dans laquelle les sceaux magiques et les conjurations sont en fait des exemples d'écritures codées. Le livre II de la Stéganographie a fourni les noms des esprits de l’Ars Paulina, les sceaux zodiacaux étant repris des Sept Livres de l'archidoxe magique de Paracelse.


En page 1 du sujet, j'avais présenté Le Dictionnaire Infernal de Jacques Collin de Plancy de Collin de Plancy, dont la sixième et dernière version, de 1863, comporte 550 figures parmi lesquelles les portraits de 72 démons dessinés par M. L. Le Breton.

Voici une nouvelle planche avec ces 72 démons, mais pas par Le Breton. On dirait que ces démons ont été redessinés de façon moderne :






_________________
Ë=alt0203...  Ï=alt0207...œ=alt0156... Œ =alt0140...Ç=alt0199...Á= lt181... Â=alt182...À=alt183...Ç=alt128...È = alt 212 ... É=alt144...ø=alt0248...Ø=alt0216
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MessageSujet: Re: GRIMOIRES & TRAITÉS DE DÉMONOLOGIE   Mar 19 Jan - 9:41

Sympa les illustrations Smile
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