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 XIXème SIECLE

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Gorak



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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 14 Juil - 0:58


L'assassinat du duc de Berry -- le 13 février 1820 :

Emile Marco de Saint-Hilaire a écrit:
Le dimanche 13 février 1820, on jouait par extraordinaire à l'Opéra ; le spectacle était long. S.A.R Madame la duchesse de Berry avait passé la veille une partie de la nuit au bal brillant de M. de Greffulhe, pair de France. Dans l'entracte des Noces de Gamache, Mgr le duc de Berry croit s'apercevoir que son auguste épouse est fatiguée; il lui propose de se retirer : la princesse accepte, et le prince lui donnant la main, la conduit jusqu'à sa voiture. Il était onze heures moins un quart.

La jeune princesse, suivie de madame de Béthisy, monte dans sa voiture; l'un des gens de S.A.R relevait le marchepied, et le prince, qui avait manifesté le désir de voir le dernier acte du ballet, se trouvait encore sous l'auvent qui dominait le portique de l'entrée particulière des princes, lorsqu'ils vont à l'Opéra.

"Adieu Caroline, dit-il, nous nous reverrons bientôt."

S.A.R se retourne pour rentrer au spectacle : tout-à-coup, un homme,s'appuyant fortement d'une main sur l'épaule gauche du prince, lui porte avec violence un coup sous le sein droit, et s'enfuit.

"Je suis mort. Je suis assassiné !", s'écrie le prince.

Au même instant, Madame la duchesse de Berry s'élance, au péril de sa vie, de la voiture, dont la portière n'était pas encore fermée. Madame la comtesse de Béthisy veut la retenir par sa robe; "Laissez-moi ! Laissez-moi !... Je vous ordonne de me laisser." Monseigneur le duc de Berry, portant la main à la blessure, en retire le fer parricide, et le sang rejaillit sur l'infortunée princesse, qui reçoit dans ses bras son époux défaillant.

Tandis qu'on transportait S.A.R dans le petit salon, qui attenait à sa loge, l'assassin qui s'était échappé, gagnait de vitesse, et était déjà à l'arcade Colbert, lorsqu'un jeune homme, attiré par les cris et apercevant l'homme qui fuyait, s'élance sur lui et le saisissant par le milieu du corps, livre ce scélérat à un factionnaire de la garde royale et à un gendarme qui le suivaient de près, et le conduisirent jusqu'au corps-de-garde de l'Opéra à travers la foule qui venait de s'amasser.

L'assassin était Louvel. Il était agé de 40 ans, natif de Versailles, employé à la sellerie du Roi, et demeurant aux Ecuries royales, place du Carrousel.
Jugé et condamné à la peine capitale par la Chambre des Pairs le 6 juin 1820, il subit son arrêt le lendemain à six heures du soir. L'exécration publique exprimée par des murmures d'indignation accompagnèrent ce parricide sur toute sa route jusqu'à l'échafaud; pompe funèbre digne de la douleur où ce monstre plongea la France.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 21 Sep - 21:25


LI HUNG CHANG : UN MANDARIN REFORMATEUR

(1833-1901)

Sous ce masque impassible de mandarin aux allures de vieux pédagogue, se dissimulait une âme passionnément ambitieuse, et dépourvue de tout scrupule, une intelligence supérieure d'homme d'Etat, de diplomate et d'homme d'affaires.

Li Hung Chang a joué, pendant près de quarante ans, un rôle prépondérant en Chine.

Affichant un mépris sans complexes pour les étrangers occidentaux, mais lucide quant à leur supériorité militaire et industrielle, il s'efforça, tout en sauvegardant jalousement l'intégrité de la Chine, de réformer son organisation militaire et économique. Il eût alors à lutter contre des préjugés si tenaces qu'il n'y réussit que partiellement.

Cependant, c'est à lui que la Chine dût ses premières armées organisées à l'européenne, sa flotte et ses arsenaux, ses premières voies ferrées et ses lignes téléphoniques.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 21 Sep - 21:33

Tiens, inconnu au bataillon... Je vais voir ça d'un peu plus près. Merci pour la découverte.
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MessageSujet: opppp   Dim 21 Sep - 22:22


ULYSSES S. GRANT

Né à Point-Pleasant dans l'Ohio, en 1822, il fit ses premières armes dans la guerre du Mexique en 1840, dès sa sortie de l'Ecole militaire de West-Point. La guerre finie, il rentra dans la vie civile pour entreprendre avec son père, le commerce des cuirs.

Lors de la guerre civile, il fut nommé colonel du régiment des Volontaires de l'Illinois, se fit remarquer à la sanglante bataille de Pittsburgh et dès la fin de 1862, parvenait au grade de général en chef.
Ses victoires décisives sur la Confédération sudiste lui valurent de devenir ministre de la Guerre en 1867, puis d'être élu à deux reprises à la Maison Blanche.

Au cours de ses deux mandats, il s'appliqua particulièrement à amener une réduction rapide de la dette contractée pendant la guerre et à mettre en pratique la doctrine de l'égalité politique des races : ainsi fut-il le premier président américain qui osa intégrer des Noirs dans l'administration civile.

Sa popularité fut malheureusement compromise par des scandales politiques et financiers, par des faits de corruption et de concussion, qui se succédèrent sous son gouvernement.

Les Républicains refusèrent de le choisir comme candidat pour un troisième mandat ; après cet échec (1879), Grant se retira de la vie publique en s'occupant de commerce et d'affaires financières.

Grant était d'une taille un peu au-dessus de la moyenne, le front, sans être large, était assez développé ; les sourcils fortement arqués encadraient des yeux bleus, la phyisionomie, d'une froideur glaciale, exprimait l'énergie et la résolution, ainsi que le calme flegmatique dont ce grand homme d'Etat ne se départit jamais.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 12 Oct - 16:47



PROUDHON

(1809-1865)


Fils de paysan et ouvrier lui-même (il était correcteur d'imprimerie), Proudhon fut peut-être le plus original et le plus profond des penseurs et théoriciens du socialisme.

Son oeuvre touffue est toutefois assez complexe et se résume assez difficilement.

Il n'y a pas un système mais des systèmes proudhoniens.

A cause de son hostilité à l'égard de l'Etat, et la violence de ses formules, on a fait de Proudhon le chef de file des anarchistes. En réalité, il était plutôt un réformateur pratique et modéré.

Selon lui, la justice doit se réaliser par l'échange équitable qu'est la mutualité :
Mutualité entre ouvriers et patrons par l'égalité des salaires et des bénéfices,
mais aussi entre vendeurs et acheteurs par l'égale valeur des produits échangés.
Enfin, mutualité entre prêteurs et emprunteurs par l'organisation du crédit gratuit.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 14 Oct - 17:51

Leopold de Saxe-Cobourg, premier roi des Belges

(1790-1865)



Huitième enfant du prince de Saxe-Cobourg, il entre à l'âge de 15 ans dans l'armée russe. Il fut, en 1813, le premier prince allemand à mettre son épée au service des Alliés. Il prit ainsi une grande part aux batailles de Lützen et de Leipzig.

En 1815, il assista au congrès de Vienne.

L'année suivante, il devint gendre du roi George III d'Angleterre, consacrant plusieurs années de sa vie à l'instruction de sa nièce : la future reine Victoria pour laquelle il fut toujours un conseiller écouté.

Il avait une première fois refusé le trône de Grèce en 1820, parce que les conditions stipulées par les grandes puissances faisaient de lui l'élu de l'étranger.

En 1831, il accepta, à l'âge de 41 ans, la couronne du nouvel Etat belge et consolida sa situation en épousant, un an après, en secondes noces, la fille de Louis-Philippe : Louise-Marie d'Orléans.


Très intelligent, cultivé, raffiné, ayant une grande expérience des hommes et des peuples, Léopold Ier fut un très grand roi.

Grâce à sa sagesse, le régime parlementaire s'est introduit en Belgique.
Resté toujours à l'écart des partis politiques, il n'a jamais eu d'autres préoccupations que celle de développer les institutions de son royaume et de favoriser son essor économique.
Seigneur de race féodale, il sut taire ses préférences personnelles pour se conformer à la volonté nationale.
Protestant, il sut se faire aimer d'un peuple catholique.

Il sut faire de son petit royaume un Etat prospère sur le plan économique. Ce qui lui valut une constante popularité, qui augmentait la simplicité de son existence.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 22 Oct - 17:57


LA GUERRE FRANCO-CHINOISE (1884-1885)

A la fin du XIXe siècle, la France soutint seule une guerre contre la Chine. Celle-ci dura deux ans et ne fut jamais officiellement déclarée.

Les combats eurent lieu sur terre et sur mer. Le théâtre des opérations : le Tonkin, que la France venait de conquérir, le 20 août 1883. L'objectif : chasser les armées chinoises que l'empereur d'Annam avait appelé à son secours.

Cette guerre fut très rude parce que le pays était difficile : presque pas de routes, des marécages, des montagnes et des jungles presque impénétrables. Rude aussi parce que les Français ne furent jamais plus de 16.000 et qu'ils se heurtèrent à des troupes très nombreuses, aguerries, braves, disciplinées et armées de fusils à tir rapide et de canons Krupp, habiles à se couvrir de retranchements, ne tirant qu'à coup sûr, tenant intrépidemment sous le feu et ne cédant que devant l'arme blanche.


Après la prise de Son-Tay par les Français, pour laquelle il leur avait fallu trois jours de combat (14-16 décembre 1883), un traité de paix fut signé à Tien-Tsin le 11 mai 1884. Les Chinois s'engageaient à évacuer le Tonkin.
Mais quand, en vertu du traité, les Français vouluent occuper Lang-Son, la colonne qui faisait route vers la ville fut traiteusement assaillie par les troupes chinoises à Bac-Lé le 23 juin.


Et la guerre recommença.

Les épisodes les plus importants furent :

- sur mer : la destruction de la flotte chinoise et de l'arsenal de Fu-Tchéou par l'amiral Courbet le 23 août 1884.


- sur terre : la défense épique de Tuyen Quang où, pendant trois mois, le commandant Marc-Edmond Dominé, avec 600 hommes soutint un siège en règle comme on l'eût fait en Europe et repoussa victorieusement les assauts répétés de 15.000 Chinois entre le mois de décembre 1884 et mars 1885.


Dernier acte de la guerre : l'affaire de Lang-Son, le 28 mars 1885.


Le général Oscar de Négrier, avec une brigade de 4000 hommes, fut attaqué en avant de Lang-Son par 20.000 Chinois. Il soutint l'assaut et les repoussa. Malheureusement, une balle lui traversa la poitrine. L'officier qui le remplaça manqua de sang-froid, ordonna une retraite précipitée et dépêcha un télégramme affolé qui laissait croire à un désastre alors que les Chinois se retiraient en hâte.
Trop tard... à Paris, l'annonce de la "déroute de Lang-Son" amena la chute du Ministère Ferry.

Pourtant, la Chine renonça à poursuivre la guerre et entama des négociations de paix. Elles aboutirent à la signature d'un second traité à Tien-Tsin, par lequel la Chine abandonnait le Tonkin et reconnaissait le protectorat de la France sur l'Annam (9 juin 1885).

La conquête du Tonkin avait rencontré en France les mêmes oppositions acharnées que celle de l'Algérie. C'était, disait un député de droite, "la plus folle et la plus criminelle des entreprises".
Jules Ferry, déjà insulté pour avoir donné la Tunisie à la France, fut de nouveau traîné dans la boue pour lui avoir donné le Tonkin.

Au lendemain de la paix, comme le ministère demandait des crédits pour organiser la nouvelle conquête, une coalition de la droite et de la gauche radicale faillit amener l'évacuation du Tonkin et de l'Annam. En effet, les crédits furent votés à quatre voix de majorité par 274 voix contre 270.

Deux voix déplacées auraient pu coûter à la France l'Indochine et tous ses efforts réduits à néant...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 23 Oct - 17:03

La politique coloniale de Jules Ferry : nouveaux marchés et grandeur nationale


Elle lui fut inspirée à la fois pour des raisons économiques et politiques.

Vers 1880, se dessinait dans toute l'Europe un mouvement protectionniste. Beaucoup de pays, pour défendre et assurer le développement de leurs industries nationales, interdisaient l'accès de leurs marchés intérieurs aux produits étrangers en établissant des droits de douane très élevés. L'Europe se fermait à l'Europe.

En outre, de nouveaux concurrents commerciaux apparaissaient : les Allemands et les Américains.

Pour assurer l'avenir, il était donc nécessaire pour la France de s'assurer de nouveaux marchés, sous peine d'être dévancée partout par des rivaux obligés par les mêmes prévoyances.

Enfin, depuis 1871, la France, repliée sur elle-même par les circonstances, s'était abstenue durant dix ans de toute action au dehors.

Mais les ruines réparées, l'armée refaite, la "politique de recueillement" risquait, estimait Jules Ferry, de tourner à celle de l'effacement et vers ce qu'il appelait : "la politique du pot-au-feu", "le grand chemin de la décadence".

Engager la France dans une politique coloniale, était un moyen, pour ce pays, de lui redonner confiance dans ses forces reconstituées et témoigner aux yeux du monde qu'il était encore, comme par le passé, à même d'exercer sa légitime part d'influence sur la planète.


Avec Jules Ferry, la France se constitua un vaste empire colonial en Afrique et en Asie. Après la conquête de la Tunisie, de l'Annam et du Tonkin, il amorça celle du Soudan, du Congo et du Mali.

Cette politique ne fit toutefois pas l'unanimité. Elle fut même combattue avec fureur par les monarchistes d'une part et les républicains radicaux d'autre part.
Les uns et les autres la dénonçaient comme dangereuse pour la France pour la défense nationale et comme conseillée par le chancelier Bismarck, désireux de mettre la France hors d'agir en Europe.

On ameuta de la sorte l'opinion contre Jules Ferry qui, devenu subitement impopulaire, fut renversé lors du faux incident de Lang-Son, le 30 mars 1885.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 26 Oct - 21:40


LA PROSPERITE AGRICOLE SOUS LE PREMIER EMPIRE

Une fois les troubles civils passés et l'ordre rétabli avec l'installation de Napoléon Bonaparte au pouvoir, les paysans purent profiter des avantages acquis sous la Révolution : la disparition des dîmes et des droits féodaux et la vente des propriétés d'Eglise et des biens d'émigrés.

Une administration régulière, une police vigilante, des routes refaites à neuf, une monnaie stable favorisèrent les campagnes sous le Premier Empire.

Les journaliers agricoles étaient nourris et entretenus par le fermier ou le propriétaire : ils souffraient donc moins qu'on ne pourrait croire de ce que leur salaire fût bas. La vie, dans les villages et les bourgs où l'on consommait les produits locaux, était à bon marché - d'ailleurs, même dans les villes, on vivait largement avec cinq à six cent francs de revenu par an.

Le Blocus continental imposé par les Anglais n'eût pas que des effets négatifs. Bien au contraire, il fallut bien remplacer ce que l'on ne pouvait plus importer et l'Empereur encouragea les initiatives privées par des subventions et des décorations.


La nouveauté la plus importante fut l'introduction de la culture de betterave, tant fourragère que sucrière. La betterave rendait des principes fertilisants au sol épuisé par la culture des céréales et permettait de supprimer la jachère. Elle fournissait une nourriture pour les bestiaux. Elle pouvait fournir du sucre.

Pour cela, on utilisa un procédé de fabrication, trouvé en Allemagne, qui tirait le sucre de la betterave. Cinq sucreries furent créées à Paris, dans le Nord et dans l'Est.

On cultiva plus activement la garance et le pastel, qui fournissaient la couleur rouge et la couleur bleue.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 18 Déc - 23:53


LE TONNERRE DE MARENGO - 14 JUIN 1800

Le 14 juin, à l'aube, les 40 000 Autrichiens du général Melas, à qui les Français ne peuvent guère opposer que 24 000 hommes, franchissent la Bormida et marchent sur le village de Marengo. A 8 heures, l'action s'engage, et trois batailles vont dès lors se succéder.
Tout d'abord l'avant-garde autrichienne, commandée par O'Reilly, se heurte aux divisions Gardanne et Chambarlhac, postées sur le Fontanone, ruisseau profond et vaseux qui couvre Marengo à l'ouest, mais tous ses efforts pour le franchir à son tour restent infructueux. Haddick, accouru à la rescousse, est tué. Son successeur, Kaim, est ramené par Lannes, pendant que la cavalerie de Kellermann, fils du vainqueur de Valmy, culbute celle de Pilaty.

A 11 heures, de nouveaux renforts autrichiens ont raison des divisions françaises harassées : Kaim remporte Marengo, tandis que Ott, après avoir filé à gauche et pris Castel Ceriolo, se rabat au sud, en plein flanc de Lannes. L'armée française recule sur toute la ligne.
A midi, Bonaparte arrive à San Giuliano avec sa garde consulaire. Lannes et Victor reprennent l'offensive : Carra-Saint-Cyr reconquiert Castel Ceriolo. Mais à trois heures de l'après-midi, accablés par le nombre, les Français rétrogradent lentement sur San Giuliano. La seconde bataille est perdue pour Bonaparte.

Melas rentre à Alessandria, d'où il expédie Radetzky à Vienne pour annoncer sa victoire, et charge son chef d'état-major, Zach, de poursuivre sa marche vers Plaisance. Zach masse ses troupes en colonnes serrées et se porte sur San Giuliano.
Mais le général Desaix, détaché vers Novi, revient vers San Giuliano, rappelé par le Premier Consul.


Desaix aurait alors dit à Bonaparte : "La bataille est complètement perdue, mais nous avons le temps d'en gagner une autre aujourd'hui." D'après Lauriston, il aurait dit simplement : "Général, j'arrive, nous sommes tout frais et nous ferons tuer s'il le faut !" Quoiqu'il en soit, un troisième combat s'engagea, et il fut décisif.

Attaquée de front par la division Boudet, prise en écharpe par l'artillerie de Marmont, la colonne autrichienne vacille un instant; Kellermann fond sur elle et la coupe en deux : une partie, avec Zach, met bas les armes, l'autre se débande et s'enfuit vers Alessandria, entraînant dans sa panique toute l'armée autrichienne.
Les Autrichiens perdirent 8000 hommes, les Français 6000 environ : leur perte la plus cruelle est celle du général Desaix, tué à la tête de sa division, au moment où il se jetait dans la mêlée.


La traversée du Grand-Saint-Bernard aura été un coup d'audace, mais la victoire de Marengo fut un coup de foudre. Cette brillante journée fut malheureusement attristée par le sacrifice du général Desaix. Napoléon le fit inhumer dans la chapelle du Grand-Saint-Bernard, voulant "donner à son tombeau les Alpes pour piédestal, afin de décerner à tant de vertus et d'héroïsme un hommage tel qu'aucun homme ne l'a reçu."

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 20 Déc - 0:07

LA CONSPIRATION DE GEORGES CADOUDAL

La rupture de la paix d'Amiens et la déclaration de la guerre à l'Angleterre encouragea les royalistes émigrés à Londres à reprendre leurs projets contre le Premier Consul.


Le plus ardent des conspirateurs restait toujours Georges Cadoudal, déjà à l'origine de l'attentat manqué de la rue saint Nicaise trois ans plus tôt. Son plan, cette fois, consistait à enlever Bonaparte sur la route de Saint-Cloud ou de La Malmaison et le transporter en Angleterre.
Le 23 août 1803, Cadoudal débarqua à Biville, près de Tréport, avec six autres conjurés et tous entrèrent séparément à Paris, où ils retrouvèrent leurs affiliés.

L'un des chefs de la sûreté générale était le conseiller d'Etat Pierre-François Réal, ancien accusateur public, un homme cynique et sournois, capable de toutes les perfidies et excellant dans l'art de parer de formes juridiques les violations du droit.
Ayant appris par ses "mouches" que Cadoudal avait quitté l'Angleterre, il prit au hasard trois détenus politiques enfermés à la prison du Temple et les traduisit devant une commission militaire qui leur donna à choisir entre la mort ou la délation. Les révélations que la peur arracha à l'un de ces malheureux, ne permirent plus de douter des dangers que courait le Premier Consul.
Les barrières furent aussitôt fermées, on inspecta toutes les voitures, toutes les charrettes et jusqu'aux corbillards. Policiers, gendarmes et militaires occupaient le pavé de Paris, comme aux heures les plus sombres de la Terreur. Pendant que le signalement des conjurés était diffusé dans toutes les mairies de France.

Pichegru, débarqué le 16 janvier 1804 à la falaise de Biville, essaya d'entraîner le général Moreau, qui désirait renverser Bonaparte.
Mais Moreau, fidèle à ses convictions républicaines, ne souhaitait pas servir la cause de Louis XVIII.
Moreau, compromis par ses propos et des correspondances imprudentes, fut arrêté et incarcéré au Temple le 14 février 1804.
Pichegru fut également arrêté, non sans résistance, le 28 février, dans une maison de la rue de Chabanais où il avait accepté l'hospitalité d'un de ses anciens officiers, Leblanc, qui le trahit. Blessé, saisi au bas-ventre par un gendarme, Pichegru s'écroule. On l'emporte, enveloppé dans une couverture, jusqu'au poste de Police où Réal veut, mais sans succès, lui faire subir un interrogatoire.
Il est transféré au Temple, et le 11 avril on le trouve étranglé dans sa cellule.


On a longtemps soupçonné Bonaparte d'avoir donné l'ordre de l'exécuter mais il n'y a jamais eu aucune preuve. Il est très vraisemblable que Pichegru se soit lui-même donné la mort en s'étranglant avec sa cravate.

Cadoudal, qui était alors activement recherché, obligé chaque soir de changer de retraite, fut arrêté dans la rue Monsieur-le-Prince, le 9 mars 1804, après avoir étendu raides morts les deux premiers agents de police qui s'approchaient de lui pour l'appréhender.


Il fut avec ses complices, au nombre de 49, traduits devant le tribunal criminel de Paris. Le procès commença le 28 mai 1804. Les débats s'enchainèrent les uns derrière les autres pendant une quinzaine de jours. Au final, Cadoudal, Rivière, Armand de Polignac et 17 autres conjurés furent condamnés à mort.
Moreau, Jules de Polignac et 5 autres accusés, condamnés seulement à deux ans de prison. Il y eut 22 acquittements.

L'impératrice Joséphine (dans l'intervalle l'Empire avait été proclamé) donna à Madame de Polignac les moyens de se jeter aux pieds de Napoléon, qui fit grâce à son mari ainsi qu'à Rivière.

Cadoudal avait gardé devant ses juges une attitude fière et noble, ne dénonçant jamais aucun de ses complices. Il refusa de s'humilier à aller demander une grâce devant celui qu'il considérait depuis toujours comme un usurpateur et qu'il surnommait l' "avorton" et marcha bravement à la mort.


Quant au général Moreau, il apporta la preuve que, s'il avait manqué de prudence dans ses contacts avec Pichegru, il n'avait jamais conspiré. Finalement, il ne fut condamné qu'à deux ans de prison.
Il se pourvu malgré tout en cassation mais renonça à poursuivre, et sa peine fut commuée en celle de l'exil perpétuel.
Il se retira en Amérique.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 20 Déc - 10:39

L'EXECUTION DU DUC D'ENGHIEN

La conspiration de Cadoudal, les intrigues de l'Angleterre, celles de certains officiers que Bonaparte
soupçonnait d'être complices du général Moreau, tout cela devait, fatalement, avoir des conséquences funestes et tragiques.

"Quand Bonaparte se vit menacé, écrit l'historien Marius Sepet, non seulement dans son ambition, mais dans sa vie, il fut saisi d'un sentiment furieux de colère et de haine et d'un implacable besoin de vengeance corse. Il se déclara in petto en état de vendetta contre les Bourbons, et résolut de les atteindre et de les frapper, comme dans son île natale ferait un brigand des maquis."


Le duc d'Enghien avait émigré, au lendemain du 14 juillet 1789, avec son père et son grand-père, le prince de Condé, bien qu'il aurait préféré soutenir la royauté sur le sol même de la France.
Lorsque l'armée de Condé fut définitivement licenciée, à la fin de l'année 1800, le duc d'Enghien s'était fixé à Ettenheim, dans l'Electorat de Bade.
Le 8 mars 1804, Bonaparte reçoit une dépêche du préfet de Bas-Rhin l'informant de la présence de Dumouriez à Ettenheim, chez le duc d'Enghien.
Le lendemain, Cadoudal arrivait à Paris et la rumeur se répandit qu'un Bourbon allait arriver aussi dans la capitale.
Le 10, Bonaparte convoqua son conseil : celui-ci était composé des deux consuls, Cambacérès et Lebrun, du grand juge Régnier, de Talleyrand et de Fouché.
Bonaparte leur communiqua l'affaire. Talleyrand proposa l'exécution du duc d'Enghien qui fut approuvée à l'unanimité du conseil. Talleyrand était enchanté de voir le Premier Consul rompre ainsi avec les royalistes et de se mettre désormais dans l'impossibilité de ne rien reprocher aux conventionnels régicides.

Or, Bonaparte sut, avant le jugement, que Dumouriez n'était pas venu auprès du duc d'Enghien et que celui-ci n'était nullement mêlé à la conspiration de Cadoudal.

Le 18 mars 1804, de bon matin, le général Ordener enleva à Ettenheim le malheureux qui fut écroué deux jours après au château de Vincennes. A 7 heures du soir, le colonel Savary remit à Murat, gouverneur de Paris, les instructions de Bonaparte : "Faites entendre aux membres de la commission que je viens d'instituer, écrit le Premier Consul, qu'il faut terminer dans la nuit et ordonnez que la sentence soit sur le champ exécutée et le condamné enterré dans une des cours du fort."

A 11 heures du soir, le duc d'Enghien est interrogé par le major Dautancourt. Il demande à parler au Premier Consul. Sa requête est rejetée.
A 1 heure du matin, il est traduit devant ladite commission et, accusé d'avoir porté les armes contre la République, comploté contre la sûreté nationale et d'avoir reçu de l'argent de l'Angleterre, il est condamné à mort.
Savary fit exécuter l'arrêt séance tenante.


A 2 heures du matin, le duc était fusillé dans les fossés du château.
L'arrêt définitif ne fut rédigé par Pierre-François Réal, chef de la Sûreté Générale, que cinq heures après la mort.

Le duc d'Enghien, innocent de tout compte, fut non seulement enlevé sur un territoire neutre en violation du droit des personnes, mais de plus soumis à un procès arbitraire, sans témoins, sans preuves, par un tribunal d'exception et exécuté nuitamment dans les fossés d'un château. On lui avait même refusé le secours d'un prêtre.

En fait, le sort du duc était déjà fixé avant même le début de son procès.
Sa fosse était déjà creusée.
Son exécution est une faute. Plus qu'une faute, un crime dont Bonaparte en porte l'entière responsabilité, ainsi que Talleyrand son complice.
Il l'a ordonné, non pas seulement pour effrayer les conspirateurs, mais pour augmenter et consolider son pouvoir par un avertissement terrible, en frappant un prince de la maison de Bourbon.

Bref, l'exécution du duc d'Enghien reste une ombre sur le masque du Premier Consul devenu Empereur...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 21 Déc - 18:21


NAPOLEON BONAPARTE, CONSUL A VIE

Après le Concordat, le Code Civil et l'instauration de la Légion d'Honneur, Bonaparte avait presque restauré l'Ancien Régime en sa faveur, mais il lui manquait encore une dernière étape pour parachever son ambition : être nommé consul à vie.

L'idée lui trottait dans la tête sitôt la signature du traité de Lunéville, en 1801. Il entendait alors "stabiliser l'Etat en sa personne".

Une interprétation, suggérée par le second consul, Cambacérès, des dispositions de la Constitution relatives au renouvellement partiel du Corps législatif et du Tribunat, permit d'éliminer les principaux membres de ces corps de l'Etat qui s'étaient montrés hostiles au Premier Consul.
Puis, toujours à l'instigation de Cambacérès, le tribun Chabot (de l'Allier) émit le voeu "qu'il fut donné au général Bonaparte un gage existant de reconnaissance nationale".

Le Sénat crut satisfaire à ce voeu par le senatus-consulte du 8 mai 1802 qui renouvela pour dix ans les pouvoirs du Premier Consul. Mais, pour Bonaparte, dix ans ce n'était pas suffisant, il lui fallait le consulat à vie.
Cambacérès fit alors décider par le Conseil d'Etat que cette question soit soumise au choix des Français sur la délibération suivante :

"Napoléon Bonaparte sera-t-il consul à vie ?"

La réponse fut sans appel : sur 3 577 259 votants, 3 568 885 se prononcèrent pour le "OUI", 8374 votèrent "NON".

La Constitution fut dès lors modifiée par le senatus-consulte organique de la Constitution de l'an VIII (16 thermidor an X - 4 août 1802).
Rien désormais ne pouvait plus arrêter la marche à l'Empire...

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 21 Jan - 18:02

Le message des cowboys :"Envoyez-nous des femmes !"


C'est un épisode de l'histoire du Far West qui peut faire sourire, mais qui n'en est pas moins authentique et souvent occulté : les convois de femmes.

Au tournant du XIXème siècle, les grands espaces de l'Ouest américain s'ouvrent aux pionniers. On vient y chercher l'or en Californie, des terres en Oklahoma... De nombreux pionniers partent donc pour le Far West (Ouest lointain) à la recherche de la fortune ou d'aventure. Les "villes-champignons" poussent ici et là au fil de leur passage. Les ranchs et les grands domaines apparaissent, de même que les migrations des troupeaux escortés par les fameux cowboys.

Des cowboys qui devaient se sentir bien seuls sous la couverture ou au coin du feu... Car tous ces pionniers sont des hommes, généralement jeunes et célibataires. Pour garder le bétail, pour creuser à la mine, poser les rails du chemin de fer ou du télégraphe, il faut des bras, des muscles masculins. Et ces dames ne sont guère attirées par la perspective d'aller se perdre dans ces sauvages contrées où rôdent le serpent, l'ours ou les indiens... Dans toutes ces petites villes poussées comme des champignons, les femmes sont rares, les seules sont en général les filles de saloon et de maison close et elles ne manquent pas de clients...

Il y a alors eu des caravanes, des convois de femmes, organisés par les autorités ou par de riches particuliers voulant fournir de futures épouses à leurs cowboys. Les candidates sont souvent des filles modestes, des orphelines, des femmes ayant un lourd passé ou des aventurières voyant là l'occasion de refaire leur vie. Munies d'un petit pécule, elles rejoignent alors en convoi et sous bonne escorte les lointaines contrées (Plus de 3000 kilomètres entre montagnes et déserts) où ces messieurs les attendent avec impatience. La plupart du temps, ces messieurs-dames ne se connaissent que par photographie...

Ces convois ne furent pas nombreux, mais ils ont bel et bien existé. Progressivement, avec l'avancée de la civilisation et l'urbanisation, la progression du chemin de fer, les femmes seront plus nombreuses à venir s'installer dans ces grands espaces et y chercher un mari.

On peut signaler Morris qui traite de ce sujet dans un album de son héros Lucky Luke, La fiancée de Lucky Luke et également le western Convoi de femmes, réalisé en 1951, un OVNI dans le monde des western par son sujet, méconnu et atypique.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 21 Jan - 18:36

Oui, dans l'Ouest on manquait de femmes... et pour cause, c'était un milieu d'hommes pour l'époque.

Attention, pas dans le sens cowboy hollywoodien avec Colt à la ceinture, non, mais le vrai cowboy, celui qui conduisait les troupeaux de vaches sur les pistes.
C'était un quotidien physiquement assez dur et qui convenait mal aux femmes.

Dans les moments de détente, il fallait bien se distraire. Il y avait le jeu, l'alcool et ... les femmes que l'on fait venir par wagons entiers. Et oui.

Il n'y a rien de mal à ça, VS, cela fait partie aussi de la vie, depuis que le monde est monde... on a beau s'imposer la sobriété, compte-tenu des circonstances, et bien il y a toujours un moment où l'on éprouve quelques "pulsions" à satisfaire... c'est naturel.

Et à moins de s'arranger entre hommes, comme les marins de San Francisco, et bien on fait appel à quelques demoiselles qui acceptent de vendre leurs "services" pour quelques dollars.

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 21 Jan - 19:23

C'est vrai que le nom de "convoi de femmes" me gêne un peu, ça fait bétail ou marchandise...
Mais ça a bien existé. Et du coup, l'image du cowboy viril et macho en prend un coup : certains historiens affirment ainsi que, parlons franc, l'homosexualité était plus fréquente et mieux tolérée qu'on ne le croit entre ces hommes qui partaient escorter les troupeaux pendant de longs mois à travers des étendues sauvages.

Après, attention : ces femmes n'étaient pas des prostituées, il ne s'agissait pas d'alimenter les bordels locaux, il s'agissait de trouver une épouse, de fonder un foyer. Comme le dit Morris dans son album de Lucky Luke, "Une ville sans femmes est une ville sans enfants, condamnée à disparaître". Bien sûr, ça peut nous sembler un peu fou de se taper 3000 kilomètres de voyage en terres sauvages pour épouser un type dont on ne connaît que la photo... Mais pour beaucoup de ces femmes, c'était l'occasion d'un nouveau départ, une chance de refaire leur vie.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 21 Jan - 19:53

Le terme convoi de femmes me fait penser avant tout au western du même nom avec Robert Taylor. Un western atypique et réussi, apprécié par les fans et les non fans du genre. Un film loin de l'image machiste du cowboy et qui donne la part belle aux femmes. Il retranscrit bien ce qu'était à l'époque ces longs et périlleux voyages à travers l'ouest sauvage américain. Elles ne savaient rien de l'homme qu'elles avaient choisi via une photo. Mais elles prenaient le risque d'un dangereux voyage, pour une nouvelle vie, pour fonder une famille (le socle de la culture américaine).
Bien sur toutes n'arrivaient pas à destination, et certaines mouraient en cours de route, mais pour elles ça en valait la peine. Les rescapées étaient heureuses de se trouver un homme et un nouveau foyer.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 21 Jan - 20:50

Voyageur Solitaire a écrit:


Après, attention : ces femmes n'étaient pas des prostituées, il ne s'agissait pas d'alimenter les bordels locaux, il s'agissait de trouver une épouse, de fonder un foyer.

Oui, c'est un peu comme les filles que l'on envoyait au Canada auprès des premiers colons français du XVIIe siècle. Il fallait des "ventres" pour fonder des foyers.
Mais la plupart des femmes qui partaient pour l'Ouest, hormis les institutrices, étaient, il faut bien le reconnaître, plutôt destinées à vendre leurs charmes dans un saloon qu'autre chose.

Voyageur Solitaire a écrit:
certains historiens affirment ainsi que, parlons franc, l'homosexualité était plus fréquente et mieux tolérée qu'on ne le croit entre ces hommes qui partaient escorter les troupeaux pendant de longs mois à travers des étendues sauvages.

Oui, c'est ce que j'ai dit. Parfois, on s'arrangeait entre hommes pour ce genre de choses... comme tu dis, l'homosexualité étaient beaucoup plus fréquente, comme elle l'a été tout au long de l'histoire. Acceptée, tolérée ou pas, l'homosexualité est un fait qui existe depuis la nuit des temps. Tout simplement parce qu'elle n'était pas définie en tant que telle. C'est un médecin allemand qui en parle pour la première fois, au milieu du XIXe siècle, il me semble. Avant on en parlait même pas.
On la pratiquait, comme on la pratiquait avec une femme. A peine on appelait cela avoir des relatios "contre-nature", bien sur condamnées par l'Eglise, mais si on savait rester discret et garder sa porte fermée, on pouvait faire ce que l'on voulait derrière...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 21 Jan - 22:24

Tout dépend des époques et des civilisations. J'avais feuilleté un bouquin là-dessus, assez intéressant, genre Histoire de l'homosexualité de l'Antiquité à nos jours, je crois... On y apprenait des choses assez étonnantes, battant en brèche pas mal d'idées reçues... J'ai souvenir après lecture d'une Eglise médiévale pas si intransigeante en matière de moeurs, du moins au début, d'une Antiquité a contrario pas si libre que ça dans ce domaine, d'un Japon assez conciliant (Comme l'a souligné cdang dans un autre sujet) avec les amours entre beaux samouraï... Je crois que c'est là que j'ai découvert que César était à voile et à vapeur, surnommé à Rome "homme pour toute femme et femme pour tout homme"...
Et je crois que c'est bien là que j'ai lu la première notion d'affection un peu poussée entre cowboys.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 22 Jan - 0:02

En fait, il me semble que si l'Eglise condamne les rapports "contre-nature", elle est assez conciliante avec les homosexuels. C'est peut-être là tout l'ambiguïté ou le paradoxe, d'ailleurs.
Sinon, effectivement, la période antique ne fut pas si coulante que l'on croit avec les homosexuels... j'ai lu cela aussi dans divers articles sur ce sujet et j'ai été également étonné.

Les Japonais sont certainement plus ouverts sur la sexualité que les Occidentaux et la vivent à priori sans complexes. J'ai déjà remarqué cela, notamment dans les mangas où ce sujet est abordé quasiment sous toutes ces formes. D'ailleurs, dans les années 80, quand les premiers animes ont été diffusés en France, de nombreuses références au sexe furent soumises à une censure sévère... également dans les jeux vidéo.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 22 Jan - 0:44

L'homosexualité antique restait très codifiée, avec un rapport homme mûr/homme jeune et pendant une période donnée, pour ce qui est des grecs.
Chez les romains, c'était plus le rapport homme libre/esclave. Pour apeller un chat un chat, on acceptait sans problème qu'un maître prenne son plaisir avec un esclave, mais pas qu'il se donne à lui. Le partenaire passif endossait le rôle de la femme, il n'était plus un homme.
Les romains n'étaient pas aussi partouzeurs qu'on le pense, ils avaient aussi leurs interdits mais qui ne sont pas les nôtres. Le grand avantage de l'Antiquité, c'est qu'elle n'a pas cette notion de péché, de faute, associée au sexe par le judéo-christianisme. La sexualité y était vue comme quelque chose de normal et de naturel.

Pour le Japon, c'est assez complexe... Ils sont assez pudiques et consensuels, très "corsetés" en apparence et à côté, on trouve toute une littérature Manga, de la plus "fleur bleue" à la plus malsaine avec des lolitas ligotées, malmenées, du bondage, du fétichisme, du hard... De mon court passage chez eux, j'ai gardé le souvenir d'une société très policée et qui doit se trouver des exutoires, des défouloirs. Du Hentaï pour garçons et jeunes filles sensibles aux mangas les plus hard et trash, il y a toute une littérature qui semble leur servir d'exutoire.

Pour l'érotisme nippon, impossible de ne pas citer le sulfureux L'empire des sens, film troublant, dérangeant, malsain diront certains et qui des années après garde encore toute sa force et son impact. A réserver à un public averti.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 22 Jan - 3:08

Gorak a écrit:

Mais la plupart des femmes qui partaient pour l'Ouest, hormis les institutrices, étaient, il faut bien le reconnaître, plutôt destinées à vendre leurs charmes dans un saloon qu'autre chose.

On y retrouvait toute sorte de femmes, la majorité étaient institutrices, actrices ou commerçantes. Elles n'étaient pas choisie par hasard et elles avaient une fonction bien précise. Et surtout remplir leur rôle de future femme et de mère.
Les prostituées en général n'arrivaient pas dans ce genre de convoi bien réglementé. Mais bien après une fois la ville construite et installée, pour divertir les hommes.

En ce qui concerne les premiers animés distribués en France ils n'étaient pas trop censurés pour le sexe, mais plus pour certaines scènes de violence. C'est plus au milieu/fin des années 80, à partir des années 85/86 que la France a connue ses premières censures pour le sexe dans les animés. Je pense notamment à Dragon ball et le personnage Tortue géniale et son coté vieux pervers obsédé censuré dans la version française.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 22 Jan - 7:53

Warlock a écrit:


En ce qui concerne les premiers animés distribués en France ils n'étaient pas trop censurés pour le sexe, mais plus pour certaines scènes de violence.

Oui, mais il n'empêche que les références aux Love Hotels dans Nicky Larson sont quand même passées à la trappe... et dans Dragon Ball version "Europe", il n'est plus question de voir Bulma dévoiler sa petite culotte à Tortue Géniale.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 22 Jan - 7:58

Voyageur Solitaire a écrit:


Pour l'érotisme nippon, impossible de ne pas citer le sulfureux L'empire des sens, film troublant, dérangeant, malsain diront certains et qui des années après garde encore toute sa force et son impact. A réserver à un public averti.

La première fois que j'ai découvert ce film, je devais avoir une douzaine d'années et je ne pensais absolument pas à un film érotique, je croyais que c'était un bon vieux film de samouraïs... je te laisse imaginer quelle pût être ma surprise... lol!

Ceci dit, si j'avais fait mieux attention au titre, probable que j'aurais mieux compris de quoi il s'agissait... mais à 12 ans, c'était encore des notions qui m'échappaient quelque peu... le Gorak était encore trop naïf... Smile
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 22 Jan - 10:56

A 12 ans, voir un tel film, c'est un peu hard quand-même. Quoique maintenant...

Pour en revenir au Far West, je fais un petit écart ici en vous présentant :

Silverton



C'est dans le Colorado, au pied des monts San Juan, à six heures de route de Denver environ. C'est une ville "champignon" du Far West, pas bien grande (Deux grandes rues et guère plus...) soigneusement conservée en l'état. Elle a connu une très forte activité à l'époque de la ruée vers l'or. A l'époque, on disait qu'une maison sur deux était une maison de passe... C'est d'ailleurs assez marrant, la rue principale affiche nombre de ces maisons alors que l'autre rue aligne chapelles et églises...
Une petite ville de mineurs et de filles de saloon où les hommes revenaient en fin de semaine pour s'amuser, dépenser et s'envoyer en l'air. On y croisait des mineurs, des aventuriers, des joueurs... Pas de familles ou d'école, les rares femmes étaient toutes des employées de maison de passe.

Le décor a été soigneusement conservé et restauré, on peut même y loger dans un hôtel qui a gardé le décor d'époque. Si vous avez la possibilité d'y passer un jour, ça vaut les six heures de route. Et les paysages alentours sont magnifiques... Vous pourrez même les parcourir de Durango à Silverton dans un train touristique à vapeur, avec le personnel et des figurants en costume d'époque. C'est ça aussi l'Amérique...


Je n'ai malheureusement pas pris ce train, j'étais juste de passage à Silverton avec mon amie de l'époque pour faire une halte, quelques courses et nous dégourdir les jambes avant de reprendre la route. C'était sous la neige avec un beau soleil... Un lieu atypique, assez étonnant.
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