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 XIXème SIECLE

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Gorak



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MessageSujet: LOU BON VIÔ TEMPS   Ven 24 Jan - 22:41

Une brave diaichotte du Pays en train de filer le chanvre.



Une bonne partie du traitement du chanvre se faisait l'hiver, le soir à la veillée, à la "lôvre" comme on disait chez nous. Les maisons, à la tombée de la nuit, étaient alors habitées d'une douceur feutrée que la chaleur du poêle rendait encore plus agréable.

Heures propices aux "racontottes" en patois, qui se perpétuaient de génération en génération, répertoire inépuisable de ces histoires, de ces légendes où la bonne "Tante Airie" côtoyait la "Vouivre", qui venaient du fond des âges, du fond de notre terroir.
Heures propices aussi à la lecture de la Bible ou aux demandes en mariages, aux conseils à donner aux jeunes filles à marier ou aux innocents ragots du village.

Et pendant ce temps-là, les tiges de chanvre étaient brisées, "tillées", pour en séparer l'écorce. Le rouet tournait, actionné par notre brave diaichotte, qui inlassablement filait. Coiffée de son "bonnet à guerri", la "câle à diairi". Chacune prenait le meilleur tissu pour confectionner le sien : velours, satin, indienne... chacune l'ornait de fausses perles, de grains de verre, de paillettes, lui donnant ainsi des touches colorées mélangées avec goût.

Une autre époque... un temps où l'on prenait le temps... de vivre. Tout simplement.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 26 Jan - 20:58

LE DISCOURS DE BORDEAUX (1852)

Un moment-clef de l'Histoire de France

Ce discours, prononcé par Napoléon III à Bordeaux en 1852, annonce clairement que le Second Empire sera placé sous le signe de la prospérité économique. Il signifie que les temps modernes ne sont plus ceux des conquêtes territoriales par la guerre, mais ceux du progrès pour le bien-être de tous.




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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 15 Fév - 16:43


JULIEN OUVRARD, L'HOMME QUI FINANÇA BONAPARTE :

François Ier avait les Médicis, Charles Quint Fugger... Napoléon, c'était Ouvrard. Julien Ouvrard (1770-1846), financier de génie, parti de rien et pesant 21 millions de francs-or à tout juste 21 ans.

Lorsque Bonaparte fut Premier Consul, il était déjà à la tête de 32 millions de francs-or.

Grâce à Ouvrard, Bonaparte put entreprendre la campagne de Marengo. Plus tard, celle d'Austerlitz. Enfin, celle de Waterloo. Dans les intervalles, Napoléon mettait Ouvrard en prison, et le ruinait. Quelquefois, il spéculait avec lui.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 15 Fév - 17:14

Ouvrard fût le banquier, le financier du Consulat et de l'Empire. Peu connu aujourd'hui, il fût pourtant incontournable à l'époque, sorte de magnat de la finance parti de rien et devenu un nouveau Fouquet. Il faisait partie de ces "agioteurs", hommes habiles et audacieux qui firent fortune en spéculant dans la période trouble que fût la Révolution où l'anarchie politique permettait la fortune aux petits malins débrouillards.
Il se taille alors un véritable empire (il a tout juste 20 ans) s'installe dans un hôtel particulier somptueux, donne des fêtes fastueuses qui accueillent tout le gratin de Paris. Tous les ambassadeurs, ministres et généraux défilent dans son salon et deviennent ses obligés (Il a même pour maîtresse la sublime Thérèsa Cabarrus qui aurait eu un enfant de lui). Au point de faire de l'ombre à Bonaparte et d'être arrêté. Mais si Ouvrard n'a certainement pas amassé sa fortune en distribuant des bouquets de fleurs, il est habile : non seulement l'examen de ses comptes n'aboutit à rien de frauduleux, mais il réussit même à prouver que l'état lui doit plusieurs millions ! Bonaparte, la rage au coeur, est obligé de le faire libérer.
Mais on ne se débarasse pas d'un homme si utile et si habile... Ouvrard revient en grâce et finance largement l'Empire et les campagnes de l'empereur. Mais le démon de la magouille le reprend, il se perd en intrigues qui finissent par le dépasser, se retrouve en proie à de graves difficultés financières. Le blocus maritime et commercial imposé à l'Angleterre par Napoléon menace de ruiner ses affaires, il négocie alors un plan secret de paix avec l'Angleterre et, découvert, est emprisonné trois ans pour trahison.
Ce diable d'homme rebondit avec la Restauration : les royalistes, de retour au pouvoir, ont besoin d'argent pour redresser le pays, d'autant plus que les vainqueurs de Napoléon réclament 700 millions de dommages et indemnités ! Ouvrard, apellé à la rescousse, va réussir le tour de force de régler ce contentieux, ce qui permet le départ des troupes étrangères stationnées en France. Symbole de son prestige, les futurs rois Charles X et Louis-Philippe assistent au mariage de sa fille. Mais son passé le ratrappe, la découverte de ses intrigues et trafics passés le perd, il est bientôt mis en faillite, accusé de corruption et emprisonné. Acquitté (à la stupéfaction générale et sûrement sur intervention en haut lieu), il perd néanmoins sa colossale fortune au passage, se réfugie à Londres et y meurt ruiné.
Ce génie de la finance et de l'intrigue repose à Paris, au cimetière du Père-Lachaise.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 15 Fév - 17:57

Voyageur Solitaire a écrit:

Ce génie de la finance et de l'intrigue repose à Paris, au cimetière du Père-Lachaise.

Comme quoi, avec de l'argent, on ne risque jamais rien...  Wink 

Des troubles révolutionnaires à la Restauration, il fut à la fois le bailleur de fonds des uns et des autres. Je l'imagine bien se frottant les mains, en train d'offrir ses services auprès de Napoléon puis de Louis XVIII.

Je parie qu'il a même été Louis-Philippien.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 15 Fév - 18:58

Le Père-Lachaise, c'est un minimum pour quelqu'un comme lui... (sourire)
Il n'a pas été le seul à profiter du chaos politique de la Révolution pour s'enrichir, mais sa vie laisse rêveur : millionnaire à 20 ans alors qu'il était parti de rien, retombant toujours sur ses pattes, il a traversé tous les régimes de la Révolution à la Restauration, toujours là dans l'ombre, indéboulonnable. Mécréant et génial, intriguant et doué, opportuniste habile, grand seigneur fastueux... Jusqu'à la chute finale, presque obligatoire comme dans toute histoire de ce genre qui se respecte, splendeur et décadence...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 16 Fév - 15:41


16 février 1899 : LA MORT DÉLICIEUSE DU PRÉSIDENT FELIX FAURE...

Président de la République depuis quatre ans, Félix Faure a pris une maîtresse comme tout bon Français de sexe mâle. Il s'agit de Marguerite Steinheil, 26 ans, qui change d'amant comme de chapeau. Son mari, le peintre Steinheil, qui poursuit ses propres amours, ne trouve rien à y redire. Au contraire même, puisque la nouvelle "relation" de son épouse lui vaut plusieurs commandes officielles. Comme cela, tout le monde y trouve son compte.

Félix Faure, qui ne roule pas encore à scooter, a pris l'habitude de faire venir Mme S. au palais de l'Élysée à chaque fois qu'il a besoin d'une séance de relaxation. En effet, quoi de plus déstressant qu'une petite turlutte de comédienne entre deux dossiers...

Bref, en se levant le 16 février 1899, Félix fait porter un mot à sa maîtresse pour lui dire qu'il la recevra avec plaisir à 17 heures, après ses dernières obligations. La journée passe à toute vitesse. Le président s'apprête à accueillir sa visiteuse dans le salon bleu. Mais avant de la faire introduire, il prend une petite précaution pour ne pas se retrouver le drapeau en berne au moment fatal. C'est qu'il n'est plus un perdreau de l'année. Il affiche 58 ans, soit 29 de plus que sa maîtresse. Faute de Viagra, il avale un excitant. Il est prêt à la recevoir. L'huissier fait entrer la ravissante Mme Steinheil. Il n'y a pas de temps à perdre. Elle ouvre son corsage pour lui offrir une magnifique poitrine à rendre jalouse Lolo Ferrari.

Marguerite va droit au but. Restant silencieuse, car son papa lui a appris à ne pas parler la bouche pleine, elle sent soudain la main de son amant se crisper sur sa tête. Elle s'apprête à interrompre sa prestation quand il se met à crier : "J'étouffe ! J'étouffe ! Je n'y vois plus !"

Elle le libère, se relève, le voit s'effondrer, s'affole. Elle sonne les domestiques avant de s'enfuir par un escalier dérobé sans même prendre le temps de se rhabiller entièrement. Parvenue dans la rue de Marigny, Marguerite hèle un fiacre, le torse encore nu sous sa jaquette.

Pendant ce temps, les employés de l'Élysée découvrent le président allongé en pleine crise sur le divan. Le médecin qui accourt est impuissant à le sauver. Vers 10 heures, il meurt d'une congestion cérébrale, comme on dit à l'époque. Lorsque le prêtre mandé pour lui administrer les derniers sacrements se présente, quelques heures plus tard, il demande à un garde du palais : "Le président a-t-il encore sa connaissance ?" s'attirant la réponse mythique : "Non, elle vient de s'enfuir par l'escalier de service."

La nouvelle de la mort de Félix Faure se répand rapidement. Le Journal du peuple écrit qu'il est mort d'avoir trop "sacrifié à Vénus". Tout Paris comprend l'allusion. Les journalistes, apprenant que le président est décédé durant une fellation prodiguée par sa maîtresse Mme S., surnomment celle-ci "la Pompe funèbre". Le sobriquet fait fureur. Cette réputation attire même à la belle de nouveaux amants, parmi lesquels Aristide Briand et le roi du Cambodge.

Et Georges Clémenceau qui dira, en parlant de Félix Faure : "Il rêvait de devenir César, il n'aura été que Pompée..." Wink
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 16 Fév - 17:59

Félix Faure était un président inhabituel : bel homme mondain et toujours élégant, racé, il donnait des soirées fastueuses à l'Elysée avec un protocole quasi monarchique et quand on s'en étonnait, il répondait :"Mais nous avons toujours fait ainsi à la cour de France !"
Le problème ce jour fatal, c'est qu'il avait effectivement pris un aphrodisiaque mais qu'il dût accorder à l'improviste une audience à l'archevêque de Paris, entrevue qui s'éternisa. Le dignitaire enfin parti, les effets de l'aphrodisiaque s'étaient dissipés et il en reprit. Il s'agissait de cantharide, un stimulant sexuel puissant, mais dangereux et même mortel à haute dose et pris de façon trop rapprochée. On connaît la suite...

Ce que l'on oublie souvent, c'est que certains virent dans cet "accident" un crime politique. La France était en pleine affaire Dreyfus qui déchaînait les passions et Félix Faure refusait de réviser la condamnation de l'officier (il avait même été violemment pris à parti quelques temps plus tôt au champ de courses de Longchamp à ce sujet). Du coup, on murmura que la belle Marguerite fût mandatée par des "dreyfusards" et qu'elle l'aurait tué en lui plantant son épingle à cheveux empoisonnée dans un endroit précis du cou ou du crâne...
Version qui peut paraître rocambolesque, et pourtant...
En 1908, un de ses domestiques découvre au réveil la maison saccagée, les portes fracturées et, pire encore, la mère et le mari de sa maîtresse morts et Marguerite baillonnée et ligotée sur son lit, en état de choc. Sa mère a fait un arrêt cardiaque, le mari a été roué de coups et étranglé. La jeune femme raconte aux policiers avoir été attaquée par des inconnus cherchant des papiers concernant la mort de l'ancien président et l'affaire Dreyfus...
L'affaire est tellement trouble, le récit de Marguerite si confus, parfois contradictoire, qu'elle est arrêtée et jugée pour meurtre. L'opinion et la presse se déchaînent, on l'accuse d'avoir bel et bien tué Félix Faure autrefois pour le compte des Dreyfusards ou d'un "lobby juif". Bien que le procureur qualifie son témoignage de "tissu de mensonges", Marguerite Steinheil est acquittée.
Elle se réfugie à Londres où elle épouse rien moins que Lord Abinger, baron de haut rang, avec lequel elle vivra heureuse. Devenue Lady Abinger, Marguerite fera honneur à son époux et sera reçue à Buckingham Palace.
Elle meurt en 1954, emportant ses secrets avec elle.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 16 Fév - 19:25

Peut-être est-ce un crime politique déguisé... ce serait en tout cas une piste historique intéressante à suivre mais, malheureusement, je crains que ce soit impossible s'il n'existe pas de preuves matérielles pour prouver le complot.

En tout cas, les pistes risqueraient de s'achever très vite.

Encore un secret qui restera dans les brouillards de l'Histoire...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 16 Fév - 20:00

Il se peut que Marguerite, dont la liaison avec Félix Faure était un secret de polichinelle, ait été menacée, forcée à accomplir un crime par des opposants politiques. Il se peut aussi que tout n'ait été qu'un accident et que l'agression dont elle fût victime ait été une erreur, des anti-Dreyfus croyant à un assassinat et cherchant des preuves... Même des années plus tard, cette affaire empoisonnait toujours le pays entier.
Difficile de se faire une idée tant les déclarations de la jeune femme après son agression ont été contradictoires et confuses (ce qui peut se comprendre vu ce dont elle a été témoin et victime cette nuit là).
Comme je l'ai dis, elle a emporté ses secrets dans la tombe...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 24 Fév - 18:37


LE COUP D’ÉTAT DE LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE -- DÉCRYPTAGE :

La France approchait à grands pas des élections présidentielles de 1852.
Mais elle en approchait comme d'un abîme.

Elle n'avait en perspective que la guerre civile : les partis, au lieu de s'élever à des sentiments patriotiques, se drapaient de cette crise que traversait la société.
Cet état du pays, cette lutte ardente entre les partis, cette confusion des idées, cette imprévoyance complète de l'avenir, tout cela se retrouvait au sein de l'Assemblée législative qui était divisée par des passions plutôt que par des opinions et qui avait fini par dégénérer en une véritable arène de guerre civile.

Ses discussions n'étaient plus que des orages et des scandales : elles préludaient à une insurrection générale qui ne pouvait qu'incendier la France.

Le président de la République, qui n'avait voulu être l'instrument de personne, devenait un obstacle pour tous : c'était lui qu'il fallait d'abord renverser. La lutte, longtemps contenue, allait éclater.
La majorité parlementaire, que la crainte du socialisme avait rapprochée de l'élu du 10 décembre 1848, rompait avec lui, se dressait contre lui, le menaçait ouvertement et créait une situation grave de conflit.

Placé entre la minorité socialiste républicaine et la majorité monarchiste, Louis-Napoléon Bonaparte n'avait plus qu'un seul refuge : ce refuge, c'était le Peuple de France. Mais la loi du 31 mai l'en séparait. Abroger cette loi par un vote ou la briser par un coup d'Etat, telle était l'alternative qui s'offrait à lui. Il choisit néanmoins la première option.

Le président était bien décidé à échapper aux partis par un appel à la France. Cet appel, il le voulait d'abord par la Loi. Mais si l'Assemblée l'en empêchait, il était déterminé à le lui imposer par la force.

Il proposa loyalement à l'Assemblée l'arbitrage du pays. L'Assemblée le refusa. La conséquence d'un tel refus ne pouvait que précipiter les conditions d'un coup d'Etat.
Après avoir refusé au pouvoir exécutif qui le proposait, à la nation qui l'attendait et à la nécessité qui l'imposait, les chefs de la majorité comme de l'opposition se sont retranchés derrière un corps de garde, invoquant la force brutale : sans plus d'autre sortie que la guerre civile.
L'Assemblée disait "NON" quand la France, elle, disait "OUI".
Aussi s'apprêtait-on à se combattre une fois encore.
Heureusement, de combat il n'y en eu point autre qu'une épreuve de force serrée entre pouvoir exécutif et législatif et ce dernier fut vaincu.

Certes, la légalité a succombé, mais l'ordre social fut préservé.

L'Assemblée prenait le risque de trouver un Cromwell ou un Robespierre pour l'opprimer et la dégrader : elle trouva, en face d'elle, un Bonaparte qui l'a vaincue mais qui a sauvé la France.

Quand la conciliation devient impossible entre deux pouvoirs et l'affrontement inévitable, alors le coup d'Etat devient nécessaire et légitime.

La maison brûlait : fallait-il craindre de briser les portes pour échapper aux flammes ? En prononçant la dissolution de l'Assemblée pour ouvrir à la société une issue libératrice, Louis-Napoléon n'a pas fait autre chose. Bien sur, il a violé la Constitution mais il a sauvé la société.

Le pays l'a absous dans sa souveraineté.
Et l'Histoire qui pèse tout, les intentions comme les actes, dans la balance de son infaillible justice, ne pourrait pas le condamner sans flétrir la Nation qui, après l'avoir reconnu comme son libérateur, l'a glorifié en l'élevant à l'Empire.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 24 Fév - 22:43

Mouais... Faudrait peut-être pas tomber non plus dans l'optimisme béat et garder un minimum d'objectivité.
Louis-Napoléon a surtout bénéficié de l'aura du premier Napoléon et des immenses déceptions apportées par la Seconde République, celle issue de la révolution de 1848. Il n'avait jamais caché ses ambitions de rétablir l'Empire, il avait d'ailleurs tenté un soulèvement au camp militaire de Boulogne qui fût un échec cinglant et pour lequel il fût condamné à la détention au fort de Ham (d'où il s'évadera déguisé en maçon).
Il fût largement aidé par son demi-frère Morny qui finança le coup d'état et, le soir venu, occupa le ministère de l'intérieur :"5000 hommes de troupe tiennent les rues, tout soulèvement est impossible". Dans le même temps, tous ceux qui pouvaient s'opposer avaient été arrêtés. Il y eût quand-même 70 barricades dans Paris et une résistance, vite réprimée (entre 300 et 400 victimes). En province, 32 départements furent en état de siège, 26 000 personnes arrêtées, environ 15 000 déportées.
Même si la France a fini par plébisciter le retour au régime impérial, Louis-Napoléon a réussi par un coup d'état, comme son prédécesseur, point barre. Il fût le fossoyeur d'une République dont il était sensé être le premier représentant et garant des institutions et dont il fît un marchepied vers le pouvoir. En faire un sauveur accueilli à bras ouverts, faut quand-même pas exagérer, c'était avant tout un ambitieux opportuniste que les lauriers de son oncle empêchaient de dormir.
Il a surtout su profiter des déceptions et de la lassitude générale de la France. Les esprits, lassés, étaient favorables à un retour au régime impérial (Victor Hugo, venu lui rendre visite à l'Elysée avec un groupe de dignitaires écrira, de retour chez lui :"Quelles âmes de boue, ils n'ont qu'une envie, devenir esclaves") et il le savait. Il n'a fait que brusquer les choses.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 25 Fév - 18:44

Voyageur Solitaire a écrit:

Il a surtout su profiter des déceptions et de la lassitude générale de la France. Les esprits, lassés, étaient favorables à un retour au régime impérial

C'est surtout que les ouvriers ne voulaient plus d'une république qui avait tiré contre eux (juin 1848). Et les paysans, par nostalgie, plébiscitaient depuis longtemps un retour à l'Empire qui leur avaient bien profité la première fois.

Il avait donc une base sur laquelle il pouvait s'appuyer.

Sinon, la France s'est beaucoup modernisée sous le Second Empire. A commencer par Paris grâce aux travaux du baron Haussmann, et pas seulement les grands boulevards mais aussi la réalisation de 271 kilomètres d'aqueducs, de 600 kilomètres d'égouts, l'éclairage des rues au gaz, l'eau potable à tous les étages, création d'espaces verts et j'en passe.

C'est aussi une production de fonte et d'acier qui quadruple, voire quintuple. Ce sont les grands magasins. C'est le percement du canal de Suez. Sans oublier les banques, les sociétés de crédit et les chemins de fer.

Après, dans le bilan de Napoléon III, il y a bien des ratés, je ne dis pas le contraire : comme l'expédition mexicaine qui s'achève en fiasco avec l'exécution de Maximilien d'Autriche à Queretaro.

Mais dans l'ensemble, on ne peut pas dire que le bilan soit trop mauvais. D'autant plus que les dernières années du régime, le Second Empire devenait libéral et parlementaire... qui aurai pu prévoir que 800.000 Prussiens surarmés étaient prêts, en 1870, à fondre sur la France ?
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 25 Fév - 19:18

Je ne tire pas à boulets rouges sur le Second Empire, époque qui a quand-même profondément transformé la France.
Je trouvais simplement ton message peu, voir pas du tout objectif. Après, Napoléon III était comme tout le monde, avec ses défauts et qualités.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 25 Fév - 23:31

Voyageur Solitaire a écrit:

Je trouvais simplement ton message peu, voir pas du tout objectif. Après, Napoléon III était comme tout le monde, avec ses défauts et qualités.

C'est vrai, je suis assez bonapartiste. Je le reconnais. Maintenant, je le concède, effectivement Napoléon III n'est pas un dieu et il a eu ses points forts comme ses faiblesses. Il a aussi commis des erreurs et des fautes.

Ne t'en fais pas : je ne suis pas un idolâtre.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 24 Mar - 21:37


VIE ET MORT DU PRINTEMPS DES PEUPLES (1848)

Il s'agit d'un mouvement de fond européen mais quelques Etats y échappèrent comme l'Angleterre, la Belgique, les Etats scandinaves, la Russie et même l'Empire Ottoman (sauf les provinces roumaines). Trois pays, outre la France, furent plus profondément affectés que les autres : l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne.

La révolution du 24 février 1848 en France amena une force nouvelle à ces mouvements qui avaient déjà commencé en Italie.

Le 13 mars 1848, une émeute embrasa Vienne et Metternich fut renversé. Aussitôt des soulèvements éclatèrent à Milan, à Venise et à Berlin.
Les nationalités de l'Empire exigeaient leur autonomie.
Dans la Confédération Germanique, fut mis en place un régime politique libéral autour d'un parlement allemand établi à Francfort.

Mais à l'été 1848, ce fut le reflux. Les révolutionnaires se divisèrent, entre monarchistes et républicains, bourgeois modérés et démocrates socialistes.
Le mouvement réveilla aussi la rivalité des nations entre elles. Et l'armée, surtout en Autriche, resta fidèle au pouvoir.
En 1849, partout en Europe le printemps des peuples fut battu en brèche.

De nombreux réfugiés politiques de tous les pays se trouvaient à Paris au moment des événements de février. Ils sollicitèrent même l'aide diplomatique et militaire de la toute nouvelle Seconde République en faveur des insurgés européens.
Ils étaient soutenus par l'extrême-gauche, Ledru-Rollin et Louis Blanc en tête.
Mais aux Affaires étrangères, se trouvait Lamartine : poète, intellectuel, pacifiste autant par conviction que par doctrine, il se méfiait de l'armée dont il la savait désorganisée et les généraux peu sûrs. Il craignait aussi l'attitude menaçante des monarchies. Aussi, il répudia la politique girondine de 1792 et proclama solennellement le principe de non-intervention.

La France ne prit donc pas en main la cause des révolutionnaires européens. Au contraire même, elle l'écrasa chaque fois qu'elle en eut l'occasion, comme à Rome en 1849 lorsqu'elle envoya un corps expéditionnaire pour chasser les républicains et rétablir le pape sur le trône de Saint-Pierre.
Or beaucoup de ces peuples attendaient, espèraient même, une action de la France en leur faveur.

A cause de cela, toutes ces révolutions finirent par être isolées, puis écrasées et le printemps des peuples fut tué dans l'oeuf.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 6 Avr - 8:54

Poilant : déjà à l'époque, alors que notre voisin exposait des cuirassés, fleurons de sa technologie, la France préférait montrer chiffons, bijoux et orfèvrerie... ça c'est Paris ! (sur un air de cabaret)
La légendaire frivolité et légèreté française...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 16 Mai - 21:48

BONAPARTE, LES PYRAMIDES ET L'EXPEDITION D'EGYPTE

La paix de Campo-Formio (1797) permit à la France de tourner toutes ses forces vers l'Ouest. Le Directoire nomma le jeune Bonaparte, âgé de 24 ans, à la tête de l'armée d'Angleterre. Mais les flottes anglaises venaient d'infliger de lourdes pertes aux Espagnols et aux Hollandais, alliés de la France ; aussi le succès d'un débarquement semblait-il bien douteux.

Alors, Bonaparte, en accord avec Talleyrand, ministre des Affaires étrangères, proposa au Directoire l'idée d'une expédition en Egypte. L'Orient le hantait : il rêvait d'y accomplir des exploits prodigieux. Il avait d'ailleurs créé une République cisalpine et acquis les îles Ioniennes que parce qu'il voulait établir l'hégémonie française - et la sienne - dans la Méditerranée et en Orient.

L'Egypte était, il est vrai, une province turque. Mais outre qu'elle permettrait de dominer la Méditerranée orientale et rouvrirait au commerce français la route de la Mer Rouge, elle constituerait une magnifique colonie et fournirait également une excellente base d'opération pour ruiner la domination et le commerce anglais aux Indes, source principale de la fortune de l'Angleterre.


Le Directoire donna son accord et au mois de mai 1798, Bonaparte s'embarqua à Toulon avec une armée de près de 40 000 hommes, deux des meilleurs généraux de la République, Kléber et Desaix, et une escorte de plus de 150 ingénieurs, savants, lettrés et artistes.
Au passage, les Français raflèrent l'île de Malte, puis ils débarquèrent à Aboukir et s'emparèrent d'Alexandrie. Ils écrasèrent la courageuse cavalerie des Mamelouks à la bataille des Pyramides et occupèrent Le Caire.

Seul ombre au tableau : quelques jours plus tard, l'amiral anglais Nelson détruisit la flotte française ancrée à Aboukir.


Rendu maître de l'Egypte, le général Bonaparte gouverna en accord avec les chefs indigènes. Il réunit auprès de lui une assemblée de près de 200 notables et, dans chaque province, il fut assisté de quelques personnages importants. Le pays fut mis en valeur, le système d'irrigation amélioré ; des routes furent ouvertes, les ingénieurs français tentèrent de ressusciter le canal qui, dans l'Antiquité, reliait la Méditerranée à la mer Rouge ; des cultures nouvelles furent introduites ainsi que l'usage des moulins à vent.
Enfin, savants et artistes français étudièrent les vestiges de la civilisation pharaonique : leurs travaux furent à l'origine d'une science nouvelle : l'égyptologie, dans laquelle la France exerça une grande inflence jusqu'au milieu du XXe siècle.

Cependant, le sultant avait déclaré la guerre à la France et une armée turque venant de Syrie marcha sur l'Egypte. Bonaparte alla à sa rencontre et la battit au Mont Thabor au mois d'avril 1799.


Mais il dut renoncer à s'emparer du port de Saint-Jean-d'Acre. Au retour, les soldats français, torturés par la soif, décimés par la peste, connurent des souffrances horribles.

Une autre armée turque débarqua dans le Delta du Nil : Bonaparte la rejeta à la mer dans la seconde bataille d'Aboukir en juillet 1799.

Puis, Bonaparte apprit la situation périlleuse où se trouvait la France, attaquée par la deuxième coalition. Devançant les ordres de rappel que lui envoyait le Directoire, il quitta furtivement l'Egypte, laissant le commandement à Kléber en août 1799.

Bonaparte voguait alors vers son destin...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 22 Mai - 17:40

-- Comment Napoléon a appris à Joséphine la nouvelle de sa victoire de Wagram :

Napoléon a écrit:
Ebersdorf le 7 à 5 heures du matin 1809

Je t'expédie un page pour te donner la bonne nouvelle de la victoire d'Ebersdorf que j'ai remportée le 5 et de celle de Wagram que j'ai remportée le 6.
L'armée ennemie fuit en désordre et tout marche selon mes vœux.
Eugène se porte bien. Le prince Aldo brandini est blessé, mais légèrement.
Bessières a eu un boulet qui lui a touché le gras de la cuisse, la blessure est très légère. Lasalle a été tué mes pertes sont assez fortes, mais la victoire est décisive et complète.
Nous avons plus de 100 pièces de canon l2 drapeaux beaucoup de prisonniers.
Je suis brûlé par le soleil
.

NAPOLEON
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 10 Juin - 15:27

A noter que la division responsable de cette horreur n'en était pas à son coup d'essai : c'est elle qui avait procédé à la pendaison de plusieurs habitants de Tulle, en Corrèze, la veille...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 10 Juin - 19:22

Je suis un très grand fan de Romy Schneider et j'aime énormément Noiret, mais j'ai jamais pu revoir ce film... Rien que d'entendre la musique, j'en frissonne. Le film que je refuse de revoir.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 12 Juil - 23:56


Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry, écrit cette lettre à son épouse et cousine, la princesse Marie-Caroline de Bourbon-Sicile alors encore retenue au port de Marseille pour raison de quarantaine.

Paris, 26 mai 1816.

"Je ne puis vous exprimer, Madame, combien je suis heureux d'apprendre votre arrivée à Marseille : j'aurais bien voulu abréger l'ennuyeuse quarantaine de Votre Altesse Royale, et je crains que vous ne trouviez le temps bien long. Vous avez déjà gagné les coeurs de ceux qui n'ont fait que vous entrevoir. Vous êtes déjà si aimée en France, on désire tant vous voir ! Quand je sors à présent l'on ne crie plus : Vive le duc de Berry ! Mais ce qui me fait bien plus de plaisir : Vive la duchesse de Berry ! Vive la princesse Caroline !

Je voudrais, Madame, prévenir tous les désirs de Votre Altesse Royale, savoir ce qui pourrait lui plaire : vous aurez ici une habitation charmante, que toute la famille s'occupe à arranger. Vous aimez à monter à cheval, je vous cherche des chevaux bien sages. Je sais que vous ne craignez rien ; mais moi j'ai peur pour vous. A propos de courage, vous avez été en grand danger sur mer, auprès de cette vilaine île d'Elbe d'où sont partis tous nos maux l'année dernière. Cela m'a fait trembler; mais j'ai aimé à apprendre que vous n'aviez pas éprouvé la moindre frayeur. Le sang de Henri IV et de Louis XIV ne s'est pas démenti.

Adieu, Madame et bien chère amie, ma bonne et aimable femme; en attendant le 15 de juin, qui est encore si loin, je veux vous répéter que je vous aime, et que je ferai tout ce qui sera en moi pour vous rendre heureuse
.

Charles-Ferdinand."
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 13 Juil - 1:10


Emile-Marco de Saint-Hilaire a écrit:
... à dix heures du matin, S.A.R Madame, duchesse de Berry, débarqua à Marseille, en face de l'hôtel de ville, saluée par le feu de tous les forts et de tous les bâtiments qui stationnaient dans le port au nombre de plus de 3000, tous pavoisés. La princesse montait un canot magnifique, manoeuvré par un équipage brillant, commandé par M. de Damas, capitaine de vaisseau. Vingt-quatre rameurs, à la livrée de la maison du roi, le conduisaient avec des rames dorées et fleurdelisées. L'étendard royal flottait majestueusement à la poupe de l'embarcation.

Une foule immense couvrait le port, les môles, la montagne, les fenêtres et les toits de toutes les maisons; les acclamations les plus vives et les plus sincères ont salué la princesse qui, resplendissante de beauté et de jeunesse, éblouissait les yeux par une parure aussi élégante que riche, étincelante du feu de ses diamants.

Madame la Duchesse de Berry, descendue à terre, fut remise dans les formes les plus solennelles aux commissaires nommés par le roi. Au moment du débarquement de S.A.R, M. le duc de Lévis voulant haranguer la princesse en italien : "En français. Je ne connais plus d'autre langue."

Vie anecdotique de S.A.R Madame la Duchesse de Berry, depuis sa naissance jusqu'à ce jour, Ed. Séguin, 1826.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 13 Juil - 7:05

J'ai toujours été réfractaire à ce style chargé et exagéré où l'encre devient encens et qui pue la propagande à plein nez.
Quant à la réponse de la princesse :"En français. Je ne connais plus d'autre langue", c'est à mon avis une phrase convenue et préparée d'avance. Marie Antoinette avait fait la même réponse lorsqu'à son arrivée en France, on l'avait abordé en allemand et qu'elle avait répondu :"Ne parlez point allemand Monsieur, à partir d'aujourd'hui, je n'entends que le français".
Ce genre de cérémonie était le plus souvent soigneusement réglée dans les moindres détails et les répliques prévues à l'avance.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 13 Juil - 8:41

Voyageur Solitaire a écrit:
J'ai toujours été réfractaire à ce style chargé et exagéré où l'encre devient encens et qui pue la propagande à plein nez.
Quant à la réponse de la princesse :"En français. Je ne connais plus d'autre langue", c'est à mon avis une phrase convenue et préparée d'avance. Marie Antoinette avait fait la même réponse lorsqu'à son arrivée en France, on l'avait abordé en allemand et qu'elle avait répondu :"Ne parlez point allemand Monsieur, à partir d'aujourd'hui, je n'entends que le français".
Ce genre de cérémonie était le plus souvent soigneusement réglée dans les moindres détails et les répliques prévues à l'avance.


Réponse protocolaire, évidemment, comme tout le reste de la cérémonie. J'ai d'ailleurs, moi aussi, pensé aussitôt à la réponse de Marie-Antoinette à Strasbourg. Protocolaire aussi le parcours du cortège qui emmenait la princesse de Marseille jusqu'à Fontainebleau où elle devait y retrouver le duc de Berry.

Propagande ? Peut-être pas. C'est difficile à expliquer mais il y avait vraiment un enthousiasme populaire pour la famille royale après Waterloo. Et elle fut vraiment bien accueillie, elle et son époux, partout où elle passait. Tant par les autorités locales que la population.

Je sais, cela peut paraître étrange mais les Français ont vraiment crié : "Vive le Roi !" après avoir crié "Vive l'Empereur !" pendant quatorze ans et applaudi la Révolution.

Girouettes, les Français ? Oui et non. Je crois surtout qu'ils aiment avant tout l'ordre et la stabilité, plus que la guerre et le désordre. Les Français ont adulé Napoléon tant qu'il leur garantissait l'ordre, la sécurité et la paix. Ils se sont ensuite détournés de lui lorsque les ponctions effectuées dans la population pour les campagnes militaires de 1812 et 1813 étaient trop fortes. Et du coup, ils ont vraiment applaudi au retour des Bourbons avec Louis XVIII.

Ce qui n'a pas empêché néanmoins de réserver un accueil triomphal à leur Empereur lorsqu'il est revenu de l'île d'Elbe, au moment des Cent-Jours. Et encore de lui faire une haie d'honneur et lui rendre les derniers hommages au moment il s'embarquait pour Sainte-Helène.

C'est typiquement français ce comportement : on brûle toujours ce que l'on a adoré. Et puis, au final, on finit par le regretter.
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