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 XIXème SIECLE

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Gorak

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 9 Juin - 8:37

La Monarchie de Juillet : un héritage inestimable dans l'histoire de France.


De tous les régimes qui se sont succédé en France depuis 1815, la France devrait avoir toutes les raisons du monde de regretter celui de la monarchie constitutionnelle issu de la révolution de 1830 et qui a vu le duc d'Orléans, Louis-Philippe, remplacer Charles X sur le trône.

Déjà, parce que jamais la prospérité économique de notre pays ne fut aussi considérable que sous son règne.

En effet, les différents gouvernements qui se succédèrent au long de cette période, dirigés par des hommes politiques d'obédience libérale, encourageaient le commerce, l'industrie et l'agriculture et en faisaient la promotion lors d'expositions nationales (ancêtres de nos salons d'aujourd'hui).

La France doit à la monarchie de Juillet sa législation sur les chemins vicinaux (1836) et la création des premières lignes de chemin de fer (1842) et concernant les communications, le télégraphe électrique fait son apparition à partir de 1842.

La monarchie de Juillet donna aussi aux villes et villages de France leur organisation municipale, telle qu'elle est encore de nos jours et à peine modifiée par loi municipale de 1884.

Enfin, par la loi du 28 juin 1833, l'enseignement primaire supérieur fut institué en France et l'Ecole publique réorganisée, jetant les bases d'un enseignement primaire pour les filles.

En matière judiciaire, le droit pénal s'adoucit offrant pour la première fois aux juges la possibilité de tenir compte de ce que l'on appelle les "circonstances atténuantes" lors d'un crime.

La monarchie de Juillet, c'est aussi le préfet de la Seine, Claude Philibert Berthelot, comte de Rambuteau (1781-1869), dont l'oeuvre accomplie à Paris mérite d'être citée.


Il fit agrandir et moderniser les anciens hôpitaux et créer de nouveaux (notamment Lariboisière). Il ouvrit de nombreuses écoles, fonda des cours d'adultes, développa les premières caisses de prévoyance et de secours mutuels. Il fut à l'initiative des premières opérations de voirie parisienne (système d'égouts, plan des quartiers suburbains, trottoirs, construction de quais, percement de rues nouvelles, etc.)

Il avait un tel souci du bien-être des Parisiens qu'on disait de lui qu'il aurait mieux aimer se faire arracher une dent que de laisser arracher un arbre.

Lorsque les insurgés envahirent l'hôtel de ville, lors des émeutes de février 1848, ils ne touchèrent pas au portrait du préfet Rambuteau, que les faubourgs appelaient "le père des ouvriers".

Il ne faut pas non plus oublier la conquête de l'Algérie, entreprise brillamment et qui posa les premières bases fondant la reconstitution de l'empire colonial français, que devait achever la IIIe République.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 18 Juil - 21:20

Louis II de Bavière et Sissi : les cousins chimériques.


Ils avaient de nombreux points communs : une personnalité hors-normes, atypique, une sensibilité profondément romantique (dans le premier sens du terme), voire chimérique. Ils se sentaient mal à l'aise dans leur époque, dans leur vie. Ils tentèrent de s'en enfuir, de voyages en châteaux, se créant un univers à eux. Ils moururent tous deux de façon tragique.

Louis II de Bavière était un prince romantique, l'esprit empli de chimères, de grande sagas héroïques, de mythes et de légendes. C'est un original, fantasque et solitaire, se sentant incompris, un rêveur. Il aime les contes, la mythologie, le théâtre, se déguiser... Devenu roi, il se créé un monde à lui, construit des châteaux à son image où il passe le plus clair de son temps. Il parcourt ses domaines la nuit, en traîneau, glissant sur les pentes enneigées à la lueur des lanternes... Beau, grand et racé, il a tout du héros de roman. Fou de musique et d'opéra, il devient le mécène de Wagner grâce à la musique duquel il donne vie à ses rêves et ses visions fantastiques.

Elle, est impératrice d'Autriche mais ne supporte pas cette fonction, cette cour, ce "palais-prison". Loin de l'image popularisée par les films, Sissi est une femme névrosée, dépressive, anxieuse. Elle étouffe dans sa condition et fuit ses obligations, au sens propre. De voyages en voyages, elle passe parfois des années entières loin de chez elle, construisant ou achetant ici et là palais et villas qui lui sont autant de refuges. Obsédée par sa grande beauté, elle prend soin d'elle : on trouve dans ses résidences des salles de gymnastique avec agrès, barres parallèles, anneaux, cheval d'arçon... Elle devient fanatique de régimes, anorexique, elle fume beaucoup. Elle se nourrit du jus de six kilos de viande de bœuf et de huit oranges chaque jour, s'enferme dans des corsets...
Elle se prend de passion pour la Hongrie dont elle devient reine lorsque le pays est rattaché à l'Autriche. Ses talents de cavalière émérite impressionnent les nobles hongrois, cavaliers éprouvés, flattés de voir l'impératrice parler leur langue et séjourner très souvent chez eux. Grande, belle, rayonnante, elle dissimule mal sa dépression, ses angoisses, son mal de vivre.

Ils se connaissent, s'apprécient, s'admirent. Ils s'appellent "Mon cousin" et "Ma cousine", ont les mêmes goûts, l'esprit empli de rêves et de chimères, le même mal de vivre. Ils vont connaître tous deux une destinée tragique...

Louis II de Bavière, bien qu'aimé de son peuple, s'est attiré les foudres de son entourage. Ses excentricités, ses folies, ses frasques inquiètent. Déclaré aliéné mental, il est interné le 12 juin 1886 au château de Berg. Il y meurt le lendemain, ainsi que son psychiatre Bernhard von Gudden, au cours d'une promenade après dîner au bord du lac situé à l'orée de la forêt, dans le parc. Leurs corps sont retrouvés dans le lac, à proximité de la berge. D'après les autopsies, les deux hommes se seraient battus, Louis aurait tué le médecin et serait alors mort en tentant de s'enfuir. Son corps ne porte pas trace de violence et n'a pas d'eau dans ses poumons. La mort serait due à une crise cardiaque, à l'hypothermie ou l'hydrocution, l'eau étant glacée malgré la saison. On pense que le roi déchu a voulu se suicider ou s'enfuir, a tué le médecin qui tentait de l'en empêcher avant de mourir. Aujourd'hui encore, le lieu de sa mort est un endroit de pèlerinage qui attire les foules, surtout le jour anniversaire de sa mort. Les bavarois sont restés très attachés à ce roi fantasque et chimérique, beau et romantique qui leur a laissé l'extraordinaire et merveilleux château de Neuschwanstein.

Le 10 septembre 1898, l'impératrice Sissi est à Genève avec sa dame de compagnie. Encore un voyage, encore une fuite en avant, encore une cure pour soigner dépression, insomnies, angoisses... En sortant de son hôtel au bras de sa dame de compagnie, Sissi est poignardée par un italien que l'on dira anarchiste, Luigi Luccheni. Sur l'instant, la souveraine croît avoir reçu un coup de poing. Elle titube mais se redresse et insiste pour prendre le bateau, comme prévu, sur le lac Léman. Elle monte à bord pendant que des passants, scandalisés d'avoir vu un homme frapper une femme, arrêtent son meurtrier. Alors que le bateau appareille, l'impératrice perd connaissance. Sa dame ouvre son corsage, découvre un trou rouge minuscule au-dessus du sein gauche et révèle alors l'identité de sa maîtresse. Ramenée en urgence à son hôtel, Sissi y meurt peu après.
Son assassin voulait en fait tuer le duc d'Orléans, alors en villégiature à Genève mais le duc avait changé son emploi du temps. L'homme avait alors reporté son funeste geste sur l'impératrice qu'il avait reconnu, en partie par sa grande beauté... Il sera retrouvé pendu dans sa cellule, en 1910.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 18 Juil - 21:42

Les Wittelsbach étaient des originaux. On dirait aujourd'hui des "allumés". Ils n'étaient sans doute pas fait pour le pouvoir ni pour les convenances mais ils étaient des artistes dans l'âme et des rêveurs. Leur tort a certainement été de vivre dans un siècle où le romantisme s'éclipsait devant le matérialisme.

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 18 Juil - 21:54

Ces deux là sont incontestablement des romantiques, dans le sens premier du terme. Ils m'ont toujours fasciné, avec eux, c'est tout le romantisme allemand : les vastes et profondes forêts, les montagnes brumeuses et les chevauchées, les mythes et légendes germaniques, les voyages, l'exotisme, la musique... Le rêve et les chimères mais aussi la mélancolie, le mal de vivre, la folie quelque part. Ils ont tout, ils sont beaux, riches, fantasques et rêveurs, ils sèment leur fuite en avant d'incroyables châteaux et de palais délicieux comme des petits cailloux, avec des grottes, des salons turcs, des pavillons chinois... Et au final, ils paient très cher leur volonté de se créer un monde à eux.

A revoir, le très beau film Le crépuscule des dieux de Visconti sur Louis II et Sissi, avec une Romy comme son personnage, dans le plein éclat de sa beauté :

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 18 Juil - 23:06

De Louis II, je n'ai visité encore que le château de Neuschwandstein et celui de Herrenchiemsee. Il faudra que j'aille voir sa villa du Linderhof avec son intérieur mauresque, ça a l'air d'être somptueux.

En fait, il était loin d'être fou. Il donnait un sens à sa vie, c'est tout. Et ce sens, c'était le rêve, l'art, la magie, la musique. Ce qui ne l'empêchait pas, du reste, d'apporter un soin tout particulier à son Etat et les Bavarois lui doivent beaucoup en termes d'infrastructures tant pratiques que culturelles.

Il aimait la France et c'est la mort dans l'âme qu'il se résigna, en 1870, à fournir un corps d'armée bavarois pour la campagne que devait mener Bismarck contre Napoléon III. Il détestait la guerre.

Quant à Sissi, elle fut et elle reste toujours extrêmement populaire en Hongrie. Elle a pris vraiment à coeur son titre de reine de Hongrie et a quasiment épousé la cause de ce peuple, apprenant sa langue, ses lois, ses coutumes, etc. et les Hongrois le lui ont beaucoup rendu. Cette souveraine, dont la vie fut marquée par des épreuves difficiles, fut prise en pitié par les Hongrois. Il faut savoir que chez les Hongrois, on apprécie davantage ceux qui sont marqués par le destin que ceux dont la vie leur sourit tout le temps. C'est dans la mentalité hongroise et encore aujourd'hui. Les Hongrois éprouvent beaucoup de compassion pour les gens tristes ou malheureux. On peut dire que Sissi avait trouvé son peuple.

Il est vrai que lorsque tu écoutes les rhapsodies de Franz Liszt, tu as tout compris sur l'âme hongroise... et on comprend pourquoi Sissi avait trouvé chez les Hongrois un peuple à sa mesure.


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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 19 Juil - 20:42

Louis II n'avait rien de fou effectivement. C'était un homme rêveur et fantasque, chimérique et romantique, enfermé dans son monde. Mais pour la Prusse qui convoitait son petit royaume, le faire passer pour fou était commode, c'était le meilleur moyen de le déposer pour mettre à sa place un fantoche aux ordres de Berlin. Dès sa publication, le rapport des médecins le déclarant fou fût critiqué et dénoncé.

Pour Sissi, sa passion pour la Hongrie ne fît que la détacher un peu plus de ses sujets autrichiens. Contrairement à l'idée répandue par les films, elle n'était pas aimée, principalement à cause de ses absences. Un journal aurait même osé titrer un 1er janvier : "Nous remercions Votre Majesté d'avoir daigné passer quatre jours à Vienne cette année !"...
Célèbre pour sa beauté, elle était grande pour son époque (1,72 m) et passait au moins deux heures par jour à galoper, marcher ou faire de la gymnastique. Une vie sportive qui masquait mal son mal de vivre, ses régimes alimentaires délirants, ses dépressions, maux de tête et anxiétés. Si Louis II n'était pas fou, Sissi, elle, était bien neurasthénique.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 19 Juil - 20:55

Voyageur Solitaire a écrit:

Pour Sissi, sa passion pour la Hongrie ne fît que la détacher un peu plus de ses sujets autrichiens. Contrairement à l'idée répandue par les films, elle n'était pas aimée, principalement à cause de ses absences. Un journal aurait même osé titrer un 1er janvier : "Nous remercions Votre Majesté d'avoir daigné passer quatre jours à Vienne cette année !"...

Exact. Elle était davantage aimée des Hongrois que des Autrichiens. Peut-être parce que, hormis le goût pour la musique, elle ne partageait rien avec les Viennois. Il y avait chez les Hongrois un peu de cette fantaisie toute romantique qu'elle ne trouvait pas à Vienne. C'est pourquoi je dis qu'elle avait trouvé son peuple et que les Hongrois avaient trouvé leur Reine.

Encore aujourd'hui, la Hongrie continue d'honorer la mémoire de Sissi. Il y a le pont Elisabeth, bien sur, mais aussi pas mal d'ouvrages sur elle publiées en langue magyare.

Quant à son régime de vie, en effet, Sissi prenait soin de son corps. Chose assez rare pour l'époque. Elle aimait le sport, faisait attention à son alimentation, se nourrissait de peu. De trop peu même. Elle frisait l'anorexie. Mais c'était aussi un prétexte pour s'éloigner de Vienne et prendre le bon air un peu partout en Europe, surtout au soleil de la Méditerrannée : elle aimait bouger, voyager, que ce soit à Corfou, au Portugal ou sur les bords des lacs italiens, c'est là qu'elle redevenait elle-même. Dès qu'elle revenait à Vienne, il ne se passait pas longtemps avant qu'elle ne retombe dans son apathie.

C'est sûr qu'on est loin de la petite princesse rose-bonbon naïve pour adolescentes attardées... la vraie Sissi a un parcours de vie beaucoup plus chaotique mais si intéressant.

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 9 Oct - 10:35

Guillaume II, roi de Prusse et Kaiser



L'empereur d'Allemagne Guillaume II, tel qu'il était lors de son avènement au trône, le 18 juin 1888 ; il avait alors 29 ans.

Personnage d'une vanité hautaine et fortement jaloux de son autorité, il était cependant très cultivé et se plaisait à étaler ses connaissances en public ou dans les dîners mondains. Grand bavard, il éprouvait le besoin d'épancher ses impressions dans de nombreux toasts ou discours. Il fut un prince à la fois très actif, voyageur et entreprit sans cesse des tournées dans les grandes capitales européennes ou à l'intérieur même de son empire.
Travailleur appliqué et consciencieux, il se considérait comme le premier fonctionnaire de son Etat ; son principal défaut fut toutefois son impulsivité, qui le rendit parfois sujet à des résolutions imprévues et contradictoires.

Profondément pieux, il prétendait tenir sa couronne de Dieu et n'être responsable qu'envers lui ; il croyait sincèrement en sa mission et en concevait un sens quasi mystique. Il considérait que son rôle était de diriger ses sujets dans la loi chrétienne. Dès lors, il fut l'ennemi déclaré des socialistes athées et de tous les libres penseurs ; à mesure qu'il régnait, la lutte contre "les éléments subversifs" devint un de ses obsessions dominantes.

Féru de discipline militaire, il se passionnait pour les revues et les manoeuvres, et prenait une part très active à la croissance des armements et à la création d'une importante flotte de guerre. Il se considérait sans cesse comme un Kriegsherr, un seigneur de la guerre.

Il tenait à être respecté et obéi comme un empereur de plein droit. D'où divers conflits l'opposant à son chancelier, le vieux Bismarck. Le plus grave se produisit à propos des mesures que le Kaiser voulait prendre en faveur des ouvriers et auxquelles Bismarck était hostile.
Cette résistance irrita profondément Guillaume II : "Il faut savoir qui règne, dit-il, la dynastie Hohenzollern ou la dynastie Bismarck ?"

Bismarck ayant refusé de renoncer au règlement de 1802, lequel interdisait à tout ministre de communiquer avec le souverain sans passer par le chancelier, il lui demanda sa démission qui fut acceptée le 19 mars 1890.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 5 Déc - 19:47

Une charge de cavalerie "à l'ancienne"

Les cavaliers de la Garde Républicaine font une démonstration d'une charge, telle qu'elle était organisée sous le Premier Empire. Remettez-là dans son contexte et imaginez sous les boulets de canon, la mitraille, les cris... cela devait être l'enfer... impressionnant ! Shocked

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 18 Déc - 18:56

La fameuse dictée de Prosper Mérimée


En ce Second Empire où la fête impériale bat son plein, on cherche de nouveaux moyens de se distraire. En 1857, Prosper Mérimée, l'auteur de Colomba, familier de l'impératrice, se voit demander par cette dernière de trouver un nouveau jeu amusant. L'écrivain propose alors à l'entourage impérial une dictée comportant les plus grands pièges de la langue française de l'époque.

Les résultats ne sont guère glorieux pour Napoléon III et sa femme : l'empereur a fait 75 fautes, l'impératrice 62... Alexandre Dumas fils en a fait 24, Octave Feuillet (dramaturge et écrivain) en comptabilise 19. L'humiliation est d'autant plus grande que le prince Metternich, ambassadeur d'Autriche en France n'en a fait que 3... D'ailleurs, à l'annonce des résultats, Alexandre Dumas se tourne vers l'ambassadeur et lui demande :" Quand allez-vous, prince, vous présenter à l’Académie pour nous apprendre l’orthographe ? "

Le texte de la fameuse dictée, respectant la langue de l'époque :

" Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier.
Quelles que soient, et quelque exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.
Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau et qu’elle s’est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d’une phtisie, et l’imbécillité du malheureux s’accrut.
— Par saint Martin ! quelle hémorragie ! s’écria ce bélître.
À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière. 
"

Dictée restée célèbre. D'ailleurs, le Ministère de la Culture la tient à jour, l'adaptant quand c'est nécessaire aux évolutions grammaticales et orthographiques de la langue française.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 18 Déc - 19:50

Voyageur Solitaire a écrit:


Les résultats ne sont guère glorieux pour Napoléon III et sa femme : l'empereur a fait 75 fautes, l'impératrice 62... Alexandre Dumas fils en a fait 24, Octave Feuillet (dramaturge et écrivain) en comptabilise 19.

Ce n'est pas très glorieux non plus pour des gens que l'on nous présente encore aujourd'hui pour des figures de la littérature française.


Citation :
L'humiliation est d'autant plus grande que le prince Metternich, ambassadeur d'Autriche en France n'en a fait que 3...


Ce n'est pas étonnant. Généralement, les étrangers qui apprennent le français le maîtrisent mieux que les Français eux-mêmes. Peut-être parce qu'ils l'apprennent et donc s'appliquent mieux qu'un Français dont c'est la langue maternelle.

A savoir aussi que chez les Metternich - le prince Richard comme son père, le prince Klemens - on a toujours eu une bonne maîtrise de la langue française. Klemens von Metternich avait même fait ses études à l'université de Strasbourg. Et puis, diplomatie oblige, le français était obligatoire. C'était la langue des traités, de la diplomatie, tout se faisait en français.




Citation :
" Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier.
Quelles que soient, et quelque exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.
Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau et qu’elle s’est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d’une phtisie, et l’imbécillité du malheureux s’accrut.
— Par saint Martin ! quelle hémorragie ! s’écria ce bélître.
À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière. 
"

Il y a certains mots où je tomberais dans le piège, moi aussi. Et pourtant je pense ne pas trop faire de fautes en général. Mais on est pas à l'abri d'un oubli d'accent ou d'un accord un peu vicieux.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 18 Déc - 19:59

Pour ma part, je pense que j'aurais plus merdé sur les conjugaisons et les accords que l'orthographe.
"Quelles que soient, et quelque exiguës qu’aient pu paraître" et "les arrhes qu’étaient censés avoir données", là je me serais sûrement vautré quelque part.

Après, 75 fautes sur un texte aussi court, quand-même...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 18 Déc - 20:09

Voyageur Solitaire a écrit:


Après, 75 fautes sur un texte aussi court, quand-même...

Notre Empereur était beaucoup plus doué pour les relations étrangères et l'aide apportée aux peuples luttant pour leur émancipation que pour l'orthographe, c'est tout. Smile

En cela, il était bien le neveu de son oncle, parce que, question orthographe, Napoléon Ier ne brillait pas vraiment lui aussi...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 18 Déc - 20:30

Napoléon Ier massacrait assez allègrement l'orthographe. Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir, paradoxalement, un œil d'aigle pour repérer les fautes sous la plume de ses secrétaires...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 19 Déc - 9:07

Louis-Philippe, le dernier roi


Né à Paris en 1773, fils de Philippe-Egalité, duc d'Orléans et cousin régicide de Louis XVI, il est âgé de 57 ans lorsqu'il monte sur le trône de France à l'issue de la révolution de 1830 qui chassa Charles X du pouvoir.

Ses connaissances encyclopédiques et pratiques étaient au service d'une intelligence remarquablement ouverte, d'un esprit avisé et fertile en ressources, d'une volonté ferme poussée parfois jusqu'à l'autoritarisme.

Mariée à Marie-Amélie des Deux-Siciles en 1809, c'est de Ravenne qu'en 1814 il vint rejoindre Louis XVIII à Paris. Celui-ci, par une ordonnance, lui rendit tous les biens de son père qui avaient été confisqués par la Révolution. Retiré en Angleterre lors de l'épisode des Cent-Jours, devenu suspect aux yeux du roi, il y resta en exil jusqu'en 1817. Rentré en France, il fit des avances au parti libéral, ce qui ne l'empêcha pas de recevoir 17 millions au titre de l'indemnité versée aux anciens émigrés.
Dès lors, il menait une vie très bourgeoise, envoyant ses fils au lycée Henri-IV et était particulièrement apprécié par le Tout-Paris mondain. Ses manières aimables et familières, sa simplicité affable, ses goûts simples, ses mœurs austères, s'opposaient aux formes aristocratiques de la cour et le rendaient populaires.

"Je ne l'ai jamais aperçu où je l'aurais voulu, disait de lui le roi Louis XVIII ; est-ce sa faute ou la mienne ? Depuis sa rentrée, il est chef de parti, et il n'en fait mine. Son nom est un drapeau de menaces ; son palais, un point de ralliement. Il ne se remue pas, et cependant je m'aperçois qu'il chemine. Cette activité sans mouvement m'inquiète. Comment s'y prendre pour empêcher de marcher un homme qui ne fait aucun pas ? C'est un problème qu'il me reste à résoudre. Je voudrais bien n'avoir à en laisser la solution à mon successeur."

La politique intérieure du régime qu'il mit en place - la Monarchie de Juillet - est passée par deux phases successives.
Tout d'abord, Louis-Philippe, activement combattu par les légitimistes et les républicains, gouverna avec les libéraux qui l'avaient porté au pouvoir ; puis, dès 1832, succéda une politique dite de "résistance", pratiquée tant pour rassurer les puissances étrangères que pour briser l'opposition révolutionnaire. Estimant que les revendications populaires avaient été satisfaites, Louis-Philippe se refusa, tout au long de son règne, à en consentir à d'autres et le "Roi-Citoyen" ne fut plus que le premier représentant de la bourgeoisie censitaire. Celle-ci fut bientôt en conflit avec la majorité des Français, exclue du système électoral, et qui n'était pas représentée à la Chambre.

Dans un article de son journal, Le National, Adolphe Thiers, qui était alors un des plus fidèles soutiens de l'orléanisme, avait mis en exergue et développé la célèbre formule : "Le roi règne mais ne gouverne pas", laquelle, selon lui, devait caractériser la puissance restreinte du souverain. Or, avec le temps, Louis-Philippe supporta de moins en moins les entraves constitutionnelles.

Se confiant à la duchesse de Dino, il finit par repousser tous les principes qui l'avaient porté sur le trône.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 20 Déc - 10:35

Les journées de juin 1848


Une affreuse bataille de rue dura quatre jours, entre le 22 et le 26 juin 1848, opposant 40 000 soldats de ligne renforcés de gardes nationaux à près de 50 000 ouvriers qui occupaient les quartiers populaires du faubourg Saint-Antoine et du Temple.
Ce fut une révolte anonyme et improvisée, sans chefs ni programme.
François Arago, maire de Paris, voulant se faire médiateur, se fit rétorquer par un ouvrier : "Ah ! vous n'avez jamais eu faim !"
Les témoignages de Tocqueville, de Lamartine, de Victor Hugo concordent : c'était avant tout une insurrection de la misère et du désespoir. Le dernier mot du général Duvivier, tué dans le combat, fut qu' "il fallait faire quelque chose pour ces pauvres ouvriers."
Il y eut des épisodes héroïques et d'atroces.
Le général Bréa, s'étant aventuré parmi les insurgés pour parlementer, fut lynché. L'archevêque de Paris, Monseigneur Affre, essayant de s'interposer le crucifix à la main, fut tué par une balle venant (selon un certificat porté à l'Assemblée nationale par l'évêque Parisis) du côté de la troupe. Les généraux La Moricière, Bedeau, Négrier se prodiguèrent sous les balles.
L'âpreté de la lutte fut extrême.
Lorsque Cavaignac annonça, le 26, que "l'ordre avait triomphé de l'anarchie", plusieurs milliers de cadavres jonchaient les rues.
Près de 5000 prisonniers furent ensuite condamnés à la déportation.
Le journaliste Louis Blanc, socialiste, et l'ancien préfet de police Cassidière, accusés l'un d'avoir incité à l'insurrection et l'autre de complaisance envers les émeutiers, durent tous les deux se réfugier en Angleterre.

"La République est morte", écrivait l'abbé Lamennais au lendemain des émeutes parisiennes.

En effet, les ouvriers cessèrent d'apporter leur soutien au régime, les paysans lui devinrent hostiles, craignant les "partageux" et les "rouges". Les bourgeois, qui ne voulaient plus revoir de telles scènes d'anarchie, réclamèrent un pouvoir fort et la général Cavaignac reçut de l'Assemblée nationale les pleins pouvoirs après avoir décrété qu'il avait bien mérité de la patrie.


Ses premières mesures furent d'instaurer l'état de siège et de renouveler les ordonnances de Charles X restreignant la liberté de la presse et les réunions publiques.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 20 Déc - 12:03

Le 20 décembre 1848, Sarda Garriga proclamait l'abolition de l'esclavage à La Réunion.



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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 9 Jan - 21:04

La fureur des cabarets tziganes



Saint-Pétersbourg, fin du XIXème siècle. La mode des cabarets tziganes bat son plein et fait fureur. Ils sont souvent installés dans les petites îles qui bordent la capitale impériale. L'hiver, quand la Neva et le golfe sont pris par les glaces, on s'y rend en traîneau. On ? La jeunesse dorée, les fils de la noblesse, les officiers en permission... Une fois arrivé, on se débarrasse de ses fourrures car beaucoup, comme Dorrots le plus couru, comportent un jardin d'hiver, une vaste serre emplie de plantes exotiques et de fontaines. Dans la chaleur qui fait remonter les parfums des gardénias de Géorgie, on s'installe à même les coussins et tapis jetés au sol. Entrent les danseuses, en costume tzigane, tambourin en main, pieds nus. Les violons se mettent de la partie, les danses s'enchaînent, en un rythme frénétique, endiablé. Parfois, des Cosaques en goguette se mettent à danser également, avec leurs uniformes chamarrés et colorés, balançant les jambes, bras croisés sur la poitrine. Les dames applaudissent, les soldats envoient leurs casquettes en l'air.

Le champagne français et la vodka coulent à flots, les toasts s'enchaînent. Soudain, des soldats saisissent leur officier pour le lancer en l'air, le rattraper, le relancer à nouveau... Dans l'armée russe de l'époque, c'est une marque de grand respect et d'affection. Et l'on danse, on danse, on claque des mains et du pied pour marquer le rythme, voici des jongleurs, des cracheurs de feu, des diseuses de bonne aventure arméniennes ou des montreurs d'ours bohémiens... On fera la fête jusqu'au bout de la nuit, jusqu'à l'aube quand un jour blafard se lève sur les clochetons dorés et les palais baroques de la métropole impériale. Les plus vaillants réveillent leurs amies écrasées de fatigue et endormies sur les divans, on va chercher les fourrures et les manteaux... On distribue concombres, eau salée et jus de cornichons pour lutter contre l'ivresse et la gueule de bois. Il ne reste plus qu'à remonter dans les traîneaux pour rejoindre la ville...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 9 Jan - 21:14

A te lire,VS,Saint Petersbourg me semble bien (dangereusement)envoutante!Bien envie de m'y rendre un jour...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 9 Jan - 21:22

Il faut que j'y aille aussi, il paraît que la ville est magnifique, surtout en hiver avec ses palais aux couleurs pastels, ses clochetons dorés, ses canaux pris par les glaces...

Je voudrais surtout faire les fameuses "nuits blanches" de Saint-Pétersbourg, qui ont lieu en juin principalement, cette période étonnante où la nuit ne tombe pas, où à minuit ou deux heures du matin, il fait jour. C'est ce qu'on appelle le jour polaire ou le soleil de minuit. Le soleil reste constamment visible et ne se couche pas. Bien qu'il fasse nuit, l'astre ne descend pas assez au-dessous de l'horizon et continue d'éclairer.
Un copain l'a fait, il m'a dit que c'est assez irréel, la nuit est remplacée par un jour laiteux, opalescent. A minuit, tu vois encore le soleil dans le ciel, tu peux te promener, il fait clair. Selon lui, c'est vraiment très étrange comme impression.

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 8 Fév - 7:54

Ce 8 février, nous nous rappelons, avec émotion, le souvenir à la fois héroïque mais aussi tragique de la bataille d'Eylau.

8 février 1807

La bataille d'Eylau



C'est dans des champs proches de Koenigsberg, en Prusse orientale, que l'empereur Napoléon Ier affronte une coalition rassemblant à la fois des Russes et des Prussiens. Sur le terrain, la Grande Armée, commandée par les maréchaux Davout, Soult et Augereau, compte 55 000 hommes épuisés après onze jours de marche dans le froid et la neige. Face à eux, 60 000 hommes, sous les ordres de Bennigsen, Bagration et Barclay de Tolly. Le combat sera acharné et épouvantable.


Dans les deux camps, les pertes seront considérables. A un point tel que - fait unique dans toute l'histoire du Premier Empire - Napoléon, en personne, restera huit jours sur place afin de superviser l'évacuation des morts et des blessés. Il refusera que soit chanté un "Te Deum" pour célébrer sa victoire et écrira, le 12 février, qu'un "père pleurant ses enfants ne saurait goûter aucun charme à la victoire".

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 8 Fév - 12:14

Le terrible incendie du bazar de la Charité, en 1897


Ce fût un évènement terrible, qui souleva une immense émotion et marqua les esprits de l'époque pendant des années.

Il s'agissait d'une vente de bienfaisance, à Paris, le 4 mai 1897. De nombreuses dames de la haute société tenaient des stands où se vendaient de menus objets et colifichets, au profit d'œuvres de charité. Tout fût emporté par un terrible et dramatique incendie, causé par la combustion des vapeurs de l'éther utilisé pour alimenter la lampe du projecteur du cinématographe, qui était l'une des attractions et nouveautés de l'époque.
L'incendie fût un véritable Enfer et causa la mort de plus de 120 personnes, des femmes majoritairement. On assista à des scènes de panique horribles et certains corps mirent longtemps à être identifiés.

C'est donc l'installation du cinématographe qui fût la cause du sinistre. Le matériel fût entassé dans un coin, caché derrière une toile goudronnée. La lampe de projection était alimentée à l'éther : alors qu'on la remplissait à nouveau, les vapeurs s'échappèrent et embrasèrent la toile goudronnée. Le feu prend tout de suite, s'étend aux boiseries et surtout aux toiles qui servent de plafond à l'évènement. Les grandes toiles, embrasées, s'effondrent sur la foule. C'est la panique la plus totale, on assiste à des scènes horribles, les gens se bousculent, se piétinent, des femmes et enfants sont renversés, piétinés. Les cadavres s'amoncellent, bloquant passages et issues...
Des visiteurs tentent de se sauver par la cour intérieure : ils seront sauvés grâce à l’intervention des cuisiniers de l’hôtel du Palais, tout proche, MM. Gomery et Édouard Vaudier, qui descellent trois barreaux des fenêtres des cuisines pour les aider à s’extirper de la fournaise.
La duchesse d'Alençon, qui tient un stand, réussit à calmer et évacuer certaines dames qui l'entourent :
- Partez vite. Ne vous occupez pas de moi. Je partirai la dernière.
Entourée de quelques dames et religieuses, elle tente ensuite de s'enfuir par la porte principale, croyant y retrouver son mari, puis elle rebrousse chemin.
Une religieuse vient s'effondrer à ses pieds : "Ô Madame, quelle mort !" La duchesse lui répond : " Oui, mais dans quelques minutes, pensez que nous verrons Dieu !" Ce seront ses dernières paroles. Elle meurt en compagnie de la vicomtesse de Beauchamp, qu'elle prend dans ses bras et serre contre elle pour lui masquer la mort qui l'attend.
Nul ne sait si elle mourut asphyxiée ou brûlée vive, mais les contractions de son corps montrent qu'elle dû souffrir atrocement. Son corps, méconnaissable, sera finalement authentifié par son dentiste qui, seul, pourra reconnaître sa dentition.

En un quart d'heure, tout est terminé, il ne reste que des ruines noircies, calcinées. Les pompiers découvrent, horrifiés, des cadavres entassés, carbonisés, méconnaissables. A cette vue, des hommes font un malaise, s'évanouissent.
Paris est en état de choc. Le général Léon de Poillouë de Saint Mars meurt d'une crise cardiaque en apprenant la mort de sa sœur dans l'incendie. Il s'est avéré plus tard qu'elle avait survécu... Le duc d'Aumale est terrassé par une crise cardiaque le 7 mai, apprenant le décès de sa nièce par alliance, la duchesse d'Alençon. La majorité des victimes sont des femmes. La presse s'empare de la catastrophe, encense les pompiers et sauveteurs mais fait le procès de certains : on parle d'hommes ayant frappé des femmes et des enfants avec leur canne pour se frayer un chemin vers la sortie...  Un journal titre : "Qu'ont fait les hommes ?", d'autres fustigent "les chevaliers de la pétoche" et "les marquis de la poudre d'escampette"... Le comte Robert de Montesquiou, célèbre dandy de l'époque, accusé de s'être frayé un passage en frappant les femmes et les enfants avec sa canne, se battit en duel pour sauver son honneur. On reste stupéfait qu'il n'y ait que six victimes masculines.
On encense le docteur Feulard qui après avoir mis à l'abri sa femme et deux religieuses, mourût en retournant dans la fournaise pour tenter de sauver un enfant. Mais aussi le lieutenant Jacquinun, brûlé aux bras et visage, qui sauva une quarantaine de femmes qu'il réussît à mettre en sécurité et à conduire hors du sinistre. Mais cela ne peut faire oublier les témoignages de rescapées parlant "d'hommes les ayant piétinées et frappées", ces cannes masculines, retrouvées avec du sang et des cheveux de femmes coagulés sur le pommeau... Notons aussi qu'avec les lourdes et épaisses robes longues de l'époque, les pauvres femmes ne purent guère courir ou s'échapper facilement...

Suite à la catastrophe, le cinématographe fût interdit un temps. Les frères Lumière remplacèrent finalement la lampe à éther par une lampe électrique. Une chapelle commémorative sera édifiée sur les lieux du drame. Elle existe toujours de même qu'un monument installé au cimetière du Père La Chaise, dédié aux victimes non reconnues.

L'étrange vision d'Henriette Couëdon

Le 21 mars 1897, la comtesse de Maillé organise une soirée afin de récolter des dons pour le futur évènement. Elle y convie Henriette Couëdon, célèbre voyante de l'époque. Alors que la soirée bat son plein, la voyante entre soudain en transe. Devant les invités stupéfaits, elle déclare alors : " Près des Champs-Élysées, je vois un endroit pas élevé, qui n’est pas pour la pitié, mais qui en est approché dans un but de charité qui n’est pas la vérité. Je vois le feu s’élever et les gens hurler. Des chairs grillées, des corps calcinés. J’en vois comme par pelletées..." Silence total. La voyante reprend :"Mais tous ceux et celles qui sont ici seront épargnés".
Ce qui fût le cas...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Lun 26 Fév - 16:08

1848 : les écrivains sur les barricades

Confit d'ennui, le règne bourgeois de Louis-Philippe 1er s'achève dans les journées révolutionnaires de Février 1848. Plusieurs écrivains prennent une part active à l’agitation et se rangent aux côtés du peuple. Dumas et même le dandy Baudelaire montent sur les barricades. Balzac se terre dans son bureau. Flaubert, quant à lui, en profite pour recueillir des observations qu’il utilisera dans son oeuvre.

Un homme de lettres émerge, Lamartine. Il va jouer un rôle décisif dans les débuts de la IIe République en promouvant le suffrage universel...


Arrow https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2374&ID_dossier=179

République romantique, république d'intellectuels, de poètes et d'écrivains, tous aussi utopistes les uns que les autres... ça a commencé comme un beau rêve (suffrage universel, abolition de l'esclavage) et ça a fini dans un bain de sang, sur d'autres barricades, en juin 1848 quand la République, cette fois, envoya la troupe contre les ouvriers.
Ce beau rêve n'aura duré que 4 mois...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 30 Mar - 15:13

Quelle est la signification politique du Second Empire ?



Au cours du XXe siècle, le fascisme s'est attaché à l'image de Napoléon III comme pour justifier historiquement une "nouvelle" conception du pouvoir. Mais aussi des historiens anglo-saxons (sans doute animés de vieux poncifs aux relents francophobes) ont cherché des traits communs entre le bonapartisme et le fascisme et on fait de Napoléon III un ancêtre de Mussolini.

Sur le fait notamment qu'ils accèdent au pouvoir après une crise sociale qui a réveillé les espoirs du prolétariat et effrayé la bourgeoisie, le même rejet d'un Parlement incapable et le soutien de l'armée et des milieux d'affaires ainsi que des masses populaires soucieuses d'un "retour à l'ordre".

De même, la politique suivie par Napoléon III et Mussolini : développement de l'industrie et de l'agriculture, soutien aux propriétaires, appui de l'Eglise et de l'Armée. Volonté de restaurer le prestige national.

Mais les ressemblances s'arrêtent là.

Certes, l'Empereur est un personnage autoritaire et il entend avoir toujours raison. Oui, sa volonté est force de loi (elle devient même la loi) mais il y a chez Napoléon III, comme chez tous les grands héros de la nation, un certain charisme et prestige personnel qui l'amène à vouloir rassembler le pays entier sous sa seule bannière, au-delà des partis et des factions jugés suspectes.

En outre, Napoléon III, à la différence de bien des sordides dictateurs qui ont émaillé le XXe siècle, s'inscrit dans la lignée des principes de la Révolution française de 1789, une chose que méprise les Mussolini et autres Franco...

Ensuite, il n'y a pas de "parti" au sens où nous l'entendons aujourd'hui et encore moins "unique", mais un rassemblement national autour d'une seule personne. Rassemblement dans lequel on trouve aussi bien des royalistes que des républicains et ne partageant pas spécialement la "foi" bonapartiste.

On reproche aussi à l'Empire d'avoir été répressif. Et bien non, pas plus que tout autre régime. Celui-ci a juste utilisé les mêmes méthodes de maintien de l'ordre "classiques" en temps de crise et chaque fois qu'il y a des débordements.

Certes, la presse était contrôlée, surveillée, mais comparé à aujourd'hui il y eut davantage de journaux et de brochures, d'opuscules de toutes tendances (parfois mêmes hostiles au pouvoir) qui furent imprimés et diffusés sous le Second Empire, période qui reste - et de loin - la plus prolixe du journalisme français.

Enfin, il faut savoir que dans une dictature, le pouvoir a tendance à se durcir avec le temps. Or il n'y a jamais eu d'autres régimes qui aient conduit des réformes ambitieuses concernant les ouvriers (surtout), les banques, la finance, le commerce, que le Second Empire.

En 1870, on peut même dire que celui-ci était franchement libéral, à tous les points de vue, autant que la Monarchie de Juillet eût put l'être, mais le suffrage universel en plus...

Le désastre militaire de Sedan fut la seule et unique tragédie fatale pour ce régime et une perte incommensurable pour la France.

Nous devons énormément au Second Empire et à Napoléon III, l'Empereur démocrate et libéral.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 30 Mar - 18:21

Quand l'encre devient encens... C'est d'une objectivité si évidente, si sidérante, qu'on en est ébloui... Rolling Eyes
No comment.
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