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 XIXème SIECLE

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Gorak

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 7 Fév - 20:33

La princesse Mathilde

Une mondaine rebelle sous le Second Empire.

(1820-1904)



Fille de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, elle vécut séparée du comte Anatole Demidov, prince de San Donato, après cinq ans de mariage, entre son hôtel de la rue de Courcelles, à Paris, et son domaine de Saint-Gratien (Val-d'Oise) où elle exerça une souveraineté toute mondaine et littéraire. On y rencontrait Alexandre Dumas, Victorien Sardou, Théophile Gauthier, le peintre Baudry et toute l'intelligentsia intellectuelle du faubourg Saint-Germain.

Ses amis parlaient librement de toutes personnes et de toutes choses, raillant les intrigues des Tuileries, les hommes au pouvoir, les scandales de la Cour et de la ville, mais la princesse n'admettait pas qu'on touchât à Napoléon Ier et qu'on critiquât le Premier Empire : on le vit bien lorsqu'elle se brouilla avec Sainte-Beuve, qui venait de quitter le Moniteur pour le Temps (1869), et plus tard avec Hippolyte Taine qui, dans la Revue des Deux-Mondes, avait osé un jugement sur le premier empereur.

Artiste et lettrée, peintre, aquarelliste, médaillée au Salon de 1865, elle charmait par ses conversations familières qui avaient de là-propos, de l'ironie, du mordant, mais jamais de méchanceté, et ses amis l'appelaient volontiers la "bonne princesse", témoins de sa générosité inépuisable et de son inlassable charité.
Ses manières indépendantes, et surtout ses idées libérales, l'éloignèrent de l'Impératrice Eugénie et il y eut dès lors, entre les deux femmes, comme une sorte de rivalité.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 7 Fév - 20:49

Le prince Jérôme

(1822-1891)


Frère de la princesse Mathilde, il avait siégé dans les Assemblées de la seconde République, où son langage et ses idées révolutionnaires lui avaient valu les surnoms de "Prince Rouge" ou "Prince de la Montagne".
Son mariage, le 30 janvier 1859, avec la princesse Marie-Clotilde de Savoie (1843-1911), lui permit de défendre la politique des nationalités, qui ne lui étaient pas moins cher qu'à Napoléon III : il soutint ardemment la cause de l'unité italienne et fut, par la suite, l'adversaire des ultramontains que protégeaient l'Impératrice et le ministre Rouher.

"Nous sommes, disait-il en 1855 au banquet que lui offrit le jury international de l'Exposition universelle, une nation de démocrates et d'égalité par nos moeurs, nos institutions et surtout par notre but. Chez nous, l'employé devient ministre ; l'ouvrier, l'industriel ; le paysan, propriétaire ; le soldat, général. Le peuple entier se couronne en élevant au trône une dynastie de son choix."

Ce prince, qui fut aussi qualifié de "César déclassé", professait, en somme, les conceptions du premier empereur, dont il avait la fougue et les traits accentués : "vraie médaille napoléonienne trempée dans la graisse allemande", comme l'écrivait l'historien Béranger.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 14 Fév - 18:11

Davy Crockett ou comment on fabrique un héros national par une habile propagande...


Aventurier né dans le Tennessee, popularisé par une série à succès de Walt Disney dans les années 1950, ce personnage a acquis sa célébrité en s'engageant dans les volontaires du Texas lorsque cet Etat américain avait commencé à se rebeller contre le Mexique dont il était alors une province. La légende officielle veut que Crockett soit mort en "patriote" durant le siège d'Alamo, en mars 1836, tout en continuant à se battre avec la crosse de son fusil, après avoir épuisé toutes ses munitions.
Or, la découverte, en 1975, d'un journal tenu par un haut officier de l'armée mexicaine ayant participé à la bataille, José Enrique de La Peña, révèla qu'en réalité Davy Crockett ainsi que ses six autres de ses compagnons n'étaient pas mort à Alamo mais se sont rendus pour être exécutés juste après.

Toute la vie de ce personnage n'est qu'un mirage. En effet, son image fait partie d'une campagne de communication pensée par son conseiller politique pour optimiser ses chances de réélection au Congrès en 1833.
Une stratégie qui fonctionna d'ailleurs parfaitement. Elle fut même étayée par une pièce de théâtre à succès, Le Lion de L'Ouest, où l'on voit apparaître Davy Crockett avec sa légendaire toque en fourrure de raton laveur, devenue son signe de reconnaissance.


En 1835, après avoir perdu son siège à l'issue de nouvelles élections, c'est alors que Crockett quitta l'Est le coeur plein d'amertume pour aller chercher dans l'Ouest des gens susceptibles d'assouvir sa soif d'action et d'acceptation.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 14 Fév - 19:10

Gorak a écrit:
Davy Crockett ou comment on fabrique un héros national par une habile propagande...


Aventurier né dans le Tennessee, popularisé par une série à succès de Walt Disney dans les années 1950, ce personnage a acquis sa célébrité en s'engageant dans les volontaires du Texas lorsque cet Etat américain avait commencé à se rebeller contre le Mexique dont il était alors une province. La légende officielle veut que Crockett soit mort en "patriote" durant le siège d'Alamo, en mars 1836, tout en continuant à se battre avec la crosse de son fusil, après avoir épuisé toutes ses munitions.
Or, la découverte, en 1975, d'un journal tenu par un haut officier de l'armée mexicaine ayant participé à la bataille, José Enrique de La Peña, révèla qu'en réalité Davy Crockett ainsi que ses six autres de ses compagnons n'étaient pas mort à Alamo mais se sont rendus pour être exécutés juste après.

Toute la vie de ce personnage n'est qu'un mirage. En effet, son image fait partie d'une campagne de communication pensée par son conseiller politique pour optimiser ses chances de réélection au Congrès en 1833.
Une stratégie qui fonctionna d'ailleurs parfaitement. Elle fut même étayée par une pièce de théâtre à succès, Le Lion de L'Ouest, où l'on voit apparaître Davy Crockett avec sa légendaire toque en fourrure de raton laveur, devenue son signe de reconnaissance.


En 1835, après avoir perdu son siège à l'issue de nouvelles élections, c'est alors que Crockett quitta l'Est le coeur plein d'amertume pour aller chercher dans l'Ouest des gens susceptibles d'assouvir sa soif d'action et d'acceptation.

Davyyyy,Davy Crockett!l'homme qui n'a jamais peur de riennnnn!

'Foiré!T'as bousillé mes souvenirs d'enfance!Tu ne respectes donc rien! lol!
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 14 Fév - 22:17

Aux USA Davy Crockett est un héros mythique et légendaire. Mais comme souvent en pareil cas la légende dépasse la réalité. Et quand la légende dépasse la réalité, on imprime la légende. A noter que James Bowie l'un des autres "héros" d'Alamo est lui aussi une légende de l'histoire des states. D'ailleurs il a inspiré David Bowie, pour le pseudonyme Bowie.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 26 Fév - 17:24

Christopher Forbes : "incroyable que Napoléon III ait été négligé par l'histoire"



Le milliardaire américain, qui s'apprête à vendre son impressionnante collection centrée autour de Napoléon III, est revenu sur son admiration pour l'empereur et premier président de la République.


"Napoléon III a fait des choses incroyables". Si l'histoire a oublié Napoléon III au profit de son oncle, Napoléon 1er, pour Christopher Forbes, c'est une injustice. "Il a fait des choses incroyables pour la France et a laissé un héritage peut-être plus grand que celui de son oncle. La France moderne date vraiment du Second empire et pas du Premier Empire", affirme le milliardaire, rappelant que Napoléon III est à l'origine du suffrage universel, des grands ports ou encore du chemin de fer. C'est à l'age de seize ans que débute la passion de Christopher Forbes pour l'Empereur. "J'ai découvert qu'il y avait plus qu'un Napoléon. J'étais fasciné par le fait que le neveu de Napoléon ait réussi à devenir le premier président de la République", raconte-t-il. "C'est incroyable que ce monsieur ait complètement été négligé par l'histoire".

"Ma fille et mes petits-enfants préfèrent quelque chose de plus 'liquide'" à Napoléon III. Peu à peu, le milliardaire a acheté tout ce qui concerne Napoléon III. "Cela a commencé par une petite lettre", se souvient le féru d'histoire. Cinquante ans après, sa collection dépasse les 2.000 objets. S'il s'en sépare aujourd'hui, c'est que ses héritiers ne partagent pas sa passion : "ma fille et mes petits-enfants m'ont assuré qu'ils ne partagent pas cette passion pour Napoléon III et qu'ils préfèrent quelque chose de plus 'liquide' pour eux". Ce n'est cependant pas pour l'argent que Christopher Forbes fait ça. "C'est surtout pour vider la maison", admet-il. Il explique qu'il ne gardera qu'une aquarelle de Napoléon III réalisée par sa fille à l'age de dix ans.

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 26 Fév - 18:34

Je suis d'accord sur la modernité apportée par Napoléon III. Développement du chemin de fer, création des grandes banques comme le Crédit Lyonnais, des grands magasins comme la Samaritaine, développement du télégraphe, de l'usage du chèque, des premiers billets... Napoléon III a incontestablement fait bouger une France à la traîne de la Révolution Industrielle. Les résultats n'ont pas toujours suivi, mais au moins, il a essayé.

Après, Napoléon III a été noirci à plaisir par la République, c'est à qui se moquerait de son physique, de son goût immodéré des femmes... On a noirci aussi l'impératrice, devenue une idiote frivole et autoritaire... On a moqué l'affairisme de l'époque, ce matérialisme, cette recherche effrénée des plaisirs (relire La curée ou Nana de Zola)... C'est dommage.

L'histoire de France a ses saints, intouchables, Saint louis, Jeanne d'Arc, Henri IV... Elle a ses bêtes noires comme Marie-Antoinette... On commence à peine a être un peu plus objectif, c'est un long travail.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 26 Fév - 19:19

Ce que l'on retient trop généralement de Napoléon III, c'est le début et la fin... on lui reproche le coup d'Etat du 2 décembre 1851 et la défaite de Sedan face aux Prussiens en 1870.
En oubliant - ou en feignant d'oublier - que, dès juin 1848, la IIème République n'était plus très populaire parmi les ouvriers et qu'un autre coup d'Etat - monarchiste celui-là - était en préparation, organisé par Thiers, autour du comte de Paris. On oublie que c'est la IIème République qui a supprimé le suffrage unversel et que c'est Napoléon III - qui n'était encore que le président Louis-Napoléon - qui l'a rétabli dans son intégralité. Je dirais même qu'il a sauvé la République et défendu la souveraineté populaire.

De même que coller Sedan sur le dos de Napoléon III est tout aussi absurde. Il faut savoir que Napoléon III était très malade (il décédera d'ailleurs trois ans plus tard de ce mal qu'on appelait alors la "maladie de la pierre", ancien nom des calculs rénaux) et qu'il n'était pas au top pour commander efficacement ses troupes. Cela ne signifie pas qu'il n'a pas agi en général responsable.
Mais, Bazaine, lui, a sciemment trahi alors qu'il avait les moyens de reprendre l'avantage. C'est lui le principal fautif de la défaite face à la Prusse.

Sinon, ce qu'il faut retenir avant tout du Second Empire, c'est une très grande modernité. La France, telle que nous la connaissons aujourd'hui, est véritablement née sous le Second Empire. Paris fut embellie durant cette période : l'île de la Cité fut aménagée, l'Opéra Garnier, le théâtre du Châtelet, les Halles (détruites en 1970) ... c'est aussi la réalisation de 271 kilomètres d'aqueducs, de 600 kilomètres d'égouts, des rues éclairées au gaz, l'eau potable à tous les étages et bien sur tous les parcs et espaces verts.
Le Second Empire, c'est aussi la création des Banques et des Sociétés de Crédit. Une production de fonde quadruplée, celle d'acier quintuplée. Des grands magasins, des voies ferrées et sans oublier le fameux canal de Suez et les expositions universelles.

Tout n'est pas parfait chez Napoléon III, bien sur. Il y a aussi des loupés, comme l'expédition au Mexique (totalement inutile). Mais prendre le personnage pour en faire un précurseur du fascisme, c'est totalement ridicule autant qu'anachronique. D'autant qu'il n'y a jamais eu de parti bonapartiste au sens où nous l'entendons aujourd'hui et que Napoléon III se réclamait toujours et avant tout des idéaux hérités de la Révolution française.
Ensuite, la plupart des régimes autoritaires ont toujours tendance à se durcir avec le temps... le Second Empire, au contraire, lui s'est assoupli avec les années, pour être, à la fin, totalement parlementaire.

Napoléon III le disait lui-même : la Liberté viendra couronner l'édifice en son temps, le temps que le peuple français mûrisse politiquement.

Le problème de Napoléon III, c'est qu'il a eu en face de lui un poète de génie : Victor Hugo. Comme Richard III aura souffert de la plume de Shakespeare.

Il faut pourtant voir Napoléon III comme un Européen convaincu, avant-gardiste sur le plan des idées sociales (il a quand même écrit "L'extinction du paupérisme"). C'est sous son règne qu'on eu lieu les premières avancées sociales pour les ouvriers et la reconnaissance du droit de grève. C'est sous son règne qu'eurent lieu aussi les première mutuelles, les bureaux d'aide sociale et d'assistance...

Je pense qu'il faut aujourd'hui commencer à sortir Napoléon III du purgatoire de l'Histoire, comme on l'a fait pour Marie-Antoinette, Louis XVI ou Napoléon Ier.

Il n'y a pas de "bons" ni de "méchants" en Histoire, il n'y a pas non plus de "saints". Il y a eu des hommes, tout simplement, avec leurs qualités, leurs défauts, ce qu'ils ont réussi ou manqué. Le tout est de regarder objectivement les faits, sans chercher à les juger.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 26 Fév - 20:06

Napoléon III n'était pas très favorable à la guerre qui mît fin au Second Empire, il avait mesuré la formidable puissance prussienne qu'il avait en face et était réticent.
Mais une partie de son entourage y poussait, pour rétablir un empire "fort", une guerre c'est pratique, ça permet de donner un tour de vis et de détourner les questions qui fâchent... Il y a aussi le cliché tenace de l'impératrice et d'un entourage harcelant l'empereur malade et souffrant pour le faire plier. Possible, pas certain.

Ce qui est certain, c'est qu'à cette époque, Napoléon III était très malade. Vieilli avant l'heure par son goût effréné des femmes (il avait eu un malaise dans les bras d'une de ses maîtresses), sujet à des pierres dans la vessie qui lui causaient des hémorragies urinaires et des douleurs violentes l'obligeant à rester assis ou alité, ce n'était pas vraiment le bon moment pour partir à la guerre...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 26 Fév - 20:46

Voyageur Solitaire a écrit:
Napoléon III n'était pas très favorable à la guerre qui mît fin au Second Empire, il avait mesuré la formidable puissance prussienne qu'il avait en face et était réticent.

Alors qu'il était favorable, fidèle à son principe des nationalités, à une Allemagne unifiée. Mais certainement pas autour de la Prusse dont il avait effectivement pressenti les ambitions dévorantes de cet Etat.

Quant à son entourage, oui, il était favorable à une guerre contre la Prusse. Mais pour des raisons politiques. Il faut savoir que les dernières élections du Second Empire avait donné une majorité d'extrême-gauche à Paris. Les notables craignaient de possibles troubles, ou pire, une révolution... ils ne voulaient surtout pas d'une prise de pouvoir par des socialistes. Seule solution : déclarer une "bonne guerre" face à la Prusse, pour détourner l'attention de l'opinion et la resserrer autour du régime.

Napoléon III, jusqu'au bout, ne voulait pas de cette guerre. Il y a été contraint, il a cédé à la pression de ces "mamelouks" - la frange la plus radicale de ses conseillers - qui ont largement profité que la faiblesse de l'Empereur en raison d'une santé plus que défaillante.

Mais la France avait malgré tout les moyens de vaincre. Si des maréchaux comme Bazaine, plus soucieux de leurs intérêts que ceux de leur pays, n'avaient pas failli à leur devoir en trahissant sciemment la patrie.
D'ailleurs, au moment du procès de Bazaine, celui-ci se défendra sur son attitude en disant qu'il n'y avait plus de gouvernement. Le duc d'Aumale, qui présidait le jury, l'a regardé fixement et lui a dit : "Mais, monsieur, il y avait la France !"

Bazaine n'a aucune excuse. C'est lui qui a perdu le Second Empire et qui a causé l'une des pires défaites de la France.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 26 Fév - 21:49

Il y a plus dans les raisons d'un effondrement si rapide... Le Second Empire n'avait pas vraiment de base. Napoléon III gouvernait en s'appuyant sur différents groupes, soutenant certains un moment, se tournant vers d'autres par la suite et mécontentant les premiers... Il naviguait à vue parmi ses partisans, loin d'être toujours unis.
Il en avait d'ailleurs conscience avec sa fameuse phrase : "Quel gouvernement que le mien ! L'impératrice est légitimiste, Jérôme républicain, Morny orléaniste, moi-même socialiste ! Seul Persigny est bonapartiste, mais il est fou !"
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 26 Fév - 22:13

Les monarchistes étaient divisés, la république s'avérait finalement une utopie irréalisable... en fait, le Second Empire était un peu une solution intermédiaire. De plus, une bonne partie des Français vivait encore sur la légende napoléonienne. Louis-Napoléon s'est d'ailleurs beaucoup appuyé sur son nom pour être élu président de la République le 10 décembre 1848.

Les notables, les préfets, les maires et les conseils généraux réclamaient l'Empire. Les paysans ne voulaient pas des socialistes, trop "partageux" à leur goût et les ouvriers avaient tourné le dos à la République après s'être fait tirés dessus au mois de juin.

Louis-Napoléon apparaissait un peu comme l'homme providentiel. D'ailleurs, il y a beaucoup de liens communs entre lui et la venue au pouvoir de Charles de Gaulle qui, lui aussi, réalise une sorte de coup d'Etat institutionnel.

Je crois que les Français, quoiqu'on en dise, ne seront jamais de vrais républicains. Au fond de nous, nous sommes restés monarchistes. Nous aimons les Hommes d'Etat avec un grand H. Nous aimons les chefs d'Etat qui incarnent une certaine idée de la Nation.

Rien ne se fait sans la grandeur.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 26 Fév - 22:30

Comme l'a souligné l'ami Donald dans un autre sujet, la monarchie a duré 1000 ans en France. Forcément, cela a imprégné les esprits.
Après, on trouve des hommes/femmes d'état de grande envergure dans tous les régimes ou systèmes...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 26 Fév - 23:35

Voyageur Solitaire a écrit:

Après, on trouve des hommes/femmes d'état de grande envergure dans tous les régimes ou systèmes...

Ben, en ce moment, ce n'est pas vraiment l'envergure qui étouffe nos hommes et femmes politiques... et certainement pas le guignol qui nous sert actuellement de président. Le pire, c'est que ce n'est pas prêt de s'arranger. Je te le demande : où est la grandeur ? Qu'est devenu le sens de l'Etat ? Le sens de l'Histoire ? J'ai l'impression qu'ils s'en foutent. Ils ne songent qu'à leurs petits intérêts, à se sucrer la gueule sur notre dos et se casser avec l'oseille.

Aucun ne me fait rêver pour 2017 ...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 19 Mar - 15:03

La Fragilité de l'Empire Napoléonien



Finalement, la puissance de Napoléon était plus apparente que réelle puisque moins de deux années et trois campagnes suffirent pour l'abattre... on peut toutefois s'interroger sur les causes de cette faiblesse ou de cette défaillance.

- En France :

La surveillance policière et la suppression des libertés politiques irritaient grandement les libéraux ;
Les catholiques s'indignaient des brutalités commises à l'égard du pape Pie VII ;
Les hommes d'affaires maudissaient le Blocus, coupable selon eux de la crise économique ;
La population, enfin, supportait de moins en moins le poids de la conscription, des levées anticipées : le nombre des insoumis ne cessant d'augmenter.

C'est dans un tel contexte qu'éclate, en octobre 1812, la conspiration du général Claude François de Malet.


Cet officier, mis en disponibilité en raison de ses idées libérales trop avancées, tenta de s'emparer du pouvoir par un putsch : exhibant de fausses dépêches et de faux décrets du Sénat, il annonça la mort de l'Empereur, fit arrêter les ministres de la Guerre et de la Police et installa un gouvernement provisoire à l'Hôtel de Ville.
Il fut rapidement maîtrisé et fusillé.
Reste cependant qu'à l'annonce de la mort de l'Empereur, à aucun moment, personne n'a songé à appliquer le principe héréditaire en proclamant le Roi de Rome pour successeur légitime ; ce qui révèla que la dynastie napoléonienne n'était pas encore assez ancrée ...

- Hors de France :

Le poids de l'occupation militaire développait chez les peuples annexés ou vassaux des sentiments nationalistes en haine de la France.
La guerre d'Espagne, à ce titre, et qui fut à Napoléon ce que sera le Vietnam pour les Etats-Unis au XX siècle, retenait 300 000 hommes et les meilleurs généraux dans un conflit atroce et interminable.

La France n'était pas non plus sûre de compter fidèlement sur ses alliés :

- La Prusse ne pensait qu'à avoir sa revanche ;
- pour l'Autriche, l'union dynastique ne compensait pas les pertes territoriales subies ;
- et même la Russie, pour laquelle Napoléon avait de l'estime, fut la première à lui porter un coup de poignard dans le dos : la guerre de Russie (1812) fut cette catastrophe inattendue d'où sortit la ruine de l'Empire.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 12 Avr - 23:38

Louis-Philippe, le dernier Roi en France


Lorsqu'il monte sur le trône de France, le 9 août 1830, Louis-Philippe est âgé de 57 ans.

Il est né le 6 octobre 1773 à Paris, au Palais-Royal ; il est le fils de Louis-Philippe-Joseph, duc d'Orléans ("Philippe-Egalité") [1747-1793], et de Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon, fille du duc de Penthièvre [1753-1821].
Ses connaissances encyclopédiques et pratiques étaient au service d'une intelligence ouverte, d'un esprit avisé et fertile en ressources, d'une volonté ferme poussant parfois jusqu'à l'autoritarisme.

En 1789, à l'âge de 15 ans, il se rallia aux idées révolutionnaires. Membre de la garde nationale et du club des Jacobins (1790), maréchal de camp, puis lieutenant général à l'armée du Nord, il fit ses armes à Valmy, à Jemappes et à Neerwinden.
Mais, compromis dans le complot de Dumouriez, il dut, pendant que son père était arrêté puis guillotiné à Paris (1793), se réfugier à Mons. De là, il s'exila à Francfort, puis en Suisse, où sous le nom de Chabaud-Latour, il donnait des cours de mathématiques au collège de Reichenau.
Il se rendit ensuite à Hambourg, auprès de Dumouriez, qui avait réveillé ses ambitions (1795) ; il voyagea et partit pour l'Amérique. De retour en Europe, en 1799, il se réconcilia avec Louis XVIII et se fixa à Twickenham, en Angleterre, où, pour survivre, il reçut des subsides du gouvernement britannique.
Il sollicita, à plusieurs reprises, mais vainement, un commandement dans les armées coalisées contre Napoléon.


Marié à Marie-Amélie, fille du roi Ferdinand IV des Deux-Siciles, et de Marie-Caroline (1809), c'est de Ravenne qu'en 1814 il vint rejoindre à Paris Louis XVIII, qui lui rendit par simple ordonnance les biens de son père.
Retiré en Angleterre pendant les Cent-Jours et suspect sous la seconde Restauration, il y resta en exil jusqu'en 1817. Rentré en France, il fit des avances au parti libéral, tout en empochant 17 millions au titre de la loi dit du "milliard" des émigrés.

Il vivait surtout en famille, administrait ses biens et ses domaines avec une grande rigueur, envoyant ses fils au lycée Henri-IV ; il était particulièrement apprécié par la bourgeoisie.
Ses manières aimables et familières, ses goûts simples, ses mœurs austères, s'opposaient aux formes désuètes de la Cour des derniers Bourbons et le rendaient populaire.

"... Je ne l'ai jamais vu où je l'aurais voulu, a dit de lui Louis XVIII, Est-ce sa faute ou la mienne ? ... Depuis sa rentrée, il est chef de parti, et il n'en fait mine. Son nom est un drapeau de menaces, son palais un point de ralliement. Il ne remue pas, et cependant je m'aperçois qu'il chemine. Cette activité sans mouvement m'inquiète. Comment s'y prendre pour empêcher de marcher un homme qui ne fait aucun pas ? C'est un problème à résoudre. Je voudrais bien n'avoir pas en laisser la solution à mon successeur."

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 7 Mai - 9:41

7 mai 1833 : naissance d'un génie musical nommé Brahms.


Johannes Brahms fut tout à la fois, compositeur, pianiste et chef d'orchestre. Considéré, à juste titre, comme le digne successeur de Beethoven, il passa la majorité de sa carrière à Vienne, la "Mecque" de la musique en Europe. Il y créa l'essentiel de ses œuvres romantiques : sonates pour piano, musiques de chambre, concertos, lieder, etc. Perfectionniste à l'extrême, il n'hésitait pas à détruire beaucoup de ses créations qui ne lui paraissaient pas assez abouties.

Il est peut-être, encore aujourd'hui, l'un des plus grands génies de la musique dite classique en Europe et dans le monde.

Il mourut en 1897, à l'âge de 64 ans, à Vienne.

Sa célèbre Berceuse a sans doute endormi plus d'un bébé à travers le monde... I love you

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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 12 Oct - 6:47



Il nous a quittés un 12 octobre 1874 ...

François Guizot

Il fut le principal ministre du roi Louis-Philippe sous la Monarchie de Juillet. Cet homme illustre, qui fut aussi un grand érudit, incarne à lui seul mieux qu'un autre le réformisme tranquille de ce règne et le "conservatisme éclairé" qui se retrouve dans sa formule célèbre : "Enrichissez-vous par le travail, par l'épargne et la probité".

Successivement ministre de l'Intérieur, puis ministre de l'Instruction publique et des Affaires étrangères, on lui doit, par la loi du 28 juin 1833, la fondation de l'enseignement public en France et la généralisation des Ecoles normales pour la formation des instituteurs.
Egalement diplomate habile, il sut réconcilier la France et l'Angleterre et ouvrit la voie à une première "Entente Cordiale" entre Louis-Philippe et la reine Victoria.

Enfin, en 1842, en favorisant la loi sur les chemins de fer, il accélère l'industrialisation de la France et son développement économique.
Ce n'est qu'en novembre 1847 que Guizot devint officiellement le chef du gouvernement avec le titre de président du Conseil. Mais son impopularité auprès d'une certaine frange républicaine de la bourgeoisie concourt à la révolution de février 1848 et à la chute de la royauté, l'obligeant lui-même à renoncer définitivement à la politique.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 23 Nov - 13:11

LES FÊTES DE COMPIÈGNE EN 1860


Nulle part la vie de Cour sous le Second Empire n'eut plus d'éclat que dans les réceptions données au château de Compiègne.

Pendant les trois semaines que duraient les "Compiègnes" (du 1er novembre jusqu'à la veille de l'ouverture des Chambres), le château recevait cinq séries d'invités et chaque série y demeurait quatre jours, non compris le soir et l'arrivée de la matinée du départ. C'était un honneur particulièrement recherché d'être invité pour le 15 novembre, jour de la fête de l'Impératrice.
L'Impératrice Eugénie s'occupait elle-même de la distribution des chambres et faisait disposer sur chaque porte un écriteau libellé avec le nom de l'invité ou de l'invitée.
Mais elle ne réussissait pas toujours à satisfaire tout le monde.
On cite notamment cette réponse du peintre Couture à la souveraine, qui lui demandait, le lendemain de son arrivée, comment il se trouvait logé : "Je me trouve d'autant mieux, Madame, que ma chambre me rappelle la mansarde où j'ai fait mes débuts artistiques."

Les invités arrivaient à quatre heures de l'après-midi.
Les chambellans les conduisaient à leurs appartements, et, à sept heures un quart, tous se trouvaient réunis (les dames en toilette de bal, les hommes en habit et culotte courte ou pantalon collant) dans le grand salon, où le couple impérial ne tardait pas à paraître.
On se mettait à table à sept heures et demie.
Après souper, avant huit et heures et demie, on se réunissait à nouveau dans les salons, où l'on s'amusait à quelques charades, petits jeux et autres sauteries.

Le lendemain il y avait chasse au tir, et, le soir, représentation de gala, comédie ou vaudeville.
Le second jour, promenade en forêt et excursion en calèche jusqu'au château de Pierrefonds. Le troisième jour, chasse à courre, et le quatrième, dans le parc, chasse au petit gibier, à laquelle les dames prenaient part.

Le lendemain du quatrième jour, après déjeuner, les invités prenaient congé, et les voitures du château les reconduisaient à la gare.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 23 Nov - 17:22

Le séjour à Compiègne était divisé en "séries" d'une semaine et chacune d'elle avait un thème en général : il y avait la série artistique, la série politique, la série littéraire... et les invités étaient choisis en fonction du thème de chaque série.
Certains, sur demande du couple impérial, restaient parfois pour la série suivante, ce qui n'était pas toujours facile à avouer à ceux qui partaient à la fin du séjour et leur donnaient rendez-vous au train. Il était donc conseillé aux invités de prévoir large pour leur garde-robe, au cas où leurs Majestés les priaient de rester plus longtemps. Certains familiers restaient tant qu'ils le voulaient comme Prosper Mérimée, familier de l'impératrice qui, selon ses propres termes, était "de fondation". Le sculpteur Carpeaux, lui, décida un jour de rester pour la série suivante sans en avoir été prié et il recommença ensuite, sur trois semaines. D'après les témoignages de contemporains, la première fois, le couple impérial ne dît rien, la seconde semaine, ils en rirent beaucoup et la troisième, ils ne s'en rendirent même pas compte...

Il est vrai que le protocole se faisait plus léger à Compiègne, surtout pour la fête de l'impératrice. Sa fleur étant la violette, on en faisait venir de Nice par wagons entiers ce jour là. Les amusements étaient plus légers, entrecoupés de promenades dans le parc et de parties de billard où l'empereur et sa cousine la princesse Mathilde était redoutables. Le soir venu, on valsait au son du piano mécanique et non d'un orchestre car depuis l'attentat d'Orsini (une bombe contre la voiture impériale devant l'opéra), on évitait au maximum d'introduire des étrangers au service habituel.
C'est peut-être à Compiègne que Prosper Mérimée proposa à l'entourage impérial sa fameuse dictée, réunissant les pièges les plus courants de la langue française. L'empereur fît 75 fautes, l'impératrice en fît 62, Alexandre Dumas fils 24. La princesse de Metternich, femme de l'ambassadeur d'Autriche à Paris n'en fît que 3...

Pour les amateurs (en tenant compte de la grammaire et conjugaison de l'époque) :

Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier.
Quelles que soient, quelque exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, bien que lui ou elle soit censée les avoir refusées et s’en soit repentie, va-t’en les réclamer pour telle ou telle bru jolie par qui tu les diras redemandées, quoiqu’il ne te siée pas de dire qu’elle se les est laissée arracher par l’adresse des dits fusiliers et qu’on les leur aurait suppléées dans toute autre circonstance ou pour des motifs de toute sorte.
Il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.
Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissée entraîner à prendre un râteau et qu’elle s'est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie.
Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara, suivie d’une phtisie et l’imbécillité du malheureux s’accrut.
— Par saint Martin ! quelle hémorragie ! s’écria ce bélître.
À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière
.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 23 Nov - 17:49

Voyageur Solitaire a écrit:

La princesse de Metternich, femme de l'ambassadeur d'Autriche à Paris n'en fît que 3..

Metternich (fils de Klemens Metternich) n'en fit lui-même que trois aussi. On dit souvent que les étrangers maîtrisent souvent mieux le français que les français eux-même, là ce fut le cas.

Son père, d'ailleurs, avait fait ses études à Strasbourg et parlait aussi bien l'allemand que le français. Au Congrès de Vienne, c'est en français qu'il discutait avec Talleyrand.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 15 Mar - 7:36

15 mars 1850: l'Ecole libérée des chaînes de l'Etat


Après deux mois de vifs débats à l'Assemblée nationale, les députés de la Seconde République votent une loi qui permet aux congrégations catholiques d'ouvrir en toute liberté un établissement secondaire avec les enseignants de leur choix. Qui plus est, elle soumet les établissements publics et les instituteurs au contrôle des autorités administratives et « morales », autrement dit religieuses.

Cette loi, due au comte Alfred de Falloux, ministre de l'Instruction publique, supprime de fait le monopole de l'État dans l'enseignement établi par Napoléon 1er.

Elle intervient moins d'un an après le succès du « Parti de l'Ordre » aux élections législatives. Son promoteur, le comte de Falloux, résume ainsi, dans ses Mémoires, son programme politique : « Dieu dans l'éducation, le pape à la tête de l'Église, l'Église à la tête de la civilisation ».

La loi Falloux est approuvée sans surprise par la droite conservatrice et en particulier le député Adolphe Thiers, mais elle suscite l'ire du député « montagnard » Victor Hugo et, par ses excès, va raviver l'anticléricalisme et la haine de l'institution ecclésiastique. La querelle ne s'apaisera qu'après les lois de Jules Ferry sous la République suivante.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 18 Avr - 13:36

L'origine définitive du régime républicain en France


La IIIe République naît en plein drame.

La guerre franco-allemande se poursuivait. Le gouvernement de la Défense nationale, qui s'était constitué au lendemain de la défaite de Sedan et de la proclamation de la déchéance de Napoléon III, entendait ne rien céder du territoire français à l'ennemi. Mais, dès le 18 septembre 1870, Paris était encerclée.

Léon Gambetta quitta la capitale en ballon pour tenter de réveiller et d'activer la résistance en province. Peine perdue. En effet, la majorité du gouvernement - dont les membres, bien que républicains, étaient d'abord des bourgeois - craignant davantage une insurrection populaire que l'Allemand, préféra signer un armistice le 28 janvier 1871
.


Toutefois, Bismarck voulait négocier un traité de paix qu'avec un véritable gouvernement régulier. Il laissa donc aux responsables français le soin d'organiser des élections en bonne et due forme. Celles-ci eurent lieu le 8 février 1871.

Les notables locaux très conservateurs, soucieux de préserver leurs intérêts fonciers, firent campagne pour la paix contre les républicains gambettistes qui, eux, étaient plutôt des partisans acharnés de la guerre à outrance.

Les Français, à l'exception des Parisiens et des habitants de l'Est, voulaient eux aussi la paix. Aussi, les conservateurs l'emportèrent et Adolphe Thiers, alors au sommet de sa popularité, fut désigné par la nouvelle Assemblée comme "chef du pouvoir exécutif de la République"
.


C'est lui qui, le 26 février 1871, signa les préliminaires de paix avec l'Allemagne. Ils furent ratifiés par l'Assemblée, le 1er mars.

Le 10 mai, Thiers se rendit au congrès de Francfort. La France était non seulement condamnée à payer une indemnité de guerre à l'Allemagne de l'ordre de 5 milliards de francs-or et dut céder à l'Allemagne trois départements (le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et une partie de la Moselle).

Ces "provinces perdues" hanteront la conscience nationale des Français jusqu'en 1914
...
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 18 Avr - 14:18

En 1871, la question du régime à donner à la France restait en suspens : république ou monarchie ?

L'Assemblée nationale, élue le 8 février 1871, était majoritairement conservatrice et monarchiste. Thiers était plutôt constitutionnaliste mais s'était engagé à ne pas prendre parti sur la nature du futur régime.

Toutefois, dans Paris, le malaise était perceptible. La population, majoritairement républicaine, redoutait une restauration du trône, responsable, à ses yeux, de la défaite et des misères du siège. Dans ce contexte explosif, l'Assemblée, qui redoutait rien de moins que le peuple, commis trois fautes :

1. Elle partit s'installer à Versailles et non à Paris,
2. Elle supprima la solde versée aux gardes nationaux,
3. Elle abrogea le moratoire des loyers.

Le 18 mars 1871, des émeutes éclatèrent à Montmartre suite à la décision du gouvernement d'enlever les canons qui s'y trouvaient. Thiers aurait pu, s'il l'avait voulu, résister dans la capitale. Mais il préféra, conformément au plan qu'il avait déjà proposé au roi Louis-Philippe lors des événements de février 1848 et que celui-ci avait refusé, évacuer Paris pour Versailles, d'où il espérait revenir en force pour mater l'insurrection.
Le 26 mars 1871, un Conseil Général de la Commune de Paris fut élu (avec 50% d'abstentions).

En avril commença une guerre civile entre Versaillais et Communards, s'achevant sur la "semaine sanglante" du 22 au 28 mai 1871. Entre 20 000 et 35 000 insurgés furent exécutés quasiment sans jugement ; le reste fut condamné à la déportation.

Avec l'écrasement de la Commune, c'est tout l'essor du mouvement ouvrier qui est brisé pour dix ans en France.

Il restait toujours la question du régime.



En fait, tout était prêt pour une restauration de la monarchie en France. Mais, au dernier moment, le comte de Chambord, Henri VII, refusa d'adopter le drapeau tricolore pour son entrée dans Paris.
Les députés monarchistes, déconcertés, s'en remirent à nouveau à Thiers.
Celui-ci, lassé des querelles entre légitimistes et orléanistes, déclara que "la République, c'est ce qui [nous] divise le moins" mais en prenant soin d'ajouter : "la République sera conservatrice ou ne sera pas !"

Contraint à la démission, le 24 mai 1873, Thiers ne fut jamais rappelé.

L'Assemblée désigna à la présidence un homme de paille, le maréchal de Mac-Mahon, dont les sympathies légitimistes étaient bien connues. Aussitôt, il nomma un gouvernement dont la direction fut confiée au duc de Broglie, orléaniste, mais ultra-conservateur.



Une politique d'ordre moral très rigoureuse fut aussitôt mise en place. Elle fut teintée d'un fort antirépublicanisme et entendait redonnait une place de premier rang à l'Eglise au sein de la société. Comme après les Cents-Jours (1815), l'administration fut épurée et les maires d'obédience républicaine révoqués.
En octobre 1873, comme deux ans plus tôt, on tenta à nouveau de restaurer la monarchie. Mais le comte de Chambord restait intransigeant sur ses principes.

Les monarchistes ne renoncèrent toutefois pas à leur projet. Ils se réservèrent l'avenir. C'est ainsi que fut votée une loi instaurant le septennat qui aurait permis au président Mac-Mahon de prolonger son mandat le temps que le comte de Paris, fils de Louis-Philippe, soit en âge de monter sur le trône.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 25 Avr - 15:35

Comment définir le règne de Napoléon III ?
(1852-1870)



Soutenu par la bourgeoisie et le clergé, le Second Empire commença par s'établir sur les bases d'un régime autoritaire, notamment en faisant des préfets des instruments de renseignement et de contrôle au service de l'Etat dans chaque département.

La France bénéficiait d'un climat favorable au développement économique : sa croissance industrielle était en plein essor, son réseau ferroviaire avait triplé, de nouvelles banques avaient vu le jour, ces dernières formant une formidable assise en termes de crédit.
Les traités de libre-échange conclus avec la Grande-Bretagne et une douzaine d'autres pays eurent un effet stimulant sur l'industrie nationale.

Sous l'impulsion du baron Haussmann, préfet de la Seine, Paris se transforma et se modernisa. Les vieux quartiers, considérés comme des foyers d'agitation révolutionnaire, furent rasés, tandis que de grands boulevards bien aérés furent percés.

La France retrouva son rang sur la scène internationale : notamment en participant, aux côtés de la Grande-Bretagne, ) à la guerre d'Orient (1853-1856) pour refréner les appétits territoriaux de la Russie, puis en aidant les nationalistes italiens à conquérir leur indépendance sur l'Autriche (1859), ce qui permit à la France de gagner le comté de Nice et la Savoie.

Mais la confiscation des Etats pontificaux au profit du jeune royaume d'Italie, à laquelle la France a contribué, valut à Napoléon III d'être abandonné par les catholiques ; il se tourna alors vers les libéraux et la petite bourgeoisie.
L'Empire, après dix ans de régime autoritaire, prit dès lors un tournant plus libéral.

Fin 1860, les députés retrouvèrent leur droit d'adresse à l'Empereur qui, de son côté, ne put plus effectuer des dépenses supplémentaires sans obtenir leur approbation.

La nomination, au poste chargé de l'Instruction publique, du libéral Victor Duruy fut tout un symbole : elle marqua le début d'une politique scolaire novatrice.

Napoléon III, sincèrement intéressé par la condition ouvrière, favorisa le mouvement syndical en accordant le droit de grève en 1864.

Cette inéluctable période de réformes vit toutefois se cristalliser différentes oppositions :
- les partisans du régime autoritaire, autour de l'impératrice Eugénie ;
- aux côtés d'Adolphe Thiers, de nombreux opposants qui voulaient pousser plus en avant les réformes engagées.

L'année 1867 vit le désastreux échec de l'intervention française au Mexique et suscita une nouvelle vague de mécontentements.
L'Empereur fut forcé d'accepter de nouvelles concessions :
- en 1868, liberté de presse et de réunion ;
- en 1869, possibilité pour les députés de proposer des lois.

Rouher et Haussmann, jugés trop conservateurs, sont renvoyés au profit d'Emile Ollivier, un républicain modéré, en janvier 1870.

Sur le plan extérieur, la bataille de Sadowa opposant l'Autriche à la Prusse confirma la puissance de celle-ci et modifia l'équilibre des forces en Europe.

La France se sentit menacée et ne parvint pas à contre cette nouvelle puissance.
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