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 XIXème SIECLE

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Albatur



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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 15 Juil - 9:42

Gorak a écrit:

Et puis un jour, sans que l'on sache vraiment pourquoi, Bob et Grattan devinrent des hors-la-loi, pas bien dangereux encore : vols de chevaux, attaques d'indiens isolés.

Franck Dalton, l'enfant modèle et Marshall est tué alors qu'il tente d'interpeller des trafiquants d’alcool. C'était lui qui tempérait ses frangins et qui servait de modèle à la fratrie.
Grattan récupère les fonctions de son frère. Il engage ses 2 frères Emmett et Bob comme adjoints. Turbulents, mus par l’appât du gain il n'en font qu' leur tête et font amis avec les hors la loi, rackettent les commerçants en échange de leur protection.
En 1889: C'est parce qu'ils se sentaient lésés par le refus de leur demande d'augmentation de salaire. Qui étaient injustifiées, ces derniers passaient plus de temps dans les saloons qu'a faire ce pour quoi ils étaient censé être payés.

C'est là que tout va basculer : Bob fait du trafic d'alcool et Grattan vole des chevaux (crime condamnable à la peine de mort!)
Emmett le plus jeune, rêvant d'aventure suit ses frères.

Le braquage de Coffeyville échoue pour 2 raisons : un passant les a reconnus malgré leurs déguisements et va aller prévenir le shérif. Et aussi par l'astuce d'un des employés d'une des 2 banques qui assure aux Dalton que le coffre ne s'ouvre qu'a heure précise, faisant perdre du temps à ces derniers. Le shérif arrive et la fusillade éclate alors que les Dalton tente de fuir avec leur complices. Ils abattent quand même le marshall. Emmett sera gravement blessé parce qu'il fera demi tour pour tenter de sauver son frère Bob, pour rien il est déjà mort...

Lorsque la mère des Dalton viendra enterrer ses fils personne ne fera de remarques désobligeante sur ses fils face à la douleur et la dignité de cette femme qui aura tout fait pour élever ses fils du mieux qu'elle pouvaient.
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Gorak



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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 15 Juil - 12:00

En fait, Morris les fait passer pour les bouffons de service dans les BD de Lucky Luke, mais quand on se penche de près sur leur bio véritable, on se rend compte que c'étaient des jeunes paumés, désorientés par la mort d'un frère et un père alcoolique, et qui voulaient tromper l'ennui en mettant du sel dans leur existence.

Ils n'étaient pas si méchants que cela, finalement. Ils jouaient aux "durs" mais s'ils avaient été vite repris en main, on aurait pu facilement les ramener sur le droit chemin.

Bien sur, la presse, en mal de sensationnel (déjà à l'époque !), les a fait passer pour des "bad boys" sans foi ni loi. Bon, c'est évident qu'ils ont du s'amuser aussi de cette image.

Albatur a écrit:
Le braquage de Coffeyville échoue pour 2 raisons : un passant les a reconnus malgré leurs déguisements et va aller prévenir le shérif. Et aussi par l'astuce d'un des employés d'une des 2 banques qui assure aux Dalton que le coffre ne s'ouvre qu'a heure précise, faisant perdre du temps à ces derniers. Le shérif arrive et la fusillade éclate alors que les Dalton tente de fuir avec leur complices. Ils abattent quand même le marshall. Emmett sera gravement blessé parce qu'il fera demi tour pour tenter de sauver son frère Bob, pour rien il est déjà mort...

En fait, c'étaient des losers... Razz

Albatur a écrit:
Lorsque la mère des Dalton viendra enterrer ses fils personne ne fera de remarques désobligeante sur ses fils face à la douleur et la dignité de cette femme qui aura tout fait pour élever ses fils du mieux qu'elle pouvaient.

Une vraie Irlandaise. Digne et forte, même dans les épreuves les plus terribles. Je pense aussi qu'elle aura tout fait pour élever ses fils du mieux qu'elle a pu. Ce n'est pas de sa faute.

Mais ils voulaient vivre leur vie à fond. Fougueuse jeunesse intrépide. Un peu comme James Dean dans "A l'Est d'Eden". Ils ont choisi la mauvaise route, c'est tout.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 15 Juil - 12:35

Voilà, la vérité est loin de la vision "clownesque" de la BD. Quand j'ai lu leur véritable histoire j'ai eu pitié de cette pauvre femme qui voit ses fils mourir soit tué par des malfrats ou par des Marshalls.
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Gorak



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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 15 Juil - 17:32

Albatur a écrit:
Voilà, la vérité est loin de la vision "clownesque" de la BD. Quand j'ai lu leur véritable histoire j'ai eu pitié de cette pauvre femme qui voit ses fils mourir soit tué par des malfrats ou par des Marshalls.

La plupart des desperados et des outlaws, c'était ça, de toute façon. D'ailleurs, desperado en espagnol signifie désespéré. Il y avait ceux qui, comme les Dalton, cherchaient simplement à nourrir leur existence, sans véritables repères, et les autres qui, loin d'être des "robins des bois" sympathiques étaient de vraies crapules, pour ne pas dire des malades.

Par exemple, Jesse James, dont le cinéma a fait un Robin des Bois de l'Ouest, n'était rien d'autre qu'un psychopathe doublé d'un morphinomane.

La réalité de l'Ouest américain était quand même bien éloignée de l'image édulcorée ou romantique des westerns des années 50, il faut l'avouer.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 15 Juil - 18:08

Gorak a écrit:
Par exemple, Jesse James, dont le cinéma a fait un Robin des Bois de l'Ouest, n'était rien d'autre qu'un psychopathe doublé d'un morphinomane.

La réalité de l'Ouest américain était quand même bien éloignée de l'image édulcorée ou romantique des westerns des années 50, il faut l'avouer.

N'importe quoi.

S'il est devenu violent c'est à cause d'une attaque de Nordiste qui voulaient obtenir la planque de Quantrill. Il s'en prennent à Samuel , le père et le torture et simule même sa pendaison mais il en dit rien. Ils s'attaquent alors à ses enfants : Jesse 15 ans et fouetté mais il reste mutique. Les bourreaux se lassent et repartent. Jesse selle un cheval et part rejoindre Quantrill, ivre de vengeance.

C'est là que la violence commencera... Il distribuera bien de l'argent, celui pris à des Nordiste et dans ce bastion du Sud cela lui attire la sympathie du peuple. Augmenté par la presse de l'époque qui contribue à sa gloire présumée.

Il sera abattu en avril 1882 devant ses enfants et dans le dos par Bob Ford attiré par la récompense de 10000$ qu'il ne touchera jamais. Lui même tué par O'Kelley en 1892. O'Kelley fera 10 ans de prison mais sera libéré sur pétition des gens du Missouri (comme qui Bob n'était pas aimé)

Les funérailles de Jesse James sont un triomphe : des milliers de gens se pressent pour assister à cet événement. Aujourd'hui encore sa tombe est un lieu de pèlerinage.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 15 Juil - 20:20

Albatur a écrit:


S'il est devenu violent c'est à cause d'une attaque de Nordiste qui voulaient obtenir la planque de Quantrill. Il s'en prennent à Samuel , le père et le torture et simule même sa pendaison mais il en dit rien. Ils s'attaquent alors à ses enfants : Jesse 15 ans et fouetté mais il reste mutique. Les bourreaux se lassent et repartent. Jesse selle un cheval et part rejoindre Quantrill, ivre de vengeance.

Oui, je sais. Je connais aussi son histoire mais William Davis, un historien américain qui a consacré un livre entier à la conquête de l'Ouest, ajoute que Jesse James était sujet à des accès de folie fréquents et prenait de la morphine, sans doute pour les calmer.

Alors que penser ?
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 16 Juil - 11:56

Accès de rage plutôt Wink

Et vu son passé et ses comparses ça peut s'expliquer.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 16 Juil - 12:09

Possible. Je suis pas trop un expert en psychiatrie, mais ça expliquerait bien son état mental.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 16 Juil - 20:09

Dans un autre genre Billy the Kid aussi s'est laissé entrainer. A la base s'il a tué c'était en légitime défense (menacé par une brute aviné dans un saloon) mais au lieu d'attendre le shérif il se tire... Et commence sa folle et courte carrière de criminel.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 30 Juil - 23:49

DUMONT D'URVILLE (1790-1842)


Ce grand explorateur et aventurier français prit part tout d'abord à deux campagnes hydrographiques dans l'archipel de la mer Egée et jusqu'à la mer Noire et signala la découverte de la Vénus de Milo au gouvernement français qui la fit entrer au Louvre.

Il accomplit ensuite un premier voyage de circumnavigation comme commandant en second à bord de la Coquille, puis dirigea personnellement l'expédition chargée de reconnaître la Polynésie et de rechercher les traces de La Pérouse : parti de Toulon, son port d'attache, à bord de l'Astrolabe en 1836, il rentra à Marseille trois ans plus tard après avoir effectué un voyage fructueux et recueilli à Vanikoro des reliques de l'explorateur préféré du roi Louis XVI.

Il soumit ensuite à Louis-Philippe le plan d'une exploration des régions australes ; grâce à l'appui personnel du Roi, il partit de Toulon avec l'Astrolabe et la Zélée et atteignit, en 1840, les terres les plus au sud du globe qu'il baptisa du nom des deux filles de Sa Majesté, Adélie et Claire.

Deux ans plus tard, rentré en France, il périt dans une catastrophe ferroviaire entre Paris et Versailles.
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Gorak



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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Jeu 17 Sep - 21:18

LA REVOLTE DES CIPAYES (1857)


En 1857, une insurrection militaire mit en péril la domination anglaise dans le nord de l'Inde. Les causes profondes de cette révolte furent la haine des Hindous pour leurs vainqueurs, le mécontentement provoqué par les annexions et la dépossession des dynasties locales, l'espérance de mettre fin à une domination qui, d'après une prophétie partout répandue, devait s'achever après un siècle. Le prétexte fut la distribution aux cipayes de cartouches enduites de graisse de vache - animal sacré pour les Hindous. Les hommes d'un régiment de cavalerie ayant refusé de percevoir les nouvelles munitions, une centaine d'entre eux furent condamnés à cinq ans de prison (9 mai 1857). Le lendemain, pour les délivrer, leurs camarades se soulevèrent.


Tous les cipayes des provinces du Gange les imitèrent. Ils mirent à leur tête Nana Sahib, un prince hindou dépossédé par les Anglais. Ils occupèrent par surprise Delhi, la capitale du Grand Moghol, et prirent de vive force plusieurs places, notamment Lucknow et Cawpore, dont ils massacrèrent la petite garnison.
De là, de terribles représailles de la part des Anglais qui enrayèrent le soulèvement à force d'énergie et d'audace. Il leur fallut plus d'une année et demie pour écraser l'insurrection (mai 1857 - décembre 1858). Leur tâche fut facilitée par le caractère local de la révolte : elle resta, en effet, circonscrite au Bengale, les armées indigènes du Dekhan ne bougèrent pas et furent même employées, ainsi que les Sikhs, pour la répression.

Néanmoins, la révolte de 1857 ne fut pas sans conséquences :

1/ les Anglais reconnurent l'utilité des Etats-vassaux qui, grâce à leur loyauté, avaient servi de brise-lame à l'insurrection.
2/ le Parlement de Londres prononça la déchéance de la Compagnie (1858) qui n'avait rien su prévoir ; l'Inde devint dès lors une colonie de la couronne et passa sous l'autorité du gouvernement anglais. En 1876, la colonie fut érigée en Empire, et le resta jusqu'à son émancipation complète, en 1947.

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cdang



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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 22 Sep - 13:41

Je ne sais pas si ça a déjà été mentionné, mais Paris Match a publié des photos de soldats napoléoniens, des anciens combattants de Waterloo (publication du 11 juin 2015). Les photos ont a priori été prises le 5 mai 1858, à l'occasion de l'anniversaire de la mort de l'empereur.

http://www.parismatch.com/Culture/Art/Ils-ont-combattu-a-cote-de-Napoleon-780750
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 25 Sep - 20:19

LA TERREUR BLANCHE (1815)

Après Waterloo, les Ultras revinrent au pouvoir, assoiffés de vengeance et réclamant par la bouche d'un de leurs députés, La Bourdonnaye, "des fers, des bourreaux, des supplices".


Cette fureur vengeresse aboutit dans le Midi de la France à la Terreur Blanche : massacres de partisans bonapartistes et des assassinats commis impunément par des royalistes fanatiques et exaltés ; ainsi fut fait à Marseille où l'on tua une centaine de soldats et plus de 200 habitants (25-26 juin 1815) ; à Montpellier, à Uzès, à Avignon, le 2 août, où le maréchal Brune, enfermé dans une chambre d'hôtel, fut fusillé par un commando d'assassins qui, pour l'atteindre, étaient passés par les toits. A Toulouse, le 15 août, on massacre avec une atroce sauvagerie le général Ramel, coupable de vouloir maintenir l'ordre, A Nîmes, où l'on dénombra plus de 130 victimes, et dans le département du Gard, les désordres sanglants se prolongèrent plus de deux mois : pour mettre fin aux lynchages, le préfet fut réduit à demander l'occupation du département par un corps de troupes autrichiennes.

A côté des vengeances populaires et anarchiques, il y eut les exécutions officielles.
Dans une proclamation lancée à Cambrai le 28 juillet et qu'avait rédigée Talleyrand, Louis XVIII, rentrant à la suite des régiments de Wellington, avait pourtant promis "de pardonner aux Français égarés" mais, ajouta-t-il, "le sang de mes enfants a coulé par une trahison (le retour de l'île d'Elbe était alors tenu pour l'effet d'un complot) dont les annales du monde n'offrent pas d'exemple. Je dois donc excepter du pardon les instigateurs et les auteurs de cette trame horrible. Ils seront désignés à la vengeance des lois par les deux Chambres, que je me propose de rassembler incessamment."

On n'attendit pas, pour frapper, les convocations des Chambres.
Sous la double pression des royalistes exaltés et des Alliés, qui réclamaient "à l'égard des complices de Bonaparte", des châtiments exemplaires, Fouché, ministre de la Police, fut chargé de rédiger une liste de proscription. 19 généraux y figuraient : la plupart d'entre eux purent s'enfuir. Mais La Bédoyère et quelque autres furent arrêtés, traduits en conseil de guerre, condamnés à mort et fusillés.
On fusilla même, à Bordeaux, les deux généraux Faucher déclarés coupables d'actes de rébellion imaginaires.
La plus illustre victime fut le maréchal Ney : ayant décliné la compétence du conseil de guerre, il comparut devant la Chambre des Pairs à laquelle il appartenait et dont il espérait quelque indulgence. Un seul des juges, le duc de Broglie, eut le courage de le déclarer non coupable. Condamné le 7 décembre 1815, à 3 heures du matin, il fut exécuté à 9 heures.

"Droit au coeur, soldats !", furent ses derniers mots à l'adresse du peloton d'exécution.

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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Ven 25 Sep - 22:49

Les "Ultras", selon la célèbre formule, n'avaient "rien appris et rien oublié". La Révolution les avait ruiné, forcé à l'exil (du moins ceux qui avaient échappé au couperet) et une fois la Révolution à terre, Bonaparte leur avait coupé l'herbe sous le pied en se faisant Napoléon.

20 ans plus tard, ils revenaient donc, avides de vengeance et voulant se persuader que rien n'avait changé, que ces 20 ans de tumultes n'étaient qu'une triste parenthèse à vite refermer et que tout recommencerait comme avant. Aveuglement total, celui d'une caste figée, sclérosée, incapable de toute évolution. Ils étaient déjà des parasites avant 1789, ils le furent à nouveau en 1815.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 26 Sep - 0:44

Voyageur Solitaire a écrit:
Ils étaient déjà des parasites avant 1789, ils le furent à nouveau en 1815.

Et ce n'étaient même pas forcément des nobles de vieille extraction. Non, c'était souvent des "anoblis" de fraîche date, des "enrichis" sur le dos d'une monarchie aux abois, beaucoup de robins, d'anciens parlementaires, des financiers, des banquiers... bref, tous ceux qui avaient perdu quelque chose au moment de la Révolution et qui comptaient bien tout récupérer à la Restauration.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 26 Sep - 2:30

Ils n'ont en aucun cas tenu compte du pardon de Louis XVI.

Louis XVI, dans son testament, a écrit:
[...] Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet ; et je prie Dieu de leur pardonner, de même qu'à ceux qui par un faux zèle ou par un zèle mal entendu, m'ont fait beaucoup de mal. [...]
(25 décembre 1792)
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 27 Sep - 21:31


IL Y A 200 ANS : LES TROIS GRANDS FONDENT LA SAINTE ALLIANCE

Après la chute de Napoléon, les grandes puissances européennes se réunissent à Paris pour signer le "pacte de la Sainte Alliance".

Le tsar de Russie Alexandre Ier, l'empereur d'Autriche François Ier et le roi de Prusse Frédéric-Guillaume Ier, se protègent ainsi de toute nouvelle offensive révolutionnaire ou libérale, au nom de "la Très Sainte et Indivisible Trinité des trois puissances orthodoxe, catholique et protestante". Le pacte va devenir une quadruple alliance lorsque l'Angleterre va s'y rallier. Puis ce sera au tour de la France en 1818.

Grâce à cette entente, l'Europe va pouvoir vivre dans une paix relative pendant près de 50 ans.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Dim 27 Sep - 21:47

Après le congrès de Vienne et les traités de 1815, les trois vainqueurs de Napoléon eurent une double et constante préoccupation, à savoir :

1/ maintenir la paix en Europe

et

2/ empêcher, à l'intérieur des Etats, la diffusion des doctrines progressistes et libérales en réprimant les aspirations nationalistes des peuples et maintenir la puissance absolue des souverains.

En face des rois, les peuples - du moins dans leurs éléments les plus "éclairés" - s'irritaient les uns de ce qu'on oubliait les promesses de liberté faites en 1812, les autres de ce qu'on rétablissait l'absolutisme, là où il avait été un moment aboli. De là, des troubles et des révolutions d'inspiration libérales, en Allemagne tout d'abord, puis en Italie, à Naples et dans le Piémont, enfin en Espagne.

Car si, pour ces peuples, l'occupation française avait pu leur sembler un lourd fardeau, celle-ci avait drainé avec elle des idées et des principes révolutionnaires comme la souveraineté nationale, l'abolition des privilèges ou l'égalité. Et pour ceux qui avaient pu bénéficier de ce régime, notamment les libéraux et les bourgeois, il n'était pas question de les abandonner. En face des peuples, les souverains - un seul excepté, le tsar Alexandre - étaient bien déterminés à maintenir ou restaurer la monarchie absolue.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 29 Sep - 22:52



Gavroche, l'enfant de la Liberté

Immortel Gavroche, tel que Victor Hugo l'a décrit dans les Misérables, Gavroche si vrai, si vivant, qu'on pense qu'il existait bien avant Hugo. L'écrivain l'a ramassé sur le pavé et l'a fourré tout cru dans son bouquin.
Gavroche : un nom propre. Un gavroche : un nom commun. L'achétype du gamin de Paris a fait le tour du monde. Il est l'enfant du pavé, symbole de la rue, de son esprit et son courage.
Il est là, quelque part, dans Paris. Il était là à la Bastille le 14 juillet 1789 quand le peuple des faubourgs marchait sur la forteresse.
Il était là, sur les barricades de 1830, sur celles de 1848 et sur celles de la Commune en mai 1871.
Il était là aussi sur les barricades de Paris en 1944 quand la ville se libérait.

Il a fait le coup de feu et il chante. Il ramasse les cartouches et il chante :

"Je suis tombé par terre
C'est la faute à Voltaire
Le nez dans le ruisseau
C'est la faute à Rousseau
."

Ecoutez Victor Hugo ! En quelques phrases, il termine le portrait de Gavroche : "Il n'acheva point. Une seconde balle du même tireur l'arrêta court. Cette fois il s'abattit, la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s'envoler."
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 21 Nov - 10:42



21 novembre 1852 : les Français disent "OUI" à l'Empire.

Le Sénat invite les Français aux urnes pour se prononcer par "oui" ou par "non" sur le rétablissement de l'Empire. C'est le "oui" qui l'emporte très majoritairement. Toutefois, on compte pas moins de 2 millions d'abstentions.

Le Second Empire sera officiellement proclamé le 2 décembre, jour de la victoire d'Austerlitz.

Louis-Napoléon Bonaparte deviendra alors le nouvel Empereur des Français sous le nom de Napoléon III.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 1 Déc - 23:54


L'éphémère théocratie équatorienne (1860-1875)

En Equateur, un régime théocratique fut instauré, de 1860 à 1875, sous la présidence de Garcia Moreno (1821-1875).

Ancien avocat, il avait fait ses études, étant jeune, à Londres puis à Paris. Homme d'une grande intelligence et d'une farouche volonté, Moreno, catholique fervent, était persuadé "que la religion est le seul lien qui reste dans un pays divisé par les intérêts de parti, de races, de croyances".
Il signa avec le Saint-Siège un concordat où il reconnaissait le catholicisme comme religion d'Etat à l'exclusion de tout autre culte.
Il permit la création de tribunaux ecclésiastiques qui jugeaient toutes les affaires relatives à la foi, au culte, au divorce et au mariage.
Il fit don au Pape d'un million de pesos pris sur les fonds publics, livra aux évêques la surveillance des livres et le contrôle de l'enseignement, installa, aux frais de l'Etat, les Frères de la Doctrine Chrétienne et associa même son pays au Sacré-Coeur de Jésus.

Après son assassinat, en 1875, la république équatorienne, à travers une série de guerres civiles, chercha progressivement à se détacher du joug religieux auquel Morano l'avait soumise.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mar 19 Jan - 23:35


Général Thomas Bugeaud, marquis de la Piconnerie, conquérant de l'Algérie

De noblesse périgourdine, né à Limoges (1784), il s'engagea aux Grenadiers de la Garde en 1804.

Caporal à Austerlitz, colonel à la chute de Napoléon, sous la Restauration. Il se retira en Dordogne et s'occupa d'agriculture. Rappelé à l'activité par Louis-Philippe, longtemps opposé à la conquête de l'Algérie, ce fut cependant lui qui la fit, de 1840 à 1847, en triomphant d'Abd el-Kader par un nouveau système de guerre : il se fit nomade pour traquer un nomade.

Empruntant aux Arabes leurs avantages de mobilité et de rapidité, le général Bugeaud voulut, selon son expression, "pouvoir suivre l'ennemi sur tous les points où il se trouve".
Il allégea le sac et l'équipement, remplaça les voitures par des bêtes de somme, mit l'artillerie à dos de mulet, et, divisant ses troupes en multiples colonnes très mobiles, il pourchassa l'ennemi dans une offensive incessante.

Il s'occupa beaucoup de la colonisation de l'Algérie, mais n'ayant pu faire agréer toutes ses idées en la matière, il demanda son rappel, en 1847. Il avait été nommé maréchal et duc d'Isly après sa victoire sur les Marocains (1844).

Les yeux très clairs, la couronne de cheveux blancs, l'absence de barbe lui faisaient une physionomie très particulière.
Le "Père Bugeaud" était très populaire parmi ses soldats dont il partageait toutes les fatigues.

Il s'éteignit à Paris en 1849.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 3 Fév - 18:13


La signification politique du Second Empire.

Napoléon III face à l'Histoire


Présenté pendant longtemps comme une dictature brutale, le Second Empire doit cette réputation d'abord aux critiques de ses adversaires, essentiellement républicains, victimes de la répression qui suivit le coup d'Etat du 2 décembre 1851. Parmi eux, Victor Hugo, resté en exil jusqu'à la fin de l'Empire. Il la doit aussi à des historiens qui lui ont reproché d'avoir opprimé l'Université et qui l'ont noirci pour mieux légitimer et glorifier la IIIe République. Certains ont même osé commettre l'anachronisme ridicule de le comparer aux régimes fascistes du XXe siècle (sic) ...

Des études, heureusement plus sérieuses, menées dans les années 1980, notamment grâce aux travaux de Louis GIRARD, conduisent à revoir cette image noire traditionnelle accolée au Second Empire. Certes, le régime est bien né d'un coup d'Etat, mais ce qu'il abat était loin d'être une république idéale. La répression de décembre 1851 fut en vérité beaucoup moins sanglante que celles de juin 1848 ou de mai 1871, sous des gouvernements républicains. Sauf en des moments de crise, la surveillance des citoyens exercée par la police n'a rien d'exceptionnel pour l'époque et Napoléon III, qui avait promis que le moment venu "la liberté couronnerait l'édifice" impérial, a laissé, à la fin de son règne, la presse attaquer son image avec une violence incroyable.

Surtout l'Empire a démontré que la pratique du suffrage universel n'était pas forcément incompatible avec l'ordre. Et en prouvant finalement que les deux principes proclamés par la Révolution de 1789, à savoir démocratie et liberté, pouvaient coexister, il a ouvert la voie à la IIIe République.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Mer 3 Fév - 18:53

On a souvent brocardé le Second Empire, sorte de quadrille endiablé, doré et superficiel, qui finira dans le mur, avec un Napoléon III littéralement obsédé et une impératrice coincée qui faisait tourner les tables...

Il y a eu deux empires, avec la période autoritaire qui va jusqu'en 1857 et le tournant plus libéral et social, à partir de 1860. Le Second Empire a connu une prospérité certaine, surtout dans les campagnes (les paysans resteront en général de fidèles soutiens du régime), il y a eu une forte industrialisation, le développement très important du chemin de fer, du télégraphe, l'apparition des grands magasins comme la Samaritaine, des grandes banques comme le Crédit Lyonnais, l'apparition du chèque... La France s'est quand-même modernisée et a innové dans pas mal de domaines à l'époque. Haussman a remodelé Paris avec ses grands magasins, ses larges artères et ses grands boulevards, les réverbères au gaz, l'électricité. Les ouvriers, même si leurs conditions de travail se sont un peu améliorées, sont malgré tout restés à la traîne, comme tout au long du siècle.

Mais on a préféré garder les clichés, un empereur pas très charismatique et déplumé, obsédé par les femmes et que les lauriers de son grand oncle Napoléon empêchaient de dormir, une impératrice coincée qui faisait tourner les tables avant de prendre une décision, une cour assez ridicule sautillant avec frénésie au rythme d'Offenbach, un entourage de banquiers, financiers et agioteurs entassant des fortunes colossales... Le Second Empire fût incroyablement matérialiste, avec une incroyable soif de plaisirs et de luxe que Zola a magnifiquement rendue dans sa saga des Rougon-Macquart, dont La curée et Nana. On a gardé cette image d'empire de carton doré, de décor surchargé, à l'image du fameux Opéra Garnier. Avec un art, un style foutoir, mal défini, mélangeant un peu tout...
On connaît l'échange entre l'impératrice et Garnier lui montrant les plans du futur opéra :
- Mais c'est ridicule, ça ne ressemble à rien ! Qu'est-ce donc que ce style ?
- C'est du Napoléon III, Madame...

Le Second Empire a fait connaître à la France un dynamisme certain, un fort développement économique, une certaine modernisation. Mais tout cela est resté mal partagé, mal redistribué, l'opposition n'a fait que monter, monter, poussant l'empereur (affaibli par la maladie) à céder de plus en plus. Pourtant, à peine quelques mois avant la guerre qui allait mettre fin à l'Empire, les français avaient approuvé massivement, par vote, la nouvelle politique impériale.
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MessageSujet: Re: XIXème SIECLE   Sam 6 Fév - 10:12

L'incroyable et rocambolesque fuite de l'impératrice Eugénie


On a du mal à y croire, mais c'est pourtant vrai...

5 septembre 1870, le Second Empire s'effondre. Pendant que l'empereur, au front, "cherche à mourir au combat", Paris se soulève. Les troupes prussiennes marchent sur la capitale, c'est la panique.
Aux Tuileries, l'impératrice doit fuir, le plus vite possible. La foule marche sur le palais, la souveraine fuit à travers les couloirs déserts, protégée par quelques fidèles. Arrivés dans la cour, on hèle le premier fiacre qui passe, la souveraine s'y engouffre avec sa dame de compagnie, Mme le Breton. Fouette cocher !
Mais pour aller où ? L'impératrice, partie en panique, sans rien, demande alors à être conduite chez son dentiste, le docteur américain Evans. Ce dernier, connu pour son savoir-faire et son art, est à cette époque le chirurgien-dentiste de quasiment toutes les têtes couronnées d'Europe. Très riche, il vit à Paris, dans un somptueux hôtel particulier. Il voit donc débarquer chez lui les deux femmes, paniquées, et décide de les aider à fuir. Il va les héberger chez lui pour la nuit avant de partir le lendemain matin pour Deauville afin de rejoindre l'Angleterre. Le brave médecin dira plus tard toute sa tristesse et sa stupeur devant cette femme, encore rayonnante et souveraine respectée quelques semaines plus tôt et se tenant là, tremblante, assise dans son salon et tenant la main de sa dame de compagnie...

05H30 du matin, le carrosse aux rideaux tirés du docteur quitte les lieux. Les rues sont désertes, mais il faut passer le poste de garde de la Porte Maillot, la situation est tendue, les prussiens marchent sur la ville, Paris va être assiégée... Le docteur Evans est accompagné d'un confrère, le docteur Crane. Les deux hommes présentent leurs papiers et font passer l'impératrice et sa dame pour leurs épouses respectives. On les laisse passer... Au galop, vite !

Evreux, Rivière-Thibouville... La nuit arrive, il faut faire halte dans une auberge discrète. Le lendemain matin, les deux hommes constatent que la voiture, endommagée, ne peut aller plus loin. Malgré le danger, il faut prendre le train...
Le docteur Evans achète les billets (l'impératrice a fui avec seulement "deux mouchoirs en poche") et on s'engouffre dans un compartiment heureusement vide.
Lisieux, il pleut à verse. Les deux hommes partent louer une voiture, laissant l'impératrice et sa dame les attendre, trempées, sous la pluie. Non loin de là, un ouvrier travaillant dans une fabrique, apitoyé, propose aux deux femmes de se réfugier sous le porche, il leur offre même une chaise pour s'asseoir. L'impératrice, tremblant d'être reconnue, le remercie mais refuse, Mme le Breton explique brièvement :"Nous attendons notre voiture qui ne devrait plus tarder, merci Monsieur".
L'impératrice est à bout, en état de choc, hébétée. Les deux hommes reviennent, le docteur Crane racontera lui aussi sa tristesse en apercevant la silhouette pathétique de cette femme attendant, debout sous la pluie, trempée, sans même de quoi s'acheter un parapluie, cette femme hier encore impératrice de France...

C'est alors l'incident : passe un policier qui maltraite une femme vêtue très pauvrement et la rudoie, peut-être une clocharde ou une pauvre fille des rues. L'impératrice se redresse brusquement et crie :"Laissez cette femme tranquille ! Je suis l'impératrice, je vous l'ordonne !" Toutes les têtes se tournent. Le docteur Evans se précipite, saisit la souveraine par le bras et l'entraîne tout en faisant tourner son index autour de sa tempe à l'adresse du policier, pour lui faire comprendre qu'il ne faut pas faire attention, c'est une folle, je m'en occupe, ne vous inquiétez pas... En voiture, vite !

Deauville. Tout le monde rejoint l'Hôtel du Casino où les attend Mme Evans, la femme du docteur, qui était là en villégiature et qui, prévenue, leur a préparé quelques affaires, un repas chaud, du linge de rechange. Infatigable, son mari part chercher un bateau en partance pour l'Angleterre. Difficile, c'est la guerre, l'ennemi est aux portes de Paris...  Et la mer est démontée... Il y a pourtant un modeste bateau prêt à appareiller. Contre une forte somme, le capitaine accepte de prendre les deux fugitives à son bord, de nuit, pour rester discret.

Nuit noire, glaciale, mer démontée... Cinglées par la pluie, couvertes de boue, les deux fugitives montent à bord, accompagnées par le docteur Crane. Evans lui, rentre à Paris avec sa femme, sa nationalité américaine le mettant à l'abri. L'impératrice l'embrasse en pleurant et en le remerciant pour tout, puis monte à bord.
La tempête se déchaîne, Mme le Breton écrira que "l'on faillit chavirer vingt fois". Le capitaine veut faire demi-tour, trouver refuge sur la côte française, l'impératrice le supplie et parvient à le convaincre de continuer. A 04h00 du matin, après 21 heures (!) de traversée dantesque, l'embarcation accoste enfin sur l'île de Wight. Sauvés !

Eugénie s'installera ensuite en Angleterre dans un exil confortable et cossu où l'empereur déchu viendra la rejoindre. Il y mourra en 1873. L'impératrice aura la douleur de perdre son fils unique en 1879. Elle survivra jusqu'en 1920, s'éteignant à Madrid à l'âge de 94 ans...
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