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 ANTIQUITE

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Gorak

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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Ven 24 Fév - 16:47

Peut-on considérer la monde antique comme un modèle de civilisation ?

Nombreux furent les penseurs, écrivains, artistes ou hommes d'Etat qui, pendant des siècles, ont cherché à louer et vanter l'héritage antique.
Un enthousiasme qui peut sembler parfois excessif, d'autant qu'il s'est construit, du moins en partie, sur une détestation sans bornes du Moyen Age.

Alors, l'Antiquité ne serait-elle que lumière là où le Moyen Age aurait été obscurité ? Méfions-nous des raccourcis aussi simplistes et procédons, dans un souci d'équité, à une critique de la période. Aucune période, aucune époque, n'est jamais parfaite et l'Antiquité n'est nullement exempte de reproches?

- La société antique est une société fondamentalement inégalitaire.

La pauvreté du plus grand nombre s'oppose au luxe d'une minorité.
De plus, la population est structurée en trois classes : les esclaves, les hommes libres et les citoyens.
Ces derniers, entretenus par l'activité des deux autres, jouissent d'énormes privilèges en matière judiciaire et fiscale.
La cité d'Athènes, dont nous a tant vanté les mérites lorsque nous étions au collège, reposait en grande partie sur une exploitation des faibles et des vaincus.
Au XIXe siècle, l'Europe industrielle entretiendra de même des rentiers par l'exploitation des colonies et des ouvriers.

- La société antique inventa et pratiqua l'eugénisme social.

Dans l'Antiquité, on craignait tellement la surpopulation que l'on inventa la pratique cruelle de l'exposition des bébés : c'est-à-dire le droit absolu pour les parents d'abandonner leur nouveau-né non désiré sur un tas d'ordures...
On ne les mettait toutefois pas à mort ; on pensait que, si les dieux voulaient les sauver, alors ils envoyaient un messager pour les recueillir.
On exposait surtout les filles, car les garçons seuls pouvaient perpétuer le culte des ancêtres, souci essentiel à l'époque.
Et ce n'était pas un remède désespéré à une quelconque misère sociale ! Au contraire, c'est une facilité égoïste, dont on profite, si ça se fait !

Le résultat le plus certain fut la dépopulation.
La civilisation grecque est morte... faute de Grecs !
A Rome, les vieilles familles n'avaient guère d'enfants. C'est pourquoi, par exemple, la couronne impériale passe, dès 98, à un colon romain d'Espagne (Trajan), puis en 193, à un Africain, Septime Sévère.

- Enfin, la société antique est une civilisation qui a érigé la cruauté en spectacle :

L'expression populaire le dit bien : "les jeux du cirque".
Alors, oui, bien sur, à chaque époque ses horreurs mais il semble difficile de nier que, de toutes les civilisations, seul, le monde romain a systématisé l'organisation de spectacles sanglants.
Les chrétiens auraient pu ne jamais y être mêlés : si leur foi était interdite, alors on pouvait se débarrasser d'eux sans pour autant les faire souffrir. Mais les juges romains se flattaient de venir à bout de ces croyances en mettant leur mort en spectacle. Ils choisissaient des jeunes filles de préférence pour en faire de la chair à spectacle, destinées aux bêtes fauves ou au bûcher.
Les victimes étaient exposées nues devant la foule et parfois suppliciées plusieurs jours avant d'expirer.

Ceci dit, sur une population de 60 millions d'habitants au IIe siècle, il faut reconnaître que les martyrs furent peu nombreux. Par contre, les gladiateurs mouraient en grand nombre : 10 000 à Rome en 117 jours de combat en l'an 109. Quel gaspillage de vaillance ! Et plus personne pour défendre l'Empire : on dut alors faire appel aux Barbares.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Ven 24 Fév - 18:07

L'Antiquité est à double visage (comme quasiment toutes les époques d'ailleurs...) :

- Elle a, c'est indéniable, vu naître et se développer une majorité des plus grandes philosophies de l'Histoire. Au niveau du développement de l'esprit humain, c'est assez phénoménal, la période aligne des penseurs parmi les plus éminents : Platon, Socrate, Aristote, Epicure, Diogène, les Epicuriens, les Stoïques, les Cyniques... Mais aussi tant d'autres comme Sénèque, Epictète, Dion de Pruse... Des auteurs, des poètes, comme Virgile, Lucrèce, Properce, Euripide, Tibulle, Gallus... Même aux heures sombres de l'Empire, on trouve encore des sommets de la pensée comme Plotin, Porphyre et Jamblique de Chalcis, Libanios...

Mais il y a aussi les sciences, la médecine, l'architecture, l'astronomie, des égyptiens aux babyloniens, des sept Merveilles du monde à la grande bibliothèque d'Alexandrie, de la Tour de Babel aux aqueducs, de l'Acropole aux immenses complexes thermaux... Les travaux de Callimaque de Cyrène, d'Aristophane de Byzance, d'Aristarque, d'Apollonios, de Vitruve... Les écoles de droit et de rhétorique d'Athènes, de Beyrouth, d'Antioche... Sans parler de Phidias, Praxitèle et tant d'autres, des temples égyptiens, des pyramides...

A une époque où la moyenne d'âge ne dépasse guère trente ans, où la mortalité reste élevée, où des maux aujourd'hui plus que bénins vous menaient à la tombe, à une époque où l'on s'étripait, où l'on se faisait la guerre, où la vie était plus qu'incertaine, on a quand-même un développement fabuleux des arts, sciences, techniques, de la pensée la plus élevée.

- L'Antiquité a également son côté sombre. L'inégalité totale érigée en système, l'esclavage vu comme naturel. La différence entre esclave et homme libre était plus qu'un fossé. L'esclave n'était rien, un bien dont le ou la propriétaire usait comme il ou elle l'entendait, y compris sexuellement soit dit en passant. Caton l'Ancien ne se gênait pas pour recommander de faire mettre à mort les esclaves trop âgés devenus inutiles... Certains empereurs comme Claude ou Antonin le Pieux instaureront une justice plus humaine envers cette masse servile et, la philosophie aidant, on finira par considérer l'esclave comme un être humain. Ce qui ne changeait pourtant fondamentalement pas le fait qu'il n'était rien.
Même chose pour la femme. A l'exception des Egyptiens et des Etrusques, l'Antiquité est un monde d'hommes. En Grèce, la femme est la grande muette, éternelle mineure soumise à un père, un mari, voire un fils aîné, confinée dans le gynécée, ne devant pas sortir seule. Si à Rome, la femme s'émancipe sous l'Empire, sous la période républicaine, elle reste sous l'autorité absolue du Pater Familias qui a droit de vie et de mort sur sa maison.
La justice ne faisait pas dans la dentelle : la loi du talion s'appliquait avec férocité, criminels et incendiaires étaient crucifiés. Les hommes libres étaient eux décapités, différence de classe encore, jusque dans la mort. Les Jeux du Cirque soulèvent le voile sur les plus bas instincts de l'humain avec des hommes et des bêtes mis à mort, forcés à s'entretuer pour le plaisir des foules, la mort et la souffrance en spectacle.
La mythologie, si poétique et onirique par certains aspects, fait peur par d'autres : inceste, zoophilie, fratricide, matricide, châtiments d'une cruauté inouïe, divinités indifférentes ou se jouant des mortels...
L'Antiquité est clairement féroce, cruelle. Comme tant d'autres époques qui suivront...

Après, nous jugeons tout cela par rapport à nos propres valeurs, à notre propre moralité. Nous transposons notre éthique à une autre époque. Il ne s'agit nullement d'excuser ou défendre mais pour un romain, un grec, un égyptien de l'Antiquité, les notions d'égalité, de justice, de respect des plus faibles, étaient de l'ordre de l'utopie. Leur monde était inégalitaire, il y avait des maîtres et des esclaves, des citoyens et des étrangers, les criminels de droit commun étaient crucifiés et on allait voir des gens mourir en famille, c'était ainsi. C'était pour eux aussi normal que cela nous semble révoltant ou incompréhensible. Les peuples antiques avaient leurs interdits, leurs tabous, mais qui n'étaient pas les nôtres. On mesure mieux la révolution apportée par la religion chrétienne qui professait l'égalité de tous, proclamait que les derniers seraient les premiers... Pour les gens de l'époque, c'était mentalement une aberration, une chose impossible.

Notons quand-même que, si l'on prend l'Empire romain, cette société inégalitaire s'est maintenue pendant des siècles. La richesse donnait le pas sur la pauvreté, la liberté sur la servilité, mais c'était accepté. L'Empire n'a pas connu de Révolution genre 1789, il n'y a pas eu de masses populaires lancées à l'assaut des palais impériaux pour renverser un régime qui se maintînt pendant des siècles, pas d'appel révolutionnaire contre l'injustice ou la tyrannie... L'ordre social de l'époque est tenu pour sacré, naturel même, et quelques révoltes occasionnelles ici ou là n'y ont rien changé. La plupart des empereurs assassinés ou empoisonnés l'ont été par des proches, des complots de gens hauts placés, prétoriens, sénateurs, chevaliers... Il n'y a pas eu d'empereur arraché à son palais pour être lynché ou "guillotiné" par une foule réclamant Justice et Egalité. Et nous avons vu plus haut dans ce sujet qu'un Caligula fût désigné comme "le plus démocratique des Princes", qu'un Néron fût adoré de la plèbe pendant quasiment tout son règne. Alors que des empereurs considérés aujourd'hui comme "grands" et "humains" ont ordonné des persécutions féroces contre les chrétiens comme Marc Aurèle à Lyon... Encore une fois, il n'y a pas de remise en question du régime impérial : quand un empereur mourrait, on en mettait un autre en place, personne ne songeait à instaurer un autre régime.
Ne parlons pas de l'Egypte où le Pharaon est un dieu vivant... Là aussi, chacun sait d'instinct où est sa place et s'y tient. C'est ainsi, c'est l'ordre naturel, sacré.
Quant à la "démocratie" grecque, nous savons qu'elle n'avait rien de très démocratique, pas plus que le Sénat de la République romaine.

Enfin, si l'Antiquité est longtemps restée une référence, c'est par le dénigrement du Moyen Age (rien que le nom donné à cette période déjà...), principalement à la Renaissance. C'est surtout par opposition à la période médiévale que l'Antiquité est longtemps restée comme une référence éblouissante. Une étude sérieuse et objective du Moyen Age, au-delà des clichés, permet de relativiser les choses sur bien des points...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mar 28 Fév - 17:02

On parle de l'Antiquité méditerranéenne, là. Il faudrait aussi voir du côté du Moyen-Orient (Égypte et Mésopotamie pré-romaines), de l'Asie (en particulier la vallée de l'Indus et la Chine), de l'Afrique, de l'Amérique (en particulier Mésoamérique : Mayas, Aztèques), l'Océanie…

Si l'on veut tirer des conclusions globales, je dirai que l'on a une structuration des peuples en cités (civilisation) possible grâce à l'agriculture (qui permet de nourrir des personnes ne produisant pas elle-même leur nourriture) et à l'écriture (qui permet une administration, une organisation de type étatique). Les croyances magiques évoluent en religions et les traditions des tribus se heurtent entre elles lors de leur accrétion. Le grossissement des agglomération entraîne la nécessité d'un pouvoir centralisé et donc, avant Locke et Montesquieu, d'un classe dirigeante minoritaire qui écrase le reste de la population.

Tout ça entraîne une certaine cruauté, de manière inévitable.


Dernière édition par cdang le Mer 1 Mar - 15:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mar 28 Fév - 17:10

Il est vrai que chez la majorité, la notion d'Antiquité évoque immédiatement la Grèce et l'empire romain, l'Egypte pharaonique aussi.
Mais il est vrai également que lorsque l'on regarde l'étendue de l'empire romain à son apogée, il englobe quasiment tout le monde connu de l'époque. Au nord, ce sont les Germains, les "barbares"... Au sud, les terres inconnues de l'Afrique. A l'ouest l'océan, à l'est l'empire Parthe, éternel rival.
On connaissait dans les milieux cultivés l'existence (vague) de l'Inde et de la Chine, mais sans plus.

Bien sûr, au sein même de l'empire, chaque province gardait une forte identité. Mais la civilisation romaine imprégnait, malgré tout, ce vaste ensemble, lui conférant un aspect "universel".
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Sam 4 Mar - 17:49

Néron matricide


Qu'est-ce qui a pu conduire Néron au crime impensable, faire tuer sa propre mère ?
Ouvrons le dossier...

D'abord, qui est la maman ? Agrippine la Jeune (pour la distinguer d'Agrippine l'Aînée, sa mère) est donc fille d'Agrippine et de Germanicus, brillant général issu de la famille impériale. Elle a deux sœurs, Livilla et Drusilla et surtout un frère, Caligula...
Agrippine la Jeune a une jeunesse agitée et un fort caractère puisqu'elle a couché avec son frère, Caligula (qui a d'ailleurs couché avec toutes ses sœurs, avec une préférence marquée pour Drusilla qu'il comptait épouser). Mieux encore : Agrippine avait pour amant Lepidus qui était aussi un des amants de Caligula... Charmante famille. Pas très regardante sur la morale, Agrippine ne l'était pas non plus sur les liens fraternels puisqu'elle complota avec Lepidus contre leur amant commun. Malheureusement pour eux, Caligula éventa le complot, Lepidus fût supplicié et Agrippine exilée. Ce fût sa belle- soeur, Domitia Lépida, qui recueillît en son absence son seul enfant, un robuste garçon, Lucius Domitius Néro, futur Néron.

Le papa ? Une très noble ordure, Ahenobarbus. Aux amis qui le félicitaient pour cette naissance, il répondait qu'il ne fallait pas car, de lui et d'Agrippine ne pouvait rien naître d'autre "que quelque chose de très méprisable". Ambiance... Ce charmant papa disparaîtra très vite.

Le temps a passé, Caligula a été massacré, son oncle Claude lui a succédé. Claude qui est donc aussi l'oncle de notre Agrippine, revenue d'exil entretemps. Soutenue par Pallas, principal ministre de Claude (et accessoirement amant de la belle, ça peut toujours servir), Agrippine va réussir à se faire épouser par Claude, avec une dispense du Sénat, histoire d'effacer le côté incestueux de cette union. Après avoir été la maîtresse de son frère, voilà notre Agrippine épouse et impératrice de son oncle. Charmante famille, on vous l'a dit. Entretemps, Agrippine a récupéré son fils pour l'installer auprès d'elle. Menant un véritable siège psychologique auprès d'un Claude vieilli, affaibli et buvant trop, elle va lui faire adopter Néron comme fils légitime et héritier, aux dépends du propre fils de Claude, Britannicus. En signant l'acte d'adoption, l'empereur a également signé son arrêt de mort : une fois l'armée et le Sénat achetés, il ne reste plus qu'à empoisonner Claude et faire acclamer le jeune Néron comme empereur.

Voilà, on y est ! Néron est empereur de Rome et en coulisses, il y a sa redoutable maman qui entend bien régner à travers lui. Ce fils soumis et aimant ne lui doit-il pas son trône ? Agrippine a tout prévu, sauf une chose : la possibilité que son fils veuille régner seul... Très vite, les relations se tendent, les incidents se multiplient. Un jour que l'empereur reçoit des ambassadeurs arméniens, Agrippine s'invite sans crier gare et vient tranquillement s'asseoir aux côtés de son fils, altière et majestueuse. C'en est trop et Néron, respectueusement mais fermement, la remet à sa place.
Le contentieux ne fait que s'aggraver au fil des mois. Bientôt, sur ordre de l'empereur, sa mère est reléguée au palais de son aïeule, Antonia, loin du palais impérial, de la cour, du pouvoir. Une cage dorée où son fils ne vient jamais. Agrippine s'agite, s'énerve, intrigue. Elle est riche, puissante, elle a des alliés, des appuis hauts placés... Humiliée, ivre de rage, elle est prête à la guerre, au propre comme au figuré, pour récupérer son pouvoir. Elle a fait un empereur, elle peut très bien en faire un autre. Néron le sait, sa mère n'est pas de celles qui se résignent. Si elle se dresse contre lui, c'est la guerre civile. Alors, lentement, progressivement, une idée monstrueuse germe dans l'esprit du jeune empereur. L'impensable...

Néron est décidé désormais. Mais ce n'est pas facile : sa mère a envoyé tellement de monde aux Enfers qu'elle est elle-même prudente, méfiante. Le poison ? Non, depuis longtemps, Agrippine a l'habitude d'ingérer régulièrement de petites doses de poison qu'elle augmente progressivement afin d'immuniser son organisme. Le glaive ? Non, il faut que cela ait l'air d'un accident. Un accident, oui... Voilà les fêtes de Minerve en cette fin Mars, la cour est à Baïes, au bord de la mer. Néron a invité sa mère aux réjouissances, par une lettre débordant d'amour filial. Surprise, méfiante, Agrippine le rejoint néanmoins, son fils l'accueille avec effusion, la serre contre lui avec émotion, la comble d'attentions. Allons, le temps des disputes est terminé ! Au terme des festivités, le jeune empereur a même un cadeau pour sa mère : une somptueuse galère tressée de guirlandes de fleurs et qui va la ramener à son palais d'Antium, de l'autre côté de la baie. Une galère piégée : lorsque l'embarcation sera en pleine mer, à la nuit tombée, un mécanisme fera s'effondrer le toit de la cabine sur son occupante tandis que la nef s'ouvrira en deux pour rapidement s'engloutir dans les flots... Anicetus, Préfet de la flotte impériale a tout prévu.

Mais les dieux sont parfois taquins... Au moment fatidique, Agrippine n'est que blessée. Femme décidée, bonne nageuse, elle saute dans l'eau et nage vers le rivage. Derrière elle, sa fidèle suivante, Acerronia, ne sait pas nager. Pour sauver sa vie, elle s'écrie :" Je suis l'impératrice, sauvez la mère de l'empereur ! " Une embarcation s'approche mais les membres d'équipage se hâtent de lui faire éclater le crâne à coups de rames, croyant, dans la pénombre, avoir à faire à celle qui ne doit pas survivre à cette traversée. Au loin, Agrippine a assisté à la scène. Elle sait désormais à quoi s'en tenir : son fils a voulu la tuer.
Blessée, trempée, l'impératrice atteint enfin la rive, sa robe déchirée, les pieds nus, et parvient à rejoindre son palais. De là, elle fait parvenir un message à son fils : un terrible accident est survenu mais, les dieux soient loués, elle est sauve, que son fils ne s'inquiète pas.

A Baïes, recevant le message de sa mère, Néron est pris de fièvre, de tremblements. Vivante... Elle est vivante ! Terrifié, le jeune empereur fait réveiller ses deux conseillers, Burrhus (Préfet du Prétoire) et le philosophe Sénèque (conseiller personnel de l'empereur). Deux hommes qui doivent leur poste à Agrippine mais qui ont désormais choisi leur camp. Après un rapide conciliabule, des ordres sont donnés à Anicetus qui part au galop avec ses hommes.
Dans son palais, Agrippine va et vient, incapable de rester assise. Son fils... Ce fils avec lequel elle entretient depuis toujours une relation exclusive, fusionnelle et conflictuelle... Un bruit de galop alors que le jour se lève... Les cris des serviteurs qui s'enfuient... Anicetus, glaive en main... Un premier coup l'atteint  à la tête, la fait vaciller, le sang coule derrière son oreille. Alors, méprisante, orgueilleuse, l'impératrice écarte ses voiles et offre son ventre, criant :" Frappe ! Frappe au ventre ! C'est là que j'ai porté Néron ! " Elle s'écroule, percée de coups.

A la naissance de Néron, les augures avaient interrogé les dieux et avaient blêmi devant les signes. Comme Agrippine les pressait de lui répondre, l'un d'eux lui avait dit :" Ton fils règnera mais il te tuera ! ".
" Qu'il me tue pourvu qu'il règne ! " avait répondu la terrible fille de Germanicus.
En ce matin blême du 23 Mars 59 après J.C, au bord de la mer, la prophétie s'est accomplie.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Sam 18 Mar - 11:04

66 après J.C : Néron en tournée en Grèce à guichets fermés !

Il s'est toujours plus considéré comme artiste que comme empereur. Il a même pensé à se retirer pour redevenir un simple particulier qui s'adonnerait aux courses de char (son autre passion), au chant et à la musique. "L'art nous fera vivre !" disait-il. Depuis longtemps, Néron avait l'habitude de pousser la chansonnette devant ses invités à la fin du dîner. Il prenait soin de sa voix, suivait un régime alimentaire particulier, se livrait même à des exercices respiratoires compliqués. Ses maîtres de chant sont Terpnus et Ménécratès.
Dans le même temps, l'empereur n'a jamais caché sa fascination pour la Grèce, sa culture, son art. Il s'est même jurer d'y aller un jour. Il va être temps pour lui de réaliser ce rêve, mais d'une manière inattendue...

Surprise dans l'entourage impérial lorsque Néron annonce qu'il a décidé de concourir aux Jeux Sacrés. Mais oui, l'empereur en personne va participer aux épreuves, principalement musicales, à travers les différents sites sacrés. Et pour ceux qui en doutaient, le départ de toute la cour pour la Grèce en cette fin d'année, les navires de la flotte impériale prenant le large, sont bien la preuve qu'il ne s'agit pas d'une plaisanterie. Les grecs ont été informés de l'arrivée imminente de l'empereur et de sa participation aux concours de chants et de musique. Si les grecs n'y voyaient pas d'objections, les romains, eux, avaient quand-même des doutes... Indiscutablement, Néron est doué : il a travaillé sa voix, il sait jouer, écrire des textes et il a une solide culture. Des témoignages objectifs de ses contemporains confirment qu'il a une voix agréable, plutôt juste bien qu'un peu sourde mais qu'il manque de souffle et n'a pas les capacités respiratoires d'un artiste professionnel. Un chanteur moyen donc, un brillant amateur mais pas plus. Bien sûr, personne dans son entourage n'a osé le lui faire remarquer et le maître de Rome s'est donc vite persuadé de son talent et d'être un véritable artiste professionnel....

La flotte impériale accoste enfin, accueillie en grande pompe et la tournée peut commencer ! La date des Jeux a même été avancée pour permettre à l'impérial participant de s'y produire. On a rajouté à la hâte des concours de musique, de chant et de poésie chantée. Corcyre, Corinthe, Némée, Olympie, Delphes... Les étapes se succèdent. Les victoires de Néron aussi. On peut quand-même douter de l'impartialité des juges...
A Olympie, délaissant la musique un instant, Néron participa aux courses. Sur un char attelé à dix chevaux (!), l'empereur négocia mal son virage et tomba à la renverse, manquant se blesser sérieusement. Ses gardes se précipitèrent pour l'aider à se relever et il passa la ligne d'arrivée bon dernier. Ce qui n'empêcha pas les juges de le déclarer vainqueur... Le soir même, ces juges recevaient la coquette somme de 250 000 drachmes...
Côté musique, sûr de lui, Néron clamait vouloir être considéré sur "un strict pied d'égalité" avec les autres concurrents. Ce qui risquait de vite tourner à la catastrophe... Malins, les juges grecs l'opposèrent à des rivaux célèbres et reconnus mais vieillissants ou dépassés et dont l'empereur pourrait triompher sans trop d'efforts. On ne se froisse pas avec le maître du monde.
Notons que si les romains s'indignaient de voir leur empereur sur scène jouer à l'artiste, les grecs eux n'y voyaient rien de mal. Ils considérèrent même cela comme un hommage à leur culture et, d'abord curieux, le public fût rapidement sincèrement enthousiaste.

Cette incroyable "tournée" impériale dura plus de dix-huit mois. Toute la cour y participait, courtisans, sénateurs, prétoriens, affranchis, amuseurs, artistes... Acclamé de toutes parts, vainqueur automatique de tous les concours, heureux d'enfin connaître le pays qu'il admirait tant, Néron ne semblait pas pressé de rentrer.
A Rome, quelqu'un commençait à s'inquiéter... Efficace et intelligent, l'affranchi Hélius avait été chargé de veiller aux affaires pendant l'absence de l'empereur. Or, l'empire traversait une zone de turbulences : le ravitaillement fonctionnait mal, le prix du blé avait considérablement augmenté (les navires chargés d'approvisionner Rome étaient détournés vers la Grèce pour nourrir tout ce petit monde), des troubles éclataient en Gaule, en Espagne, en Judée... Les frasques de l'empereur coûtaient cher, il avait fallu donner un sérieux tour de vis fiscal qui ne passait pas. Et beaucoup supportaient mal de voir l'empereur jouer à l'artiste sous le beau ciel bleu de la Grèce. Hélius avait déjà écrit des rapports alarmants à Néron, le pressant de rentrer. Grisé par ses succès, l'empereur avait répondu avec hauteur :" Toi qui m'implore de hâter mon retour, tu devrais bien plutôt me conseiller de revenir digne de l'artiste que je suis !"

Agacé, Hélius se décida, fît ses malles et partît en personne rejoindre la cour en Grèce. Il trouva les mots qu'il fallait puisque Néron se décida, à regrets, à rentrer. Il était pourtant sur le point de rejoindre l'Egypte, autre pays qui le fascinait. A Alexandrie, on avait même érigé un arc de triomphe pour l'accueillir. C'est cette nouvelle qui avait décidé Hélius.
En janvier 68, l'impérial voyageur quitta donc la Grèce, subissant d'ailleurs au passage une formidable tempête qui coula une partie de ses navires... Touchant enfin le sol de l'Italie, Néron ne regagna pas Rome immédiatement. Il s'attarda en Campanie pendant trois mois (!), préparant avec soin son retour triomphal. Car bien sûr, il voulait son triomphe ! Ne rentrait-il pas d'une glorieuse "campagne", couvert de victoires ? Il entra donc à Rome drapé de pourpre, sur un char doré tiré par des chevaux blancs, couronné de lauriers, reçu avec tous les honneurs prévus pour un général triomphant. Le fastueux cortège suivît le chemin habituel sous les acclamations et les ovations (plutôt forcées...), accueilli par un Sénat souriant de toute sa haine. Toujours aussi grisé, l'empereur artiste déposa cérémonieusement toutes ses couronnes, tous ses trophées, au temple de Jupiter Capitolin. On pense à Caligula qui, de retour de Bretagne (actuelle Angleterre) avait ramené de pleins coffres de coquillages, "butin pris à Neptune"...

On était en janvier 68. En juin de la même année, traqué, fuyant la ville pieds nus avec une poignée de fidèles, Néron se suicidait dans un galetas sordide. Il avait à peine trente ans.
Acta est fabula : la pièce est jouée.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mer 22 Mar - 9:09

ALEXANDRE LE GRAND


Alexandre était tout juste âgé de 20 ans lorsqu'il succéda à son père Philippe sur le trône de Macédoine.

Son premier acte en tant que jeune souverain fut de soumettre par les armes tous les peuples qui s'étaient révoltés à la mort de son père. Il fit une expédition en Grèce, détruisant presque entièrement la cité de Thèbes à l'exception de la maison du poète Pindare qui fut épargnée.

Athènes, en raison des services qu'elle avait rendus jadis à la Grèce, reçut son pardon.

Sur l'acropole de Corinthe, Alexandre fut solennellement acclamé en tant que généralissime des forces grecques contre les Perses.

Toutefois, avant de partir pour l'Asie, Alexandre voulut consulter l'oracle de Delphes. Mais la Pythie refusa d'entrer dans le temple d'Apollon, alléguant que la loi le lui défendait. Alexandre n'en eut cure et traîna la prophétesse dans le temple par la force. Celle-ci, comme vaincue par cette violence, s'écria : "Ô mon fils, tu es invincible !"

Juste avant le départ, Alexandre partagea toutes ses richesses avec ses compagnons. L'un d'eux, Perdiccas, lui demanda : "Et toi, Prince, que t'es-tu réservé ?"
- L'espérance, lui répondit Alexandre.

L'aventure pouvait commencer...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 3 Avr - 9:33

Être un esclave à Athènes au temps de Périclès...



Si aujourd'hui l'esclavage a revêtu pour nous, hommes du XXIe siècle, une image aussi péjorative et affreuse, il n'en était pas de même dans les temps antiques. A cette époque, être un esclave, c'était tout simplement être un "non-libre".

Certes, les esclaves étaient achetés et ne disposaient d'aucun droit ; ils n'avaient ni liberté, ni famille, ni possessions et leurs activités étaient réglées par le maître. Même leurs liaisons amoureuses devaient être autorisées par lui et leurs enfants étaient le plus souvent exposés. En théorie, le maître avait droit de vie ou de mort sur son esclave. Mais quel intérêt aurait eu un maître à tuer ou maltraiter ce qui représentait pour lui un investissement précieux ? Aussi, dans la pratique, l'esclave bénéficiait d'un certain confort et d’accommodements favorables propres à le faire travailler dans les meilleures conditions et obtenir de lui un meilleur rendement.
L'esclave, notamment ceux qui travaillaient à la campagne, hors du domicile du maître, pouvait même être salarié.

L'esclave était du reste une personne protégée par la loi. Il était interdit au maître de frapper son esclave en pleine rue. De même, il lui était interdit de le tuer.

Enfin, l'esclave pouvait même être entendu comme témoin à l'occasion d'un procès, soit parce qu'il avait pris l'initiative de dénoncer des agissements contraires à la loi de la part d'un homme libre, soit comme témoin dans une affaire où son maître était impliqué.

Un esclave ne restait pas esclave toute sa vie. Il pouvait être affranchi, par testament ou par rachat. Mais les liens n'étaient toutefois pas rompus et des devoirs incombaient à l'affranchi envers son ancien maître.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 3 Avr - 10:32

Attention quand-même...
Le statut de l'esclave dans l'Antiquité a lentement évolué au fil des siècles. Certains "droits" ou "avantages" ne sont venus que progressivement.

Déjà, il y a esclave et esclave. Le sort d'un esclave dans les mines, les carrières ou certaines exploitations agricoles n'avait pas grand chose à voir avec celui de l'esclave "familier", au service de son maître ou de sa maîtresse. Certains pouvaient être cultivés, instruits et valoir très cher. Dans une petite boutique familiale ou un atelier, l'esclave qui travaillait aux côtés de ses maîtres était une aide non négligeable et pouvait finir par faire partie de la famille, voire être affranchi. Il mangeait même avec ses maîtres, voire dormait à côté d'eux, pouvait effectivement recevoir un petit salaire, voire racheter sa liberté. Rien à voir avec ceux qui crevaient très vite dans l'exploitation des mines et des carrières où les conditions de travail étaient épouvantables.

A Rome, Caton le Grand n'hésitait pas à préconiser de faire tuer les esclaves trop âgés devenus inutiles. A cette époque, la République, l'esclave est un meuble, un objet, sans sentiments ni sensibilité, propriété de son maître qui en use comme bon lui semble, y compris sexuellement (et quelque soit le sexe de l'esclave). La loi imposait que tous les esclaves d'un maître assassiné devaient être livrés au bourreau. Si un procès ou une enquête avait lieu, les esclaves concernés étaient automatiquement soumis à la torture. Les esclaves travaillaient de l'aube au crépuscule soit environ neuf heures en hiver mais quinze en été et sans jours chômés.

Progressivement, sous l'influence d'une certaine philosophie humaniste et par la volonté de certains empereurs comme Claude ou Antonin le Pieux, la législation évolue. On convient que l'esclave a une sensibilité, on ne doit plus le tuer sans raison, on a désormais le droit de punir un maître trop violent, l'affranchissement se généralise, est encouragé même, le recours à la torture limité... Il y a là une incontestable évolution de la pensée romaine, une sorte d'universalité qui culminera avec l'édit de Caracalla, donnant à tous les citoyens de l'empire le rang de citoyen romain, à l'origine réservé aux seuls habitants de la ville.

Mais tout cela n'empêche pas que la différentiation homme servile/homme libre est la base de la société antique. L'esclavage, dans l'Antiquité, est chose naturelle. Elle conditionne même la sexualité : à partir du moment où c'est avec un ou une esclave, le maître peut faire ce qu'il veut avec son esclave, quel qu'en soit le sexe. Parlons crûment : qu'un maître se fasse sucer par un esclave masculin ne gênait personne, c'est sa propriété et il en fait ce qu'il veut. Mais l'inverse est fustigé et Martial, toujours aussi franc et direct, conspue ces maîtres infâmes "dont l'haleine empeste le sperme"... Il y avait même des esclaves sexuels, des deux sexes, spécialement formés et que l'on achetait pour ça. Les affranchis eux-mêmes, bien que redevenus libres, n'avaient pas les mêmes égards que les hommes nés libres.

En Grèce, l'esclave n'a juridiquement aucun droit (comme la femme d'ailleurs...). Un homme libre passible d'une amende pouvait faire fouetter son esclave pour payer, un coup de fouet par drachme... La parole de l'esclave n'a aucune valeur. La seule protection de l'esclave est vue sous le prisme de son maître : si quelqu'un frappe un esclave appartenant à un autre, ce dernier va poursuivre le fautif, pas par considération envers l'esclave mais parce que l'offenseur s'en est pris à son bien, à sa propriété.
Xénophon recommande de traiter l'esclave comme un animal domestique. Plus large d'esprit, Aristote conseille de le traiter comme un enfant car " il se peut que l'esclave soit capable de comprendre les ordres qu'on lui donne"...
En ville, l'esclave peut, à côté de son travail habituel, travailler pour son compte. Mais il doit alors verser un petit dédommagement, l'Apophora, à son maître ou sa maîtresse. Comme à Rome, il peut racheter sa liberté s'il en a les moyens.
Enfin, signalons le cas très spécial de l'asservissement pour dettes : un homme incapable de rembourser une dette se voyait devenir esclave de son créancier, pour compenser la perte de ce dernier. Il s'agissait là d'un esclavage temporaire dont la durée était fixée par le tribunal de la cité et l'esclave "temporaire" gardait certains droits. Il pouvait également utiliser ses enfants pour le remplacer.

Et puis, n'oublions pas la diversité et complexité des sentiments humains : comme partout, il y avait parmi les maîtres et maîtresses de parfaits salauds et des gens humains et altruistes...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 3 Avr - 13:08

Ce n'est pas un plaidoyer pour l'esclavage. J'essaie juste de comprendre la différence qu'il y avait entre l'esclavage tel qu'il était pratiqué dans l'Antiquité et dans les siècles ultérieurs, voire même aujourd'hui (car oui, l'esclavage existe malheureusement toujours).

Il y avait des lois qui protégeaient les esclaves mais, comme tu l'as dit, les sentiments humains étant ce qu'ils sont, il y avait des maîtres qui s'en fichaient complètement de maltraiter leurs "biens"... un peu comme aujourd'hui un propriétaire de chien qui dresserait ce dernier à coups de cravache dans le museau.

D'ailleurs, je pense que c'est un peu comme cela qu'il faut concevoir l'esclave dans l'antiquité : un humain "domestique" - comme il existe des animaux domestiques. On en faisait un marché, on les achetait en étudiant la morphologie, les dents, la force, etc. exactement comme on le fait pour acheter un cheval, un chien ou un chat.

Certains esclaves avaient de très bons rapports avec leur maître ou leur maîtresse, d'autres étaient moins lotis. Tout comme des chiens peuvent tomber dans une bonne famille ou une mauvaise famille.

Après cela dépend des cités en Grèce. Certaines établiront une législation pour protéger l'esclave, de la même manière qu'aujourd'hui existe le droit des animaux, d'autres interdiront juste un maître de tuer son esclave, mais cette protection de la loi ne se limitera qu'à ça.

Enfin, avec le temps, la philosophie, les mentalités évoluant, la notion d'esclavage est devenue moins acceptable tant chez les Grecs que les Romains, d'ailleurs. Le christianisme, de ce point de vue là, a beaucoup contribué à changer les consciences.

Ce qui n'a pas empêché l'esclavage de perdurer par la suite.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 3 Avr - 18:25

Avec l'esclavage, on plonge dans les tréfonds de la pensée antique, dont sa conception de la vie, de l'autre. Ce qui nous paraît aujourd'hui impensable était naturel, normal, dans l'univers mental grec ou romain. Un être humain pouvait être un bien comme un autre, dont on usait comme on voulait, aussi naturellement qu'on voyait des gladiateurs s'entretuer pour le plaisir des foules.

Mais il n'y avait pas que les esclaves. Comme Lucien Jerphagnon l'a souligné, pour un sénateur, le monde se limitait aux centaines de personnes de son milieu, la plèbe n'existait pas. Même chose pour tous ces auteurs talentueux, Tacite, Pline le jeune, Dion de Pruse... qui n'écrivent que pour leur entourage, pour leur caste. Tous ces beaux textes sur la philosophie, l'homme, les dieux, les droits et libertés ne vont pas jusqu'à la plèbe car elle n'est rien. L'empire s'était gonflé d'une foule oisive d'assistés que l'on nourrissait et divertissait mais qui ne représentait rien, socialement et politiquement. On leur donnait du pain et des jeux pour mieux leur faire oublier qu'ils resteraient à jamais des citoyens de seconde zone.
Conséquence : au fil du temps, une nouvelle différentiation vient s'ajouter à celle homme libre/servile et citoyen/non citoyen, celle qui oppose honestiores et humiliores, puissants et humbles. A partir du règne d'Antonin le Pieux, pourtant empereur humaniste par excellence, il est désormais écrit dans les textes législatifs que la richesse donne le pas sur la pauvreté... Chose étonnante pourtant, l'empire ne connût pas de Révolution type 1789. Ce système profondément inégalitaire était accepté, naturel, sacré même. Au mieux essayait-on de se faire une meilleure place pour soi-même.

L'Antiquité fût une période férocement inégalitaire. Ne parlons pas de la Grèce où femmes, étrangers et esclaves ne sont rien juridiquement et où, même au sein des citoyens libres, seule une minorité détient tous les pouvoirs de la cité. Si les grecs ont "inventé "la démocratie, elle n'avait pas grand-chose à voir avec ce que nous mettons sous ce terme...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 3 Avr - 21:23

Voyageur Solitaire a écrit:
Avec l'esclavage, on plonge dans les tréfonds de la pensée antique, dont sa conception de la vie, de l'autre. Ce qui nous paraît aujourd'hui impensable était naturel, normal, dans l'univers mental grec ou romain. Un être humain pouvait être un bien comme un autre, dont on usait comme on voulait, aussi naturellement qu'on voyait des gladiateurs s'entretuer pour le plaisir des foules.

C'est vrai. J'essaie pourtant lorsque j'étudie une période historique, de m'immerger, de ressentir ce que pouvait être la vie à cette époque, mais j'ai encore mes réflexes d'humaniste du XXIe siècle malgré tout. J'ai du mal à concevoir comment on pouvait "vendre" un homme. Pourtant, oui, j'imagine que cela ne devait pas choquer Grecs et Romains, que c'était normal pour eux.

Preuve que, finalement, même quand on met de la bonne volonté et que l'on essaie d'être le plus objectif possible, il est difficile de regarder une période donnée sans garder ses yeux d'homme moderne, de son temps.

On a beau nous présenter l'Antiquité gréco-romaine comme la source de notre système politique, ils étaient malgré tout très éloignés de nous, au fond...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mer 7 Juin - 13:33

Le sceau d'un roi de Judée découvert à Jérusalem



Des archéologues israéliens sont parvenus à établir qu'un petit objet découvert il y a cinq ans lors de fouilles près de la vieille ville de Jérusalem était un sceau portant le nom d'un roi de Judée du VIIIe siècle avant Jésus-Christ, Ezéchias, fils d'Achaz.

Pour la directrice des fouilles, Eilat Mazar, de l'Université hébraïque de Jérusalem, cet objet "a très probablement été tenu par le roi Ezéchias".

Le sceau porte des motifs de style égyptien, un disque solaire ailé et une ankh, le hiéroglyphe qui signifie "vie".

Ezéchias, roi de Judée de -716 à -687, a notamment fait fortifier Jérusalem et y a fait acheminer l'eau potable par un canal qui a été découvert au XIXe siècle.

"Il mit sa confiance dans Yahweh, Dieu d'Israël, et il n'eut pas son semblable parmi tous les rois de Juda qui vinrent après lui ou qui le précédèrent", dit de lui le Deuxième Livre des Rois (18:5).
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mer 7 Juin - 22:14

Assez intrigant ce mélange de style judéo égyptien. En même temps, avec la proximité géographique et l'épisode de Moïse, cela a du sens.

_________________
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Sam 29 Juil - 5:04

Reconstitution d'un kleroterion, machine qui tirait au sort les citoyens athéniens.

Kleroterion - CNRS sur Dailymotion
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mer 2 Aoû - 6:09

Aujourd'hui 2 août, le peuple chrétien honore la mémoire de sainte Blandine, vierge et martyre...


Fêtée le 2 juin, la martyre la plus connue des Français est une jeune esclave arrêtée ainsi que ses amis en raison de leur refus de participer au culte impérial.

Selon le récit d'Eusèbe de Césarée, Blandine et un jeune garçon de 15 ans, Pontique, assistèrent sans fléchir à la torture de leurs compagnons d'infortune pendant plusieurs jours.

Au terme de cette première épreuve, ils furent eux-mêmes livrés aux bêtes le 2 août 177 dans l'amphithéâtre des Trois Gaules, devant les représentants des soixante nations gauloises. Les fauves s'étant détournés de Blandine, celle-ci fut fouettée, jetée dans un filet et exposée plusieurs fois aux cornes d'un taureau, enfin égorgée !
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mer 2 Aoû - 14:31

Evènement d'autant plus connu chez moi étant lyonnais. C'est effectivement à Lyon, dans l'amphithéâtre de la Croix Rousse qu'eurent lieu en 177 des persécutions contre les chrétiens (47 victimes). Persécutions ordonnées paradoxalement sous le règne de Marc Aurèle, "l'empereur philosophe", modèle du "bon empereur", intelligent, cultivé et tout et tout... Comme quoi...

C'était l'époque où le christianisme était encore mal connu, entouré de mystères et en proie aux rumeurs les plus folles comme les plus sordides. Des bribes de rituels étaient parvenues aux autorités impériales mais déformées et mal comprises : le fameux "Ceci est mon corps livré pour vous, prenez-en et mangez-en" passait par exemple pour du cannibalisme... C'est d'ailleurs sous ce chef d'accusation (entre autres) que seront condamnés les chrétiens de Lyon. On parlait de bébés égorgés, d'orgies dans les catacombes, de rites abominables.

Blandine fût ignorée par les fauves qui dévorèrent ses compagnons d'infortune sans s'attaquer à elle. Elle fût alors flagellée, étendue sur une grille brûlante, livrée aux taureaux sauvages enfermée dans un filet... Elle vivait toujours. L'émotion gagna les spectateurs, certains la suppliant presque et lui criant de renoncer à sa foi pour avoir la vie sauve. Devant son refus, elle est égorgée par le bourreau.
Elle est depuis la patronne de la ville de Lyon.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mer 2 Aoû - 18:38

Sainte Blandine occupe une place particulière dans ma vie, parce que j'avoue que, enfant, j'étais fasciné par ce personnage.

Peut-être parce que sainte Blandine est morte très jeune. Je trouvais alors sa mort tellement injuste et cruelle. Mais, en même temps, elle a fait preuve d'un tel courage et d'une telle détermination que son martyre peut servir d'exemple.

Elle est la résistance incarnée. Mais une résistance sans haine, sans vengeance. Juste de l'amour et surtout de la compassion. Compassion pour ses bourreaux, pour commencer. En cela, sa mort n'est pas une défaite mais une victoire.


Voyageur Solitaire a écrit:
C'était l'époque où le christianisme était encore mal connu, entouré de mystères et en proie aux rumeurs les plus folles comme les plus sordides. Des bribes de rituels étaient parvenues aux autorités impériales mais déformées et mal comprises : le fameux "Ceci est mon corps livré pour vous, prenez-en et mangez-en" passait par exemple pour du cannibalisme... C'est d'ailleurs sous ce chef d'accusation (entre autres) que seront condamnés les chrétiens de Lyon. On parlait de bébés égorgés, d'orgies dans les catacombes, de rites abominables.

Le christianisme est arrivé avec son message d'égalité civile, de paix, de fraternité. Dans une société où il y avait des esclaves, des maîtres, des patrons, des clients. D'un seul coup, on vous dit "aimez-vous les uns les autres" ; plus de différences, plus de statuts, de rangs, de grades... de genre même... hommes, femmes, pauvres, riches, maîtres ou esclaves, tous égaux sous le regard de Dieu.

Le christianisme, c'était la religion des petits, des humbles, des sans-avoir. En plus, ce culte ne reconnaissait qu'un seul Dieu et refusait de prêter allégeance à l'Empereur. C'est d'ailleurs pourquoi, paradoxalement, les premiers chrétiens passaient pour ... des athées !

Les premiers chrétiens passaient pour athées et rebelles. D'où la haine qu'on leur portait.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Sam 5 Aoû - 9:21

Mécène


(Photo : Cgheyne)


Il est souvent oublié ou négligé, pourtant son nom est passé dans le langage courant pour désigner un protecteur des arts et des lettres, un mécène, ce qui n'est pas rien.

Mécène est même indissociable du règne d'Auguste dont il fût un proche. Chevalier toscan, fabuleusement riche, très instruit et cultivé, c'était un homme racé et intelligent, avec une vaste culture et beaucoup de goût. Peu porté sur les empoignades politiques, c'était plutôt un diplomate, un habile et fin négociateur. Il interviendra à plusieurs reprises, de façon discrète et efficace (mais toujours temporaire), pour réconcilier Octave et Marc Antoine, au bord de la guerre civile. Il négociera très habilement bien d'autres alliances et traités.

Devenu empereur et Auguste, Octave le garde à ses côtés et en fait même son représentant à l'étranger. Les relations entre les deux hommes ne sont pourtant pas toujours faciles : Mécène était très amoureux de son épouse, Terentia, qui le trompait ouvertement avec... Auguste. Dans le même temps, il avait du mal avec Agrippa, rude et solide militaire et surtout meilleur ami, bras droit et gendre d'Auguste.
C'est peut-être pour cela que Mécène se fait plus discret et se retire dans sa magnifique propriété de l'Esquilin. Une fois installé, il attire alors à lui poètes, écrivains et artistes qu'il protège, finance et soutient. Il donne des fêtes fastueuses au cours desquelles il met en avant ses protégés, les faisant connaître et apprécier, leur trouvant d'autres "mécènes". Racé et élégant, toujours diplomate et affable, cultivé, il détonne un peu dans une Rome encore assez rude et guerrière et doit subir de nombreuses attaques : on le dit "plus efféminé qu'une femme", peu ou pas viril, mou et frivole. On ricane aussi sur sa liaison homosexuelle avec Bathylle, le plus grand danseur de l'époque qui était l'un de ses protégés.
Vers la fin de sa vie, ses relations avec l'empereur s'affaiblissent et Mécène préfère s'effacer. A sa mort, il lègue malgré tout à l'empereur sa colossale fortune.

Homme instruit et racé, esthète et intelligent, Mécène est donc passé dans l'histoire comme patron des poètes et protecteur des arts, donnant son nom au mécénat. Négociateur habile mais discret, il fût quand-même l'un des deux plus puissants conseillers d'Auguste avec Agrippa mais occulté par ce dernier, plus imposant et plus flamboyant.
On peut le rapprocher du personnage de Pétrone, "arbitre des élégances", tel qu'Hollywood l'a popularisé dans le Quo Vadis de 1951, sous les traits de Léo Genn. Ce qui est assez paradoxal d'ailleurs, le véritable Pétrone ayant été assez éloigné du personnage popularisé par le roman et le film...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Sam 5 Aoû - 9:32

Un des rares empereurs romains qui soit mort dans son lit...

A une époque où une carrière politique se terminait le plus souvent assez brutalement, il faut bien signifier ce fait.. Smile
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Sam 5 Aoû - 10:08

Effectivement, Auguste est mort à 76 ans après un règne de plus de 40 ans, chose exceptionnelle pour l'époque. La plupart des grands empereurs ont régné 20 ans en général.
Après, il faut faire attention aux clichés : tous ne sont pas morts trucidés ou empoisonnés. Vespasien, Titus, Trajan, Hadrien, Antonin, Marc Aurèle... sont morts de maladie et de vieillesse à des âges avancés pour l'époque, aux alentours de la soixantaine.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Sam 5 Aoû - 19:01

Les Antonins, c'est l'âge d'or de l'Empire. C'est après Marc-Aurèle que le grand bordel commence. A partir du moment où les empereurs seront nommés par les légions... le IIIe siècle, c'est vraiment l'anarchie : il y aura même des empereurs gaulois autoproclamés ! Very Happy
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Sam 5 Aoû - 20:02

C'est même un jeu de massacre, "le coup d'état permanent" comme l'a dit l'historien Lucien Jerphagnon : 23 empereurs en 50 ans dont 13 sont assassinés, 7 tombent au combat, 2 se suicident et un qui meurt de la peste... 5 empereurs rien que pour la seule année 238. Certains n'ont régné que quelques semaines. Ce qui n'empêche pas qu'on les déifie tous les uns après les autres. On vous égorge ou empoisonne mais une fois mort, on fait de vous un dieu... C'est la moindre des politesses...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 6 Aoû - 0:39

Parce que l'empereur n'était au final qu'un chef. Il n'avait pas cette dimension sacrée qu'aura, par exemple, les rois de France à partir du Moyen Age. Cela explique cette course au pouvoir. Surtout à mesure que le territoire de l'empire s'étend et que l'autorité de l'Etat se relâche.

C'est d'ailleurs la force mais aussi la faiblesse de l'empire romain. C'est même ce qui a précipité sa décadence puis sa chute. Chute politique, ceci dit, parce que, d'un point de vue culturel, on peut dire que la civilisation latine l'a emporté. Et même chez les Barbares, Rome brillait toujours d'un tel éclat qu'ils s'honoraient d'être les défenseurs de l'empire.

Clovis, roi des Francs, revêtait souvent les insignes impériaux de Consul que lui avait envoyé l'empereur de Constantinople. Et le latin restait la langue des savants, de l'administration et même du peuple, en fin de compte, puisque si les Barbares conservaient leur langue, les populations du territoire de l'ex-empire d'Occident continuaient toujours de s'exprimer en latin. Et l'Eglise, finalement, a maintenu la tradition romaine, surtout dans ses divisions administratives (diocèses, légatures, etc.)
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 6 Aoû - 8:25

L'Empire était fragile, on est stupéfait de voir comment un tel ensemble s'est effondré aussi rapidement (relativisons, sur plusieurs siècles quand-même). Mais quand on voit l'âge d'or des Antonins et l'anarchie qui vient tout de suite derrière, en quelques années, c'est saisissant. Il y a heureusement eu des empereurs exceptionnels, à la poigne de fer, à la volonté farouche comme Septime Sévère, Galien, Aurélien ou Dioclétien. Mais ils n'ont fait que retarder l'inexorable.

Personne n'avait pris la mesure des "invasions barbares" : on pensait à quelques intrusions sporadiques qu'on materait par des opérations ciblées. Les autorités impériales n'avaient pas conscience qu'il s'agissait cette fois de migrations de peuples entiers qui se poussaient les uns les autres. La plupart des grandes villes n'avaient même pas de murailles, Rome elle-même dût en ériger une en vitesse, le fameux mur d'Aurélien.
La faiblesse des effectifs étonne également : 350 000 hommes pour quand-même 10 000 kilomètres de frontières.

Au même moment éclatait une crise économique formidable, qui couvait depuis longtemps. L'écart entre riches et pauvres était énorme, en Italie les cultures, fermes et exploitations étaient laissées à l'abandon car il coûtait moins cher de faire venir le blé et autres biens d'Egypte ou de Gaule. A Rome, la population s'était gonflée d'oisifs nourris par l'état (les distributions gratuites de nourriture de l'Annone) qui ne demandaient plus que leur pain et des jeux. La guerre ne fît qu'aggraver les choses, coupant les voies commerciales et interrompant le ravitaillement des marchés. Les prix explosèrent alors.

Enfin, manque de bol, une série d'épidémies mortelles qui emporta même plusieurs empereurs dont le brave Marc Aurèle, à Vienne, en Autriche.
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