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 ANTIQUITE

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MessageSujet: ANTIQUITE   Ven 26 Avr - 17:41

Ce qui donne le vertige, c'est cette fin, ce suicide "aidé" dans un trou crasseux, une cave sordide pour celui que les romains ont tant adoré. Je savais que Néron s'était suicidé, mais ce n'est qu'en lisant plusieurs biographies sérieuses que j'en ai appris le déroulement, cette fuite en plein désordre, pieds-nus, cette course à travers la campagne, ces heures terré au fond d'un réduit avec ses derniers fidèles et cette fin pathétique du dernier César de la dynastie Julio- Claudienne, à même pas 30 ans.
Touchant aussi le dévouement du jeune ennuque Sporus, son amant, qui l'accompagne jusqu'au bout et se donnera également la mort par la suite. Touchant, le geste de la belle Actée, son premier amour, qui veillera à sa toilette funèbre et à sa crémation.

Il faut surtout se souvenir que Néron fût adoré de son peuple et longtemps. Ce n'est que dans les derniers temps du règne que les petites gens se détourneront de lui. A l'époque, il passait pour matricide (assassin de sa mère, ce qui est vrai), uxoricide (assassin de sa femme Poppée, ce qui est moins sûr) et incendiaire de Rome (ce qui est faux). Cela n'empêchait pas le peuple de l'aimer : "Il ne manqua pas de gens pour orner longtemps après sa tombe des fleurs du printemps et de l'été" selon Suétone.
Même chose pour Caligula, dont les frasques n'atteignaient que le Sénat et les élites. Dion Cassius le déclare comme "Le plus démocratique des empereurs" et Philon d'Alexandrie (qui eût pourtant à se plaindre de lui) écrit que :" Alors, les riches ne passaient pas devant les pauvres ni les célébrités devant les gens obscurs, les maîtres ne l'emportaient pas sur les esclaves, les circonstances donnaient l'égalité."
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MessageSujet: ANTIQUITE   Ven 26 Avr - 19:02

18 juillet 64 : Rome brûle !


Depuis plusieurs jours, il fait une chaleur épouvantable, Rome suffoque sous la canicule, le niveau du Tibre est au plus bas, même les nuits sont brûlantes. Pas une goutte de pluie depuis des semaines. Néron César est à Antium (où il est né), au bord de la mer, avec sa cour pour tenter de trouver un peu de fraîcheur. Il voit accourir le consul Licinius Crassus Frugi et le tribun des cohortes prétoriennes, Subrius Flavus. Les deux hommes annoncent à l'empereur qu'un formidable incendie dévaste la ville impériale. Ce n'est certes pas la première fois : les incendies ne sont pas rares dans une ville où la majeur partie des constructions sont en bois, où l'on promène quantité de lampes, torches, réchauds, braseros... Déjà, le quartier de l'Aventin avait brûlé sous Tibère et le quartier Emilien s'était consumé sous le règne de Claude. Le feu est la terreur des romains, les incendiaires sont condamnés à mort...

Mais cette fois, c'est un drame, une catastrophe, toute la ville est en feu. L'incendie serait parti du quartier du Grand Cirque. Le préfet des vigiles, chargé de la lutte contre le feu, ne dispose que de 7000 hommes pour une population d'environ un million 200 000 habitants... Néron se précipite à Rome et prend immédiatement des mesures efficaces : il ouvre aux réfugiés le Champ de Mars, immense espace découvert et y fait dresser des tentes pour les accueillir. Même chose avec les Jardins du Vatican qui lui appartiennent, il fait également ouvrir les bains, les temples, les tribunaux... Il fait baisser le prix du blé à trois sesterces le boisseau et fait venir des convois de vivres en urgence depuis le port d'Ostie.
Il est même quasiment certain que l'empereur en personne aida les sauveteurs au milieu du sinistre. On a le témoignage du tribun Subrius Flavus, confirmant avoir vu l'empereur, isolé et sans ses gardes, au milieu des maisons en flammes.

Rome brûla six jours et sept nuits, plus de 20% de la ville fût entièrement détruit, rasé. Devant une telle catastrophe, personne ne crût à un incendie naturel et bientôt, le peuple exigea un coupable. Et là, le terrain devient glissant...
Néron ? A plusieurs reprises, l'empereur n'avait pas caché sa volonté de "rebâtir" Rome, d'en faire une ville "nouvelle", digne de son règne à lui, l'empereur- soleil. De là naquit la légende de l'empereur incendiaire, ayant brûlé sa capitale à des fins d'urbanisme pour édifier sa nouvelle ville. Surtout qu'il profitera de la reconstruction pour se faire bâtir un palais magnifique, la Maison dorée.
Les chrétiens ? Mal connus, considérés comme une secte sans importance, ils inquiètent un peu, certains exaltés apellant à "brûler la nouvelle Babylone".
Les juifs ? Ils forment une communauté à part, soigneusement encadrée par la loi romaine et sont en guerre ouverte contre ces chrétiens, "dissidents" à leurs yeux. Ils ont également l'attention et la protection de Poppée, l'impératrice, qui les écoute avec bienveillance.

C'est alors que certains notèrent que le quartier juif, situé de l'autre côté du fleuve, avait été épargné par le fléau et on les accusa. Ici, l'histoire se trouble : pour certains, il semblerait que les juifs de Rome, effrayés, rejetèrent la responsabilité de la catastrophe sur ces chrétiens qui semaient le trouble dans leurs rangs. Ils auraient peut-être été aidés par l'impératrice elle-même, sympatisante de leur cause, au point que certains l'accusaient à la cour de s'être convertie en secret au judaïsme.
Pour d'autres, ce fût Néron directement qui désigna les chrétiens comme boucs-émissaires, effrayé par les accusations portées contre lui.
Quoiqu'il en soit, les chrétiens furent désignés comme incendiaires et condamnés au supplice. Combien furent suppliciés, crucifiés, livrés aux lions ? La communauté chrétienne de Rome comptait environ 2000 à 3000 membres à l'époque et l'on peut estimer qu'environ 500 furent suppliciés. On est loin des 200 000 massacrés par Dioclétien bien plus tard.

Le grand incendie de Rome fût certainement provoqué par des causes naturelles. Ni Néron, ni les juifs, ni les chrétiens n'en furent responsables. Mais l'empereur ne cachait pas ses rêves de rebâtir la ville à son goût et les chrétiens apellaient à brûler la nouvelle Babylone, la nouvelle Sodome, la bête aux sept têtes... On ne prête qu'aux riches.
Les chrétiens ne furent pas condamnés en tant que tels, pour leurs convictions religieuses (on s'en foutait à l'époque) : ils furent condamnés comme incendiaires. S'ils furent crucifiés ou livrés aux fauves, il faut savoir que c'était le sort habituel réservé aux condamnés de droit commun.
Enfin, Néron fît reconstruire Rome selon des plans remarquables, assisté des architectes Severus et Celer : tous les immeubles furent bordés de portiques surmontés de terrasses d'où l'on pouvait combattre le feu. Les rues furent élargies, les quartiers sinistrés reconstruits en pierre d'Albe ou de Gabies, réputée résistante au feu, les bâtiments furent séparés, la distribution de l'eau et la disposition des fontaines réorganisée afin de couvrir toute la ville. Enfin, chaque habitant se vît ordonner de tenir "toujours prêt et à portée de main" de quoi combattre un départ de feu.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 28 Avr - 1:32

Les conquêtes de Rome ont été accompagnées de violences, les provinces annexées exploitées par les vainqueurs, ce qui est, hélas, une pratique habituelle. Mais l'administration impériale a assuré plus de justice et d'équité que la République.

En outre, l'Empire a apporté plusieurs siècles de paix et de prospérité.

Mais Rome a répandu "sa" civilisation, aux dépens de toutes les autres cultures. Bienfait ? Désastre irréparable ? On peut en débattre...
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MessageSujet: ANTIQUITE   Dim 28 Avr - 8:16

Effectivement, il ne faut pas voir dans la République romaine un reflet de la nôtre. La République romaine n'avait rien de démocratique, c'était le pouvoir absolu du Sénat, une assemblée de seigneurs, propriétaires et hommes d'argent, qui faisaient la pluie et le beau temps. Et surtout, sans aucun contrôle, avec comme conséquence, une corruption incroyable et des abus de toutes sortes. Un monde fermé, imbu de son rang et de ses préjugés, qui parlait "au nom du sénat et du peuple romain" (c'est la fameuse abréviation SPQR : Senatus Populusque Romanus), mais le peuple n'avait pas son mot à dire. La République romaine était en fait une oligarchie, une minorité aux pleins pouvoirs de nantis se partageant les provinces conquises et les administrant selon son bon vouloir.
Une oligarchie de surcroît très traditionnaliste, figée et sclérosée, vigilante gardienne des traditions les plus désuètes et arbitraires.

Avec l'Empire, les choses changent : il y a désormais à Rome un empereur à qui il faut rendre des comptes et il n'est pas forcément arrangeant ou faible. Il y a désormais une administration centralisée, des fonctionnaires qui demandent des comptes, qui surveillent, vérifient et sanctionnent. Comme les rois de France luttant contre leurs vassaux pour étendre et centraliser le royaume, de nombreux empereurs entreront en conflit avec le Sénat pour rogner ses pouvoirs et affermir celui de l'Etat. Si certains prirent des gants histoire de gouverner tranquille, d'autres ne cachèrent pas que pour eux, le Sénat n'était plus qu'une partie du décor. D'ailleurs, au fil des empereurs, le Sénat se vera dépouillé de tous ses pouvoirs au profit de la couronne impériale. Et contrairement à l'idée trop souvent reçue, tous les empereurs ne furent pas des imbéciles, des fous ou des tyrans. La législation impériale se fera plus juste, on interdira de tuer les esclaves selon son bon vouloir, on établira qu'ils ont une âme comme tout le monde, la femme s'émancipera, la citoyenneté romaine s'étendra progressivement à tous les citoyens de l'Empire, l'impôt sera mieux perçu...

Pour la civilisation romaine, je nuancerai un peu. Certes, Rome a imposé son modèle, mais elle restait assez ouverte, tolérante et perméable, surtout dans le domaine religieux où les romains laissaient les gens adorer qui ils voulaient. Certains empereurs comme Hadrien respectèrent beaucoup les coutumes et particularités locales. Les romains imposaient leur domination, mais prenaient sans problèmes ce qui les interessait ou pouvait être utile chez les autres pour l'adapter à leur propre culture.

Après, il ne faut pas se faire d'illusions non plus : il sera toujours mieux d'être né libre qu'esclave, d'être riche que pauvre et si Rome était tolérante, elle réprimait impitoyablement dans le sang toute rébellion envers l'ordre qu'elle avait établi.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 28 Avr - 9:03

Voyageur Solitaire a écrit:

Pour la civilisation romaine, je nuancerai un peu. Certes, Rome a imposé son modèle, mais elle restait assez ouverte, tolérante et perméable, surtout dans le domaine religieux où les romains laissaient les gens adorer qui ils voulaient. Certains empereurs comme Hadrien respectèrent beaucoup les coutumes et particularités locales. Les romains imposaient leur domination, mais prenaient sans problèmes ce qui les interessait ou pouvait être utile chez les autres pour l'adapter à leur propre culture.

En conquérant la Gaule, Rome a quand même effacé toute la culture d'un peuple... surtout en les qualifiant de "barbares". Alors qu'on doit aux Gaulois beaucoup d'inventions originales qui ont même fait l'étonnement des Romains : le tonneau, par exemple. Et puis, les Gaulois, loin de vivre dans des villages de paille, habitaient des vraies cités avec un Sénat en tout comparables à Rome. Vesontio, par exemple, aujourd'hui Besançon, était la capitale des Séquanes et c'était une ville très développée qui aurait pu rivaliser avec n'importe quelle cité romaine.

Le problème des Gaulois et des Celtes, c'est qu'ils n'ont jamais su trouver, comme les Romains, la force de se fédérer et de s'unir. Sinon, il y a tout lieu de croire qu'ils auraient constitué une force extraordinaire pour résister à l'influence de leur puissant voisin.

Aujourd'hui, nous serions en train de parler une langue celtique au lieu d'une langue latine.

C'est un peu mon reproche que je fais à Rome. Rome a conquis et subjugué plein de peuples, au point d'effacer leurs cultures. Il a quand même fallu des révoltes de Gaulois, en Belgique notamment, pour que les Romains prennent en compte leurs revendications.

Toutefois, c'est vrai que l'Empire fut davantage tolérant et ouvert que ne l'était la République.
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MessageSujet: ANTIQUITE   Dim 28 Avr - 9:49

Il ne faut pas oublier que les romains furent des conquérants. Ils se sont taillés un empire, à partir de là... La situation était très différente suivant les provinces et les empereurs. Certaines provinces n'étaient peuplées à leurs yeux que de "barbares" et c'étaient des colonies pures et simples. D'autres étaient beaucoup plus estimées et respectées, comme la Grèce ou l'Egypte, cette dernière étant même considérée comme propriété de l'empereur.
Certains empereurs ne voyaient que l'ordre romain, la loi romaine, alors que d'autres étaient plus ouverts aux coutumes et traditions locales. L'empire était immense et a duré des siècles, les situations étaient donc très variables.

De manière générale, la civilisation romaine était quand-même une "éponge" : les romains prenaient sans états d'âme chez les autres ce qui pouvait leur être utile, sans chauvinisme. A la base, leur civilisation est un mélange d'influences étrusques, grecques et autres.

Pour les gaulois, on leur doit le tonneau, le savon, le pantalon (les braies dont les romains se moquèrent au départ avant de réaliser qu'elles tenaient chaud aux jambes) et une métallurgie plus développée que la romaine également.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 28 Avr - 12:08

Dommage que les gaulois n'ai pas laissé de traces écrites car a part ce que les romains ont écrit sur eux (déformé pour glorifier Rome) on ne connait finalement pas grand chose d'eux.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mar 30 Avr - 18:10

Ricimer, le dernier maître de Rome

Ricimer né vers 405 était un général romain, d'origine suève et de sang royal, il était par sa mère le petit-fils de Vallia, roi des Goths. Il s’appuya sur sa fonction de magister militum (maitre de la milice) pour exercer le pouvoir effectif sur l’Empire romain d’Occident par l’entremise de souverains fantoches de 456 à sa mort en 472.
Dès sa jeunesse, il signala sa valeur et parvint rapidement aux premiers emplois militaires. Chargé par l'empereur Avitus, en 456, de poursuivre la flotte des Vandales, il l'atteignit sur les côtes de l'île de Cors et la détruisit entièrement. A son retour en Italie, il fut accueilli comme un libérateur, profita de la faveur publique pour dépouiller de la pourpre Avitus et le contraignit à abdiquer. Après un interrègne de dix mois, il consentit enfin à l'élection de Majorien, l'un de ses compagnons d'armes. Ricimer, que le sénat avait décoré du titre de patrice, fut comblé de faveurs par un prince qui lui devait l'empire.
En 458, il tailla en pièces l'armée des Vandales dans la Campanie, et l'année suivante il fut créé consul. Peu de temps après, Majorien conclut avec Genseric une paix avantageuse ; et ce prince, qui joignait les vues d'un politique aux talents d'un capitaine, allait peut-être relever le trône des Césars, quand Ricimer, craignant de voir sa gloire éclipsée par celle de Majorien, le fit déposer et mettre à mort. Alors il donna le trône à Libius Sévère, dont la nullité ne pouvait lui causer aucun ombrage. Sous ce fantôme de souverain, Ricimer fut réellement le chef de l'empire ; il accumula des trésors, eut une armée à lui, fit des traités particuliers, et exerça en Italie l'autorité indépendante qu'eurent depuis successivement Odoacre et Théodoric. En 463, il remporta la victoire la plus complète sur les Alains, qui s'étaient avancés jusqu'au pied des Alpes Juliennes, tua Beorgor, leur chef, et fit égorger tous ses soldats.

L'Italie gémissait depuis six ans sous la tyrannie de Ricimer, quand l'empereur Léon Ier éleva sur le trône d'Occident, en 467, Anthemius, sous la condition secrète qu'il prendrait Ricimer pour gendre. Malgré les honneurs dont était comblé l'ambitieux Suève, il ne pouvait voir l'Italie en paix ; et, par une politique méprisable, il tenta de susciter des ennemis à son beau-père parmi les barbares. Anthemius lui témoigna son mécontentement, et Ricimer, quittant Rome aussitôt, fixa sa résidence à Milan. Ainsi, selon la remarque de Gibbon, l'Italie fut alors divisée en deux royaumes indépendants et jaloux. Les Liguriens, craignant de voir éclater la guerre civile, supplièrent Ricimer de se réconcilier avec son beau-père.
Il y consentit, et le pieux évêque de Pavie, Epiphane, se chargea de cette négociation. Cet accord ne fut pas de longue durée. L'empereur Léon, pour rendre la paix à l'Orient, avait fait assassiner Aspar et Adubenius, deux de ses sujets les plus puissants. Ricimer, craignant qu'Anthemius ne lui préparât le même sort, résolut de le prévenir. Ayant augmenté son armée d'un corps nombreux de Bourguignons et de Suèves, il vint assiéger son beau-père dans Rome. Lorsqu'il apprit que Léon envoyait au secours d'Anthemius plusieurs légions, il fit proclamer empereur Olybrius, leur chef, battit ensuite les troupes d'Anthemius, qu'il fit égorgé, et il livra Rome au pillage, à part les deux quartiers en deça du Tibre qu'occupaient ses partisans.

Ricimer ne put jouir de ce nouveau crime ; il mourut le 18 août 472, d'une hémorragie quarante jours après Anthemius. Fier et ambitieux, Ricimer, que sa naissance excluait du trône, ne voulut avoir de maîtres que de son choix, et, pour y parvenir, tous les moyens lui parurent justifiés par le succès. C'était d'ailleurs un prince doué des qualités les plus brillantes. L'historien des Goths, Jornandès, le met au-dessus de tous les capitaines de l'Italie, Sidoine Apollinaire, qui lui donne le titre d'Invincible, le regardait comme l'égal de la plupart des héros de Rome.
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MessageSujet: ANTIQUITE   Mar 30 Avr - 18:40

Oui, beaucoup de "barbares" se battirent en fait pour Rome et lui donnèrent même des empereurs efficaces dans cette période troublée qui voit l'empire s'effondrer lentement.
Certains peuples barbares ne voulaient pas détruire Rome, mais s'y intégrer. Plus d'un chef barbare valeureux obtînt un grade dans l'armée impériale, certains devînrent de bons et loyaux généraux et même de bons empereurs. C'était l'origine des fameux Feodus, des traités qui donnaient à certaines peuplades des terres à la frontière où elles pouvaient s'installer avec leurs familles, à charge pour elles de les défendre (et l'empire avec) contre leurs "cousins". Beaucoup de ces peuplades se romanisèrent et combattirent aux côtés des romains.
On peut citer les empereurs illyriens, originaires d'Europe de l'Est, des hommes forts, décidés et courageux, qui faisaient frapper leurs monnaies de la louve romaine, se faisaient apeller "César" avec fierté et se battirent comme des fauves pour tenter de sauver l'empire. Dont le plus célèbre, le redoutable Dioclétien, dont le règne terrible mais efficace retarda la fin de l'empire de plusieurs dizaines d'années.

@ Albatur : effectivement, les gaulois n'écrivaient pas, leurs coutumes, savoirs et traditions se transmettaient par voie orale, par l'intermédiaire des druides et des bardes.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 26 Mai - 9:19


Démosthène, père de la démocratie et ami du peuple :

Défenseur ardent de la gloire d'Athènes et de la liberté de la Grèce, Démosthène fut le plus grand orateur et l'un des principaux hommes d'Etat de son temps.

Disciple de Platon, il commença à plaider dès l'âge de 17 ans. Mais un défaut de prononciation le rendait ridicule ; aussi se retira-t-il pour étudier et venir à bout de ce handicap, en s'exerçant notamment à parler avec des cailloux dans la bouche, pour reparaître à Athènes âgé de 27 ans.

Il entra alors dans l'administration publique où il accéda à de hautes charges. Là, il s'opposa farouchement aux visées expansionnistes de Philippe de Macédoine qui voulait établir son autorité sur la Grèce : c'est là l'origine de ses harangues les plus célèbres, connues sous le nom de Philippiques.

Grand patriote, porté par le peuple à la tête de l'Etat athénien, il décide les Thébains à faire alliance avec Athènes contre les Macédoniens, vainqueurs à la bataille de Chéronée en 338 av. JC.

Démosthène, farouche ennemi du despotisme, reste malgré tout réaliste et s'oppose à tout projet de rébellion pendant le règne d'Alexandre le Grand. Mais, à la mort de ce dernier, il incite les Grecs à se révolter. En 332, Antipatros, lieutenant d'Alexandre, défait les Grecs et exige qu'on lui remette les instigateurs de la révolte. Mais Démosthène, qui s'est réfugié dans l'île de Calaurie, s'empoisonne pour ne pas tomber entre les mains de ses ennemis (322 av. JC).
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 7 Juil - 9:31

La révolution romaine de 509 et ses suites :

La révolution de 509 av. JC qui renversa la royauté et établit la République, avait un caractère exclusivement aristocratique. Elle fut l'oeuvre des patriciens et ne profita qu'à eux. Ils remplacèrent la royauté par un consulat. Les consuls, au nombre de deux, étaient à la fois des chefs religieux, militaires et politiques. Ils étaient choisis exclusivement parmi les patriciens. Enfin, ils n'étaient élus que pour un an et ils étaient responsables de leurs actes.


Les patriciens conservaient toute leur influence dans les comices, puisque les centuries de chevaliers et les centuries de riches propriétaires votaient les premières et qu'elles disposaient de la majorité des suffrages. Enfin, le sénat était toujours et exclusivement composé des chefs des familles patriciennes.

Bref, la république romaine était une république aristocratique et ploutocratique. Jusqu'à ce que le peuple en masse se dresse et change la donne...

La révolte de la plèbe (493)

La première conquête politique que firent les plébéiens fut celle du tribunat. En 493, ils se retirèrent en masse sur le mont Sacré, colline située au-delà de l'Anio et refusèrent le service militaire. Les patriciens, effrayés de voir la ville déserte, leur envoyèrent une députation à la tête de laquelle était un homme de bien, estimé de tous, Ménénius Agrippa.


Celui-ci raconta aux plébéiens le fameux apologue des membres et de l'estomac : "Les membres, dit-il, s'imaginant que l'estomac jouissait sans rien faire du fruit de leurs efforts, refusèrent de travailler pour lui ; mais bientôt, ne recevant plus eux-mêmes la nourriture et la force qu'il leur distribuait, ils sentirent que la vie allait leur échapper, s'ils persistaient dans leur révolte."

Les plébéiens comprirent sans doute l'apologue mais ils ne consentirent pas à rentrer dans la ville qu'après avoir obtenu des concessions. Désormais, quatre chefs seraient pris parmi eux : deux tribuns et deux édiles.

C'était là une première étape vers la reconnaissance de la plèbe comme une force politique.

La seconde fut la poursuite de la lutte qui conduisit à l'égalité civile en 449.

Forts leur premier avantage, les plébéiens demandèrent à changer la législation. En effet, les consuls et les juges patriciens avaient jusqu'alors rendu la justice, non d'après des lois écrites et connues de tous, mais en suivant d'anciennes et obscures coutumes qu'ils interprétaient arbitrairement, et qui livraient à leur pouvoir discrétionnaire le plaideur plébéien.

En 461, le tribun Terentillus Arsa demanda que dix hommes fussent nommés pour rédiger et publier un nouveau code de lois. Après une vive résistance cette proposition fut acceptée. Dix magistrats patriciens furent chargés de ce travail. On les appela les decemvirs.


Les premiers decemvirs gouvernaient avec sagesse, et rédigèrent dix tables de lois. Mais les seconds decemvirs se montrèrent violents et arbitraires et rédigèrent deux tables de lois iniques. L'un d'entre eux, Appius, voulut faire violence à la fille d'un plébéien nommé Virginius. Celui-ci tua sa fille, aimant mieux la voir morte que déshonorée. Le peuple, irrité, se retira une seconde fois sur le mont Sacré. Les patriciens renversèrent alors le pouvoir des decemvirs et publièrent la loi dit des Douze-Tables. Cette loi était applicable à tous les citoyens et punissait les mêmes délits des mêmes peines sans égard à la condition des personnes.

Désormais l'égalité politique était un fait accompli. Les plébéiens pouvaient être dictateurs, consuls, proconsuls, préteurs, censeurs, questeurs, édiles. Puis, comme ces charges confèrent le droit de siéger au sénat, ils remplirent de leurs représentants ce grand corps politique, qui fut la première institution de la République.

Les patriciens ne conservaient plus que la supériorité religieuse. Mais en 300 les plébéiens obtinrent la moitié des sacerdoces religieux. La classe patricienne finit par perdre tous ses privilèges.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 7 Juil - 10:01

La République romaine n'avait rien de démocratique. Tout le pouvoir était concentré entre les mains du Sénat, une assemblée de grands propriétaires terriens, de grandes fortunes et de représentants des hautes familles, une oligarchie aux pleins pouvoirs qui se gargarisait de grands discours sur la vertu, la morale et la dignité pour mieux faire ce qu'elle voulait. L'assemblée avait beau gouverner "au nom du Sénat et du peuple romain" (SPQR), elle défendait avant tout ses interêts.
Au fil du temps, le Sénat devînt de plus en plus conservateur, replié sur lui-même et fermé à toute ouverture. L'avènement de l'Empire le relèguera au rang de pièce de musée, le pouvoir passera entre les mains de l'administration impériale. Certains empereurs y mettront les formes, histoire de régner tranquille, d'autres ne se gêneront pas pour faire comprendre aux sénateurs qu'ils ne faisaient plus que de la figuration.
Cela peut paraître étonnant pour nous, qui avons certaines idées attachées au principe de République, mais il faut bien remettre les choses à leur place : de manière générale, la période impériale fût bien plus bénéfique et positive que la période républicaine. Même si ce n'était pas le paradis et s'il valait toujours mieux être libre qu'esclave, riche que pauvre, la législation impériale progressera vers une plus grande équité, un plus grand respect des esclaves, des femmes... Chaque citoyen, même le plus humble, pourra interjeter appel devant l'empereur (devant ses services en fait). En province, les gouverneurs ne pourront plus faire ce qu'ils voudront, ils auront désormais des comptes à rendre à l'administration impériale, pas forcément arrangeante... Il y aura toujours de la corruption, des abus, mais les impôts, désormais gérés de façon centralisée, rentreront bien mieux dans les caisses. Sous la République, la perception de l'impôt relevait du "fermage privé", des gens nommés par le Sénat, sans aucun contrôle, et qui se servaient généreusement au passage. Enfin, le pouvoir s'ouvrira à de nouveaux serviteurs, efficaces et dévoués, comme les affranchis sous le règne de Claude, ou les chevaliers de l'ordre équestre, sorte de classe moyenne, privée d'accès aux hautes fonctions jusque là par un Sénat qui ne voulait pas de ces gens en son sein. Des empereurs comme Trajan et Hadrien favoriseront grandement l'ordre équestre, lui ouvrant les responsabilités, créant ainsi une administration dévouée et fidèle.
Enfin, avec l'édit de Caracalla, tous les hommes et femmes libres de l'Empire deviendront de droit citoyens romains et égaux devant la loi romaine, qu'ils viennent d'Hispanie, de Palmyre, de Pannonie ou d'Egypte.
On est loin, très loin, des sénateurs républicains des premiers temps qui ne voulaient accorder la citoyenneté romaine qu'à ceux qui étaient nés à Rome... Même sous l'Empire, Claude devra subir les critiques acerbes de Sénèque, critiquant la décision de l'empereur d'ouvrir le Sénat aux provinciaux, Sénèque ce moquant de cet empereur "qui prétend voir les gaulois, les grecs et les bretons en toge..."
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 7 Juil - 12:19

Voyageur Solitaire a écrit:
la période impériale fût bien plus bénéfique et positive que la période républicaine. Même si ce n'était pas le paradis et s'il valait toujours mieux être libre qu'esclave, riche que pauvre, la législation impériale progressera vers une plus grande équité, un plus grand respect des esclaves, des femmes...

Je m'excuse par avance pour la digression que j'entreprends de faire ici, mais j'ai un peu l'impression que c'était la même chose avec le Premier Empire, en France, qui mit fin aux troubles d'une expérience républicaine qui avait viré au cauchemar.

Certes, il y aurait beaucoup à dire sur le régime de Napoléon Ier mais il était un peu un hybride entre une monarchie sans les privilèges et une démocratie sans les extrémismes. Il avait accordé l'égalité juridique aux femmes, par exemple ou mis toutes les religions et croyances sur le même pied d'égalité avec le Concordat.

On peut y voir un certain progrès.

Mais aucun régime n'est parfait de toute façon. Que ce soit au XIXe, XVIIIe ou dans l'Antiquité.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 7 Juil - 13:06

Le problème est que, souvent, les gens appliquent les schémas d'aujourd'hui aux évènements du passé.
Hollywood a, mine de rien, une grande responsabilité dans cette vision faussée de l'Antiquité. Tous les films référant à la période impériale sont en général consacrés aux "mauvais" empereurs, et cela donne au final l'impression que tous les empereurs de Rome étaient des dingues ou des incapables. Or, il s'en faut de beaucoup : Auguste, le fondateur de l'empire, fût un génie politique, Tibère, malgré un caractère incompris, fût un gestionnaire remarquable, Claude, bien que bègue, ivrogne et obsédé, fût l'initiateur de réformes sociales et judiciaires d'envergure, Vespasien, "le bon sens sous la pourpre" fût excellent également. Et que dire des Antonins ! Trajan, optimus Princeps (le meilleur des empereurs), Hadrien, non moins génial, Antonin, gestionnaire humaniste et attentif...
Et puis, n'oublions pas les grands empereurs des années terribles, Valérien, Galien, Aurélien, Dioclétien surtout, dont le terrible règne fût pleinement efficace et retarda de plusieurs décennies l'agonie de l'empire.
Tous les empereurs romains ne furent pas des tarés ou des incapables, loin de là.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 7 Juil - 13:20

Par contre, Caligula, lui, fut bien un cinglé. Pour nommer son cheval sénateur, il fallait vraiment en tenir une couche... Razz

En plus, il avait tellement la hantise des assassinats qu'il en était devenu parano.



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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 7 Juil - 22:01

Sobriété à la Romaine...

(Vie d'Auguste - par Suétone )

... il était fort sobre et de goûts presque vulgaires. Ce qu'il préférait, c'était le pain de ménage, les petits poissons, le fromage de vache pressé à la main, et les figues fraîches ; il mangeait même avant de dîner, à toute heure et en tout lieu, suivant les exigences de son estomac.
Il était également très sobre de vin, par nature. Il ne buvait d'ordinaire pas plus de trois fois par repas, ou il vomissait. Il préféra entre tous le vin de Rhétie, et ne but pas en général au cours de la journée. Pour se désaltérer, il prenait un morceau de pain trempé d'eau fraîche, ou bien un fruit très juteux, récemment cueilli ou conservé
.

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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 8 Juil - 15:30

Il faut savoir que le divin Auguste avait un système digestif délabré et qu'il devait faire très attention à ce qu'il mangeait. Enfant chétif et maladif, on pensait qu'il ne vivrait pas longtemps. Il est pourtant mort à 76 ans après plus de 40 ans de règne... Ce corps maladif et fragile cachait une volonté de fer et une intelligence exceptionnelle.
Il s'attachait à donner de lui une image très "vieux romain", sobre, digne et simple dans ses goûts et son règne fût placé sous le signe d'une certaine morale, familiale et vertueuse. Pas d'excès, de scandales ou d'excentricités. Il n'avait pas besoin de ça, pas besoin de couronne ou de démonstrations éclatantes : il avait les pleins pouvoirs, il le savait et c'était tout. L'opposé de Marc Antoine, flamboyant, fastueux, exubérant et éclatant, jouant au dieu vivant en compagnie de Cléopâtre.
Bien sûr, comme chez tous les hommes, il y a la façade et la réalité... Le divin Auguste était un grand amateur de femmes (jeunes et jolies de préférence) malgré son amour sincère pour Livia, la femme de sa vie. Femme qu'il avait quand même enlevé à son premier mari alors qu'elle était enceinte...
Il dût également affronter les excès de sa fille, l'explosive Julia, qu'il maria et remaria à tours de bras pour servir ses interêts. Impitoyable, il finît par l'exiler sur l'île de Pandataria.
Difficile de savoir à quoi il ressemblait vraiment, tous ses portraits furent idéalisés afin de fixer la même image pour l'éternité. On a aucune image de lui aux différents âges de sa vie, il est "l'empereur qui ne vieillit jamais."
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 8 Juil - 17:15

Voyageur Solitaire a écrit:
Il faut savoir que le divin Auguste avait un système digestif délabré et qu'il devait faire très attention à ce qu'il mangeait. Enfant chétif et maladif, on pensait qu'il ne vivrait pas longtemps. Il est pourtant mort à 76 ans après plus de 40 ans de règne... Ce corps maladif et fragile cachait une volonté de fer et une intelligence exceptionnelle.

C'était aussi un Romain et comme tous les Romains, il bénéficiait d'un régime alimentaire très méditerranéen, sans beurre ni graisses animales, mais de l'huile d'olive à volonté. Ce type d'alimentation préserve bien la santé. C'est pourquoi ils mourraient âgés.

Sinon, politiquement, il a effectivement beaucoup réformé. C'est peut-être de tous les empereurs romains, celui qui a le plus travaillé.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 8 Juil - 18:02

Son oeuvre est un tour de force : il hérite d'une République exangue ravagée par des années de guerre civile et il va en faire un empire centralisé, doté d'une administration efficace... sans avoir l'air d'y toucher.
La République était à l'agonie, il fallait inventer un nouveau régime, c'était l'évidence pour tous. Le génial César s'y était atellé, mais en ruant dans les brancards, sans ménager les susceptibilités et il le paya de sa vie. Auguste y alla doucement, prît son temps, réformant en profondeur mais en sauvegardant les apparences. Lentement, soigneusement, il réforma, modifia, restructura les institutions tout en affectant de ne pas y toucher. "Tout doit changer, mais rien ne change" disait-il. Sur le papier, ce que nous apellons l'Empire était toujours la République et Auguste n'était que le Princeps, le premier de ses magistrats. Dans les faits, tous les pouvoirs passèrent entre les mains de l'administration où il plaça ses hommes, il s'arrangea pour que tout remonte à lui, pour que tout dépende de lui. Il compensa les pouvoirs qu'il rognait à certains par des titres, des privilèges honorifiques, des places... Il réforma en profondeur les finances, l'armée, la justice, l'administration...
Instruit par l'exemple de César, il ne se mît jamais en avant officiellement, jouant à l'homme sobre, tranquille et posé, respectueux des formes et traditions. Il consultait le Sénat, lui témoignait égards et respect, mais pour mieux masquer que c'est lui qui décidait au final.
Il ne faut pas imaginer Auguste en empereur dans le sens premier du terme : encore une fois, ce que nous apellons l'Empire était toujours pour les gens de l'époque la République, "restaurée" sous une autre forme par Auguste. Ce n'est que bien plus tard que l'on parlera d'empereur et d'impératrice, quand le côté monarchique du régime sera parfaitement accepté et l'empereur deviendra même divin, nommé Dominus.
C'est là tout le génie d'Auguste : en apparence, les structures, les institutions restent les mêmes, on ne touche à rien. Dans les faits, tout change. D'une République à bout de souffle ravagée par les guerres civiles, la corruption, il a fait un empire centralisé, servi par une administration efficace et omniprésente, un empire puissant et prospère.
Derrière le corps fragile et malade se cachait un calculateur diabolique, doté d'une intelligence féroce et d'une volonté impitoyable.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 8 Juil - 18:09

Voyageur Solitaire a écrit:

Il ne faut pas imaginer Auguste en empereur dans le sens premier du terme :

C'est effectivement ce que l'on peut comprendre quand on lit des chroniqueurs comme Suétone ou Tacite. Ils ont d'ailleurs conservé pendant longtemps leur titre de consul.

Je crois que c'est avec Constantin que le titre d'empereur prend son sens tel qu'on le conçoit aujourd'hui. Les antiques Romains, eux, parlaient d'imperator. C'était plus un titre militaire qu'autre chose.

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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 8 Juil - 18:21

Exact. Imperator est un titre militaire à la base. C'est nous qui parlons d'empereur et d'empire. Pour ses contemporains, Auguste est le Princeps, le premier magistrat de ce qui est toujours, officiellement, la République.
Ce n'est que bien plus tard que l'essence monarchique du régime sera assimilée par les romains. Le Princeps deviendra alors un souverain dans le sens où nous l'entendons. La philosophie viendra appuyer l'idée qu'il est désigné par les dieux, ce qui va lui conférer un côté sacré et faire de lui le Dominus, l'empereur divin.
Comme on le voit, l'écart est énorme. Auguste et ses successeurs ne sont que les premiers magistrats d'un empire qui ne dit pas son nom, les autres empereurs seront pleinement des souverains sacrés désignés par les dieux. Le processus sera long, il y aura une lente évolution des mentalités pour en arriver là. Sous Constantin, on verra apparaître un incroyable protocole, à base de prosternations et de baise-main, chose impensable sous Auguste.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 8 Juil - 18:31

Voyageur Solitaire a écrit:
Sous Constantin, on verra apparaître un incroyable protocole, à base de prosternations et de baise-main, chose impensable sous Auguste.

Et l'utilisation du terme "Majesté", hérité des monarchies orientales, notamment perse.

L'Empire Romain d'Orient n'aura d'ailleurs plus rien de romain. Déjà, par la langue, grecque, et non plus latine. Et par les us et coutumes qui annonçaient bien plus l'Orient que l'Occident.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 8 Juil - 19:21

L'empire romain d'Orient deviendra l'empire Byzantin qui durera environ 1000 ans. Un empire effectivement grec, de culture héllenistique et orientale, bien plus perméable au principe de monarchie absolue et divine. L'empereur sera le Basileus et le grec la langue officielle.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 8 Juil - 20:15

Voyageur Solitaire a écrit:
L'empire romain d'Orient deviendra l'empire Byzantin qui durera environ 1000 ans. Un empire effectivement grec, de culture héllenistique et orientale, bien plus perméable au principe de monarchie absolue et divine. L'empereur sera le Basileus et le grec la langue officielle.

Pillé par les Croisés en 1204... ce qui fit la richesse de la République de Venise. Il y a aura ensuite l'Empire Latin d'Orient, puis de nouveau un Empire Byzantin, mais ce ne sera plus qu'un fantôme...

En 1453, quand les Turcs prendront Constantinople, ce sera juste une formalité. Il y aura eu belle lurette que la civilisation byzantine n'existait déjà plus.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mar 9 Juil - 12:10


L'historien et chroniqueur latin Suétone a dressé un portrait de Claude, le plus truculent des empereurs romains. Faisons connaissance avec ce grand homme d'Etat plutôt original et sympathique :

"Il donna constamment de grands festins, en général dans de vastes espaces découverts où il réunissait bien souvent 600 convives. A tous ses dîners il admettait aussi des enfants, ainsi que des jeunes gens et des jeunes filles de haute naissance, qui, suivant l'usage d'autrefois, prenaient leurs repas assis au pied des lits.

On dit même qu'il avait songé à faire un édit permettant de lâcher des vents et des bruits à table, parce qu'il avait appris que l'un de ses convives était tombé malade pour s'être retenu par convenance.

Toujours disposé à manger et à boire, quels que fussent l'heure et le lieu, il ne sortait jamais de la salle à manger sans être bourré de victuailles et gorgé de vin, de sorte qu'aussitôt après, tandis qu'il dormait étendu sur le dos et la bouche ouverte, on devait lui introduire une plume dans le gosier pour dégager son estomac.

Il prenait très peu de sommeil, étant sur pied d'ordinaire avant le milieu de la nuit, mais il s'endormait parfois pendant le jour en rendant la justice et les avocats parvenaient à grand-peine à le réveiller en élevant intentionnellement la voix.

Il avait pour les femmes une passion effrénée, mais s'abstint de tout commerce avec les hommes.

Passionné pour le jeu de dés, il publia même un livre sur la façon de pratiquer et il jouait jusque dans ses déplacements, ayant fait disposer sa voiture et son damier de façon que le mouvement ne brouillât pas son jeu
."
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