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 ANTIQUITE

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Warlock



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MessageSujet: ANTIQUITE   Mer 3 Oct - 18:10



Cette section est consacrée aux grandes civilisations de l'Antiquité. Venez contempler les pyramides et les temples d'Egypte, vagabonder entre les cités grecques ou à travers les provinces de l'empire romain, mais encore voguer sur les galères phéniciennes, suivre les traces de Darius, des étrusques ou chercher la fraîcheur des jardins de Babylone...

Pline le jeune et l'éruption du Vésuve, le 24 août en 79 av J.-C.

Des informations très bien détaillées sur l'éruption du Vésuve nous sont parvenues grâce à deux lettres que Pline le Jeune, alors âgé de 17 ans lors de la catastrophe, a écrites à son ami, l'historien Tacite.
Ce dernier avait demandé des détails sur la mort de son ami, Pline l'Ancien, survenue lors de l'éruption, afin d'en transmettre fidèlement le récit à la postérité.
Ce témoignage écrit est le premier document historique concernant l'éruption d'un volcan. Pline le Jeune grâce a un récit précis et assez développé en a livré une description quasi scientifique, aujourd'hui ce type d'éruption est désormais qualifiée de 'plinienne'.
Pline le Jeune n'assista donc pas directement à la catastrophe mais observa le phénomène depuis Misène port fermant l'extrémité nord de la baie de Naples,ou il résidait avec sa mère et son oncle paternel Pline l'Ancien.


Pline décrit sur sa première lettre les phénomènes de l'éruption comme suit :
" Un nuage partait de la montagne, sans qu'on pût distinguer à une si grande distance de quelle montagne il venait". "On a su par la suite que c'était du Vésuve". "Par sa forme et son allure générale, il ressemblait à un arbre et plus précisément à un pin".VI,16
"Le nuage s'élevait à une grande hauteur formant d'abord le tronc puis les branches qui partaient de l'arbre". "Je crois qu'il était propulsé par le souffle, puis retombait quand le souffle était moins puissant ou sous l'effet de son propre poids, s'étalait en se dispersant, tantôt d'une blancheur éblouissante, tantôt d'un gris sale à cause de la terre ou de la cendre en suspension ".VI, 16

Pline évoque sur sa première lettre les évènements qui se déroulent à proximité du volcan :
" La cendre qui tombait sur les bateaux devenait plus chaude et plus épaisse quand on se rapprochait du volcan". Il y avait déjà de la lave, des pierres noircies, à moitié calcinées, cassées par le feu". "La mer se retira soudain, des éboulements empêchaient que l'on atteigne la côte". "Le vent soufflait en sens contraire, et la mer était défavorable, pour une fuite immédiate". VI, 16
" Pendant ce temps d'immenses flammes sortaient du Vésuve, des gerbes de feu illuminaient le ciel, brillant d'un éclat d'autant plus vif qu'il faisait nuit noire". "Des maisons de campagne étaient abandonnées au feu du volcan". "Des tremblements de terre répétés et de forte amplitude ébranlaient les maisons, qui donnaient l'impression d'aller et venir, dans un sens ou dans l'autre comme si elles n'avaient plus de fondations". VI, 16
"A l'air libre on craignait de recevoir des pierres de lave, légères et poreuses, les cours était encombrées de cendre mêlée de pierre". VI, 16
"Le lendemain matin, c'était pour nous la nuit la plus noire et la plus épaisse, pourtant des torches et des lumières dissipaient un peu l'obscurité". VI, 16
" Les flammes et une odeur de soufre, faisaient fuir les gens". "La mer était toujours démontée et dangereuse, rendant impossible la possibilité de prendre le large". VI, 16

Pline narre sur sa seconde lettre les faits qui se produisent à Misène :
"À Misène, à l'aube la lumière restait grise et paraissait malade"." Les maisons avaient souffert, et les habitants commençaient à fuir, désemparés". "Les voitures se mettaient à reculer bien qu'il n'y ait pas de pente et bougeaient malgré les pierres qui servaient à les caler". "La mer se retirait, comme si le tremblement de terre la mettait en fuite". "On voyait beaucoup d'animaux marins échoués sur le sable et le rivage". VI, 20
" De l'autre coté de la baie un nuage noir et terrifiant, sillonné par les flammèches que l'explosion projetait en l'air, se déchirait en d'immenses langues de feu : on aurait cru de gigantesques éclairs." "Quelque temps plus tard le nuage s'abattit sur la terre et recouvrit la mer, l'île de Capri, complétement prise n'était plus visible, le cap Misène disparut à son tour, il était temps de partir au plus vite.". VI, 20

Pline raconte sur sa seconde lettre sa fuite, le comportement des habitants de Misène, et son retour :
"La cendre n'était pas encore très dense, un épais brouillard arrivait sur nous, courant au ras du sol comme un torrent". "A peine étions-nous assis sur le côté de la route que nous nous trouvions dans une obscurité totale, pire que par une nuit sans lune ou par temps couvert, il faisait aussi noir que dans une pièce sans fenêtres, lumières éteintes". VI, 20
"On entendait les hurlements des femmes, les pleurs des enfants, les cris des hommes". "On s'appelait, on essayait de reconnaître un parent, un enfant, un conjoint d'après sa voix". "Les uns se lamentaient sur leur sort, les autres sur le sort des leurs". "Certains appelaient la mort qu'ils redoutaient". VI, 20
"Beaucoup suppliaient les dieux, mais la plupart disaient que les dieux n'existaient plus et que la nuit qui s'abattait sur le monde était la dernière et serait éternelle". "D'autres ajoutaient aux dangers réels de fausses rumeurs nées de leur imagination." "Certains annonçaient que tel bâtiment s'était effondré à Misène, que tel autre avait brûlé, c'était faux mais on les croyait". VI, 20
" On y vit un peu plus clair, nous pensions que ce n'était pas la lumière du jour mais l'incendie qui arrivait sur nous". "Le feu s'arrêta en fait à une certaine distance, l'obscurité revint ainsi qu'une cendre épaisse et lourde". "Nous nous levions constamment pour secouer cette cendre, nous risquions sinon d'être recouverts et même d'être écrasés par son poids". VI, 20.
" L'obscurité devint moins dense et finit par se dissiper comme la fumée ou le brouillard". "Le soleil reparut, mais il était pâle comme s'il relevait d'une éclipse". "Le paysage que nous découvrions était méconnaissable, recouvert d'une cendre épaisse qui ressemblait à de la neige". VI, 20
" De retour à Misène la terre continuait à trembler et beaucoup de gens, frappés de folie tournaient en dérision leurs propres malheurs, comme ceux des autres et annonçaient d'effroyables catastrophes". VI, 20
"A ce moment là malgré les dangers que nous avions courus, et ceux qui nous menaçaient encore nous avons refusé de partir tant que nous n'avions pas de nouvelle de mon oncle". VI, 20

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MessageSujet: LE REPAIRE DE L'HISTORIEN   Mer 3 Oct - 19:45

La catastrophe de Pompei a véhiculé beaucoup de clichés, surtout au travers du cinéma qui s'est emparé de ce sujet rêvé.
- Tout d'abord, les habitants de la région ignoraient la véritable nature du Vésuve. Ils étaient coutumiers des secousses telluriques, assez fréquentes, surtout depuis le grave seisme de 62 ap JC, qui avait sévèrement touché la ville (beaucoup de bâtiments publics étaient encore en réparation lors de l'éruption, dont le temple de Vénus). Mais ils ignoraient que le Vésuve était un volcan.
- Pompei ne fût pas la seule ville touchée, Herculanum et Stabies furent également ensevelies. Par contre, Naples fût épargnée.
- Une chose que le cinéma n'a jamais vraiment respecté : au début de l'éruption, le volcan cracha un formidable nuage qui, rapidement, obscurcît le ciel, occultant le soleil et la lumière du jour. Comme lors d'une éclipse, Pompei fût plongée dans la nuit, dans l'obscurité totale, en pleine matinée, ce qui accentua la panique.
- Beaucoup de gens moururent chez eux : au début, le volcan rejeta une pluie continue de petites pierres ponces et de débris, une sorte d'averse, de "grêle" de débris et de poussière et beaucoup d'habitants s'enfermèrent chez eux pour se mettre à l'abri. Malheureusement, cette pluie de débris tomba sans discontinuer pendant des heures (l'éruption dura plus de 24 heures), formant une couche de plusieurs dizaines de mètres de haut, obstruant portes et fenêtres, pesant sur les toits... Les pauvres réfugiés moururent pour la plupart asphyxiés dans leur maison devenue tombeau (sans compter les émanations toxiques imprégnant l'atmosphère).
- Herculanum connût un sort plus horrible : la majorité des habitants s'était réfugiée sur la plage, attendant des secours par mer. Pline l'Ancien, amiral de la flotte impériale stationnée à Misène tenta d'ailleurs d'accoster, mais dût rebrousser chemin. Les habitants se réfugièrent alors dans les hangars à bateaux. C'est là qu'ils furent littéralement désintégrés par une coulée ardente de plusieurs milliers de degrés qui déferla sur Herculanum, épargnant Pompei. Leur mort fût quasiment instantanée.
- Pompei, elle, ne fût pas détruite (comme le montre le cinéma, avec bâtiments et colonnes qui s'effondrent), elle fût ensevelie, recouverte, par des millions de mètres cube de poussière, de débris et de cendres crachés par le volcan. Difficile à concevoir, mais cette couche atteignît 20 mètres de hauteur par endroits ! Pline le Jeune, rescapé avec sa mère, réalisa à un moment qu'il "marchait" sur la cité ensevelie, dans un paysage lunaire de cendres et de poussière. Pompei et ses habitants fût donc recouverte pour des siècles par un manteau, un linceul de terre, de boue et de cendres. C'est pour cette raison que la ville a été retrouvée "intacte" par les archéologues. La fantastique couche de débris qui l'a ensevelie l'a également protégé, l'a figé pour des siècles, préservant maisons, fresques, peintures, objets du quotidien, et même aliments et nourriture (on a retrouvé du pain et des fruits parfaitement intacts).

Aujourd'hui, Pompei est un musée à ciel ouvert, un lieu stupéfiant qu'il faut voir ne serait-ce qu'une fois, une cité romaine intacte, avec ses maisons, ses rues, ses fontaines, temples et statues, ses objets du quotidien... Un site fabuleux, victime de son succès : les millions de touristes venant la visiter l'ont dégradé au fil du temps, les murs se lézardent, les fresques et peintures s'écaillent... Pompei s'effrite, se désagrège, et l'état italien n'a pas les moyens de préserver un tel trésor, d'autant plus que les fouilles continuent, que l'on découvre régulièrement de nouveaux objets et vestiges. Tout ce qui a pu être transporté a été transféré au musée archéologique de Naples.
Un conseil : si vous avez l'occasion de vous rendre dans la région, visitez plutôt Herculanum. Trés bien conservée également, à l'écart, plus petite et épargnée par les hordes touristiques, Herculanum recèle des trésors et vous paraîtra bien plus tranquille et agréable que sa prestigieuse voisine.

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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Jeu 4 Oct - 18:52

Le docu-fiction le dernier jour de Pompéi est plutôt fidèle aux événements dramatiques de l'éruption du Vésuve. C'est une bonne reconstitution, avec une bel apport scientifique, donc crédible, j'ai vraiment bien aimé.

En ce qui concerne le site, je trouve que Herculanum a une authenticité qu'à hélas perdu Pompéi, devenu centre touristique de la région, perdant son âme, et surtout en effet s'abimant au fil des temps.
Etant des sites à ciel ouvert, Pompéi et Herculanum subissent les assauts de la pluie, de l'humidité, du soleil et du vent...


Dernière édition par Warlock le Jeu 4 Oct - 22:29, édité 1 fois
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MessageSujet: LE REPAIRE DE L'HISTORIEN   Jeu 4 Oct - 19:47

Oui, le docu-fiction "Le dernier jour de Pompei" est vraiment remarquable et trés bien fait, à voir et revoir avec plaisir.

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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Ven 5 Oct - 21:15

Herculanum : VS t'es le 2e a me conseiller cette ville , ma belle soeur aussi a préféré aller la bas pour les mêmes raisons que tu cite.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Sam 6 Oct - 0:45

De toute façon une fois qu'on est sur place faut tout faire, aussi bien Herculanum, que Pompéi, mais aussi bien sur la ville de Naples, son castel nuovo, et les pentes du Vésuve. Sans oublier évidemment la magnifique baie de Naples.
Je ne suis pas trop fan du sud de l'Italie, mis à part ce superbe coin, la côte de Campanie.
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MessageSujet: antiquité   Lun 8 Oct - 22:32

Ah, Gorak a posté entretemps... Petit retour donc à Pompei et ses alentours avant de revenir à son sujet.
Pour ceux qui veulent vraiment être au calme et voir de splendides vestiges, il y a la villa de Poppée à Oplontis, du côté de Torre Annunziata, toujours en Campanie. Une merveille à ne pas rater, les peintures y sont éclatantes et magnifiques :




Il ne faut pas non plus oublier Stabies et la villa San Marco. C'est sur la plage en contrebas que mourût Pline l'Ancien lors de l'éruption. Deux niveaux (chose rare), des thermes privés immenses, un bassin de plus de 60 mètres de long avec vue sur la mer...


Toujours à Stabies, on trouve également la villa d'Ariane, toute aussi superbe :


Ces trois petits bijoux d'architecture, ornés de fresques et peintures magnifiques, aux couleurs intactes, sont en général ignorés des touristes qui vont tous s'entasser à Pompei.

Pour le sujet lancé par Gorak, ces filles n'étaient pas que des "jouets" sexuels : elles recevaient une éducation stricte, on leur enseignait la poésie, la musique, le chant, la danse... Le harem était un lieu trés strict, avec une hiérarchie, des règles sévères où chacun, chacune, avait sa place.
Il y avait une graduation parmi toutes ces femmes :
Au bas de l'échelle se trouvait l'odalisque. Un rang plus haut se trouvait la Gözde ("celle qui est dans l'oeil du sultan"). Une nuit passée avec le sultan faisait d'elle une Ikbal. Venait enfin le cercle trés fermé des Kadines, les épouses officielles, ayant donné un enfant au maître. Devenue Ikbal, la concubine avait droit à ses propres appartements et à sa suite. Au sommet de cette hiérarchie se trouvait la Validé Sultane, mère du sultan, assistée du Grand Ennuque noir et maîtresse absolue de ce monde clos et secret.
Ce que l'on ne sait pas toujours, c'est que ces femmes, parvenues à un certain niveau, étaient autorisées à négocier, acheter ou vendre, à gérer leurs biens. L'usage voulait en effet qu'après la nuit passée avec le sultan, la concubine reçoive un présent (bourse pleine d'or, bijoux, une pierre précieuse) et elle avait le droit d'en faire ce qu'elle voulait. Ces cadeaux offerts par le sultan pouvaient alors être placés, investis... Effectivement, le harem était un monde où tout se négociait et se trafiquait grâce à des intermédiaires comme les ennuques par exemple. Certaines de ces femmes, habiles, se constituaient de jolies dots et pouvaient ainsi prétendre racheter leur liberté et épouser un haut dignitaire ou un brillant officier et redevenir "libre". Prisonnières d'un monde clos, ces femmes n'en accumulaient pas moins de jolis pactoles parfois, sans parler des ennuques ou des fournisseurs du harem, seul lien avec l'extérieur et qui se faisaient de jolies commissions au passage... Avec cet argent, les femmes pouvaient s'offrir elles-mêmes robes, bijoux, parfums, objets quotidiens...
Mais le harem avait sa face cachée, avec intrigues, empoisonnements, avortement forcé... L'argent pouvait servir à payer un assassin, une fiole de poison pour se débarasser d'une rivale, mais aussi acheter le silence, la protection ou la complicité d'un haut personnage, obtenir un renseignement, une faveur... Une femme ambitieuse pouvait corrompre le grand ennuque pour qu'il la place sur le chemin du sultan ou lui indique ses goûts et préférences... Le danger devenait trés grand quand la favorite donnait un enfant mâle au maître. Une rivalité terrible pouvait alors apparaître et les murs du harem ont étouffé bien des avortements forcés, empoisonnements, infanticides et assassinats.
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MessageSujet: ANTIQUITE   Mar 4 Déc - 19:00


Une petite présentation de l'un des plus grands inventeurs, découvreurs de l'antiquité, Héron d'Alexandrie.


Héron d'Alexandrie ou Héron L'Ancien (Ήρων ο Αλεξανδρεύς) était un ingénieur, un mécanicien et un mathématicien grec du Ier siècle avant J.-C


De la jeunesse de Héron d'Alexandrie (dit aussi Héron l'Ancien) on ne sait pas grand chose, si ce n'est qu'il est originaire d'Alexandrie. Les dates de sa naissance et de sa mort ne sont pas connues avec certitude, selon la majorité des historiens il aurait vécu au cours du premier siècle après JC.

Il aurait donc vécu vraisemblablement sous l'empire romain. Son œuvre nous a été transmise via quelques uns de ses traités de physique et de mathématiques. Nombres de ses écrits ont été retrouvés en latin et en arabe. Au cours des siècles ils ont été maintes fois retranscrits et l'authenticité de ces textes est parfois remise en cause.

On attribue à Héron d'Alexandrie plusieurs formules mathématiques dont une de calcul de l'aire d'un triangle à partir de la longueur de ses côtés, ainsi qu'une autre permettant d'approcher la racine carrée de n'importe quel nombre de manière récursive : la formule de Héron. Il fut aussi dans Stereometrica l'auteur de formules de mesures de longueur, de surface et de volume pour des objets en trois dimensions. Les recherches mathématiques de Héron d'Alexandrie visaient principalement l'aspect pratique de la mesure des objets.


Formule pour calculer l'aire d'un triangle :

Soit ABC un triangle quelconque ayant pour côtés a , b et c.

Soit p le demi-périmetre de ce triangle, c'est-à-dire p = (a + b + c) / 2.

Soit A l'aire du triangle.

A² = p(p − a)(p − b)(p − c)

Héron l'Ancien étudie dans Catoptrica la lumière et ses réflexions. Il énonce ainsi les principes de réflexion de la lumière (principes guidés par la règle selon laquelle la nature choisit toujours le plus court chemin). Il croyait à l'époque que la vision était possible grâce à des rayons lumineux émis par les yeux et se propageant à une vitesse infinie.

Héron d'Alexandrie a conçu de nombreuses machines hydrauliques. Il est à l'origine de l'Éolipyle, machine pneumatique constituée d’une sphère fixée sur un axe et équipée de deux tubes coudés sortant de manière opposée ; en chauffant l’eau contenue dans la sphère métallique la vapeur d’eau formée donnait en s’échappant un mouvement de rotation à la sphère.

Il a aussi conçu une fontaine automatique qui faisait jaillir l'eau via un ingénieux système de vases communicants. Dans Pneumatica il décrit un système de portes automatiques s'ouvrant lorsqu'on allume un feu sur un autel ; le feu, chauffant un volume d'eau, créait de la vapeur qui mettait en mouvement les portes d'un temple. Dans le cadre de son Traité des automates il a aussi conçu des mécanismes pour théâtre qui à base de poids et contrepoids mettaient en mouvement une série de plates-formes et de petits personnages. Grâce à ces inventions, Héron d'Alexandrie est souvent retenu comme l'inventeur des premiers automates.

Héron fut aussi l'inventeur d'un pseudo-thermomètre et de l'odomètre permettant de mesurer la distance parcourue. On lui attribue la fabrication d'horloge hydraulique pour mesurer le temps, et la réalisation d'ouvrages sur l'astrolabe permettant de mesurer la distance angulaire entre deux astres.



Système automatique d'ouverture de porte pour un temple, imaginé par Héron d'Alexandrie.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mar 4 Déc - 19:42

Oui, les Grecs sont les premiers à avoir découvert le principe de la machine à vapeur. Mais ils s'en sont tenus à quelques timides expériences. C'est dommage.

Imaginez des trières à vapeur ... lol!
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MessageSujet: LE REPAIRE DE L'HISTORIEN   Mar 4 Déc - 19:46

Ce qui m'a toujours stupéfait avec les grecs de l'Antiquité, c'est qu'ils ont imaginé quantité de choses mais ne les ont jamais mises en pratique, dans la vie de tous les jours. Archimède a inventé le fameux "vis d'Archimède" par exemple :


Mais les grecs ne l'ont jamais mis en pratique (ce sont les chinois qui s'en chargeront, créant également le bouchon à vis) pas plus que la propulsion à vapeur imaginée par Héron et qui aurait pu faire faire un bond en avant fantastique, au point de vue technique, au monde grec. Mais non, ils en sont toujours restés au stade théorique, celui de l'esprit. Comme s'ils jugeaient inutile de matérialiser ces idées, de les appliquer pour de vrai.
Ce sont les romains qui furent les véritables ingénieurs de l'Antiquité, avec leur goût et leur talent pour les routes, les aqueducs, les réseaux d'égoûts, le réseau de distribution d'eau potable, les établissements de bains, l'invention de l'hypocauste (chauffage par le sol), leurs bâtiments grandioses...
Comme si les grecs ne pouvaient que se cantonner à la pensée pure, à l'intellect, la philosophie, le théâtre... Comme s'ils trouvaient finalement "vulgaire" de vouloir transposer ces idées dans la réalité...
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MessageSujet: ANTIQUITE   Mer 5 Déc - 11:07

Quant à cela, je pense que la raison principale est que la société où ils vivaient ne faisait pas de place, ni dans la pratique, ni surtout dans sa mentalité, pour une application de telles machines correspondant à la Révolution Industrielle.
On ne doit pas oublier que la mentalité antique est à la base statique et conservatrice, ignorant pour l'immense majorité des gens la notion de progrès.

les applications pratiques se cantonnaient dans des domaines étroits où elles n'affectaient pas l'état "naturel" des choses
- le mécanisme découvert à Anticythère est un appareil de calcul astronomique extrêmement complexe, bâti pour l'usage privé, facilement transportable: il paraît clair qu'il a été créé en plusieurs exemplaires d'autant qu'on y trouve des allusions dispersées dans la littérature…
- cette statuette de l'ère séleucide découverte en Mésopotamie, en argent recouvert d'or par électrolyse…
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MessageSujet: ANTIQUITE   Sam 12 Jan - 21:26

La femme antique : Sois belle et tais-toi...


Si l'Antiquité donna naissance à des civilisations éblouissantes, il faut se rendre à l'évidence : Cette époque, à de rares exceptions près, fût le triomphe de l'homme et de la masculinité.

Les grecs furent sans doute parmi les plus mysogynes. Oubliez les péplums avec de jeunes beautés en robes à voiles aériens qui cueillent des fleurs dans la campagne... La femme grecque est une éternelle mineure juridiquement, sous l'autorité de son père, mari ou fils aîné si elle est veuve. Elle vit dans l'appartement des femmes, le gynécée et si on la trouve ailleurs dans la maison, il lui faut s'en justifier. Elle ne sort jamais seule et, contrairement à l'idée reçue, c'est l'homme de la famille qui va au marché faire les courses. Les femmes n'ont pas le droit d'assister aux jeux sacrés et, au théâtre, elles sont reléguées dans le fond, avec les esclaves et les étrangers... Pas de femmes au bain ni au gymnase non plus. Seule exception : Les spartiates qui encouragent leurs femmes à mener une vie libre et active.

Chez les romains, la situation est similaire sous la République, où l'autorité du pater familias ne se discute pas. Les moeurs évoluent avec l'Empire. On voit apparaître des femmes avocates, médecins, apothicaires, voir "chefs d'entreprise", dirigeant des fabriques, ateliers, fouloneries ou boutiques. Elles peuvent se séparer de leur mari, gérer leurs biens et fortune et en cas de divorce, elles gardent généralement leurs enfants. Mais au niveau politique, rien du tout. La matrone romaine est avant tout maîtresse de maison, femme au foyer et mère de famille. La jeune fille est considérée comme femme dés l'apparition de ses règles, on la marie vers 15 ans et le premier enfant ne tarde guère par la suite. Les vestales, gardiennes du feu sacré, sont une exception, honorées, respectées, comblées de privilèges financiers et honorifiques (une vestale croisant un condamné sur son chemin pouvait le grâcier sans avoir à se justifier et, au Cirque, elles avaient des places de choix, à côté des sénateurs et de la loge impériale). Elles vivaient dans la maison des vestales, vaste et fastueux palais mis à leur disposition et, souvent issues des meilleurs familles, elles disposaient de biens conséquents. Pour autant, leur vie n'était pas une sinécure : 10 ans de noviciat, 10 ans d'exercice et 10 ans à former les nouvelles. 30 ans donc, 30 ans de chasteté surtout. Au moindre manquement, la fautive était enterrée vive...

Les deux grandes exceptions sont les étrusques et les égyptiens. Des premiers, on sait peu de choses, mais tous les témoignages artistiques ou autres montrent des femmes libres, toujours aux côtés de leurs époux, sur un pied d'égalité avec ces derniers.
Les égyptiens étaient sans aucun doute les plus égalitaires. Celà tenait à leur vision de l'univers, constitué d'un principe mâle et d'un principe femelle devant être en harmonie, en équilibre, pour que l'univers le soit également. La femme égyptienne est donc libre, de sa personne et de ses biens, et l'on voit des femmes gérer de grands domaines et des centaines d'esclaves ou d'ouvriers. Elle peut exercer un métier, tenir boutique et même accéder au pouvoir suprême : Même si elles sont rares, des reines de plein droit ont régné sur l'Egypte. Pas de sectarisme en religion non plus, de nombreuses prêtresses officiant dans les temples, certains cultes féminins comme celui d'Isis leur étant même réservés. Sur les fresques, dans la statuaire, les femmes sont aux côtés de leurs maris, souvent main dans la main.

Mais de manière générale, l'Antiquité est bien masculine. La femme est avant tout maîtresse de maison, épouse et mère de famille. Elle doit être "décente" et digne : Si les grecs sculptaient des hommes nus par dizaines, la plupart de leur statues féminines sont habillées... Pour les romains, les prostituées sont essentielles à "la tranquillité des femmes libres". Le mariage est de raison et les "soulagements honteux" ont lieu au bordel. Politiquement, la femme n'a aucun droit, aucune valeur. Si chez certains peuples, elle peut disposer de sa personne et de ses biens, sa voix ne compte pas, c'est la grande muette. Pas de femme sénateur à Rome et l'impératrice est juste la femme de l'empereur, point.
Encore pire pour celles qui préfèrent les femmes. Si l'homosexualité ou la bisexualité masculine est largement tolérée (sous certaines conditions), la femme lesbienne est honnie, méprisée. Dans l'inconscient collectif, elle prend la place de l'homme, elle sort de sa place, de son rôle et affirme une indépendance intolérable, n'ayant ni mari, ni maître. Et tant pis pour Sapho...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Dim 13 Jan - 23:34



Archimède, le génie des Temps Antiques

S'il lui suffisait d'un point d'appui pour soulever le monde, Archimède n'a pas seulement établi la théorie du levier ou énoncé son fameux principe, il a aussi inventé le ressort, le boulon à écrou et la came, disque non circulaire dont la rotation permet d'engendrer un mouvement rotatif. La vis d'Archimède est un cylindre cloisonné en spirale que l'on faisait tourner pour élever l'eau et irriguer les champs du Nil.



C'est aussi en tant qu'ingénieur qu'Archimède aborde les problèmes de géométrie, s'efforçant de déterminer le barycentre des figures géométriques pour exprimer surface et volume de la sphère. "Ayant ainsi examiné que toute sphère vaut quatre cônes ayant pour base son grand cercle et pour hauteur son rayon, écrit-il, il m'est venu à l'idée que la surface de toute sphère vaut quatre grands cercles de la sphère."

Pour les assiégeants de Syracuse, sa ville natale, l'homme était précieux. Le consul romain voulait vivant l'ingénieur en chef qui défendait si bien sa ville. Mais un gros nigaud de Romain mit fin d'un coup de glaive à la vie du grand mathématicien qui, plongé dans ses pensées, ne lui répondait pas.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 21 Jan - 7:40


Hannibal Barca, l'homme qui fit trembler Rome

Quel destin extraordinaire et prodigieux pour ce chef de guerre hors pair qui, à neuf ans, devant l'autel de Ba'al Shamim, le dieu suprême de sa famille, avait juré une haine farouche et éternelle à Rome pour pouvoir suivre son père, Hamilcar, dans sa conquête de l'Espagne.

Après avoir servi son beau-frère Hasdrubal, Hannibal fut proclamé chef de l'armée carthaginoise à 26 ans. Maître de la péninsule ibérique, qui lui fournit soldats et ressources, il rêve de venger la défaite de la première guerre Punique.

Commence alors l'extraordinaire expédition qui devait conduire Hannibal jusqu'aux portes de Rome.

Parti d'Espagne avec 50 000 hommes, il traverse les Pyrénées, et parcourt le Languedoc. Tandis que les Romains l'attendent sur le littoral, l'habile général remonte le Rhône et franchit les Alpes. Chemin semé d'embûches et de difficultés qui éprouvèrent rudement son armée : 26 000 hommes seulement parvinrent sur les bords du Tessin.

Hannibal, pourtant, bénéficie de l'effet de surprise. En une guerre éclair, il bouscule ses ennemis au Tessin et à la Trébie, traverse le massif de l'Appenin et remporte la grand victoire du lac Trasimène.



Fabius Maximus Cunctator, le "Temporisateur", n'ose l'affronter de face, préférant des harcèlements plus profitables. Mais de nouvelles élections donnent le pouvoir aux partisans de l'offensive : les Romains oublient cette prudence et c'est le désastre de Cannes.

Pourtant, Hannibal ne profite pas de sa victoire alors que Rome est désormais à sa portée. Il s'attarde dans les délices de Capoue. Seul le Sud rallie les Carthaginois, alors que le centre de la péninsule est soulevé par un sursaut national qui permet à Rome de se ressaisir. Cornélius Scipion s'empare de Carthagène, en Espagne, et Syracuse, malgré les savantes machines d'Archimède, se rend à Marcellus.

L'Espagne tombe. Hannibal est refoulé dans le Bruttium. Il doit rentrer en Afrique où le choc décisif se produit à Zama (octobre 202 av. JC), où Scipion, le vainqueur de Carthagène, remporte la victoire et gagne son surnom d'Africain.

Fidèle à son serment, Hannibal pense déjà à une nouvelle revanche. Elu suffète de Carthage, soutenu par l'armée et par le peuple, il restaure la puissance de la ville en réorganisant les finances et en pratiquant une politique d'alliance avec l'Orient. Mais, dénoncé à Rome par le clan des commerçants soucieux de paix, Hannibal doit s'exiler. Tout en prêchant partout où il passe l'opposition à Rome, notamment auprès d'Antochios le Grand, en Syrie.

Mais il n'est pas entendu. Et alors que Prusias, roi de Bythinie, s'apprêtait à la livrer à Rome, Hannibal choisit de s'empoisonner en 183 av. JC.

Ainsi disparaît celui qui fut non seulement un chef de guerre génial et talentueux, mais aussi un habile homme politique, riche d'une grande culture puisée aux sources grecques.
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MessageSujet: ANTIQUITE   Lun 21 Jan - 17:40

Hannibal fût l'un de ces personnages hors-normes, flamboyants et charismatiques, de l'Antiquité. Comme pour Marc Antoine allié à Cléopâtre face à Octave, s'il avait gagné, la face du monde en aurait été changée et la civilisation occidentale ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui.
Les trois guerres puniques entre Rome et Carthage furent des guerres totales, étalées sur des années, succession de défaites et de victoires des deux côtés, avec des figures de légende comme Hamilcar, Asdrubal, Hannibal, Scipion Emilien... Et la belle Sâlambo. Sans oublier toutes les images qui gravitent autour : les sacrifices à Baal Ptéor, les éléphants de guerre... Le siège final de la ville de Carthage dura 3 ans !
Rome, vainqueur, se retrouva maîtresse du monde méditerranéen. Cette victoire bouleversa également profondément la société romaine : certaines classes sociales avaient tout perdu ou presque, d'autres s'étaient fabuleusement enrichies. Beaucoup de petits propriétaires mobilisés pour la guerre ne retrouvaient pas le courage de repartir de zéro et vendirent leurs terres à de riches propriétaires. Ce fût la naissance des Latifundia, ces immenses domaines agricoles de milliers d'hectares gérés par de grandes familles. Beaucoup de réfugiés aussi qui s'entassèrent à Rome, nourris gratuitement par l'état, formant une importante masse d'assistés et de désoeuvrés qui n'aura bientôt souci que "du pain et des jeux". Sans oublier un afflux massif d'esclaves (prisonniers de guerre) qui remplacèrent gratis les travailleurs libres qui perdirent du coup leur travail. La petite classe moyenne disparût au passage.
Inversement, certains "affairistes" profitèrent de la guerre pour se tailler des fortunes colossales et influer sur le pouvoir en place. Le pouvoir de l'argent ne cessera alors de grandir. Des vétérans, de braves soldats qui s'étaient battus pour la patrie des années durant, se retrouvaient sans rien la paix revenue tandis que d'habiles affairistes triomphaient et étalaient leur richesse nouvelle. Enfin, ce fût le triomphe des grands généraux, hommes de guerre remarquables, qui se mirent à rêver de dominer politiquement cette Rome maîtresse du monde...
Il y eût enfin un impact psychologique : après toutes ces années de guerre, de privations et de sacrifices, ce fût une formidable envie de vivre, de profiter, d'oublier. Ce fût le renforcement du goût pour le luxe, la grande vie, les plaisirs... Loin de l'austère et vertueuse morale, toute de sacrifice et de dignité, des ancêtres...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Lun 21 Jan - 21:10

J'ai toujours aimé l'épopée d'Hannibal depuis que je suis en âge de lire.

Son aventure m'a toujours fait rêver. Pour moi, c'était l'archétype même du héros antique. Lui et Alexandre le Grand ont hanté mon imagination d'enfant.

Mais ce que je n'ai jamais compris, c'est pourquoi Hannibal n'a t-il pas profité de sa victoire ? Il avait Rome à sa portée, il aurait pu se rendre maître de la ville et changer la face du monde méditerranéen. A t-il pensé qu'il avait le temps ? Pensait-il à renforcer ses troupes, les réapprovisionner ? Quand on a le monde à portée de la main, on ne doit pas attendre. On fonce !
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mar 12 Mar - 21:00



Thémistocle à Salamine


L'Athénien Thémistocle s'était signalé par son courage à la bataille de Marathon ; mais comme il était très ambitieux, il disait que les trophées de Miltiade l'empêchaient de dormir.

Plus tard il se montra envieux à l'égard d'Aristide qu'il ostracisa. Mais il fit oublier cette mauvaise action par les services qu'il rendit à sa patrie. En effet, il fit construire et entretenir une flotte puissante qui, dans sa pensée, devait arrêter une nouvelle invasion des Perses. Et il ne se trompait pas. Quand Xerxès eut franchi le défilé des Thermopyles, Thémistocle obtint de la Pythie un oracle disant qu'un mur de bois serait pour Athènes un inexpugnable rempart. Ce qui signifiait que la flotte serait la véritable forteresse. Les Athéniens abandonnèrent alors leur cité et se réfugièrent sur leurs vaisseaux.


Thémistocle prit la résolution de livrer ce qui serait la plus importante bataille navale de sa carrière. Mais les chefs des Grecs se recrièrent. Le Spartiate Eurybiade vint sur lui le bâton levé. "Frappe, lui dit Thémistocle, mais écoute." Il triompha de toutes les résistances et eut l'habileté d'amener Xerxès à entreprendre une action décisive. Le grand roi comptait sur la supériorité de ses forces. Mais ses 1200 vaisseaux furent détruits par 380 galères grecques. Xerxès fut réduit à repasser seul en Asie dans une barque de pêcheur et il alla cacher sa honte au fond de son palais.

Les Perses laissèrent derrière eux un butin immense. Thémistocle eut l'honneur de la journée. Quand il parut aux jeux olympiques, l'assemblée entière se leva et l'acclama.

Alors, Thémistocle fit rebâtir Athènes incendiée par les Perses. Il renforça les défenses et rattacha la ville au port du Pirée par de longs murs. Et pour assurer à Athènes le monopole sur mer, il voulut envoyer par le fond les autres flottes grecques. Mais Aristide s'y opposa en disant que ce projet était injuste. Et Thémistocle fut ostracisé. Ironie de l'histoire, c'est à la cour de ses ennemis, en Perse, qu'il fut accueilli avec magnificence.

Mas hors de question pour Thémistocle de prendre les armes contre sa patrie d'origine. Invité par les Perses à prendre le commandement d'une armée perse pour envahir la Grèce, il préféra s'empoisonner plutôt que de faire la guerre à ses compatriotes.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mar 12 Mar - 21:58

On dirait une tragédie antique grecque. Il y a de quoi faire un film avec un tel destin...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mar 12 Mar - 22:14

VIC a écrit:
On dirait une tragédie antique grecque. Il y a de quoi faire un film avec un tel destin...

Avec la musique qui va bien en fond sonore... Razz

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MessageSujet: ANTIQUITE   Mer 13 Mar - 8:30

Les grecs et les perses, c'est quand même David et Goliath... A chaque fois que l'immense, riche et puissant empire perse s'est attaqué à la "petite" Grèce, désunie et ravagée par les guerres entre cités, il s'y est cassé les dents. Ne jamais se fier aux apparences décidément...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Mer 13 Mar - 16:49

les légions de César aussi se sont cassées les dents la 1ere fois qu'ils sont venus attaquer la petite ville de Lucotécia. Ils se sont embourbés dans les marécages et ont été repoussé par les gaulois. (Hélas la 2e fois ils ne vont pas refaire la même erreur et tous les Parisii seront massacré là ou se trouve désormais une certaine tour.
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Jeu 14 Mar - 19:44

Un épisode qui m'amuse beaucoup dans la vie de Thémistocle, si l'on en croit Plutarque.

Citation :
XXXI. (1) Une fois arrivé à Sardes et se trouvant de loisir, Thémistocle contemplait l'aménagement des temples et la profusion des offrandes lorsqu'il vit dans le sanctuaire de la Mère des dieux la statuette en bronze de l'«Hydrophore» -- statuette de deux coudées que lui-même avait fait exécuter et avait offerte quand il était surveillant des Eaux à Athènes (ceci, grâce à l'amende qu'il infligeait aux gens qui captaient furtivement l'eau et la détournaient pour leur compte). Souffrit-il de voir cette offrande dans la captivité d'une prise de guerre ? Voulait-il prouver aux Athéniens tout l'honneur et toute la puissance dont il jouissait dans le gouvernement du Roi ? Il fit porter un mot au satrape de Lydie en lui demandant de renvoyer la statuette à Athènes. (2) Furieux, le barbare assura qu'il allait écrire une lettre au Roi. Thémistocle, effrayé, chercha secours dans le harem et acheta les bonnes grâces des concubines du satrape : ainsi apaisa-t-il la colère de celui-ci -- et se montra-t-il par la suite plus prudent, car désormais il redoutait aussi la jalousie des barbares.
(Plutarque, Vie de Thémistocle, XXXI, 1-2)
http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/themistocle.htm
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MessageSujet: ANTIQUITE   Lun 15 Avr - 17:03

09 juin 68 : Néron se donne la mort au fond d'un trou sordide


Même le peuple qui l'a longtemps adoré s'est retourné contre lui : trop d'excès, de folies, de délires. En ce mois de juin 68, Néron l'adoré voit son règne s'achever. Le sénat l'a déclaré ennemi public, Galba, légat de la Tarragonaise marche sur Rome, les prétoriens (la garde impériale) eux-même se détournent... Il faut fuir, vite. Affolé, perdu, Néron se laisse entraîner par ses derniers fidèles : Sporus, son jeune amant, Epaphrodite, son secrétaire et Phaon, un affranchi. Phaon a proposé au jeune César de se mettre à l'abri dans une maison qu'il possède à la campagne. Réveillé en pleine nuit, paniqué, l'empereur fuit, pieds-nus... Le voici à cheval, sur la route, galopant à travers la campagne. C'est une journée d'orage, le ciel est bas, gris sale, le vent souffle... Le groupe arrive enfin à la maison. C'est une ruine... C'est un piège. Mais Néron est trop affolé pour réaliser. On met pied à terre, il faut, pour entrer dans la demeure, ramper dans un étroit et sombre passage qui rejoint la cave. Un trou sordide, une pièce sombre et poussiéreuse. Tremblant, claquant des dents, l'empereur se tasse dans un coin. Il a faim, il a soif. Tellement soif qu'il se met à genoux pour laper l'eau saumâtre d'une flaque, lui si délicat qu'il ne portait jamais deux fois la même tenue... Sous prétexte d'aller chercher de la nourriture, Phaon est parti révéler aux prétoriens où se cache l'empereur. Il fallait l'éloigner de Rome, l'isoler... C'est fait.
Cette fois, Néron a compris, surtout quand Epaphrodite lui présente un poignard... Mais malgré les encouragements de Sporus, l'empereur, en larmes, ne peut s'y résoudre, il tremble, bafoue et bégaie. Un bruit de galop, les prétoriens approchent, ils seront là dans quelques instants. Néron se tourne vers Epaphrodite pour supplier :"Aide-moi !" Le secrétaire pose alors la pointe de l'arme sur la gorge de l'empereur et pousse d'un coup sec. Néron s'effondre en murmurant :"Qualis artifex pereo" (Quel artiste meurt avec moi). Il avait 30 ans.

Sa dépouille ne sera pas outragée. La belle et douce Actée, le premier grand amour de sa vie, assistée des deux nourrices de Néron, Eglogé et Alexandria, viendra procéder à la toilette funèbre du défunt et brûlera son corps, avant de placer les cendres dans une urne et de déposer cette dernière dans un petit mausolée qui se trouve aujourd'hui à la Villa Borghese.
La fidèle favorite lui survivra. Sporus se suicidera. Epaphrodite continuera sa carrière sous le règne suivant avant d'être victime d'une sombre intrigue et exécuté. Phaon recevra le prix de sa trahison en étant nommé à un haut poste avant de se retirer couvert de richesses et d'honneurs.
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MessageSujet: ANTIQUITE   Jeu 25 Avr - 20:04

Logique à la romaine


Le divin Hadrien, l'un des plus grands empereurs de Rome, avait l'habitude de fréquenter les bains publics et de se mêler aux baigneurs. Un jour, il aperçoit un homme en train de se gratter le dos contre un pilier. Intrigué, l'empereur lui en demande la raison. L'homme lui répond qu'il est trop pauvre pour s'offrir les service d'un balnéator (un des nombreux "garçon de bain" qui, en échange de quelques pièces, venait frotter, nettoyer et laver le baigneur).
Apitoyé, Hadrien remet à l'homme une jolie somme. De retour aux bains le lendemain, l'empereur a la désagréable surprise de voir plusieurs baigneurs se grattant ostensiblement contre les piliers... Alors, le maître de Rome leur suggére de se frotter les uns les autres...
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MessageSujet: Re: ANTIQUITE   Ven 26 Avr - 11:24

Je trouve ton compte-rendu de la mort de Néron très bien écrit. J'ai été tout de suite pris par cette courte histoire et je m'y suis vraiment cru jusqu'à la fin du premier paragraphe.
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