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 LE MONDE MEDIEVAL

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ashimbabbar



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mer 22 Oct - 16:54

Gorak a écrit:


Mais, apparemment, on ne se baigne pas tout seul. Et dans les étuves, d'autres prestations devaient y être proposées... Very Happy

Elles étaient régulièrement dénoncées par les prédicateurs, mais il a fallu les Guerres de Religion pour les éliminer. D'où l'hygiène discutable des 17° et 18° siècles
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ashimbabbar



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 9 Nov - 17:26

C'est un lieu commun des moralistes médiévaux de représenter les étudiants de Paris comme des voyous qui se promènent en armes, se soûlent, démolissent les tavernes et maltraitent les prostituées. Je veux bien qu'il y ait du vrai, mais enfin ils vivaient dans une époque où l'insécurité, comme on dit de nos jours, était grande, et venait de tous côtés.

Témoin ce que raconte Joinville dan sa Vie de Saint Louis, §115 à 118: trois sergents du Châtelet avaient pour habitude d'aller par les petites rues et de dépouiller les passants… mais ils sont tombés sur le mauvais étudiant. Ils lui prirent tout sauf sa chemise ( n'étant pas des brutes ), mais il n'habitait pas loin et fonça chez lui prendre son arbalète et donna à son jeune serviteur son fauchon ( épée courte courbe ) à porter; les retrouvant, il abattit le premier d'un carreau et poursuivit le s deux autres fauchon en main, tranchant la jambe de l'un comme il voulait fuir au travers d'une haie et fendant jusqu'aux dents le crâne du dernier qui essayait de s'abriter dans une maison. Après quoi il déclara la cause et se constitua prisonnier.

En conséquence, le roi, déplorant que l'étudiant, ayant versé le sang, ne puisse plus se faire prêtre, l'engagea d'office dans les troupes qu'il levait pour la croisade, le jugeant par ailleurs innocent de tout crime. Je donnerais cher pour savoir ce qu'il est devenu…
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Donald S

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 9 Nov - 20:46

Gorak a écrit:


Au moyen âge, on aime se laver. Et on se lave souvent. Vieil héritage de l'époque gallo-romaine.

Mais, apparemment, on ne se baigne pas tout seul. Et dans les étuves, d'autres prestations devaient y être proposées... Very Happy

C'est marrant,ça va vraiment à l'encontre à l'image "crasseuse" qui colle au moyen-âge...
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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 9 Nov - 22:06

Le cliché crasseux du monde médiéval vient en partie du fait que les rues des villes n'avaient pas d'égoûts ni de trottoirs : en temps de forte pluie, on pataugeait vite dans l'eau, la boue et les détritus entraînés par le courant. Et il y avait aussi l'habitude de balancer par la fenêtre le contenu de son pot de chambre... Pourtant oui, les étuves étaient très fréquentées et l'époque plus propre qu'on ne le pense souvent.

Les historiens comparent automatiquement avec la période précédente et s'extasient sur les villes romaines avec leurs rues percées d'égoûts, leurs latrines publiques, leurs établissements de bains sophistiqués et luxueux ouverts à tous. D'où cette impression d'un monde médiéval sale.

Enfin, pour l'anecdote, il n'y avait pas que les étuves médiévales où l'on "s'amusait" : les fameux thermes romains où l'on se baignait nu furent très longtemps mixtes et ça partouzait joyeusement dans les bassins certains jours. C'est l'empereur Hadrien qui imposa par ordre impérial des parties séparées ou des horaires différents pour les deux sexes.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Lun 10 Nov - 0:52

Voyageur Solitaire a écrit:
Le cliché crasseux du monde médiéval vient en partie du fait que les rues des villes n'avaient pas d'égoûts ni de trottoirs : en temps de forte pluie, on pataugeait vite dans l'eau, la boue et les détritus entraînés par le courant.


Ca a changé sous le règne de Philippe Auguste, notamment pour la ville de Paris. Philippe Auguste fut le premier roi à réagir contre l'insalubrité des rues de Paris. Son grand père Louis VI le gros avait déjà interdit l'érrance des porcs dans les rues de la capitale. Mais cette mesure visait surtout à éviter les accidents nombreux et bien souvent mortel, ainsi en 1185 Philippe Auguste pris la décision de faire paver toutes les artères de sa capitale.
En effet une odeur nauséabonde se dégageait des rues parisienne, la chaussée de terre était souvent plus un vaste marécage qu'autre chose, alimenté par le ruissellement des ruelles adjacentes, les passants pataugeaient jusqu'au chevilles et les chariots s'embourbaient bien souvent, et souvent l'orage charriait contre les murs les ordures que le riverains avaient pour l'habitude de jeter par les fenêtres.
Le dallage gallo-romain avait depuis longtemps disparu sous une épaisse couche de terre et de boue, ainsi en 1185 Philippe Auguste décida de changer tout ça, il ordonna de faire paver toutes les rues et place de la ville avec de fortes et dures pierres.
Cette mesure relève autant du prestige que de l'hygiène, ainsi ces travaux ne concernent que les artères principales de Paris, sur lesquelles reposait le réseau de la voirie de la capitale.
Après le règne de Philippe Auguste les travaux continuèrent et l'état des rues s'améliorèrent, cela servit comme base aux autres villes du royaume, même si tout n'était pas parfait loin s'en faut. Mais c'était un grand pas pour l'état de propreté des rues des grandes villes du royaume de France.
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Gorak

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mer 19 Nov - 19:12



Gilles de Rais, un psychopathe au Moyen Age ?

Le cas étrange de ce grand seigneur, compagnon de Jeanne d'Arc, n'a jamais cessé de faire couler beaucoup d'encre, hier comme aujourd'hui.

Toutefois, ses aveux sont depuis peu examinés à la lumière de la psychologie moderne et des méthodes mises au point par les "profilers".

Ainsi, dans un ouvrage paru en 2012 aux éditions Tallandier, l'historien Matei Cazacu, chercheur au CNRS, est formel : le portrait type du tueur psychopathe correspond trait pour trait au tempérament et aux actes du seigneur de Tiffauges.
Ces criminels sont souvent jeunes - entre 27 et 31 ans (Gilles commence à 27 ans), ils s'attaquent aux mêmes victimes (en l'occurrence des enfants), sont intelligents (il parle latin et possède une grande bibliothèque), restent colériques et ont connu, étant jeunes, des problèmes affectifs (Gilles perd ses parents à l'âge de 10 ans et sombre vite dans une anomie générale). Bien d'autres détails confirment : organisation des crimes, cruauté organisée et même mise en scène, rôle du stress dans le déclenchement des phases meurtrières, etc.

A l'époque, évidemment, on ne savait pas à quoi attribuer de telles pulsions : la possession démoniaque était la seule explication.

Du propre aveu de Gilles de Rais, les crimes sexuels ont commencé après la mort de son grand-père, en 1432. On le voit alors mener grand train, mettre en scène un mystère et fréquenter des comédiens. Les tentations et les pulsions se font de plus en plus fortes... Dans le même temps, sa recherche obsessionnelle de la pierre philosophale l'oblige à frayer avec des personnages douteux, comme Francesco Prelati qui invoque Belzébuth.

Le procès reviendra sur ces rituels occultes en rapportant notamment une scène où Gilles de Rais aurait mis "dans un verre la main, les yeux et le coeur de l'un desdits enfants, avec le sang de celui-ci, pour les offrir en signe d'hommage et de tribut au démon susnommé, Barron, et qu'il fit faire cette oblation en son nom par ledit François Prelati."

La confession publique de Gilles de Rais, tout à fait extraordinaire chez un personnage de son rang, lui gagne sinon la sympathie, du moins l'empathie du public. Il exhorte les parents et les familles à bien élever leurs enfants, à ne pas reproduire les erreurs commises à son égard.
Ses aveux, sa clairvoyance, son repentir, ses larmes et ses prières touchent peu à peu le coeur du public, qui souhaite son rachat tout autant que sa punition - d'où le spectacle unique et improbable d'une foule en pleurs qui l'accompagne jusqu'au seuil de la mort.
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Gorak

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 20 Nov - 22:03

L'an 1000 n'a fait peur à personne !

On sait que l'an 1000 est la date légendaire d'une prétendue croyance à la fin du monde qui aurait jeté la terreur parmi les populations de l'Europe dans les dernières années du Xe siècle.
Or on n'a jamais retrouvé aucun document faisant mention d'une quelconque terreur provoquée par une croyance universelle en une prochaine fin du monde.
C'est donc à tort qu'on y vit la preuve d'un trouble général des esprits.
Au contraire même, des conciles se tinrent aux environs de l'an 1000 et ceux-ci organisèrent la discipline ecclésiastique comme si le monde devait toujours durer.
Le roi de France, Robert le Pieux, brave les lois canoniques pour épouser sa cousine.
Les seigneurs continuent de se battre, de piller et d'incendier.
Et ni bulles pontificales, ni correspondances entre souverains, évêques et moines, ne traduisent une quelconque inquiétude au sujet d'une catastrophe prochaine. Aussi, toutes les citations empruntées aux chroniques de Raoul Glaber pour généraliser la croyance à la fin du monde ne sont rien d'autre, en vérité, que l'exposé des calamités dont toute l'Europe souffrait alors. A savoir :

987 : grande famine et épidémies
989 : grande famine
990-994 : famine et mal des ardents
1001 : grande famine
1003-1014 : famine et mal des ardents
1027-1029 : famine si universelle que le muid de blé vaut 60 sols d'or, que les serfs assassinent des voyageurs pour les manger ou vont dans les cimetières pour déterrer les cadavres.

Des froids terribles, des inondations, des pluies ne permettaient pas au blé de germer.
De telles calamités ont certes pu incliner quelques esprits ignorants et superstitieux à croire que le monde allait finir. Mais c'était là surtout une manière de parler.
En outre, les six années qui précèdent l'an 1000 et les treize années comprises entre 1014 et 1027 furent relativement heureuses.

D'une manière générale, les "terreurs universelles" de l'an 1000 ne furent rien de moins qu'un mythe accrédité par les écrivains du XVIe et du XVIIe siècle pour critiquer leur époque qui fut beaucoup plus violente...
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VIC

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 20 Nov - 23:49

Perso, je n'ai jamais eu peur de l'an 1000.
Intéressants tous ces derniers articles...

_________________
Ë=alt0203...  Ï=alt0207...œ=alt0156... Œ =alt0140...Ç=alt0199...Á= lt181... Â=alt182...À=alt183...Ç=alt128...È = alt 212 ... É=alt144...ø=alt0248...Ø=alt0216
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Warlock

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 21 Nov - 0:36

Les soit disant humanistes de la renaissance, décidèrent de présenter le Moyen âge comme une période noire et obscurantiste. Par la suite, ces idées furent reprises par les philosophes des lumières, puis par la révolution française. Donc évidemment on était à cette époque en plein dans la grande peur de l'an mil et des fantasmes qui vont avec de fin du monde... Histoire de dénigré encore plus l'époque médiévale, pour cacher une période de "Renaissance" de violence et d'intolérance religieuse.

Le mythe de la peur de l'an mil se répandit largement sous la IIIe république. Les républicains voulaient démontrer que l'Église, pendant des siècles, avait eu comme objectif de tenir les masses populaires dans l'ignorance la plus totale et obscure.
De nombreux historiens, fidèles à ces idéaux républicains, diffusèrent cette propagande anticléricale, utilisant au mieux le mythe des peurs de l'an mil. Ou comment transformer une période d'une grande richesse en une époque d'obscurantisme.
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Gorak

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 21 Nov - 1:02

Warlock a écrit:
Les soit disant humanistes de la renaissance, décidèrent de présenter le Moyen âge comme une période noire et obscurantiste. Par la suite, ces idées furent reprises par les philosophes des lumières, puis par la révolution française. Donc évidemment on était à cette époque en plein dans la grande peur de l'an mil et des fantasmes qui vont avec de fin du monde... Histoire de dénigré encore plus l'époque médiévale, pour cacher une période de "Renaissance" de violence et d'intolérance religieuse.

De même que les quatre premiers Capétiens ne furent pas aussi "faibles" qu'on ne l'a prétendu.

Du moins, il ne faut pas exagérer cette supposée faiblesse, ni de conclure, au vu de l'attitude irrévérencieuse de certains seigneurs, à l'existence d'une sorte d'opposition générale.
Les Capétiens possédaient en propre un domaine royal qui, s'il constituaient leur unique source de revenus, était à même de leur servir de base pour entreprendre une action contre les féodaux et leur reprendre, un à un, les droits que ceux-ci exerçaient au détriment de la Couronne. Et c'est ce qu'ils vont faire, durant les 341 ans que durera leur épopée, du premier d'entre eux, Hugues Capet, jusqu'à Charles IV le Bel.

Ensuite, il y a l'image du roi :

Pour les ducs et les comtes, il n'était guère qu'un suzerain.
Mais pour les bourgeois des villes et le peuple des campagnes, il était le Roi et, à ce titre, devint leur allié naturel.
Il était le Roi aussi pour tous les gens d'Eglise qui, dans les Livres saints et dans l'histoire romaine, avaient puisé une haute idée de ce que doit être un monarque, à la fois chef suprême de l'Eglise, mais aussi législateur, nourricier, défenseur de la foi et des monastères, sorte d' "évêque des choses temporelles", comme l'avaient été les empereurs chrétiens de Rome.

En outre, les Capétiens attachaient à leur royauté un caractère de droit divin, ils firent de leur sacre un véritable sacrement, lui confèrant par l'onction sainte, une sorte de sainteté et un sacerdoce, punissant la rébellion à leur encontre comme un crime de lèse-majesté et presque de sacrilège.
Ils mirent à leur disposition les richesses des églises, des évêchés et des abbayes.
Ils firent flotter leurs bannières à côté de l'oriflamme de Saint-Denis, étendard sacré qui servait de ralliement pour les bourgeois et les paysans chaque fois que le Roi faisait appel à eux pour défendre le royaume.

Alors, non, les Capétiens, de Hugues Capet jusqu'à Charles IV le Bel, ne furent jamais "faibles". Bien au contraire, ils n'eurent de cesse de forger leur puissance pour construire la France.
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cdang

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 21 Nov - 10:30

Warlock a écrit:
Les républicains voulaient démontrer que l'Église, pendant des siècles, avait eu comme objectif de tenir les masses populaires dans l'ignorance la plus totale et obscure.

Mouais, enfin l'usage du latin (pour la messe, mais surtout pour les textes de loi) c'était pas vraiment une manière de répandre le savoir auprès du peuple. Et même si l'al Andalus a été largement fantasmé par les esprits des Lumières pour se démarquer d'avant, il y a quand même objectivement eu énormément plus de progrès scientifiques dans le monde arabo-perse (médecine, mathématiques, astronomie, alchimie) que dans l'Europe à cette époque, et c'est d'ailleurs grâce à eux qu'on a retrouvé trace des philosophes grecs.
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Gorak

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 21 Nov - 13:19

cdang a écrit:

Mouais, enfin l'usage du latin (pour la messe, mais surtout pour les textes de loi) c'était pas vraiment une manière de répandre le savoir auprès du peuple.

L'Eglise et le pouvoir royal avaient en tête le temps des Empereurs romains chrétiens. C'est pourquoi le latin fut en usage si longtemps après la chute de Rome, tant dans les sermons à la messe que dans les actes juridiques.

En outre, il faut savoir qu'en France coexistait une miltitude de dialectes régionaux et qu'il convenait de trouver une langue commune pour tous se comprendre. Le latin fera usage de langue universelle.
Mais effectivement, les paysans, eux, ne devaient pas comprendre - ou très peu - le latin. Même si quelques uns d'entre eux avaient appris à lire et à écrire. Les simples curés de paroisse n'étaient souvent à peine plus instruits que leurs ouailles...

Citation :
Et même si l'al Andalus a été largement fantasmé par les esprits des Lumières pour se démarquer d'avant, il y a quand même objectivement eu énormément plus de progrès scientifiques dans le monde arabo-perse (médecine, mathématiques, astronomie, alchimie) que dans l'Europe à cette époque, et c'est d'ailleurs grâce à eux qu'on a retrouvé trace des philosophes grecs.

Al-Andalous est une petite étincelle dans l'histoire de l'Espagne musulmane. Mais une étincelle qui a amené une grande lueur de connaissance.

Malheureusement elle n'a pas duré longtemps.
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Gorak

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 21 Nov - 17:51


L'administration royale s'affirme sous saint Louis

En 1270, au moment où le roi Louis IX rend son dernier soupir sous les murailles de Tunis, le pouvoir royal s'est fortement consolidé en France. La monarchie capétienne, elle-même d'essence féodale, a pu grandir et devenir vraiment royale en combattant les seigneurs, par l'application même du droit féodal : la confiscation des fiefs normands et angevins du roi Jean d'Angleterre par Philippe Auguste en 1215 en est un exemple caractéristique.

Les rois de France sont désormais assez forts pour n'avoir plus besoin, comme les premiers Capétiens, d'associer de leur vivant leur fils à la couronne pour leur assurer l'hérédité.

Le règne de Louis IX marque un nouveau progrès de la royauté, parce que ce souverain se montre constamment jaloux de maintenir les prérogatives royales et met un soin tout particulier à les faire respecter par tous, quel que soit le rang de chacun.

Les institutions administratives et judiciaires de la France, qui étaient encore rudimentaires sous Philippe Auguste, se fixent et se perfectionnent.
C'est à Louis IX et à ses successeurs immédiats que remonte l'origine des grands corps d'officiers et de fonctionnaires qui marquent les débuts de l'unification administrative de notre pays.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 21 Nov - 18:25



Les Pairs du royaume de France

Le titre de "Pair" fut réservé d'abord aux grands feudataires qui relevaient directement du Roi et lui devaient hommage comme à un suzerain.
Par la suite, il fut donné aux membres d'un collège qui comprenait 6 grands feudataires ecclésiastiques (prélats) et 6 grands feudataires laïques.

Qui étaient ces 12 Pairs de France ?

L'archevêque de Reims, les évêques de Laon, de Langres, de Beauvais, de Noyons et de Châlons.

Les ducs de Bourgogne, de Normandie, de Guyenne ainsi que les comtes de Flandre, de Champagne et de Toulouse.

Les Pairs occupaient le premier rang après le Roi dans la hiérarchie féodale. D'où leur prétention à exercer leurs prérogatives judiciaires et d'obtenir le privilège de n'être jugés que par eux-mêmes en constituant une juridiction spéciale.

Toutefois, sur ce dernier point, la royauté n'admit jamais, du moins officiellement, la constitution d'une "Cour des Pairs" car aucun acte législatif, aucune ordonnance, n'en a établi le fonctionnement.
Ce qui laissa même supposer, dans les premières études historiques parues sur le moyen age au XIXe siècle, que les douze pairs n'étaient en réalité qu'une création fictive suggérée par les chansons de geste où Charlemage et Arthur de Bretagne apparaissaient entourés de douze preux.

Lorsque le parlement fut constitué, à partir de saint Louis, la "Cour des Pairs" fusionna avec cette haute juridiction.
Il fut cependant admis que chaque fois qu'un Pair était partie dans un procès, il pouvait exiger que les autres Pairs fussent adjoints aux membres ordinaires, tout au moins appelés.
La présence d'un seul suffisait pour rendre l'arrêt valable.

Par la suite, au XVIe et XVIIe siècle, le titre de "Pair" ne fut plus donné par le Roi qu'à titre de simple distinction.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 21 Nov - 19:50

Gorak a écrit:

Alors, non, les Capétiens, de Hugues Capet jusqu'à Charles IV le Bel, ne furent jamais "faibles". Bien au contraire, ils n'eurent de cesse de forger leur puissance pour construire la France.


Ah je n'ai jamais vraiment lu que les Capétiens étaient considérés comme faibles. Bien on contraire c'est l'âge d'or de la monarchie française pour moi. Du moins de Philippe auguste à Philippe le bel.
Certes les 4 premiers rois capétiens de Hugues Capet à Philippe Ier n'étaient pas vraiment des rois puissants et de France. Car leur domaine royal était portion congrue, et qu'ils devaient subir la présence des puissants seigneurs des duchés et des comtés. Mais à partir de Philippe auguste tout a changé, il a quadruplé la taille du domaine royal devenant le plus puissant seigneur de son temps.

La dynastie capétienne a agrandit progressivement le domaine royal par  héritages, achats, confiscations, mariages. De grands rois accélèrent le processus : Philippe-Auguste contre les Anglais, Saint-Louis, et Philippe IV le Bel.
Peu à peu, le domaine royal tend à s'étendre jusqu'aux frontières du royaume. Constitué jusque là de l'ensemble des fiefs dont les seigneurs reconnaissent l'autorité sacrée du roi, le royaume intègre peu à peu, au fur et à mesure de l'affirmation du pouvoir capétien, comtés et duchés dans le domaine royal.

Malheureusement les successeurs de Philippe le bel n'ont pas profité de cet avantage et de cette puissance monarchique. Mettant en péril la sécurité du domaine royal, par de mauvais choix stratégiques et un manque flagrant d'autorité royale. Et ce jusqu'à Charles V qui redressa le royaume.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 21 Nov - 21:02

Les quatre premiers Capétiens avaient la force du sacre pour eux. De plus, leur domaine, s'il était territorialement réduit, leur fournissait des revenus appréciables. En outre, sous Robert le Pieux, ils ont gagné, par mariage, un accès à la Manche avec la ville de Montreuil-sur-Mer.

Sinon, en relisant mieux certaines chroniques, "entre les lignes", je m'aperçois qu'ils étaient quand même très coriaces... Robert le Pieux et Philippe Ier surtout. Leur action a grandement contribué aux gloires du règne de Louis VI puis celui de Philippe Auguste. Ils ont, pour ainsi dire, déblayé le terrain.

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Sam 22 Nov - 0:35

Philippe Auguste s'est fait quasiment tout seul, même si ses prédécesseurs ont contribué à la grandeur de la lignée capétienne.  N'oublions pas qu'au début de son règne le domaine royal était vraiment plus que limité. A la fin de son règne son royaume avait quadruplé.
Aucun roi par la suite n'obtiendra une aussi grande augmentation du territoire. Mis à part Charles V par la suite qui lui aussi augmentera considérablement le domaine royal.
Philippe Auguste à conquis la Normandie, le Maine, l'Anjou, la Touraine, le Nord du Poitou et la Saintonge. En 1214, la victoire de Bouvines sur l'empereur du Saint-Empire et le comte de Flandre alliés au souverain anglais fait de Philippe Auguste le seigneur le plus puissant de tout le royaume et d'Europe.

Pour moi il y a vraiment eu sous l'époque médiévale un avant et un après Philippe Auguste. C'est le premier véritable roi de France et plus roi des francs. Glorifié de son vivant il est aujourd'hui l'un des monarques les plus admirés.
Roi bâtisseur on lui doit de nombreuses constructions, de nouvelles forteresses, et les prémices de ce que sera le Louvre.

Cela étant je reconnais que le règne de Philippe Ier est sous estimé. Il a tout de même assuré une base réelle à la puissance royale en consolidant le domaine royal, en contenant ses puissants vassaux. Chose que son père Henri Ier avait échoué à appliquer, provoquant une forte diminution du prestige et du pouvoir royal.
Néanmoins il n'aura pas le prestige et la gloire de ses successeurs, par un manque certes de reconnaissance, mais surtout de gloire et d'aura.

Cela étant comme je l'ai dit la dynastie capétienne reste à mes yeux comme la plus grande dynastie monarchique de notre histoire. Elle a posé les bases de la France moderne et du sentiment national, on lui doit beaucoup.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Sam 22 Nov - 1:46

Warlock a écrit:
En 1214, la victoire de Bouvines sur l'empereur du Saint-Empire et le comte de Flandre alliés au souverain anglais fait de Philippe Auguste le seigneur le plus puissant de tout le royaume et d'Europe.

Et pour couronner le tout, n'oublions pas que son fils, le futur Louis VIII, a bien failli devenir roi d'Angleterre. A la demande des barons anglais en plus, qui lui avaient déjà prêté hommage après avoir prononcé la déchéance du roi Jean.
Malheureusement, celui-ci meurt en 1216 et les barons virent de bord en se ralliant finalement à Henri III. Louis sera battu à la bataille de Lincoln en 1217 et forcé de retourner sur le continent en abandonnant à jamais toutes prétentions futures sur l'Angleterre.


C'est un détail que l'on néglige souvent mais l'Angleterre aurait pu être française... lol!

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Gorak

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Sam 22 Nov - 14:11


La France de saint Louis : un âge d'or

Entre 1254 et 1270, furent des années particulièrement heureuses pour le royaume de France.

Le bon roi Louis IX créa un nouvel ordre des choses approprié à l'état social de la France.
C'est de lui que date la monarchie moderne sous le rapport politique, comme elle date de Philippe Auguste sous le rapport territorial.
La civilisation française brille alors d'un éclat incomparable dans tout l'Occident.

Une population plus nombreuse, une vie plus facile et plus large.
Le genre français se manifeste par des chefs-d'oeuvre d'architecture religieuse (c'est le temps béni des cathédrales), mais aussi par les premières oeuvres poétiques et d'histoire, écrites en langue française, langue du "duché de France", qui prédomine sur tous les autres dialectes.

Saint Louis, canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII, laissa à son fils, Philippe III le Hardi, un testament politique et moral (à lire ici) où toute l'âme de ce grand roi s'y reflète pleine et entière.
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Warlock

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Sam 22 Nov - 21:27

Gorak a écrit:

Et pour couronner le tout, n'oublions pas que son fils, le futur Louis VIII, a bien failli devenir roi d'Angleterre.

Louis VIII n'a vraiment pas eu de chance, roi pendant seulement 3 ans, précédé par son père Philippe Auguste et suivi par son fils Saint Louis, il souffre de l'ombre portée par ces deux géants du Moyen Age.
Un roi méconnu que l'histoire ne célèbre guère les mérites.

Et pourtant ce fut un homme courageux, véritable lion au combat, d'où son surnom. Il fut associé aux campagnes victorieuses de son père et même accomplit le dernier débarquement réussi en Angleterre. Si finalement l'entreprise échoua, entre autres choses en raison de l'opposition de son père, l'histoire se montre quelque peu injuste en tenant à peine compte de cette étonnante expédition.

Il fut aussi un homme à la noblesse d'âme et aux qualités de coeur reconnues de tous ses proches, soucieux de ne pas faire peur à son peuple et attaché à ses compagnons de chevauchée issus de la petite et de la moyenne noblesse.
Il était il est vrai écrasé par le charisme le prestige et l'aura de son père. Mais il lui resta toujours fidèle, dissimulant ses ambitions en secret. Roi très pieux, et fidèle à sa reine, Blanche de Castille, qui fut accablée par la mort de son mari.
Contrairement à son père Philippe Auguste bien plus libéré et pragmatique, qui n'était certes pas un érudit et loin des canons chevaleresques de son époque. Mais un homme malin, opportuniste et considéré par certains chroniqueurs de l'époque, comme un roi "très laïc". ce qui suscita de vives critiques de la part de ses sujets, car il n'était pas assez pieux pour eux.

Louis VIII a pourtant fait beaucoup pour son royaume, agrandissant à son tour le domaine royal. Personne ne peut douter que si son règne eu été plus long il serait resté véritablement dans l'histoire. L'exemple même du bon roi oublié.
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Gorak

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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 23 Nov - 13:47


Philippe III le Hardi, un roi pas si "faible"...

Roi de France de 1270 à 1285, il fut longtemps considéré comme un esprit "faible" et jugé "médiocre" par les historiens du XIXe siècle et présenté ainsi dans les manuels scolaires. Il fut néanmoins, par sa nature droite et généreuse, l'habile continuateur de la politique de son père, saint Louis.

La succession de son oncle, Alphonse de Poitiers, vint agrandir considérablement le domaine royal.

Il obligea le comte de Foix, Roger Bernard, à faire abandon d'un certain nombre de forteresses en 1273.

Le mariage de son fils, Philippe (futur Philippe le Bel), avec Jeanne de Champagne et de Navarre, assura à la France de prochains agrandissements territoriaux.
Il réunit aussi à son royaume le port de Honfleur, la vicomté de Pierrefonds, etc. certes acquis à prix d'argent mais qui n'en constituent pas moins d'intéressantes conquêtes territoriales.

Roi "faible", Philippe le Hardi ? Pourtant, comme son père, il sut faire sentir tout le poids de l'autorité royale à l'Eglise et aux grandes maisons féodales.
Ainsi, par l'ordonnance de 1274, il infligea de fortes amendes aux seigneurs qui ne se soumettaient pas à l'ost et il imposa l'usage des asseurements pour diminuer les guerres privées.

Pour affaiblir encore davantage la noblesse, il n'hésita pas non plus, parfois, à anoblir des roturiers, tel Raoul l'orfèvre.

Il organise le Parlement par une ordonnance de 1278 : sous son règne, la section judiciaire de la cour royale comprenait une grand'chambre, une chambre des enquêtes et une chambre des requêtes.
Plus tard, au XIVe siècle, s'adjoindra la "tournelle" (chambre criminelle), composée de magistrats pris dans la grand'chambre puis de magistrats spéciaux.

C'est encore Philippe III qui, en décembre 1271, fixe la majorité des rois à 14 ans révolus (alors qu'elle était à 25 ans dans le royaume), et ce pour éviter les difficultés et les abus d'une régence trop longue.
Charles V renouvellera et généralisera cette ordonnance.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 23 Nov - 19:30

Toute proportion gardée à l'instar de Louis VIII, le règne de Philippe III le hardi a du subir l'ombre de son père Saint Louis et de son fils Philippe le bel, deux règnes marquants de l'époque médiévale. Mais la comparaison s'arrête là, Louis VIII aurait été c'est sur un grand roi sur la durée, ce qui n'a pas été le cas de Philippe III.
Philippe III a été négligé et oublié par les historiens. Cela étant ce n'est pas pour rien non plus. Il avait une personnalité effacée, timide, écrasé par la présence de ses parents, c'était un roi sachant à peine lire, capable des plus surprenants enfantillages. Il était féru de combats et d'exploits militaires, ce qui donna par la force des choses le pouvoir à son entourage familial et à ses conseillers.

Son règne doit beaucoup à celui de son père, car sans les solides réformes administratives et fiscales faites sous Saint Louis , la monarchie française aurait pu connaître entre 1270 et 1285 une mutation semblable à celle que la Couronne anglaise avait subie quelques décennies plus tôt, avec une baisse notable du pouvoir royal.
Le règne de Philippe a été ponctué d'expéditions guerrières calamiteuses, y compris la dernière où il laissa la vie, et de secousses politiques comme l'exécution du favori Pierre de Brosse. Son règne a été un règne court et balbutiant, Philippe un roi oui plutôt faible, pour moi on peut le dire, à la personnalité parfois simplette, avec de vraies séquelles mentales, à cause d'une naissance difficile. Heureusement son père a su bien l'entourer par de bons conseillers et un encadrement compétents. Ce qui l'aida beaucoup pour sa politique intérieure, qui fut plutôt efficace.
Un règne trouble, mais qui reste intéressant à étudier.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 23 Nov - 20:40

Warlock a écrit:
T
Le règne de Philippe a été ponctué d'expéditions guerrières calamiteuses, y compris la dernière où il laissa la vie, et de secousses politiques comme l'exécution du favori Pierre de Brosse. Son règne a été un règne court et balbutiant, Philippe un roi oui plutôt faible, pour moi on peut le dire, à la personnalité parfois simplette, avec de vraies séquelles mentales, à cause d'une naissance difficile.

L'expédition en Aragon, en 1285, est effectivement un échec. Pourtant, tout avait bien démarré.

Philippe III, après avoir reçu l'assentiment des barons et des prélats, passa les Pyrénées et fut reçu par Jacques d'Aragon, son beau-père, roi de Majorque. Ses troupes sont victorieuses sur terre mais sur mer, c'est une autre histoire : Guillaume de Lodève, qui commandait la flotte royale, est battu et fait prisonnier par les Aragonais et Roger de Loria remporta à Las Horminguas une victoire navale plus importante encore.

Les Français durent alors se replier sur Girone, qui capitula.

L'armée, décimée par la maladie, fut forcée de battre en retraite. Et l'arrière-garde fut massacrée. Philippe atteint lui-même d'une fièvre pestilentielle finit par s'éteindre à Perpignan. Telle fut l'issue malheureuse de cette guerre, une des plus injustes, des plus inutiles et des plus désastreuses que les Capétiens aient eu à soutenir.

Et cela, à cause de cet homme :


Charles d'Anjou, qui, en 1270, avait mené son frère Louis IX en Afrique pour satisfaire son ambition, récidive quinze ans plus tard avec son neveu qu'il mène en Aragon pour venger ses injures. Le père et le fils moururent également pour le même homme, en croyant combattre pour Dieu...
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 4 Déc - 18:15


LE PILORI DES HALLES - PARIS XIVe SIECLE.

C'était une tour octogone composée d'un rez-de-chaussée et d'un étage percé de 8 arcades à jour ; au milieu se trouvait placée une roue très mobile et tournant sur un pivot. Cette roue était percée de trous circulaires, juste assez larges pour que les condamnés puissent y passer la tête et les mains. Ils restaient ainsi, dans cette position, pendant un délai plus ou moins long, le temps d'expier leurs crimes.

De temps en temps, on tournait le pivot et tout le monde pouvait les voir. Les enfants et les curieux avaient la permission de leur jeter au visage les plus sales projectiles, pourvu qu'ils ne fussent point de nature à les blesser.

Comme on peut le voir sur cette gravure, le pilori des Halles a continué de fonctionner jusqu'au XVIIIe siècle...
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 4 Déc - 19:03


LA CHASSE AUX XIVe ET XVe SIECLES

Pour les seigneurs, la chasse n'est pas seulement un exercice physique et un divertissement. Elle a, à leurs yeux, une importance sociale.

Henri-Corneille Agrippa a écrit:
"Si quelqu'un veut devenir gentilhomme, qu'il devienne chasseur premièrement, car ce sont là les principes et les rudiments de la noblesse"

Rois et seigneurs chassent donc avec magnificence, d'après des règles codifiées tout au long du Moyen Âge dans deux traités : "Le Livre du roi Modus", dont l'auteur est inconnu, et surtout "Le Miroir de la Chasse", écrit par Gaston Phoebus, comte de Foix et seigneur du Béarn.

Il s'agit d'un traité, mêlé de prose et de vers, dont le style emphatique et embrouillé a donné naissance à l'expression "faire du phoebus", ce qui signifie parler ou écrire d'une manière prétentieuse et entortillée.


Le comte de Foix, qui n'avait pas moins de 1600 chiens dans ses chenils, après avoir déclaré qu'il n'y avait pas de moyen de sanctification plus certain que l'exercice de la chasse, décrit les méthodes usitées de son temps pour la chasse du renne, du daim, de l'ours, du sanglier ou encore du cerf.

Les Valois, toujours férus de faste et d'excentricités, mirent à l'honneur une chasse qui était très prisée en Asie et qui fut vraisemblablement rapportée des Croisades : la chasse au guépard.


Un veneur à cheval portait l'animal en croupe sur un coussin et le maintenait par une chaîne. Aussitôt qu'on apercevait un chevreuil ou un lièvre, on lachait le félin qui bondissait sur le gibier et l'étranglait.

La fauconnerie, autre art cynégétique apprécié aux temps médiévaux, était surtout pratiqué par les femmes.

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