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 LE MONDE MEDIEVAL

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Gorak



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mer 9 Avr - 17:08

Marrant de voir des anglo-normands récupérer les vieux symboles celtiques à des fins politiques...  Smile 
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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mer 9 Avr - 17:10

Tout légendaire qu'il soit, le fameux Richard Coeur de Lion a fini tué par un simple arbalétrier alors qu'il assiégeait un château où il pensait trouver un trésor.
Sommes-nous peu de choses...
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Gorak



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mer 9 Avr - 17:19

Voyageur Solitaire a écrit:
Tout légendaire qu'il soit, le fameux Richard Coeur de Lion a fini tué par un simple arbalétrier alors qu'il assiégeait un château où il pensait trouver un trésor.
Sommes-nous peu de choses...

Il n'est pas mort sur le coup. On dit qu'il aurait rendu son dernier souffle dans les bras de sa mère, Aliénor d'Aquitaine, qui aurait chevauché au plus vite depuis l'abbaye de Fontevraud où elle s'était retirée dès qu'elle eût connaissance de la terrible nouvelle.

Mourir en cherchant un trésor après avoir vécu une vie d'aventures et de croisades, c'est bien digne d'un esprit romantique. Le digne fils de sa mère, en fait, qui, elle aussi, rêvait beaucoup aux légendes et appréçiait les romans courtois. Elle a inculqué à ses enfants l'idéal chevaleresque.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 10 Avr - 23:20

Gorak a écrit:
Marrant de voir des anglo-normands récupérer les vieux symboles celtiques à des fins politiques...  Smile 

Mais des symboles, comme le montrent ces événements, très discrédités.

Peut-être la 'redécouverte' des ossements d'Arthur et Guenièvre à Glastonbury a-t-elle été une manœuvre politique du roi Henri II à l'égard des Gallois qui lui posaient de sérieux problèmes et qui prenaient plus au sérieux ces symboles ( un chroniqueur au moins dit qu'un vieux barde gallois lui avait indiqué leur sépulture )…
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Gorak



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 11 Avr - 5:41

En fait, à cause de cela, beaucoup remettent en cause l'existence même du roi Arthur.

Il semblerait que ce personnage relève avant tout d'une propagande "nationaliste" galloise du XIVe siècle pour s'opposer aux prétentions des Anglais.

Les Gallois, alors en pleine révolte, auraient inventé ce récit pour justifier leur long ancrage sur la terre britannique par rapport à des Anglais qu'ils considéraient comme des "envahisseurs".

Mais comme toute légende, il y a aussi un fond de vérité. Et effectivement on trouve bien, si l'on en croit des chroniques écrites au VIIe siècle, un chef gallois romanisé nommé Artus qui fut assez puissant pour fédérer les tribus qui vivaient alors et forger un royaume unifié.

En revanche, la Table Ronde ou même Excalibur sont des éléments purement imaginaires qui appartiennent à un folklore mi-chrétien mi-celtique.
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ashimbabbar



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 11 Avr - 16:56

Gorak a écrit:


Mais comme toute légende, il y a aussi un fond de vérité. Et effectivement on trouve bien, si l'on en croit des chroniques écrites au VIIe siècle, un chef gallois romanisé nommé Artus qui fut assez puissant pour fédérer les tribus qui vivaient alors et forger un royaume unifié.


Certains ont soutenu que c'était un descendant de Sarmates romanisés installés par les Romains - au vu du style de combat ( cavalerie de choc lourdement cuirassée ) et des similarités entre Excalibur et l'épée de Batraz dans les mythes ossètes
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Gorak



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 11 Avr - 19:42


Saint Guinefort : un chien guérisseur d'enfants.

Une bien étrange coutume à laquelle s'adonnaient les paysans des Dombes au XIIIe siècle.

Selon les chroniques d'Etienne de Bourbon, écrites vers 1250, on pouvait guérir un enfant en l'abandonnant nu et entouré de chandelles, après l'avoir fait passer entre les troncs de deux arbres.
Il fallait déposer quelques offrandes, laisser un moment l'enfant, puis le plonger dans la rivière glacée : soit il mourait soit il guérissait.

Les miracles étaient dus à un saint lévrier qui était censé avoir sauvé un enfant des morsures d'un serpent.

Ce culte perdura des siècles.
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Gorak



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 17 Avr - 22:49


Attila, "Fléau de Dieu" ou conquérant comme les autres ?

Attila, roi des Huns, mérite bien le surnom de "Fléau de Dieu" que les chroniqueurs lui ont donné.

Ambitieux, intrépide, impacable, habile à jouer sur la désunion de ses adversaires, il prit la tête de dizaines de milliers de cavaliers qui campaient dans les steppes. Puis, de Byzance à la mer Adriatique, il lança ses bandes pillardes à l'assaut des empires d'Orient, imposa des tributs humiliants aux pays conquis.

Il traversa la Germanie, franchit le Rhin, ravagea la Gaule. Le 7 avril 451, il incendia Metz. Les Parisiens, épouvantés, attendaient le choc des Barbares et des faibles légions gallo-romaines. Geneviève ravitailla par voie d'eau Paris où sévissait la famine, tandis que saint Germain d'Auxerre affermissait le courage des habitants. Attila délaissa Paris et marcha sur Orléans qu'il assiégea.

Le général romain Aétius passa une alliance avec le wisigoth Théodoric et, ensemble, ils délivrèrent Orléans. Toutes les forces des Gaules se rangèrent derrière les aigles d'Aétius. Attila se replia vers le Rhin, jalonnant sa retraite du feu des incendies. Aétius rattrapa les Huns près de Troyes en juin et les mit en échec dans les Champs Catalauniques.

La menace persista.

Attila n'avait pas dit son dernier mot. En 452, il ruina dix villes d'Italie, menaça Rome et ne regagna ses campements du Danube qu'après avoir chargé ses chariots de butin et négocié son mariage avec le soeur de l'empereur d'Occident.

Attila mourut, dit-on, d'une hémorragie nasale...
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Warlock



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 17 Avr - 23:27

Attila était loin du barbare sanguinaire qu'on a décrit, que du moins le monde chrétien la décrit, et une légende noire et négative qui persiste autour de son nom. Sans oublier bon nombres d'inventions chrétiennes sordides et imaginaires de destructions, autour de son image et de celle des Huns.
Mais Il n'était pas qu'un simple chef d'une tribu nomade, enfant il a passé plusieurs années à Rome et même si il ne savait pas écrire il parlait couramment le latin et le grec.

Et il savait très bien jouer de son rôle de "barbare" et de la terreur qu'inspirait son nom. "Barbare" surtout du point de vue des chrétiens et des autres croyants, chef d'une tribu nomade lui va mieux.

Aujourd'hui aux yeux du grand public il a une image de barbare sauvage et sanguinaire, face aux pauvres chrétiens oppressées, encore un beau cliché...
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Gorak



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 18 Avr - 8:40

Warlock a écrit:
Attila était loin du barbare sanguinaire qu'on a décrit, que du moins le monde chrétien la décrit, et une légende noire et négative qui persiste autour de son nom. Sans oublier bon nombres d'inventions chrétiennes sordides et imaginaires de destructions, autour de son image et de celle des Huns.
Mais Il n'était pas qu'un simple chef d'une tribu nomade, enfant il a passé plusieurs années à Rome et même si il ne savait pas écrire il parlait couramment le latin et le grec.

Et il savait très bien jouer de son rôle de "barbare" et de la terreur qu'inspirait son nom. "Barbare" surtout du point de vue des chrétiens et des autres croyants, chef d'une tribu nomade lui va mieux.

Aujourd'hui aux yeux du grand public il a une image de barbare sauvage et sanguinaire, face aux pauvres chrétiens oppressées, encore un beau cliché...


Attila n'était pas un tendre, c'est une certitude. Il était dur, âpre et cruel au combat. Mais ni plus ni moins qu'un autre conquérant de cette époque. Il était avide d'or mais comme d'autres chefs de guerre. Rien d'anormal, en somme, ce qu'il voulait c'était juste une part du gâteau romain qui tombait en miettes et où tous avaient déjà posé la main.

Il est vrai qu'en habile négociateur, il a réussi à fédérer autour de sa personne des peuples aux coutumes et aux moeurs, voire de langues différentes.

Il était l'ami d'enfance du général Aétius, son principal adversaire, et les deux hommes se respectaient mutuellement même s'ils suivaient des buts opposés.

Je pense que sa sombre réputation vient des chroniqueurs de cette époque qui, comme Ammien Marcellin, étaient tous des moines. Quand ils voyaient débarquer Attila et sa horde, pillant, ravageant et incendiant tout sur leur passage, ils avaient l'impression d'être en présence du "diable" en personne.

D'autant qu'Attila ne faisait pas de cadeau.

Mais effectivement, il y a peut-être trop d'exagération dans l'image qu'ils nous laissent de cet homme. Au fond, il était simplement le plus pur produit d'une époque où tout tombait en lambeaux et où émergeait une nouvelle période, dans un mélange de chaos et de violence.

En tout cas, Attila était davantage un fin et habile diplomate qu'un véritable stratège. Sa défaite aux Champs Catalauniques le prouve : malgré le surnombre de son armée, il n'est pas parvenu à battre celle d'Aétius qui était beaucoup mieux organisée.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 18 Avr - 16:40

La relation Aétius-Attila est assez fascinante : Aétius, "le dernier des romains" et Attila, "fléau de Dieu" se connaîssaient depuis l'adolescence, Aétius ayant été envoyé en "otage" à la cour du roi des Huns, Ruga, oncle du futur Attila. Les deux jeunes hommes s'y lièrent d'amitié et Aétius pût observer à loisir ceux qu'ils combattrait des années plus tard. Devenus hommes, ils s'affrontèrent à plusieurs reprises, chacun symbole du monde qu'il défendait, sans cesser de se respecter.
Leur fin est assez sordide : Attila mourût au lendemain de fêtes barbares pour son mariage avec la germaine Ildiko. Hémorragie provoquée par l'abus d'alcool, assassinat selon d'autres, ses chefs étant las de ses excentricités et cruautés.
Aétius, couronné de gloire, fût poignardé par l'empereur Valentinien III lui-même. Il est vrai que la noblesse, la droiture et la bravoure du général étaient un reproche vivant à la nullité de l'empereur... Ce dernier fût d'ailleurs à son tour assassiné plus tard par des fidèles d'Aétius.
Le plus grand échec d'Attila fût Byzance. Arrivé devant les fantastiques murailles de la ville, le rusé barbare comprît tout de suite qu'il n'y arriverait jamais et fît demi-tour...
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 18 Avr - 17:18

Voyageur Solitaire a écrit:

Le plus grand échec d'Attila fût Byzance. Arrivé devant les fantastiques murailles de la ville, le rusé barbare comprît tout de suite qu'il n'y arriverait jamais et fît demi-tour...

S'il n'était pas équipé de machines de siège, en effet ce n'était même pas la peine qu'il tente sa chance. C'était suicidaire.

Je comprends qu'il ait fait demi-tour.
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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 18 Avr - 19:44

Les Huns étaient avant tout des nomades, des cavaliers, ils n'avaient pas le matériel, la logistique et la connaissance nécessaire pour assiéger une ville fortifiée comme Byzance.
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Youpi l'alchimiste



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Sam 26 Avr - 3:21

Le mois d'avril


une scène de fiançailles pour célébrer le printemps qui s'installe, les protagonnistes ne sont pas très bien identifiés.Il pourrait s'agir de la fille ou de la petite fille du duc de Berry. La perspective moderne n'arrivant qu'à la renaissance, la représentation de la cours à droite est assez différente de se dont nous avons l'habitude.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Sam 26 Avr - 21:47

Un chevalier normand tueur de dragon au Moyen-Âge ?

Lu dans l' "Histoire des Ducs de Normandie" du chroniqueur Guillaume de Jumiège :

"Toustain, surnommé Scitelle, qui s'était distingué par toutes sortes d'exploits, fut le premier chef des Normands de la Pouille, lorsqu'ils étaient encore, comme étrangers, à la solde de Waimar, dire de Salerne. Entre autres actes de courage, il enleva un jour une chèvre de la gueule d'un lion, ensuite il saisit à bras nus le lion lui-même, furieux de se voir ravir la chèvre, et le jeta par dessus le mur du palais du duc, comme il aurait jeté un petit chien.

Les Lombards remplis de haine contre lui, et désirant sa mort, le conduisirent en un certain lieu où habitait un énorme dragon, au milieu d'une grande quantité de serpents, et dès qu'ils virent venir le dragon, ils se sauvèrent en toute hâte. Or Toustain, qui ignorait leurs projets, voyant fuir ses compagnons, demandait avec étonnement à son écuyer pourquoi ils s'étaient sauvés si vite, lorsque tout à coup le dragon, vomissant des flammes, s'avança vers lui, et porta sa gueule béante sur la tête de son cheval. Mais le chevalier tirant son épée, en frappa l'animal avec vigueur et le tua; mais lui-même, empoisonné par son souffle vénéneux, mourut trois jours après.
Chose étonnante à dire ! la flamme, qui jaillissait de la gueule du dragon, avait en un moment entièrement consumé son bouclier
."

Alors, que penser de ce récit ? Authentique ou une de ces légendes fantastiques nées dans l'esprit d'un moine pour illustrer la vie d'un héros des temps anciens ?

Ou alors, malgré tout ce que l'on nous a pu dire au sujet des dragons, ceux-ci ont réellement bien existé ?
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mer 30 Avr - 22:41


Cruel, pervers et lubrique : le véritable visage du "bon" roi Dagobert...

Tout le monde connait la célèbre chanson pour enfants évoquant les affres du "bon roi Dagobert" qui avait la fâcheuse manie de mettre sa culotte à l'envers. En fait, cette comptine fut imaginée et composée par le comte d'Estourel, qui vécut plus de mille ans après ce personnage.
Un personnage qui, d'ailleurs, ne fut pas aussi sympathique qu'on le pense...

Il était même plutôt cruel. On raconte qu'il fit égorger, en une nuit, plus de 10.000 Bulgares, hommes, femmes et enfants, qui étaient venus se mettre sous sa protection.
Mais il était aussi d'une grande fourberie. Lorsqu'un de ses hommes le trompait ou tramait un complot contre lui, il le faisait amener devant lui, faisait mine de lui pardonner et pendant que le coupable se proternait, il lui faisait couper la tête par un de ses gardes.

En outre, il était habité d'un solide appétit sexuel. Au point d'en être pervers et lubrique.

A l'âge de 12 ans déjà, il avait violé une bergère au pied de la butte Montmartre. Sa libido était insassiable. Il mettait sans son lit toutes les filles du palais. Un jour, il ramena de Senlis une jeune blonde qu'il avait remarquée alors qu'elle filait la laine devant sa maison, et l'installa au foyer conjugal. Elle s'appelait Ragnétrude et lui donna un fils, qu'on nomma Sigebert. Dagobert fut si content de la naissance de son bâtard qu'il engagea une jeune servante de 15 ans pour fêter l'événement et ne manqua pas non plus de l'introduire dans le lit conjugal, où l'on commençait à être à l'étroit.
Il se rappela qu'il avait un demi-frère en pays aquitain, qui pouvait, un jour, disputer le trône à Sigebert. Alors il le fit décapiter par des amis sûrs.

Mais le plus surprenant, c'est que cette manière d'agir, si courante à cette époque, ne choqua personne. Au contraire, Dagobert n'ayant fait assassiner aucun parent depuis longtemps, les grands du royaume craignait de le voir s'efféminer. En apprenant la mort de l'Aquitain, ils furent rassurés : le roi était toujours le roi. Et pour leur prouver qu'il était resté viril malgré ses 33 ans - ce qui était alors un âge "vénérable" - il prit une nouvelle concubine, Wulfgunde. Cette jeune femme qui, selon le chroniqueur Frédégaire, était très experte au lit, déclencha chez Dagobert une véritable boulimie amoureuse, au point qu'il transforma sa cour un véritable lupanar et qu'on le surnomma le Salomon des Francs...

Les bonnes manières amoureuses qu'elle enseigna à Dagobert furent si efficaces que la reine Nanthilde en profita et qu'elle donna bientôt, à son tour, un héritier à la couronne. On le baptisa Clovis, ce qui déplut à Ragnétrude. Pour la consoler, Dagobert nomma immédiatement Sigebert, âgé d'un an seulement, roi d'Austrasie.
Puis, voyant que ses deux compagnes s'étaient réconciliées, Dagobert, qui n'aimait pas les situations simples, prit une nouvelle épouse officielle : une blonde capiteuse nommée Berthilde. Or celle-ci était, comme en dit, en puissance d'époux... Dagobert, en bon chrétien qui ne voulait pas commettre d'adultère, eut une idée fort simple : il fit tuer le mari gênant. Dès lors, il put sans remords entrer dans la couche de Berthilde. Frédégaire nous dit encore qu'il y demeura cinq jours entiers. Ce qui leur donna amplement le temps de faire connaissance...

Ces trois compagnes officielles ne lui suffisant pas, il installa bientôt trente concubines dans des maisons voisines de son palais. Lorsqu'il recevait une ambassade, il faisait figurer son harem à ses côtés. Et toutes ces dames, ravies d'être ainsi mises à l'honneur, frétillaient du croupion avec un plaisir à peine dissimulé.

Dagobert mourut en 638, à l'âge de 36 ans, complètement épuisé par la luxure...
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Warlock



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mer 30 Avr - 23:47

Un beau cliché que cette histoire de Dagobert et sa culotte à l'envers.... Dagobert Ier à été le dernier grand roi de l'époque mérovingienne. Cette chanson à été écrite sous le règne de Louis XVI pour se moquer du roi, mais comme on risquait sa vie si on se moquait ouvertement du roi, ils ont alors pris un roi bien plus ancien, d'ailleurs les culottes n'existaient pas à l'époque de Dagobert Ier.
Dans l'imagerie populaire Dagobert Ier garde une image d'un imbécile et d'un idiot, ce qui n'était pas le cas bien au contraire, il a consolidé son royaume, étant le dernier grand souverain de son époque.

Cela étant effectivement les mœurs de l'époque était plus que dissolues, ainsi assassinats, pillages, et débauches, faisaient partie des mœurs royales de l'époque sans que cela n'offusque grand monde. C'était un roi féroce et un habile chef de guerre, qui aurait pu faire avouer n'importe quoi à n'importe qui sous la torture.
Néanmoins même si il était un incorrigible coureur de jupons c'était aussi un mécène et un protecteur des arts.

C'était un roi dôté d'un solide caractère, il a réellement dirigé son royaume et s'est préservé de l'influence croissante de la noblesse, notamment de celle, très puissante, d'Austrasie. Dagobert Ier qui demeura longtemps à Clichy est également le premier roi à s'être fait enterré dans la basilique de Saint-Denis dont il a été le bienfaiteur.

Malheureusement on ne connait pourtant pas grand-chose de concret sur ce roi et dont même l'apparence physique demeure inconnue, le reste étant bien maigre et peu fiable.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 1 Mai - 0:23

Il y a la Chronique du Roi Dagobert du moine Frédégaire. C'est lui qui nous livre ce portrait si peu complaisant de ce souverain mérovingien.

Mais, en bon serviteur de l'Eglise, c'est pas vraiment une oeuvre neutre. Il cherche plutôt à dénoncer les abus, les excès et les dérives d'un roi qui n'adopte pas un comportement chrétien.

C'est vrai qu'entre les moeurs un peu brusques des peuples germaniques et les coutumes raffinées des Gallo-Romains, il y avait une grosse marge...

Néanmoins, le règne de Dagobert reste une période de répit dans une époque troublée. C'est effectivement lui qui fit construire la basilique de Saint-Denis. Il reste un bon administrateur même si le personnage en lui-même avait ses défauts.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 1 Mai - 18:32

Le problème des chroniques de Frédégaire c'est qu'on est pas sur de leurs origines, même si elles font partie des meilleurs sources de l'époque mérovingienne. Aujourd'hui on s'accorde à dire qu'elles sont l'oeuvre de plusieurs auteurs et non d'un seul. Des auteurs qui ont enrichi ces chroniques d'évènements dont ils ont été les témoins, ce qui est je pense le plus probable.
On ne sait même pas si Frédégaire a réellement existé. Le nom de Frédégaire serait une invention tardive datant de la Renaissance, pour bien faire dans l'esprit mérovingien, avec un nom très franc.
Car sans aucune preuve réelle des auteurs on donnait un nom Franc pour que ce soit bien dans l'air du temps et qu'il fasse ancien.
Mais je pense que ces chroniques ont été écrites par plusieurs mains, au fil des années, ce qui était fréquent à l'époque.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mer 7 Mai - 20:56


LA PRISE DE JERUSALEM (1099) --

La prise de la ville sainte, en juillet de l'an de grâce 1099, racontée par un témoin de ce temps-là :

Les Francs ayant examiné les dehors de la ville, et reconnu que la prendre serait difficile, nos chefs prescrivirent de construire des échelles en bois, qu'on appliquerait aux murs pour donner un vigoureux assaut, monter jusqu'au faîte des murailles, et, s'il se pouvait, pénétrer dans la place avec l'aide du Seigneur.
Cet ordre ayant été exécuté, le septième jour après, les grands commandent de sonner les trompettes de l'aurore, et les nôtres donnent de tous côtés l'assaut à la ville avec une admirable impétuosité. L'attaque avait déjà duré jusqu'à la sixième heure du jour; mais les échelles fixées au mur étaient en trop petit nombre pour que nos gens pussent s'introduire dans la place; il fallut donc abandonner l'assaut.
On tint alors conseil, et l'on enjoignit aux ouvriers de construire des machines de guerre, à l'aide desquelles on pût approcher des murailles, et atteindre, si Dieu nous secondait, le but de nos efforts. Cela fut ainsi. Nous ne manquions ni de pain ni de viande; mais comme ces lieux sont, ainsi qu'on l'a dit plus haut, sans eau et sans rivières, nos hommes et leurs bêtes de somme souffraient beaucoup de la soif; contraints par le besoin, ils allaient donc chercher au loin l'eau, et l'apportaient péniblement dans des outres, de quatre ou cinq milles jusqu'au camp du siège.
Les machines, c'est-à-dire, des béliers et autres engins à battre les murs, étant disposées, tous se préparent à l'attaque. Dans le nombre de ces machines était une tour faite de bois courts assemblés, faute de matériaux d'une plus grande longueur; pendant la nuit, et conformément à l'ordre donné, les ouvriers la portent secrètement vers le côté de la ville le moins bien fortifié; et comme, dès le matin, ils l'avaient garnie de pierriers et d'autres instruments de guerre, ils la dressent rapidement et tout d'une pièce le long du rempart. A peine est-elle élevée, qu'au premier signal du cor, des chevaliers, en petit nombre il est vrai, mais pleins d'audace, y montent, et en font jaillir sur-le-champ des pierres et des dards.
De leur côté, les Sarrasins se défendent avec ardeur, allument des torches de bois enduites d'huile et de graisse, de manière à se conserver bien enflammées, et les lancent, avec leurs frondes, contre la tour et les chevaliers qui l'occupent. Ainsi donc la mort, prête à dévorer sa proie, menace à chaque instant beaucoup de ceux qui, de part et d'autre, combattent de si près. De ce côté, en effet, où sont postés le comte Raymond et ses gens, c'est-à-dire vers le mont Sion, se livre, à l'aide des machines, un violent assaut ; du côté opposé sont le duc Godefroy, Robert, comte de Normandie, et Robert, comte de Flandre; la, l'attaque contre le rempart est encore plus vive.
Voilà ce qui se passa ce jour-là.
Le lendemain, aussitôt que les clairons se font entendre, les nôtres renouvellent les mêmes efforts avec une vigueur plus mâle encore, et frappent si bien la muraille de leurs béliers, qu'ils font brèche dans un endroit. En avant du mur étaient suspendues deux poutres armées de crocs, et fortement retenues par des cordes, que les Sarrasins avaient disposées en toute hâte pour les opposer à l'ennemi qui les attaquait avec tant de violence et les accablait de pierres; mais la sagesse de Dieu fait tourner à leur perte ce qu'ils ont préparé pour leur salut. Aussitôt, en effet, que la tour de bois, dont on a parlé plus haut, s'est approchée des murs, les Francs, à l'aide de fagots en feu, brûlent par le milieu les câbles auxquels sont attachées ces poutres, et se font de celles-ci un pont qu'ils jettent de la tour sur le mur. Déjà s'enflamme une tour en pierre construite sur le rempart, et contre laquelle ceux qui font jouer nos machines ne cessent de lancer des tisons embrasés; bientôt le feu, qu'alimente peu à peu la charpente intérieure de cette tour, éclate de toutes parts, et jette une telle abondance de flamme et fumée, qu'aucun des citoyens préposés à la garde de ce fort ne peut y rester plus longtemps.
Bientôt encore, et le vendredi à l'heure de midi, les Francs pénètrent dans la ville, et sonnent leurs trompettes, remplissent tout de tumulte, marchent, avec un courage d'homme aux cris de "Dieu aide", et plantent une de leurs bannières sur le faîte du mur. Les Païens confus perdent complètement leur audace, et se mettent tous à fuir en hâte par les ruelles qui aboutissent aux carrefours de la ville. Mais s'ils fuient rapidement, ils sont poursuivis plus rapidement encore. Le comte Raymond et les siens, qui donnaient l'assaut de l'autre côté de la place, ne surent rien de ce qui se passait qu'au moment où ils virent les Sarrasins sauter, à leurs yeux même, du haut du mur en bas. A ce spectacle, ils accourent au plus vite et pleins de joie dans la ville, se réunissent à leurs compagnons et, comme eux, poussent vivement et massacrent les infâmes ennemis du nom chrétien.
Quelques-uns de ces Sarrasins, tant Arabes qu'Ethiopiens, parviennent, il est vrai, à s'introduire en fuyant dans la forteresse de David; mais beaucoup d'autres sont réduits à s'enfermer dans le temple du Seigneur et dans celui de Salomon. Les nôtres les attaquent dans les cours intérieures de ces temples, avec la plus violente ardeur; nulle part ces infidèles ne trouvent d'issue pour échapper au glaive des Chrétiens; de ceux qui, en fuyant, étaient montés jusque sur le faîte du temple de Salomon, la plupart périsse à coups de flèches, et tombent misérablement précipités du haut du toit en bas; environ dix mille Sarrasins sont ainsi massacrés dans ce temple. Qui se fût trouvé là aurait eu les pieds teints jusqu'à la cheville du sang des hommes égorgés. Que dirai-je encore ? aucun des infidèles n'eut la vie sauve; on n'épargna ni les femmes ni les petits enfants.
Une chose étonnante à voir, c'était comment nos écuyers et nos plus pauvres hommes de pied, ayant découvert l'artifice des Sarrasins pour conserver leurs richesses, fendaient le ventre de ceux d'entre eux qui, déjà étaient tués, pour arracher de leurs entrailles les byzantins d'or qu'ils avaient avalés lorsqu'ils étaient encore vivants.
Dans le même but, nos gens, quelques jours après la prise de la ville, entassèrent tous les cadavres et les brûlèrent, espérant retrouver plus aisément cet argent dans les cendres.
Cependant Tancrède, précipitant sa course, était entré de vive force dans le temple du Seigneur; il en enleva, action vraiment criminelle et défendue, une grande quantité d'or et d'argent, et même des pierres précieuses; mais, dans la suite, réparant cette faute, il rétablit toutes ces richesses ou leur valeur dans ce saint lieu.
Les nôtres donc, parcourant Jérusalem l'épée nue, ne firent quartier à aucun, même de ceux qui imploraient leur pitié, et le peuple des infidèles tomba sous leurs coups comme tombent, d'une branche qu'on secoue, les fruits pourris du chêne, les glands agités par le vent.
Après s'être ainsi rassasiés de carnage, nos gens commencèrent à se répandre dans les maisons, et y prirent tout ce qui leur tomba sous la main. Le premier, quel qu'il fût, pauvre ou riche, qui entrait dans une habitation, s'en emparait, que ce fût une simple chaumière ou un palais, ainsi que de ce qui s'y trouvait, et en restait paisible possesseur comme de son bien propre, sans qu'aucun autre le troublât dans cette jouissance et lui fit le moindre tort.

Ensuite, clercs et laïcs, tous ensemble se rendent au tombeau de Notre-Seigneur et à son temple célèbre, élèvent jusqu'au ciel des cris de triomphe, et chantent un cantique nouveau en l'honneur du Très-Haut; tous portent de riches offrandes, prodiguent les plus humbles prières, et visitent, ivres de joie, ces lieux saints, après lesquels ils soupirent depuis si longtemps
.

Foucher de Chartres, "Histoire des Croisades".
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Lun 19 Mai - 7:09


L'AGRICULTURE AU MOYEN AGE :

Entre le XIIe et le XIIIe siècles, le travail agricole fut intense et l'Europe en fut transformée : on défricha de vastes espaces forestiers mais l'on conquis aussi des terrains sur la mer et d'autres sur les marais.

Que cultivait-on au Moyen Age ? Essentiellement du blé et de la vigne, mais aussi du lin et du chanvre pour l'habillement et les draps. Des plantes tinctoriales comme le safran, le pastel ou la garance.

Les Croisades apportent de nouvelles cultures ramenées d'Orient : le riz, le blé noir (sarrazin), les épinards, les aubergines, les artichauts, les échalotes (du nom d'Ascalon), l'estragon et des arbres fruitiers comme l'abricotier que l'on appela pendant longtemps le prunier de Damas.

Le bétail était l'autre richesse du paysan : des porcs, des moutons. Le Moyen Age accorde une très grande place à l'abeille. En effet, le miel servait de sucre. Celui de betterave était inconnu et celui de canne, très rare et très coûteux.
En outre, avec la cire on fabriquait les cierges des églises.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mer 21 Mai - 17:43


LE "HONTEUX" TRAITE DE TROYES, SI HONTEUX QUE CELA ?

Tout le monde connait cet épisode de notre histoire, du moins tel qu'il nous a été conté de manière officielle à l'école :

Le 21 mai 1420, Philippe le Bon, fils et successeur de Jean sans Peur à la tête du duché de Bourgogne, prépare avec la reine Isabeau de Bavière, un traité où il était question de déposséder le dauphin Charles (futur Charles VII) au profit du roi d'Angleterre Henri V et de livrer la France aux Anglais.

"Livrer" ? Vraiment ?

Considérons plutôt les faits rationnellement et ne cédons pas aux sirènes d'un nationalisme anachronique qui n'a pas lieu d'être.

En 1420, la France était plongée en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Aussi, pour se sortir d'une situation inextricable (l'impossible réconciliation entre deux clans belliqueux et fanatisés), la reine Isabeau et ses alliés bourguignons vont faire le choix - on peut le critiquer ou pas - d'une voie d'apaisement : à savoir une alliance avec le roi d'Angleterre, si bien disposé à la paix qu'il accepte d'épouser la fille de Charles VI, le roi de France qui était censé être son ennemi.

Mais il faut savoir qu'une large portion de la population française, avant de virer de bord (comme toujours), approuvait cette solution. Le traité de Troyes, qu'on nous présente depuis le XIXe siècle, comme "honteux" fut, en son temps, ratifié par les Etats Généraux du royaume. Le régent Bedford, qui gouverna la France après la mort de son frère Henri V, était très apprécié par la population ou du moins sut se faire apprécier. Il organisa le sacre du petit Henri VI dans une cathédrale Notre-Dame pleine à craquer.

Nombreux en France étaient alors partisans de cette solution.

C'est en Angleterre, aussi étonnant que cela puisse paraître, qu'on trouvait le plus d'opposants au traité de Troyes. Et notamment à Londres. Parce que l'Angleterre était moins vaste que la France, parce que, en devenant roi de deux pays à la fois, nul doute que, à terme, le souverain aurait fini par s'occuper du gros pour délaisser le petit. Et puis quelle confiance auraient-il accordé à ce petit Henri, élevé en France par une princesse française ? Sans Jeanne d'Arc, me direz-vous, on serait devenu Anglais. Faux. Sans Jeanne d'Arc, la France aurait été, au contraire, agrandie et même doublée.

Mais bien sur, l'histoire n'en fut pas ainsi et privilégia le roi de Reims contre celui de Notre-Dame. Surtout après le revirement des Bourguignons, le pauvre petit Henri VI dut se résoudre à oublier son pays de naissance pour partir s'installer définitivement à Londres. Les rois d'Angleterre garderont longtemps la nostalgie d'un trône qu'ils avaient perdu. La fleur de lis orna leur bannière durant des siècles, ainsi que leur titulature de "roi de France et d'Angleterre" (dans cet ordre).

Ils n'acceptèrent d'abandonner l'une et l'autre qu'en 1801 ...
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Lun 26 Mai - 17:57


FREDERIC BARBEROUSSE, EMPEREUR PAR LA VOLONTE DE DIEU :

Germanique et chrétien, Frédéric Barberousse était aussi romain. Du moins se considérait-il comme l'héritier des Césars.
Il concevait donc que ses pouvoirs devaient être ceux que la loi romaine attribuait aux empereurs romains.
Or la loi romaine, telle qu'on la trouvait dans le codex de Justinien dont l'étude était remise au goût du jour au XIIe siècle, proclamait que tout ce qui plait au prince à force de loi.

Frédéric Barberousse estima qu'il devait exercer sa suprêmatie aussi bien sur les clercs que sur les laïcs. Comme jadis les empereurs Constantin et Théodose.

L'Empereur doit être omniscient, c'est-à-dire partout présent à la fois afin d'imposer sa volonté.

Pour Barberousse, c'était Rome le centre de la Loi en Europe. Elle commande aux royaumes et toutes les nations doivent l'adorer.
Et les rois étrangers, tels que ceux de France ou d'Angleterre, ne sont pour lui que des "roitelets" et leurs royaumes des "provinces" de son Empire.

A la fin de l'année 1154, Barberousse descendit dans la plaine du Pô pour se faire prêter le serment de fidélité par les villes et seigneuries de Lombardie en tant que roi d'Italie, puis il se dirigea vers Rome pour s'y faire donner la couronne impériale.
Mais Rome était alors dans une situation particulière : sous la conduite d'un moine, Arnaud de Brescia, le peuple s'était révolté et avait restauré le Sénat tel qu'il était dans l'antiquité. Lorsque Barberousse arriva devant la ville, une députation du Sénat vint au devant de lui et lui proposa de le couronner au nom du Sénat romain, s'il reconnaissait toutefois la République et qu'il acceptât de verser une somme de 5000 livres d'argent.
Frédéric Barberousse refusa avec mépris et repoussa avec force les députés.
Il pénétra dans Rome et se fit couronner par le pape.
Les Romains se soulevèrent mais ils furent impitoyablement réprimés.
Arnaud de Brescia fut pris et pendu, puis son cadavre brûlé et ses cendres jetées dans le Tibre.

Deux ans plus tard, en 1158, une partie des villes de Lombardie se dressa contre l'Empereur : Milan, Plaisance, Parme, Modène et Brescia.
Frédéric Barberousse descendit aussitôt en Lombardie, avec l'intenrtion d'y faire reconnaître ses droits. Il convoqua à cette intention une Diète à Roncaglia, près de Plaisance.

Mais la ville de Milan, qui était la plus hostile à l'Empereur, refusa de recevoir un podestat. Alors Barberousse entra dans une grosse colère et décida de la contraindre par la force : Milan fut assiégée pendant deux ans, réduite à la famine et ses habitants furent dispersés dans quatre villages. Il rasa ensuite la ville et, comme à Carthage, il fit semer du sel sur l'emplacement des murailles.


Ainsi, Barberousse appliquait son châtiment à ceux qui refusaient de plier devant lui, Empereur par la volonté de Dieu.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mar 3 Juin - 23:40


Ce que la France doit au bon roi saint Louis :

En 1235, Louis IX, âgé de 21 ans, entame son long règne personnel, lequel durera trente-cinq années.

Le trait dominant de ce jeune monarque fut sa très grande piété. Cela est dû notamment à l'éducation qu'il reçut de sa mère, la très sage Blanche de Castille, qui déclara un jour qu'elle préférait plutôt voir mourir son fils que de le voir commettre un péché mortel. Toute sa vie, saint Louis resta fidèle à cet enseignement et attaché à sa mère.

Louis fut un bon chrétien : assidu aux offices, se levant toutes les nuits pour chanter mâtines, il portait contre sa cuisse un cilice en permanence et, tous les vendredis, il se flagellait les flancs en mémoire de la mort de Jésus avec des chaînettes en fer.
Sa profonde piété lui fit racheter à prix d'or à l'empereur de Constantinople, qui manquait d'argent, les reliques de la Passion du Christ, à savoir la couronne d'épines et un morceau de la Vraie Croix, et pour les abriter il fit construire, dans son Palais, à Paris, une Sainte Chapelle.


Mais cette même piété si ardente explique aussi son attitude impitoyable à l'encontre des hérétiques et son intolérance manifeste envers les Juifs.


Il se montra d'ailleurs très favorable à l'établissement de l'Inquisition en France et encouragea toute sa vie, la chasse aux hérétiques dans tout son royaume.
En fait, saint Louis voulait que son peuple vive dans les bonnes vertus chrétiennes. Voila pourquoi il s'attela à établir la justice en France et à faire la paix avec ses voisins.


Pour saint Louis, le premier devoir d'un prince, c'est de faire à chacun bonne justice. Aussi, l'imagerie populaire a longtemps représenté ce roi rendant la justice, assis sous un chêne dans le bois de Vincennes. Cette représentation est certainement très exagérée mais il est vrai, cependant, que saint Louis était très soucieux des droits d'autrui et que cette préoccupation lui fit prendre plusieurs mesures importantes :

- Il publia une série d'ordonnances, lesquelles furent plus audacieuses encore que les réformes engagées du temps de son grand-père, Phillippe Auguste. Elles fixèrent, par exemple, les devoirs des fonctionnaires royaux et pour surveiller ceux-ci, des enquêteurs furent institués, généralement des religieux, dont la mission était de faire droit aux plaintes des habitants et mettre ainsi un terme aux exactions commises par les prévôts et les baillis.

- Dans un souci de justice équitable pour tous, il fit surveiller celle de ses vassaux et n'hésita à punir, parfois même très sévèrement, les barons renégats ou criminels.

- Il institua un droit d'appel pour tous les jugements rendus par les cours féodales. Celui-ci se généralisa d'ailleurs durant tout son règne. Ainsi s'établissait peu à peu un lien de plus en plus fort entre le roi et ses sujets. Et bientôt, le tribunal du roi, auquel aboutissait beaucoup d'affaires, prit, à partir de son règne, le nom de "Parlement".

Enfin, la guerre entre chrétiens était, pour saint Louis, le pire de tous les crimes. Aussi s'attela t-il à rechercher ardemment la paix à l'intérieur comme à l'extérieur de ses frontières :
Il voulut désormais que toutes les contestations entre seigneurs se réglassent par voie de justice et non plus par la voie des armes. Il interdit les guerres privées, y compris dans les fiefs de ses vassaux. ce qui démontre d'une remarquable preuve d'autorité royale, surtout dans une société qui considérait jusque-là la guerre privée comme un droit.


Il entreprit aussi de faire la paix avec ses voisins. Notamment avec le roi Henri III d'Angleterre, avec lequel il signa, en 1259, un traité par lequel il renonçait à ses droits sur le Limousin et le Périgord mais en contrepartie Henri lui reconnaissait officiellement la possession de la Normandie, de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou. Et le roi d'Angleterre se déclara aussi vassal lige du roi de France pour la Guyenne.

Le souci de justice et d'équilibre du roi saint Louis renforça la position politique de la France au sein de l'Europe.
Il fut dès lors l'abritre équitable dont les grands venaient rechercher la médiation. Ainsi, il apaisa les tensions entre l'empereur Frédéric II et la papauté. Il réconcilia aussi le roi Henri III d'Angleterre avec ses sujets révoltés.

La droiture, l'honnêteté du roi saint Louis, plus encore que sa piété, lui donnèrent un prestige et une aura qu'aucun autre roi, ni même un pape, n'eurent avant lui.
Jamais, avant saint Louis, la France n'avait exercé en Europe une véritable suprématie morale.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mar 17 Juin - 2:36

Gorak a écrit:


Mais la ville de Milan, qui était la plus hostile à l'Empereur, refusa de recevoir un podestat. Alors Barberousse entra dans une grosse colère et décida de la contraindre par la force : Milan fut assiégée pendant deux ans, réduite à la famine et ses habitants furent dispersés dans quatre villages. Il rasa ensuite la ville et, comme à Carthage, il fit semer du sel sur l'emplacement des murailles.

Ainsi, Barberousse appliquait son châtiment à ceux qui refusaient de plier devant lui, Empereur par la volonté de Dieu.

Cela ne l'a pas empêché de se faire battre à plates coutures par ces mêmes Milanais en 1176 à Legnano; son armée de chevaliers a découvert avec étonnement sans doute qu'un bloc de fantassins en rangs serrés, les premiers rangs armés de lances et les rangs arrière d'arbalètes, ça se défendait bien. Au reste il s'y est comporté avec beaucoup de vaillance personnelle, mais il a laissé la bataille se faire seule.

La conclusion de toutes ses aventures en Italie, c'est que les villes ont reconnu sa suzeraineté et qu'il reconnaissait leurs droits; ce qu'il avait obstinément refusé de faire pendant plus de vingt ans. C'est à peu près ce temps aussi qu'il lui a fallu pour comprendre qu'il aurait dû écraser Henri le Lion au lieu de le soutenir…
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