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 LE MONDE MEDIEVAL

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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: LE MONDE MEDIEVAL   Lun 20 Fév - 10:39



Partez sur les traces de Bohémond, des templiers et des croisés sur les chemins brûlants de la Terre Sainte. Ou restez dans votre fief à parler d'amour courtois et à participer à chasses et tournois en écoutant les doléances de vos serfs et paysans. Mais vous pouvez également suivre les ménestrels jusqu'en ville pour y admirer les cathédrales et abbayes et y lire de précieux parchemins enluminés...

S'il y a bien une époque qui alimente les clichés, c'est le Moyen Age. On a en général deux visions assez réductrices :
Soit un monde arriéré peuplé de serfs misérables et crevant de faim dirigés par des seigneurs bourrins et incultes se tapant dessus entre deux hivers grelottant dans leurs châteaux humides... (une vision popularisée par un film comme "Le nom de la rose" par exemple).
Soit la version idéalisée, avec preux chevaliers en armures étincelantes, joutant sous les yeux admiratifs de gentes dames bercées par les chansons des ménestrels...
Grand passionné et connaisseur de l'Antiquité, j'ai moi-même longtemps accumulé ces clichés, opérant le rejet d'un Moyen Age archaïque et arriéré face à une Antiquité éblouissante et hautement évoluée, matériellement et spirituellement. Je garde mes positions sur l'Antiquité, mais j'ai révisé mon jugement sur le Moyen Age.
J'ai découvert que le monde médiéval a eu une spiritualité, un art, le Roman, le Gothique, des penseurs, des intellectuels, des inventeurs, que la femme y était nettement plus libre et autonome que dans l'Antiquité...
Deux points sont primordiaux :
D'abord, il y a deux périodes, le Bas Moyen Age et le Haut Moyen Age. Le premier fait suite à l'effondrement de l'empire romain, marque la fin de l'Antiquité et l'émergence des royaumes "barbares". Une époque assez sombre et mal connue où se télescopent les ruines d'un monde et la naissance d'un autre (c'est la véritable époque du roi Arthur). La seconde période est celle du Moyen Age "classique", avec chevalerie, cathédrales et châteaux-forts.
Deuxièmement, il n'y avait pas que l'Europe médiévale. En Orient, l'empire byzantin rayonne, fort d'une civilisation qui brillera pendant 1000 ans. Le monde arabe connaît une avancée spectaculaire dans les arts, les sciences, les techniques et Bagdad sera "la lune de l'univers" et Damas "Le grain de beauté du monde". A l'autre bout de ce monde, l'Inde n'est pas en reste et la Chine impériale, bien que divisée et soumise aux incursions des nomades des steppes, a inventé la poudre à canon et diffuse ses premiers livres imprimés cinq siècles avant Gutemberg...
Au final, une période bien plus complexe et variée qu'au premier abord.


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Warlock



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mer 22 Fév - 1:47

Spécialiste et amoureux de la période Médiévale je ne peux que défendre cette magnifique époque, longue de plus de 1000 ans, il y a tellement de chose à dire la dessus.

La période du Bas moyen âge et des Mérovingiens est hélas bien trop méconnue, et souvent sous coté, ce qui est bien dommage, ça reste une époque d'une assez grande richesse. Malheureusement dans l'histoire de France traditionnelle, les Mérovingiens ont une image bien souvent négative.
On en retient souvent la formule des "rois fainéants" bâtie par leurs successeurs carolingiens, incarnée, pour la majorité des Français, par le bon roi Dagobert, et sa chanson honteuse inventée au XVIIIème siècle.
La légende noire des Mérovingiens commence sous le règne des maires du palais pippinides, mais elle fait l'objet d'un débat bien plus tard encore, lors de la construction de l'identité nationale française, au XIXème siècle. Les Francs sont alors vus soit comme des envahisseurs étrangers opprimant la masse gallo-romaine, soit comme l'élément moteur d'une fusion avec les Gaulois donnant son dynamisme au royaume.
Les Barbares (je dirai plutôt nomades) étaient en contact depuis longtemps avec l'Empire. Si leur société, guerrière, reposant sur des liens personnels et sur la réparation des offenses, était différente, il n'en demeure pas moins que les "Barbares" se sont présentés comme les continuateurs de l'Empire romain.
Les Francs ont profité de la christianisation et de l'influence des cours royales pour assurer la fusion des élites en Gaule au VIIème siècle. Si le VIème siècle se place clairement dans la suite de l'Empire romain tardif, le VIIème siècle annonce déjà les Carolingiens, avec un repli sur le nord et l'est, une nouvelle idéologie royale et des liens sociaux plus hiérarchisés. Les Mérovingiens demeure la seule dynastie légitime jusqu'à leur éviction en 751.
L'histoire des Mérovingiens est à l'image de sa mémoire, car elle s'inscrit dans une période de transition, entre celle des royaumes nomades et celle du Haut Moyen Age, elle reste bien souvent difficile à cerner.
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Warlock



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 8 Mar - 21:41

On va maintenant parler du château de Coucy qui en son temps possédait le plus haut donjon médiéval encore existant et alors très bien conservé. C'était l'un des plus grand donjons d'Europe d'une largeur de 30,5 m, et d'une hauteur de 55 m, malheureusement tout changea un triste jour de 1917...

Reconstitution du château de Coucy avec son fier et grand donjon de 55 m de haut.


La première mention de Coucy remonte au VI ème siècle, lorsque Clovis donne à St Rémi, Archevêque de Reims, le pays de Mège. La terre restera propriété de l’Eglise de Reims jusqu’au XI ème siècle. Au début du X ème siècle un premier château dont il ne reste pas de trace est construit sur le promontoire qui domine la vallée dans laquelle se niche l’antique villa gallo-romaine (Codiciacum villa). Objet de nombreuses convoitises, il échoit au début du XI ème siècle à une nouvelle famille, issue des seigneurs de Boves, comtes d’Amiens et des comtes de Vermandois, qui prendra le titre de Sire de Coucy.

Vers 1220 Enguerrand III de Coucy entreprend l’édification de la forteresse dont subsiste aujourd’hui les ruines. Vers 1380, Enguerrand VII transforme le château en un somptueux palais. En 1400, le domaine de Coucy est acheté par Louis d'Orléans pour renforcer son duché du Valois. A sa mort, le château devient un enjeu entre Armagnacs, Bourguignons et Anglais. En 1411, sur la fin de la Guerre de Cent ans, il subit son premier siège.

En 1498, il passe dans le domaine royal à l'avènement de Louis XII. En 1652, pendant la Fronde, la garnison de Coucy refusa de se soumettre à Mazarin. Après 3 mois de siège, Louis XIV ordonna la destruction et l'abandon du château. Devenu bien national à la Révolution, il est vendu et transformé en carrière de pierres. En 1829, Louis-Philippe met fin à cette démolition en achetant les ruines. Propriété de l'Etat en 1848, plusieurs architectes dont Viollet-Le-Duc se succèdent jusqu'à la Première Guerre Mondiale afin de préserver ces vestiges.

Hélas, en mars 1917, et bien que cela ne ce justifiait pas d'un point de vue stratégique, lors du repli stratégique sur la ligne Hindenbourg, l'armée allemande détruit le donjon (avec 28 tonnes d'explosifs), les quatre tours du château et effondre les passages voûtés des trois portes de la ville.
C'était alors l'une des plus grandes pertes de l'architecture médiévale du XXe siècle, et un massacre inutile et honteux. L’ensemble de la ville est également ruiné. Les combats qui suivront en 1917 et 1918 augmenteront encore les destructions.

Les pouvoirs politiques décidèrent alors de conserver ces ruines en souvenir des destructions barbares de ce conflit. Ainsi, seul des travaux de consolidation et de déblaiement partiel ont été effectués jusqu'à nos jours.

La château de Coucy aujourd'hui.

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Albatur



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 1 Avr - 11:16

Warlock a écrit:
le bon roi Dagobert, et sa chanson honteuse inventée au XVIIIème siècle..

Surtout que d'aprés ce que j'ai lu c'etait loin d'etre un imbecile.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 1 Avr - 18:23

Albatur a écrit:
Warlock a écrit:
le bon roi Dagobert, et sa chanson honteuse inventée au XVIIIème siècle..

Surtout que d'aprés ce que j'ai lu c'etait loin d'etre un imbecile.

Oui, Dagobert Ier à été le dernier grand roi de l'époque mérovingienne, cette chanson à été écrite sous le règne de Louis XVI pour se moquer de lui, mais comme on risquait sa vie si on se moquait ouvertement du roi alors ils ont pris un roi bien plus ancien, d'ailleurs les culottes n'existaient pas à l"époque de Dagobert 1er...
Dans l'imagerie populaire Dagobert Ier garde une image d'un imbécile et d'un idiot, ce qui n'était pas le cas bien au contraire, il a su consolider son royaume, étant le dernier grand souverain de son époque.
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ashimbabbar



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MessageSujet: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 22 Avr - 11:32

De quelques enterrements médiévaux… inhabituels

• C'est une tradition bien établie à Venise que pour détruire ( ou au moins neutraliser ) un vampire ( ou pour empêcher un sorcier, maudit… de revenir comme vampire ) il faut l'enterrer avec une brique entre les mâchoires, et on a récemment trouvé un squelette dans cet état, daté du XV°siècle.
• Cette croyance n'est nullement particulière à Venise, car on a aussi retrouvé 2 squelettes datés du VIII° siècle en Irlande ( à Kilteasheen près du Loch Key ), chacun avec une grosse pierre qui lui disloquait les mâchoires; l'un était celui d'un homme de 40 à 60 ans, l'autre d'un homme de 20 à 30 ans ( je n'ai pas pu trouver l'âge ni le sexe du vampire vénitien ), et s'ils avaient été déposé en un même endroit ils ne l'avaient pas été en même temps. Je supposerais que les indigènes ont d'abord réglé le compte du père puis sont peu après passés au fils…

• Tant que nous y sommes, on a aussi récemment trouvé au lieu-dit "le cimetière des sorcières" à Piombino les squelettes datés d'environ 1200 de deux femmes, âgées de 25 à 30 ans, dans des tombes peu profondes: on les avait visiblement jetées là et abandonnés en hâte.
Mais pas dans une telle hâte qu'ils aient négligé de prendre quelques précautions: à l'une on avait enfoncé 7 clous dans la mâchoire et disposé 13 de plus autour, l'autre était entourée de 17 dés: les femmes n'étaient pas censées jouer aux dés, en outre le chiffre de 17 est un porte-malheur en Italie…
À noter que l'endroit, comme site d'une ancienne église, était techniquement une terre consacrée, ce qui laisse croire qu'elles étaient issues de familles influentes…
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ashimbabbar



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Ven 6 Juil - 21:23

On connaît l'escroc Francesco Prelati, qui se fit passer pour un sorcier capable d'invoquer le Diable afin de duper le crédule serial killer Gilles de Rais. J'ai récemment appris que la suite de sa carrière ne fut pas triste non plus.

Il avait été arrêté, lui aussi, mais voilà qu'il s'était "évadé"… en d'autres termes, on l'avait relâché. En d'autres termes, il avait des protections.
Ce qui se voit aisément car il entre au service de René d'Anjou, beau-frère du roi de France; duc d'Anjou, comte de Provence et de Piémont, duc de Bar, prétendant malheureux au duché de Lorraine ( bien par sa faute, c'était un des plus mauvais généraux de son époque ) et roi très théorique de Naples et de Jérusalem…
René d'Anjou le fit donc capitaine de La Roche-sur-Yon - en dehors du duché de Bretagne. Là, un bon nombre des survivants de la cour de Gilles de Rais le rejoignirent, entre autres le prêtre sataniste Eustache Blanchet.

Et voilà qu'un beau jour Prelati enlève le trésorier de Bretagne Geoffroy Le Ferron, lui prend son sceau et en signe de fausses lettres. En retour Le Ferron le fait saisir, le procès est rapide et Prelati est exécuté à moins de 30 ans.

Certainement il y avait là une autre intrigue politique entre Bretagne et Anjou, et on peut se demander si Prelati n'avait pas été un agent provocateur envoyé rendre possible l'élimination de Gilles de Rais…
Bref, à l'époque, on ne s'ennuyait pas.
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ashimbabbar



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Lun 16 Juil - 23:33

La chevalerie; illustré par un épisode de la vie de Guillaume le Maréchal, qui en son temps fut appelé le meilleur chevalier du monde ( XII° siècle ), d'illeurs c'est le sous-titre du livre que Georges Duby lui a consacré.

Guillaume et ses amis passent leur temps à courir les tournois; en ce qui le concerne, c'est à ce moment sa seule source de revenus. Entre deux tournois ils dépensent à peu près tous leurs gains à entretenir et renouveler leur équipement, d'une part, et à faire la fête, d'autre part.

Guillaume est parti chevaucher un peu; et voilà qu'il entend une jeune femme pleurer et soupirer. Étant chevalier, il se précipite, naturellement.
C'était une fausse alerte; la demoiselle était simplement épuisée. Elle se présente; elle est d'une famille noble que Guillaume connaît un peu, et le moine qui l'accompagne ( tous deux sur un même cheval ) - "le plus beau du monde" nous dit l'auteur de la Vie de Guillaume - est son amant, ils se sont enfuis pour vivre heureux ensemble.
Guillaume lui propose de l'escorter jusque dans sa famille et d'aider à aplanir la situation, mais elle est décidée.

Guillaume commence à être mécontent. Non pas de lui-même: il a fait ce que lui commandait son devoir, on n'a pas besoin de lui, il est quitte. Et qu'une fille s'enfuie de sa famille avec son amant, ça n'a rien d'exceptionnel et il ne s'en formalise pas. Mais un moine, tout de même, venir mettre la main sur une fille noble ! Ça, ça le blesse. Il veut bien admettre un chanoine ou quoi qui soit lui aussi de sang noble, à la rigueur; mais enfin si une damoiselle doit avoir un amant, le candidat naturel, c'est un chevalier ! Les moines vont venir les leur prendre sous le nez maintenant ?

Guillaume est donc mécontent. Mais, leur tient-il à peu près ce langage, c'est bien beau de vivre d'amour et d'eau fraîche mais ça n'est pas drôle de manquer d'argent. Qu'il se rassure, répond naïvement le moine; il a là une escarcelle remplie de belles pièces d'argent et il se propose de les faire vivre en les prêtant à usure.
Là, Guillaume dégaine posément et s'empare de l'argent, puis chevauche d'une traite jusqu'à l'auberge: et vide l'escarcelle sur la table où sont ses compagnons. Il y a là plus qu'assez pour payer ce qu'ils doivent et recommencer la fiesta !
Quand il leur explique d'où vient cette bonne fortune, il y en a un qui est furieux que Guillaume leur ait laissé le cheval et veut se mettre à leur poursuite; mais Guillaume, modéré en tout, réussit à le convaincre de rester.

Et voilà comment on entendait la chevalerie au XII° siècle cheers
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Youpi l'alchimiste



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Mar 17 Juil - 3:25

Guillaume a eu raison, l’usure est un péché et ne doit pas être pratique par une aussi sainte personne. Il a donc sauve l’âme de ce pauvre moine. Celui-ci en reconnaissance de cet acte se devait de financer la si noble chevalerie qui veille sur eux. Entre nous, j'ai toujours rêvé d'être chevalier... Twisted Evil
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Gorak



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Sam 1 Sep - 8:50

Un château féodal au Moyen Age




On pourrait énumérer les droits des seigneurs tant la liste est longue, et cependant elle serait prodigieusement incomplète. Il est, en revanche, plus aisé d'énumérer les devoirs. En effet, ils se résument à un seul : le seigneur était tenu de protéger son vassal.

La protection ! voilà ce que demandait le malheureux exposé aux rapines des brigands, aux violences des puissants, aux incursions des barbares. Ce furent des mains plébéiennes qui bâtirent tous ces châteaux massifs, qu'elles devaient plus tard démolir. On choisissait le bord escarpé d'une rivière, un rocher à pic, un monticule au milieu d'une plaine ; on creusait alors des fossés, on élevait des murailles épaisses, percées de meurtrières et garnie de créneaux et de mâchicoulis. Au milieu de cette enceinte, on bâtissait le donjon du baron : c'était d'ordinaire une construction carrée ou à pans coupés qui s'élevait sur trois étages.



Le rez-de-chaussée servait de cave, de cellier et d'arsenal. Le premier étage, auquel on accédait par une échelle extérieure puis, plus tard, par un escalier, était la demeure du maître et de sa famille. N'imaginons pas quelque chose de confortable ni de luxueux, non, à cette époque, le logis du seigneur était plutôt une vaste chambre garnie d'une grande cheminée, mal close et mal éclairée, des troncs d'arbres entiers flambaient dans l'âtre sans pouvoir réchauffer les habitants. De la paille hachée étendue sur le sol tenait lieu de tapis. Au-dessus, il y avait la plate-forme, où montaient les hommes d'armes en cas de siège. A l'un des angles s'élevait une guérite de pierres, pourvue d'une grosse cloche et gardée par le guetteur du château. Le guetteur interrogeait du regard l'horizon, il fouillait les bois et les fourrés, il épiait les bruits de la nuit, le frémissement des feuilles, le murmure du vent, et, s'il apercevait l'ennemi, il sonnait la cloche d'alarme, et le branle-bas de combat commençait.



Alors le paysan quittait sa vigne ou son champ, il accourait vers son hameau, blotti au pied du donjon féodal ; il emmenait sa femme et ses enfants, il poussait devant lui son boeuf de labours, il entrait dans la tour du château, et venait lutter derrière le pont-levis pour la défense commune.
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MessageSujet: LE REPAIRE DE L'HISTORIEN   Sam 1 Sep - 16:07

La fonction première du château, surtout au début du monde médiéval, était effectivement avant tout défensive. Et le confort passait après... La coutume voulait que lorsque le château était terminé, la Dame devait déclarer officiellement qu'on pouvait y vivre. Ce qui ne veut pas dire que l'endroit était folichon et confortable pour autant... Le lit, pièce majeure de l'ameublement, était souvent réservé à la chambre du seigneur et de sa dame, les autres se contentaient d'une paillasse. Un ou deux coffres pour ranger les effets, une grande tapisserie pour orner le mur... Comme dans l'Antiquité, peu de lumière, on profitait au maximum de la lumière du jour en restant prés de la fenêtre. Sans parler du froid glacial l'hiver, avec peu de cheminées ou alors des braseros disposés ici et là. C'est d'ailleurs de là que vient l'usage du lit à baldaquin, dont les rideaux tirés permettaient de conserver la chaleur.
Plus tard, le confort évoluera : on posera des tapis sur le sol, on mettra de la vaisselle en vue sur le vaisselier, on décorera les plafonds de peintures, on accrochera aux murs les miroirs achetés à grands frais aux marchands italiens...
Quoiqu'il en soit, même pour les seigneurs, la vie en temps de paix devait être assez morne (en dehors de la chasse et des promenades) et pareil pour les dames qui n'avaient guère que la broderie ou la gestion du domaine en l'absence de leur époux. L'arrivée d'un trouvère, d'un marchand ou l'organisation d'un tournoi ou d'une grande foire était sans doute un véritable évènement, à marquer d'une pierre blanche dans une vie assez austère en fait.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Sam 1 Sep - 16:49

La féodalité : pour quels résultats ?


Ce système rendit un véritable service à la population de notre vieille France. Elle dirigea la défense du sol, elle arrêta partout les Hongrois, les Sarrasins, et bien sur les Scandinaves. Un tel bienfait légitima pendant longtemps sa puissance. Mais quand les invasions eurent cessé, quand les païens se furent convertis et fixés, quand les musulmans, rejetés en Espagne, subirent à leur tour l'attaque des chrétiens, le peuple commença à sentir le joug qu'il s'était imposé.

Alors, les barons, incapables de supporter l'ennui du château, finirent par tyranniser leurs serfs, ravagèrent les moissons en courant la campagne avec leurs chiens et leurs chevaux, et se querellèrent entre eux pour les plus futiles motifs. Entre ces petits nobliaux, qui voyaient des meurtrières de leurs donjons les frontières de leur fief, les occasions de guerre ne manquaient pas. L'asile donné à un serf en fuite, un voyageur rançonné sur la route à la limite de deux seigneuries, un troupeau enlevé, suffisaient pour animer ces âmes irritables. Les barons, incapables de prendre les maisons fortes, se vengeaient sur le plat pays, et les serfs payaient de la ruine et de la mort, les folies de leurs maîtres. Ainsi, le fils du Sire de Coucy, Thomas de Marle, pour mieux vexer ses adversaires, empalait, écorchait, mutilait leurs paysans.

La conséquence fatale de toutes ces guerres privées, ce fut la famine, une famine terrible, pendant laquelle on mangeait l'écorce des arbres, l'herbe des champs, les cadavres des cimetières...

"Le voyageur, écrit le moine-chroniqueur Raoul le Glabre, assailli sur la route, succombait sous les coups de ses agresseurs ; ses membres étaient déchirés, grillés au feu et dévorés ; d'autres, fuyaient leur pays pour fuir aussi la famine, recevaient l'hospitalité sur les chemins, et leurs hôtes les égorgeaient pendant la nuit pour les manger. Quelques-uns présentaient à des enfants un oeuf ou une pomme pour les attirer à l'écart, et ils les immolaient à leur faim".
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MessageSujet: LE REPAIRE DE L'HISTORIEN   Sam 1 Sep - 19:40

Hum... Ne tombons pas non plus dans les clichés les plus usés du monde médiéval (et pourtant, je suis pas fan de cette époque, loin de là) : comme partout, il devait y avoir des seigneurs tyranniques et d'autres compétents. Il est vrai que, pressuré par son seigneur d'un côté et l'Eglise de l'autre, le pauvre paysan n'avait plus grand chose à la fin du mois si j'ose dire. Encore faut-il faire la différence entre serf et paysan. Ces idées peuvent correspondre à la fin de l'âge "sombre" et au début du monde médiéval, où le plus fort imposait sa loi, on est d'accord. Après, les choses ont évolué quand même. Bien sûr, la vie des classes laborieuses n'était pas une partie de plaisir, mais pas plus qu'à d'autres époques il me semble et il devait y avoir quand même des seigneurs humains ou/et compétents. Des dames aussi, car c'est l'un des points forts du Moyen Age qui laissait une grande liberté et autonomie à la femme, contrairement à l'Antiquité. Sur certains domaines, c'était la Dame qui dirigeait et gérait et tout le monde filait droit.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Sam 1 Sep - 21:26

Voyageur Solitaire a écrit:
Bien sûr, la vie des classes laborieuses n'était pas une partie de plaisir, mais pas plus qu'à d'autres époques il me semble et il devait y avoir quand même des seigneurs humains ou/et compétents. Des dames aussi, car c'est l'un des points forts du Moyen Age qui laissait une grande liberté et autonomie à la femme, contrairement à l'Antiquité. Sur certains domaines, c'était la Dame qui dirigeait et gérait et tout le monde filait droit.

Oui, heureusement, il y a eu des seigneurs bons et loyaux, honnêtes et respectueux des codes de la chevalerie. Les paysans travaillaient pour la communauté, les seigneurs protégeaient le village et les moines priaient pour le salut des âmes. Tout était réglé, chaque chose avait sa place, tout fonctionnait en harmonie.

J'ai volontairement noirci le tableau pour indiquer que la féodalité avait aussi ses abus et que nombre de barons malhonnêtes et mauvais en profitaient. Mais comme pour toutes les époques, il y avait des salauds et des bons, des profiteurs et des âmes généreuses. Au fond, même au sein de l'Eglise, certains prélats oubliaient les préceptes du Christ et s'enrichissaient comme des porcs.

De toute façon, au Moyen Age, ils faisaient beaucoup plus la fête que maintenant. Les fêtes patronales étaient l'occasion de jouissances, de tournois, de marchés, etc. L'occasion de se divertir, que l'on soit paysan ou grand seigneur. Et la société n'était pas si fermée que l'on croit. Du moins, pas au début, entre le XIe et le XIIe siècle, des serfs pouvaient s'affranchir et devenir paysans libres, des paysans pouvaient s'enrichir et envoyer leur fils étudier ou apprendre un métier afin d'être artisan, clerc ou juriste. A l'inverse, un baron pouvait perdre toutes ses richesses, son château ou s'il était trop mauvais, être banni du royaume et n'être plus qu'un paria. La justice du roi, bien souvent, permettait au peuple de se défendre contre les abus de certains ...

Et puis, ce n'était pas une époque si sombre qu'on le pense. Les légendes, les romans d'amour courtois, tous ces écrits nous prouvent qu'on aimait aussi les belles lettres, l'art et les chansons.

Sans oublier non plus les cathédrales.
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MessageSujet: LE REPAIRE DE L'HISTORIEN   Dim 2 Sep - 9:03

J'ai moi-même beaucoup changé d'avis sur le Moyen Age, que j'opposais systématiquement à l'Antiquité pour laquelle je suis passioné. J'ai longtemps eu de cette époque une vision d'obscurantisme, de superstition et de vaste retour en arrière, conditionné par des oeuvres comme "Le nom de la rose".
Mais quand on regarde vraiment de plus près, effectivement, c'était une société moins cloisonnée qu'il n'y paraît, avec des droits mais aussi des devoirs pour chacun. La femme y était bien plus libre qu'avant, la Dame gérait le domaine de plein droit en l'absence de son époux, la femme du marchand aidait à la boutique et participait à son activité, tenait les comptes et même la paysanne avait sa place reconnue. Certains paysans pouvaient parfois racheter leurs terres, des seigneurs être déchus. L'Eglise elle-même savait mettre de l'eau (bénite ?) dans son vin (de messe ?) : certains textes ou images laissent penser que le célibat et la chasteté n'ont pas toujours été la règle. Je suis récemment tombé sur une image d'époque, sorte d'enluminure, montrant un moine au lit avec une femme... La vie artistique existait bel et bien, même entièrement tournée vers la religion, l'art Roman et le Gothique sont là pour en témoigner et le système des "compagnons" permettait une véritable émulation et éclosion de talents.
Paradoxalement, comme l'avait déjà noté Warlock, c'est à la Renaissance, considérée comme période de progrés et de renouveau (à juste titre) que la société se fige, que les cloisons se renforcent entre les classes et que les femmes notamment, perdent pas mal de leur liberté.
Pour les fêtes, le calendrier des paysans en comptait beaucoup : les vendanges, les moissons, tuer le cochon, les semailles, les fêtes patronales, la saint-Jean...
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Youpi l'alchimiste



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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 2 Sep - 14:35

Citation :
Paradoxalement, comme l'avait déjà noté Warlock, c'est à la Renaissance, considérée comme période de progrés et de renouveau (à juste titre) que la société se fige, que les cloisons se renforcent entre les classes et que les femmes notamment, perdent pas mal de leur liberté.

Dans ce cas, vers quel époque le moyen age a t il commencé à avoir mauvaise presse. Y a t il une raison connu tout simplement? L'enseignement actuel rend t il justice au moyen age (spécial pour les profs)?
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 2 Sep - 15:09

Je ne sais pas si ça rend justice, mais en tout cas, on parle pas mal des progrès économiques, sociaux, culturels en classe ; de l'évolution des villes, de l'art, des métiers... Progrès qui s'achèveront dans les guerres et les épidémies au XIVème Siècle.
On cause également des "mauvais côtés", notamment les croisades (enfin, elles ont eu le mérite d'unifier l'Europe) ou des violences, des famines...

(Je ne suis pas prof, mais on a fait une séquence sur le Moyen-Âge cette année, alors je réponds.)

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MessageSujet: LE REPAIRE DE L'HISTORIEN   Dim 2 Sep - 16:32

Sans être prof, je dirais que c'est d'abord la Renaissance qui a tiré à boulets rouges sur le Moyen-Age : on redécouvrait les classiques, l'Antiquité et ses penseurs, ses artistes, sa culture. Trés vite, cette période apparût aux hommes de la Renaissance comme un modèle culturel incomparable, un monde de génies de la pensée, avec tous les grands philosophes et penseurs. Dans le même temps, l'homme commençait à secouer le joug de l'Eglise, s'interrogeait sur l'univers, la nature, la foi, la place de l'homme... Du coup, le monde médiéval ressemblait de plus en plus à un monde d'obscurantisme et de superstition, un monde figé, sclérosé dans un seul schéma de pensée, tourné uniquement vers dieu. Politiquement, les états centralisés se mettaient en place, la monarchie s'affirmait de même que l'unité nationale. Du coup, le système féodal apparaissait comme un système arriéré, symbole de désunion avec des seigneurs justes bons à se taper sur la gueule entre eux.
Il y aura une réaction en faveur du monde médiéval avec le Romantisme au XIXème siècle et les artistes préraphaélites par exemple.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Dim 2 Sep - 18:28

Youpi l'alchimiste a écrit:

Dans ce cas, vers quel époque le moyen age a t il commencé à avoir mauvaise presse. Y a t il une raison connu tout simplement? L'enseignement actuel rend t il justice au moyen age (spécial pour les profs)?

La propagande républicaine datant de la Révolution française, et celle anticléricale de la fin du XIX ont fait beaucoup de mal à l'image de la période médiévale, sans oublier la "renaissance", bref c'est en quelque sorte entre le XVI et XIX siècles...
A l'époque les catégories sociales étaient infiniment plus riches et plus diverses qu'on a voulu nous faire croire, on est loin du cliché du paysan qui courbait l'échine soumis à un seigneur tyrannique.
C'était une époque en pleine expansion, avec sa soif de connaissances, ses découvertes, son mode de fonctionnement, comme la dit VS la femme, par exemple, jouissaient de droits qu'elle ne récupèrera qu'au XXe siècle...
A mon époque au collège on étudiait très peu l'époque médiévale, elle tenait en en une seule année le 5ème, très caricatural sans passion. A la fac la par contre c'est bien mieux et on l'étudie plus approfondissement.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Lun 3 Sep - 1:44

Pauvre moyen age, tout le monde lui en veut. C'est vrai qu'en plus le fait d'être étudier en 5ieme une dernière fois avant la fac ne permet pas de tordre le coup aux clichés.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Sam 8 Sep - 18:01

Youpi l'alchimiste a écrit:
Pauvre moyen age, tout le monde lui en veut. C'est vrai qu'en plus le fait d'être étudier en 5ieme une dernière fois avant la fac ne permet pas de tordre le coup aux clichés.

Surtout que sur beaucoup de sujets l'époque médiévale a tout inventée.

Elle portait les germes du monde actuel, par exemple les énergies renouvelable, les premiers moulins du XIIe siècle soulage l'homme de la besogne de moudre le grain, ainsi en utilisant la force des éléments l'agriculture fait un bon formidable.
Mais aussi l'école et les études c'est à cette époque qu'on apprend à lire et à écrire aux jeunes enfants, transmettre le savoir, s'interroger sur le monde qui entoure devient primordial. On crée aussi les universités pour s'affranchir des autorités urbaines, sans oublier la création des premiers services publics.
Et ce n'était pas réserver qu'aux nobles et aux aisés, en effet dans le milieu des marchands, maîtriser le savoir intellectuel permet aux hommes de bien mener leurs affaires.
Autres idées reçues les première encyclopédies ne viennent pas su siècle des lumières, mais du VII siècle, avec des précurseurs comme Isidore de Séville, jusqu'au XIII siècle s'étend la création de l'idée de ce que l'on se fait d'une encyclopédie.
Enfin c'était une grande époque de créativité culturelle, les artistes laissent éclater leurs couleurs dans les vitraux, ils inventent la perspective, la technique du portait, ils défient les lois de l'équilibre avec leurs cathédrales gigantesques, ce qui serait impossible de reproduire aujourd'hui.
La culture s'enrichit du livre imprimé, du théâtre de rue et de la notation musicale, la création est alors florissante, bref une belle et grande époque bien trop dénigrée.
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MessageSujet: LE REPAIRE DE L'HISTORIEN   Sam 8 Sep - 18:13

Je ne le nie pas, mais la culture et l'art avaient déjà atteint des sommets, de même que les sciences, durant l'Antiquité : le Museum et la grande bibliothèque d'Alexandrie, les bibliothèques romaines, toute la pensée et philosophie grecque et héllénistique, les aqueducs, les égoûts et les systèmes d'irrigation, les thermes, les prouesses techniques et architecturales comme le colosse de Rhodes, les pyramides, le Colisée... Je suis largement revenu de pas mal de préjugés sur le monde médiéval, mais si on compare à l'Egypte des pharaons, à Rome et la Grèce antique, à Babylone, aux phéniciens, aux nabatéens... Il y a quand même une formidable régression au Moyen Age, dans bien des domaines je trouve.
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Lun 24 Sep - 17:54

Parlons maintenant de la place de la femme dans la société mérovingienne.


Les sources et les études historiques donnent à la femme mérovingienne une image ambivalente. D’un côté, la femme était l’éternelle mineure venue de la tradition romaine, qui ne prend jamais part aux affaires publiques, si ce n’est par des moyens détournés ou au travers de jeux d’influence, mais voyait protégés ses droits privés, notamment ses propriétés.
D’un autre côté certaines femmes mérovingiennes étaient dotées d’une importante liberté d’action. La femme était alors toujours définie par rapport à un homme (son père, son mari) et ses actions étaient soumises au contrôle et à la protection de celui-ci. Elle avait pourtant des droits, et des biens propres. Elle n’était pas exclue de l’héritage de ses parents, ni de son mari.
Les lois franques excluaient seulement les filles de l’héritage de la 'terre salique', qui était un symbole fort du pouvoir familial. Mis à part ce point précis, les documents de l’époque sont plutôt le témoin de nombreux droits des femmes.
Les dispositions juridiques sur le meurtre montraient d’ailleurs que la vie des femmes était loin d’être considéré comme quantité négligeable. Cette vie était particulièrement protégée au moment où la femme était susceptible de donner naissance. La somme qui devait être payée pour le meurtre d’une femme en âge de procréer pouvait être bien plus importante que celle due pour le meurtre d’un homme libre.
Cette importance de la capacité à procréer apparaît également dans la façon dont était inhumées les femmes. Souvent les caractères féminins sont plus marqués et les tombes sont plus riches lorsque la morte est décédée alors qu’elle était en âge de devenir mère.
Le mariage était un aspect essentiel de la vie d’une femme qui crée et renforce l’amitié entre les membres de la haute aristocratie. Les fiançailles scellaient l’union entre deux familles plus qu’entre deux personnes. Des biens étaient échangés dès cette étape, contrairement à ce qui se faisait à l’époque romaine classique, les échanges de biens les plus importants réalisés au moment du mariage allait du gendre à son beau père.
L’âge au mariage était à partir de douze ans pour les femmes et de quinze ans pour les hommes. Malgré le peu de liberté laissé à la femme dans le choix de son époux, les femmes mérovingiennes ne doivent pas être assimilées à des objets de commerce.
Les veuves étaient sans doute les femmes qui disposaient de la plus grande autonomie, surtout quand elles avait à gérer les affaires des fils en bas âge. Elles étaient alors plus libres à la fois dans la gestion de leurs biens et dans la manière de mener leur existence.
Les rois avaient de nombreuses concubines et certaines sources les présentaient même comme étant polygames. Et si les grands semblaient se contenter d’une seule épouse, celle-ci devait supporter la présence de concubines et n’était jamais à l’abri d’une répudiation arbitraire.

Pour les femmes nobles bien souvent leur sort était lié à la terre, seule garantie du pouvoir, ainsi la femme était-elle une monnaie d'échange pour les seigneurs qui désiraient accroître leurs biens et assurer leur descendance.
Les plus jeunes étaient promises parfois dès leur naissance à des hommes qui souvent étaient bien plus âgés qu'elles.
Leur rôle était cependant important puisqu'en l'absence de leur époux qui, lorsqu'il n' était pas en guerre, s'adonnait à la chasse, c'était à elles de gérer et d'administrer leurs biens.
La vie religieuse pouvait apparaître comme un moyen pour les femmes de s’affirmer hors de toute tutelle, sauf celle de l’évêque. Cette carrière ne pouvait être choisie, ou acceptée à la suite de pressions familiales que par des femmes d’une certaine richesse. L’entrée de femmes pauvres au monastère constituait en effet une exception.
A un niveau plus humble de la société, les paysannes vaquaient aux travaux domestiques, mais aussi aux travaux des champs en haute saison, elles pouvaient alors accomplir toutes les tâches. Seuls les labours étaient considérés comme les travaux des hommes. Cependant les femmes pouvaient être contraintes à les effectuer si elles n’avaient pas les moyens d’engager un ouvrier agricole. La femme du peuple participait activement à la vie économique des villes et des campagnes, pour la plupart elles avaient une assez grande liberté, ce qui n'était pas forcement le cas pour les plus nobles.



A l’autre extrémité de la société la reine du haut Moyen âge n’avait pas toujours un rôle bien défini ni même une place exclusive. Elle ne disposait pas du pouvoir institutionnel en tant que reine, son titre ne renvoyait qu’à sa situation d’épouse du souverain.
Par une série de rituels, lors des banquets par exemple et pas seulement au moment d’un mariage, la reine avait partout le pouvoir de conforter les liens hiérarchiques et affectifs qui unissent le roi et ses fidèles.
Les remariages étaient fréquents et l’arrivée dans la famille d’une nouvelle épouse n’était pas rare à l'époque mérovingienne. De nombreux problèmes juridiques se posaient alors autour de la question de l’héritage. Les mauvais traitements et les tentatives de meurtres perpétrés sur les enfants du roi pouvaient apparaître de ce point de vue comme des tentatives de la reine pour conserver son statut.
La plupart des crimes imputés aux reines concernaient les enfants illégitimes issus d’autres lits du roi. A une époque où le meurtre appartenait de plein droit à l’arsenal des intrigues politiques, les chronique dressent le portrait de reines prêtes à tuer pour assurer leur influence.
L’image est cependant simpliste, si elle est en partie véridique il semble bien qu’elle ait été conçue par les chroniqueurs mérovingiens comme un moyen de minimiser les problèmes de succession de la dynastie mérovingienne et de souligner la légitimité de celle-ci.
A cette époque c'était essentiellement les clercs soucieux en principe d'éviter les contacts avec la gente féminine, qui parlaient des femmes dans les chroniques.

On peut donc noter que les femmes du peuple et de la bourgeoisie avaient moins de contraintes, une plus grande liberté de mouvement, que les femmes nobles, victimes de leurs hautes responsabilités.
Néanmoins comme on a pu le voir la femme noble mérovingienne jouit d'une certaine considération et de nombreux droits, dont celui de disposer d'une âme, on est loin des poncifs du genre, de la femme complètement subalterne et effacée.
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MessageSujet: LE REPAIRE DE L'HISTORIEN   Lun 24 Sep - 18:07

Sujet trés interessant pour une époque que je connais peu. Mais il est évident que la femme "médiévale" est bien plus libre et autonome que la femme de l'Antiquité, éternelle mineure soumise à son époux, frère ou fils aîné (sauf chez les Etrusques et les Egyptiens).
La position de reine n'est par contre guère enviable semble-t-il. En France, pays de loi salique, la reine n'avait aucun pouvoir réel, on lui demandait juste de prolonger la dynastie en place et c'est tout. Seule exception : la régence au nom d'un fils mineur. D'ailleurs, les plus grandes reines l'ont été en tant que régentes : Catherine de Médicis, Anne d'Autriche...
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MessageSujet: Re: LE MONDE MEDIEVAL   Jeu 18 Oct - 19:45


La bataille de Bouvines, une propagande nationaliste française ?

Après la défaite de 1870, la IIIe République, revisitant l'histoire de France, fait de la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, une des premières manifestations du nationalisme revanchard. A l'école, les enfants récitent les tristes aventures de "Fernand ferré" dont sont venues à bout les milices communales. Cette interprétation repose sur les textes écrits à la gloire de Philippe-Auguste par un clerc, Guillaume le Breton : "Tout pays ressent avec la même ardeur la gloire d'une victoire commune à tous..." (chant XII).

Mais déjà, en 1275, les "Grandes Chroniques" rédigées en français à l'abbaye de Saint-Denis, à la demande de Saint-Louis, vantaient la portée nationale de cette bataille. La propagande capétienne ne s'est-elle pas servie de l'histoire pour s'imposer ?

Au Moyen-Age, la guerre est fréquente mais les batailles sont rares. Leur issue relève bien souvent du jugement de Dieu. Qui, à Bouvines, détient le bon droit ? Le roi de France que soutient le pape ou bien l'empereur, allié au comte de Flandre et au comte de Boulogne ? La fuite d'Otton, désarçonné, décide de la victoire. L'évènement est de taille. Mais qui y attache assez d'importance pour le retenir ?

Seules les chroniques de l'ancien domaine capétien en gardent la trace : en Angleterre, elles sont plus prolixes qu'à Troyes ou à Dijon ; au sud de la Loire, le silence tombe, épais. En réalité, il n'y a jamais eu à Bouvines deux nations qui s'affrontaient, sauf dans l'imagination d'un clerc. "Le fumet de l'argent" a envahi le champ de bataille, donnant aux chevaliers un profil de "soudoyers", sans compte les "routes" des purs mercenaires. En tête, la piétaille des communaux entouraient les chariots avec le bien le plus précieux : l'oriflamme.

Philippe-Auguste, parti en guerre comme ses ancêtres pour dévaster les terres d'un vassal félon se prépare à la retraite. Mais ce dimanche, l'empereur choisit la bataille et le jugement de Dieu donne la victoire au Roi de France.
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