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 LES POEMES DE ROBERT E HOWARD

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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: LES POEMES DE ROBERT E HOWARD   Lun 9 Jan - 17:27

Robert E Howard est resté célèbre pour son personnage de Conan. Mais ne garder que ce personnage en mémoire serait réducteur et injuste. Howard a créé une foule de héros dans des styles et univers trés différents.
Beaucoup ignorent qu'Howard écrivit également des poèmes. Traduits par des traducteurs consciencieux, ces oeuvres méconnues gardent même en français toute leur puissance évocatrice.

Clair de lune sur un crâne

Des boucs à toison d'or sur le mont du sabbat,
une fille de joie portant robe de soie,
à la roue de torture une vierge qui crie.
A quoi rêve ce crâne envahi par la nuit ?

J'ai regardé Chiron mourir sur son bûcher,
du haut des toits de pourpre une femme riait,
de ses cendres alors il est ressucité,
foulant de ses sabots les tuiles fracassées.

A la flamme sacrée d'une chandelle, un soir,
j'ouvris le Livre Noir du mystérieux savoir,
quand l'escalier grinça sous des pas étouffés
le livre et la bougie roulèrent à mes pieds.

Navires emportés sur la mer démontée,
amoureux éternels de l'univers entier,
que me réserve donc la Traîtresse honnie,
à moi qui soulevais le voile de la vie ?

Ninive, mais où sont tes rêves d'autrefois ?

Un pont d'argent sur fond de ciel déchiqueté,
un fruit doré sur une branche desséchée,
les lèvres de corail des grands esclaves bruns
qu'achètent à bon prix les nobles Anciens...
Ninive, mais où sont tes rêves d'autrefois ?

Les fantômes ferrés de tes coursiers ailés
galopent sur un champ d'étoiles irisées,
sur le sable froid et blanc sous la lune traînent
les ombres de tes lances tels des barreaux d'ébène.
Ninive, mais où sont tes rêves d'autrefois ?

Ces ombres qui revivent le carnage affreux
jamais n'arrêteront les ravages du feu,
jamais non plus tes morts dans leurs sombres armures
ne pourront relever ni tes tours ni tes murs...
Ninive, mais où sont tes rêves d'autrefois ?

Des brasiers funéraires ensanglantent les cieux
là où Sargon mena ses armées en déroute,
bien que faisant encore commerce de son mieux,
ton peuple sans espoir suit tristement sa route...
Ninive, mais où sont tes rêves d'autrefois ?

Un mât d'argent soutient une voile de soie
une mer de saphir porte une proue vermeille
tandis que des tribus aux yeux d'oiseau de proie
suivent dans le désert la piste des merveilles...
Ninive, mais où sont tes rêves d'autrefois ?


Dernière édition par Voyageur Solitaire le Ven 1 Fév - 19:43, édité 1 fois
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MessageSujet: LES POEMES DE ROBERT E HOWARD   Mar 24 Jan - 22:26

Howard a écrit également de courts textes sous forme de poèmes, où son talent éclate à chaque paragraphe. En voici un tiré de "Solomon Kane", superbe texte, jusqu'à la fin, tellement innatendue...

La tache sombre

Ils le conduisirent sur le sable aride où les capitaines rebelles étaient morts,
Où les sinistres gibets gris et pourissants se trouvaient lorsque Magellan les fit dresser sur la plage,
Et les mouettes de ces régions désolées gémissaient vers la marée solitaire.

Drake leur fit face à tous, tel un lion blessé, avec sa tête féline rejetée en arrière :
"Oseriez-vous braver ma parole de loi et dire que ce traître ne doit pas mourir ?"
Et ses capitaines n'osèrent pas affronter son regard et chaque homme retînt sa langue.

Seul s'avança Solomon Kane, un homme à l'air sévère, d'une race taciturne :
" Il mérite la mort, celà se peut, mais le tribunal que vous avez tenu était une moquerie,
Vous avez dissimulé votre dépit en une parodie où la Justice a caché son visage.
Plus un homme vous auriez été, sur le pont, à tirer promptement votre épée
De son fourreau, en une fureur légitime, pour franchement ouvrir son crâne en deux jusqu'aux dents,
Plutôt que de vous glisser et cacher derrière la parole creuse de la Loi".
L'enfer brûla dans les yeux de Francis Drake : "Puritain arrogant !" jura-t-il.
"Bourreau, donne-lui ta hache ! C'est lui qui tranchera la tête de ce traître !"
Solomon croisa ses bras et dit froidement et sévèrement :

"Je ne suis pas un esclave pour exécuter ton travail de boucherie".
"Attachez-le avec trois cordes !" rugit Drake dans sa colère
Et les hommes obéirent avec hésitation, tels des hommes apeurés,
Mais Kane ne bougea pas comme ils lui retiraient sa lame et garrottaient ses mains d'acier.

Ils firent s'agenouiller l'homme condamné, celui qui devait mourir,
Ils virent ses lèvres esquisser un étrange sourire, un dernier et long regard il adressa
A Drake, son juge, autrefois son ami, qui n'osa pas tourner ses yeux vers lui.

La hache d'argent étincela au soleil, le sable but un flot de sang,
Une voix cria comme la tête tranchée tombait, et ceux qui regardaient sursautèrent en une peur soudaine,
Mais c'était seulement une mouette survolant le rivage désolé.

"Ainsi meurent les traîtres !" s'écria Drake et encore une fois,
Lentement, ses capitaines se détournèrent et s'en allèrent, et le regard de l'amiral se porta en un autre endroit,
Pour ne pas voir le froid mépris, mêlé de colère, dans les yeux de Solomon Kane.

La nuit tombait sur les vagues immobiles, la porte de l'amiral était fermée.
Solomon était étendu dans la cale infecte, ses fers tintaient comme le navire tanguait.
Et son garde, fatigué et trop confiant, posa sa pique et s'endormît.

Il se réveilla, une main serrant sa gorge nouée comme un étau.
Tremblant, il produisît la clé et le sombre puritain se dressa, libre.
Ses yeux glacés brillaient d'une lueur meurtrière, de la colère qui est lente à apparaître.

Sans être vu des gardes, jusqu'à la porte de la cabine de l'amiral alla Solomon Kane.
Se glissant dans la nuit et le silence du navire, la dague du garde dans sa main.
Les hommes de l'équipage endormi ne le virent pas franchir rapidement la porte non verrouillée.

Drake à la table était assis seul, son visage enfoui dans ses mains.
Il leva les yeux comme s'il se réveillait... Mais son regard ne brilla d'aucune alarme,
Comme s'il ne voyait pas se glisser vers lui, les sables mouvants de la Mort.

Il ne chercha pas à prendre un pistolet ou une lame pour arrêter la main de Kane,
Il semblait ne rien voir et ne rien entendre, perdu dans les brumes du souvenir.
L'amour devenu haine et traîtrise, rongé par une douleur amère.

Un moment Solomon Kane resta ainsi, la dague pointée devant lui,
Et Kane, sans un mot, se retira et referma la porte de la cabine.
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MessageSujet: LES POEMES DE ROBERT E HOWARD   Mer 23 Mai - 21:02

Howard a écrit quelques lignes avant chaque chapitre de "La route d'Azraël". Je les regroupe ici car elles sont de toute beauté.

"Les tours vacillent et se disloquent, les rues sont rouges de sang dans la ville martyrisée, des étendards tombent et les lignes s'effondrent et les cavaliers de fer me piétinent. Loin de la poussière suffoquante autour de moi, laissez-moi partir au galop car mon heure est proche. Loin des murs qui m'emprisonnent, des sabots qui me broient, pour mourir au soleil et dans le vent du désert".

"Le loup gris court-il avec le mastiff côte à côte ? Les liens du sang doivent-ils être oubliés et disparaïtre ? Par la fumée et le carnage, par le feu et par l'acier, il est mon frère... et je l'accompagne".

"Pris au piège entre le tigre et le loup, avec seulement nos vies à perdre... Les dés rouleront comme les dieux en ont décidé, mais qui sait ce qui peut arriver ? Et toutes les routes que nous suivons ne mênent à rien... Alors choisis mon frère, choisis !"

"Je haletais : - Un royaume attend mon seigneur, qu'importe l'amour de cette femme, un jour sera gâché, en un jour elle guérira, mais qu'adviendra-t-il de toi ? Abandonne la fille- il nous suit de près- Laisse-là et partons ! Alors Scindhia murmura entre ses lèvres gonflées : - Pour moi elle sera toujours la reine des reines !" (Emprunt d'Howard à Kipling).

"Nous ne reverrons jamais les collines où les nuages gris bordent les chênes, nous qui allons mourir pour venir à l'aide de personnes étrangères. Ma foi, nous avons suivi la route des vickings avec un roi pour nous conduire... Et les bardes chanteront nos victoires dans les châteaux étincelants du nord".
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MessageSujet: LES POEMES DE ROBERT E HOWARD   Dim 11 Nov - 14:37

LES DIEUX DE L'ILE DE PAQUES

Bien avant que Priape ne gambade parmi les bosquets embrasés par le soleil d'Arcadie
Les dieux de l'île de Pâques de la brume avaient surgi.
Avant que les déités antiques des brouillards d'Egypte soient nées,
Les dieux de l'île de Pâques pour saluer le matin se dressaient.
Avant que Bel voie le jour ou que Mylitta connaisse la lumière
Les dieux de l'île de Pâques régnaient sur la terre.
Avant que les taureaux de Ninive soient taillés dans la pierre
Les dieux de l'île de Pâques se tenaient silencieux et solitaires.

Les dieux de l'île de Pâques ont vu des royaumes surgir et disparaître
Et des temples et des idoles se briser tels le flux et le reflux des marées.
Ils ont vu Horus aux ailes d'épervier se poser sur la grève pour se désaltérer.
Ils ont vu l'Atlantide s'écrouler et la Lémurie sombrer.
Ils méditent dans le crépuscule couleur topaze lorsque le jour tropical prend fin,
Je les vois dominant l'océan, noirs dans le soleil agonisant.
(Extrait de "Chants de guerre et de mort")


Dernière édition par Voyageur Solitaire le Ven 16 Nov - 0:03, édité 1 fois
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MessageSujet: LES POEMES DE ROBERT E HOWARD   Jeu 15 Nov - 10:50

Celui-là, je l'adore :

A une femme

Sous plusieurs brasses de terre moisie tu m'as enterré,
A l'aide de plomb aux plaques épaisses et de bois verrouillé tu m'as enfermé,
Pourtant ne dors pas tranquillement dans les bras de ton amant,
Qu'il se garde de se tenir là où je me suis tenu.

Je ne manquerai pas de briser mon cercueil d'ébène,
Et d'écarter les mottes de terre de mes mains souillées de rouge.
Ton sang se changera en glace lorsque tu verras ma face
Fixer depuis les ombres ton lit au coeur de la nuit.

Pour contempler la mort, il se réveillera également, en vain,
Mes doigts serrant sa gorge, ton cri sera son glas,
Il ne me verra pas t'arracher de ton lit,
Et, empoignant ta blonde chevelure, te traîner jusqu'en Enfer.
(Extrait de "Chants de guerre et de mort")
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MessageSujet: LES POEMES DE ROBERT E HOWARD   Ven 16 Nov - 0:17

Moquerie de la lune

Je marchais dans le bois de Tara par une nuit d'été
Et je vis, dans le ciel silencieux, hanté par les étoiles,
Monter une lune ténue au sein d'une brume argentée,
Et flotter au-dessus de la colline, comme effrayée.
Fiévreusement, je saisis son voile et la serrai contre moi.
Un instant, tout son éclat fût dans mes yeux,
Puis elle disparut, aussi rapide que l'envol d'un oiseau blanc,
Et je descendis la colline dans la lumière opaline.

Bientôt je pris conscience, arrivé dans la plaine,
Que tout était étrange et nouveau pour moi.
Des gens inconnus allaient et venaient à proximité,
Et lorsque je prononçai mon nom en tremblant
Ils se détournèrent vivement, mais un homme dit : "Il est mort
Dans le bois de Tara, voilà cent ans".

Hymne de haine

Oh, frère qui te loves dans l'herbe âcre,
N'élève pas pour moi ton refrain sifflant :
De tes crocs ruisselle un venin moins mortel
Que celui qui coule dans mes veines en un flot ardent.

Une seule victime satisfait ta haine,
Mais je voudrais voir des cités fortifiées chanceler et s'écrouler,
Des sages à la barbe grise vomis et déchiquetés par des canons,
Et des nourrissons embrochés sur l'acier rougi.

Et je voudrais voir les étoiles tomber en tonnant,
Les océans déchaînés déborder et déferler sur les continents.
Oh, la ruine universelle ne suffirait pas
A assouvir la fureur de mon âme exaspérée !
(Extraits de "Chants de guerre et de mort")
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MessageSujet: LES POEMES DE ROBERT E HOWARD   Ven 16 Nov - 0:47

Les cavaliers de Babylone

Les cavaliers de Babylone partent au galop
Tels le fléau ailé d'Azraël
Vers les plaines fertiles du sud et du nord
Et les cités fortifiées d'Israël.
Ils harcèlent les hommes des caravanes,
Ils emportent un précieux butin à travers les sables
Pour orner le trône du grand dieu Baal.
Mais le roi de Babylone est une coquille brisée
Et la reine de Babylone un follet venu de l'enfer
Et les hommes diront : "Ici s'écroula Babylone"
Avant que le temps ait oublié cette histoire.

Les cavaliers de Babylone vont et viennent
Depuis les palais de Gaza jusqu'aux rivages de Tyr.
Ils font trembler le monde depuis les pays de neige
Jusqu'aux déserts, rouges dans les feux du couchant.
Leurs chevaux pataugent dans un océan de sang
Et les tribus de la terre se prosternent devant eux.
Ils ont enchaîné les mers où les crétois mettaient à la voile.
Pourtant le soleil de Babylone se couchera dans le sang,
Ses tours disparaîtront dans un flot écarlate,
Et les hommes diront : "Ici se dressait Babylone"
Avant que le temps ait oublié cette histoire.
(Extrait de "Chants de guerre et de mort")
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MessageSujet: LES POEMES DE ROBERT E HOWARD   Ven 23 Nov - 19:01

Le superbe poème sur le suicide :

Le tentateur

Quelque chose me tapota l'épaule
Quelque chose chuchota "Viens avec moi,
Laisse le monde des hommes derrière toi,
Accompagne-moi là où le chagrin ne pourra jamais te trouver,
Viens et suis-moi, je te conduirai
Vers cet océan sombre et silencieux,
Où jamais les tempêtes du monde ne font rage.
Tu pourras rêver au fil des âges,
Indifférent au Temps qui tourne les pages,
Il te suffit de m'accompagner."

"Qui es-tu ?" Demandais-je au fantôme.
"Je suis le repos de la haine et de l'orgueil.
Je suis l'ami du roi et du mendiant,
Je suis l'alpha et l'oméga,
J'étais le conseiller d'Agar
Mais les hommes m'apellent le Suicide."
J'étais las de lutter contre le courant,
Las d'obéir aux ordres du monde,
Et je désirais le repos
Comme un fiancé sa future épouse.

Et mon âme tira sur ses amarres
Et elle chuchota "Délivre-moi.
Je suis lasse de cette bataille,
De ce monde au bétail humain,
De tout ce bruit et de ces bavardages insipides.
Cela tu me le dois."

Longtemps je restai assis et longtemps je méditais,
Sur la vie que j'avais dilapidée,
Sur les chemins que j'avais empruntés
Jamais libre.

En un cortège d'ombres
Défilèrent les combats et la lutte pour l'existence.
Et mon âme tirait sur ses liens avec une nouvelle vigueur,
Immense devint la forme du fantôme.
J'appuyais lentement sur la gâchette
Et je vis le monde se flétrir et disparaître.
A travers les brouillards surgit le Temps de jadis
Et des nuées radieuses m'environnèrent,
Tandis que mon âme s'en allait, glissant doucement
De l'ombre vers le jour.
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MessageSujet: Re: LES POEMES DE ROBERT E HOWARD   Mer 24 Juil - 19:12

La chanson d'un ménestrel fou

Je suis l'épine dans le pied, je suis la tâche dans l'oeil.
Je suis le ver dans la racine, je suis le voleur dans la nuit.
Je suis le rat dans le mur, le lépreux qui lorgne à la porte.
Je suis le fantôme dans le manoir, messager de l'horreur et de la haine.

Je suis la nielle du grain, je suis le charbon du blé,
Me moquant du labeur de l'homme, tissant une toile pour ses pieds.
Je suis le chancre et le mildiou et la rouille, le danger et la mort et la pourriture,
Le froid de la pluie la nuit, la fournaise du soleil le jour.

Je fane et flétris par la sécheresse, je répands la levure abjecte du marais,
J'apporte la peste noire du sud et la lèpre de l'est.
J'arrache du sapin-cigüe le suc où je trempe les pétales de sorts funestes,
Là où somnolent les serpents gras et noirs, je cueille les fleurs des Upas.

J'ai sondé les glaciers du nord à la recherche d'un charme semblable à du plomb gelé.
Dans des rizières grises et oubliées, j'ai reçu l'enseignement de morts Mongols.
Au coeur d'une montagne noire et aride, j'ai pillé d'effroyables cavernes.
J'ai creusé dans les sables du désert pour violer des tombes terrifiantes.

Jamais le soleil ne se montre, jamais la lune rouge ne luit,
Mais du sud ou bien du nord, je viens, accompagné de morts ruisselant de bave.
Je viens avec des charmes hideux, des chants noirs et des airs affreux.
J'ai pillé les enfers cachés et dépouillé les lunes noires et oubliées.

Il n'y a jamais eu un roi ou un prêtre pour m'accorder une parole ou un regard,
Il n'y a jamais eu un homme ou un animal sur les sentiers sombres que j'ai empruntés.
Il y a eu des abîmes écarlates insondés, il y a eu des ailes noires au-dessus d'une mer,
Il y a eu des puits où des créatures folles tambourinaient et vociféraient des blasphèmes.

Il y a eu d'immenses tombes impies où rêvaient des monstres visqueux,
Il y a eu des nuages tels des plumes imbibées de sang où criaient des démons à venir.
Il y a eu des âges morts pour le Temps et des continents perdus dans l'Espace,
Il y a eu des vipères dans la vase et un visage imprécis et abominable.

Oh, le coeur dans ma poitrine s'est changé en pierre et le cerveau dans mon crâne a gelé.
Pourtant j'ai réussi, seul, et j'ai déversé le contenu de mon calice,
Horreurs et maux et sortilèges, bourgeons noirs et racines amères.
Des Enfers sous les Enfers, je vous apporte mes fruits mortels.
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MessageSujet: Re: LES POEMES DE ROBERT E HOWARD   Sam 12 Oct - 20:11

Un poème barbare et somptueux... Ce type me rend fou...

NIFLHEIM

Sinistre région de la mort, quelles monstrueuses visions se cachent
Au sein de la forteresse glacée de tes collines ?
Tes flancs sont blanchis et ils ne fondent jamais,
Leurs lames de glace sont enfoncées dans le coeur de Midgard.

Elles ont connu des aubes mystérieuses et immémoriales
Lorsque dans la grisaille d'un vide sans soleil,
Audhumbla brisa le gel maussade et aperçut
Les Buri aux yeux étranges naître à la vie.

Oh, tu es une sombre région, je le sais !
Le siège des mystères de Midgard en vérité,
Car tu es le coeur froid et inhumain d'Ymir
Qui nourrit tous les océans de son sang léthargique.

Le ciel est frangé de cuivre, le soleil encroûté
Vacille dans l'azur, tel un bouclier de flammes gelées.
Des ombres gigantesques surgissent et se dressent et vivent
Et brisent les liens qui les enchaînaient au passé.

Ils tourbillonnent dans la nuit tels des géants aux membres gris.
Ils s'avancent majestueusement parmi les étoiles froides et moqueuses.
Ho ! Géante progéniture des ombres ! Trouvez en moi
Un frère et un maître et un esclave.

Ensemble, nous ferons éclater le cerveau des hommes
En leur révélant un ténébreux savoir venu de cimes abyssales,
Et une connaissance que l'âme ne peut supporter.
Oui, je vous ai observés, titubant sur la glace,
Tandis que des monstres de brume grise tournoyaient dans le ciel
Et sous l'effet de mon rire caquetant poignardaient le grésil.

Cornes de guerre, sonnez l'heure de Ragnarok !
Que les destructeurs de l'homme rugissent depuis Jotunnheimr
Pour déchirer le monde et jeter à bas les océans
Jusqu'à ce que dans Asgard se réveillent les dieux endormis.

Alors dans le combat retentissant de ce jour,
Que Midgard se lève et rugisse et qu'Ymir se réveille,
Jusqu'à ce que des montagnes de glace déferlent en grondant depuis Muspellheim
Et que tout devienne semblable à toi, Niflheim.
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