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 TENOCHTITLAN, LA CITE SORTIE DES EAUX...

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MessageSujet: TENOCHTITLAN, LA CITE SORTIE DES EAUX...   Ven 24 Aoû - 21:23


(Photo : planetminecraft.com)

Avant Mexico, il y a eu Tenochtitlan, capitale de l'empire aztèque. Bâtie sur les eaux, plus peuplée que Paris ou Constantinople à son apogée, elle stupéfia Cortès lui-même par son immensité, sa beauté et son urbanisme. Petit retour en arrière…

Tenochtitlan fût bâtie sur les eaux du lac Texcoco au début des années 1300. A force d'ingéniosité et de prouesses techniques, les aztèques construisirent une ville immense sur l'eau, avec ses palais, ses pyramides, ses jardins et ses marchés, ses quais, ses ponts…


(Photo : historycollection.co)

Une surface de trois kilomètres de côté pour un millier d'hectares, divisé en quatre sections par deux vastes avenues perpendiculaires (10 chevaux pouvaient y avancer de front selon les chroniqueurs espagnols) avec au centre, bâtie sur un îlot, l'enceinte sacrée où se dressaient temples et pyramides, le palais impérial et ses jardins, enceinte protégée par un rempart orné de têtes de serpent sculptées. Le palais comprenait des entrepôts, des jardins, des bains, une volière où s'ébattaient les quetzals, oiseaux sacrés, un terrain de jeu de balle… La grande pyramide dominait l'enceinte sacrée, surmontée de deux sanctuaires, un peint en bleu et dédié à Tlaloc, dieu de la pluie et un second en rouge, consacré à Huitzilopochtli, dieu du soleil et de la guerre. L'ensemble culminait à 60 mètres de hauteur et était en fait constitué de sept pyramides bâties successivement les unes sur les autres. En effet, tous les 52 ans, les aztèques construisaient une nouvelle pyramide sur celles existante pour célébrer le début d'un nouveau cycle. Sinistre détail : c'est également ici qu'avaient lieu les sacrifices humains, véritables tueries de masse, 80 000 sacrifiés en quelques jours lors de certaines cérémonies !


(Photo : twnet.net)

A partir de ce centre, la ville s'étalait sur les eaux, divisée en campan (sections) eux-mêmes divisés en calpulli (groupe de maisons/quartier). Chaque quartier avait son propre marché, son temple et son école, ses latrines publiques, sa voirie (la ville comptait 1000 personnes chargées de la propreté). Chaque maison possédait son petit jardin et sa hutte de sudation, qui servait de bain. Un fonctionnaire impérial était spécialement chargé de l'urbanisme, aucune construction ne pouvait se faire sans son accord.
300 000 habitants, plus que Paris à la même époque.
Mais comment ont-ils fait ? Comme à Venise ? Pas tout à fait.


(Photo : grezprod.com)

L'enceinte sacrée a été bâtie sur un îlot déjà existant. Pour le reste de la ville, les aztèques ont fait preuve d'un savoir-faire, d'une science même, incroyable. Ils ont créé des îlots en mélangeant des sédiments du lac et de la terre, créant ainsi des sortes de "plateformes" sur lesquelles ils ont bâti leurs monuments et maisons. Ces îlots étaient sillonnés et reliés par quantité de canaux sur lesquels on se déplaçait en pirogue. Certains îlots étaient dédiés à l'agriculture, des parcelles de limon fertile et de roseaux superposées en différentes couches, comme un mille-feuilles, l'ensemble maintenu par des pieux plantés dans le fond du lac. Ces parcelles, nommées chinampas, fertilisées par les excréments des habitants (soigneusement recueillis) firent l'admiration des espagnols qui les qualifièrent de "jardins flottants". Des parcelles qui donnaient entre 5 et 7 récoltes par an ! La capitale était donc auto-suffisante au niveau de son alimentation et le lac fournissait l'eau douce et le poisson. Moctezuma Ier fît même bâtir un aqueduc de 5 kilomètres de long et un barrage de 16 kilomètres pour protéger la cité des inondations !

Une illustration montrant comment ces parcelles ont été construites :


(Photo : botanynerds.wordpress.com)

Et voici les chinampas "en vrai" :


(Photo : en.mxcity.mx)

On retrouvait les produits de ces parcelles dans les différents marchés de la ville. Chaque quartier avait le sien. Le plus grand était celui de Tlatelolco où se pressaient, selon Cortès, plus de 60 000 personnes dont 40 000 commerçants. Le marché avait son tribunal et sa milice, chargée de faire respecter l'ordre public. On y trouvait maïs, haricots, courges et pommes de terre, piments et herbes médicinales, cacahuètes, vanille, fleurs, poissons et dindons, poteries, bijoux, esclaves… Mais encore le coton, la laine, les plumes, le jade, le sucre, le cacao, les fruits… Les aztèques ne battant pas monnaie, le troc restait la base des échanges. Les différents artisans avaient leur quartier dédié, par profession ou corporation : a Chollolan, les bijoux et les pierres précieuses, à Texcoco, les vêtements, à Acuma le marché aux chiens (offerts en sacrifice, utilisés comme animaux de compagnie ou mangés). Les aztèques ignorant la roue et le cheval, tout était transporté à dos de porteurs ou par les pirogues sillonnant les innombrables canaux. La plupart de ces porteurs étaient des esclaves. Ils pouvaient se marier, avec l'accord de leur maître ou maîtresse, et leurs enfants étaient automatiquement libres.
Un service militaire était aussi institué pour les jeunes hommes libres et les enfants allaient dans des "maisons de vie", souvent accolées aux temples, où ils apprenaient la religion et les lois de l'empire. Les femmes pouvaient travailler, majoritairement comme herboristes, sage-femme, tisserand ou… prostituées. Ces dernières se faisaient connaître auprès de leurs éventuels clients en mâchant ostensiblement, sur leur passage, une gomme spécifique, le tzictli, le chewing-gum des aztèques.

(Source : GéoHistoire magazine)


Si Cortès fût stupéfait par cette métropole surgie des eaux (en particulier par son urbanisme, sa propreté et ses couleurs éclatantes), qu'il décrit avec émerveillement, cela ne l'empêcha pas de la réduire en cendres en 1521 et de la raser à coups de canon avant de la submerger en détruisant les barrages… Il ne reste donc rien de la capitale aztèque.
Cette dernière continue pourtant d'enflammer l'imagination des artistes, archéologues et historiens. Et l'informatique permet aujourd'hui de se faire une (modeste) idée de ce que fût Tenochtitlan à l'époque de sa splendeur :


(Photo : renderosity.com)


Une courte vidéo (en anglais) qui donne une idée également de la ville, de la façon dont elle fût littéralement bâtie sur l'eau. On y voit aussi les grandes fresques du peintre Diego Rivera (voir Les peintres du merveilleux) : ce dernier, fasciné par l'ancienne capitale aztèque, a peint huit immenses fresques la représentant, selon l'idée qu'il en avait. On peut les admirer au Palais National de Mexico.

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MessageSujet: Re: TENOCHTITLAN, LA CITE SORTIE DES EAUX...   Sam 25 Aoû - 18:40

L'enceinte sacrée
(Agrandir pour mieux voir)


Bâtie sur un îlot, elle était le cœur de la cité, abritant ses principaux monuments de pierre, majoritairement politiques et religieux, dont les principaux temples. Le palais de l'empereur était construit juste à côté de cette enceinte. L'ensemble comptait selon Cortès une quarantaine de bâtiments, agrémentés de jardins et d'un terrain de jeu de balle. 430 mètres sur 460, ceinturé d'un rempart orné de têtes de serpents sculptées et pourvu de trois portes. On y trouvait également les maisons des prêtres et prêtresses, des bassins de purification, des pavillons de méditation...

Dominant la ville se dressait la pyramide, nommée Templo Mayor. A son sommet trônaient côte à côte les sanctuaires du dieu de la pluie (peint en bleu) et celui du dieu de la guerre et du soleil (peint en rouge). Un monument de 60 mètres de hauteur, constitué en fait de plusieurs pyramides superposées : tous les 52 ans, les aztèques construisaient une nouvelle pyramide par-dessus l'ancienne, pour célébrer le début d'un nouveau cycle.

Reconstitution informatique, photos : pixabay.com




C'est ici, au sommet de la pyramide, qu'avaient lieu les sacrifices humains qui horrifièrent les espagnols. Les victimes, montant les escaliers, symbolisaient les 400 frères de la déesse Coyolxauhqui montant avec elle à l'assaut du Coatepec, centre de l'univers où, selon la légende, ils furent vaincus et précipités dans l'autre monde. Les victimes étaient alors allongées sur une pierre, maintenues par cinq prêtres (deux tenant les jambes, deux les bras et un la tête) et un sixième leur ouvrait la poitrine avec un poignard d'obsidienne pour en retirer le cœur, offert en offrande. Le corps était ensuite balancé du haut des marches, les éclaboussant de sang, symbolisant les frères vaincus de la déesse précipités dans l'autre monde. Les cadavres ainsi jetés dans le vide s'écrasaient à un endroit précis, une grande pierre gravée représentant la déesse après sa défaite.

Le Tzompantli


Un "monument" sinistre… Il s'agissait d'un immense râtelier de crânes.
Situé non loin du temple de Quetzalcoatl (le serpent à plumes), cet autel exposait les centaines, les milliers de crânes des sacrifiés. Construit entre 1485 et 1502, il affichait 36 mètres de long sur 12 de large et n'était que l'un des nombreux râteliers de crânes que comptait la capitale, mais certainement le plus imposant. De très récentes découvertes ont démontré que les victimes n'étaient pas que des esclaves ou des prisonniers de guerre, on a retrouvé des crânes de femmes et d'enfants, probablement sacrifiés eux aussi. Les crânes étaient perforés sur les côtés et enfilés sur des barres horizontales, superposées les unes aux autres.
On trouvait également des Tzompantlis de forme circulaire, nommés "tour des crânes" :


Ce sinistre édifice devait inspirer la peur chez les ennemis de l'empire et témoigner de la puissance de ce dernier.
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MessageSujet: Re: TENOCHTITLAN, LA CITE SORTIE DES EAUX...   Dim 26 Aoû - 17:20

Ce qui est fascinant avec cette cité c'est à l'époque de sa gloire son nombre d'habitant, 300 000, c'est très impressionnant. Ce qui en faisait alors l'une des cités les plus peuplées du monde, sans que le monde ne le sache.

Architecturalement c'est très fort aussi, avec une science de la construction vraiment incroyable, aujourd'hui on aurait du mal à pouvoir le reproduire.

Cortès a été effectivement fasciné par cette magnifique cité, passant de la Noche triste en 1520 et les lourdes pertes espagnols, au siège de Tenochtitlan en 1521 et la chute de l'Empire Aztèque.
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MessageSujet: Re: TENOCHTITLAN, LA CITE SORTIE DES EAUX...   Dim 26 Aoû - 18:59

Dans ses lettres à Charles Quint, Cortès décrit Tenochtitlan "grande comme Cordoue et Séville".
C'est clairement un chef-d'oeuvre architectural et technique, je pense que seule Venise peut lui être comparée. Toute une ville surgie des eaux, bâtie sur les marais et au beau milieu d'un lac. Les aztèques ont fait preuve d'un génie technique, hydraulique et urbanistique incroyable. Et sans la roue ni animal de trait.

Et l'on imagine l'effet que devait produire sur les nouveaux arrivants, espagnols comme amérindiens, la vision de la cité "posée" sur le lac, à 2 240 mètres d'altitude, cernée par les montagnes, avec ses canaux, ses ponts, ses temples, ses marchés, ses cultures et jardins...
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