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 EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...

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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Ven 30 Mar - 11:47

Un des meilleurs albums de la série. Je l'ai lu et relu pendant mon adolescence et pour moi, clairement, de manière parfaitement subjective, la Marque Jaune est un super vilain dont l'allure me rappelle farouchement The Shadow, même si à l'époque, je ne connaissais pas ce comic. C'était l'aspect comics - super vilain contre détective, plus action - qui me fascinait à l'époque, et donc l'histoire. Il est vrai que la dernière fois que je l'ai relu, ce sont sur les dessins que je me suis concentrés, goûtant à leur richesse. Mais je n'avais jamais fait le rapprochement personnage/Londres, très bien vu.
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VIC

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Mer 23 Mai - 7:21

L'ÉNIGME DE L'ATLANTIDE

mon avis :

Avouons-le, dès le titre, c'est prometteur. La couverture aussi (enfin, comme il y en a eu plusieurs, celle que j'avais étant enfant, avec les fusées rouges). Cet album marque pour moi un virage, celui où EPJ fait totalement basculer la série dans le fantastique. L'album me fait évidemment penser au Rayon U et à Flash Gordon. Le début avec son exploration de spéléologie façon Voyage au Centre de la Terre est un modèle du genre, avec ses embûches et pièges naturels. On retrouve également le thème de l'antiquité, déjà présent dans le Mystère de la grande pyramide, ici présent non seulement avec l'Atlantide, mais aussi avec les barbares inspirés des civilisations pré colombiennes. De plus, la trame principale rappelle le déclin de l'Empire Romain et comment les barbares pillèrent Rome. Jacques Martin le père d'Alix n'aurait pas désapprouvé.

Comme à son habitude, certains vignettes de texte explicatifs sont redondantes et trop verbeuses, ce qui freine le rythme de lecture, mais donne un côté "adulte". EPJ livre une BD "longue" de plus de 60 pages, bien plus que les classiques 45 de la BD franco belge : ne pas confondre Blake & Mortimer avec Boule & Bill.  
Entre Boule et boulet, il n'y a qu'un pas à franchir, que nous laissons ici à Mortimer, puisqu'il nous offre une fois de plus une glissade mémorable lourde de conséquence. J'avoue que ce ressort scénaristique -systématique jusqu'ici puisque retrouvé au moins une fois, et parfois plus, dans chaque album relu- passe du statut pénible de gag loupé, à celui de gag récurrent, voir même de clin d'oeil "invisible". J'avoue être impatient de découvrir qui va se casser la gueule dans le prochain tome. Y a t'il un message caché de la part d'EPJ ? Un message secret à décoder ? Faut-il relever les numéros de pages où les héros chutent et y appliquer la kabbale ? Faut-il ouvrir un nouveau dossier Enquêtes inédites sur Jacobs ? On est loin d'avoir tout dit sur cette série. Enfin bref :

Indice de gamelle  : 1 (Mortimer)

Pour rappel, Mortimer doit déjà avoir dépassé Pierre Richard de plusieurs glissades.

Du côté des loupés, on retrouvera avec une surprise feinte le nom du méchant cet album, j'ai nommé Rastapopulos. Non je déconne. Ceci dit les raisons de sa présence sont finalement bien amenées grâce à l'alibi de l'orichalque. Sans cela, on se demande comment Jacobs aurait pu justifier sa présence.

J'aime particulièrement la fin. SPOILER : une exode massive dans l'espace inconnu et qui doit rester secrète, c'est drôlement poétique.
Au final, un autre grand classique d'EPJ, incontournable.

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VIC

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Sam 9 Juin - 6:58

Personne n'a de commentaire à faire sur l'Énigme de l'Atlantide ?

Sinon, le week-end prochain, je devrais avoir fini SOS Météores : une lecture parfaitement synchronisée avec les orages qui secouent la France.

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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Sam 9 Juin - 14:50

Ben j'aurais bien aimé, mais c'est si loin dans ma mémoire que je ne pourrais pas donner un avis constructif. Mais c'est un album que j'avais bien aimé. Pas mon préféré, mais bien aimé.
SOS météores fait partie des albums que je n'avais pas apprécié, plus jeune. Puis avec l'âge, la maturité et le rythme de l'album l'ont emporté. Et il y a des glissades - Mortimer se vautre à son habitude. L'album devrait donc te plaire.


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VIC

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Dim 17 Juin - 20:34

S.O.S. Météores

selon wikip :
Citation :
Rédigé durant la guerre froide, le scénario de S.O.S. Météores fait clairement allusion à la situation internationale de l'époque. Bien que la nature exacte de l'organisation à laquelle appartient X ne soit jamais révélée, de nombreux détails indiquent que la conjuration est pilotée par l'Union soviétique (URSS). Le physique du général, responsable de la base, est inspiré de celui de l'homme politique soviétique Anastase Mikoyan. Le professeur Miloch a les traits du dramaturge américain Arthur Miller qui faisait figure, dans les années 1950, de symbole de l'intellectuel sympathisant du communisme.

Jacobs utilise dans son scénario une technique de stéganographie utilisée par les espions : le micropoint (de Zapp).

Dans l'album, les professeurs Labrousse et Mortimer apprennent qu'une foudre en boule aurait été vue à Villeneuve-Minervois dans l'Aude. Il s'agit du village où Edgard P. Jacobs a passé quelques mois avec son unité pendant l'exode de 1940 en France de mai à août 1940.

Concernant la foudre en boule, elle sert d'accumulateur au professeur Miloch Georgevitch, réalisant ainsi les hypothèses du physicien français Gaston Planté. Il est possible qu'il se soit inspiré d'une aventure de Tintin où ce phénomène apparaît, Les Sept Boules de cristal, pour lequel l'auteur a collaboré.


Ambiance

En plus de jouer un rôle central dans l'intrigue, la météo détraquée participe fortement aux ambiances des différentes séquences de l'histoire et à l'action, ajoutant à l'aspect espionnage un aspect catastrophe. Cela traduit la peur de la population, bien réelle à l'époque, d'une menace météorologique déclenchée par un des Blocs de la Guerre froide...


Citation :


D'autres personnages récurrents de la série font partie de l'histoire : Sharkey — qui fait sa deuxième apparition —et le professeur Labrousse, le commissaire divisionnaire Pradier et le professeur Miloch Georgevitch — qui font tous les trois leur première apparition.


Mon avis :

Un album qui ne m'a jamais trop emballé. Il faut dire que quand on passe de l'Énigme de l'Atlantide à celui-ci, le contraste fait plutôt mal. La météo -ici pluie, neige et boue- rajoute à la grisaille des banlieues parisiennes, et à l'effet d'enlisement du scénario. De ce côté, je me suis rendu compte que l'intrigue se déroule en à peu près 3 phases dont les 2 premières partagent une particularité. La première partie avec Mortimer, ou la seconde avec Blake, forment toutes les deux une ellipse. Mortimer va tenter de refaire le jour un parcours qu'il a effectué la nuit. C'est donc un périple pour retourner à un endroit précis. Blake va faire à peu près la même chose, et plutôt en sens inverse. Son périple donne à EPJ l'occasion de décrire quelques -rares- lieux parisiens, et curieusement, contre toute attente, Blake retourne sur ses pas (sans avertir de renforts ? le téléphone n'existe pas ?), faisant lui aussi une ellipse.

L'ennui avec cela, c'est que le récit semble poussif. On arrive à une quarantaine de page pour finalement très peu à se mettre sous la dent. On a plutôt l'impression de traîner sur une route de campagne boueuse, d'avoir eu une panne de voiture, avec la mission de marcher 10 kms pour chercher un garagiste encore ouvert. Il faut avouer qu'il y a bien plus sexy.

Et pourtant, j'apprécie l'ellipse de Mortimer, le fait d'essayer de croiser un périple nocturne et diurne me plaît assez.

Place maintenant au premier grand moment que vous attendez tous :
Indice de glissade : 2
Deux gamelles à l'actif de Mortimer, mais celui-ci est excusé : parcours de nuit sur sol glissant, et obstacle camouflé.

Quant au second grand moment que vous attendez tous, je vais vous révéler le nom du méchant de l'album. Attention énorme spoiler :
Il s'agit d'Olrik !

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Albatur

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Lun 18 Juin - 20:15

J'ai jamais accroché a cette bd, étant jeune je trouvais ça un peu rasoir.
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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Mar 19 Juin - 21:17

Alors je pense que l'effet d'enlisement est voulu. Tout est plombé, sombre, sinistre et renvoie métaphoriquement à la menace et au sentiment de ne pas pouvoir lutter contre Miloch (son nom m'a toujours évoqué Moloch, ce peut-être dieu proto-hébraïque que l'on peut entr'apercevoir dans le texte des massorètes). Rien ne progresse, tout s'enlise dans la boue et la grisaille, le lecteur avec. Et je suis persuadé que c'était l'effet recherché. Car justement : mes souvenirs sont lointains, fort lointains pour cet album, et ce dont je me souviens le mieux, c'est l'accident de la voiture dans l'étang de nuit. Preuve que Jacobs a probablement réussi à faire ce qu'il souhaitait : offrir une atmosphère anxiogène via un banal accident mais que la météo, le ciel donc, amplifie démesurément, comme cette démesure dont sera frappé le lecteur par la découverte du personnage de Miloch.

Sinon, il y a un truc que je ne comprends pas VIC. Tu parles sans cesse d'ellipse (que je suppose être narrative). On est bien d'accord qu'une ellipse, c'est une coupure dans le cours du temps. Tu finis sur une situation et puis la case suivante tu écris : un mois plus tard. On a alors une ellipse d'un mois. J'avoue - mais je me trompe peut-être - que je ne vois pas les ellipses dont tu parles dans le récit des événements.
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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Mer 20 Juin - 22:49

Je pense aussi que l'enlisement dans le bourbier est volontaire. Mais je ne suis pas sûr que ce soit finalement une si bonne idée, ça me paraît assez contre-productif.

Pour l'ellipse, effectivement, tu parles d'une ellipse narrative.
J'utilisais ellipse pour son image, son visuel : un cercle aplati, où l'on revient à son point de départ.
Revenir à son point de départ est très fréquent dans les livres / films, et je m'aperçois que j'ignore le terme littéraire à employer pour cela. Si tu le connais, n'hésite pas !

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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Jeu 21 Juin - 22:41

D'accord, je comprends ce que tu voulais dire.

Bon alors en narration, la seule figure que je vois serait l'épanadiplose - normalement une figure de style, et qui peut aussi se nommer épanalepse - mais que l'on peut appliquer à un récit lorsque l'incipit et la conclusion sont constitués d'une séquence en tout point identique, ou très très similaire.
Ex: « Onze ans déjà que cela passe vite onze ans » (Fragment de « Strophe pour se souvenir » dans Le roman inachevé d'Aragon chez Gallimard).

Je cite Wikipédia qui propose d'ailleurs des citations et des exemples en partie des livres où je puise mes références (Gradus, Jarrety, Molinié et Aquien) : « L'épanadiplose narrative, ou anaplodiplose, est une figure de style consistant à achever une œuvre, en général romanesque, comme on l'a commencée. Elle consiste donc en la reprise, à la toute fin d'une œuvre, du motif, de l'événement ou de la configuration initiale décrite dans l'incipit. L'anaplodiplose est une manière de « boucler la boucle ». Le lecteur ou le spectateur retrouve ainsi à la fin du roman (ou du film), comme en écho, une situation identique ou analogue à celle de l'incipit, ce qui confère à l'œuvre une certaine profondeur. Cette conclusion cyclique se rencontre fréquemment dans les nouvelles.

Ce procédé est à rapprocher de la mise en abyme, fréquemment utilisée en littérature. Il est particulièrement employé dans le cinéma et en littérature, notamment dans le genre fantastique. Ce procédé contribue à donner une cohérence narrative à l'ensemble de l'œuvre et crée surtout une impression de cycle, d'éternel retour. L'histoire narrée reprend ainsi, d'une certaine manière, le motif des cycles naturels, par exemple le retour des saisons ou la succession des générations. Cela peut être pour l'auteur une manière ironique de signifier que l'on est revenu au point de départ et que tout ce qui s'est déroulé entretemps n'a finalement guère d'importance. Il peut aussi s'agir parfois d'un simple procédé esthétique visant à créer une sorte de symétrie, d'ordonnancement régulier de l'œuvre également. »


Dernière édition par Astre*Solitaire le Lun 25 Juin - 21:37, édité 1 fois
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VIC

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Dim 24 Juin - 19:29

Merci beaucoup pour ces précisions érudites. J'ignorais totalement ces termes, alors que ce procédé se voit très fréquemment pourtant. Si j'ai l'occasion de recroiser une connaissance qui est scénariste, je lui demanderai s'il emploie ces termes.

Transition toute trouvée, puis que voici le prochain opus présenté ... :

LE PIEGE DIABOLIQUE


... qui va nous plonger dans des voyages temporels, et donc quasiment forcément, des tentatives de retour au point de départ. Donc une anaplodiplose.
Cela tombe bien, puis que Mortimer va croiser des anaplodiplodocus et des épanadiplosaures.

Citation :

... publiée en planches hebdomadaires dans Le Journal de Tintin du 22 septembre 1960 au 21 novembre 1961. ...


La bande dessinée raconte l'aventure du professeur Philip Mortimer qui utilise à ses risques et périls la machine à voyager dans le temps de son vieil ennemi, feu X


Premier voyage : 150 millions d'années dans le passé
Deuxième voyage : XIVe siècle
Troisième voyage : LIe siècle
...

L'aventure est censurée en France : elle se voit interdite d'importation et de diffusion par une décision de juin 1962 à la suite d'un avis défavorable de la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence, en application de l'article 13 de la loi du 16 juillet 1949, « en raison des nombreuses violences qu'il comporte et de la hideur des images illustrant ce récit d'anticipation »

Mon avis :

Sur la censure française de 1962, il n'y a pas à dire, nous avons fait un bond dans le futur depuis !
Il s'agit du 2è opus d'affilée se passant en France... mais encore une fois, on ne va pas vraiment apercevoir la France du XXè siècles, puisqu'il s'agit ici surtout de voyages temporels.
Enfant, j'avais vraiment bien aimé cet album. Je pense qu'il doit s'agir de l'un de mes premiers contact avec les concepts de voyages temporels, ce qui d'après moi, comme avec d'autres concepts de SF que l'on découvre pour la première fois, est propice à enflammer l'imaginaire et à parfois laisser une trace indélébile empreinte de nostalgie. Notamment avec cette histoire prophétique de diable roux, qui va trouver plus ou moins sa justification.
Je me suis donc replongé dans le passé, avec cette lecture d'enfance.

À propos de plongeon, voici l'indice de gamelle de l'album :
2 ou 3 ... en fait, j'ai lu l'album il y a quelques jours et j'ai déjà oublié le compte exact. Disons que Mortimer n'est pas à son avantage dans les marais préhistoriques, ce qui est logique, mais je crois me souvenir qu'il commet également une autre glissade.

Globalement, j'ai trouvé cet album bien distrayant. Force est de constater que je préfère les albums fantastiques de la série. La vision apocalyptique du futur est assez effrayante pour un album jeunesse de l'époque.
Je me suis demandé si l'Étrange Rendez-Vous était finalement compatible avec le Piège Diabolique et la vision du futur qu'avait donné EPJ. Il faudrait vérifier les dates (LIè siècle également ?).

Ce album a aussi quelques particularités, comme la quasi absence de Blake. Cela renforce cette impression de piège où Mortimer s'est laissé "kidnappé" et où bien peu d'indices pourraient faire remonter jusqu'à lui. C'est donc plutôt bien vu.

J'oubliais l'autre moment que vous attendez tous, celui du nom du grand méchant derrière toute cette machination. Qui se cache derrière les traits de l'épanadiplosaure ?
Attention SPOILER ENORME !
Olrik bien sûr ! Il suit Mortimer à la trace, utilise a machine à remonter le temps, puis boit une potion de transformation en dinosaure. Enfin presque...
Non, de ce côté, ouf de soulagement, Olrik est le grand absent de l'histoire, pour la première fois.
L'utilisation systématique d'Olrik -qu'adorait EPJ- est selon moi si prévisible et si peu variée qu'elle m'apparaît comme nuisible à la série.
J'apprécie donc son absence, et aussi particulièrement l'idée d'un autre adversaire qui a préparé une vengeance posthume.

En tout cas, un album clairement à part dans le reste de la série.


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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Lun 25 Juin - 21:55

Pour les termes, ce sont surtout des outils d'analyse littéraire et de rhétorique. Je serais surpris qu'une personne, en dehors de ces domaines, use de tels mots techniques. Je pense qu'elle optera pour quelque chose du genre narration en boucle.

La censure de l'album me sidère. Je me rappelle que la course poursuite du LIe siècle m'avait glacé. Mais justement, c'est la force de l'album. Et ce commentaire sur la hideur des dessins : il y a des gens qui devraient vraiment être condamnées pour incompétence. C'est tellement réac. que j'en perds mes mots.

Le Dr Z'ong vient du LXXXIe siècle, donc je suppose que les deux histoires sont compatibles. Sinon, sans rentrer dans les détails, c'est ce qui m'avait ravi dans ce récit : Mortimer solitaire (et pour moi une des raisons de dire que Mortimer est le héros de la série).
Personnellement, un des mes albums préférés.
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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Mer 27 Juin - 10:16

VIC a écrit:
 
L'utilisation systématique d'Olrik -qu'adorait EPJ- est selon moi si prévisible et si peu variée qu'elle m'apparaît comme nuisible à la série.
J'apprécie donc son absence, et aussi particulièrement l'idée d'un autre adversaire qui a préparé une vengeance posthume.

C'est clair...autant dans Tintin tu avais des tas de méchants différents, même si certains reviennent comme Rastapopoulos ou Allan...alors que chez P Jacobs, tu manges du Olrik à toutes les sauces...ça faisait du bien de ne pas le voir...

Un album que j'ai trouvé intéressant, même si la masse de dialogues est encore une fois très importante...sinon je ne savais pas qu'il y avait eu censure...??... Shocked
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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Mer 27 Juin - 22:14

J'ignorais également pour la censure. Cela paraît tellement invraisemblable de nos jours. C'était avant mai 68. J'aimerais bien connaître les raisons réelles de cette censure. Peut-être que c'est la représentation du futur de la France post atomique, dévastée et perdante.

Ce week-end, je présenterai l'Affaire du Collier. Mortimer fait mieux que Gaston Lagaffe sur une double page...

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Mer 27 Juin - 23:07

Je prépare déjà le compteur d'indice de gamelles. Ça va être beau.
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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Dim 1 Juil - 23:16

L'Affaire du Collier

Citation :
Edgar P. Jacobs crée pour la première fois une histoire entièrement policière, sans éléments de science-fiction ou de fantastique. Il imagine la réapparition du collier de la reine de France Marie-Antoinette d'Autriche, au centre de la célèbre affaire du collier de la reine en 1785.
...
L'aventure se déroule entièrement dans la capitale française, Paris, et plus précisément dans les 5e, 14e et 16e arrondissements, que ce soit en surface ou sous la ville dans les carrières souterraines et les égouts. C'est la troisième et dernière fois qu'une aventure de Blake et Mortimer prend place en France, après S.O.S. Météores — qui se déroulait dans Paris et ses environs — et Le Piège diabolique — qui se déroulait à La Roche-Guyon.

Mon avis :

On commence tout de suite par dévoiler le nom du grand méchant surprise, bien qu'un petit indice pouvait nous mettre sur la voie : il s'agit d'Olrik, que l'on voit sur la couverture.

Alors effectivement, on peut imaginer une trilogie française que cette Affaire du Collier viendrait clore. À la différence des deux opus précédents, la capitale est bien plus mise en lumière et devient un acteur clé de l'album, tout comme Londres l'était pour la Marque Jaune.
Concernant la Marque Jaune, justement, j'avais parlé plus tôt de Fantomas. Avec l'Affaire du Collier, nous sommes bien plus proche d'un Arsène Lupin.

Je n'aimais pas vraiment l'album à l'époque, à cause de l'absence de fantastique. Par contre, j'appréciais de reconnaître des quartiers de Paris que je connaissais particulièrement bien.
Curieusement, je m'attendais à pire en prévision de cette relecture, mais cela reste quand même l'un des albums les moins captivants à mes yeux.

L'indice de gamelle de l'album : disons-le, Mortimer atteint des sommets sur une double page dans les catacombes. Tout d'abord, il atteint justement le sommet du plafond en se heurtant la tête à l'entrée d'une ouverture, dans la quasi obscurité. L'accident bête.
À peine remis de nos émotions burlesques, la page suivante nous offre peut-être sa plus belle gaffe, que n'aurait pas renié Gaston Lagaffe avec son instrument à vent. Mortimer, trop heureux de trouver la sortie, pousse un énorme Hourra ! qui fait écrouler le plafond ce qui bloque sa sortie avec Blake. CQFD : le Grand Blond avec une chaussure noire ce n'est pas Blake, mais Mortimer.


Prochainement, les 3 Formules du Prof Sato (et non, il ne s'agit pas de formules Menus A, B, C d'un resto japonais.)



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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Sam 7 Juil - 18:37

Les Trois Formules du professeur Satō

Tome 1 : Mortimer à Tokyo
Tome 2 : Mortimer contre Mortimer


Ultime opus scénarisé et dessiné par Jacobs pour le premier tome, et par Bob de Moor pour le second, c'est la dernière aventure créée par Edgar P. Jacobs.

Edgar P. Jacobs écrit le scénario de sa nouvelle aventure et en dessine la première partie qui est publiée de son vivant, d'abord en planches hebdomadaires dans Le Journal de Tintin du 5 octobre 1971 au 30 mai 1972... Mais ensuite, il abandonne le dessin par manque de motivation (l'arrivée d'une nouvelle génération d'auteurs, la disparition de ses amis Jacques Van Melkebeke et Hergé, et de sa seconde épouse Jeanne) et à cause de problèmes de santé. Il meurt le 20 février 1987 en laissant son œuvre inachevée.

L'éditeur confie alors à Bob de Moor la réalisation de la seconde partie à partir du scénario et des crayonnés laissés par Jacobs qui paraîtra en 1990.

Mon avis :
J'ai connu comme beaucoup de lecteurs une frustration d'enfant à cause de cette histoire inachevée.
Avec cette relecture à l'âge de raison, je m'aperçois du grand soucis du détail d'EPJ pour nous plonger dans le Japon. Il réussit à nous montrer à la fois le Japon moderne et le traditionnel. Côté SF, celle-ci refait son retour, avec le Samouraï, le Ryû et les robots.
Finalement, le premier tome est plutôt bon.
J'aimais bien la couverture, mais quelque chose m'intrigue : on dirait bien la Tour Eiffel caché en arrière-plan. Si c'est elle, que vient-elle faire là puis que l'intégralité du récit se déroule au Japon ? Étrange. Le seul lien que j'ai vu est l'arrivée de Mortimer par un avion d'Air France.

L'histoire aurait pu tenir en un album de 65 pages (comme les autres avant lui), ce qui fait que ce deuxième tome est assez redondant, servant surtout à montrer Blake.
Il existait une simple planche de BD hommage parue dans un magazine qui bouclait d'ailleurs le 1er tome avec un tour de passe-passe. Mais je n'ai pas remis la main dessus.
J'ai quand même été surpris du dessin du second tome, où de Moor s'éloigne parfois d'EPJ sur certains visages (notamment Sharkey).

Sinon, on y retrouve Olrik, of course.
L'indice de gamelle est toujours là : mention spéciale à Blake qui fait grande chute dans le 2è tome (tiens tiens, c'est contagieux, ou alors de Moor connaît ses classiques).

Au final, pas le meilleur EPJ mais j'ai aimé son approche du Japon.



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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Sam 7 Juil - 20:05

La Tour Eiffel dont tu parles est certainement en fait la Tokyo Tower :


Construite en 1957, inaugurée en 1958, elle est inspirée de notre Tour Eiffel et fait partie du paysage urbain de la capitale nippone. Elle est par contre peinte en rouge et blanc et légèrement plus grande que la Tour Eiffel. On y trouve un temple au deuxième étage et surtout un observatoire avec une vue imprenable sur la ville et jusqu'au mont Fuji. Je peux en témoigner, j'y suis monté (en dépit de mon vertige).
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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Dim 8 Juil - 0:22

S.O.S. Météores

(5e aventure)




RÉSUMÉ
Des phénomènes climatiques d'une ampleur sans précédant frappent l'Europe. Inondation, tempête de neige, vague de froid, brouillard dense, pluie diluvienne, rien n'est épargné aux citoyens européens qui rendent responsables pêle-mêle les essais sur la bombe H, les taches solaires ou encore l'ensemencement des nuages. Afin de tenter d'y voir plus clair, le Pr. Labrousse, directeur de la Météorologie nationale française demande l'aide de son ami, le physicien britannique Philip Mortimer. Mais en quittant Paris pour se rendre à Jouy-en-Josas, son taxi, conduit par Ernest, a un accident et se retrouve enlisé. La nuit est à présent tombée. Ernest part dans l'obscurité chercher du secours, mais ne revient pas. Mortimer quitte à son tour la voiture et ne parviendra à gagner la demeure de son collègue scientifique qu'au petit matin, Ernest étant toujours porté disparu. Alors que la police le soupçonne confusément et que le temps se met à empirer - il neige au mois de juillet -, Mortimer décide de partir à la recherche d'Ernest sans se douter qu'il va se retrouver entraîné malgré lui au cœur des événements qui secouent la France de 1958.


CRITIQUE
Comme l'a très bien fait remarquer VIC, cette aventure se scinde en trois parties : Mortimer à Jouy-en-Josas sur 21 planches ; La traque de Blake de 25 planches et enfin L'incident de Troussalet avec 16 planches. Soit un total de 62 planches. Je vais reprendre chaque partie de l'histoire et tenter de justifier ce qui m'a plu et ce qui m'a moins plu en terme d'histoire. Et oui, n'y connaissant rien en dessin et en mise en scène, si de temps en temps je pourrais me permettre une remarque, je laisse le soin à ceux qui ont l'œil d'affiner la critique artistique.
Attention tout de même, je spoile. C'est obligatoire afin de décortiquer l'intrigue et son déroulement.

Mortimer à Jouy-en-Josas. Le première chose qui m'a scénaristiquement agacé, c'est l'accident de la conduite intérieure bleue. Le prétexte pour provoquer un accrochage est idiot, la coïncidence improbable et pire que tout, il ne sert à rien. En effet, que la voiture - que l'on retrouvera - soit ou non accidentée n'intéresse pas le scénario. Bien sûr, Mortimer la reconnaîtra... et ? Et rien. Ce n'est pas cela qui lui fournira des indices pertinents, ni qui plus tard fera que la police tournera autour de cette voiture. Onze cases de gâchées. Puis, lors de la prise en charge par Louis de nos deux amis afin de leur indiquer la bonne route, le taxi se perd et se retrouve empêtré dans des travaux. Ici, je ne dis pas que c'est improbable, mais que la narration est trop succincte. La case d'avant, le taxi suivait la fourgonnette de Louis, la case d'après, ils se retrouvent sur une chaussée en travaux. Je n'ai pas compris comment. C'est un détail, évidemment. Mais comme tout le plaisir est de reconstituer par la suite avec Mortimer son itinéraire, c'est dommage de ne pas comprendre plus précisément ce qui s'est passé. Plus tard, un autre fait - minime cette fois-ci - m'a peiné. Chez Labrousse, on montre aux infos la photo prise par un instituteur d'une foudre en boule pour 7 cases plus loin, en faire apparaître une authentique sous les yeux ébahis des deux professeurs. Très bien. Cela génère du mystère, du suspens, c'est bien amené et on s'attend au fur et à mesure de l'histoire à être confronté à d'étranges phénomènes tels que celui-ci. Et bien non. Rien. Zéro. Alors oui, bien sûr, on les reverra à la toute fin, sur deux cases. Mais franchement, la promesse de la couverture et de cet appel à l'aventure sont pour le coup complètement ratés. Puis je passe sur les soupçons des policiers, soupçons complètement hors de propos (je rappelle que l'on parle de l'homme qui a sauvé la civilisation de la troisième guerre mondiale) et simplement mis en scène pour renforcer la dramatique de l'histoire. On va dire que cela ne mange pas de pain. Arrive ensuite un événement qui là, pour le coup, m'a agacé. Olrik et Sadi se rendent à l'étang de la Geneste pour vérifier que tout se passe selon leur plan. Au-delà du fait que c'est inepte (je veux dire Olrik, un cerveau machiavélique, n'irait jamais compromettre ainsi une magouille bien montée), ils y vont avec un gros dogue allemand, histoire d'être sûr de se faire remarquer. Et cela ne va pas rater - on va retrouver ce dogue un peu partout, presque comme un élément drôlatique dans une histoire très sérieuse. Au final, il aura à peu près autant d'importance que l'accrochage de la Ford custom « 300 » Fordor Sedan. Pour en finir ici, parlons du hasard qui fait bien les choses. Mortimer remonte une route sur environ 3 kilomètres pour retrouver des indices sur les lieux où il a pu se trouver la nuit dernière. Il est déjà arrivé à une conclusion logique. Soudain, la neige commence à tomber. Il cherche un abri et va vers une remise à demi en ruine pour s'y abriter. Mais quel coup de bol ! C'est justement par là qu'il était remonté la nuit précédente. Sans commentaire.
Néanmoins, il y a des points très positifs, comme la manière dont l'accident se produit, les déambulations sous une pluie fine dans des patelins bien de chez nous à rechercher un étang pentu, l'ambiance lourde et pesante à souhait. Bref, l'atmosphère et la menace sourde sont vraiment prenantes et cette partie nous permet de nous enfoncer, avec Mortimer, au cœur d'une machination dont on ignore tout.



La traque de Blake. Alors déjà, je n'aime pas trop le personnage de Blake. Et là j'en ai pour 25 planches. Bon. Et de fait, ça commence mal. Car pour nous révéler le pot aux roses en 3 planches, Jacobs use de la coïncidence jusqu'à la corde. On a un complot avec des comploteurs qui complotent secrètement, via un système de micropoints. Pas de chance pour eux, Blake a déjà eu affaire à la société qui transmet les informations et badaboum, il découvre en quatre secondes le message secret. Oui mais voilà, une fois déchiffré, on a un code que personne ne comprend. Pas de problème ! Labrousse arrive à ce moment-là et rebadaboum, il perce en trois secondes le secret du message secret : des notes météorologiques. Là les esprits chauffent un peu, mais 6 cases plus tard, le mystère est résolu. Allez hop, place à l'action. Franchement, Jacobs... Ce ne serait pas toi que je croirais à un petit acte de paresse scénaristique. Mais l'action, alors là, pour le coup, sur les 22 planches restantes, je n'ai pas grand chose à dire tant c'est bien fait, plausible, réaliste, haletant, un bon rythme, une bonne narration. Vous voulez pinailler ? D'accord. Quand Blake quitte discrètement la demeure de Labrousse, il se sent obligé de passer derrière la Ford custom avec Freddy à l'intérieur, un acolyte de Sharkey, et bien sûr, il se fait repérer. Je veux dire, on n'est pas en rase campagne, mais dans une petite ville française. Des rues et ruelles adjacentes, il y en a. Ensuite, lorsqu'il croise des policiers, il affirme : « Si je m'arrête, je serais rejoint avant d'avoir pu m'expliquer et alors. » N'importe quoi. Il est le chef du MI5. En 10 secondes, il a les policiers avec lui et à eux trois, ils peuvent sans problème neutraliser Sharkey. Enfin, le coup du « Je n'attends pas la police. Je préfère me lancer seul d'une fenêtre à l'autre, en m’agrippant au bossage de la façade, de nuit, sous la pluie, sans arme mais avec une pipe, pour surprendre Olrik et sa bande qui eux ont des pistolets mitrailleurs. » est quand même sacrément limite. On n'y croit pas. Mais c'est le héros donc, allez, on y croit. Vous remarquerez néanmoins qu'en terme de critiques négatives, c'est très peu et que si on le veut, on peut tout à fait justifier ici les choix de Jacobs. Il n'y a pas d'incohérence ou de trop grande facilité (à l'exception notable des 3 premières planches). Une bonne deuxième partie.

L'incident de Troussalet. Franchement, il y aurait beaucoup à en dire, mais on ne va retenir ici que l'essentiel : c'est vide. Ce que je veux dire par là, c'est que c'est ici, à cet instant que l'histoire devrait commencer. Rendez-vous compte : un complot soviétique, un général à moustache, une base ultra secrète, une science permettant de contrôler la météorologie avec des bases relais partout dans le monde, un gaz mortel diffusé via le brouillard, un génie criminel à lunette, une quatrième guerre mondiale sur les bras. Mais non d'une pipe, vous avez un album complet rien qu'avec la moitié de tout cela. Et bien non. On va se concentrer sur des bêtises du genre Olrik qui cherche à empoisonner Mortimer - sous-intrigue d'une inutilité totale [oui, je sais, c'est ce qui permet à Mortimer de s'échapper. Mais vous supprimez cette sous-intrigue et vous le faites s'évader autrement], et sur Miloch qui, en bon méchant, révèle tout le plan pendant trois planches. Que voulez-vous que je vous dise : c'est un beau gâchis. Le général dont on ignore le nom : 6 cases puis disparaît. Miloch, dont au passage on ignore complétement les motivations, évaporé on ne sait où. La catastrophe finale, un hasard malencontreux. Les armées d'invasion, dont on ignore le ou les commanditaires (on suppose l'Union soviétique) sont invisibles. Les autres stations ne sont pas mentionnées, etc. On ignore en fait beaucoup de chose. Beaucoup trop. On est dans un flou artistique qui ne conclu rien. Je veux dire, l'album, il s'appelle bien S.O.S Météores. Ils sont où, les météores ? Quand à la foudre en boule, elle fait jolie sur deux cases - dont une minuscule - un peu avant la fin. Cette partie balaie la problématique de l'album en quelques malheureuses planches, se concentrant sur des détails qui, au sein d'un second tome auraient eu leur intérêt, mais qui ici donnent plutôt l'impression de vouloir en finir et d'essayer de faire oublier qu'une intrigue plus grande, plus vaste, plus ambitieuse, existait.


CONCLUSION
Alors je pense qu'avec ce récit Jacobs avait de quoi faire un album en deux parties, la première sur la découverte de Troussalet et la seconde sur la lutte contre le général, Miloch et ceux derrière tout cela ; deux volumes, quoi. Cette seconde partie aurait été menée sur deux fronts, un consacré à Mortimer aux prises avec Miloch et un autre à Blake qui aurait fait en sorte que les stations de contrôle et les armées d'invasion soient finalement bloquées/contrecarrées. Tout mettre dans un seul album, c'était trop. Il aurait fallu, de mon point de vue, réduire drastiquement la partie avec Blake - au fond toute la course poursuite est inutile (et on le faisait en laissant les policiers intervenir) - pour rapidement arriver à Troussalet et se concentrer sur les rapports de force (général/Olrik, général/Miloch, Miloch/Mortimer), les motivations de Miloch, les désirs de conquête du général (ou de pouvoir), la menace latente de ses alliés, si l'on voulait une BD percutante.
L'album en lui-même demeure sympa. J'aime bien l'ambiance, surtout celle de la première partie, et la seconde est nerveuse et enlevée. Mais le complot fait long feu et se dégonfle dans une troisième partie maigre et mal construite, réduisant nos attentes et le plaisir de l'aventure à pas grand chose.
Si je devais mettre une petite note (vous me connaissez), S.O.S Météores s'en tirerait avec un 12/20 parmi les histoires de nos deux britanniques, davantage d'ailleurs en raison de ma déception qu'à cause de cette histoire mal bâtie.



DATATION
Pour ceux que cela intéresse, je vous propose un petit lien vers « Les vrais sites de S.O.S. Météores » : Emmanuel Mailly. Il y a pas mal de détails très sympathiques à découvrir, notamment dans les erreurs, les modifications et dans la tentative d'inscription de l'aventure dans le temps (ce qui m'a finalement décidé pour l'année 1958 et non 1959). En effet, de nombreuses dates sont possibles. Les dates des journaux nous font refuser tout mois antérieur à mai. Ce sera donc mai, juin ou juillet. De plus, rappelons que les perturbations climatiques sont au cœur de l'histoire. Or, on ne sait absolument rien de la date à laquelle tout a commencé, mais on se doute que construire des stations relais de par le monde et mettre en place un service secret - avec agents - pour relayer les informations, cela prend du temps. Il n'est donc pas déraisonnable d'estimer que des essais et des expériences ont été réalisés avant de lancer la grande opération. C'est ce qui me fait dire que l'on ne devrait pas se baser sur l'indication « Après un hiver long et meurtrier, le dégel a enfin commencé » de la manchette d'un journal pour prendre l'année en considération. À ce moment, quelques mois avant l'histoire, l'appareillage de Miloch pouvait très bien être en phase de test et s'essayer à un hiver rigoureux sans que les soupçons ne s'éveillent. Puis arrivent les perturbations. Tous ces dérèglement climatiques pourraient alors expliquer pourquoi le printemps/l'été arrivent aussi tardivement : absence de feuilles sur quelques arbres, pas une seule fleur. Plus problématique est le moment où le soleil se couche, se lève. Il serait effectivement plus probable de se dire que nous sommes en avril. Mais cela ne colle pas avec les indications formelles. Si l'on veut harmoniser le tout, nous sommes obligés d'estimer que certaines ellipses narratives ont été faites qui rajoutent de la durée et permettent de justifier une heure plus tardive (ou plus matinale dans le cas de Blake). Il reste trois éléments à considérer. Un : ce n'est pas relevé par le site, mais planche 2, vignette 10, un lecteur de journal affirme « les moissons sont gâtées ». Il ne dit pas vont être gâtées, mais il utilise bien le présent. Or, en France, la période des moissons pour le blé, s'étend de fin juin à mi-août. Puisque l'on est au début du mois, je pencherais donc pour juillet. 2- Peu de temps après S.O.S Météores (quelques mois), prend place Le Piège diabolique « à la fin duquel une femme s'exclame : « Un Spoutnik !? » (planche 60, vignette n° 7). Or, le premier Spoutnik ne fut lancé qu'en octobre 1957 ; il n'y a donc que 1957 ou 58 comme années possibles [...] » (cité depuis le site mentionné). Enfin, « Roch Tonglet et Marc Pratlong ont étudié les caractéristiques des différentes voitures qui parsèment l'album. Leurs conclusions sont formelles : compte-tenu des modèles rencontrés, seule l'année 1958 est possible. » (cité depuis le site mentionné). Or, le 8 juillet 1958 tombe un mardi, ce qui s'accorde avec les propos de Blake. Voilà donc pourquoi il me semble que l'on pourrait proposer que S.O.S Météores se déroule du 9 au 11 juillet 1958.


Source des images
1- Napoléon Bonaparte ;
2- Le journal de Tintin ;
3- Booknode.


Dernière édition par Astre*Solitaire le Lun 9 Juil - 0:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Dim 8 Juil - 21:56

@VS : tu as trouvé l'explication ! J'ignorais l'existence de cette tour qui sent bon le plagiat. Effectivement, elle est rouge sur la couverture.

@A*S : merci pour cette analyse détaillée, bien plus décortiquée que la mienne.
Je te rejoins sur tous les points. Notamment sur cette faculté qu'a EPJ de "gâcher" plein de cases pour rien au niveau du scénario.

Globalement, j'ai plutôt été déçu de mes relecture d'EPJ. Avec le regard d'aujourd'hui on se rend compte de beaucoup d'imperfections ou d'invraisemblances, alors que cela passait bien mieux étant enfant. L'autre raison est que d'autres auteurs sont arrivés depuis et ont élevé sans doute notre niveau d'exigence.

Il me reste à relire et critiquer les 2 tomes du 6è Continent, mais ça ne sera pas avant 3 semaines.
Ainsi que le Rayon U...

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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   Lun 9 Juil - 0:40

J'aimerais bien, à ta suite, parvenir à critiquer tous les albums que je possède. Mais je ne suis pas sûr d'en avoir le temps. J'ai vraiment été surpris à la relecture de S.O.S Météores de ces digressions narratives inutiles, et surtout de l'absence d'enjeu véritable pour l'auteur du Secret de l'Espadon. Reconnaissons aussi que tout cela n'est plus très jeune et que - comme tu le dis - les exigences ont changé.
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MessageSujet: Re: EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...   

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EDGAR P.JABOBS : BLAKE ET MORTIMER, LE RAYON U ...
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