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 PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes

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VIC

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MessageSujet: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Sam 30 Sep - 12:29

Allez, je propose d'ouvrir un sujet sur la psychiatrie, avec des minis messages, qu'ils soient anecdotiques, historiques, les deux, le but est d'en apprendre un peu plus en se divertissant.

En hommage à la passion des voyages de notre Voyageur Solitaire (qui n'est pas concerné par la partie psychiatrie, évidemment ... hum ... sauf quand il rentre de voyage et se tape sa dépression habituelle, mais bon, franchement, c'est normal !), voici donc un petit focus insolite sur un aspect peu médiatisé :


LE VOYAGE PATHOLOGIQUE
Citation :

Wiki :
En psychiatrie, on appelle voyage pathologique un voyage qui a pour motivation des raisons psychopathologiques.
Le voyage pathologique est le plus souvent causé par une motivation délirante. Le patient exprime généralement cette idée : il a cherché à fuir un complot imaginaire, ou vient pour une obscure mission à accomplir, ou tout simplement parce qu'il en a reçu l'injonction par des « voix » hallucinatoires.
Il peut aussi être secondaire à un état confusionnel ou amnésique.

Le voyage pathologique s'exprime surtout :
   - chez les patients présentant un trouble délirant : schizophrénie, paranoïa, manie, mélancolie, bouffée délirante aiguë ;
   - au cours d'états anxieux graves avec trouble dissociatif responsables par exemple de comportements automatiques ;
   - plus rarement au décours de certaine crises d'épilepsie ;
   - lors d'atteintes cérébrales toxiques, traumatiques, ou par lésions organiques.

Citation :

Le Voyage Pathologique dans la littérature :
Don Quichotte de Cervantes, où le héros, rempli d'idées farfelues et folles tirées de ses lectures, part à travers l'Espagne comme chevalier errant.




Don Quichotte, par Gustave Doré.

Sinon, je vois dans le voyage pathologique une source potentielle à d'innombrables road movies, mais vous connaissez ma culture cinématographique extrêmement réduite.
J'en profite quand même pour signaler que les Voyageurs Pathologiques transitent énormément par les gares, c'est logique. Beaucoup de patients voyageurs pathologiques racontent qu'ils ne payent pas leurs billets de train, les agents contrôleurs de la SNCF se rendent compte qu'ils ont affaire à un patient de psychiatrie. Si vous voulez voyager gratuitement, vous savez ce qu'il vous reste à faire !


Diagnostic différentiel :

   Il ne faut pas confondre le voyage pathologique avec le syndrome du voyageur, qui sera présenté très bientôt de manière plus détaillée dans le présent sujet.
Citation :
Le syndrome du voyageur désignant la survenue de troubles psychopathologiques de manière réactionnelle à un voyage
=> donc le trouble survient après, pas avant, alors que c'est l'inverse dans le voyage pathologique, le trouble est la cause du voyage.
Citation :
   Autre diagnostic différentiel : la fugue qui désigne l'action (généralement d'un enfant ou un adolescent) de partir ou fuir, sans prévenir, de son cadre familial ou de son lieu d'hébergement.
   Et enfin, il faut distinguer aussi l'errance, qui est un comportement chez les patients confus ou déments.

À ce propos, précisons :


La confusion :

Citation :
Le syndrome confusionnel, confusion mentale ou état confusionnel, comprend un ensemble de troubles des fonctions supérieures, et correspond à une atteinte aiguë et globale des fonctions mentales, se caractérisant essentiellement par un trouble de la conscience. Lorsqu'un onirisme peut lui être associé, on parle alors de syndrome confuso-onirique. Dans les pays anglophones il peut encore être appelé « encéphalopathie métabolique » ou « delirium ».
=> Pour simplifier, disons qu'il y a rupture avec l'état antérieur, que la confusion peut être due à une cause organique, et que le retour à l'état antérieur est souvent possible, la confusion pouvant être réversible une fois la cause corrigée.



La démence :

La démence (du latin demens signifiant « folie ») est une sérieuse perte ou réduction des capacités cognitives suffisamment importante pour retentir sur la vie d'un individu et entraîner une perte d'autonomie. Les fonctions cérébrales particulièrement atteintes peuvent être la mémoire, l'attention, et le langage. Elle peut être temporaire, à la suite d'une lésion cérébrale majeure ou d'un déclin psychologique à long terme.

Le terme de démence, en médecine, est un terme technique qui ne doit pas être confondu avec la signification commune de ce terme dans le langage courant (folie furieuse). Les démences sont synonymes de neurodégénérescences (...)
« Spontanément » la démence évolue vers une aggravation progressive et la déchéance psychique terminale (Henri Ey, 1970).

Citation :
La démence chez les seniors est appelée démence sénile ou sénilité, et est perçue comme étant un aspect normal et, quelque part, inévitable chez les personnes âgées, plutôt qu'une maladie spécifique. En 1907, une maladie organique connue sous le nom de maladie d'Alzheimer a été décrite.

Et voilà, je voulais ouvrir un sujet instructif, divertissant et plutôt ludique. Force est de constater que la fin n'est pas vraiment fun !
J'essaierai de me rattraper dans le prochain épisode, consacré au Syndrome du Voyageur...

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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Sam 30 Sep - 13:27

Y sont où les jeux et les quiz ? Razz

Ce que j'apprends, là, sur le vif, c'est qu'il faut donc éviter de dire n'importe quoi.
Alors sinon, c'est pathogène de vouloir voyager ? ^^
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VIC

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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Sam 30 Sep - 14:54

Je n'ai pas pensé à faire des quiz, mais il y aurait trop de taf.

Astre*Solitaire a écrit:

Ce que j'apprends, là, sur le vif, c'est qu'il faut donc éviter de dire n'importe quoi.
C'est ce qu'on apprend en médecine, une exigence sur chaque terme.
Le grand public n'a pas envie de se prendre la tête (c'est le cas de le dire) en faisant un distingo net entre folie, démence, confusion ... on a plutôt tendance à l'aborder de manière intuitive. C'est pour cela que j'ai ajouté quelques précisions là-dessus.
Dès que l'on aborde la psychiatrie, il y a d'après moi une double difficulté niveau terminologie :

1) on sait que le grand public n'a pas forcément d'attrait pour la psychiatrie s'il n'est pas souvent directement concerné : la folie fait peur, ça reste en partie tabou, on préfère ne pas la voir, tout comme autrefois, on "cachait ses fous", c'était vécu comme une honte dans la bourgeoisie, cela faisait partie des secrets de famille. Les exemples sont donc extrêmement nombreux de mots de psychiatrie employés de manière erronée, mais passés dans le langage courant. Exemple avec schizophrène, qui pour la plupart des gens sans doute, risque d'évoquer un dédoublement de personnalité. La faute en partie aussi à l'histoire de la psychiatrie, dont les termes se sont précisés et/ou ont évolué, et cela continue toujours.

2) l'héritage de la psychanalyse, qui fut fort en vogue et qui est aujourd'hui plutôt une branche de la psychiatrie, multiplie les termes et les jargons, les explications obscures et les concepts souvent peu explicites. C'est un peu comme au début lorsque l'on veut comprendre le jargon philosophique, il y a un coût d'entrée important. C'est un autre débat, mais ne pas exprimer les concepts de manière claire, ce n'est pas très scientifique.


Astre*Solitaire a écrit:

Alors sinon, c'est pathogène de vouloir voyager ? ^^
Pathogène : cause qui provoque ou peut provoquer directement ou indirectement une maladie.

Pour certains, voyager est plus fort qu'eux, ils ne peuvent pas s'arrêter, c'est un mode de vie. Certains voyageurs pathologiques ne se fixent que 2 ou 3 jours dans une ville, puis repartent aussitôt. D'autres font le tour d'Europe. Ce sont donc des SDFs même s'ils peuvent avoir un endroit d'attache. Ce qui entraîne d'ailleurs un soucis supplémentaire : la psychiatrie française est sectorisée, ce qui veut dire qu'en fonction du département où l'on habite, on dépend de tel ou tel secteur en cas d'hospitalisation en hôpital psy. Dans le cas des voyageurs pathologiques, ça peut être une galère s'il faut rapatrier de centaines de kms le voyageur vers sa région d'origine ou vers sa famille, par exemple, le tout au frais du contribuable.

Avec le syndrome du Voyageur que nous allons bientôt présenter, nous allons voir que c'est le résultat du voyage qui est pathogène.

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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Sam 30 Sep - 19:11

C'est quand même fou tout ça ... Moi, j'aimerais bien voyager, mais pas le temps, pas forcément les sous pour (ça dépend beaucoup du où et du comment). Je me demande donc comment eux ils font pour voyager, passer les frontières, se nourrir, trouver l'argent, etc. Il y a normalement tout une logistique derrière. C'est dingue ce truc.
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VIC

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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Dim 1 Oct - 15:45

Pour l'argent, primo ils ne payent pas leurs billets s'ils sont assez identifiables comme fous (en passant, on m'a raconter qu'en prison, les détenus ont peur des fous et les laissent généralement à l'écart, comme s'ils étaient contagieux, ce qui les protègent et peut avoir des avantages). Pour l'argent, il y a la mendicité, mais un certain nombre d'entre eux bénéficient de l'aah allocation adulte handicapé, certains sont sous tutelle / curatelle. Après, c'est une vie de SDF, mais de SDF nomade, sans arrêt en mouvement. Ils squattent aussi à droite et à gauche, passent par des foyers, etc.
Ensuite, s'il y a recrudescence d'éléments délirants ou d'agitation, ils finissent par atterrir dans un hôpital, où ils ne resteront pas longtemps : ils n'ont qu'une hâte, repartir, et sont les premiers à fuguer de l'hosto. Parfois ils restent une nuit le temps de se retaper un peu en bénéficiant du lit et de la nourriture de l'hosto. Et puis ils repartent pour une autre destination...

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cdang

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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Lun 2 Oct - 9:34

Astre*Solitaire a écrit:
Je me demande donc comment eux ils font pour voyager, passer les frontières, se nourrir, trouver l'argent, etc.
Quand c'est pas pathologique (donc que c'est juste pour une durée limitée, typiquement un mois de vacances d'été ou un congé sabbatique de 6 mois), il y a des moyens peu onéreux de voyager loin.

Pour les moins de 28 ans (exclus), il y a les billets Interrail
https://www.interrail.eu/
J'ai fait ça en étant étudiant, on dormait dans les trains de nuit pour ne pas payer d'hébergement (donc on faisait une capitale européenne par jour), et bien sûr assis pour e pas payer de couchette ; on se payait une auberge de jeunesse par semaine pour prendre une douche et faire un peu de lessive.

Sinon, il y a le stop, mais avec la recrudescence du stop payant (Bla Bla et consorts) je ne sais pas si ça marche aussi bien qu'avant.
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VIC

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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Ven 6 Oct - 15:04

LE SYNDROME DU VOYAGEUR


D'après Wikipedia :

Le syndrome du voyageur est un trouble psychique généralement passager que rencontrent certaines personnes confrontées à certains aspects de la réalité du pays visité, par exemple l'abondance d'œuvres d'art (syndrome de Stendhal), de symboles religieux (syndrome de Jérusalem), etc. Il est différent du voyage pathologique au cours duquel un sujet entreprend un voyage motivé par un contexte psychiatrique.

En fait, le tableau clinique observé est assez variable, mais il a la caractéristique de survenir au cours d'un voyage qui confronte le voyageur à des choses inconnues de lui, qu'il n'a pas anticipées, alors que ces symptômes là n'existaient pas avant le voyage et qu'ils disparaissent avec un retour dans le milieu habituel. Cela le différencie du voyage pathologique dans lequel ce sont des troubles psychiatriques pré-existants qui conduisent à accomplir un voyage, généralement dans un contexte délirant.

Plusieurs syndromes du voyageur ont été décrits :

Le Syndrome de Stendhal
ou syndrome de Florence se manifeste chez des personnes qui, exposées à une abondance d'œuvres d'art, se retrouvent face à leur conception artistique et à la grandeur physique et morale des œuvres. Il a été décrit par Stendhal qui le premier, en 1817, dans ses carnets de voyage, a fait la description de ce que lui-même a ressenti en sortant de la Basilique Santa Croce à Florence.

   « J'étais dans une sorte d'extase, par l'idée d'être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. »


Aujourd'hui, les hôpitaux de Florence reçoivent toujours des patients présentant de tels états et le terme de syndrome de Stendhal a été consacré par une étude publiée en 1992.

Le syndrome de Jérusalem est équivalent au syndrome de Stendhal, à ceci près qu'il ne se rapporte pas aux œuvres d'art, mais au sens religieux révélé lors du pèlerinage de Jérusalem. (...)
Des pèlerins rêvent des années à cette visite en Terre sainte ... la plupart des sanctuaires chrétiens ont été soumis à la destruction, à la transformation ou à la défiguration au cours de leur histoire mouvementée. Comme la réalité n'est pas à la hauteur de leurs fantasmes, ils deviennent frustrés et se réfugient dans le délire.

1 200 personnes auraient ressenti ce syndrome, à des degrés divers, entre 1980 et 19934, et une quarantaine de personnes est hospitalisée chaque année à l'hôpital de Kfar Shaul.

Les principaux symptômes ressentis sont les suivants : anxiété et stress, désir d'isolement, obsession de se purifier le corps (ablutions systématiques, taille des ongles), confection de toges à partir de draps, déclamation de passages de la Bible et chants sacrés, proclamation de sermons, hallucinations, etc.

Un film israélien homonyme de 2008, traite de ce syndrome.

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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Ven 6 Oct - 16:30

Je suis tombé un jour sur un reportage expliquant que l'ambassade de France à New Delhi recevait régulièrement une poignée de touristes français en "état de choc" après leur premier contact avec l'Inde. Des personnes qui ressentaient un "choc" devant la spiritualité, l'atmosphère de ce pays, désorientées par une spiritualité inattendue et trop forte, trop intense. Je pense que l'on peut rapprocher ça du syndrome de Jérusalem, la ville "trois fois sainte" chargée d'atmosphère et d'histoire. Pour des personnes croyantes ou émotionnellement plus sensibles ou "réceptives", c'est ici le poids, la présence d'une telle spiritualité, imprégnant chaque geste, chaque lieu, qui provoque ce ressenti qui peut aller jusqu'au malaise physique.

Après, je dirais qu'il y a aussi le rapport entretenu avec le lieu, l'attente, les fantasmes autour. Pour beaucoup (et c'est mon cas je pense), ça se traduit généralement par une forte excitation, une certaine fébrilité mêlée parfois d'appréhension (peur d'être déçu par le lieu sur lequel on a tant rêvé et que l'on découvre enfin).
A titre personnel, j'ai vraiment ressenti une émotion, physique, palpable, devant certains monuments et lieux, paysages qui m'ont serré la gorge et fait battre le cœur plus vite. Devant certaines œuvres d'art également. Et bien que farouchement athée, j'ai été sensible au mysticisme, à l'atmosphère particulière de certains monuments religieux. Sans aller jusqu'à ces troubles mais je peux les comprendre.

Enfin, en tant qu'éternel nomade et voyageur infatigable, j'ai longtemps pensé que cela exprimait chez moi une insatisfaction latente, celle du type qui n'est bien nul part tout en étant paradoxalement chez lui partout. J'ai revu mon jugement sur moi-même depuis (même si je pense qu'il y a bien de ça) et je suis plus aujourd'hui sur une curiosité insatiable, accentuée par le temps qui passe et qui presse de découvrir tout ce que je peux tant que je peux encore. D'où une certaine frustration en pensant à tout ce que je ne connaîtra pas...

Et pour conclure, il y a trois endroits qui m'ont procuré une impression étrange, dérangeante même, celle, dès le premier contact, de me sentir "chez moi", comme si j'étais déjà venu, comme diront certains si j'y avais vécu dans une autre vie (je précise que je ne crois absolument pas à la réincarnation). Il y a la Toscane, le désert et l'Afrique.
Lors de mon premier séjour en Toscane, j'ai ressenti un bien-être, un bonheur, une sensation de familiarité avec cet endroit. J'étais bien, j'avais l'impression d'être chez moi.
Le désert. Souvenirs impérissables. J'y retrouve tout, une forme d'absolu, d'éternité, de pureté. Mon paysage par excellence, qu'il soit de sable ou minéral, que ce soit le Sahara, le désert de l'Utah, du Nouveau Mexique, du Namib ou même les steppes de Cappadoce. C'est là que je souhaiterais mourir, aveuglé de lumière, assourdi de silence, consumé de soleil et de chaleur. M'enfoncer, me dissoudre dans ce sable brûlant ou cette terre rouge. Toute ma vie dissoute, consumée dans cette immensité inondée de lumière.
Quant au continent noir... J'ai toujours eu un rendez-vous secret avec l'Afrique... Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien. On peut partir sur plein de théories, sur des "ondes" positives ou une "aura" qui correspondraient aux miennes, sur un concours de circonstances à ce moment précis, sur la conjonction parfaite de mes aspirations profondes avec ce qu'offre ce continent, que sais-je... Je ne suis pas naïf, je n'aime pas tout dans l'Afrique, certains séjours là-bas m'ont moins plu que d'autres, je n'idéalise pas... Pourtant, quand j'y suis, il y a quelque chose. Je me sens "en phase" avec ce qui m'entoure. Et il y a au moment du départ une réelle tristesse et par la suite un manque, voire une déprime qui s'atténue avec le temps.
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VIC

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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Ven 6 Oct - 17:26

orthographe : nulle part.
Grave ? Absolument pas.
Il aurait été intéressant de savoir si tu aurais eu le même sentiment en vivant et travaillant en Afrique depuis des années, en partant en vacance en Europe. Parce qu'on ne peut pas trop savoir quelle est la part de déception due à la fin du voyage, à la fin des vacances, et surtout celle de la reprise du travail et de la routine.

Ceci dit, il y a des environnement où l'on se sent bien. Moi, c'est clairement dans un jardin. Si je pouvais y passer toute ma vie...
Côté Syndrome du Voyageur, il y un endroit où il m'arrive d'être plus susceptible "d'étouffer", un endroit un peu plus insolite que les classiques grands magasins ou métros bondés, ce sont les bibliothèques. J'adore les livres et bibliothèques, mais si je me retrouve entouré par des murs entiers du sol au plafond recouverts de livres, cette somme de bouquins me rend parfois mal à l'aise... Peut-être le fait de savoir que je ne pourrais jamais tous les lire.

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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Ven 6 Oct - 18:50

"Nulle part", à chaque fois je me fais avoir...

Pour répondre à ta question, ma "déprime" du retour n'est pas liée à la reprise du boulot et de la routine. Un peu blasé d'accord mais pas au point de déprimer surtout que j'ai un job qui me satisfait globalement. En plus, quand je pars pour mon grand voyage annuel, c'est pour un mois, j'ai donc le temps de vivre une certaine routine là-bas également. Non, c'est bien le sentiment d'être "bien", d'être là où je devrais être si je peux dire. Je sais qu'il y a une différence entre séjourner dans un endroit pour le plaisir et y vivre et y travailler. Mais justement, il m'est arrivé d'y aller également pour le boulot pour des missions de plusieurs semaines donc je connais cette différence.

Après, il y a deux bémols à prendre en compte : quand je parle d'Afrique, c'est l'Afrique Australe (Namibie, Afrique du Sud, Botswana...), je connais peu le reste du continent. Et c'est vrai, il y a aussi la sensation d'être loin, au bout du monde, d'être coupé de tout ce/ceux que je connais habituellement, l'impression quelque part d'être "vierge", de recommencer quelque part où personne ne te connaît, bien que j'y ai maintenant de bonnes connaissances et contacts. Ce sentiment fait partie de ce que j'aime en voyage, "disparaître" pendant quelques temps, être au bout du monde, comme si ta vie de tous les jours était soudain entre parenthèses...
Quoique, croyez-en mon expérience, c'est fou comme on rencontre au bout du monde des voisins ou des gens que l'on n'aurait jamais pensé trouver là. Les aéroports sont des lieux redoutables pour ça. Il m'est arrivé de tomber sur mon ancien prof d'anglais, des années après, à l'aéroport Narita à Tokyo...
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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Ven 6 Oct - 19:24

Pour commenter les propos de VS - j'avoue que j'aimerais bien par moment être à sa place. Longtemps, j'ai voulu faire le tour du monde, voir plein de choses, des choses incontournables, essentiels, genre les pyramides, l'Antarctique, le Machu Picchu, l’Himalaya, etc. Pour avoir fait deux trois belles expéditions, je peux dire que je vis à fond certains lieux un peu extrêmes - mais pas trop (Narrows, Badewater Bassin, les calanques), que j'adore cela, mais qu'une fois le moment passé, il en reste fort peu. Mon esprit n'est pas marqué émotionnellement par l'événement (Beaux de Provence, Grotte des Demoiselles ou Grand canyon). Je ne retiens que fort peu, que cela soit en émotion ou en image. Bien sûr, si on me les rappelle, les souvenirs surgissent. Mais ils ne me marquent absolument pas. Pour exagérer, forcer le trait, je pourrais dire qu'un superbe photo HD serait tout autant stimulant. Mais ce serait exagérer ^^. Alors j'avoue que j'aimerais avoir ce cœur qui ressent, qui palpite, qui se serre à la vue d'un glacier, d'un désert, d'un atoll. Mais comme ce n'est pas le cas - enfin rarement - je ne me soucie plus de voir les incontournables dont je ne pourrais de toutes façons pas faire le tour, et je prends avec joie ce qui vient, sans me préoccuper de ce qui ne viendra pas. C'est mon instant à moi qui compte, et non plus celui que je ne ferai pas ^^. Mais j'avoue que je t'envie, VS, de pouvoir ainsi battre à l'unisson avec le lieu où tu te trouves.

C'est vrai que les bibliothèques, c'est pas mal... Mais je préfère encore davantage les bibliothèques privées où, seul, on peut glisser le long des rangées de livres.
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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Ven 6 Oct - 19:38

Voyageur Solitaire a écrit:
Je suis tombé un jour sur un reportage expliquant que l'ambassade de France à New Delhi recevait régulièrement une poignée de touristes français en "état de choc" après leur premier contact avec l'Inde. Des personnes qui ressentaient un "choc" devant la spiritualité, l'atmosphère de ce pays, désorientées par une spiritualité inattendue et trop forte, trop intense.

Ce sont les mêmes symptômes qui affectent ceux qui partent pour Jérusalem la première fois. D'ailleurs, on appelle cela le "syndrome de Jérusalem" :



La charge spirituelle et émotionnelle est tellement forte dans cette ville que tu peux littéralement tomber à genoux et fondre en larmes. Surtout si t'es mtalement réceptif à l'atmosphère de ce genre de lieu.

Cela m'est arrivé une fois. Non pas à Jérusalem mais lors du pélerinage de Fatima au Portugal. J'ai ressenti comme une force alors que j'étais dans la procession. Je ne suis pourtant pas un "cul-béni" et je serais plutot du genre "pratiquant occasionnel" mais je suis assez sensible aux ondes spirituelles. Le fait d'être avec cette foule, se laisser porter par le mouvement, je te jure que tu ressens quelque chose de très fort... je n'étais même pas en train de prier mais j'ai senti les larmes me monter aux yeux, un peu comme j'écoute certaines chansons qui prennent aux tripes.

Là aussi, c'est grave docteur ?
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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Ven 6 Oct - 20:13

Astre*Solitaire a écrit:
des choses incontournables, essentiels, genre les pyramides, l'Antarctique, le Machu Picchu, l’Himalaya,

Pas vues, pas vu (trop froid), pas vu et pas vu (rires).

Il y a quelque chose qui est devenu systématique chez moi depuis quelques années, c'est de partir trois semaines minimum sinon un mois, quitte à ne faire qu'un seul grand voyage annuel. Pour moi, c'est le meilleur moyen non pas de visiter mais de vivre l'endroit. Car des voyages "clic-clac" d'une semaine où tu visites les incontournables avant de rentrer chez toi et de ressortir les photos à l'apéro avec les copains, j'en ai fait mais je pourrais plus. Je ne sais plus où c'était mais il y a eu à un moment un voyage où, pour X raisons, je suis resté sur place longtemps et ça a été une révélation. J'ai découvert la différence entre visiter et vivre l'endroit.
Si je vais à New-York, j'ai envie pendant quelques temps de vivre New-York, d'aller et venir, de faire comme si j'y habitais. Si c'est pour courir de visites en visites, ça ne m'intéresse pas. Je me suis fait une année New-York pour les fêtes de fin d'année, j'avais vraiment l'impression de vivre l'excitation, l'animation de la ville, les préparatifs, bref d'être new-yorkais... Quand je suis parti au lac Powell, j'y suis resté 15 jours, j'ai pu le survoler en hélico, m'y baigner, le parcourir en bateau, rencontrer des gens, faire des balades dans les environs... Pour certains endroits, je me dis que ce sera sans doute la seule fois où j'irai dans ma vie alors je veux en profiter pleinement, je veux les vivre pleinement. Je ne vais pas me serrer la ceinture pendant un an et partir au bout du monde pour une semaine...

C'est pourquoi maintenant, je prends trois semaines minimum ou un mois et je prends une location. Je suis chez moi, je fais mes courses, ma cuisine, je vais et je viens, je sais que j'ai le temps, que si demain il pleut c'est pas grave, j'irai voir tel endroit plus tard... C'est aussi pourquoi je ne prends jamais de photos : je ne suis pas en visite, je ne suis pas en voyage, je suis chez moi et je vis ma vie de tous les jours.
Après, pour en revenir à la psychologie, c'est aussi vivre une autre vie (rêvée ?) pour quelques semaines... A Cape Town par exemple, j'ai ma petite location, je fais mes courses, je prends le bus et le taxi comme tout le monde, je vais à la plage, je sors, je m'achète mon journal... Si je sympathise avec des gens, je peux leur dire :"Passez boire un verre ou manger à la maison"... Pendant un mois, je ne suis pas en voyage, je vis ma vie mais ailleurs. C'était encore plus fort quand j'y ai séjourné pour le boulot. Car là, en plus, je me levais le matin pour aller bosser, je déjeunais avec les collègues... Ma vie de tous les jours mais ailleurs, à l'autre bout du monde, sous d'autres cieux, sous un autre soleil. Une vie par procuration, pour quelques semaines ? Possible. Certain même.
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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Ven 6 Oct - 20:43

Pour la durée, je suis bien d'accord. Trois semaines c'est le minimum. J'ai fait Berlin en quelques jours et j'ai détesté - probablement parce que j'ai couru tout le temps. Je déteste courir. Mais pas forcément les séjours courts. Si je vais à Königsee - je connais - et trois jours ou une semaine - c'est pour moi une pause agréable dans le train train - juste ne pas être chez soi. Cela vaut bien souvent pour les pays proches (Allemagne, France, Belgique, Suisse, Danemark, Italie, Angleterre). Mais si je pars loin, alors il me faut trois semaines. Je suis parti 2 semaines en Grèce et très franchement, c'était juste trop court. Cinq jours de plus et c'eut été parfait. C'est cette expérience qui fait que je vois parfaitement ce que tu veux dire.  

Par contre, je ne me sens jamais vraiment ailleurs, car je ne me sens jamais non plus vraiment là. C'est peut être d'ailleurs pour cela que les décors, les paysages, ne me marquent pas plus que cela. Je ne vis donc jamais une autre vie ou une vie par procuration, jamais. Je n'ai même jamais ressenti ce sentiment, même de très loin.
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cdang

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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   Lun 9 Oct - 12:06

Un peu de cocorico, n'oublions pas le syndrome de Paris.
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MessageSujet: Re: PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes   

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PSYCHIATRIE INSOLITE, anecdotes
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