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 SERGIO TOPPI (fumetti)

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VIC

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MessageSujet: SERGIO TOPPI (fumetti)   Jeu 21 Sep - 22:19

VS a déjà ouvert un sujet sur Sergio Toppi en tant qu'illustrateur :
http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org/t2456-sergio-toppi

Voici celui centré sur ses BD.

Toppi se distingue par une oeuvre assez universelle, s'intéressant aux 5 continents, à toutes les civilisations, et notamment aux peuples dit primitifs par certains. Ainsi, ses récits mettent parfois en scène des serviteurs africains au service du chasseur blanc, des aborigènes australiens, des amérindiens confrontés à la soif d'or des blancs, des habitants du pacifique, des cavaliers mongols, etc. Il s'est attardé davantage sur le japon avec plusieurs récits sur des ronins, mais là aussi, il peut s'attarder sur le sort d'un humble paysan japonais.

Allez donc sur cette page des éditions Mosquito, maison d'édition grenobloise qui réédite beaucoup de Toppi en VF, pour voir en un coup d'oeil l'ensemble des titres proposés et de leur diversité, issue des 4 coins du monde :
http://www.editionsmosquito.com/auteur.php?id=1
Ne vous fiez pas aux couvertures couleurs, à de très rares exceptions, il s'agit (heureusement !) de sublimes N&B.
Cliquez sur chaque BD pou en lire un aperçu et parfois les premières planches.


Outre le côté universel (et en dehors de son génie du n&b), la deuxième caractéristique de son oeuvre est qu'elle est parsemée de mythes, mythologies, et poésie. Les BD de Toppi font le tour du monde des mythes et légendes. Là où le Corto Maltese de son contemporain et compatriote Pratt se retrouvait lui-aussi sur tous les continents et souvent confrontés aux mythes, Toppi ne dispose pas d'un héros comme Corto : presque tous ses récits sont indépendants. Et courts. Un album classique va par exemple être composé de 4 histoires courtes et indépendantes, si possible dans le même thème (western, japon, etc...). La prolifération de ces petites histoires indépendantes, cette absence de héros récurrent est peut-être ce qui a manqué à Toppi pour acquérir une renommée encore plus grande. Il s'y est pourtant plié une fois avec un héros, le Collectionneur.


Le Collectionneur

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=150

Citation :
La seule série avec un personnage récurrent de Toppi, cinq albums avec cet antihéros, mi-dandy mi-bandit à la poursuite d'objets mythiques.

Le collectionneur a été récompensé du soleil d'or de la meilleure série lors du festival de Sollies-Ville 2006.

Loin des salles de ventes aux enchères feutrées le collectionneur traque l'objet d'art volé. Ce dandy pirate est aussi à l'aise chez les Dayak que Lupin chez les rupins, le crime en plus. Et gare aux vulgaires, car face à cet esthète du méfait, ne pas respecter les bonnes manières conduit droit à la mort sans frais. Des jungles de Bornéo aux plateaux Afghans, se déploie le cruel marivaudage des héros coloniaux, maîtres es-rapines et embuscades florentines. Aristocrate dévoyé, le Collectionneur court après tous les Faucons Maltais que lui offre Toppi, ce génial géo-graphiste de l'Aventure !

Le Collectionneur est une série de 5 livres relativement indépendants mettant en scène un mystérieux personnage principal, le Collectionneur, pas forcément sympathique (mais généralement plus que ses adversaires) et prêt à tout pour acquérir 5 objets très particuliers pour ... sa collection. 5 objets répartis aux 4 coins du globe, et dont certaines légendes prêtent des pouvoirs quasi magiques. Disponible en intégrale chez Mosquito, les 5 titres font de cette histoire celle qui se rapproche le plus d'un récit construit et classique pour la BD, c'est à dire avec le même héros. Peut-être le meilleur moyen d'aborder son oeuvre donc, surtout pour ceux qui seraient frustrés par des histoires courtes.

Le lien vers le site permet de lire l'interview de Sergio Toppi au sujet du Collectionneur.



Sharaz-De

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=201

Citation :
Le chef d'oeuvre absolu de Sergio Toppi enfin disponible en édition intégrale.

Vous pouvez lire une histoire complète en ligne : Faucon, faucon mon ami.


Ce que certains considèrent comme son chef doeuvre, est Sharaz-De, deux tomes réunis en intégrale, et qui revisitent les histoires de Shéhérazade. Le génie graphique de Toppi y est à son apogée, il s'en donne à coeur joie pour ses scènes de désert. Il entre-mêle les vrais et faux contes des 1001 nuits. Sharaz-De m'a fait penser aux Iles Invisibles d'Italo Calvino (encore un Italien) dans la mesure où chacun de ses contes est une fenêtre ouverte sur une vision où l'on peut faire vagabonder son esprit, incitant à la poésie. Il serait dommage d'enchaîner les contes les uns après les autres dans une boulimie de lecture : je pense que le meilleur moyen de l'apprécier est de déguster ces petites histoires lentement, très lentement. Une par jour idéalement. Ou une par nuit, comme Shéhérazade.



les ouvrages indépendants

Pour le reste, les ouvrages indépendants qui regroupent thématiquement 2 à 4 histoires généralement, peuvent être plus inégaux de part la qualité des histoires, ou en fonction des affinités de chacun pour le thème. Il faut savoir qu'il s'agit de recueils qui réunissent des histoires qui n'ont pas forcément toutes été écrites à la même période. Suivant les rééditions, certains recueils de Mosquito peuvent se voir augmentés d'une histoire (d'où l'intérêt de se procurer les dernières éditions, même si les ajouts sont assez rares). Les histoires paraissaient dans les magazines spécialisés italiens, et ont ensuite été compilés thématiquement.
Pour ceux qui seraient tentés par la découverte d'un unique volume, et vu qu'il y a des amateurs du Japon sur le forum, je conseille celui intitulé Tanka : 80 pages, 5 récits qui sont tous intéressants.
Ou bien, pour ceux qui préfèreraient une unique histoire longue :
Momotaro, qui se rapproche plus d'un récit classique avec un seul récit.

Que ce soit sur le dessin ou sur les histoires de Toppi, je crois que la clé est de s'y attarder un peu. Il m'est arrivé de lire un recueil de Toppi trop vite pour pouvoir l'apprécier, avec l'impression de rester sur ma faim. Une deuxième lecture m'a parfois fait prendre conscience que l'album était malgré tout excellent. Même si l'on est parfois déçu ou frustré par une histoire, ou par le fait qu'elle soit si courte, une lecture lente permet de faire "mûrir l'histoire", qui s'apparente très souvent à un conte.

Je présenterai quelques recueils supplémentaires plus tard...

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Jeu 21 Sep - 22:26

Tout est dit : voyage, exotisme, magie, poésie. Avec Toppi, on voyage, on embarque pour un ailleurs exotique, poétique voire onirique. Dépaysement assuré servi par un style graphique reconnaissable entre tous et qui explose les codes autant que les cases. Et cela, que Toppi s'intéresse à des intrigues de palais ou à la vie d'un simple village du Mékong ou de l'Afrique Noire. Et toujours, derrière, en filigrane, le mythe, la légende, le rêve. La connexion avec Hugo Pratt et Corto Maltese est évidente.
Indispensable.
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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Dim 24 Sep - 8:10

Si je devais résumer les thèmes de Toppi en un seul mot ce serait : "chamanisme", très présent dans ses histoires. Beaucoup de contes, de récits initiatiques.

Petit focus sur quelque tomes indépendants. Je vais commencer par 2 tomes se passant dans des univers "glacés". Voici le premier :


OGONIOK


http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=194


Citation :
Ce livre rassemble trois histoires fantastiques qui se déroulent en Russie à la fin du 19ème siècle. La forêt russe mystérieuse et profonde recèle de bien étranges personnages, du chaman Ogoniok au fantôme vengeur Kas-Cej en passant par le plus grand des conquérants.
Toppi explore l'âme slave dans trois récits fantastiques menés tambour battant.
La dernière Transsibérien a été dessinée pour Mosquito en 2011 et est totalement inédite.

Mon avis :

3 histoires se passant en Russie dans cette nouvelle mouture de ce recueil. L'éditeur pour plus de cohérence rassemble les histoires des Toppi autour d'un thème, et a demandé à l'auteur de créer de nouvelles histoires en ce sens, comme ce Transsibérien.

Ogoniok possède une thème chamanique un ressort fantastique semblable et des similitudes dans la première histoire du prochain tome que je présenterai (et que je préfère de loin). Dans les deux cas, il s'agit d'une partie de chasse.

Kas-Cej est la plus longue histoire du récit. Lors d'un dîner avec un aristocrate, un archéologue raconte son périple à l'autre bout de la Russie gelée, sur la trace d'ossements d'une tribu de nenetzs, et comment il s'est heurté à la superstition locale. Quand la science se retrouve confrontée à la superstition, voilà l'enjeu. La fin manque un peu de sel ou bien n'est pas forcément très bien amenée (j'ai tourné la page en pensant que le récit continuait, et bien non, il était fini).

Transsibérien, procède également sur un choc comme celui de la science et de la superstition. Ici, il s'agit de la tradition et du progrès... mais la superstition est bien là ! Le final est surprend et est bon.

Globalement, le recueil Ogoniok ressort renforcé par la synergie entre ces 3 récits "Russes". C'est âpre, glacé, chamanique, sombre comme les forêts de Russie en hiver, et assez pessimiste. Ce n'est pas mon Toppi préféré mais la qualité est présente. À déguster avec un thé fumant près d'un samovar.

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Mar 26 Sep - 21:39

UN DIEU MINEUR

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=154


Citation :
Trois récits fantastiques dans la neige et le froid.

Un chasseur Inuit maudit voit toutes ses proies lui échapper...

Un chasseur de phoques insensible et cruel reçoit la pire des punitions.

Un petit dieu des montagnes cherche à se venger d'un homme qui défie son culte.

Toppi nous livre dans ce recueil trois contes d'hiver, trois chances pour l'homme de se mesurer à la nature et à ses forces implacables.

Mon avis :

J'ai beaucoup aimé ce Toppi articulé autour du "froid".
La première histoire est lisible en totalité sur le lien indiqué tout en haut du message, il faudra suivre un autre lien du site.
Spoiler:
 
La 2è histoire pourrait être un hommage à Moby Dick, aux hivernages dans les glaces chers à Jule Verne.
Les similitudes scénaristiques avec Ogoniok (cf message précédant) sont évidentes, mais je préfère cette variation :
Spoiler:
 

Un dieu Mineur, la 3è nouvelle, éponyme, est vraiment excellente, et assez hors du temps. Le  narrateur est vraiment original, et la fin totalement imprévisible et surprenante.

Au final, de part la qualité des 3 histoires, la cohérence du thème hivernal et sa grande originalité (ce n'est pas tous les jours que nous croisons des héros inuits, ou ... un dieu mineur), ce Toppi figure parmi les tout meilleurs.

Au passage, j'en profite pour attirer l'attention sur l'une des particularités du dessin des BD de Toppi : très souvent, les bulles (fumetti) de paroles proviennent de personnages dessinés bouche fermée. Cela donne une impression étrange, un faciès figé, peut-être plus introspectif. Cela fait vraiment partie du style de Toppi. Le résultat est que les personnages semblent rarement se parler.

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Jeu 28 Sep - 8:01

CHAPUNGO

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=221


Citation :

3 histoires en Amérique du Sud...
Avec l'arrivée des conquistadors, les anciens dieux meurent dans le sang...
Mais avec Toppi le récit plonge inévitablement, irrémédiablement dans le fantastique et même morts, les dieux aztèques sont toujours présents.

Tzoacotlan 1521
Les conquistadors approchent. Quematzin fait appel aux dieux pour ce qu'il sait être son dernier combat. Ils vont lui donner la puissance, amis sera-t-elle suffisante ?

San Isidro Maxtlacingo 1850
Dans un Mexique déjà christianisé, les anciens dieux se cachent parfois derrière la soutane du prêtre. Le village abandonné de San Isidro cache plus d'un mystère.

Chapungo
Le jeune Chapungo est obsédé par ce que lui contait son père : un avion s'est écrasé dans la montagne. Certains disent qu'il transportait beaucoup d'or. Mais ce n'est pas la soif de l'or qui a fait tourner la tête de Chapungo...

Mon avis :

Toppi a écrit un assez grand nombre d'histoire dans l'univers sud américain : outre celles Chapungo, en N&B, deux autres albums, la Légende de Potosi, et le Trésor de Cibola, sont en couleur.

Tzoacotlan 1521 reprend l'un des thèmes préférés de Toppi, le choc des civilisations. En y ajoutant du shamanisme, et une touche de fantastique, c'est un récit très représentatif de son oeuvre. Très bonne fin.


San Isidro Maxtlacingo 1850, lorgne du côté de Poe, comme dans Black and Tan 1920. Niveau scénario, on peut regretter un petit manque d'explications sur le protagoniste. Par contre, niveau dessins, les monastères de Toppi sont éclatants. Et il y a une pleine page de jungle folle et de temples entremêlés absolument magnifique, l'un de mes dessins préférés de Toppi.

Chapungo est encore un choc de civilisation, cette fois à la manière de "Les dieux sont tombés sur la tête". C'est aussi une réflexion sur la folie, thème traité plusieurs fois par Toppi. La fin est inhabituelle par rapport aux autres Toppi, ce qui la rend d'autant plus intéressante.

Au final, un album solide.

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Dim 1 Oct - 16:51

BLACK AND TANS

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=105


Citation :
Malheureux ! Gardez-vous bien de proférer de pareil jugement ! Dans le monde de Toppi, le bon Monsieur Perrier n'a plus le loisir d'affirmer une telle ineptie, les sorcières, les monstres irlandais sont bien vivants et de fort mauvaise composition, évitons donc soigneusement de les provoquer.

Le recueil Black & Tans reprend trois des histoires fantastiques que nous avions publiées il y a dix ans dans l'album Le Dossier Kokombo, épuisé depuis bien longtemps et à présent côté au BDM ! Nous ne rééditons pas encore l'histoire éponyme car nous souhaitons faire des albums cohérents ; à l'époque nous voulions montrer une palette des multiples talents de Toppi, à présent, c'est heureusement devenu une évidence.

Nous vous présentons donc cette fois trois récits : Bois Brocèlan, Black & Tans et l'extraordinaire Solitudinis Morbus.


Mon avis :

3 récits de Toppi assez différents niveau thème, sont réunis ici.

Bois Brocèlan :


Bois Brocèlan raconte un pique-nique champêtre en France, du temps de Renoir ou de Proust, allez savoir ? Sauf que le fantastique va s'immiscer de façon burlesque. Un grain de folie typiquement italien qui m'a rappelé Italo Calvino, sans parler du final assez ahurissant en queue de poisson. Toppi a du s'amuser beaucoup.
Spoiler : en se penchant sur cette histoire, on peut y voir la supplantation de la magie par la technologie, ce qui donne un deuxième degré de lecture bien plus profond. Si l'histoire est folle, Toppi ne perd pas le nord.


Black & Tans :

Citation :
Wiki :
Les Black and Tans (Noirs et Fauves) sont des militaires engagés par le gouvernement britannique dès 1920 afin d'aider la Police royale irlandaise (RIC) et l'armée britannique à lutter contre les indépendantistes de l'Armée républicaine irlandaise (IRA).
Les Black and Tans, au nombre de 16 000, sont pour la majorité d'anciens combattants britanniques démobilisés après la Première Guerre mondiale.

Les Black and Tans utilisent des automitrailleuses et des méthodes militaires violentes afin d'écraser la rébellion. Ils se comportent comme une armée d'occupation et scandalisent rapidement la population, puis l'opinion mondiale.
Incendies de villages, représailles, assassinats, les Black and Tans ont saccagé de nombreuses villes dont Cork et Balbriggan, un village côtier au nord de Dublin, en 1920.

Black & Tans est plus classique, faisant partie des Toppi inspirés par Poe, comme l'histoire San Isidro Maxtlacingo 1850 dans le recueil Chapungo. Là où le fantastique irlandais de Pratt dans Les Celtiques était onirique, cette histoire est bien plus noire, il fallait s'y attendre à l'image du titre.


Solitudinis Morbus :

Attention, chef d'œuvre ! Une histoire onirique de Toppi, dont le héros pouvant rappeler Corto Maltese. C'est l'histoire d'un gardien de phare, vivant seul dans un décor de rochers et de vagues cher aux romantiques. L'histoire va crescendo dans la poésie alors qu'à l'inverse, le narrateur utilise un vocabulaire pseudo scientifique. Toppi met une nouvelle fois en scène la folie : cette histoire m'a fait penser à une nouvelle de K.Dick intitulée Au temps de la poupée Pat. Une très belle déclaration d'amour à l'imaginaire.


Au final, rien que pour la poésie de Solitudinis Morbus, le recueil mérite d'être lu. Avec le burlesque de la première histoire et la noirceur de la seconde, Toppi y démontre plusieurs facettes de son art de conteur.

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Mar 3 Oct - 8:00

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=101

BLUES

Citation :
Ces deux récits fantastiques de Toppi mettent en scène des joueurs de Blues dans l'Amérique profonde.

La première histoire, L'héritier, dessinée en 2007, est une création originale pour les Editions Mosquito. Le maestro nous plonge dans les racines du Blues à la fin du dix-neuvième siècle, quand Vaudou et musique jouent une semblable partition funèbre...

La seconde histoire, Blues, réalisée en Italie pour la revue Corto Maltese en 1990, nous conte les errances d'un saxophoniste noir dans l'Amérique des années quarante. Les petits malfrats de la mafia ne pèsent pas lourd avec leurs Smith & Wesson lorsque retentissent quelques notes de Blues.

Mon avis :

La rencontre de Toppi avec le blues a tout pour me plaire, étant fan et connaisseur de ce style musical et de son histoire. Toutefois, je vais mettre un bémol sur la première histoire :
le scénario n'apporte pas énormément : Toppi pouvait faire bien mieux avec les ingrédients du vandou.
Toppi ne surprend guère aussi dans ses dessins, qui ont un petit côté "croquis" par moment : je me suis demandé si c'était voulu, pour retranscrire le côté instantané du blues. Bref, j'ai trouvé les dessins inégaux.
La seconde histoire par contre est vraiment bonne : poétique, ambigüe, fantastique, surprenante.
Au final pas le meilleur des Toppi à cause de la première histoire, mais si vous aimez le blues la deuxième est un régal.

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Ven 6 Oct - 14:29

Les Sergio Toppi africains chez Mosquito :



LE DOSSIER KOKOMBO

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=176

Citation :

...
Deux objets africains, poussiéreux et un peu minables arrivent chez un antiquaire, ils témoignent d'un passé fantastique et sanglant qu'il vaudrait mieux ne pas réveiller.

Lire Toppi est avant tout affaire de tempo. Ses contes grinçants imposent le la et le rythme, la morale est souvent sauve, mais les méchants ne sont pas ceux que l'on croit, car c'est l'insondable connerie humaine qu'il est ici question.
Toppi jubile en déséquilibrant ainsi la partition au profit des forces obscures, dépassant le cadre étroit de la simple case jusqu'à faire de la page entière l'unité narrative. Le destin des imbéciles est d'avance scellé semble nous signifier l'énigmatique fétiche Kokombo.

Puisque ces mystères nous dépassent feignons d'en être les organisateurs, suggérait Cocteau...

Mon avis :

Le Dossier Kokombo (1991) est un excellent Toppi qui retrace la vie européenne et les explorations africaines d'un goujat ambitieux. Toppi livre quelques dessins superbes : plusieurs objets d'arts africains, faune africaine. Cerise sur le gâteau, une improbable planche consacrée à Gustav Klimt.

Bwuma, mon fils (2011) cette histoire a été écrite pour les éditions Mosquito (qui avait aussi commandé à Toppi une nouvelle histoire, l'Héritier, pour l'album Blues,), toujours dans le but de re-publier les histoires de Toppi en albums cohérents. Là, c'est une grande réussite, d'autant que Toppi est arrivé à créer un petit lien avec la première histoire, écrite 20 ans plus tôt. J'ai beaucoup apprécié ce clin d'oeil à la première histoire qui relie les deux récits entre eux, et augmente la cohérence de l'album. Bwuma est un conte africain à la manière de Rudyard Kipling, avec encore une fois quelques dessins de la faune africaine.

Au final, l'un des meilleurs Toppi en ce qui me concerne.
@VS : tu ne devrais pas passer à côté de celui-là !



WARRAMUNGA


http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=18

Citation :
... deux récits fantastiques :

Warramunga. Deux minables assassins en fuite dans le bush rencontrent un bien étrange aborigène qui les aidera à échapper à leurs poursuivants. Sauvés ?

M'Felewzi n'est qu'un pauvre rabatteur de gibier dans le Transvaal. Deux chasseurs Boers abattent son frère par jeu. Que peuvent des petits blancs obtus et sanguinaires contre la magie africaine ?

Mon avis :

Warramunga 1856
ne se passe pas en Afrique, mais dans le bush Australien. Nous allons suivre un vieux sorcier aborigène qui va accompagner deux sinistres crapules. Un très bon Toppi, particulièrement chamanique...

M'Felewzi
se passe en Afrique du Sud. Les blancs considèrent les noirs comme des animaux, quand ils ne massacrent pas les bêtes lors de safaris meurtriers. Toppi nous livre quelques très beaux dessins de la faune africaine, sans parler de ses arbres.

Warramunga ou M'Felewzi partagent bien des points commun, comme l'arrogance de certains blancs devant le chamanisme et les traditions d'un continent incompréhensibles pour eux.

Au final, encore un Toppi excellent, décidément l'Afrique est une vraie terre d'inspiration pour  le maestro italien.
@VS : un Toppi en Afrique du Sud, c'est indispensable !
Sérieusement, en amoureux de l'Afrique et de Toppi, ces deux très bons albums sont incontournables.

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Ven 6 Oct - 17:00

Je n'ai pas répondu jusqu'ici car j'attendais ces deux là... Amoureux de l'Afrique et du désert, c'est bien sur ceux-là que je me suis penché (pour ne plus m'en relever) quand j'ai découvert les œuvres de Toppi.

Magistral. Déjà, en tant que dessinateur amateur, les dessins de Toppi, ses femmes, ses parures et ornements sont pour moi une source d'inspiration énorme. Et puis, le reste... Conte africain, opéra sauvage, on a l'impression de croiser Corto Maltese, les aventuriers explorateurs avec Klimt, des chamanes africains et des africaines aux allures de princesses barbares. C'est envoûtant, âpre, brûlant et noir comme un café éthiopien. On ne sait plus à quelle époque on est, Toppi crée une sorte d'espace-temps intemporel. Quant à Warramunga, c'est l'Australie, l'Outback, les aborigènes...
Malgré mon appétence pour les dessins en noir et blanc, je privilégie en général le dessin couleurs pour tout ce qui touche au désert ou à l'Afrique. Toppi est l'une des rares exceptions.
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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Ven 6 Oct - 17:44

Ouf, tu les connaissais donc.
Je ne pourrais peut-être pas chroniquer "tous" les Toppi car il y en 2 ou 3 trois que je n'ai pas encore lus, en comptant celui à paraître en juillet 2018. Je ne les possède pas tous.

J'ai bien l'impression que les Toppi  en général ont un petit côté hermétique, il faut les mériter : s'habituer au trait de crayon, qui sans un minimum d'éducation, ne m'aurait pas attiré. Disons que passer le l'école franco belge de Marcinelle (typiquement les dessins à la Astérix) au style de Toppi, le choc est violent. C'est pareil avec Pratt. Adolescent je n'étais pas capable d'apprécier ces dessins, c'est venu en m'intéressant à l'art, aux autres styles, etc.

Hermétique aussi car certaines histoires ne parlaient pas trop par le thème au départ, et lors des relectures, je me suis mis à les apprécier davantage. Il est vrai que le côté histoire courte peut être un peu frustrant initialement, mais l'on s'y fait. Finalement, en déclinant ses histoires aux 4 coins du globe, le maestro livre une partition universelle et une œuvre d'une rare cohérence.

Je regrette de ne pas l'avoir connu 10 ans plus tôt, j'aurais bien aimé le rencontrer...

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Mar 7 Nov - 22:42

Les Toppi du Japon médiéval :

TANKA

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=144

Citation :
La première édition des histoires japonaises de Toppi étant épuisée, nous proposons une nouvelle édition avec une histoire nouvelle : Le retour d'Ishi.

Toute la magie de l'univers des samouraïs revu par le grand maître milanais.

Un poème sur le fil du Katana...

Shikibo, princesse japonaise, vécut au Xème siècle de notre ère. Sa renommée de poétesse fut immense. On ne sait rien d'elle, seul un poème- un Tanka- nous est parvenu. À partir de ses cinq vers, Toppi a composé la première histoire de ce recueil : l'éducation sentimentale d'un Rônin qui comprendra que pour séduire sa belle, il est d'autres offrandes qu'une tête tranchée...

Toppi, fasciné depuis l'enfance par la culture nippone nous emporte dans l'univers lointain des princesses, des Samouraïs et des Rônins où poésie et violence s'entremêlent. Par un raccourci fulgurant la dernière vignette de la dernière histoire nous ramène dans le monde moderne : la poésie disparaît, la violence reste...

Mon avis :
80 pages, 5 récits qui sont tous intéressants, un album idéal pour découvrir Toppi, et ses décors graphiques (ah, ces pins qui débordent des cases, ces inversions de n&b ...)


MOTOMARO

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=266

Citation :
Dans le Japon médiéval, un odieux Samouraï Washizu fait régner la terreur, massacre le bon prince et terrorise les pauvres paysans avec ses sbires. Un gamin, Momotaro va lui donner bien du fil à retordre.
Toppi grand connaisseur du Japon fait revivre un univers élégant et sanglant, nous rappellerons le succès de Tanka, et les autres récits japonais déjà publiés par Mosquito.

Le bûcheron Ichiro mène une vie paisible, loin des palais. Lorsque le sorcier Washizu et sa horde de démons renversent le prince Shimura, la guerre fait une brusque intrusion dans la vie du village.
Ichiro recueille un jeune enfant et décide de l'élever comme son fils.
Momotaro grandit à l'écart du monde, l'enfant se lie d'amitié avec un renard habité par un esprit de la forêt.
Sa rencontre avec un vieux Samouraï va lui permettre d'accomplir son destin et lutter contre les démons qui oppriment son pays.

Mon avis :
Peut-être l'album le plus accessible de Toppi pour le découvrir, puisque, et c'est une exception en dehors de la série du Collectionneur, il s'agit d'un récit unique. L'album ne contient pas les habituelles histoires courtes. Comme pour Tanka, les dessins de Toppi m'évoque des images de Kurosawa. On fait quelques incursions dans le fantastique, et les animaux parlants façon Kipling en renforcent le côté conte.



En résumé, ces deux Toppi sont tout deux d'excellents crus qui devraient combler les amateurs d'univers japonais médiéval. À vous de voir si vous préférez 5 récits courts ou bien un seul long. Personnellement je prends les deux, sans hésitation !

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Mer 8 Nov - 17:34

Les dessins de Toppi pour ses BD "japonaises" atteignent des sommets. L'artiste délaisse son côté baroque et graphique pour un dessin extrêmement minutieux, très soigné, proche de la minutie démente de Gal par moments. Ses guerriers sont cuirassés d'armures magistralement rendues et d'un réalisme remarquable pendant que ses princesses se drapent de mètres de kimono aux motifs évoquant les toiles somptueuses de Klimt.

Shikibo ne pouvait qu'inspirer Toppi tant elle correspond à son univers : une poétesse également princesse, dont une seule œuvre à survécu, cinq petits vers, concis comme un Haïku et d'où Toppi va tirer une grande fresque, poétique et violente.
Sa fascination pour la culture japonaise éclate ici à chaque case.
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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Mer 8 Nov - 23:27

Bien d'accord. Si Sharaz-De reste son chef d'œuvre le plus réputé, les 2 tomes japonais de Toppi sont pour moi ce qu'il a fait de mieux en album individuels : bonnes histoires, graphismes au sommet, amour et connaissance du japon qui transpirent à chaque page. La fusion de la tradition du graphisme nippon avec le style habituel de Toppi est, comment dire, naturelle... Je retrouve ainsi une recherche d'épure et de stylisation à la japonaise dans les autres albums de Toppi, qu'ils soient japonais ou pas. Je ne serais pas étonné s'il avait étudié soigneusement les styles extrême orientaux.

Un peu derrière je mettrais les deux albums "africains" (Warramunga 1856 etM'Felewzi), ainsi qu'Un Dieu mineur.
Avant de relireLe collectionneur et ses 5 tomes, un peu à part dans son œuvre, je continuerai prochainement avec quelques tomes individuels.

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Sam 11 Nov - 9:49

ÎLE PACIFIQUE

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=46

Citation :

Nous savions le tropique triste depuis Lévi-Strauss, nous l'ignorions mortel : telle est la leçon du maître ethno-graphiste Toppi . L'homme blanc rêve du territoire perdu qui le fera roi, tout Lord Jim anonyme cherche son île au trésor. Mais le sacre se révèle massacre, et c'est le docteur Moreau qui est au rendez-vous... Aussi pervers que Prosit Luckner, le faux junker Von Habst-Ermolli joue au comte Zarof au pays des maoris.Toppi jette son trait impeccable et acéré comme autant de sagaies clouant sur sa planche ses pantins de héros.
La leçon est claire : lecteur avide d'ailleurs, ne cède pas aux chants des sirènes du Pacifique, reste dans ton lit, c'est l'unique chance de survie que t'indique ce guide signé Toppi.

Mon avis :

Encore un grand Toppi. Comme Motomaro présenté juste avant, il s'agit d'un des rares grands récits individuels "complets", et qui est donc édité chez Mosquito avec une seule histoire. Tout d'abord, le titre : Île Pacifique. Pacifique ? Savourons le trait d'humour, car cette ile sera tout sauf pacifique ! J'ignore cependant le titre originel italien. L'île a beau avoir des décors paradisiaques, c'est plutôt l'enfer qui s'annonce.
Mon interprétation en GROS spoiler :
Spoiler:
 
.

Cet album est aussi un clin d'œil à Hugo Pratt et à Corto Maltese : Toppi marche carrément sur les traces de Corto avec un marin en guise de héros et en ouvrant l'album sur un oiseau de mer assez emblématique de son compatriote. Certains décors de jungles sont un régal pour l'œil. Le scénario peut parfois être déconcertant : certains protagonistes peuvent agir curieusement comme s'ils avaient été victimes d'une insolation. On songera également à Au cœur des ténèbres (Heart of Darkness), la nouvelle de Joseph Conrad parue en 1899 qui inspira Apocalypse Now.

Au final, un excellent Toppi qui met en garde contre les mirages et promesses des îles paradisiaques, tout en étant une réflexion sur l'appel de l'aventure, la domination et l'esclavage,la folie, et les autres côtés sombres de l'âme humaine.

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Dernière édition par VIC le Mer 22 Nov - 22:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Mar 21 Nov - 23:44

À force de relire les Toppi pour les présenter ici, j'ai décidé de me procurer les quelques titres en N&B qui me manquaient.
J'ai découvert Ogoniok dans sa nouvelle version qui contient maintenant 3 histoires, dont 2 nouvelles, toutes articulées autour de la Russie.

La 2è histoire de l'ancien Ogoniok a migré dans le recueil Saint Acheul 17, centré autour le a 1ère GM.

Tout cela est bien plus cohérent et l'éditeur a bien eu raison.
J'édite donc mon message sur Ogoniok, en attendant de présenter Saint Acheul 17.

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Mer 22 Nov - 22:56

SAINT-ACHEUL

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=142

Citation :
Toppi s'est souvent intéressé à la Grande Guerre, nous reprenons trois récits abordant ce sujet dans le registre fantastique qu'il affectionne.

Saint-Acheul qui fut publié dans A Suivre..., Comme un ours en furie évoquant le front austriaco-italien et Myetzko qui fut publié par nous dans l'album éponyme en 2001. Cet album étant épuisé depuis un moment, nous le restructurons de façon plus cohérente.

Plusieurs planches de cet album sont exposées à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne.

Mon avis :

3 récits se passant lors de la première guerre mondiale, signés Toppi. Toppi - Tardi ? Tardi -Toppi ?
On connaît l'importance de cette guerre sur l'œuvre de Tardi. Comme lui, Toppi va montrer le côté sale de la sale guerre. C'est forcément sombre donc. Toppi propose l'imaginaire ou le fantastique comme alternative à l'absurdité et les atrocités de la guerre... à moins qu'il ne peigne une métaphore de la folie, folie comme échappatoire.

Saint-Acheul, 17 se passe lors de la bataille de la Somme, du côté des Allemands. C'est étonnant et associe l'absurde et le fantastique. À moins que tout ceci ne soit qu'un rêve, une folie individuelle au milieu d'une folie collective. En fait, comme dans Transsibérien (présent dans Ogoniok) ou Aioranguaq (la première histoire d' Un Dieu Mineur), Toppi va user d'un stratagème : mélanger les époques. Toppi adore faire se rencontrer les cultures, y compris celles qui ne sont pas contemporaines. Un histoire intéressante sur la bestialité primitive de l'homme. Une fin qui aurait pu être meilleure en étant ouverte, en laissant justement planer un doute sur la folie du héros.

Comme un ours en furie m'a beaucoup moins convaincu. Le stratagème est à celui de l'histoire précédente : intrusion d'un élément fantastique en pleine guerre de tranchée. Sauf que, là, je ne l'ai pas trouvé bien amené, plaqué au dernier moment, moins cohérent avec l'intégralité de l'histoire. Le récit lorgne plus vers un roman graphique (avec des extraits de textes poétiques).

Myetzko est l'histoire la plus longue et la plus intéressante, qui plonge dans le passé. Elle n'aurait pas été reniée par Lovecraft ou Bram Stoker, avec cette histoire de pacte démoniaque sur plusieurs générations. En plus du pacte, c'est une histoire de liens indéfectibles entre maître et serviteur, un conte des Balkans.

Deux remarques sur ce recueil, très cohérent. La première est que nous avons droit à quelques petits croquis ou dessins toujours sur le thème de la première guerre mondiale, en bonus, entre les récits. C'est toujours un plus agréable que de voir des dessins "perdus" de Toppi intégrés au thème du recueil.
La deuxième est que nous sommes en présence d'une préface. NE JAMAIS LIRE LES PRÉFACES AVANT est mon crédo, je les lis toujours en postface. Celle-ci trouve une sorte de lien, un clin d'œil entre les 3 histoires qui m'avait totalement échappé. Un lien peu facile à voir certes, et dont on peut se demander s'il était volontaire, vu que les récits ont été écrits à 25 dans d'écart pour certains. Mais a posteriori, c'est un petit détail jouissif qui donne l'impression que le tout est peut-être supérieur à la bataille de la somme des parties. On pardonnera la coquille dans cette préface, où il faut lire 1975 au lieu de 1957.

Au final : malgré de bons scénarios pour la première et la 3è histoire, ce n'est vraiment pas mon Toppi préféré, de part son thème. On plonge dans la tranchée, dans la sale guerre, dans son univers noirâtre. Pas de forêts ou de beaux paysages à contempler ici, l'heure n'est pas à l'enchantement. Cela se ressent : ces trois récits de Toppi s'orientent plus vers un fantastique horrifique... qui sera précisément l'objet du prochain recueil qui sera présenté bientôt : Krull.

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Jeu 23 Nov - 17:06

Quelque part, ce mélange entre guerre et fantastique, ce fantastique comme échappatoire à l'horreur, ce mélange d'époques, me font penser un peu à Trois lignes de vieux français d'Abraham Merritt...
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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Dim 26 Nov - 10:11

Voyageur Solitaire a écrit:
Quelque part, ce mélange entre guerre et fantastique, ce fantastique comme échappatoire à l'horreur, ce mélange d'époques, me font penser un peu à Trois lignes de vieux français d'Abraham Merritt...
Tu as absolument raison, j'avais justement pensé à cette nouvelle en lisant ce Toppi. J'ai simplement omis de le mentionner et tu as réparé cet oubli, merci !

On continue avec un autre Toppi qui, tout comme Saint Acheul 17, figure parmi ceux que j'apprécie le moins dans sa production (mais je l'apprécie quand même, sinon je ne l'aurais pas acheté après l'avoir lu et relu).


KRULL

http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=127

Citation :
Cinq récits fantastiques de la meilleure veine !

Toppi nous conduit dans ses mondes de légendes, mais il ne s'agit pas de contes pour enfants. Il nous parle certes de petits nains dans la forêt, de crapaud enchanté, de fée et de poupées.

Nous faisons la connaissance de Krull le méchant ogre qui enlève la nuit les petits enfants. .(...)

Toppi revisite magistralement l'univers des contes germaniques : la maison de l'ogre au fond de la forêt est gothique à souhait, les méchants sont effrayants, mais c'est aux adultes qu'il s'adresse et qu'il distille avec humour sa vision noire de l'humanité.

Chaque fois l'ironie est grinçante et la pointe finale du récit surprenante et acérée...


Mon avis
:

Un Toppi original qui se détache des autres de part son thème gothique, où Toppi revisite les univers des contes de Grimm sous un angle encore plus sombre. Il y a ajoute ce grain de folie italien, un certain goût pour le burlesque, notamment dans les deux premières histoires.

Krull
est le récit que j'ai le moins aimé, peut-être parce qu'il est le plus burlesque justement. Une phrase comme :
- Mange ta soupe, sinon l'ogre viendra te manger !
pourrait donner le ton initial de l'histoire. Mais Toppi va détourner les codes du conte horrifique pour enfant.

Champignons  est comme un champignon hallucinogène, c'est un récit halluciné et assez fou. Il commence par le dialogue d'un crapaud et d'un gnome perché sur un champignon (représentés sur la couverture). Le récit va nous transporter ailleurs et très loin. Il donne lieu à deux planches finales de toute beauté au niveau graphique.

Le Roi et le Corbeau est la seule des histoires ici présentes à ne pas être parue dans les 80's, elle est sortie en 1997. Elle se détache des autres par sa poésie lente et majestueuse. À la manière du récit Un Dieu Mineur, Toppi fait parler une idole, ici une statue de pierre d'un roi conquérant mort depuis des lustres, enfoncé dans la terre d'un cercle de pierres d'allure celtique. Il dialogue avec un corbeau et se remémore ses conquêtes passées. Un récit emprunt de nostalgie et une réflexion sur le temps qui passe, le sens de la vie, tout en étant une fable écologique. Un petit bijou de poésie.

Hortruge est une jeune sorcière enchanteresse aux dons maléfiques, l'un des plus belles femmes dessinées par Toppi. Pas de crapaud pour elle, cette femme fatale est entourée d'un ours et d'un loup, qui nous donne l'occasion d'admirer une fois de plus le goût de Toppi pour les dessins animaliers stylisés. Très bon.

Puppenherstellerstr. 89 monte encore des crans dans le gothique très sombre, avec une histoire de poupée maléfique digne d'une histoire oubliée de Poe, ou bien carrément d'un film d'horreur. Le récit est paru en 1982, date où finalement très peu de films sur les poupées maléfiques étaient parus, et bien antérieur aux Chucky (qui semble aussi d'origine italienne).
Un site internet montre que sur 26 films du genre "poupée maléfique", seulement 3 sont antérieurs à 1982 : deux date des 70's, et loin devant, le premier semble être Les poupées du diable datant de 1936.
https://www.senscritique.com/liste/Poupees_malefiques/787558

Au final, un Toppi sombre qui revisite les contes gothiques, aux histoires variées. Il y en aura pour tous les goûts, c'est le cas de le dire...

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Dim 3 Déc - 11:42

Quand Toppi revisite les terres sauvages de l'ouest américain :

COLT FRONTIER


http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=239

Dernier Toppi paru chez Mosquito, cet opus généreux (92 pages) revisite Jack London. Il ne s'agit pas de westerns "classiques", mais plutôt d'histoires de chercheurs d'or ou bandits, perdus dans une nature sauvage et magnifique de l'ouest américain ou des terres plus au nord.

Amiral au rancart nous offre une tranche de vie tout en nuances. No country for old men ?

Une visite pour John Colter
oppose le matérialisme des hommes blancs à la spiritualité des peaux-rouges.

Katana, seule histoire en couleur du recueil, est l'improbable rencontre entre un pionnier et un rônin.
On appréciera au passage spoiler
Spoiler:
 

Répondez à ma question parle de la rencontre d'un chercheur d'or avec une tribu indienne. Une histoire assez philosophique.

Une seule fois dans ma vie retrace la fin de parcours d'un tueur au bout d'une chasse poursuite dans des paysages sauvages de toute beauté graphique.

La rage de vivre est une histoire marquante qui semble tout droit sortie du répertoire de Jack London.

Mon avis : l'un des meilleurs Toppi tout simplement. Six bonnes ou très bonnes histoires de pionniers perdus dans des natures sauvages. C'est brillant. Comme l'or que recherchent ces héros d'infortune.





NAUGATUCK 1757


http://www.editionsmosquito.com/ouvrage.php?id=233

Citation :

À travers trois histoires, Sergio Toppi met en scène des personnages du grand nord des Etats-Unis, trappeurs et Indiens se côtoient dans un univers rude et hostile.


Tant que tu vivras
est le récit d'un indien qui raconte comme les objets des Blancs sont venus perturber l'équilibre. Les dieux sont tombés sur la tête ?

Naugatuck 1757
Citation :
Farquharson est écossais. Il a fui le joug anglais pour l'Amérique. Ce joueur de cornemuse vit à travers la prophétie de sa famille :
"Quand sous les coups de l'ennemi, notre instrument prendra une nouvelle voix, nous serons capables de tout !"
Une histoire assez atypique et mémorable, que n'aurait pas renié le Hugo Pratt de Fort Wheeling.


Little Big Horn 1875

Citation :
"Nous avons piégé Tête Jaune et tous les siens sur une colline et nous allons les écraser comme des fourmis."
Le sort de Custer est scellé. Les Sioux et les cheyennes de Sitting Bull, Crazy Horse et Two Moon vont graver leur dans l'Histoire...
Une légende amérindienne de haut vol.

Mon avis :

Encore un excellent Toppi. Celui-ci donne la part belle aux indiens. On peut même s'étonner vu les thèmes chamaniques abordés par Toppi, qu'il n'ait pas écrit davantage d'histoires sur eux. Je le vois mal s'en tenir là et je suppose et j'espère qu'il y a d'autres histoires amérindiennes en attente de parution, vu que Colt Frontier vient de sortir et qu'un autre Toppi sud-américain est annoncé pour mi 2018.
L'ouvrage est actuellement épuisé et c'est le seul Toppi en N&B qui me manque. Vivement une réédition ! Peut-être avec des bonus ?

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MessageSujet: Re: SERGIO TOPPI (fumetti)   Dim 3 Déc - 13:00

J'ai feuilleté certaines de ces histoires, bien que peu attiré par tout ce qui est "western" on va dire.

Ce qui saute aux yeux, c'est l'intérêt de Toppi pour les Indiens, leur culture, leur mode de vie. Viennent aussi les paysages, grandioses, graphiques et là, franchement, on regrette l'absence de couleur par moments.
Mais derrière tout ça, il y a aussi un esprit, un ressenti : celui d'hommes perdus, à bout de souffle ou consumés par leurs rêves et qui sont venus se perdre ici. Des types en fin de parcours, usés, qui savent très bien que c'est fini mais qui gardent la rage jusqu'au bout. Et en filigrane, des indiens qui eux, ont l'éternité pour eux. Des indiens qui sont clairement dans un autre état d'esprit, intérieur, une autre spiritualité et qui regardent s'agiter ces hommes blancs si nerveux et pitoyables...

Pas de sophistication ici, elle serait incongrue dans de tels espaces. C'est fort, c'est primaire, brut.
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