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 LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE

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Gorak

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MessageSujet: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Jeu 10 Aoû - 9:27



"La Leçon de Musique" - Jean-Marc NATTIER (1710)

Ce tableau fait partie des toutes premières productions du peintre. Il présente un intérêt particulier dans la mesure où l'on connait très peu de toiles antérieures à cette date signées de Nattier. Mais l'intérêt de l'oeuvre tient aussi en majeure partie à son iconographie et à la précision organologique qu'il observe.

L'instrument de musique représenté est une viole de gambe, très courant dans les salons de cette époque.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Ven 11 Aoû - 14:34

Tu as eu une bonne idée je trouve, de regrouper les tableaux autour de ce siècle dans un même sujet.

_________________
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Ven 11 Aoû - 20:31

Maurice Quentin de la Tour, autoportrait, 1751


Artiste reconnu, respecté et croulant sous les commandes, Maurice Quentin de la Tour traversa le XVIIIème siècle (il vécût 83 ans) comme "le prince du pastel".

Il fût effectivement un maître de cette technique et se rendît célèbre par ses nombreux portraits, lumineux, en grand format, très réalistes. Le sujet est toujours placé en pleine lumière de façon à gommer les éventuelles imperfections et l'artiste dessine toujours un coin de sourire sur ses lèvres.
Il avait commencé par la peinture à l'huile mais se voulant portraitiste, il se tourna vers le pastel, technique difficile mais qui donne un grand réalisme quand elle est bien maîtrisée. Vite remarqué, il fût le protégé du premier peintre du roi qui lui recommanda "de ne jamais cesser de dessiner". Suivant ces conseils, de la Tour s'enferma deux ans, vivant en reclus, pour ne faire que dessiner, apprenant également les mathématiques et la géométrie pour mieux maîtriser son art et la perspective.

Son succès fût grand, il peignît quantité de grands personnages dont le roi, des membres de la famille royale, madame de Pompadour, des seigneurs, grandes dames, de riches financiers... Perfectionniste, il tenta également de mieux "fixer" le pastel sur la toile par divers procédés mais ne fît qu'endommager certaines de ses œuvres. Peintre "mondain", très en vogue dans les salons qu'il fréquentait assidûment, il gardait malgré tout une certaine liberté, refusant les commandes qui lui déplaisaient, n'hésitant pas à peindre un valet plutôt que son maître parce qu'il le trouvait plus intéressant et refusant même d'achever le portrait des filles du roi parce qu'elles le faisaient attendre... La nuit venue, il étudiait littérature, histoire et sciences afin d'être à la hauteur des gens de lettres et des artistes qui posaient pour lui ou avec lesquels il bavardait dans les salons.

Il est resté le maître du pastel à tel point que par la suite, certains pastels inconnus lui furent automatiquement attribués. Pour mémoire, c'est lui qui figurait sur nos anciens billets de 50 francs.
(Rappel : Debussy pour les billets de 20 francs, Delacroix pour les 100 francs, Montesquieu pour les 200 et Pascal pour les 500)
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MessageSujet: UNE FILLE AVEC UN CANARI MORT (J-B. Greuze)   Lun 27 Nov - 14:14


Ce tableau est typique du style pictural expérimenté par Jean-Baptiste Greuze, lequel aime jouer avec les émotions du spectateur. En l’occurrence, nous sommes invités à compatir avec la jeune fille pleurant son canari mort.

De tels sujets étaient de grand intérêt pour les contemporains de Greuze dans un siècle où le "sensible" jouait une grande importance. L'accent est mis sur l' expression du visage de la jeune fille et aussi les contrastes de texture entre son écharpe, les fleurs , la cage en bois et le canari mort. Les couleurs ont un peu passé avec l'âge, de sorte que le canari, jaune à l'origine, est devenu blanc et ce qui devrait être le feuillage vert est devenu bleu.

On peut aujourd'hui admirer ce tableau à la National Gallery of Scotland.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Lun 27 Nov - 15:12

La peinture du XVIIIème ne m'a jamais vraiment emballé. Il y a du bon mais il y a aussi tout un côté "sensiblerie", angelots, jeunes filles timides et scènes de genre toutes en préciosité qui me gonflent rapidement et qui tournent facilement à la mièvrerie, reflet d'une société devenue trop raffinée.

Greuze en est l'un des peintres chéris (bien qu'il ait donné dans le "polisson" aussi comme on disait à l'époque). Son succès fût énorme, il croula sous les commandes pour finir ruiné par la Révolution. Il sera incapable de rebondir, incapable de s'adapter au goût nouveau, au style néo-classique, héroïque et épique qui suivra, mené par le peintre David.
Mais tout n'est pas à jeter chez cet artiste, loin de là et certaines de ses toiles sont plaisantes, surtout ses portraits comme par exemple :

Ange Laurent de la Live de Jully jouant de la harpe

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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Lun 27 Nov - 16:28

Voyageur Solitaire a écrit:
La peinture du XVIIIème ne m'a jamais vraiment emballé. Il y a du bon mais il y a aussi tout un côté "sensiblerie", angelots, jeunes filles timides et scènes de genre toutes en préciosité qui me gonflent rapidement et qui tournent facilement à la mièvrerie,

J'avoue : il y a un côté un peu "théâtral" et surjoué qui peut déplaire.

Cette jeune fille pleurant la mort de son canari n'est pas vraiment naturel, il faut dire. On a l'impression qu'elle joue son rôle. Mais c'est le siècle qui veut ça, je pense.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Mar 28 Nov - 10:18

Le Déjeuner d'huîtres - par Jean-François de Troy (1735)

1260 x 1800 cm


Ce tableau fut commandé en 1735 par le roi Louis XV pour décorer la salle à manger de ses Petits Appartements au château de Versailles, où il aimait se retrouver dans l'intimité lors de ses retours de chasse.

On voit sur ce tableau des gentilshommes qui mangent des huîtres, un mets très apprécié au XVIIIe siècle. Ils boivent du Champagne dans de la vaisselle en argent massif. Élément assez comique à cette scène : serviteurs et convives suivent le bouchon des yeux qui vient de sauter au plafond.

Loin des salons où l'on discutait philosophie ou littérature, cette oeuvre témoigne que l'on savait aussi prendre le temps de vivre à cette époque et profiter des plaisirs gastronomiques les plus raffinés entre gens de qualité.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Mar 28 Nov - 11:17


Ce souvenir extravagant fait partie d’une série des quatre tableaux à l’origine commandés par le duc de Choiseul en 1757 afin de commémorer son séjour à Rome, lorsqu’il était ambassadeur du roi de France auprès du Saint-Siège.

L’auteur, Giovanni Paolo Pannini, qui était alors le peintre le plus réputé de Rome, fut formé dans une école de scénographes à Bologne. Il montre le duc assis au centre d'une galerie d'art, entouré de sculptures de Michel-Ange et du Bernin. Autour de lui sont accrochées des vues méticuleusement détaillées des principaux bâtiments romains, des fontaines et des monuments, y compris la place Saint-Pierre, la Fontaine de Trevi et la Place d'Espagne.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Mar 28 Nov - 16:23

Choiseul avait du goût et surtout menait grand train, encore plus lorsqu'il devînt ministre des Affaires Etrangères. Il en avait les moyens il est vrai, ayant épousé une riche héritière dont la fortune vînt s'ajouter à la sienne.
Tombé en disgrâce, il se retira sur son domaine de Chanteloup et dût vendre progressivement ses superbes collections pour maintenir son fastueux train de vie.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Lun 18 Déc - 16:46

"Pensent-ils au raisin ?" de François Boucher (1747)




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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Lun 18 Déc - 18:29

Je n'ai jamais aimé Boucher dans ce genre de sujet. C'est d'une mièvrerie et d'une préciosité qui me gonfle, de la peinture "niaiserie" avec des arrières-pensées que l'époque qualifiait de "coquines"...
A la limite, je préfère quand il faisait franchement du nu, voire des scènes de cul, au moins c'était franc. Mais tout ce bordel de frous-frous, de dentelles et de rubans, de gestes maniérés, je déteste.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Lun 18 Déc - 19:34

T'as le droit de trouver cela mièvre mais moi, j'aime bien.

Pour moi, c'est romantique. Il y a une grande tendresse dans ce tableau, de la douceur, de l'amour. On imagine aisément les mots doux que ces deux tourtereaux doivent se sussurer à l'oreille. Ils sont heureux, ils sont tous les deux, seuls, dans la montagne... il faut chaud, c'est l'été... ils ont ôté leurs bas et leurs souliers pour être plus à l'aise.

Il y a quelque chose de délicieusement érotique à peine masqué par un voile de pudeur innocente qui ne demande qu'à être levé.

J'aime ça.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Mar 27 Fév - 9:16

"La Fileuse de Laine" - Jean-Baptiste GREUZE (v. 1759)


Comme beaucoup d’œuvres de ce peintre, cette fileuse de laine appartient au genre qu'affectionnait Chardin dans les années 1730. Quelque chose qui nous rappelle la peinture hollandaise du XVIIe siècle. Mais les toiles de Greuze sont beaucoup plus capricieuses, tant dans la réalisation que dans la finition.
La lettre B, que l'on voit incrustée sur le premier barreau de la chaise, indique que le modèle pourrait être la plus jeune soeur de la femme de l'artiste, Anne-Gabrielle Babuti, que Greuze épousa en janvier 1759.

La Fileuse de Laine fut exposée au public la même année, avec d'autres portraits de sa nouvelle famille que Greuze présenta entre 1759 et 1761.

Aujourd'hui ce tableau fait partie de la Collection Frick, à New York.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Dim 1 Juil - 13:31

Elisabeth Vigée-Lebrun

Autoportrait


Peintre majeur du XVIIIème siècle, elle en est également l'une des rares femmes.
Née en 1755 à Paris, d'origine modeste, elle connaîtra pourtant une carrière fulgurante. Très douée pour l'huile et le pastel, elle va dans les galeries de peinture pour dessiner et copier les œuvres exposées. Très vite, elle attire l'attention de peintres et dessinateurs qui l'encouragent et la conseillent. Bientôt, les premières commandes arrivent et c'est le début d'un succès qui ne se démentira plus : l'artiste deviendra même la portraitiste officielle de la reine Marie-Antoinette, qu'elle peindra une vingtaine de fois. Du même âge, les deux femmes tisseront au fil du temps une sympathie réciproque. Encore mieux : non seulement Elisabeth peint mais elle enseigne son art également.
Tout s'emballe : elle est admise à l'Académie royale de peinture, pourtant peu encline à accepter des femmes en son sein. Elle achète un hôtel particulier, donne des fêtes fastueuses, fréquente le tout Paris et, très belle femme, fait tourner bien des têtes. Les prix de ses œuvres s'envolent : 80 000 francs de l'époque pour le portrait du ministre Calonne (qui fût son amant). Ce qui n'empêche pas son mari, marchand de tableaux, de se servir au passage : sur un portrait vendu 12 000 francs, elle n'en touche que 6... Elle travaille, elle peint sans cesse mais la grande vie continue.

Elle fuit très tôt la Révolution après que son hôtel ait été saccagé et pillé, un mannequin à son effigie brûlé. Elle laisse derrière elle son mari (avec lequel les relations étaient difficiles), ses toiles, sa fortune et fuie avec sa fille pour Lyon, déguisée en ouvrière, avant de rejoindre Rome. Sur la route, elle croise un cocher qui lui offre une mule :

-« Ah ! reprit-il en riant, madame n'est pas une ouvrière, on sait qui elle est.
- Eh bien, qui suis-je donc ? demandai-je.
- Vous êtes madame Lebrun, qui peint dans la perfection »

A Rome, comme partout en Europe, sa réputation lui permet de très vite retrouver fortune et gloire. C'est alors que l'ambassadeur de Russie lui propose de venir dans son pays. Ce sera un coup de foudre entre l'artiste et la Russie : Elisabeth Vigée-Lebrun croule sous les commandes et les russes la surnomment avec fierté "Notre Rubens". Elle apprend avec douleur la mort de tous ses amis, restés à Paris et guillotinés et ne rentre en France que vers 1809. La mort successive de sa mère, de sa fille et de son frère la marquent profondément. Elle n'arrive pas à s'adapter à la nouvelle société et se renferme sur elle-même, se consacrant à son travail et ses souvenirs d'une époque perdue qu'elle regrette profondément. Elle subit vers la fin de sa vie des attaques cérébrales qui la rendent aveugle et meurt à Paris en 1842.

Elle laisse derrière elle plus de 900 tableaux dont 600 portraits, de femmes majoritairement.

Autoportrait avec sa fille Julie


La duchesse de Polignac


Détail du visage


(Photo : harvardclubottawa.ca)

Autoportrait au chapeau de paille

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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Jeu 13 Sep - 15:03



« Jupiter déguisé en Diane séduit la nymphe Callisto » - François BOUCHER, 1759.

Les peintures voluptueuses de Boucher, aux tons pastel, à la lumière argentée et à la délicatesse de ses sujets, sont l'exemple parfait du style rococo au XVIIIe siècle.

Le sujet de cette toile peut sembler inoffensif au premier abord, et pourtant il cache une trahison. En effet, Jupiter, amoureux de Callisto, a pris les traits de Diane, sa fille et déesse de la chasse, pour la séduire. La nymphe, charmée, ne se doute pas du danger qui la guette ; en l’occurrence un aigle, se tenant au-dessus du drap de satin rose, et prêt à fondre pour l’enlever et l’emmener sur l’Olympe.

Que nous enseigne ce tableau ? Que les choses les plus innocentes peuvent cacher de réels dangers. Qu’il ne faut pas se laisser perdre dans les délices, même les plus sensuels, sous peine de rencontrer moult difficultés. Qu’il faut demeurer toujours vigilant.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Jeu 13 Sep - 15:18

Encore un tableau de Boucher :

"Les Sabots", en 1768.


Une scène qui donne envie de conter fleurette...

On aurait envie d'être un petit oiseau et de se pencher sur leur épaule pour écouter leurs petits secrets.

Toute l'innocence et la naïveté de la jeunesse, Il n'y a que le XVIIIe siècle pour nous offrir de pareils instants de délices. Enfin, juste avant le gros orage de la Révolution française...
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Jeu 13 Sep - 18:20

Le genre de peinture que je déteste, comme je l'ai signalé plus haut.
Un sommet de mièvrerie, de niaiserie et d'angélisme de bazar, de mignardise maniérée et poudrée. Boucher est vraiment l'illustrateur type de cette civilisation à bout de souffle, sous bonbonnière, diluée sous un raffinement poussé à l'extrême.
Heureusement qu'il y a eu le néoclassicisme et le retour à l'antique pour nous débarrasser de toutes ces bergères d'opéras, de ces angelots fessus et de toute cette mièvrerie pour seigneurs poudrés qui n'étaient plus que de caniches de luxe, tout juste capables de prendre la pose.

Enfin bon, après, les goûts et les couleurs...
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Jeu 13 Sep - 18:29

Je trouve cela beau et romantique, tout simplement. En fait, quand je vois ce genre de peintures, je peux m'asseoir des heures devant et m'imaginer des tas d'histoires devant. Je suis ce berger et je séduis cette jeune paysanne, je lui offre une rose, elle m'accorde un baiser et progressivement, je me rapproche d'elle et doucement, je lui effleure l'épaule de mes lèvres...

Il n'y a qu'à fermer les yeux et laisser vagabonder son imagination.

Et puis, ces couleurs, pastels, c'est lumineux, c'est doux, c'est sucré, c'est tendre. On a besoin de tendresse et ça, à l'époque, Boucher l'avait bien compris... le XVIIIe siècle était aussi un siècle de guerres, de conflits et où la vie n'était pas toujours rose pour certains. Alors, du bout de ses pinceaux, il changeait le monde, offrant une pause... une pause d'amour et de tendresse, avec un soupçon de sensualité et il suffisait de regarder ses créations pour oublier son quotidien et se mettre à rêver.

Je tape souvent "François Boucher" sur Google et je me mets à rêver devant mon écran. Avec un petit air de Vivaldi en fond, c'est l'extase.
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Jeu 13 Sep - 18:43

"Scène Pastorale" - François BOUCHER, 1730/1760.



- Monsieur, je vous prie, ne me touchez point.
- Mais, Madame, je vous aime...


Alors, tentative de drague ou harcèlement ? Smile

#BalanceTonVicomte lol!
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Jeu 13 Sep - 19:04

Je ne rejette pas tout chez Boucher, Diane au bain me plaît bien et son portrait de la Pompadour en pied, posant dans un jardin, est plein de fraîcheur et de grâce.

Mais tout ce côté mièvre, niais et galant, tout ce merdier de dentelles, de froufrous et de rubans, de poses maniérés et convenues, c'est pour moi l'illustration d'une civilisation en fin de course, trop policée, trop maniérée et perdue dans un raffinement excessif. Comme l'a écrit Arthur Conte, on est sidéré par ces nobles poudrés, enrubannés et parfumés, précieux, mis sous bonbonnière et qui n'ont plus rien à voir avec les farouches chevaliers, comtes et barons batailleurs qui ont fait trembler sur les champs de bataille. La haute-société d'Ancien Régime n'était plus qu'une classe parasite, ayant perdu toute vigueur. Comme l'écrit encore Arthur Conte : "Ils ont perdu toute vigueur, collective comme individuelle. Caniches de luxe, ils ne savent que prendre la pose. Non seulement ils ne sauront pas aider à maîtriser le typhon quand il viendra mais ils sont sourds au tonnerre qui l'annonce…"
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Jeu 13 Sep - 19:58

Tu sais, c'était l'époque qui voulait ça... il n'y a pas qu'en France, il suffisait juste de traverser la Manche et de voir quel style de peinture rendait fous nos voisins anglais.

Si en France, on a eu Boucher, les Anglais ont eu Joshua Reynolds et le style est quelque peu similaire :



Ce tableau, peint en 1773, représente les sœurs Montgomery - Barbara, Elizabeth et Ann - dont le père était un aristocrate irlandais, sir William Montgomery, et elles étaient connues comme les Trois Grâces Irlandaises (Irish Graces).
Dans cette toile, Reynolds les a représentées en train de décorer de fleurs une statue du dieu Hymen, présidant au mariage. Parce que, évidemment, il fallait bien indiquer au reste des mondains qu'elles étaient bien vierges pour une éventuelles union matrimoniale... Laughing

Reynolds, afin de réaliser ce chef-d'oeuvre, s'est beaucoup inspiré du travail d'artistes les plus admirés du siècle précédent, notamment Nicolas Poussin. D'où les accusations de plagiat qu'il a dû subir.


Mais, tu sais, je n'aime pas tout dans la grâce maniérée du XVIIIe siècle et si je suis volontiers fleur bleue, il y a un temps où je vais aussi saturer et revenir à des styles et des formes un peu plus rudes, voire rustiques.

Et c'est vrai qu'à cette époque, la noblesse - je parle de la vraie noblesse, celle d'épée - qui, par ailleurs, ne représentait plus grand chose, s'était amollie et on était loin des grands chevaliers qui ont fait l'histoire de France. D'ailleurs, la plupart étaient ruinés et vivaient des pensions que leur versaient le Roi. Et encore, seulement pour quelques grandes familles... sinon, pour tous les autres, ils étaient forcées de contracter des unions avec la nouvelle classe montante de l'époque, la bourgeoisie, celle des Parlements notamment, qui rachetaient les terres des grands seigneurs et s'appropriaient tous les titres de noblesse, bien souvent de manière frauduleuse.

Effectivement, l'Ancien Régime était vraiment à bout de souffle et il fallait des réformes... non pas pour foutre en l'air la monarchie, ce n'était d'ailleurs pas le but, mais, au contraire, pour la revitaliser.

Voilà ce qui est dommage avec la Révolution : tout avait bien commencé mais, hélas, à un moment, c'est parti en sucettes et on connait la suite... guillotine, Terreur et massacres... quel gâchis...
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Ven 14 Sep - 13:28

La mission de la noblesse était claire : défendre le royaume les armes à la main, c'était ce que l'on appelait "l'impôt du sang". En échange de donner leur vie au combat pour le royaume, les nobles se voyaient octroyer des privilèges et ne payaient pas d'impôts.
C'était le système féodal : un royaume défendu par les nobles, béni par les évêques et nourri par le peuple.

Evidemment, les temps avaient changé, on en était plus là mais le système restait en place… Sans oublier Louis XIV qui, pour mater sa noblesse, l'avait abêti dans les corvées de cour, transformant ses grands seigneurs en laquais poudrés, loin de leurs terres et domaines ancestraux.
En 1789, la noblesse n'est bien qu'un ordre parasite, qui n'apporte quasiment rien à la couronne. Elle n'a même pas la possibilité de participer à la vie économique puisqu'il lui est interdit, sous peine de "déroger" (perdre ses droits et privilèges), de s'occuper de commerce, d'industrie et de finance.
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Gorak

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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Ven 14 Sep - 15:10

Voyageur Solitaire a écrit:

En 1789, la noblesse n'est bien qu'un ordre parasite, qui n'apporte quasiment rien à la couronne. Elle n'a même pas la possibilité de participer à la vie économique puisqu'il lui est interdit, sous peine de "déroger" (perdre ses droits et privilèges), de s'occuper de commerce, d'industrie et de finance.

Oui, à ce niveau-là, les Anglais étaient beaucoup plus en avance...
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MessageSujet: Re: LE SIÈCLE DES LUMIÈRES EN PEINTURE   Ven 14 Sep - 16:54

L'absolutisme de Louis XIV a sonné le glas de la noblesse française, l'abrutissant pour la mater, se coupant du peuple à Versailles. Le régent et Louis XV n'ont rien arrangé, la suite on la connait.

On était loin d'une certaine idée de la noblesse, défendre le royaume, avec de vrais chevaliers. Pas les fantoches poudrés du XVIIIeme, une aberration totale, qu'on continue à mettre en avant dans pas mal de médias…

Quant à la peinture du XVIIIe, elle est bien souvent à l'image de son époque, chiante et ennuyeuse.
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