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 LE ROI DES MOUCHES

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VIC

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Masculin Messages : 2972
Date d'inscription : 18/01/2012

MessageSujet: LE ROI DES MOUCHES   Sam 13 Mai - 22:30



Le Roi des mouches, T.1, Hallorave
Le Roi des mouches, T.2, L’Origine du monde
Le Roi des mouches T.3, Sourire suivant

Le Roi des Mouches est une BD en 3 tomes signée Michel Pirus au scénario, Mezzo au dessin, et Ruby à la couleur.

J'ai déjà parlé de Mezzo que j'ai rencontré lors d'une dédicace sur l'excellent Love In Vain de 2014, (cf sujet sur les Blues en BD).
Mezzo a très tôt été attiré par les pochettes rock 60'-70' et la scène underground américaine (Robert Crumb, Rick Griffin, Robert Williams, etc.). Elles apportent un contrepoint « électrique » à ses influences franco-belge.

Admis aux Beaux-Arts de Paris et à Olivier-de-Serre où il fait un passage éclair, Mezzo publiera dans Rock en Stock, Best, Zoulou (Actuel), L’Écho des Savanes, Playboy, Métal Aventure…
En 1988, il rencontre Michel Pirus, avec lequel il se consacre principalement à la bande dessinée sans pour autant abandonner le graphisme et l’illustration.


En 1989, Michel Pirus publie avec Jean-Pierre Dionnet l'album Rose Profond. Avec Mezzo au dessin, Pirus scénarisera plus tard Les Désarmés, Deux tueurs, le recueil Un monde étrange, Mickey Mickey, puis la trilogie du Roi des mouches. Avec Charlie Schlingo, dont ce sera le dernier album, il dessine Canetor.

Le Roi des mouches
, a été fortement remarquée par la critique. Elle est traduite en Espagne (La Cúpula), aux Pays-Bas (Sherpa) et aux États-Unis (Fantagraphics Books).




Citation :
Eric Klein est un jeune branleur qui règne sur un univers provincial où, sous la surface des apparences, tout débloque. Les mères font de faux sourires au brandy, de leurs dents tâchées de rouge à lèvres, les adolescentes vendent leurs petites culottes sales, les dealers coupent leur came à l'engrais de jardin tout en s'occupant affectueusement de leur mamie... Bref, une galerie de personnages profondément humains, à la fois victimes de leurs pulsions et flamboyants, capables d'aimer et de trahir leur prochain sans vraiment faire la différence, dans un jeu permanent de séduction et de manipulation. La cour du Roi des mouches !

Mon avis :

Je vais plutôt citer un long extrait d'un avis d'un internaute, Bruce Tringale, qui me semble fort à propos à la fois pour vous présenter l'oeuvre, et pour résumer mes impressions. J'ajouterai quelques commentaires à sa suite.

Citation :
Titre, couverture énigmatique, rien au dos de la couverture qui puisse vous donner une idée de l'histoire, dessins étranges. C'est ainsi : pour pénétrer dans le royaume des mouches froid , glacial , hermétique il faut une bonne dose de curiosité qui sera ( en principe) hautement récompensée.
Tout d'abord un cocorico s'impose : Lorgnant sur le comic indépendant, le roi est une production française qui bouscule tout sur son passage et n'ayant comme défaut que la lenteur de sa publication ( 4 ans entre chaque album ! ) .
Il n' y a pas à priori de réelle histoire mais plutôt un fil conducteur via le personnage d'Eric Klein. Comme les yeux de l'insecte auquel l'ouvrage emprunte son titre, nous assistons à des tranches de vie kaléidoscopiques de jeunes desoeuvrés sans chronologie apparente . Comme dans le légendaire Best Of - Watchmen un même événement peut être raconté par un autre personnage avec son point de vue qui fait avancer lentement l'intrigue. Sexe, drogue, rocknroll, mort, vide existentiel, manipulation, rancoeur, jalousie, mesquinerie, conte de la folie ordinaire, solitude : on ne peut pas dire que la lecture du roi des mouches soit un moment de détente !
Beaucoup de texte, peu d'action, aucun dialogue (L'histoire est racontée en voix off par un personnage différent à chaque chapitre), et un sentiment de perdition tout au long de la lecture.
Et pourtant ! Moi qui ait en horreur les récits déstructurés, je me suis surpris à être hypnotisé par ce récit. L'écriture de Pirus est incroyable de précision, chaque mot pèse son lot de méchanceté, de cynisme , de désespoir. Le graphisme de Mezzo se rapproche effectivement de Charles Burns : mais à la différence près que ses ados ne sont pas des mouflards pleurnichards. Ses personnages ont un langage corporel figé , des expression de visage fixes qui accentuent l'importance de l'instant présent pour ces humains qui pourraient avoir "No Future " gravé sur le front.

À l'instar de films à sketch , Le Roi des mouches propose donc de courts chapitres de trois pages avec des "héros" récurrents qui , comme l'araignée, tissent peu à peu leur toile dans une bourgade perdue des Etats-Unis ( où l'on paye en euros -sic- ).
Dans le premier volume notamment, vous pénétrerez dans un monde où l'amour, la compassion, la générosité, l'empathie envers son prochain n'existent pas. Les habitants sont uniquement guidés par leurs pulsions, leurs fantasmes, leurs peurs.

Il y a quand même un "héros" : le roi des mouches Eric (en référence au chef d'oeuvre de Golding Sa Majesté des Mouches autour de qui gravitent tous les autres personnages). Immédiatement séduisant, cynique , égoïste il évoque à la fois Alex d'Orange Mecanique , et Renton de Trainspotting. Les amateurs de JG Ballard et de Crash ne seront pas dépaysés non plus. Les rockers apprécieront de voir les Stones et Jarvis Cocker apparaître chacun dans un chapitre. Le lecteur de comics, enfin, appréciera le chapitre sur mars , énorme clin d'oeil à Watchmen.

Le Roi des mouches est comme un film indépendant : irritant, un peu frimeur, destabilisant. (...)
Entrer dans ce royaume n'est pas aisé mais se révélera être, pour qui s'en donnera la peine , une expérience fascinante rarement éprouvée !


Je précise qu'effectivement nous avons à des tranches de vie centrées sur des personnages loosers, voyous, qui m'ont évoqué Trainspotting et les autres références citées. J'ajoute celles de The Big Lebowski, American Beauty, et surtout de certains Tarantino pour les différents points de vue des protagonistes, les récits qui se complètent ou se télescopent, et la galerie de personnages. Je confirme aussi que la lecture n'est pas joyeuse, elle fait dans le glauque (mais on est quand même loin d'Orange Mécanique niveau violence). Beaucoup de jeunes de cette génération perdue passent leur temps à baiser ou à se droguer et c'est un peu répétitif de ce côté. Le sentiment de vide glacé que l'on peut avoir en le lisant a quelque chose d'hypnotique, on se demande quel personnage va arriver à tirer son épingle du jeu, ou plutôt lesquels vont finir par y laisser des plumes. Donc oui, c'est désabusé, cela m'a fait penser à Voyage au Bout de la Nuit sur cet aspect.

Je ne vais pas vous dire que c'est génial, mais que cela sort des sentiers battus et que ça vaut le coup de le découvrir pour vous faire votre propre opinion.




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