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 Ursula K. Le Guin

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cdang

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MessageSujet: Ursula K. Le Guin   Mar 14 Fév - 15:04

Ursula K. Le Guin

Originaire de Californie, née en 1929, Ursula Kroeber Le Guin est la fille d'un anthropologue spécialiste des Amérindiens de Californie, Alfred Louis Kroeber, et de l'auteuse Theodora Kroeber.

Son site officiel : http://www.ursulakleguin.com/


Ursula Le Guin en 1984 (gauche) et en 2008 (droite).

On en parlait un petit peu dans la discussion La science-fiction en général, elle mérite amplement sa discussion à elle seule.

Bibliographie succincte :

  • Le cycle de l'Ekumen (1966-2002) : Le Monde de Rocannon, Planète d'exil, La Cité des illusions, La Main gauche de la nuit, Le nom du monde est forêt,
    Les Dépossédés, Le Dit d'Aka, Pêcheur de la mer intérieure, Quatre chemins de pardon, L'Anniversaire du monde ;
  • L'Autre Côté du rêve (1971) ;
  • Loin, très loin de tout (1976) ;
  • Le cycle de Terremer (1977-2001)  : Le Sorcier de Terremer, Les Tombeaux d'Atuan, L'Ultime Rivage, Tehanu, Contes de Terremer, Le Vent d'ailleurs ;
  • L'Œil du héron (1978) ;
  • Malafrena (1979) ;
  • Le Commencement de nulle part (1980) ;
  • La Vallée de l'éternel retour (1985) ;
  • Le cycle des chats volants (1988-1999) : Les Chats volants, Le Retour des chats volants, Alexandre et les chats volants, Au revoir les chats volants
  • Chronique des rivages de l’Ouest (2004-2007) : Dons, Voix, Pouvoirs ;
  • Lavinia (2008)


Je recopie ce qui était dans la discussion précédente :

Danielle Banner, « Most Underrated Sci-Fi Authors », Omni, 2 septembre 2009.

Danielle Banner a écrit:

Ursula K. Le Guin

Pour finir, il peut paraître étrange d'inclure Ursula K. Le Guin dans une liste des auteurs de s.-f. les plus sous-estimés puisqu'elle a remporté de nombreux prix pour ses romans et nouvelles, dont quatre prix Nebula et deux prix Hugo. Elle a même été en lice pour le prix Pulitzer en 1997. Mais malgré ses nombreux prix et le succès de ses livres pour enfant (les romans du cycle de Terremer, Earthsea), Le Guin n'a pas la reconnaissance dans le public des fans de science-fiction que d'autres auteurs ont remporté. Alors qu'elle est très populaire parmi les connaisseurs du genre, elle est en revanche méconnue du grand public. En particulier, son roman souvent négligé, L'Autre Côté du rêve (The Lathe of Heaven, 1971), est à la fois déroutant et fantastique peut être comparé à de nombreux ouvrages de  Philip K. Dick, mais il n'atteint pas la notoriété que des films comme Blade Runner ou Minority Report ont donné à Dick.

À titre personnel, j'ai lu le cycle de Terremer (du moins jusqu'à Tehanu) et La Vallée de l'éternel retour, et on m'a chaudement conseillé Les Dépossédés.


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VIC

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mer 15 Fév - 0:10

Jamais eu l'occasion de lire ces titres-là. La faute peut-être à ce que je n'ai pas trouvé d'intégrale en VF de ses cycles. Je me souviens avoir essayé un livre d'elle et de ne pas avoir accroché, donc ça ne m'a pas incité à découvrir le reste.

_________________
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cdang

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mer 15 Fév - 11:19

Notons qu'une requête sur Elbakin remonte plein de billets. J'en cite deux assez généraux :

Drim, « Ursula Le Guin a-t-elle changé le cours de la SFF ? », Elbakin.net, 24 novembre 2011

Citation :
Hartwell a mentionné que l’Encyclopédie de la Science-Fiction considère le Guin comme l’un des meilleurs écrivains de SF de la fin du XXe siècle. Hartwell a également déclaré que Robert Heinlein lui avait dit un jour que Le Guin était le « meilleur écrivain de sa génération ».

[…]

Evoquant l’importance sociale de Le Guin, N. K. Jemisin a mentionné un essai de Pam Noles nommé Shame (NdT : honte en français) qui explore l’expérience d’une minorité qui a lu Le Sorcier de Terremer, et plus spécifiquement la révélation qu’une grande majorité des personnages ne sont pas blancs. Ceci, pense Jemisin, est une contribution majeure que Le Guin a offerte à la littérature SFF, l’idée que le lecteur trouverait « quelqu'un comme lui » dans ses pages. Swanwick a fait écho à cela en expliquant que si l’on résonne par notions progressives, le Guin a en fait contribué à créer certaines étincelles du mouvement féministe. En effet, il a signalé le fait qu’il était devenu de plus en plus impatient face à certains de ces plus jeunes étudiants qui rétroactivement pensaient que Le Guin n’était pas « assez féministe » dans La Main gauche de la nuit parce que c’est le pronom masculin qui est utilisé par défaut pour désigné l’habitant hermaphrodite de Gethen. Swanwick pense que ce que l’on oublie ici est l’idée que ce n’est pas que ce livre ne vieillit pas bien, mais plutôt que ce livre a aidé à lancer une conversation que même les plus jeunes ont. « La question que je me posais, » dit Swanwick, « était : Comment quelqu'un peut-il ne serait-ce que concevoir quelque chose comme ça ? ». Et si l’on y regarde de ce point de vue, les idées révolutionnaires de La Main gauche de la nuit sont assez claires.

[…]

Swanwick, Kushner et Jemisin ont aussi signalé que Ursula K. Le Guin a contribué à certaines avancées pour le genre de la fantasy, dans la mesure où les livres de Terremer ne suivent pas nécessairement la formule de Tolkien. Swanwick a dit « Avant Tolkien, chaque roman de fantasy était totalement unique » tandis que Kushner a déclaré qu’elle avait l’impression de « trahir son peuple (fans de Tolkien) en préférant Le Sorcier de Terremer au Seigneur des Anneaux. Le panel a montré du doigt le fait qu’ils aimaient les travaux de J. R. R. Tolkien, mais comme Jemisin l’avait noté plus tôt dans la soirée, un lecteur peut se reconnaitre dans les pages de Le Guin, et peut-être pas dans Le Retour du roi.
Cela semble plutôt plausible que Le Guin ait vraiment tout bouleversé à la fois pour la science-fiction et la fantasy, et un univers dans lequel nous n’aurions pas eu droit à son travail serait une dimension parallèle avec bien moins d’innovation, et avec peut-être une fiction spéculative progressiste socialement moins profonde.

Palinka, « Rencontre avec Ursula K. Le Guin », Elbakin.net, 10 août 2009

Citation :
Le New Yorker a rencontré Ursula K. Le Guin récemment, l'occasion de revenir sur La Main gauche de la nuit, roman paru il y a tout juste 40 ans et lauréat du prix Hugo du meilleur roman en 1970. [NdlR : le livre met en scène un peuple hermaphrodite.]

[…]

Avez-vous écrit les contes en même temps que le reste de l’histoire, ou sont-ils venus après, ou avant ? Y a-t-il des parties du folklore que vous avez fini par exclure du roman ? Si oui, pourquoi ?

Ces histoires venaient quand j’étais bloquée dans l’écriture de l’histoire, que je ne savais pas dans quelle direction je devais l’amener ensuite, comment arriver là où je savais que je voulais aller. C’était comme si je cherchais mon chemin dans un pays que je ne connaissais qu’à travers une carte inadaptée faite à la main. J’allais quelque part et m’arrêtais — où vais-je ensuite ? Si je me contentais de foncer tête baissée, j’allais dans la mauvaise direction. Donc j’attendais (agitée et inquiète) et alors une de ces histoires venait, et d’une certaine manière, ces histoires étaient comme un autochtone qui serait venu me dire « Regarde, voilà comment est le pays, va vers l’ouest un moment… »
Au début, je ne pensais pas les mettre dans le livre. En 1968, la science fiction était presque entièrement composée d’histoires simples racontées de manière conventionnelle, sans interruption dans l’Action. Je pensais que les lecteurs (et les éditeurs) trouveraient les contes trop « littéraires » et ne les aimeraient pas. Mais je savais qu’ils avaient été nécessaires à ma compréhension, donc ne devraient-ils pas l’être aussi pour celle du lecteur ? Donc je les ai remis là où ils semblaient aller le mieux. Et Terry Carr, l’éditeur qui a accepté le livre pour Ace, un éditeur avec de fortes valeurs littéraires, n’a rien dit à leur sujet.
Je ne pense pas avoir exclu quoi que ce soit, à part mes notes sur les langues et l’histoire de Karhaïde et Orgoreyn. C’était juste de la « recherche » et n’avait rien à faire dans le roman, seulement dans l’arrière plan.

Dans votre essai de 1976 Is Gender Necessary?, vous parlez de Genly Ai comme d’une personne « conventionnelle » « et guindée ». Il y a eu des débats au sein du « Book Club » sur le fait que Ai considère Estraven comme une femme lorsqu’il semble frêle et vulnérable. Considérez-vous Ai comme quelqu’un de sexiste ?

Oh, oui. Pas un méchant. Pas un misogyne. Il a juste accepté et a adopté la définition des femmes dans sa société comme des personnes plus faibles que les hommes, plus sournoises, moins courageuses, etc., et physiquement et intellectuellement inférieures. Ces préjugés de genres existent depuis tant de milliers d’années dans tant de sociétés différentes que je les ai transposés dans le futur sans aucune hésitation.
En 1968, je ne pense pas que quelqu’un aurait pu imaginer un homme venant de la Terre se sentir à l’aise et accepter la situation sexuelle étrangère de Géthen. J’ai pensé y envoyer une terrienne là-bas, et elle aurait réagi très différemment de Genly…
Mais la science-fiction en 1968 n’avait rien à voir avec les femmes. C’étaient des histoires d’hommes. C’était un monde d’hommes. Je sentais que je prenais un gros risque, de présenter ce peuple qui change de sexe étrangement à un lectorat essentiellement masculin. Je pensais que les gars détesteraient cela.
Je me suis trompée. Ils ont bien aimé. Ce sont les féministes qui m’en ont fait voir de toutes les couleurs avec cela pendant des années. Elles auraient voulu que je sois plus courageuse. J’imagine que j’aimerais l’avoir été. Mais j’ai fait du mieux que je savais pouvoir faire. Et Genly apprend beaucoup !

Au début, Genly Ai est identifié de manière nonchalante, presque incidemment, comme étant noir. Il semble venir d’une version éclairée de la Terre, où la race n’est plus source de division, même si le sexe l’est toujours. Croyiez-vous en écrivant le livre que la différence raciale serait une barrière plus facile à surmonter pour la société que le sexe ? Si oui, quarante ans après la publication du livre, pensez-vous toujours que c’est vrai ?

Sur le long terme, oui, je pense que c’est vrai. Je l’ai vu se produire, trop lentement, mais se produire quand même au court de ma vie.
Je ne vois pas le préjugé très ancré de la supériorité des hommes se réduire autant. Cela s’est même reconfirmé lorsque les fondamentalistes de diverses religions le remettent en vigueur.
Mais la couleur de peau de Genly n’était pas une prédiction, c’était un peu d’activisme délibéré. La majorité des lecteurs de science-fiction (à l’époque comme maintenant) est blanche. Les personnages de science-fiction, par conséquent, étaient blancs (sans que ce soit précisé).
Donc, voilà mon complot activiste maléfique : Donnez une peau noire à votre héros, mais n’en parlez pas, jusqu’à ce que le lecteur se soit bien identifié à cette personne, et réalise soudain, « hey, je ne suis pas blanc !.. Mais quelle surprise ! Je suis toujours humain ! »
Cette approche sournoise à finalement payé pour moi récemment, dans des lettres très touchantes de personnes de couleur qui voulaient que je sache que mes livres (en particulier la série Terremer) étaient les premiers romans de SF ou de fantasy desquels ils ne se soient pas sentis exclus délibérément et odieusement : Monde réservé aux Blancs.

[…]

Il est dit dans le livre que les Gétheniens restent des femmes le temps de la grossesse et pendant une période de lactation de six à huit mois, ce qui élimine tout instinct naturel « possessif ». Comment avez-vous imaginé cette expérience raccourcie de la maternité pour les Gétheniens ? Le lien hormonal entre une mère qui allaite et son bébé pourrait être considéré comme aussi puissant que celui qu’il y a entre deux individus en plein kemma.

Wow, je ne leur ai donné que six à huit mois pour allaiter ? Quelle bêtise ! C’est le reflet évident des pratiques ethniques américaines étranges et universelles concernant l’accouchement et le début de la maternité, auxquelles j’étais totalement soumise, étant la mère de trois enfants.
Dans les années 50 et le début des années 60, on n’attendait pas d’une mère qu’elle allaite ses enfants, c’était le biberon la norme. Les médecins, les infirmières, les livres insistaient tous sur le fait que si vous étiez pauvre au point d’allaiter votre enfant, votre lait devait être « complété » de lait en poudre, et même d’eau. (Si vous voulez un bébé énervé, donnez-lui un bon biberon d’eau tiède — tiens, mon cœur, miam !) Et le bébé était censé « lâcher le sein » en quelques mois.
En 1964, quand j’ai eu le troisième, je ne prêtais pas attention à toutes ces absurdités et je l’ai allaité aussi longtemps que lui et moi l’avons voulu, environ deux ans… Mais j’ai fait agir les Gétheniennes comme de bonnes Américaines de 1960 ?! Je suis vraiment désolée !

L’inceste est un thème récurrent dans le roman : c’est une partie importante des contes, et du passé d’Estraven. Le tabou sexuel dans la société géthenienne et que deux frères et sœurs ne peuvent pas rester ensemble si leur union aboutit à la naissance d’un enfant. Pourquoi cela ? Quelle est la signification métaphorique de l’inceste dans le livre ?

Pourquoi le tabou ? Les règles limitant l’inceste entre frère et sœur et interdisant celui entre parent et enfant sont si communes dans la société humaine que les anthropologues se sont demandés s’ils sont le « tabou universel ». C’est sensé, tant génétiquement que socialement.
Quelle est la signification métaphorique ? Je ne sais pas. Le thème était là. Une évidence. Lorsque j’écris une histoire, en général, je prends ce que j’ai et je fais avec. Ensuite, les critiques me disent ce que cela signifie.

[…]

Pendant le voyage à travers la glace, Genly Ai dessine le symbole du yin et du yang pour Estraven. Pourriez-vous nous parler de l’influence que le taoïsme a eue sur ce livre et sur votre écriture en général ?

C’est un sujet bien trop large pour que je commence là-dessus, je suis désolée. En tout cas, le taoïsme est comme le zen : le truc, ce n’est pas d’expliquer les choses intellectuellement. J’ai fais une traduction du texte taoïste fondamentale, le Dao de Jing de Lao Tseu, et peut-être qu’y jeter un œil vous en dirait plus que moi sur le rapport avec mon écriture. (Il existe une édition audio parue chez Shambhala, avec un enregistrement de moi lisant le texte et Todd Barton improvisant un accompagnement musical.)

[…]

Vous décrivez la géographie de Géthen, mais vous ne fournissez pas de carte, contrairement à la série Terremer. Pourquoi cela ? Avez-vous dessiné une carte vous-même lorsque vous écriviez le livre ?

Je dessine toujours une carte. Il y a une carte de Géthen dans mes papiers. Elle n’a pas été publiée parce qu’à l’époque ce n’était pas habituel et ni moi ni mon éditeur n’y avons pensé. (Je pense que c’est probablement Tolkien qui a révélé aux lecteurs de fantasy et de SF qu’une carte est un ajout magnifique et utile à un livre qui se passe dans un monde imaginaire.)
Si vous allez sur mon site web, dans la section Maps & Illustrations, le premier élément est une carte de Géthen dessinée par Milan Dubnicky pour une nouvelle édition tchèque de La Main gauche. Elle est aussi précise que la mienne.

[…]

Vous avez déclaré un jour que vous lisez souvent un livre plus d’une fois, parfois plusieurs fois, mais qu’avec les œuvres de Dickens, Tolstoï et Tolkien uniquement, vous aviez perdu le compte. D’autres auteurs ont-ils depuis rejoint cette liste ?

Oh oui. Jane Austen. Virginia Wolf. Kim et Le Livre de la jungle de Kipling. Islandia. Keats, Yeats, A. E. Housman… Je suis sûre qu’il y en a beaucoup d’autres. Ce qui est bien lorsqu’on est un lecteur très rapide et très négligent, c’est que vous pouvez lire de longs livres, et les lire encore quelques années plus tard. Et s’ils sont bons, ils n’en sont que meilleurs et plus extraordinaires à chaque fois. Ce n’est pas un mauvais test pour la qualité d’un livre, la possibilité de le relire. (Mais ce n’est pas une garantie de la qualité du lecteur !)

Et un coup d’œil sur sa bio : Sylvadoc, « Ursula Le Guin », Elbakin.net, 27 juillet 2012.

NB : ajout de son site officiel sur le premier message.


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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mer 24 Jan - 11:13

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cdang

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Jeu 25 Jan - 11:11

Lloyd Chéry, « Ce que la science-fiction et la fantasy doivent à Ursula K. Le Guin », Le Point, 25 janvier 2018

Citation :
Considérée comme une icône par nombre de ses contemporains (Stephen King notamment), elle laisse derrière elle un patrimoine d'œuvres incontournables, auréolées de prix Hugo (elle l'a remporté cinq fois), prix Nebula (six fois) et prix Locus (dix-neuf fois !). Elle est l'une des rares femmes à s'être imposée en science-fiction et la seule romancière à être entrée de son vivant dans la prestigieuse Library of America (l'équivalent de notre Pléiade).

[…]

« J'ai eu la chance de publier son meilleur roman, La Main Gauche de la nuit, en 1971. C'était une œuvre intelligente et bien écrite qui posait la problématique du genre et du sexe, ainsi que la place des femmes et de leurs libertés. Elle préférait qu'on dise son nom de famille à la française, car elle était fière des origines bretonnes de son mari. Elle a eu un grand succès public en France et aux États-Unis. Mais à l'instar de beaucoup d'autres auteurs de SF, elle a été un peu négligée par la presse. » Gérard Klein

[…]

« […] Elle a utilisé toute l'envergure de la science-fiction dans sa capacité à philosopher et à réfléchir sur la dimension humaine. Elle a réfléchi sur les questions d'écologies, d'anthropologie, de sociologie ou de sexualité sans jamais oublier la notion de divertissement. On ne voyait jamais les ficelles dans sa narration. […] » Audrey Petit

« La Main Gauche de la nuit est une œuvre fondamentale dans ma carrière. […] C'est un pur roman de sociologie qui imagine une société se moquant de savoir qui est mâle et qui est femelle. Elle a eu l'intelligence de ne pas proposer un renversement des pouvoirs mais le partage de ce dernier entre hommes et femmes. Ce roman qui évoque l'égalité de tous est toujours d'actualité. » Jeanne-A Debats

« […] La science-fiction pour elle n'était pas tournée vers la technologie, mais vers l'anthropologie et questionnait la nature de l'être humain. […] » David Meulemans

« Avec Frank Herbert, elle a contribué au fait que le space opera devienne vraiment adulte. C'est l'un des écrivains qui a permis de faire comprendre que la SF n'est pas que des sciences dures ou de la fantasy déguisée, c'est aussi une spéculation sur les sciences humaines. […] » Laurent Genefort

« Elle avait une capacité à retourner les codes de la société en imaginant d'autres rapports humains. Elle s'essayait à des expériences sociétales dans sa littérature. Elle proposait des solutions face à des questions comme l'esclavage, l'indifférence et les inégalités. Elle dénonçait beaucoup ! […] » Mireille Rivalland

« Ursula Le Guin était un peu comme une archéologue du futur qui apportait de la compassion et une volonté pour aller ailleurs. Tout son travail sur la magie et le langage comme structure du monde est passionnant et se rapproche de l'ethnographie. C'était aussi un grand poète avec son style et sa façon de raconter des histoires ponctuées de silence, de guerres lointaines et de cheminement intérieur à travers ses personnages. […] » Frédéric Weil

« […] On la citait comme Prix Nobel de littérature potentiel, elle avait une autre dimension et sa parole était écoutée, notamment sur le féminisme. Toute sa réflexion autour des sociétés et des civilisations humanoïdes avec ses lunettes d'anthropologue était étonnante et passionnante. Ce qui m'a séduit dans les trois nouvelles de L'Effet Churten, que nous avons édité, c'est le mélange entre le drame personnel et le voyage dans le temps. » Jérôme Vincent

« J'ai toujours eu une grande sensibilité à son égard, notamment pour le roman L'Autre Côté du rêve. C'est un livre superbe sur la puissance du rêve, très proche du surréalisme. Ursula Le Guin était un auteur politique et littéraire au sens élevé des termes. Elle me fascinait, car elle pouvait faire des variations entre la fantasy et la science-fiction la plus pure et la plus spéculative qui soit. À mon sens, elle a donné le meilleur d'elle-même dans Le Dit d'Aka, avec une analyse du rapport à la nature qui peut être détachée des schémas habituels sur l'écologie. Souvent citée comme potentiel Prix Nobel de littérature, elle a dépassé le cadre de la science-fiction et de la fantasy pour s'imposer dans la littérature générale. » Philippe Curval
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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Sam 27 Jan - 16:40

Bon, va falloir que je retrouve 5 minutes pour la relire. Je suis resté sur un avis très négatif à l'issu de Terremer - mais lu il y a 30 ans.

J'ai vu sur Bélial un guide de lecture sympa comportant les titres suivants :

Le dit d'Aka
L'anniversaire du monde
Quatre chemins de pardon
Pêcheur de la mer intérieure
Lavinia
Chroniques des rivages de l'ouest
La vallée de l'éternel retour


Un conseil ?
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cdang

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Dim 28 Jan - 22:37

J'ai chroniqué La Vallée de l'éternel retour pour Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vall%C3%A9e_de_l%27%C3%A9ternel_retour
ça a été une de mes grandes claques.

Un énorme bouquin, mais de nouvelles donc ça se lit assez facilement. Le genre de livre ou l'autrice t'emmène dans son monde avec des mots étranges qu'au début tu dois aller chercher dans le glossaire de fin, mais auquel tu finis par t'accoutumer.

Sinon, j'ai lu et adoré les Terremer mais si tu n'as pas accroché…

Un copain m'a conseillé Les Dépossédés mais je ne l'ai pas lu. Je vois aussi fréquemment revenir La Main gauche de la nuit.


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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Lun 29 Jan - 1:36

Merci bien Cdang.

Je vais regarder tout ça et il y aura peut être un titre dans ma prochaine commande Wink . Mais j'ai tellement de trucs à lire - j'essaie de finir Les Seigneurs de l'instrumentalité, Lavondyss et tout plein d'autres bouquins moins fantasie. Mais clairement, je vais retenter.

Ton article sur Wikipédia est superbe. Bravo. Mais pourquoi garder la vieille orthographe de cuillère (cuiller) ? (Il n'y a pas de critique, hein, je suis juste curieux ^^ .)


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cdang

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Lun 29 Jan - 10:13

Astre*Solitaire a écrit:
Mais pourquoi garder la vieille orthographe de cuillère (cuiller) ?
Parce que je suis un vieux con et que j'assume. J'écris aussi « clef » et je continue à mettre des accents circonflexes.
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Gorak

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Lun 29 Jan - 11:31

cdang a écrit:
Astre*Solitaire a écrit:
Mais pourquoi garder la vieille orthographe de cuillère (cuiller) ?
Parce que je suis un vieux con et que j'assume. J'écris aussi « clef » et je continue à mettre des accents circonflexes.

Parce que, de toute façon, il n'y a aucune loi qui impose une orthographe plus qu'une autre - et heureusement d'ailleurs. On peut écrire "cuiller" ou "cuillère". Le premier ayant toutefois une forme plus littéraire que le second.

Mais il me semble que "clef" et "clé" s'emploient pour un usage différent : on parle de la "clef" de l'énigme ; la "clé" désigne l'objet en question.

Sinon, je mettrais toujours des accents circonflexes. Ils ont un sens et une raison d'être.
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Lun 29 Jan - 13:03

Gorak a écrit:
Mais il me semble que "clef" et "clé" s'emploient pour un usage différent
Pour le TLFi, ça a l'air kif :
http://stella.atilf.fr/Dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?11;s=284126355;r=1;nat=;sol=0;


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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Lun 29 Jan - 13:09

@Cdang : je suis certain que tu n'es pas vieux et bien plus encore que tu n'es pas con Smile .
En fait, cela m'avait interpelé, car tu es de ceux qui utilisent autrice (au lieu d'auteur ou d'auteure, voire d'autoresse) et donc, d'un certain point de vue, à la pointe d'un français, d'une langue, qui se veut en adéquation avec notre société telle qu'elle est.
Mais justement, personne (à ma connaissance) ne dit /kɥije/ mais bien /kɥijɛʁ/. Enfin un cas où une petite retouche permet à la graphie de correspondre plus ou moins à la phonétique. Je m'étais donc dit, puisque c'est utile, en adéquation avec le parler, que tu aurais suivi le mouvement ^^.
J'écris perso. cuillère, mais clef ou clé - parce que je trouve cela plus joli, bien que cela soit une pédanterie de ma part lorsque je le fais - et je laisse la « réforme de l'orthographe » dans son coin. C'est pas ça qu'il fallait changer.

@Gorak : je t'avoue que je ne sais pas si les deux orthographes recouvrent des significations différentes. Il faudrait que je recherche. Dans ma tête, non, mais bon, c'est dans ma tête.

Pour les accents circonflexes, je les conserve aussi, mais ne rêvons pas, ils sont voués à disparaître. Ce qui importe, c'est la langue parlée. C'est elle le vrai français - peu importe ce que l'on en pense. Si la majorité des français finit par ne plus voir - et donc écrire - l'accent circonflexe, et bien il disparaîtra. Comme notre subjonctif imparfait. « Il ne fallait point craindre que l'accent circonflexe disparût. »


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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Lun 29 Jan - 13:11

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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Lun 29 Jan - 16:12

Juste pour dire que :

- Ursula K. Le Guin, je ne connais que de nom.

- J'écris toujours, quoiqu'il arrive, "clef", "nénuphar", "forêt", "hôtel", "hôpital" et "cuillère".
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Lun 29 Jan - 18:02

Voyageur Solitaire a écrit:


- J'écris toujours, quoiqu'il arrive, "nénuphar",

En fait, si l'on regarde la racine de ce mot d'origine persane, il s'écrit ninufar. C'est lorsque la plante fut connue en Occident dès le XIIIe siècle, que l'on cru bon de rajouter un PH pompeux pour se la raconter en mode origine grecque. Parce que le grec, ça faisait savant.

Donc il n'est pas faux de l'écrire nénufar. C'est même une orthographe plus proche de sa véritable origine.

Mais si tu veux faire comme nos ancêtre et te la péter, tu peux continuer à écrire nénuphar. Razz Laughing
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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Lun 29 Jan - 19:55

C'est pas pour me la péter, c'est parce que je me suis fait chier à apprendre une orthographe correcte à l'école et c'est pas à 45 balais que je vais tout chambouler pour faire plaisir à des feignasses à qui il faut faciliter les choses, c'est tellement dur, pauvres chéris... lol!
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Gorak

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Lun 29 Jan - 20:23

Ne t'en fais pas, je continuerais moi aussi à écrire nénuphar avec un PH. Tant pis pour l'origine persane du mot.
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cdang

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mar 30 Jan - 10:12

Voyageur Solitaire a écrit:
c'est tellement dur, pauvres chéris... lol!
Je dirai plutôt : l'illettrisme régresse, il y a moitié moins d'illettrés chez les 18-29 ans que chez les 50-59 ans, cf. http://insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1426/ip1426.pdf
donc à notre époque, les gens qui écrivaient étaient une élite, ceux qui avaient du mal on les laissait de côté.

Maintenant, on s'attache à ce que plus de monde sache écrire, donc on a forcément plus de fautes, parce que oui, ceux qui avaient du mal, ils ont toujours du mal, simplement maintenant on les lit alors qu'avant on ne leur demandait que de serrer des boulons sur un chaîne.

Tiens, une situation intéressante : l'illettrisme « de retour » : des gens qui ont bien appris à lire et écrire à l'école primaire mais qui n'utilisent plus cette compétence lors de leurs études et donc la perdent :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/02/16/l-illettrisme-des-cadres-un-phenomene-meconnu-et-tabou_1833722_3224.html

Mébon, on s'éloigne un peu de Le Guin là… Quoi que, en grande humaniste qu'elle était…


Dernière édition par cdang le Mar 30 Jan - 10:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mar 30 Jan - 10:32

Un retour super intéressant cdang. C'est vrai que l'on a souvent tendance à acter une situation depuis son point de vue, sans prendre du recul pour englober toutes les différences de cette même situation, et voir ainsi que malgré tout, ça s'améliore (ou pas ^^).
Pour les digressions, c'est une spécialité du forum assumée par son concepteur ^^.
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Ursula K. Le Guin
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