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 La Forteresse cachée (Akira Kurosawa, 1958)

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cdang



Masculin Messages : 881
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MessageSujet: La Forteresse cachée (Akira Kurosawa, 1958)   Jeu 27 Oct - 10:31

La Forteresse cachée (隠し砦の三悪人, Kakushi-toride no san-akunin), Akira Kurosawa, 1958


Le Cadre

Les terres des clans Akizuki (秋月, « Lune d'automne ») et Yamana (山名氏), Japon, à l'époque Sengoku (戦国時代), l'époque des provinces en guerre (milieu XVe–fin XVIe siècle).




Synopsis

Le clan Akizuki a été défait par le clan Yamana. La princesse Yuki (Misa Uehara), accompagnée du fidèle général Makabe Rokurota (Toshiro Mifune), tente de rejoindre les terres du clan Hayakawa (早川), un clan allié, avec l'or du clan afin de reconstituer celui-ci. Ils sont aidés par Matashichi (Kamatari Fujiwara) et Tahei (Minoru Chiaki), deux paysans lâches, idiots mais avides.


Le début de l'histoire

Deux hommes hagards et dépenaillés marchent dans une lande déserte. Ils s'invectivent crûment : « Tu pues la charogne ! Tu pues tellement que tu sens plus ta merde ! ». Ce sont deux paysans, Matashichi (Kamatari Fujiwara) et Tahei (Minoru Chiaki), qui ont vendu leur maison pour s'acheter des armes et participer à la guerre entre les clans Akizuki et Yamana, espérant honneur et richesse. Mais ils sont arrivé à la fin de la bataille, après la défaite des Akizuki, ont été faits prisonniers et ont été chargés d'enterrer les morts. Tentant de rejoindre leur village sur les terres du clan Hayakawa, ils sont refait prisonniers et chargés cette fois-ci d'excaver le château des Akizuki en ruine à la recherche de leur trésor. La tête de la princesse Yuki Akizuki est mise à prix 10 ryo (« pièces d'or »).

Une émeute éclate parmi les prisonniers, ce qui leur permet de s'enfuir à nouveau. Campant à la belle étoile, ils découvrent par hasard qu'une des branches qu'ils ont ramassée pour faire du feu contient une plaquette d'or avec le poinçon des Akizuki. Ils rencontrent un homme inquiétant qui leur révèle qu'il sait où se trouve le trésor des Akizuki et les amène vers une forteresse cachée dans les montagnes. Cet homme n'est autre que Makabe Rokurota (Toshiro Mifune), le général du clan Akizuki. La princesse Yuki (Misa Uehara), âgée de 16 ans, et quelques fidèles se sont réfugiés dans une grotte à proximité de la forteresse. Rokurota compte exploiter l'avidité et la crédulité des deux paysans pour les faire porter l'or pendant la fuite vers les terres du clan Hayakawa, leur faisant croire qu'ils partageront le butin. La frontière entre Akizuki et Hayakawa ayant été fermée, les paysans ont l'idée de passer par les terres des Yamana, les conquérants étant probablement moins méfiants de ce côté-là.

La princesse est un garçon manqué au caractère fort. Rokurota lui suggère donc de jouer le rôle d'une muette afin qu'on ne la reconnaisse pas. L'équipage se met en route avec la cargaison de bois recelant l'or. Mais la maladresse, la lâcheté et l'avidité des deux paysans annoncent un voyage pour le moins tourmenté…


Commentaire

Le film-annonce déclame un grand film historique (jidai geki), une fresque ayant nécessité cinq ans de tournage et tourné en CinemaScope (le format d'image le plus large, un procédé exploité tout récemment à l'époque). Mais disons-le franchement : La Forteresse cachée est aux Sept Samouraïs ce que La Grande Vadrouille ou La Septième Compagnie est au Jour le plus long.

Le couple comique et truculent formé par Matashichi et Tahei est délicieux, les situations cocasses s'enchaînent. Mais ce n'est pas qu'un film burlesque. Comme à son habitude, Kurosawa filme la comédie humaine. On est du côté des perdants, la route est dure et dangereuse. La princesse est obligée de se mêler au bas peuple et de subir des vexations, ce qui lui ouvre les yeux sur la condition de son peuple. Bien qu'étant capricieuse et autoritaire, elle se révèle très humaine, sensible aux souffrances et choquée que des gens sacrifient leur vie pour elle.

Rokurota est un fin stratège et manipulateur, et surtout un combattant hors pair. Cela nous permet d'avoir un duel de haut vol contre le général Hyoe Tadokoro (Susumu Fujita), et qui plus est un duel à la lance (yari) ; c'est l'occasion de se rappeler que si le daisho (le sabre court et le sabre long) sont l'apparat symbolique du samouraï qui apparaît à cette époque, ses armes de prédilection sont bien l'arc et la lance.

On voit aussi apparaître ce qui sera une marque de fabrique de Kurosawa : le maquillage outrancier pour marquer la proximité de la mort, que l'on voit sur un des samouraïs tué au début du film.

Bon, alors il paraît que La Forteresse cachée aurait inspiré George Lucas pour le scénario de La Guerre des étoiles (1977, qui sera rebaptisé en 1997 Star Wars épisode IV — Un Nouvel Espoir). On lit ça un  peu partout y compris sur la jaquette. George Lucas connaissant a priori bien l'œuvre de Kurosawa — il coproduira d'ailleurs Kagemusha en 1980 —, il est possible que certains éléments l'aient inspiré : les armures japonaises évidemment (pour Dark vador et les Stormtroopers), la présence d'une princesse et d'un couple comique (Z6PO/C3PO et D2R2/R2D2), mais ça s'arrête là. Par ailleurs, le binôme comique est un classique (l'auguste et le clown blanc au cirque, Laurel et Hardy…). Pas d'arme secrète, pas de disciple, pas de maître qui se sacrifie, pas de contrebandier.

Un film léger et divertissant donc, très bien tourné.


Dernière édition par cdang le Ven 28 Oct - 16:48, édité 5 fois
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VIC



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MessageSujet: Re: La Forteresse cachée (Akira Kurosawa, 1958)   Jeu 27 Oct - 11:01

cdang a écrit:
Mais disons-le franchement : La Forteresse cachée est aux Sept Samouraïs ce que La Grande Vadrouille ou La Septième Compagnie est au Jour le plus long.
Et là, c'est le drame. Surgissant au milieu d'une critique qui partait bien, s'est glissée sournoisement cette référence à la La Septième Compagnie, un coup de poignard mortel dont certains cinéphiles ne se remettront jamais.

Je n'ai jamais eu l'occasion de le voir, mais il est sur ma liste depuis longtemps.

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cdang



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MessageSujet: Re: La Forteresse cachée (Akira Kurosawa, 1958)   Ven 28 Oct - 13:05

Je repense à l'avant-dernière scène, l'entrevue finale de Matashichi et Tahei avec Yuki et Rokurota.

Les paysans sont agenouillés dans un jardin zen (vous savez, les cailloux ratissés), la princesse et le général sont sur une estrade. Alors qu'ils s'avancent vers le bord de l'estrade, on entend des tambours rythmant leur pas.

Bien que je ne connaisse pas particulièrement le théâtre traditionnel japonais (nô ou kabuki, là ça me dépasse), je suis persuadé que la mise en scène répond aux codes de ce théâtre : la démarche des personnages est très formalisée, l'estrade nobiliaire ressemble à un scène.

On peut comprendre ce choix de mise en scène de deux manières :

  • une manière de clore le film : cette mise en scène fait prendre conscience au spectateur qu'il a assisté à un spectacle, une fiction, ça le rappelle dans la réalité (il est dans une salle de spectacle et non pas dans le Japon Sengoku) ;
  • durant tout le voyage, Yuki hime a joué le rôle d'une paysanne muette et Rokurota celui d'un bûcheron tandis qu'ils évoluaient dans un environnement réaliste (décor « naturel », « vrais » gens) ; ils apparaissent maintenant sous leurs vrai visage, mais de manière symétrique c'est le reste qui devient factice.
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MessageSujet: Re: La Forteresse cachée (Akira Kurosawa, 1958)   Aujourd'hui à 12:39

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