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 ANNA KARENINE (1997 et 2012)

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MessageSujet: ANNA KARENINE (1997 et 2012)   Mar 26 Juil - 19:26



Deux critiques pour le prix d'une, deux critiques pour confronter deux versions cinématographiques du chef d'œuvre de Tolstoï.
Pour ceux/celles qui ne connaissent pas l'histoire, une critique est disponible dans notre Bibliothèque.

On commence donc avec la version de 1997, de Bernard Rose, avec dans le rôle-titre notre Sophie Marceau elle-même et Sean Bean dans le rôle du comte Vronski.
C'est pour moi un film réussi, plaisant et émouvant. Décors (naturels ou studios) et costumes y sont superbes, le film fût tourné sur place, en Russie, ce qui lui confère une authenticité certaine. Et au passage, on reste saisi par le faste baroque, le niveau de vie et l'art de vivre des élites impériales russes de l'époque, profondément occidentalisées et modernes, à des années-lumière de la vie des masses populaires. Le film est plutôt fidèle au livre, ce qui est très appréciable (sauf pour l'enfant que conçoit Anna de sa liaison adultère, une petite fille : ici, l'enfant meurt à la naissance alors que dans le roman, le mari d'Anna la recueille et la garde auprès de lui).
Les personnages ? Sophie Marceau n'a jamais été aussi belle, aussi sensuelle et féminine. Trop peut-être, car parfois, cela nuit un peu au personnage de la femme perdue, déchirée, rongée par le remord et ravagée par la passion. Mais on lui pardonne. Sean Bean n'a pas l'air trop russe, mais il compose un Vronski crédible, attachant et perdu lui aussi, homme bien plus mâle et viril dans son jeu qu'Aaron Taylor Jones dans le film de 2012, j'y reviendrai.
Au final, Bernard Rose est un réalisateur britannique et ça se voit : son film a une esthétique, une sensibilité européenne certaine. Certes, beaucoup diront que c'est un film "romantique", plus destiné à un public féminin, voire un grand mélodrame réussi. Franchement, j'ai bien aimé. Pas un chef-d'oeuvre, mais décors, costumes et musique sont réussis, le film est beau à voir et pas forcément besoin d'être romantique ou sensible pour se laisser entraîner.

La version de 2012 maintenant, de Joe Wright, avec Keira Knightley dans le rôle titre et Aaron Taylor Jones dans celui de Vronski.
Et là, c'est franchement moins bien...
On se demande si on n'est pas en train de visionner Moulin Rouge en fait... Décors incroyablement bling-bling, clinquants, costumes à l'unisson, Wright nous propose une Anna Karénine qui semble s'être perdue dans un cabaret ou un cirque de la Belle Epoque. C'est franchement hollywoodien à mort, dans l'esthétique comme dans la réalisation, c'est "forcé" au maximum.
Keira Knightley ? Séduisante, mais trop lookée "mannequin des années 1990". Par contre, elle semble plus torturée, plus sombre et perdue que Sophie Marceau dans le film de 1997.
Aaron Taylor Jones ? Catastrophe... Alors que Sean Bean dans le film de 1997 campe un officier sobre, mâle et martial (bien que dévoré par la passion), Wright nous impose un Vronski étrangement féminin, aux cheveux bouclés et péroxydés, petite moustache, aux gestes affectés et précieux, pas vraiment dans l'image du personnage. Certes, Vronski est un homme brillant et frivole, mais c'est avant tout un militaire, un officier et là, c'est pas du tout crédible.
Rythme frénétique, musique saoûlante, jeu fébrile et énervé des comédiens dans des décors clinquants et surchargés... Quelque chose à sauver quand-même ? Oui, Jude Law dans le rôle du mari d'Anna. Assez transparent dans le film de 1997, Law en fait ici un personnage majeur, fidèle au roman. Un homme intègre, rigoriste et pétri des préjugés de son rang, de sa caste, mais qui finira pourtant par pardonner à sa femme qu'il continuera à aimer malgré tout, quitte à en souffrir. C'est pour moi le meilleur personnage du film.

Au final, la version de 1997 est pour moi la grande gagnante, plus crédible, plus authentique, face à la version de 2012, à la réalisation trop nerveuse, trop fébrile, trop hollywoodienne et qui ravale un grand drame romantique au rang de divertissement bling-bling.
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ANNA KARENINE (1997 et 2012)
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