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 CIVILISATIONS AFRICAINES

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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Mar 10 Juin - 18:07

L'empire d'Abyssinie


L'Ethiopie occupe une place à part en Afrique. C'est d'abord l'un des berceaux de l'humanité où l'on a découvert la célèbre Lucie, restes des plus anciens hommes retrouvés dans le monde, plus de 3,8 millions d'années.
Dès l'Antiquité, ce royaume fait rêver, grecs et égyptiens le mentionnent, mais nul ne sait vraiment où il se trouve. On parle d'y trouver les sources du Nil, loin, si loin au sud au-delà des dernières cataractes du fleuve, au-delà de la Nubie et de ses pharaons noirs, autant dire au bord du monde... C'est le royaume de l'encens et du santal, des hauts-plateaux nimbés de brume, de la myrrhe et du millet. La reine égyptienne Hatchepsout y envoie une expédition qui en rapporte des merveilles : encens, myrrhe et cannelle, or, ivoire et ébène, plumes d'autruche, peaux de panthère et bois précieux et quelques babouins.

Puis c'est la naissance du puissant royaume d'Aksoum qui commerce avec l'Inde, la Chine et même l'empire romain. Le prophète Mani, fondateur du manichéisme, cite ce royaume comme l'une des quatres grandes puissances de l'époque avec l'empire romain, l'empire perse et la Chine. On exporte l'or, l'ivoire, l'encens, les émeraudes et les opales, mais aussi les écailles de tortue en échange de la soie, du thé et des épices.
Il s'agit bel et bien d'un empire : à son apogée, Aksoum contrôle le nord de l'Éthiopie actuelle, l'Érythrée, le nord du Soudan, le sud égyptien, Djibouti, la partie occidentale du Somaliland, le Yémen et le sud de l'Arabie saoudite, totalisant un empire de 1 250 000 kilomètres carrés...
C'est à cette époque également que le christianisme s'implante et se développe pour devenir la foi de tout un peuple.
Ce fabuleux royaume disparaît au Xème siècle.

Lui succède l'empire des Négus, les empereurs "roi des rois" dont la dynastie prétend descendre des amours de Salomon et de la reine de Sabba. Le monde médiéval s'enflamme pour ce royaume fabuleux, supposé être celui du Prêtre Jean. Explorateurs, rois et papes échafaudent les rêves les plus fous sur ce riche et puissant royaume chrétien qui permettrait de prendre le monde musulman à revers, de le déborder pour accéder aux routes vers l'Inde et la Chine. D'autant plus que les empereurs éthiopiens, inquiets des progrès et succès de l'Islam, semblent souhaiter eux aussi un accord. Mais on en reste là. Sur place, on bâti la cité monastique de Lalibela, des cités, des châteaux, des canaux d'irrigation...
Il faut attendre 1490 pour que les premières délégations (portugaises) arrivent enfin à la cour impériale.

Puis c'est l'époque des empereurs bâtisseurs qui transfèrent la capitale à Gondar, la couvrent de châteaux, de monastères et d'églises, installent des écoles, des bains, des bibliothèques (car l'Ethiopie a son écriture et son alphabet)... Pendant que Louis XIV danse sur les parquets cirés de Versailles, les empereurs et leur cour viennent chercher la fraîcheur des ombrages de leur palais d'été en compagnie de leurs lions apprivoisés...

Passée cette ultime période de splendeur, l'empire d'Abyssinie comme on l'apelle, se replie sur lui-même et s'isole presque totalement. Miné par les guerres civiles et les intrigues, encerclé par l'islam, l'Ethiopie vit en vase clos et donne l'impression que le temps s'est arrêté pour toujours. Elle enflamme une dernière fois l'imagination des Romantiques et des orientalistes qui rêvent à son propos d'exotisme, de sensualité et de mystère, de chasses au lion et de palais fabuleux noyés d'encens, d'empereurs hiératiques aux origines bibliques parés d'or et de pierres précieuses et d'une cour fastueuse dans un décor de rêve...

Le dernier empereur, le dernier descendant des rois des rois, le Negus Negest Haile Selassie Premier sera déposé en... 1974.
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Ven 14 Nov - 16:37

La prestigieuse université de Tombouctou


Quand on pense au Moyen Age, on pense généralement châteaux-forts, chevaliers et doulces damoiselles. Certains vont plus loin et imaginent les prestigieux empires byzantins, chinois ou les fastes de l'Inde. Et même les civilisations précolombiennes.

On pense beaucoup moins aux royaumes africains. Et pourtant, à l'époque où les preux chevaliers joutaient sous le regard de leurs gentes dames, sous le chaud soleil d'Afrique, de riches et puissants royaumes témoignaient d'une civilisation évoluée.
Au Mali, à l'époque médiévale, l'université de Tombouctou est bel et bien la Sorbonne africaine :


En contact avec les marchands arabes, cette université devient rapidement un des foyers de la pensée et des sciences du monde musulman. A l'ombre des arcades, on étudie les sciences, l'histoire, l'astronomie, les mathématiques, la poésie... Et on y trouve de véritables livres, bien avant l'arrivée de Gutemberg et de sa presse à imprimer. La ville de Tombouctou est réputée pour son savoir et son commerce des livres. Témoignage de Léon l'Africain, un géographe arabe converti au christianisme :"Les livres s'y vendent fort bien, tellement qu'on en retire plus grand profit que de quelque autre marchandise qui se puisse vendre".
Les étudiants viennent du monde musulman, du Sahara, de Fez, du Soudan ou encore de Grenade. Il existe même un système de bourse pour les plus pauvres et un diplôme de fin d'études, l'Adjaga ! Encore plus fort : en 1222, on y écrit et proclame la Charte de Manden qui pose comme principe universel le respect de la vie humaine, la liberté de tout être et l'abolition de l'esclavage dans tout le royaume.
Au début, les étudiants lisent sur des planches de bois gravées avant de pouvoir accéder aux véritables livres. Pendant tout le Moyen Age et même la Renaissance, l'université de Tombouctou a été un centre de savoir et de connaissance qui a rayonné sur tous les royaumes africains et le monde musulman.

Elle est revenue sous les feux de l'actualité il y a peu quand des groupes extrémistes ont menacé de détruire, lors de leur avancée, les innombrables manuscrits qui y sont encore conservés :

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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Ven 14 Nov - 16:57

Citation :
Elle est revenue sous les feux de l'actualité il y a peu quand des groupes extrémistes ont menacé de détruire, lors de leur avancée, les innombrables manuscrits qui y sont encore conservés :

J'étais justement en train de me poser la question du devenir, dans les heures chaudes que vit le Mali actuellement, de cette université (ou medersa, en langue arabe).

Ces abrutis d'islamistes n'ont le respect de rien, pas même de leur propre culture. Car en détruisant l'université, ce sont des milliers de textes coraniques qu'ils auraient détruit.

J'espère qu'on finira par nettoyer ces régions du monde de tous ces groupes sectaires radicaux et parasites qui les infestent.
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Ven 14 Nov - 17:35

D'après ce que j'en ai lu, de nombreux manuscrits ont été transférés en urgence dans d'autres villes pour y être mis en sécurité. Quelques uns ont été détruits, mais finalement peu par rapport à ce que l'on craignait au départ.
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Sam 13 Fév - 10:39

Les grands empires africains et leurs souverains


Empire du Mali, Kankou Moussa

C'est en 1324 que l'empire du Mali connaît son apogée, sous le règne de Kankou Moussa, guerrier et diplomate habile, ouvert aux contacts avec le monde extérieur. Il fait venir à sa cour des lettrés et commerçants étrangers, se tourne principalement vers l'Egypte. Cette même année, il se rend en pélerinage à la Mecque, accompagné d'une caravane au faste incroyable : 60 000 hommes (!), des milliers de chameaux, de serviteurs, 80 paquets d'or pur de 4 kilos chacun... Inari, sa reine, est du voyage, entourée de ses servantes vêtues comme des princesses. Le cortège arrive au Caire en juillet et provoque la stupeur par son éclat, sa richesse. Le roi fait don d'une somme en or à tous ceux qu'il croise.
Les occidentaux mentionnent son empire sur leurs cartes, accompagnées de remarques sur sa richesse et sa puissance :"Ce seigneur noir a pour nom Moussa du Mali et l'or se trouve en son pays en telle abondance qu'il est le seigneur le plus noble et plus riche de tous". Un métal précieux source d'un commerce lucratif et qui alimente bijoutiers et joailliers de toute l'Afrique. Le souverain met même en place des orfèvres spécialisés chargés de traquer les fraudes ou les imitations.
Un empire qui contrôle les actuels Mauritanie, Sénégal, Mali, Guinée, Niger, Haute-Volta et Côte d'Ivoire.

L'empire Songhaï

Il connait son apogée au XVIème siècle avec deux souverains, Ali Ber et Askia Mohamed. Un empire qui comprend les actuels Mali, Niger, Sénégal, Nigéria, Sahara algérien, Mauritanie, Ghana et Bénin. Plus de 3000 kilomètres de l'océan Atlantique à l'intérieur des terres.
Très attaché aux cultes traditionnels, Ali Ber réduit au maximum l'influence de l'Islam, met en place une véritable administration avec des gouverneurs soigneusement encadrés. Askia Mohamed, son successeur va plus loin, s'entoure de savants, de lettrés, fait venir à sa cour des astronomes et savants arabes, stimule l'agriculture et l'éducation, prenant grand soin de Sankoré, la célèbre université de Tombouctou. Depuis le port relié à cette dernière, quantité de pirogues apportent riz, poissons, noix, miel, or, tissus... acheminés par la suite à dos d'ânes sous bonne garde.
On voit même apparaître, du côté des Grands Lacs, une véritable flottille de guerre, signalée par les chroniqueurs et voyageurs portugais et arabes, de grandes pirogues à balanciers latéraux.

L'empire Swahili

Il est découvert avec stupéfaction en 1498, par les portugais, alors que ces derniers doublent le Cap de Bonne Espérance sous l'autorité de Vasco de Gama en personne. Des ports puissamment fortifiés, des cités imposantes, des forts... Un ensemble qui couvre les actuelles côtes de l'Océan Indien, le sud de la Somalie et les Comores. Un commerce d'une incroyable vitalité y règne : à Mogadiscio, Sofala, Kilwa, Malinde et sur l'île de Zanzibar, les Swahili commercent activement avec les marchands arabes, persans et africains, négociant le fer, l'or, l'ivoire, les esclaves et même... de la porcelaine, venue de Chine !
Car les Swahili vont très loin : en 1414, une ambassade est envoyée en Chine, apportant en présent au Fils du Ciel une girafe qui crée la stupeur à la cour impériale. En retour, le général chinois Tchen Ho débarque sur la côte swahili en 1417.

L'empire du Ghana

Il englobe au Xème siècle les actuels Mauritanie, Sénégal, Gambie et Mali. Sa capitale est Koumbi Saleh, d'où partent les caravanes marchandes en direction du Maghreb. Les chroniqueurs arabes ne tarissent pas d'éloges sur la richesse de la cité, la magnificence de la cour où reçoit l'empereur, entouré de lettrés, de prêtres et de lévriers aux colliers d'or massif.
La cité est en pierre et bois d'acacia et ne compte pas moins de 12 mosquées, fréquentées par les commerçants et voyageurs venus du Maghreb. Chaque matin, l'empereur se promène en ville à cheval et tous, sans distinction, peuvent alors s'adresser à lui.
L'art funéraire de l'époque est également remarquable : les archéologues ont découvert dans la capitale une véritable nécropole, un ensemble de tumulus et de dômes en briques, terre et ciment, renfermant les dépouilles des empereurs, leurs armes, parures et tenues... ainsi que quelques serviteurs sacrifiés qui les accompagneront pour les servir dans l'autre monde...

L'un des plus grands souverains de l'empire du Ghana est Tenkamenin qui règne de 1037 à 1075. C'est lui qui instaure cette promenade où tous peuvent s'adresser au souverain. Il reste célèbre pour son accessibilité, sa tolérance religieuse et son sens de la justice, rendue au cours de grandes audiences publiques. Les chroniqueurs assurent que nul ne le quittait avant que justice n'ait été rendue.

A suivre...
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MessageSujet: CIVILISATIONS AFRICAINES   Dim 15 Mai - 20:22

Candace Amanishakhéto, reine africaine


(Photo de/by : James C. Lewis)

Peu connue, elle fût pourtant une des plus grandes souveraines de l'Antiquité, allant jusqu'à tenir tête aux romains.
Elle fait partie des Candace, une dynastie de reines mentionnée dans la Bible et qui régna sur l'Ethiopie et la Nubie. Amanishakhéto fût sans doute la plus grande car elle n'hésita pas à s'opposer au "premier empereur" de Rome, le divin Auguste en personne. Lorsque ce dernier envoie ses légions en Nubie, ces dernières sont vaincues et repoussées. Humiliation cuisante : sur ordre de la souveraine, une statue de l'empereur est décapitée et la tête de bronze est enterrée au seuil du palais, si bien que la reine, à chaque fois qu'elle sort, piétine l'effigie du romain...
Mais Amanishakhéto va plus loin. Non contente d'avoir repoussé les légions romaines, elle lance une contre-offensive et envoie une armée de 30 000 hommes sur l'Egypte. Des villes sont pillées, incendiées, l'île de Philae, séculaire sanctuaire d'Isis, tombe et l'armée de la reine remonte jusqu'à Eléphantine. Sachant qu'il joue sa tête, le Préfet romain organise une contre-attaque massive et puissante. La guerre s'achèvera pourtant par un traité qui délimite fermement les frontières et instaure des relations commerciales bientôt florissantes.
Comme on peut l'imaginer, les romains ont vite passé sous silence cet épisode peu glorieux et rapidement effacé les traces de ces évènements dans les archives impériales...
Amanishakhéto, elle, en a retiré un prestige immense, au point d'être citée dans la Bible. Elle reste aujourd'hui encore une image et un symbole très fort dans une bonne partie de l'Afrique, la reine noire qui a tenu tête à Rome.

On sait peu de choses sur l'empire de Méroé sur lequel elle régna et qui comprenait sans doute la Nubie et l'Ethiopie. La région (majoritairement le Soudan actuel) révèle de nombreuses pyramides, tombeaux de ceux que l'histoire a surnommé les "Pharaons noirs", rois de Méroé. Leur culture devait être un mélange de civilisation égyptienne et africaine. Une civilisation raffinée et évoluée vu les vestiges découverts... En 1832, un explorateur italien découvre les ruines du palais d'Amanishakhéto, un imposant ensemble de briques de plus de 3700 mètres carrés, le rez de chaussée comptant à lui seul 60 pièces. On découvrira également le tombeau de la souveraine, pillé malheureusement, mais recélant encore bijoux et parures magnifiques, témoins d'un art hautement raffiné.
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Dim 29 Mai - 17:20

Alfonso Ier, roi du Congo


(photo de/by : James C. Lewis)

Que son nom ne vous surprenne pas, il s'agit bel et bien d'un roi africain. Il est le fils et successeur de Nziga Nkouvou qui s'était converti au christianisme sous l'influence des missionnaires portugais sous le nom de Joao Ier.
Son fils prend donc la suite et va édifier un grand et puissant royaume chrétien au Congo, à partir de 1506. Le christianisme devient religion d'état, les seigneurs noirs se voient nommés ducs, comtes et marquis, des églises sont construites... En 1509, Mbanza Congo, la capitale, devient Sao Salvador. On y construit douze églises en pierre et une cathédrale, des remparts imposants, des rues pavées, des écoles dont une pour filles sous la protection et le patronage de la soeur du roi. Bâtie sur un haut plateau surplombant le fleuve, la ville compte alors 100 000 habitants ! La réputation de ses écoles atteint Lisbonne, les marchands portugais se pressent dans la métropole africaine, à la cour d'un royaume étonnant, mélange d'Afrique et d'Europe.

Mais ce long règne d'environ 40 ans a ses revers... Les seigneurs congolais, certains chefs de guerre et les prêtres reprochent au roi de soumettre le royaume aux portugais et protestent. Dans le même temps, les portugais mettent en place un système de traite des esclaves qui saigne le pays au point qu'Alfonso en vient à protester auprès de Lisbonne. En 1520, la reconnaissance par les portugais de l'Angola porte un coup sévère au Congo : les navires marchands ne passent désormais plus par le port de Soyo, provoquant la ruine des marchands congolais. De plus, Lisbonne tente d'empêcher par tous les moyens les contacts entre le Congo et les autres puissances européennes.
Les relations avec les portugais se détériorent, un attentat manqué vise même le roi qui meurt, probablement assassiné, en 1543.

Malgré tout, Alfonso Ier reste aujourd'hui encore un grand nom de l'histoire du Congo. A l'époque de François Ier et de la Renaissance, il régnait sur un royaume opulent et cultivé, loin au sud, dans les profondeurs de l'Afrique...
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Sam 19 Nov - 20:18

Les Berbères

On les appelait aussi Maures, Gétules, Garamantes ou Numides... Les grecs les nommaient Lybiens. Au temps de leur plus grande gloire, leur royaume s'étendait de l'actuel Maroc à l'Egypte, limité au sud par le Sahara, un royaume florissant nommé par les romains Numidie.

Leurs origines restent floues. Certains auteurs antiques en font les descendants des Troyens, d'autres les nomment carrément "Atlantes" ! On pense aujourd'hui qu'ils sont les ancêtres des Nord-Africains du Maghreb actuel. Uderzo et son complice se seraient donc bien plantés en représentant, dans Astérix, les Numides comme des africains noirs aux lèvres épaisses et cheveux crépus...

Tous en tous cas décrivent une civilisation puissante et florissante, régie par de grands rois et également des reines. Ils eurent des contacts avec les Phéniciens, les Grecs, les Romains... et prirent part aux Guerres Puniques entre Rome et Carthage, d'un côté comme de l'autre. A l'avènement de l'empire, les romains bataillent ferme pour intégrer les Berbères à leurs provinces d'Afrique et n'y arriveront jamais vraiment, maintenant une sorte de statu-quo par des traités et des accords de vassalité. Malgré tout, les deux civilisations cohabiteront sans trop de heurts, d'autant plus que les romains se montrent très tolérants face aux cultes berbères et les élites de ces derniers se romaniseront volontiers tout en gardant leur identité. Au fil du temps, les Berbères se convertissent au judaïsme puis au christianisme.

Les Berbères résisteront farouchement aux Vandales lors des invasions barbares en Afrique et leur infligeront même de sanglantes défaites avant de harceler sans cesse le nouveau royaume, l'affaiblissant et aidant ainsi, indirectement, les Byzantins à le faire tomber. Des Byzantins qui tenteront ensuite de contrôler à leur tour les Berbères mais s'y casseront les dents.

Viennent les Arabes qui se taillent à l'époque un immense empire dont la capitale sera Bagdad, "Lune de l'univers", Byzance étant elle "Soleil de l'univers".
Seulement voilà, les Arabes vont en baver également malgré certains succès. Ils connaîtront même l'humiliation d'être sévèrement vaincus par une femme, la reine Berbère Kahina ou Kahena, reine guerrière devenue légendaire chez les Berbères et qui a encore des statues à sa gloire en Algérie. Les Arabes eux-mêmes la respecteront et l'admireront même si elle finira vaincue et exécutée.
Finalement, les Arabes ne vaincront les Berbères qu'en les convertissant à l'Islam.

Les Berbères possédaient une haute culture, mêlée de plusieurs influences suite à leurs nombreux contacts avec Phéniciens, Grecs et Romains mais aussi avec l'Egypte puis plus tard avec le monde arabe.
Le Moyen Age occidental parle d'eux comme d'un peuple de savants, de médecins, d'astronomes et d'érudits de premier plan. Bien que nomades et éleveurs de bétail, ils ont bâti de grandes villes, à l'urbanisme développé. A noter que dans leur culture et leur histoire, la femme jouit d'une grande liberté comme chez les fiers Touaregs qui font partie de leurs descendants. Ils sont également réputés pour leurs tissus et leur musique.
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Mar 31 Jan - 18:53

1896 : Ménélik II, empereur d'Ethiopie gagne la bataille d'Adoua contre les italiens et stupéfie l'Occident


Certaines batailles prennent parfois, après coup, une toute autre dimension... C'est le cas de la bataille d'Adoua, en 1896, qui oppose éthiopiens et italiens.
Côté éthiopien, Ménélik II est un empereur énergique et décidé qui a entrepris de moderniser son empire : création d'écoles, d'hôpitaux, installation de l'électricité, du chemin de fer... Mais à cette époque, l'Europe est bien décidée à se tailler elle aussi un empire, colonial, en Afrique. Jusqu'ici, l'Ethiopie est restée libre. Et elle va le rester : à la stupéfaction générale, les troupes éthiopiennes sont victorieuses.

En Europe, en Occident, c'est la stupeur. La victoire éthiopienne fait tomber le gouvernement italien, poussé à la démission. Mais le symbole est encore plus énorme : alors que l'Europe se partage l'Afrique (entre autres) et semble régner sur le monde, un pays européen est vaincu par un peuple africain, un peuple noir ! Les italiens ont perdu 70% des hommes engagés dont quatre des cinq officiers sur place. Les éthiopiens s'emparent de plus de 11 000 fusils.

Partout, c'est la stupéfaction. Une formidable remise en cause de la suprématie occidentale. Dans certains pays européens, on refuse d'y croire, on va jusqu'à affirmer que les éthiopiens ont en fait de lointaines origines caucasiennes, histoire de nier que des "sauvages" noirs aient vaincu une puissance européenne ! Ménélik II, un "roi nègre", un "roitelet sauvage" devient soudain le grand descendant de Salomon, sage Roi des Rois, histoire de mieux faire passer la pilule et de pouvoir justifier sa victoire... En Afrique, la nouvelle soulève un formidable espoir. Avec le Libéria, l'Ethiopie reste le seul pays d'Afrique indépendant. Peu de temps après la victoire, la France, l'Angleterre, la Russie, envoient des missions diplomatiques à la cour impériale. Auréolé d'un fabuleux prestige, Ménélik II s'impose alors comme un chef d'état à part entière, traité avec respect. Des intellectuels et idéologues noirs affluent à la cour du Négus.

L'Europe, elle, s'interroge et s'inquiète. Déjà, en Extrême-Orient, le Japon de l'ère Meiji s'affirme comme une puissance à part entière. En 1905, la victoire de l'archipel nippon contre la Russie des Tsars aura le même impact que la victoire d'Adoua et lèvera un formidable élan dans tout le monde asiatique, sonnant le glas de toute une époque, de toute une idéologie.
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Mar 31 Jan - 20:51

On se rend compte qu'en France on a une méconnaissance totale de l'histoire africaine, qui est résumé à Mandela, l'Afrique du sud, l'apartheid, les zoulous et le colonialisme.

Pour le reste c'est abyssal, et c'est bien dommage, l'Afrique a une grande et riche histoire. Notamment à l'époque médiévale, et les royaumes sahéliens.

Les royaumes sahéliens sont mythiques pour les européens, ils sont inaccessibles jusqu’au XVe siècle du fait d’une triple barrière : le Sahara, les royaumes musulmans et les courants contraires de l’Atlantique. Les cartes européennes du début XVIe siècle sont donc totalement fantaisistes, mélange entre les renseignements d’Hérodote, de Ptolémée et les mythes parabibliques des mines de Salomon ou du royaume du prêtre Jean.
Hormis les fouilles archéologiques qui se multiplient ces dernières années, nous connaissons l’histoire de ces royaumes avant tout par l’entremise des Arabes. Des sources à considérer avec prudence : tout comme pour les européens de l’époque, tout le sud du Sahara porte pour eux un fort parfum de mythe. Ce sont néanmoins les Arabes qui ont donné son nom à cette partie de l’Afrique. Pour eux, elle porte deux noms : « Sahel », qui signifie « rivage » et « Bilal el Sudan » qui signifie « pays des noirs ». Nous disposons grâce à eux de descriptions précises sur certains points, à certaines dates, difficile donc de faire une histoire complète des royaumes.
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Mar 31 Jan - 22:35

La seule victoire d'un peuple africain contre une puissance européenne... bon, en même temps, c'était face aux Italiens, mais quand même... Razz
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Mer 1 Fév - 16:14

C'est une des raisons pour lesquelles j'ai créé ce sujet.
On découvre une Afrique "médiévale" avec des villes, des universités, des rois et des reines, un commerce, un art, une culture...
L'Ethiopie, empire d'Abyssinie, remonte à la plus haute Antiquité, les Swahili commerçaient avec la Chine, l'université de Tombouctou distribuait des diplômes, la reine Candace Amanishakhéto a tenu tête aux romains avec succès...

Le monde arabo/musulman, de par sa proximité géographique, connaissait ce monde africain avec lequel il commerçait mais pour les européens de l'époque, ces terres étaient aussi mythiques que la Chine ou l'Inde.

Pour en revenir à Ménélik II, il s'affirme comme un géant politique bien avant la bataille d'Adoua : il fait bâtir des hôpitaux, fait installer des lignes de chemin de fer, des écoles publiques, achète du matériel militaire en Europe, fait venir d'Occident des ingénieurs, des architectes... On voit circuler dans sa capitale des vélos... Il crée une poste d'état, organise une campagne de vaccination contre la variole dans tout l'empire... Des éthiopiens partent étudier jusqu'en Russie ! Il modernise également le système fiscal, centralise l'administration impériale...
Des nouveautés qui lui valent l'hostilité d'une partie de la noblesse, l'obligeant à des concessions.

La fin de cet empereur exceptionnel (dont le souvenir reste aujourd'hui encore très fort en Ethiopie) est hélas bien triste : frappé par une attaque, le souverain se retrouve paralysé et incapable de parler, restant parfois inconscient des heures entières. Une régence de plusieurs années est assurée par l'impératrice jusqu'à la mort de l'empereur en 1913.
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Mer 1 Fév - 21:10

Ce n'est pas cet empereur, qu'on appelait aussi le Négus, et qui a donné naissance au mouvement rastafari ? Suspect
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Jeu 2 Fév - 16:45

Non, l'empereur associé au mouvement rastafari est Haïlé Sélassié, dernier empereur d'Ethiopie.
On en parle ici (tout en bas) :
http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org/t392p25-peuples-ethnies-communautes#22657

Quant à Negus, c'est un titre de noblesse qui finît par devenir courant comme les César ou les Basileus. Bien qu'en Ethiopie, le titre exact correspondant à "empereur" soit Negusse Negest, "Roi des Rois".
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Ven 26 Mai - 19:14

Quand Arthur Rimbaud se perdait dans les profondeurs de l'Ethiopie...


Il a tout laissé, Paris, la poésie, les salons, l'ami/amant Verlaine... En 1873, Arthur Rimbaud, l'auteur du Bateau ivre et d'Une saison en Enfer quitte l'Europe pour Chypre où il devient chef de chantier, puis Aden où il travaille dans l'import-export puis enfin l'Ethiopie.
Pendant 10 ans, le poète se fait explorateur, aventurier, trafiquant. Il commerce, rôde à travers les bazars, découvre ce qui est à l'époque l'Abyssinie, à la recherche d'aventure, de fortune, d'autre chose qu'il a lui-même du mal à définir. En 1883, une photo le montre "noir comme un nègre", pieds-nus et les cheveux coupés très court dans le jardin d'un café à Harar, grande métropole éthiopienne. "Le poète aux semelles de vent" trafique à travers toute la corne de l'Afrique, il a appris l'arabe, l'amharique et l'oromo, il se consume dans cette Afrique qui l'envoûte. Il trafique des armes, tente de monter une caravane pour rejoindre la cour impériale du Négus, prend des photographies...
Une tumeur cancéreuse au genou l'oblige à regagner Marseille où malgré une opération lourde, la maladie se généralise rapidement, lui causant de grandes souffrances. Il meurt en 1891, à 37 ans... Au même moment, à Paris, Verlaine commence à faire paraître ses poèmes. La légende du poète maudit qui, adolescent d'une beauté incandescente, écrivait des vers magnifiques à 17 ans, se met en place.

Il avait pourtant tout quitté pour se perdre sous d'autres cieux, sous d'autres soleils, plus brûlants. Il s'en est expliqué très tôt, à 19 ans, avec ces mot inoubliables :
"Ma journée est faite, je quitte l'Europe. L'air marin brûlera mes poumons, les climats perdus me tanneront. Nager, broyer l'herbe, chasser, fumer surtout... Boire des liqueurs fortes comme du métal bouillant, comme faisaient les ancêtres autour des feux.
Je reviendrai avec des membres de fer, la peau sombre, l'œil furieux. Sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or, je serai oisif et brutal. Sauvé
."
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Lun 29 Mai - 10:54

Tiens, ça me fait penser à une fiction historique radiophonique sur le séjour d'André Gide au Congo en 1925 :
https://www.franceinter.fr/emissions/autant-en-emporte-l-histoire/autant-en-emporte-l-histoire-14-mai-2017
Ceux qui pensent encore que la France faisait une œuvre civilisatrice pourront entrevoir le revers de la médaille.
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MessageSujet: Re: CIVILISATIONS AFRICAINES   Sam 26 Aoû - 9:36

Shaka Zulu, le "Napoléon noir"




(Photo : James C. Lewis)

Personnage historique le plus connu en Afrique Australe après Nelson Mandela, Shaka Zulu est le père, le fondateur de la nation, de l'empire Zoulou.
Né en 1787, il est issu d'une union illégitime entre un prince zoulou et une princesse Langeni, ce qui fît de lui un bâtard et de sa mère, femme à la forte personnalité, une paria. Le fils et la mère, unis par une relation très forte, en retireront une haine et un désir de vengeance qui seront pour beaucoup dans leur flamboyant destin.

Car Shaka Zulu va rapidement se bâtir un empire. Suite à de fratricides guerres internes, il prend la tête du peuple Zoulou et met en place une immense armée de redoutables guerriers, plus de 100 000 hommes auxquels il impose une discipline toute romaine, s'inspirant des européens pour créer et adapter à ses hommes stratégie, tactiques et manœuvres. Le service militaire est imposé, l'armement modifié de même que le régime alimentaire des zoulous, enrichi en viande. Quatre ans après sa montée sur le trône, le nouveau roi a conquis un territoire plus grand que la France... Il devient le "Napoléon noir", "l'Alexandre le Grand africain" à tel point que les anglais, inquiets, envoient sous des dehors commerciaux une ambassade à la cour zoulou pour voir ce qu'il en est vraiment. Au sein de la délégation se trouve un médecin irlandais qui va rester plusieurs années auprès du roi qu'il a guéri par ses soins et qui apprécie son savoir et ses connaissances. L'irlandais sera ainsi un témoin privilégié de son règne.

Un règne guère tendre... Shaka n'hésite pas à recourir au massacre de masse et à promouvoir l'eugénisme : parmi les peuples vaincus, vieux et malades sont supprimés, les hommes jeunes et forts incorporés, sommés d'abandonner costumes, langue, us et coutumes pour adopter celles des zoulous et les femmes forcées d'épouser des zoulous.
Dans le même temps, il crée les premiers espaces protégés, les premières "réserves" animalières où nul n'a le droit de chasser.
La mort de sa mère, avec laquelle il avait une relation presque fusionnelle, terrasse Shaka qui ordonne le sacrifice de... 7000 hommes et femmes lors des cérémonies funéraires ! Sa cruauté finit par lasser son propre peuple et il est assassiné en 1828, suite à une intrigue de cour où se trouvent mêlés des membres de sa propre famille, tante, demi-frères et coépouses.

Charismatique, stratège et guerrier redoutable, visionnaire, Shaka Zulu fonda un empire, forgea une nation unie et structurée. Diabolisé par les blancs qui ne retiennent que sa cruauté et sa violence, il reste un personnage de légende pour les zoulous et les africains noirs.
Il est présent dans de nombreux chants, poèmes, romans et légendes et, lors de l'Apartheid, de nombreux mouvements de libération des noirs le prendront comme modèle, comme symbole. Il est présent comme dirigeant dans quasiment tous les jeux de Civilisation et dans Age of Empires III. L'aéroport de Durban, en Afrique du Sud, porte son nom. Un mémorial lui est consacré à KwaDukuza, considérée comme la capitale du Zululand, votre Voyageur l'a visité.
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