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 PHILOSOPHIE : LES GRANDES ECOLES DE PENSEE

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MessageSujet: PHILOSOPHIE : LES GRANDES ECOLES DE PENSEE   Jeu 3 Mar - 16:35

L'épicurisme


Avant toute chose, il me faut ici honorer la mémoire du regretté Lucien Jerphagnon, fabuleux historien et dont Histoire de la Rome antique reste incontournable. Lisez cet ouvrage et vous aurez tout compris sur Rome, des débuts à la fin, mieux qu'en suivant tous les cours d'université.
C'est lui qui m'a fait découvrir, dans cet ouvrage, la nature véritable de l'épicurisme et ce qui va suivre est un résumé du remarquable passage de M. Jerphagnon sur cette philosophie.

Car oui, l'épicurisme véritable n'a pas grand chose à voir avec la version faussée, déformée, que nous en avons aujourd'hui avec "l'épicurien", le type jouisseur et gourmand qui aime la bonne bouffe, la gaudriole et tous les plaisirs. Retour aux sources donc...

L'enseignement d'Epicure distingue tout d'abord les désirs "naturels" : manger, boire, se vêtir, avoir un toit, faire l'amour... Puis viennent les désirs "nécessaires" : manger des plats succulents, boire des grands vins, se vêtir de soie, vivre entre des murs de marbre, forniquer... Viennent enfin les désirs ni naturels, ni nécessaires.
Le but de l'épicurisme est bel et bien de repousser les désirs qui nous assaillent pour parvenir à l'ataraxie, c'est à dire l'absence de trouble. Et pour cela, il faut repousser les désirs inutiles et se contenter des plaisirs simples. Si l'on a vraiment faim, un repas tout simple s'avère délicieux. Ne passons pas à côté des choses simples, voilà qui serait le message d'Epicure.

Le but est donc cette ataraxie, absence de trouble. Celui qui l'atteint est alors à l'abri de toute peur, de toute angoisse. Il n'y a plus rien à craindre, même pas la mort : l'âme disparaît en même temps que meurt le corps, la mort n'est rien puisqu'on n'est plus là pour s'en rendre compte. Pour le strict épicurien, il faut simplement vivre l'instant présent sans s'inquiéter, libéré de ses peurs et de ses angoisses qui n'ont aucune raison d'être si l'on se contente des bonheurs simples et de repousser les désirs inutiles. Cet état bienheureux permet alors d'accéder à la connaissance.
Arrivé là, on reste stupéfait par la concordance avec le Bouddhisme, qui enseigne également à repousser les désirs pour se libérer (du cycle des réincarnations) et accéder ainsi au Nirvana et, de là, à l'éveil, à la connaissance.

Sur un autre plan, Epicure va beaucoup plus loin, ses réflexions vont jusqu'au clinamen, une dérive magnétique qui dévie les atomes dans leur chute éternelle et parallèle et les fait se rencontrer et s'assembler pour former des corps... Sans oublier la différence entre l'animus (volonté consciente et réfléchie) et l'anima (l'âme proprement dite).

Philosophie somme toute assez austère que cette satisfaction des plaisirs simples pour parvenir au bonheur, à l'absence d'angoisse, pour vivre l'absolu de l'instant et ne plus craindre la mort.
Une philosophie mal vue à Rome. Hé oui, l'épicurisme considère comme superficiel, vain et inutile le désir de pouvoir, de conquête, la soif d'honneurs, le carriérisme. Tout cela est vu comme des futilités qui n'amènent que désordres et troubles. Un message qui passe mal dans la Rome conquérante avide de pouvoir et de richesses de l'époque et qui va à l'encontre des idéaux romains. Les romains étaient tournés vers le stoïcisme, qui enseignait (en gros) que Rome était destinée à dominer le monde parce que c'était son destin, parce que les dieux l'avaient voulu ainsi. L'épicurisme apparaissait donc comme une abdication, un abandon des valeurs viriles et conquérantes au profit d'une vie tranquille.

Dans le même temps, certains fêtards et noceurs détournent (déjà !) le message d'Epicure et le déforment, l'utilisant comme prétexte pour justifier leurs excès et débordements. L'occasion est trop bonne pour les détracteurs de l'épicurisme qui accusent alors les épicuriens de débauche, d'orgies et de débordements scandaleux. Bref ! L'épicurisme ne sera jamais en faveur à Rome.
En Campanie pourtant, dans la région de Naples, des groupuscules épicuriens se forment et s'installent, sans doute attirés par la beauté de la région et la douceur du climat. Ces fidèles s'échangent une correspondance suivie et fort vivante entre Pompei, Stabies, Herculanum, Nola... L'éruption du Vésuve viendra y mettre un terme et engloutira toute une bibliothèque épicurienne à Herculanum. Les scientifiques actuels tentent désespérément de déchiffrer ce qui reste de ces papyrus carbonisés...
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MessageSujet: Re: PHILOSOPHIE : LES GRANDES ECOLES DE PENSEE   Jeu 3 Mar - 17:13

Le stoïcisme


Ce fût la philosophie chérie des romains, devenue presque la philosophie "officielle" de l'Empire, entretenant des liens étroits avec la politique.
Comme souvent, notre époque en a une vision déformée. Il convient donc de repartir à la source...

C'est Zénon qui fonda ce courant de pensée entre 301 et 304 avant J.C, à Athènes. A la base, le stoïcisme s'appuie sur la distinction entre :

- les choses qui dépendent de nous et sur lesquelles nous pouvons agir.
- les choses qui ne dépendent pas de nous et sur lesquelles nous n'avons aucune influence.

Pour vivre heureux et libre, selon Zénon, il ne faut pas lutter en vain contre ce qui ne dépend pas de nous, mais au contraire l'accepter et s'y soumettre.
On pourrait penser à un certain fatalisme, une certaine résignation... Epictète proclamait :"Abstiens-toi et supporte". On a là l'origine du mot "stoïque", la personne qui reste forte, inébranlable, devant les épreuves et les coups du sort.
Le but est le même que celui de l'épicurisme, atteindre l'ataraxie, c'est à dire l'absence de troubles. Mais les moyens diffèrent. Les disciples d'Epicure y parviennent en se contentant de vivre l'instant et de satisfaire les désirs et besoins simples, avec équilibre. Les disciples de Zénon y parviennent en acceptant les coups durs et en y faisant face, sans se lamenter ou se révolter inutilement. Mais aussi en rejetant les plaisirs et les passions au profit de la force intérieure, d'une certaine "force tranquille" si l'on peut dire.

On comprend que cette philosophie ait beaucoup plu aux romains, peuple guerrier et conquérant, l'esprit hanté de bravoure, de courage et de vertu. Ce courant de pensée qui enseignait à rester fort et à faire face à l'adversité avec courage et ténacité ne pouvait que séduire ces guerriers dans l'âme.
Mais cela allait plus loin... Il y a en effet dans le stoïcisme une grande part de déterminisme : c'est comme ça, il y a certaines choses contre lesquelles on ne peut rien, c'est écrit et il faut faire avec.
Très vite, les grands penseurs romains s'emparèrent de cette idée pour la tourner à leur sauce et parvenir à justifier la destinée de Rome. Les romains étaient appelés à dominer le monde parce que les dieux l'avaient voulu ainsi, c'était leur destin et il aurait été vain de s'y opposer. L'Empire trouva là une formidable justification intellectuelle et idéologique à sa politique : Rome domine le monde, c'est ainsi, c'est écrit et il est inutile de s'y opposer. Là, on n'est peut-être pas loin d'un certain cynisme... Zénon allait encore plus loin : dans son ouvrage La République, il posait comme régime idéal "tous les hommes unis et rassemblés en un mode de vie unique, en une unique entité, sous une loi commune, comme pour un troupeau uni ensemble dans un même pâturage". L'Empire y trouvait là la meilleure des justifications.

Cette pensée eût également des conséquences positives. Un empereur comme Marc-Aurèle, qui se prît en pleine gueule les invasions barbares, une épidémie de peste de grande ampleur et une crise économique sans précédent, trouva dans le stoïcisme la force de tenir bon, de continuer malgré les épreuves. Même chose bien plus tôt avec Tibère qui, las de régner, désabusé, envisageait de se retirer. Mais influencé par son philosophe stoïcien Trasybule, il tînt bon et continua. Lorsque l'Empire fût en proie aux plus grands troubles, beaucoup de généraux et d'empereurs trouvèrent dans le stoïcisme la force de tenir bon et de continuer la lutte.

Le stoïcisme fût donc très important à Rome et fût presque une philosophie "officielle" du pouvoir impérial, encouragée par des philosophes comme Sénèque (qui l'enseigna en vain à Néron) ou pratiquée par des empereurs comme Marc-Aurèle.
Une philosophie qui encourageait la bravoure, la force et le courage face à l'adversité et qui justifiait également la mainmise de Rome sur le reste du monde.

Une philosophie qui entra très tôt en conflit avec l'épicurisme, bien que les deux courants tendent vers un but commun. L'idéal épicurien, vivre pleinement et avec mesure l'instant présent, considérer les luttes pour le pouvoir, l'ambition ou la politique comme des pertes de temps et des dépenses d'énergie inutiles, ne pouvait que heurter l'idéal stoïcien, pétri de courage, de force et de volonté, le tout en plus voulu et ordonné par les dieux...
Les épicuriens étaient donc mal vus à Rome, passant pour des lâches, des "femmelettes", se désintéressant et se détournant de la vie publique pour satisfaire égoïstement leurs plaisirs. Beaucoup d'auteurs stoïciens noircirent alors les épicuriens pour en faire des débauchés uniquement préoccupés par la jouissance et le plaisir, origine sans doute de la version déformée que nous avons de l'épicurisme aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: PHILOSOPHIE : LES GRANDES ECOLES DE PENSEE   Jeu 3 Mar - 18:41

Je pense qu'avant d'aborder l'étude d'Aristote et des Stoïciens, il faut commencer par le début.

Et à l'origine de la pensée philosophique grecque, il y a :

HÉRACLITE D’ÉPHÈSE


De la vie de ce penseur ionien d'Asie Mineure qui vécut au VIème siècle av. JC, nous ne savons pas grand chose, sauf qu'il devait appartenir probablement à une famille sacerdotale ou royale (voire les deux). Aristocrate de haut rang, il traversa une époque troublée, celles où les cités d'Ionie, conquises par les Perses, s'étaient révoltées.

Héraclite d’Éphèse est le philosophe du devenir, qu'il n'a de cesse de présenter comme un conflit permanent entre les choses. Les concepts fondamentaux de sa pensée sont :
- le LOGOS, conçu comme le "Verbe", loi créatrice du devenir ;
- le COMBAT, engagé comme conflit, père de toutes choses, générateur et organisateur ;
- et enfin, l'HARMONIE DES CONTRAIRES, équilibre dynamique où les tensions opposées peuvent s'équilibrer.

L'instabilité de toutes choses est l'aspect le plus célèbre de la philosophie d'Héraclite. Tout s'écoule, rien ne demeure jamais le même. L'homme est un pion sur le damier du temps. Tout, d'ailleurs, est métamorphose. Le monde repose sur un conflit des contraires qui féconde l'univers.
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MessageSujet: Re: PHILOSOPHIE : LES GRANDES ECOLES DE PENSEE   Jeu 17 Mar - 17:31

L'existentialisme

Nous faisons un bond dans le temps jusqu'au XIXème siècle car c'est à cette époque qu'apparaît vraiment la pensée existentialiste avec des penseurs comme Nietzsche, Kierkegaard, Kafka... Le courant se poursuivra au siècle suivant avec des gens comme Jean-Paul Sartre.

L'existentialisme pose comme base que l'homme forme et modèle sa vie par ses actes et ses actions, en dehors de toute prédétermination, de toute doctrine ou enseignement, moral, religieux, philosophique.
Chaque personne est unique et maîtresse de son destin, suivant ses valeurs propres.
Chaque être vient au monde sans but ou destinée et c'est lui seul qui se forge sa vie et son destin, seul maître de son existence. Le néant a donc une place de choix dans la pensée existentialiste.

Pour certains, l'existentialisme a été vu comme la philosophie de la liberté : le refus de se calquer sur un mode de pensée défini, une religion, sur des valeurs ou un enseignement autre que les siens propres. On est à l'opposé du stoïcisme décrit plus haut : il n'est pas question de "s'abstenir et de supporter" puisqu'il n'y a pas de destin, de fatalité, rien n'est écrit, c'est nous qui faisons notre vie, jour après jour, instant par instant.

En France, l'existentialisme fût très à la mode après 1945 dans les cabarets et caveaux de Saint Germain des Près où une jeunesse traumatisée par les horreurs de la guerre dansait et s'étourdissait, vivait pleinement l'instant pour mieux oublier. Un existentialisme motivé par la peur, l'absurdité, l'angoisse, le choc par rapport à ce que l'on venait de vivre. Mais aussi la volonté de réaffirmer le fameux "plus jamais ça !" puisque rien n'est écrit, ce qui sera ne dépend que de nous.

Signalons qu'il existe malgré tout un existentialisme religieux (on trouve des penseurs existentialistes chrétiens, juifs et musulmans) opposé à un autre, athée.
Les premiers acceptent l'idée d'un dieu créateur mais qui laisse à l'homme le choix de ses actes et donc de son destin.
Les seconds prônent une liberté totale de l'être : il n'y a pas de dieu, l'homme n'est rien, sinon ce qu'il fait de lui-même.
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MessageSujet: Re: PHILOSOPHIE : LES GRANDES ECOLES DE PENSEE   Jeu 17 Mar - 20:28

Voyageur Solitaire a écrit:

Les premiers acceptent l'idée d'un dieu créateur mais qui laisse à l'homme le choix de ses actes et donc de son destin.

C'est la notion de libre-arbitre que l'on retrouve chez saint Thomas d'Aquin et reprise par les Jésuites : la grâce est donnée à tout le monde, c'est à l'homme d'en disposer comme il le souhaite ou pas.

Citation :
Les seconds prônent une liberté totale de l'être : il n'y a pas de dieu, l'homme n'est rien, sinon ce qu'il fait de lui-même.

"L'homme n'est rien d'autre que son projet" (Jean-Paul Sartre).

En clair, être un homme, c'est s'accomplir. Mais s'accomplir, c'est quoi, précisément ? Toute la question est là.
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MessageSujet: Re: PHILOSOPHIE : LES GRANDES ECOLES DE PENSEE   Ven 18 Mar - 15:46

Sartre proclamait l'existentialisme comme étant "un véritable humanisme". Il y voyait une liberté totale de l'individu : il n'y a pas de dieu, pas de destin ou de fatalité, l'homme n'est rien, il est donc totalement libre (il écrira même que "l'homme est condamné à être libre").
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MessageSujet: Re: PHILOSOPHIE : LES GRANDES ECOLES DE PENSEE   Ven 18 Mar - 17:31

Sommes-nous vraiment libres ?

De toute façon, il n'y a pas de liberté sans responsabilité.
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MessageSujet: Re: PHILOSOPHIE : LES GRANDES ECOLES DE PENSEE   Aujourd'hui à 21:28

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