AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 FURYO

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Voyageur Solitaire
Admin


Masculin Messages : 5733
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Anywhere out of the world...
Emploi/loisirs : Tout, passionément...
Humeur : A décidé de ne plus s'inquiéter.

MessageSujet: FURYO   Dim 20 Sep - 17:47


Un film assez spécial, difficile à appréhender peut-être...

Sorti en 1983, le film raconte les relations entre quatre personnes bien différentes dans un camp japonais de prisonniers de guerre (traduction de Furyo en japonais) en 1942, dans l'île de Java. On y trouve le major Jack Celliers (David Bowie himself), un prisonnier rebelle tourmenté par un secret coupable de jeunesse, le capitaine Yonoi (Ryūichi Sakamoto lui-même), le jeune commandant du camp entièrement dévoué à son pays, le lieutenant colonel John Lawrence (Tom Conti), un officier britannique qui a vécu au Japon et parle couramment le japonais, et le sergent Hara (Takeshi Kitano), qui semble être une brute mais qui possède encore un peu d'humanité et entretient malgré tout une relation privilégiée et amicale avec Lawrence.

Dans la moiteur étouffante de Java et l'atmosphère éprouvante du camp, ces quatre personnages vont lier une relation complexe, ambigue, parfois dérangeante. Il ne faut pas voir en Furyo un film de guerre, c'est un film psychologique, un huis-clos ayant pour cadre le camp de prisonniers, dans une atmosphère étouffante et malsaine, rendue encore plus difficile par la discipline de fer imposée par le capitaine Yonoi, discipline qui vole en éclats avec l'arrivée de Jack Celliers, foncièrement rebelle. Entre les deux hommes se noue une relation ambigue et complexe, les deux ayant un lourd passé, tous deux rongés par la culpabilité et secrètement attirés l'un par l'autre. Dans le même temps, Lawrence et Hara tentent de maintenir leur improbable amitié, malmenée par la guerre. La fin de cette dernière et la libération du camp feront voler le huis-clos en éclats, inversant les rôles.

Un film assez surprenant, un OVNI presque, sorte d'étude psychologique entre des hommes ennemis, condamnés à pourtant vivre ensemble dans ce camp qui devient leur seul univers. Esprit samouraï de sacrifice et d'abnégation de l'un, caractère rebelle et iconoclaste de l'autre, amitié souhaitée mais impossible, rivalité, attirance ambigue... L'ensemble a un parfum de Yukio Mishima quelque part, je trouve : ce côté guerrier, strict et plein d'abnégation, cette attirance insidieuse, refoulée, entre Yonoi et Celliers... Au final, ils sont tous perdants et même Hara, la brute, laisse transparaître son humanité.

Un film qui ne plaira pas à tout le monde, c'est certain et qui reste difficile à appréhender, mais c'est à voir je pense.
Sans oublier la somptueuse bande-son de Ryuichi Sakamoto avec Forbidden Colors, devenu un morceau emblématique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Warlock



Masculin Taureau Messages : 2478
Date d'inscription : 11/01/2012
Age : 38
Localisation : Au milieu de nulle part
Humeur : Le monde est un ego sans fond

MessageSujet: Re: FURYO   Dim 20 Sep - 22:41

J'ai vu ce film une fois il y a quelques années, et dans mes souvenirs c'est effectivement un ovni. Un film qui m'avait laissé perplexe, je m'attendais à autre chose à l'époque. Un film à part, décalé, qui se pose en effet plus sur les sentiments humains et la psychologie que sur un film de guerre pur et dur. Mais ça reste un film marquant, bien sur pour la présence de Bowie (ça marque toujours), de sa BO prenante et celle de Sakamoto troublante. Kitano est aussi étonnant dans son rôle, on a l'habitude de le voir dans un autre style de film. Vraiment un film particulier, qui en effet ne plaira pas à tout le monde.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
cdang



Masculin Messages : 884
Date d'inscription : 15/10/2014
Localisation : Le Havre (76)

MessageSujet: Re: FURYO   Lun 21 Sep - 13:04

Du grand Oshima ! Oui oui oui, je dis oui à tout ce qui a été dit au dessus, inutile que je paraphrase moi-même.

Juste pour rajouter que ce film vient après les érotiques, et donc sulfureux pour l'époque, Empire (L'Empire des sens, 1976, et L'Empire de la passion, 1978). Qu'il se débarrasse ici des corps nus, mais garde toute la complexité et la souffrance des personnages. Et qu'il reprendra le thème de l'homosexualité des guerriers dans l'excellent Tabou (1999, son dernier film).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Voyageur Solitaire
Admin


Masculin Messages : 5733
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Anywhere out of the world...
Emploi/loisirs : Tout, passionément...
Humeur : A décidé de ne plus s'inquiéter.

MessageSujet: Re: FURYO   Lun 21 Sep - 15:52

Pour ma part, c'est plus la relation Lawrence-Hara qui m'a touché, cette sorte d'amitié "malgré tout", difficile, à priori impossible mais qu'ils tentent de maintenir quand-même. La scène finale où Hara, condamné à mort (désolé pour le spoil...) fait ses adieux à Lawrence en lui souhaitant un joyeux Noël m'avait marqué, rendu triste même.

Si Bowie est à l'aise dans son rôle de rebelle insolent, c'est pour moi Sakamoto qui est magistral et c'est son personnage qui me fait penser à Mishima, souligné par cette attirance ambigue entre les deux hommes. Sakamoto trouve là un rôle intense, plus marquant que sa prestation (pourtant très bonne) dans Le dernier empereur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
cdang



Masculin Messages : 884
Date d'inscription : 15/10/2014
Localisation : Le Havre (76)

MessageSujet: Re: FURYO   Lun 21 Sep - 16:14

Voyageur Solitaire a écrit:
La scène finale où Hara, condamné à mort (désolé pour le spoil...) fait ses adieux à Lawrence en lui souhaitant un joyeux Noël m'avait marqué, rendu triste même.
D'où le titre anglais d'ailleurs, Merry Christmas Mr. Lawrence.

En plus, Kitano avec sa moitié de visage limite paralysée, et son style pince sans rire qui lui est propre, c'est clair que cette scène finale est très touchante. Son détachement met bien en évidence la « culture samouraï » que la propagande inculquait aux soldats à l'époque, dont les symboles les plus évidents sont le sabre, et les cérémonies de départ des kamikazes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
ashimbabbar



Masculin Messages : 241
Date d'inscription : 21/04/2012

MessageSujet: Re: FURYO   Jeu 22 Oct - 19:52

Kitano est excellent dans ce film, à la fois violent et innocent, alors que d'habitude je le trouve insupportablement nul.
( si j'avais mauvais esprit je dirais qu'Oshima l'a menacé de certain châtiment… Twisted Evil  )

Par contre, les autres acteurs en font vraiment des tonnes et Bowie tout le premier, et les passages sur son petit frère sont du total n'importe quoi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
cdang



Masculin Messages : 884
Date d'inscription : 15/10/2014
Localisation : Le Havre (76)

MessageSujet: Re: FURYO   Jeu 22 Oct - 22:23

ashimbabbar a écrit:
alors que d'habitude je le trouve insupportablement nul.
Mmmm, rappelle-moi de t'envoyer un colis. Considère que c'est une avance pour Noël.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: FURYO   Aujourd'hui à 22:50

Revenir en haut Aller en bas
 
FURYO
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Terres d'évasion... :: LES LIVRES DE VISION :: Films et séries historiques-
Sauter vers: