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 XVIIème ET XVIIIème SIECLES

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Gorak



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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 29 Avr - 18:58


DE VERSAILLES AU CLOÎTRE : LOUISE DE LA VALLIERE

Françoise-Louise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière, naquit à Tours en 1644, fut nommée en 1661 fille d'honneur de Madame et céda, la même année, aux instances du Roi qui, en 1667, la fit duchesse et légitima les deux enfants qu'elle lui avait donnés.

Blonde avec de beaux yeux bleus, aimable et gracieuse, elle boitait légérement mais dansait admirablement bien.
Dénuée d'ambition, elle aimait sincèrement le Roi, uniquement pour lui-même, ce qui ne l'empêcha pas d'être en butte à toutes les jalousies et à toutes les méchancetés. Elle fut bientôt éclipsée par la Montespan, obligée de vivre aux côtés de cette rivale aux dents longues.
En 1670, après être tombée gravement malade et avoir cru sa dernière heure arrivée, elle prit la résolution de vouer sa vie à Dieu et partit s'enfermer aux Carmélites de Chaillot.

Mais elle ne put tout-à-fait se consoler de ne plus voir le Roi, et lui écrivit, en 1671, cette missive :

"Sire, j'aurais quitté plus tôt la Cour, après avoir perdu l'honneur de vos bonnes grâces, si j'avais pu obtenir de moi de ne plus nous voir ; cette faiblesse a été si forte en moi qu'à peine suis-je capable présentement d'en faire le sacrifice à Dieu. Je voulais pourtant que le reste de l'affection que j'ai eue pour Votre Majesté servit à une pénitence, et je pensais qu'après vous avoir donné ma jeunesse, ce n'était pas trop du reste de ma vie pour le soin de mon salut."

Le Roi, ému, envoya son fidèle Colbert chercher La Vallière dans son couvent.
Louise revint à Versailles ; elle y fut reçue par le Roi, mais aussi par la Montespan, qui occupait sa place. Cependant, la mort tragique de Madame affermit sa résolution.
Le 20 avril 1674, elle se jeta aux pieds de la Reine, devant toute la Cour, voulant faire publiquement pénience, puis entra aux Carmélites du grand couvent de la rue d'Enfer, se soumettant avec joie aux règles les plus austères.

Elle délaissa alors les robes de soie pour prendre le cilice et l'habit de bure, abandonna les escarpins vernis pour chausser ses pieds nus de sandales tressées et se fit désormais appeler Soeur Louise de la Miséricorde.


Le 3 juin 1674, elle prononça ses voeux définitifs, et le voile noir béni par Bossuet, présenté par la Reine et posé par la prieure, couvrit pour toujours cet estimable et beau visage.

Elle mourut en 1710, à l'âge de 65 ans, laissant la communauté aussi affligée de sa perte qu'édifiée de sa longue pénitence.
Louis XIV ne manifesta aucune émotion au moment de cette mort, disant seulement que, du jour où Louise s'était donnée à Dieu, elle était morte pour lui.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 14 Mai - 8:20


ETAT DE LA FRANCE APRES LE 18 BRUMAIRE -- BILAN POST-REVOLUTIONNAIRE

Au moment où Bonaparte prend le pouvoir, le 9 novembre 1799, la France est alors dans un état lamentable : les routes sont à l'abandon depuis sept ans et ravinées par des ornières si profondes que, pour les éviter, les voituriers font de longs détours au milieu des terres labourées, et les chaises de poste glissent et s'enlisent dans les fondrières boueuses d'où on ne les tire qu'en y attelant des boeufs.
A chaque pas dans la campagne, c'est un hameau désert, une maison sans toit, une ferme incendiée, une église, un château écroulés.
A la faveur de l'anarchie résultant de dix années de guerre civile, il s'est formé partout, mais particulièrement dans le Midi, des bandes de brigands qui rançonnent les voyageurs et attaquent les diligences. Dans l'Ouest, les "chauffeurs" continuent leurs méfaits. Et ce, à tel point que le gouvernement est obligé de faire accompagner par une escorte officielle les personnes ou les biens qu'il veut voir parvenir à destination.

L'assassinat du courrier de Lyon et le pillage de la malle-poste, près de Lieusaint, le 27 avril 1790, sont demeurés célèbres, parce que ce crime a donné lieu à un procès retentissant ; mais les attaques à main armée, les violences sur les personnes et sur les biens ne sont alors pas rares et le plus souvent restent impunies.
Une association de malfaiteurs, siègeant dans les carrières abandonnées de la forêt d'Orgères, répandra la terreur dans les campagnes jusqu'au jour où 110 de ces racailles seront traduites devant le jury d'Eure-et-Loir.
Ce développement du brigandage, et qui prend fréquemment les allures de la chouannerie, empêche toute activité économique et le commerce de la France, comme son industrie, est tombé à son plus bas niveau.

Le pays jadis si riche et si puissant, est matériellement ruiné, usé par les luttes politiques et n'aspire plus qu'à une chose : la paix, à l'intérieur comme à l'extérieur. Aussi, les Français se donnent littéralement au consul Bonaparte, espèrant que sa prise de fonctions sera synonyme d'apaisement et de réconciliation générale.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 14 Mai - 10:16

La Révolution, bien que déclenchée par des idéaux des plus estimables (au début du moins...), fût pourtant une catastrophe sur bien des plans. Ce fût la destruction de tout un système sans pour autant mettre à la place une alternative.
A la décharge des chefs révolutionnaires, le pays était en guerre contre quasiment toute l'Europe, on légiférait dans l'urgence, on vivait au jour le jour.
Il n'en reste pas moins que l'économie était au point mort. Tout notre commerce était brisé, le Trésor ne recevait plus rien des provinces devenues départements, de nombreux hauts-fonctionnaires avaient émigré à l'étranger, des régions entières comme la Vendée étaient en guerre ouverte contre le pouvoir... Le prix du pain, de la viande, du sucre atteignaient des sommets, il fallait mettre des gardes devant les boulangeries, les brigands hantaient les routes, les terres étaient laissées à l'abandon...

La Révolution s'est emballée, elle n'a pas pu être maîtrisée. Au lieu de remplacer progressivement les anciennes structures, on a tout rasé, tout détruit. Quand Bonaparte arrive au pouvoir, c'est à la tête d'un pays exangue, ruiné, à terre. Preuve de son génie (et pourtant, je déteste ce personnage), il réussira à relever le pays de manière incroyable, s'attaquant à tout, sans relâche, créant littéralement un monde neuf, nouveau, de toutes pièces.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 14 Mai - 10:58

Voyageur Solitaire a écrit:
Quand Bonaparte arrive au pouvoir, c'est à la tête d'un pays exangue, ruiné, à terre. Preuve de son génie (et pourtant, je déteste ce personnage), il réussira à relever le pays de manière incroyable, s'attaquant à tout, sans relâche, créant littéralement un monde neuf, nouveau, de toutes pièces.


Napoléon Bonaparte est à mon sens, la synthèse entre la politique réformiste engagée du temps de Louis XVI et le maintien des acquis révolutionnaires.

Il a réussi là où d'autres avant lui ont échoué. Mais si je prends acte de tout ce qu'il a accompli de positif pour notre pays, et dont nous sommes encore aujourd'hui les bénéficiaires, il ne faut pas se voiler la face en feignant d'ignorer ses erreurs. Par exemple, l'intervention en Espagne était une erreur, s'attaquer à la Russie était une faute. Ce sont d'ailleurs ces deux faits qui ont précipité sa chute. Même si les circonstances - notamment l'attitude de l'Angleterre, âme de toutes les coalitions contre la France - l'ont contraint à agir ainsi.

Je pense que Napoléon aurait du s'arrêter et consolider tout ce qu'il avait gagné avec Iéna (1807). A chercher à en vouloir davantage, on finit par tout perdre...


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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 14 Mai - 11:08

Pour moi, Napoléon est un géant pendant le Consulat : il relève alors vraiment la France, il en fait un pays remis à neuf, en quelques années et quasiment tout seul, bien qu'entouré par des collaborateurs talentueux.
Mais à partir de l'Empire, il se laissera dévorer, consumer par son orgueil et la folie des grandeurs.
Après, je déteste le personnage en lui-même. "Il y a en lui un fond de vulgarité que l'ampleur de son génie ne saurait toujours cacher" (Germaine de Staël).
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 14 Mai - 12:42

En même temps, c'est l'Angleterre qui a rompu la paix d'Amiens (1803) et qui a entraîné toutes les vieilles monarchies européennes dans des coalitions contre la France.

Je pense que le projet de Napoléon était beaucoup plus vaste que juste étendre les frontières de la France et conquérir des territoires. Son Blocus continental, qu'il opposait à celui de l'Angleterre, aurait dû hâter, me semble-t-il, l'oeuvre d'unification. Le Grand Empire aurait pu devenir une sorte de Marché commun avant l'heure, duquel les produits des différentes régions se seraient librement échangés.

En cela, on peut laisser à Napoléon d'avoir été un visionnaire.

Quant à son caractère ou ses manières, bah, chacun est comme il est... on a tous des défauts. Et Napoléon n'en était pas exempt, comme n'importe quel être humain. En plus, c'était un militaire. Pas un homme de salon.

Et Germaine de Staël ne le trouvait pas si "vulgaire" que cela au temps où il fréquentait encore son salon et qu'elle était séduite par ce sulfureux général corse au regard ténébreux et pénétrant. Elle était même à deux doigts de tomber dans ses bras.

Ah, l'aigreur des femmes... c'est terrible... Razz
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Dim 12 Juil - 8:12


Maçonnerie & Francs-Maçons

La franc-maçonnerie puise ses traditions et son origine dans les corporations de maçons, bâtisseurs de cathédrales, qui se transmettaient alors les règles du métier en se jurant aide et assistance mutuelles. Toutefois, à partir du XVe siècle, l'art de l'architecture se met à décliner et la maçonnerie devint "spéculative", c'est-à-dire philosophique.
L'activité manuelle ne représentait plus, dès lors, qu'un symbole pour les nouveaux "frères" en loges, qui se consacrèrent à de nouvelles recherches spirituelles.

C'est d'abord en Angleterre, au XVIIe siècle, que ces nouvelles sociétés de pensée prirent leur essor. La première apparition officielle de la franc-maçonnerie eut lieu à Londres, en 1717, lorsque quatre loges anglaises ne réunirent qu'une pour former la Grande Loge d'Angleterre ou "Mère du Monde".


En France, c'est en 1732 qu'est fondée la Grande Loge de France, sous l'impulsion d'un prince du sang qui compte parmi ses premiers grands maîtres, le duc d'Orléans, Louis-Philippe de Bourbon-Condé. Interdite à la suite de désordres de certaines réunions, la maçonnerie française se reforme alors en deux obédiences : l'ancienne Grande Loge, et le Grand-Orient, créé en 1773.
Cependant l'Eglise ne partage pas l'opinion de ces grands seigneurs ; elle estime, en effet, que la pensée maçonnique, avec ses préoccupations philosophiques et philanthropiques, aboutit à l'indifférence religieuse. De même que les rites initiatiques qui accompagnent les diverses cérémonies maçonniques - celles-ci se déroulant sous le sceau du plus grand secret - ne cessèrent d'alimenter les plus folles rumeurs dans le peuple de "profanes" : très vite, les maçons se retrouvèrent accusés, entre autres, de torturer et de sacrifier des enfants...

Considérée comme "aristocratique" sous la Terreur en 1793, les francs maçons doivent se réfugier dans la clandestinité. Beaucoup d'entre eux seront d'ailleurs guillotinés.

Mais l'honorable société réapparaitra sous le Consulat, et Joseph Bonaparte en devint le grand maître.

A l'heure actuelle, la franc-maçonnerie accueille parmi ses membres des hommes de toutes cultures et de toutes croyances, à condition toutefois qu'ils ne soient pas athées ; en effet, elle se reconnaît dans la devise symbolique A.G.D.G.A.D.U (A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers), image de Dieu omniscient et de la connaissance.
Chaque pays possède sa Grande Loge dont les membres, y compris le grand-maître, sont élus par les diverses loges, guidées par un Vénérable lui-même élu par ses frères. Les maçons se réunissent dans un Temple qui, par ses dispositions, rappelle celui de Jérusalem, construit par le roi Salomon et dont la voûte, ornée d'étoiles, rappelle que le temple de l'humanité est toujours en construction.


De nombreux francs-maçons se sont illustrés dans leur lutte pour la liberté, lors de révolutions ou de guerres de reconquête. Parmi les plus célèbres, citons : Benjamin Franklin, Simon Bolivar, George Washington, Garibaldi, Kossuth, Voltaire (initié toutefois à la fin de sa vie), Cavour, Mirabeau, Mozart et Goethe qui, tous, défendirent les idéaux d'égalité et de fraternité humaines chers à la franc-maçonnerie.

Persécutée par les nazis et dans la France pétainiste, la franc-maçonnerie refleurit dans l'Europe libérée ; mais, dans la France d'après-guerre, elle ne semble pas avoir reconquis la large place qui fut la sienne dans la société politique de la IIIe République.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 14 Juil - 21:27


QUI ETAIT VRAIMENT CYRANO DE BERGERAC ?

De Cyrano de Bergerac, on garde généralement l'image d'un héros un peu fanfaron, prompt aux coups d'épée, amoureux de la belle Roxane, sa cousine et bien sur un appendice nasal un peu proéminent. C'est comme cela qu'il apparut sous la plume d'Edmond Rostand, en 1897.

Pourtant, ce personnage a bel et bien existé.

Hector Savinien Cyrano de Bergerac, de son vrai nom, est né en 1619 et mort en 1655. Il n'avait pas un nez extraordinaire et n'était même pas gascon, puisque fils d'un avocat parisien. Mais c'était tout de même une figure, et il s'attira quelques ennuis à cause de sa liberté d'esprit. Il écrivit une comédie, une tragédie (qui fit scandale), des poèmes, des satires et toute une oeuvre étonnante située à mi-chemin entre la science-fiction et la philosophie, intitulée L'Autre-Monde. Il ne mourut pas en héros, mais des suites d'un accident des plus stupides puisqu'il reçut une poutre sur la tête.

Mais, aujourd'hui, on a quelque peu oublié le véritable Cyrano pour ne retenir que le personnage inventé par Edmond Rostand qui, lui, est devenu presque légendaire. Il inspira trois romans à Paul Féval fils et de nombreux films.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 14 Juil - 21:49

C'est de là l'expression "avoir la poutre dans le caleçon" ? lol!
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 14 Juil - 23:01

Certainement.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Dim 26 Juil - 16:02

Monsieur de Castelnau, amoureux fou de Marie-Antoinette


Jean-Baptiste de Castelnau, ancien membre du Parlement de Bordeaux, n'était déjà plus un jeune homme à l'arrivée de Marie-Antoinette en France. Pourtant, ce fût un coup de foudre, du moins en ce qui le concerne. N'ayant plus visiblement toute sa tête, le vieux monsieur tomba en adoration devant la nouvelle reine, au point de la guetter et suivre partout. D'après les contemporains, il pouvait rester des heures dans la galerie des glaces à guetter le passage de la souveraine. A Trianon, il courait les fossés et les allées, se cachait derrière les fourrés et attendait. Quand la reine passait, il tombait à genoux, les mains jointes et pleurait...

Au début, Marie-Antoinette fût, on s'en doute, légèrement surprise, puis agacée par cet adorateur inattendu. Elle demanda qu'on lui ordonne de quitter la cour. Mais le pauvre homme s'écria que s'éloigner était "au-dessus de ses forces". Réponse de la reine : "Hé bien, il m'ennuie ! Mais qu'on ne lui ravisse pas le bonheur d'être libre."
M. de Castelnau, devenu "le fou de la reine" (au sens propre) pût donc continuer à suivre et adorer sa souveraine. Par tous les temps, toutes les occasions, il la guettait et la regardait passer, en transe, souvent quand elle se promenait seule ou avec ses enfants. Marie-Antoinette avait fini par s'habituer à cet étrange adorateur, au point de dire aux gardes de Trianon de le laisser tranquille lorsqu'ils le croisaient au cours de leurs rondes. Quand sa présence la gênait, elle lui faisait un geste de la main et le vieil homme s'inclinait et se retirait.
Le "vieil amoureux de la reine" survécût semble-t-il à l'objet de son adoration : il serait mort en 1800, même si l'on perd sa trace pendant la Révolution.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Sam 5 Sep - 8:45


Frédéric II de Prusse, ami de la France ? Par intérêt politique !

Francophile, Frédéric II l'était certainement pour la langue, la culture, les lettres... mais l'était-il vraiment concernant la politique ?

Prince intelligent, cultivé, Frédéric était surtout réaliste et cynique, professant que les guerres dites "justes" sont celles qui sont conformes aux intérêts et que les alliances ne sont rien d'autre que des expédients passagers donnant lieu à des engagements sans portée, que la raison d'Etat prime sur tout.

Conscient dès 1740 d'un démembrement possible de l'Autriche, le nouveau roi de Prusse, tout en souhaitant pour cela le concours des puissances étrangères et notamment de la France, restait très attaché à l'idée de solidarité des intérêts allemands. Aussi, opta-t-il provisoirement pour la France "arbitre de l'Europe" et la mieux faite, semble-t-il, du moins à cette époque, pour l'aider à réaliser ses grandes ambitions.

Alors, Frédéric II, "ami" de la France ? Un ami de circonstance. Qui d'ailleurs n'hésitera pas, sept ans après la fin de la guerre de succession d'Autriche, à se retourner contre la France, toujours pour fortifier la position de son Etat en Europe.

Frédéric II, c'est la Prusse d'abord.

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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 8 Sep - 20:46

Frédéric II était avant tout un réaliste, un pragmatique. Il faisait déjà de la "Realpolitik" et ne s'embarrassait pas d'états d'âme. Il avait beau inviter Voltaire à sa table et admirer les philosophes, quand il s'agissait des affaires de l'état et des intérêts de son royaume, il allait droit au but.
Il nous a d'ailleurs bien roulé dans la farine avec la guerre de succession d'Autriche qui a enrichi la langue française d'une nouvelle expression :"travailler (ou se battre) pour le roi de Prusse"...
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 8 Sep - 22:53

Voyageur Solitaire a écrit:
Frédéric II était avant tout un réaliste, un pragmatique. Il faisait déjà de la "Realpolitik" et ne s'embarrassait pas d'états d'âme. Il avait beau inviter Voltaire à sa table et admirer les philosophes, quand il s'agissait des affaires de l'état et des intérêts de son royaume, il allait droit au but.

Cela ne m'empêche pas d'apprécier Frédéric II et de reconnaître son mérite, même s'il s'est joué de la France. Il a fait de son petit Etat une puissance émergeante puis imposante dans l'Europe nouvelle de la fin du XVIIIe siècle. Pour moi, il reste un génie devant l'Histoire.

En fait, il était surtout ami de la culture française. Il avait même interdit de parler une autre langue que le français quand il recevait ses invités à Sans-Souci. Il parlait et écrivait le français à la perfection.
Frédéric II avait la passion de la poésie et il s'était même fait dérober son cahier de poèmes par Voltaire, au moment où celui-ci quittait l'Allemagne pour revenir en France après qu'il se soit brouillé avec le roi de Prusse. Que voulait-il en faire ? On ne saura jamais. Toujours est-il que Frédéric l'a fait rattrapé à temps et récupéré son cahier. On pense que Voltaire était jaloux des vers de son ex-ami.

Citation :
Il nous a d'ailleurs bien roulé dans la farine avec la guerre de succession d'Autriche qui a enrichi la langue française d'une nouvelle expression :"travailler (ou se battre) pour le roi de Prusse"...

Louis XV l'avait dit : il voulait "traiter en Roi, non en marchand". Pas question de petits arrangements. Résultat, tout ce que la France avait gagné, il a fallu le rendre malgré la très belle victoire de Fontenoy et la résistance héroïque de la ville de Madras face au siège des Anglais, aux Indes.

La France avait pourtant cette chance UNIQUE - enfin - d'annexer à jamais les Pays-Bas (l'actuelle Belgique) jusqu'aux bouches du Rhin.

"Bête comme la paix", une autre expression est née de ce traité d'Aix-la-Chapelle en 1748.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Sam 21 Nov - 11:40

1715 : le soleil se couche...


Louis XIV était solide et robuste et il le fallait pour résister à ses médecins... 5000 lavements et purges en 54 ans de règne, fistule anale mal opérée, saignées, problèmes rénaux, extraction dentaire catastrophique qui lui fracassa le voile du palais, lui faisant parfois recracher ses aliments par le nez...
Mais il est toujours là et en cette année 1715, le Roi-Soleil approche de ses 77 ans ! Mais le moral n'y est pas : non seulement le royaume va mal (succession de guerres meurtrières, deux grandes famines récentes, finances en mauvais état...) mais la Grande Faucheuse a fait des ravages autour de lui. Tous ses grands collaborateurs sont morts, Colbert, Louvois, mais surtout, c'est l'hécatombe dans sa famille : en quelques années, il a vu disparaître tous ses successeurs, enfants et petits-enfants. Il ne lui reste plus qu'un arrière petit-fils, le futur Louis XV, âgé de cinq ans à peine. On comprendra que Sa Majesté n'ait guère le moral...

Pourtant, la vie continue. Mais en ce 09 août 1715, alors qu'il rentre de la promenade, Louis XIV se sent très fatigué, abattu et se plaint d'une douleur à la jambe gauche. On pense à une sciatique et on conseille au souverain de se reposer. Mais la fièvre apparait, la douleur s'accroît, le roi refuse toute nourriture (chose anormale chez ce grand mangeur), se sentant visiblement très mal. Des tâches noires suspectes apparaissent alors sur sa jambe tandis qu'une odeur infecte commence à se répandre. La gangrène... C'est une infection qui est en train de se généraliser, sans doute provoquée par un caillot dans une artère.

Louis XIV ne manque pas de courage, il a autrefois supporté à deux reprises une opération de sa fistule anale, sans anesthésie. Lorsque les médecins, livides, lui annoncent que sa jambe est en train de pourrir, il demande :"N'avez-vous pas là des instruments ? Ne pouvez-vous la couper ?" Pas de réponse. "Vais-je donc mourir ?" Les sanglots des médecins sont une réponse suffisante.

Le rituel se met alors en place : confession, extrême-onction, défilé de toute la cour dans la chambre, Versailles ne respire plus : le roi va mourir. Mme de Maintenon, cette femme qu'il a aimé jusqu'à l'épouser secrètement, lui fait ses adieux et se retire à Saint-Cyr. Devant les courtisans qui sanglotent, le roi s'énerve :"Hé quoi ! M'aviez-vous cru immortel ?"
26 août : un petit garçon de cinq ans, un peu intimidé, pendu à la main de sa gouvernante, voit s'ouvrir les portes toutes grandes et les courtisans s'incliner sur son passage. Il s'approche du grand lit où repose son arrière grand-père, le dernier membre de sa famille qui lui reste :
"Mignon, vous allez devenir le plus grand roi du monde..." Louis XIV recommande à son successeur de tout faire pour "le soulagement de ses peuples", "ce que j'ai le regret de ne pas avoir fait" et exprime ses remords "J'ai trop aimé la guerre, ne m'imitez pas". La gouvernante hisse l'enfant au souverain qui l'embrasse.

Mais ce corps robuste résiste, l'agonie sera longue, douloureuse. Le 30, Louis XIV tombe dans un semi-coma. C'est le 1er septembre 1715, à 08h15 du matin, après une semaine d'agonie, que meurt le Roi-Soleil, entouré de toute la cour.
- Le roi est mort ! Vive le roi !
Le corps est autopsié puis, selon l'usage, on prélève les viscères et le coeur qui seront déposés dans une urne dans certains sanctuaires. Le corps, embaumé, est transféré à Saint Denis.
Louis XIV se méfiait du futur régent. Dans son testament, il donne l'exercice réel de la Régence au duc du Maine, un bâtard issu de sa longue relation avec Mme de Montespan, un bâtard que le roi aimait énormément et avait légitimé. Le duc d'Orléans s'allia alors aux parlementaires, promettant à ces derniers de les rétablir dans toute leur autorité (alors que Louis XIV les avait matés) s'ils l'aidaient. Le lendemain même de la mort du roi, le testament était cassé, le duc d'Orléans proclamé régent de plein droit. Selon Saint-Simon, "en arrivant à la séance, le duc du Maine crevait de joie. En sortant, il faisait fort mauvaise mine..."

Louis XIV est mort aux approches de ses 77 ans, après un long règne personnel de 54 ans.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Dim 14 Fév - 11:29

La Boston Tea Party ...



... ou comment une banale mutinerie de contrebandiers est devenue une révolte héroïque.

En 1773, la Compagnie britannique des Indes Orientales était au bord de la faillite : pour la sauver, le gouvernement de Londres décida d'instaurer le Tea Act, une loi par laquelle la Grande-Bretagne espérait augmenter ses importations en Amérique en diminuant les taxes sur le thé.

Le problème, c'est que la plupart des marchands américains, surtout bostoniens, tiraient d'énormes profits de la contrebande en vendant leur thé en dessous des prix officiels alors très élevés.
D'après les rapports du gouverneur de la colonie du Massachussetts, les cinq sixièmes du thé consommé en Amérique provenait de ce trafic. De plus, la pratique était désormais si courante et les poursuites si rares que ce marché parallèle était, tout au plus, considéré comme un risque commercial qu'un délit sérieux.

C'est donc pour maintenir les avantages qu'ils tiraient de la contrebande que les Bostoniens se sont révoltés. Et ce n'est qu'après la Révolution américaine que ce fait sera présenté comme un acte patriotique...
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Dim 28 Fév - 13:59

Le démon du jeu


A cette époque, le jeu est interdit dans tout le royaume, condamné par l'Eglise. Grosse blague : tout le monde joue, de l'ouvrier jusqu'aux marches du trône et les maisons de jeu, du simple tripot à la maison prestigieuse, pullulent. Le jeu est un monde à lui seul, avec son vocabulaire, ses règles, ses coutumes.

La majorité des jeux sont des jeux à cartes avec un "banquier". C'est ce dernier qui tient "la banque", sorte de fond de caisse, distribue ou récupère les gains ou joue lui-même avec les autres joueurs comme dans le Macao et le Pharaon. On dit du banquier qu'il "taille" au Macao ou au Pharaon, c'est lui qui veille au bon déroulement de la partie. C'est lui également qui peut décider d'avancer de l'argent à un joueur malheureux, pour "se refaire". Si la chance boude toujours notre joueur, il devra signer une reconnaissance de dettes et l'honorer dans un délai établi avec le banquier. Sinon, suivant le tempérament de ce dernier, le joueur pourrait recevoir, après plusieurs rappels polis mais fermes, la visite de personnes peu recommandables... Ou se voir saisir ses biens pour rembourser ses dettes. Bien sûr, tout dépend du rang et de l'importance du joueur.
Certains banquiers se sont d'ailleurs taillés de jolies fortunes en acceptant des reconnaissances de dettes de joueurs fortunés. Quand ils n'ont pas aidé eux-mêmes les pauvres joueurs à perdre... Car certains banquiers n'hésitent pas tricher pour mieux endetter leurs proies. On dit des plus doués qu'ils ont "la main exquise"... Les conséquences en sont souvent tragiques, certains joueurs acculés et ruinés préférant alors se suicider. Sans oublier bien sûr la Police des Jeux qui, très souvent, prend
sa commission pour fermer les yeux... Bien sûr, il arrive qu'un parent de bonne famille, inquiet de voir son fils se ruiner, demande l'intervention de la Police. Mais les joueurs les plus avisés s'arrangent pour jouer dans les ambassades, territoires étrangers où la police du roi ne peut intervenir...

A Versailles, on joue aussi. En général, ce sont des jeux "de commerce", conçus pour passer le temps et sans argent ou alors des jeux "bornés", dont les mises sont fixées très bas pour éviter tout dérapage. Autant dire que les vrais joueurs baillent ferme...
Ils trouvent un sauveur en la personne de Marie-Antoinette. Son frère Joseph II a beau dire "qu'enfant, elle n'aimait pas le jeu", la jeune et belle reine s'est prise de passion pour cette activité. Selon les contemporains, le jeu est pour elle devenu "pis qu'une drogue". Très vite, Marie-Antoinette mène un jeu d'enfer.

Scandale. La reine de France se ruine au jeu, avec l'accord tacite de Louis XVI qui autorise au palais ce qu'il interdit dans le reste de son royaume... Comme Marie-Antoinette joue "sans conduite" face à des joueurs professionnels, elle perd, régulièrement, et contracte des dettes énormes (Louis XVI mettra quatre ans à les éponger, payées sur sa cassette personnelle).
Autre conséquence : les enjeux deviennent si élevés que certains joueurs, effrayés, préfèrent se retirer. On fait alors venir des banquiers de Paris pour tenir la banque. A leur suite, arrivent à Versailles des escrocs, des aventuriers, des filles entretenues à la recherche d'un riche protecteur, des gens louches... Le salon de la reine prend des allures de tripot...

Une fois devenue mère, Marie-Antoinette se calmera considérablement avec le jeu. Elle s'en détournera progressivement, se prenant même de passion pour le billard. Mais le mal était fait et son image considérablement dégradée...
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Lun 25 Avr - 8:25

Au temps des Merveilleuses...


De 1795 à 1804, la Révolution poursuit sa course en France, moins sanglante, mais tout autant déterminée à combattre ses "ennemis de l'intérieur" (royalistes et jacobins) que les coalitions étrangères. Une irrépressible soif de vivre s'empare des nouveaux maîtres de la République : ceux qui ont survécu à toutes les horreurs du régime terroriste.

C'est le temps des "Incroyables" et des "Merveilleuses", époque unique sur laquelle règnent les femmes des grands noms de la politique d'alors : Joséphine de Beauharnais - future Mme Bonaparte -, Mme Récamier, Mme Tallien, Mme Hamelin, etc.

L'art antique aux formes symétriques un peu sévères est alors remis au goût du jour, s'égayant de matériaux et de coloris nouveaux : acajou, ébène, citronnier qui voisinent avec soieries et mousselines aux dominantes parme, vert pâle ou bleu intense.
Ce relèvement spectaculaire du commerce français du luxe trouve son apogée dans le succès public de l'Exposition des produits de l'industrie nationale, organisée dès 1798, assurant le renom d'artistes comme Isabey, Percier, Boilly, Biennais, les frères Jacob ou Huet, le dessinateur des toiles d'Oberkampf.

Pour peu, on se croirait revenu aux dernières heures de l'Ancien Régime. Le Paris du Directoire danse à nouveau dans les tivolis - ces jardins ouverts dans d'anciennes "folies" (Bagatelle, Monceau, Elysée) -, s'attable dans les cafés du boulevard des Italiens et du Palais-Royal avant d'aller dîner chez Véry ou Beauvilliers. Mais l'activité favorite de cette classe de nouveaux riches, souvent fournisseurs aux armées, est l'agiotage, consistant en des manoeuvres financières risquées mais, ô combien, lucratives !

Le temps du retour à l'ordre est arrivé. Bonaparte, nommé Premier Consul, rétablit l'étiquette et le protocole, avant de mettre un terme aux excentricités vestimentaires. L'ameublement connait une discipline similaire avec la fabrication de meubles qui annoncent le Premier Empire : les mêmes artistes, la même perfection dans le travail... la fantaisie en moins, sans doute.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Lun 25 Avr - 17:13

C'était le Directoire, époque "folle", réaction somme toute saine après la Terreur. Après la fièvre de la "guillotinade", la suspicion, les dénonciations, la guillotine partout, les gens avaient soif d'oublier. Fêtes, bals, modes excentriques... L'hiver le plus terrible du siècle, les élégantes prônaient les robes dépouillées à l'Antique, bras nus et chaussures ouvertes... C'est la mode des restaurants, des glaciers, la renaissance des cafés, le règne de la valse...

Du moins pour ceux qui en avaient les moyens ! L'époque fût aussi effectivement celle de l'agiotage, des magouilles et de la spéculation tout azimut tandis que le pays connaîssait une crise sans précédent, au bord de la ruine et menacé de toutes parts par l'ennemi.
"- Tu achètes ces chaussures 100 francs et tu les revends 200 et le suivant fait de même.
- Et le dernier ?
- Il n'y a pas de dernier."
Certains, parmi les plus rusés, les plus habiles, se taillèrent en peu de temps des fortunes colossales. Quant aux Directeurs, les maîtres du pays, ce fût à qui raillerait le mieux les "bandits", les "escrocs"... Avec à leur tête Barras, ancien aventurier sans scrupules, ayant "la beauté du diable", véritable maître de la France pendant cinq ans, homme à femmes dont une certaine Joséphine dont il finira par se débarrasser, fatigué de ses perpétuelles demandes d'argent, en la mariant à un petit général corse sans le sou, "tout maigre, tout noir", un certain Bonaparte qui dans les salons dorés donnait l'impression "d'un oiseau perdu parmi les chacals"...
Et qui finira pourtant par tous les bouffer, Barras le premier.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Lun 25 Avr - 18:26

Voyageur Solitaire a écrit:
C'était le Directoire, époque "folle", réaction somme toute saine après la Terreur. Après la fièvre de la "guillotinade", la suspicion, les dénonciations, la guillotine partout, les gens avaient soif d'oublier. Fêtes, bals, modes excentriques... L'hiver le plus terrible du siècle, les élégantes prônaient les robes dépouillées à l'Antique, bras nus et chaussures ouvertes... C'est la mode des restaurants, des glaciers, la renaissance des cafés, le règne de la valse...

Quand je regarde cette période, j'ai l'impression que c'est comme une reprise de l'Ancien Régime. On a laissé passer l'orage révolutionnaire et on reprend sa vie, comme si rien n'avait changé... ou presque. Le Trône est désormais vide. Louis XVI a été guillotiné, Marie-Antoinette aussi. Le petit Louis XVII est mort au Temple et le comte de Provence - Louis XVIII - en exil à l'étranger avec son frère.
Pour le reste... et bien, on reprend les mêmes et on recommence. Tout est à vendre, tout est à prendre. Les financiers, surtout, en profitent, prenant tout ce qu'ils peuvent prendre. L'Eglise, qui a vu ses biens confisqués, est totalement dépouillée... de même que pas mal d'émigrés (même si certains parviendront à récupérer leurs propriétés).

Quant au Trône... et bien, Bonaparte, Premier Consul, ne tardera pas à le remettre debout... à son profit ! En se faisant proclamer Empereur, c'est la monarchie qu'il restaure. Certes, une monarchie qui ne sera plus absolue mais, de toute façon, la Révolution s'achève avec Napoléon...

Dix ans qui n'auront, au final, été qu'un énorme gâchis.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 26 Avr - 15:07

Les idéaux et aspirations de départ de la Révolution étaient louables et le bouleversement inévitable à partir du moment où la monarchie s'est montrée incapable de s'adapter, se réformer. Les temps avaient changé, les esprits aussi et le système ne suivait plus. Faute de réformes en profondeur, la crise était inévitable.

Malheureusement, les premiers "révolutionnaires" en dentelle ont vite été débordés par de vrais enragés qui ont fini par se bouffer entre eux en mettant la France à genoux, ne faisant que remplacer les abus de leurs pères par leurs propres excès. La Révolution est devenue un cheval fou que plus personne ne pouvait maîtriser et ça a été les Colonnes Infernales, la Terreur, les Massacres de Septembre... Juste retour des choses, ils se sont tous bouffés entre eux.

Le Directoire, un Nouveau "Ancien Régime" ? Je ne pense pas, l'Ancien Régime était structuré, plus ou moins unifié, administré. La France du Directoire est exsangue, les loups sont aux portes de Paris, le trésor est vide, l'ennemi partout... La Révolution a fait table rase de tout un régime et n'a quasiment rien mis à la place, plus rien ne fonctionne, il n'y a quasiment plus de services, d'administration... Pour Bonaparte, tout sera à reconstruire.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 2 Juin - 7:04

Donatien de Sade, le "dernier libertin"


Libertin perdu en son siècle, le marquis Donatien de Sade est né le 2 juin 1710 et fait un peu figure d'extraterrestre. Grand seigneur égocentrique, narcissique, cynique et violent, il lui arrivait, par plaisir et pour assouvir ces pulsions, de maltraiter prostituées et domestiques.

Il fut aussi en conflit avec sa belle-mère, ce qui lui vaudra d'être incarcéré pendant vingt-sept années au total, notamment au château de Vincennes et à la Bastille.

En cellule, il se piquera d'écrire et s'appliquera à démontrer - à l'opposé des thèses rousseauistes - que l'homme est foncièrement mauvais si on lui retire l'éducation et la morale.

Ses œuvres les plus célèbres sont "Justine ou les malheurs de la vertu" ou "Les 120 jours de Sodome".
Il meurt le 2 décembre 1814 à Charenton. Il avait 74 ans.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 2 Juin - 15:47

Le problème d'un personnage comme Sade, c'est que la "légende", l'image (souvent déformée au fil du temps) a complètement dévoré le personnage et son oeuvre.
Aujourd'hui, on dit Sade et on pense au sadomasochisme, au fouet, à la cravache et à la fessée... Comme on dit Sapho et on pense à la lesbienne, comme on dit Epicure et on pense au bon vivant rabelaisien et jouisseur.

Je ne dis pas que je cautionne les théories de Sade mais je pense que son oeuvre va bien plus loin que le cliché, l'image qui en est restée dans l'inconscient collectif et mérite peut-être qu'on gratte le vernis pour voir ce qu'il y a vraiment en-dessous.
Après, pour le peu que j'ai vu de sa vie, le type avait quand-même un sérieux problème...
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 2 Juin - 18:37

Voyageur Solitaire a écrit:

Après, pour le peu que j'ai vu de sa vie, le type avait quand-même un sérieux problème...

C'est le moins qu'on puisse dire. Surtout après avoir lu les "120 journées de Sodome"... certains passages de ce texte dépassent la pornographie : on est carrément dans la scatologie, voire, parfois la pédophilie. Shocked

Je comprends que cet auteur n'ait jamais été mis au programme de français des collèges et des lycées. Ça sent le soufre ! Tu ne peux pas laisser des gamins de 12-13 ans lire du Sade, c'est impossible. Ils n'auraient pas le recul nécessaire pour appréhender l'oeuvre. Déjà, pour un adulte, c'est déconcertant.

Effectivement, ce type était vraiment malade... dommage, parce que, par moments, il développait des thèses philosophiques intéressantes.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 2 Juin - 19:52

Au-delà de tout le côté "SM", il y a aussi son goût du théâtre, son athéisme virulent, sa bravoure au combat... Et effectivement, une philosophie originale, atypique. On ne peut pas résumer Sade qu'à ses délires.
Mais c'est difficile tant ils occupent de place dans sa vie et son oeuvre et tant ils sont dérangeants, choquants, inacceptables même.
Freud se serait régalé avec ce type...
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