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 XVIIème ET XVIIIème SIECLES

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Astre*Solitaire

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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   XVIIème ET XVIIIème SIECLES - Page 7 Icon_minitime1Mar 2 Juil - 12:47

Et ben... Instructif tout ça. Vraiment intéressant à lire.

_________________
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   XVIIème ET XVIIIème SIECLES - Page 7 Icon_minitime1Mar 2 Juil - 15:08

Dans toutes les monarchies de l'époque, on trouve ce genre d'intermédiaire incontournable, qui assure la liaison entre le souverain et les autres.

Dans l'empire Ottoman, c'était le grand ennuque noir, le Kislar Aga. Maître du harem, il venait après le vizir dans la hiérarchie impériale et participait au Conseil chaque semaine. Il était le seul à pouvoir accéder auprès du sultan à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, le seul également à pouvoir le toucher. Il servait aussi de messager et d'intermédiaire entre le sultan et sa mère, la Validé Sultane. Pour atteindre le sultan ou la Validé, il fallait passer par lui. On se doute qu'un tel personnage était très sollicité de toutes parts, surtout à coups de Bakchichs… Les femmes du harem passaient par lui également pour entrer en contact avec le monde extérieur. Ou pour qu'il s'arrange pour glisser un mot au sultan en faveur d'une telle ou d'une telle, de manière à attirer l'attention du maître…

A Versailles, on n'hésitait pas à dire que "pour dormir avec le roi, il fallait d'abord coucher avec son valet de chambre"...
L'Histoire a retenu également le dévouement de Jean-Baptiste Cléry, qui sera le dernier valet de chambre de Louis XVI. Il viendra de lui-même demander l'autorisation de servir son maître à la prison du Temple et deviendra un ami et soutien du roi prisonnier. Le jour de l'exécution du roi, c'est lui qui le réveille à cinq heures, lui fait sa toilette et sert la dernière messe célébrée pour le souverain.
Comme Madame Campan qui avait fidèlement servi Marie-Antoinette, Cléry survivra à la Révolution et mourra en 1809, en Autriche.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   XVIIème ET XVIIIème SIECLES - Page 7 Icon_minitime1Mar 2 Juil - 17:08

Evidemment, il fallait quand même mettre les formes. Il y avait tout un protocole à respecter.

Mais ce que je veux dire, c'est qu'il était plus facile d'entrer à Versailles et d'apercevoir le roi que d'entrer à l'Elysée aujourd'hui et demander à parler au président.
Il suffisait, pour cela, de louer une épée et de remettre un billet pour le roi à un garde. Et si on avait un peu de chance, il fallait se mettre sur le passage du souverain, tout en s'inclinant et en se découvrant et venir lui exposer son problème.

J'ai lu à ce sujet qu'un vétéran qui avait perdu un bras dans une bataille était parvenu à obtenir une pension.

Donc, bien évidemment, on ne tapait dans le dos du roi en l'appelant "mon pote" mais le contact pouvait s'établir. En tout cas, plus facilement que d'obtenir un rendez-vous à l'Elysée avec le président de la République aujourd'hui...

Ceci dit, il y avait des pays où le contact avec le souverain était plus direct :

En Prusse, par exemple, si on voulait parler au roi Frédéric II, il suffisait de se rendre dans ses jardins où on le trouvait, sans gardes, en train de tailler ses roses.

En France, il faudra attendre la Monarchie de Juillet pour voir un roi - Louis-Philippe - se promener sur les grands boulevards, bras dessus bras dessous avec son épouse, comme n'importe quel bourgeois de la capitale.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   XVIIème ET XVIIIème SIECLES - Page 7 Icon_minitime1Mar 2 Juil - 17:40

Effectivement, Versailles étant ouvert au public (il suffisait d'être correctement vêtu et d'avoir épée au côté pour les hommes), on y trouvait des gens de toutes conditions que ce soit dans les jardins ou lors des repas en public du roi et de sa famille.

Après, je pense que cela dépendait aussi du roi en question. Louis XIV était très à cheval sur le protocole ("Sa Majesté souffre aussi peu un mot hors de sa place qu'un soldat hors de son rang" disait Benserade), Louis XV n'était pas du tout à l'aise en public au point de préférer que l'on s'adresse à lui par écrit… Enfin, Marie-Antoinette envoyait valser le protocole : à Trianon, elle se promenait seule ou avec ses enfants, sans dame ni valet et on a plusieurs témoignages comme ces deux lorrains de passage à Versailles qui tombèrent sur elle au détour d'une allée.

L'histoire du fiacre est assez édifiante elle aussi : un soir, Marie-Antoinette se rendît au bal de l'opéra avec une seule dame, sans escorte, dans une voiture ordinaire. La roue cassa, la reine et sa compagne se retrouvèrent sur le pavé en pleine nuit dans Paris avant de trouver refuge dans une boutique, à la stupéfaction de ses propriétaires. La réparation étant impossible, le cocher héla un fiacre de passage (l'équivalent de nos taxis) et la reine arriva ainsi à l'opéra. Riant à perdre haleine, elle raconta sa mésaventure à tout le monde, ce qui fît scandale quand on apprît que la reine de France se rendait seule, de nuit, en ville.
Un soir où il y avait foule, elle était accompagnée du comte d'Artois, le plus jeune frère du roi, au cours d'un bal masqué. Un passant bouscula le comte qui répliqua par un coup de poing. La victime se plaignît aux gardes et le comte, qui n'avait pas été reconnu étant masqué, fût emmené. Le lendemain, tout Paris apprenait avec stupéfaction que la reine s'était ainsi retrouvée totalement seule, mêlée à la foule pendant deux ou trois heures, "s'entretenant sans distinction avec différents hommes masqués qui l'ont même fait danser tour à tour en la prenant par le bras" selon le rapport de l'ambassadeur d'Autriche.
Marie-Antoinette adorait ces bals masqués de l'opéra où elle se rendait souvent avec une seule dame et où l'incognito du masque lui permettait de parler avec n'importe qui. A Trianon et dans son Hameau, elle se promenait seule dans les jardins, même (et surtout) quand elle était avec ses enfants. Même chose pour les promenades à cheval au cours desquelles Marie-Antoinette, remarquable cavalière comme sa mère, partait au galop, plantant là pages et gentilhommes, "sautant clôtures et fossés à se rompre le cou". Dans ces moments là, tomber sur elle était effectivement très facile.

Autant dire que cette façon de faire scandalisait ses contemporains, on ne pouvait croire que la reine de France puisse être ainsi approchée par le premier venu. Ses ennemis se déchaînèrent, l'accusant de "traîner les rues" ou de donner des rendez-vous secrets à des hommes. Sans parler de sa fameuse grotte de Trianon où elle pouvait recevoir qui elle voulait en toute discrétion, sans être vue ou entendue. Même si la plupart du temps elle s'y reposait seule ou y passait un moment avec ses enfants, pour l'opinion publique, elle y donnait des rendez-vous galants. Tout cela contribua énormément à dégrader son image. Parlait-elle à un gentilhomme ? Aussitôt, pour les gens, il était son amant.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   XVIIème ET XVIIIème SIECLES - Page 7 Icon_minitime1Sam 24 Aoû - 16:27

Que sont devenus les enfants de Louis XVI et Marie-Antoinette ?

XVIIème ET XVIIIème SIECLES - Page 7 Louise10

On les oublie souvent, éclipsés par le destin tragique de leurs parents. La vie n'a pas épargné ceux que l'on appelait les "enfants de France"... Louis XVI et Marie-Antoinette ont eu quatre enfants, plus une fausse-couche. Seule leur aînée survivra.

- Marie-Thérèse
- Louis Joseph
- Louis Charles
- Sophie

Sur le tableau ci-dessus, Marie-Antoinette pose avec sa fille Marie-Thérèse qui lui tient le bras, son second fils Louis Charles sur ses genoux et son premier fils, Louis Joseph qui désigne le berceau vide de leur petite sœur, Sophie, morte avant l'achèvement du tableau.

Sophie, la petite dernière, n'était pas désirée semble-t-il. Marie-Antoinette prît mal les annonces de ce qui semblait être une nouvelle grossesse et nia l'évidence jusqu'au cinquième mois. Après la naissance de son second fils, elle avait affirmé haut et fort ne plus vouloir d'enfants.
La petite Sophie naît donc en 1786, forte et de grande taille. Elle mourra à moins d'un an, sans que l'on sache vraiment de quoi encore aujourd'hui. Marie-Antoinette sera terrassée par la mort de cette enfant qu'elle n'avait pourtant pas désirée et qu'elle surnommait "mon fol amour" dans ses lettres: "Si je n'avais pas mes autres enfants adorés, je voudrais mourir".

Louis Charles, né en 1785, éphémère Louis XVII, fût arraché à une enfance heureuse et douillette par la Révolution. Bousculé et balloté au rythme des émeutes, des évènements, des emprisonnements, témoin de l'effondrement de son monde, de ses parents, cet enfant blond, câlin et enjoué que Marie-Antoinette surnommait son "chou d'amour", subira de plein fouet les évènements dramatiques qui auraient déstabilisé l'enfant le plus solidement équilibré.
Après avoir vécu la mort de son père, il fût arraché à sa mère pour être "éduqué" de manière à en faire un "bon petit patriote". D'abord bien traité, il voit ses conditions de vie se dégrader au fur et à mesure que le temps passe : la Révolution progresse, se fortifie, l'enfant que l'on gardait comme un va-tout ou un précieux otage ne vaut finalement plus rien et devient même encombrant. Les révolutionnaires n'oseront pas tuer de sang-froid un enfant mais ils vont s'arranger pour créer les conditions d'une mort naturelle. Le petit Louis Charles est enfermé, seul, dans un réduit obscur et crasseux, sa nourriture lui est fournie par un étroit guichet. Totalement coupé du monde, sans soins, sans hygiène, l'enfant contracte la gale et la tuberculose, reste prostré dans ses déchets, sans parler à personne, pendant des mois.
A la chute de Robespierre, quand Paul Barras vient le voir, l'enfant rieur et câlin d'autrefois est détruit, psychiquement et physiquement. Il ne parle pas, n'arrive même pas à se lever et à se tenir debout. Malgré les soins apportés, il meurt très vite, en 1795.

Louis Joseph, né en 1782, est le Dauphin, l'héritier tant attendu. Sa naissance est célébrée avec joie et faste dans tout le royaume. Mais en 1784, sa santé se détériore… Subitement, il cesse de grandir, maigrit à vue d'œil… L'enfant a contracté une tuberculose osseuse. Marie-Antoinette et Louis XVI se laissent bercer d'illusions et d'espoirs par les médecins. Ces derniers ne font que se disputer entre eux. A l'époque, on ignore les effets bénéfiques du soleil, du grand air, de la montagne et de la mer. L'enfant souffre, terriblement. Assis, couché, il est "perclus de douleurs" qui ne lui laissent que peu de répit. La princesse de Lamballe, amie de la reine, va le voir et en revient bouleversée : cet enfant sait qu'il va mourir.
Il meurt en juin 1789, alors que la Révolution commence. Ses dames forcent la reine à quitter son chevet pour qu'on lui administre les derniers sacrements. Louis XVI est effondré. Marie-Antoinette doit recevoir les "révérences de deuil" : sévèrement vêtues de noir, toutes les dames de la cour viennent s'incliner devant elle, une à une, en un ballet funèbre. Suffoquée de larmes, livide, la reine se retient à la balustrade dorée qui entoure son lit pour ne pas tomber. Le roi avait ordonné 1000 messes pour le repos de l'âme de son fils mais les caisses sont vides : il fait fondre sa vaisselle d'argent.

Marie-Thérèse (surnommée "Mousseline" par sa mère) sera la seule survivante. Née en 1778, elle subira de plein fouet, comme son second frère, les tragédies de la Révolution. Comme son frère, elle subira l'exécution de son père avant de voir son petit frère être enlevé à sa mère, puis cette dernière partir. Elle est alors élevée par sa tante, Elisabeth, sœur de Louis XVI. Cette dernière avait refusé de fuir et était restée avec la famille royale jusqu'au bout. Elle part pour l'échafaud peu de temps après.
Marie-Thérèse est alors totalement isolée, coupée du monde. "On m'aurait donné un monstre à cette époque, je l'aurais aimé". La chute de Robespierre améliore ses conditions de détention, on lui donne même une dame de compagnie (qui deviendra une grande amie) et c'est elle qui annonce à la jeune femme que sa mère et sa tante ont été guillotinées, elle l'ignorait jusqu'alors.
En 1795, Marie-Thérèse est échangée contre des prisonniers français et rejoint ce qui reste de sa famille, ses oncles et cousins, à l'étranger. Auprès des royalistes, elle devient un symbole, une icône. On disait pourtant qu'elle avait hérité "la brusquerie de Louis XVI sans la bonhommie et la fierté de Marie-Antoinette sans la grâce"... Pendant près de 20 ans, d'exils en intrigues, Marie-Thérèse va se battre politiquement pour la cause monarchique, avec une telle énergie et une telle détermination que Napoléon dira d'elle : "C'est le seul homme de la famille".
Lorsque Louis XVIII, son oncle, revient en France suite à l'effondrement de l'empire napoléonien, la princesse fait office de Première Dame (on l'a mariée à un cousin, le duc d'Angoulême, mais leur mariage restera stérile). La Révolution de 1830 la force à prendre le chemin de l'exil, encore une fois. C'est à l'étranger, en Autriche, qu'elle meurt de pneumonie à 73 ans.
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