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 XVIIème ET XVIIIème SIECLES

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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 7 Nov - 15:28

"Le duc d'Orléans est le vase dans lequel on a jeté toutes les ordures de la Révolution" dira de lui Talleyrand.
De très haut rang (cousin de Louis XVI), fabuleusement riche, il cherchait clairement à devenir calife à la place du calife. Malheureusement pour lui, il n'avait pas l'étoffe et la carrure nécessaire derrière ses brillantes apparences. Il s'est également vite disqualifié par des orgies scandaleuses et une vie de jouisseur débauché.

Au début, il s'entendît bien avec Marie-Antoinette. Jusqu'à l'incident : participant à une bataille navale, il s'y conduisît plutôt piteusement ce qui ne l'empêcha pas de parader par la suite à la cour. Malheureusement pour lui, le ministre Maurepas le ridiculisa en public par une de ses petites phrases au vitriol dont il avait le secret. Toute la cour ricana et Marie-Antoinette, facilement moqueuse, fît de même, ouvertement. A partir de ce moment, ce fût la guerre ouverte. Riche à millions, Orléans organisa tout au long du règne une fantastique campagne de calomnies et d'ordures contre Marie-Antoinette, la traînant dans la boue et souillant sa réputation. Politiquement, il s'opposa systématiquement à son royal cousin, sans doute dans l'espoir de le voir tomber et de prendre la place. Il ira jusqu'à voter sa mort. On le sait, Louis XVI fût condamné à mort à une voix de majorité. Celle de son cousin.
Juste retour des choses, ce dernier passa lui-même sous le couperet de la guillotine un peu plus tard.
"Surtout faites vite !" aurait-t-il demandé au bourreau.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 7 Nov - 16:54

Homme fabuleusement riche (la première fortune de France) mais prodigieusement cultivé aussi. Il était Vénérable de Loge et ouvert aux idées nouvelles. Il était partisan, comme Voltaire, d'une monarchie parlementaire "à l'anglaise".

Mais ses ambitions, ses excès, son attitude hautaine en faisaient un individu détesté à la cour et un ennemi acharné de la famille royale.

Tous les pamphlets les plus orduriers à l'encontre de Marie-Antoinette, c'est lui qui les rédigeait ou les inspirait.

Les arcades du Palais-Royal, sa résidence à Paris, étaient devenues un endroit de débauche et de luxure. Il semblerait même qu'il se prenait une commission sur les tarifs des prostituées qui déambulaient sous les arcades.

Il fait partie de ces princes qui, comme le cardinal de Rohan, vouaient une passion immodérée pour le profit et l'argent et n'hésitaient pas à employer n'importe quel moyen pour s'enrichir.

C'était vraiment une fin de siècle où vice et corruption régnaient en maître...
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 7 Nov - 18:34

Le XVIIIème a été le siècle du plaisir, du plaisir de vivre, avec passion. Un art de vivre qui a connu les raffinements les plus poussés avant d'être balayé par une violence presque bestiale sous la tornade révolutionnaire.

Pour revenir à Orléans, je crois qu'il était surtout partisan de lui-même, avec une très haute idée de sa personne. La réalité était moins brillante, il n'avait pas la carrure et l'étoffe de ses ambitions.
Son attitude lors du fameux incident le prouve : il paradait à Versailles, disant qu'il avait remporté une brillante victoire, gonflant son importance alors qu'il avait tenu un rôle assez piteux. Le vieux Maurepas se chargea de vite le faire redescendre de son nuage, le descendant en flammes en public. Il se retrouva pris de court, incapable de répondre et se vît refuser la charge de grand amiral qu'il visait et que Louis XVI lui refusa net.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 7 Nov - 19:59

Voyageur Solitaire a écrit:
Le XVIIIème a été le siècle du plaisir, du plaisir de vivre, avec passion. Un art de vivre qui a connu les raffinements les plus poussés avant d'être balayé par une violence presque bestiale sous la tornade révolutionnaire.

Je dirais plutôt le vent DES révolutions... on pense toujours que la Révolution française fut unique. En fait, je pense que c'est en France où la Révolution a eu les conséquences les plus radicales. Sinon, c'est toute cette fin de XVIIIe siècle qui engendra des changements et des bourrasques en Europe et même dans le monde.
La Révolution américaine a engendré la Révolution française, quelque part. Et sans oublier les révolutions des Pays-Bas, les campagnes de pamphlets en Grande-Bretagne (les fameuses  "lettres" de Junius, etc.)

Il y avait vraiment un vent de changement et de réformer le vieux monde.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 7 Nov - 20:03

Voyageur Solitaire a écrit:

Son attitude lors du fameux incident le prouve : il paradait à Versailles, disant qu'il avait remporté une brillante victoire, gonflant son importance alors qu'il avait tenu un rôle assez piteux. Le vieux Maurepas se chargea de vite le faire redescendre de son nuage, le descendant en flammes en public. Il se retrouva pris de court, incapable de répondre et se vît refuser la charge de grand amiral qu'il visait et que Louis XVI lui refusa net.

C'était un égocentrique. Très imbu de lui-même.

En tout cas, son fils était tout son contraire : jamais, avec Louis-Philippe, on aura eu, en France, un roi aussi humble et presque "normal". Le roi bourgeois comme on l'appelait, c'était un surnom bien trouvé : il n'était pas rare de le croiser, dans le jardin des Tuileries ou sur les boulevards, se promener bras dessus bras dessous en compagnie de son épouse, comme l'aurait fait un couple bourgeois classique.

(j'aime beaucoup Louis-Philippe ; avec Henri IV, c'est l'un de mes rois préférés Wink )
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MessageSujet: XVIIème-XVIIIème SIECLE   Sam 13 Jan - 17:43

Pierre le Grand : que tout change !


L'un des Tzars les plus célèbres, celui qui aura imprimé à la Russie un tournant irrémédiable. Etonnant personnage, au physique comme au caractère.

Né en 1672, c'est un géant (il mesure plus de deux mètres) et un colosse, capable dit-on de tordre un plat en argent avec ses mains. Révoltes, intrigues, trahisons et guerres rythment sa jeunesse, le dotant d'une formation "sur le tas". Doté d'une volonté impitoyable, c'est également un visionnaire. Il est décidé à moderniser et réformer la Russie, à la faire entrer dans l'Europe, dans l'Occident, loin de sa "barbarie asiatique", ce sont ses mots.
En privé, il aime beaucoup les femmes. Les hommes aussi. En famille, il est aussi impitoyable : lorsque son fils Alexis se retourne contre lui, il le fait tuer (le prince mourra sous la torture).

Entre 1697 et 1698, il quitte la Russie pour un grand "tour d'Occident" alors que jusqu'ici, les Tzars ne quittaient jamais le territoire national.
Il voyage incognito, il note, il observe, il écrit sur un petit carnet qui ne le quitte jamais. Tout l'intéresse : les hôpitaux, les bibliothèques, les chantiers navals, les ateliers d'artisans... Passionné d'affaires maritimes, il travaille même, incognito, comme simple ouvrier sur un chantier naval hollandais ! Il s'intéresse aux techniques, aux sciences, aux arts, court à l'opéra, au théâtre... Une révolte (écrasée dans le sang) et la guerre contre la Suède l'obligent à rentrer précipitamment.

Vainqueur, Pierre le Grand décide de mettre en application ce qu'il a vu en Europe. Il n'est plus "Tzar" mais proclamé "empereur de toutes les Russies". Les nobles russes, les fameux Boyards doivent désormais raser leur barbe, couper leurs cheveux, abandonner leurs lourdes et fastueuses robes brodées pour porter perruque poudrée, habit à la française, culotte et bas de soie. Les récalcitrants sont arrêtés, ligotés en place publique, rasés et rhabillés de force. Leurs femmes doivent également adopter la mode française, cheveux poudrés et grandes robes à paniers.
Une nouvelle capitale, Saint-Pétersbourg, est bâtie sur le golfe de Finlande. Une ville entière, neuve, aérée, ouverte sur la mer, sur l'Europe, sur l'Occident. Bâtie sur les marécages et sur pilotis, la nouvelle capitale coûta la vie à 150 000 ouvriers, décimés par les accidents et les fièvres. La ville se couvre de larges avenues rectilignes, modernes, aérées, de grandes places, le tout inspiré de Versailles. On y construit palais et églises, mais qui n'ont plus rien à voir avec Moscou : des palais néo-classiques, avec de vastes pièces, hautes de plafond, lumineuses, aux grandes fenêtres, brillamment éclairées par d'immenses lustres de cristal... Terminé le style "vieux russe" avec ses petites salles sombres, couvertes de motifs floraux et de vives couleurs, embrumées d'encens. A l'extérieur, des couleurs lumineuses et pastel, du vert, du bleu, du rouge, de l'or.

Voilà pour la forme. Sur le fond, Pierre le Grand ne chôme pas non plus : réformes religieuses, juridiques, économiques, techniques... Rien ne lui échappe. Il supprime la monnaie nationale pour la remplacer par une nouvelle, plus stable, le rouble, simplifie l'alphabet, modifie le calendrier pour l'adapter à celui en vigueur en Europe, introduit les chiffres arabes qui remplacent les chiffres romains toujours en usage, publie le premier journal en langue russe, modifie le Code des Lois...
Les russes sont désormais autorisés à partir à l'étranger, ce qui était exceptionnel jusqu'ici et l'empereur incite les jeunes nobles à le faire pour s'ouvrir au monde. Pierre le Grand se heurte également à l'Eglise, gardienne des traditions, mais le sacrilège ne l'effraie pas : il la met au pas et, l'argent venant à manquer, il n'hésite pas à faire fondre les cloches des églises pour fabriquer des canons... Lorsque le grand Patriarche meurt, il refuse d'en nommer un autre, comme c'était l'usage. Enfin, il réforme la succession impériale, ce qui permettra à des femmes de monter sur le trône, en tant qu'impératrices aux pleins pouvoirs (dont sa fille, Elisabeth Ière).

Pierre le Grand meurt en 1725. A cheval sur deux siècles, il fût aussi à cheval entre deux mondes. Visionnaire, déterminé, il alla jusqu'au bout sans faire dans la dentelle, c'est le moins qu'on puisse dire... Il faudra des années pour que la Russie digère ce formidable changement mais l'impulsion avait été donnée. L'empereur n'avait jamais oublié le refus de Louis XIV de le recevoir, le Roi-Soleil n'ayant rien à faire avec le souverain "d'une nation d'arriérés et de barbares". Il s'était juré de prouver au monde le contraire, quitte à ruer dans les brancards et sans trop regarder à la casse. A sa manière, il avait réussi même si ce fût un accouchement dans la douleur.


Dernière édition par Voyageur Solitaire le Sam 13 Jan - 18:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Sam 13 Jan - 18:00

Il est encore aujourd'hui dans le "top" des souverains et chefs d'Etat russes les plus populaires. Avec la Grande Catherine, Staline et Gorbatchev.

Mais attention, tout prince "éclairé" qu'il était et pro-occidental, Pierre le Grand n'avait rien d'un démocrate. Cependant il a fait de la Russie un pays moderne et résolument tourné vers l'avenir.

Il aura fait sauter le petit Louis XV sur ses genoux.. Wink
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Sam 13 Jan - 18:07

Oui, c'est vrai : de passage à Versailles, il avait donné des sueurs froides à la cour en prenant le petit Louis XV, encore enfant, dans ses bras pour l'embrasser et le faire sauter sur ses genoux...

On peut dire qu'il a donné naissance à une nouvelle Russie. Rien ne lui a échappé, calendrier, alphabet, monnaie, justice, religion... De la vie quotidienne aux grandes affaires d'état, il a tout chamboulé. Après, effectivement, il restait le maître absolu. Il ne faut pas oublier qu'il a rétabli le servage, souvent noyé dans le sang toute opposition (mais bon, ses adversaires ne faisaient pas de cadeaux non plus...), saigné les finances et fait mourir des milliers d'ouvriers pour bâtir sa nouvelle capitale...
Il n'empêche, il a néanmoins profondément changé l'histoire de son pays.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Sam 13 Jan - 19:20

Voyageur Solitaire a écrit:
Oui, c'est vrai : de passage à Versailles, il avait donné des sueurs froides à la cour en prenant le petit Louis XV, encore enfant, dans ses bras pour l'embrasser et le faire sauter sur ses genoux...

Dans le Journal du marquis de Dangeau, tu auras tous les détails du voyage du tsar Pierre le Grand en France. C'est disponible en version numérique. Tu vas sur Gallica ou Archive.org. Bonne lecture.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 1 Fév - 10:35

Le Traité de Commerce Franco-Anglais

ou

Comment naquit l'Europe du libre-échange



Un Traité négocié par Gérard de Rayneval, pour la France et sir William Eden, pour l'Angleterre.


La délégation française comptait aussi Du Pont de Nemours et Boyetet, l'un partisan du libre échangisme et l'autre du protectionnisme.
Aussi, ce traité n'est-il pas complètement un traité de libre-échange. Il abroge le régime prohibitif qui présidait aux relations commerciales entre les deux pays, mas conservait encore un caractère protectionniste indéniable. Il inagura toutefois, pour les deux pays, un régime libéral économique et les tarifs douaniers furent abaissés des deux côtés de la Manche pour un grand nombre de produits.

L'Angleterre, alors en pleine révolution industrielles, cherchait des débouchés nouveaux pour son industrie. Surtout après la destruction de son monopole commercial dans ses ex-colonies d'Amérique.
La guerre d'indépendance américaine avait lourdement accru la dette anglaise et pour y faire face, le Premier Ministre William Pitt avait opéré sa grande réforme financière : en étendant le système de l'accise et se disposa, par suite, à abaisser les droits d'importation sur les marchandises de consommation courante. Il était donc équitable qu'il demandât à la France un abaissement des mêmes droits sur les produits anglais.
William Pitt avait plus à y gagner qu'à perdre, du reste, dans ce deal : en effet, une enquête diligentée par ses soins, lui avait révélée que la supériorité industrielle de l'Angleterre sur la France mettait son pays à l'abri d'une crise, et ce malgré l'ouverture du marché britannique aux produits français.

De leur côté, les ministres français voulaient assurer des débouchés aux produits agricoles de France, et ils pensaient sincèrement que l'industrie français aurait tout à gagner à être ainsi stimulées par la concurrence. En outre, ils étaient convaincus que par le commerce, ils assureraient enfin, et pour longtemps, une paix avec l'Angleterre.

Le problème, c'est que Rayneval, parti négocier ce traité, ne fut pas à la hauteur de sa tâche.

En revanche, William Eden, lui, était parfaitement renseigné sur les intérêts de l'industrie anglaise et bien documenté sur l'état économique réel de la France et il obtint au-delà de tout ce qu'il pouvait espérer.
Les protestations contre cet accord bilatéral furent plus nombreuses en France qu'en Angleterre : elles vinrent surtout des provinces industrielles sacrifiées (Flandre, Normandie, Picardie, Champagne).

En fait, la France n'était pas prête économiquement à rivaliser avec l'Angleterre. Le traité de 1786, s'il constitua néanmoins une innovation intéressante en matière d'échanges internationaux, contribua à aggraver la crise industrielle de 1788 en augmentant dle chômage et la misère.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 18 Avr - 9:20

Qui était le marquis de Sade ?



Donatien-Alphonse-François de Sade naît à Paris le 2 juin 1740.

Il est le descendant d'une vieille et prestigieuse famille de l'aristocratie de Provence. A 14 ans, il entre dans une école militaire réservée aux fils de la plus ancienne noblesse et, sous-lieutenant un an plus tard, participe à la guerre de Sept ans contre la Prusse.


Il y brille par son courage, mais aussi par son goût pour la débauche.

Revenu, en 1763, avec le grade de capitaine, il fréquente les actrices de théâtre et les courtisanes. Son père, pour y mettre fin, cherche à le marier au plus vite.

Le 17 mai 1763, il épouse Mlle de Montreuil, de noblesse récente, mais fortunée. Il ne s'en assagit pas pour autant et fait, dans la même année, son premier séjour en prison pour « débauches outrées ».

En 1768, il est à nouveau incarcéré six mois pour avoir enlevé et torturé une passante.

Il donne fêtes et bals dans son domaine provençal de La Coste, voyage en Italie, notamment avec sa belle-sœur, dont il s'est épris.

A Marseille, en 1772, il est accusé d'empoisonnement (il avait en fait distribué, lors d'une orgie, des dragées aphrodisiaques à quatre prostituées qui avaient rendu malade l'une d'entre elles) et doit s'enfuir en Savoie.


Condamné à mort par contumace, il est arrêté, s'évade, puis cinq ans plus tard (au cours desquels il alterne voyages et scandales), il est arrêté à Paris où il était venu régler ses affaires à la suite du décès de sa mère.

Malgré les interventions de sa femme, il va passer cinq années dans le donjon de Vincennes, écrivant pièces de théâtre et romans pour tromper son ennui, avant d'être transféré à la Bastille où il commence la rédaction des Cent vingt journées de Sodome (1785) puis, deux ans plus tard, Les infortunes de la vertu et Aline et Valcour.

En juillet 1789, dix jours avant la prise de la bastille, il est transféré à Charenton, dans un asile de fous.

Il recouvre la liberté, accordée à toutes les victimes de lettres de cachet, en 1790.

Sa femme, lasse de ses violences, obtient la séparation.

il cherche à faire jouer ses pièces, se lie avec une jeune actrice, Marie Constance Quesnet, qui lui restera fidèle jusqu'au bout.

Justine ou les malheurs de la vertu est publié - anonymement - en 1791.

Fin 1793, il est arrêté et condamné à mort.

Oublié dans sa geôle à la suite d'une erreur administrative, il échappe à la guillotine et est libéré en octobre 1794.

Vivant chichement - ses seuls revenus sont ses écrits - il publie en 1795 La philosophie dans le boudoir, Aline et Valcour, La nouvelle Justine et Juliette (Justine et Juliette sont deux sœurs, l'une incarnant la vertu, l'autre le vice, qui subissent des aventures où la luxure le dispute à la cruauté).

La presse l'accuse d'être l'auteur de " l'infâme roman" Justine. Il s'en défend maladroitement. En 1801, la police saisit ses ouvrages chez son imprimeur.


On ne lui pardonne pas sa violence érotique, son "délire du vice", sa pornographie.

Sans jugement, par simple décision administrative, il est enfermé dans l'asile de fous de Charenton.

Il va, qualifié de "fou" mais parfaitement lucide, malgré ses suppliques et ses protestations, y mourir le 1er décembre 1814 sans jamais retrouver la liberté.

Cet esprit libre, sur ses 74 années de sa vie, en aura passé 30 en prison.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Dim 30 Sep - 10:43

Les corvées de cour


Offre d'emploi au château de Versailles, 600 livres ni nourri ni blanchi, charge transmissible à son fils. Fonction : torcher le cul du roi et faire disparaître ses selles.

Ne riez pas, c'est du sérieux. On pouvait bel et bien, à Versailles, acheter pour 20 000 livres un "brevet de porte-chaise", qui rapportait donc 600 livres et qui consistait à essuyer le royal postérieur et à ensuite se débarrasser des selles royales.
Vous pouviez également, plus simplement, pour 60 000 livres, acheter un "brevet d'affaires" qui vous donnait le droit de rencontrer le roi quand ce dernier, assis sur sa chaise percée, faisait pipi et caca. Plus agréable certainement, vous pouviez vous voir octroyer le privilège de tenir le bougeoir au coucher du roi, de lui passer sa culotte ou sa chemise à son lever ou, plus modestement, de participer à une de ses promenades. Petit retour en arrière…

Au début du règne de Louis XIV, ce dernier avait dû affronter avec sa mère, la Régente, la Fronde, une révolte armée des grands seigneurs. Cette révolte, une fois matée, laissa de mauvais souvenirs au roi-soleil qui décida donc de garder un œil vigilant sur ses nobles. Pour cela, Louis XIV fît bâtir Versailles, y fixa sa noblesse et la domestiqua, instaurant un véritable culte autour de sa personne. Grands seigneurs, fiers descendants des farouches comtes et barons batailleurs d'autrefois, quittèrent leurs immenses domaines et leurs vastes châteaux ancestraux pour venir s'entasser à Versailles, dans de petites chambres inconfortables et mansardées, pour y servir le roi.
On ne se bat plus sur le champ de bataille désormais mais dans les antichambres pour offrir un verre d'eau au roi, passer un vêtement à un prince ou lui tenir un chandelier. Et souvent, on paie pour ça (et cher). Ce sont les fameuses "corvées de cour". Louis XIV institua très vite un incroyable rituel monarchique qui n'avait rien à envier à celui des Pharaons. Son lever, ses repas, ses promenades, son coucher étaient devenus de véritables cérémonies auxquelles on assistait, à heures précises. Et auxquels les plus chanceux participaient. De leur côté, les dames faisaient de même avec la reine et les princesses. Porter le parasol de la souveraine lors de sa promenade ou tenir le bougeoir du roi à son coucher devinrent des privilèges que se disputaient âprement ducs, marquis et comtes. On intriguait pour avoir le droit de s'asseoir à la table de jeu du roi, de le voir passer dans la galerie des glaces...

Le système fonctionna au-delà de toutes les espérances. Le duc de Richelieu ne s'écria-t-il pas, levant les yeux au ciel : "J'aime mieux mourir que d'être deux ou trois mois sans voir le roi !" Saint-Simon, acerbe, remarque que "Sans la crainte du diable, Louis XIV se serait fait adorer et surtout aurait trouvé des adorateurs".
Pour la noblesse, le résultat fût catastrophique. Ces descendants des fiers barons et des farouches comtes batailleurs d'autrefois, quittèrent leurs domaines et châteaux pour se transformer en poupées surchargées de rubans, dentelles et plumes, en caniches de luxe, prêts à toutes les intrigues pour mieux servir le maître. Ils y perdirent toute rigueur, toute volonté, se transformant en un nid d'intrigants et de parasites huppés, juste bons à mendier des faveurs. De ce côté là, le roi-soleil avait réussi son coup...
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Dim 30 Sep - 21:00

Une charge, quoi... en clair, on devenait "officier" pour torcher le fessier royal...

Ceci dit, c'est une mission aussi louable qu'une autre... Smile
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Lun 1 Oct - 20:51

Tout ce projet de Versailles avait-il vraiment cette finalité de surveiller et museler la noblesse dès le départ ?

_________________
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Lun 1 Oct - 21:07

C'était le début de la fin de la monarchie et les prémices de ce que allait être la Révolution française.

En muselant la noblesse et se coupant du peuple à Versailles, Louis XIV a sonné le glas ce qu'était la noblesse et la monarchie à la française, on connait la suite.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 2 Oct - 15:36

Versailles est issu de plusieurs choses.
Premièrement, Louis XIV se méfiait de Paris et semblait ne guère aimer le Louvre. Ensuite, il y avait l'orgueil, celui de bâtir un château magnifique, entouré de bois et d'eau d'où rayonnerait la gloire du Roi-Soleil. A Versailles, où il chasse souvent, Louis XIV profite du petit château bâti par son père Louis XIII autrefois. C'est à partir de ce "petit château de cartes" qu'il édifiera son palais. En mémoire de son père, il conservera l'ancien château qu'il doublera d'autres bâtiments, l'enserrant dans "un grand manteau" comme l'écrira la princesse Palatine.

Après, Versailles n'avait peut-être pas cette finalité de domestiquer sa noblesse dès le départ mais il fallait un endroit, ce fût celui-là. Cadre grandiose, décor de rêve… Il fallait bien cela je pense pour que tous ces seigneurs et nobles dames acceptent de quitter leurs terres, manoirs, châteaux et somptueux hôtels particuliers pour venir loger dans de petites chambres mansardées… Car contrairement à ce que l'on croit, à Versailles, les appartements avec toutes les commodités sont rares et réservés aux très grands. Ducs, marquis et comtesses se contentent souvent d'une petite chambre ou de quelques pièces. Certains vivent même à Paris et viennent chaque jour faire leur cour, assister au lever, repas ou coucher du roi avant de regagner la capitale.

Cette mise en scène tourne même au ridicule. Ainsi avec Louis XVI qui était incroyablement matinal, se levant aux aurores et qui, vers 11h00, se déshabillait et se remettait au lit pour la fameuse cérémonie du lever. A tour de rôle, les gentilhommes  lui présentaient sa culotte, sa chemise, son habit… Arthur Conte nous apprend que souvent, Louis XVI, assis sur les toits, regardait arriver avec une lorgnette les carrosses des seigneurs participant au fameux lever.
Même chose pour Marie-Antoinette qui buvait son chocolat devant "son premier médecin, son premier chirurgien, l'abbé de Vermond, les quatre premiers valets de chambre du roi et les premiers médecins et chirurgiens de ce dernier"... Elle se faisait également coiffer et farder en public, devant un parterre de grands seigneurs qui, debout, n'en perdaient pas une miette… Et comme pour le roi avec ses seigneurs, son habillement se faisait avec les grandes dames qui lui passaient, chacune selon son rang, chemise, robe, bas, etc... C'était pour ces personnes un honneur, une charge parfois, que l'on pouvait payer très cher.

Si Louis XVI n'appréciait pas trop ce carrousel d'un autre âge, il s'y pliait malgré tout. Marie-Antoinette, elle, ne pouvait le supporter. Dès qu'elle prît l'habitude de vivre à Trianon les mois d'été, elle s'en débarrassa : au matin, dans sa petite chambre dont les fenêtres donnent sur le Temple de l'Amour, elle se levait, buvait son chocolat et s'habillait seule. Elle passait ensuite la matinée à se promener sur son domaine ou à son Hameau, seule au début ou avec ses enfants plus tard, sans personne pour l'accompagner. Ce n'est que vers l'heure du déjeuner qu'arrivaient ses invités qui repartaient pour le château le soir venu, après le souper.
Un mode de vie stupéfiant pour une reine à l'époque...
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 3 Oct - 7:55

Voyageur Solitaire a écrit:

Si Louis XVI n'appréciait pas trop ce carrousel d'un autre âge, il s'y pliait malgré tout. Marie-Antoinette, elle, ne pouvait le supporter. Dès qu'elle prît l'habitude de vivre à Trianon les mois d'été, elle s'en débarrassa : au matin, dans sa petite chambre dont les fenêtres donnent sur le Temple de l'Amour, elle se levait, buvait son chocolat et s'habillait seule. Elle passait ensuite la matinée à se promener sur son domaine ou à son Hameau, seule au début ou avec ses enfants plus tard, sans personne pour l'accompagner. Ce n'est que vers l'heure du déjeuner qu'arrivaient ses invités qui repartaient pour le château le soir venu, après le souper.
Un mode de vie stupéfiant pour une reine à l'époque...


Il était temps de briser les règles et les carcans. Marie-Antoinette étouffait au milieu de cette cour et pour cause, elle venait de Vienne où les mœurs de palais sont moins rigides.

Mais Versailles, aussi somptueux soit-il, signe la fin de la noblesse, du moins sa décadence. Quelques grandes familles de renom forcées de vivre aux crochets du roi - donc de l'Etat - pensionnées et hébergées, oubliant dès lors quel était leur rôle véritable, s'amollissant dans les plaisirs et le luxe. Et tous les petits nobles de province, vivotant dans leurs châteaux délabrés, obligées de vendre leurs terres à des magistrats et des bourgeois avides de fortune et de titres.
Voilà où en était l'état de la noblesse à la fin de l'Ancien Régime. Le système, vieilli, obsolète, était vraiment tombé en décadence.

Dans cette optique, il y avait besoin d'une régénération. Et cela passait nécessairement par une Révolution.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 3 Oct - 13:34

Après, si on se met à la place de Louis XIV, on peut le comprendre : son père Louis XIII avait passé une grande partie de son règne à lutter contre ses seigneurs et princes. Enfant, le futur roi-soleil avait dû affronter la Fronde, avait vu les émeutiers envahir le palais et sa mère s'interposer et avait dû s'exiler à Saint-Germain. On comprend qu'il ait voulu par la suite éviter toute récidive et mater définitivement ses seigneurs. Le procédé a été original mais pleinement efficace.

Quant à cette sacralisation du roi, si Louis XIV s'y tînt jusqu'au bout, ses successeurs la supportèrent plus difficilement. Louis XV, la journée terminée, se retirait avec ses intimes dans ses "petits appartements" où l'atmosphère était plus détendue et moins protocolaire. Louis XVI, homme simple, supportait tout ce cérémonial par habitude plus qu'autre chose.
Marie-Antoinette, elle, ne s'y fera jamais. Elle venait effectivement d'une cour beaucoup plus simple, elle avait 14 ans à son arrivée en France, elle était vive, enjouée, étourdie et spontanée. Elle refusa d'emblée cette "cage", ces usages dont elle ne comprenait pas le sens et dont elle ne voyait que le ridicule. Elle mena très vite sa vie comme elle l'entendait, de manière "moderne" si on peut dire. Mais ça ne passa jamais auprès du peuple. Une reine de France ne pouvait dormir sous un autre toit que celui du roi, ne pouvait se déplacer et se promener seule, ne pouvait se vêtir simplement, élever elle-même ses enfants et vivre à sa guise.

Ce que Marie-Antoinette ne réalisa pas, c'est qu'en supprimant tout ce cérémonial, elle détruisait tout l'aspect sacré de sa personne. Une reine qui va au bal de l'opéra incognito, avec une seule dame pour l'accompagner, une reine qui se promène seule et que donc n'importe qui peut aborder, une reine qui vit comme une particulière dans sa maison n'est plus une reine, c'est une femme comme les autres. Marie-Antoinette voulait tous les avantages de sa position de reine sans en avoir les inconvénients. A ce jeu là, elle s'est brûlée les ailes...
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 3 Oct - 14:29

Voyageur Solitaire a écrit:


Ce que Marie-Antoinette ne réalisa pas, c'est qu'en supprimant tout ce cérémonial, elle détruisait tout l'aspect sacré de sa personne. Une reine qui va au bal de l'opéra incognito, avec une seule dame pour l'accompagner, une reine qui se promène seule et que donc n'importe qui peut aborder, une reine qui vit comme une particulière dans sa maison n'est plus une reine, c'est une femme comme les autres. Marie-Antoinette voulait tous les avantages de sa position de reine sans en avoir les inconvénients. A ce jeu là, elle s'est brûlée les ailes...

Pour moi, c'est simplement une preuve de sa modernité. Elle était en avance sur son temps. Peut-être trop en avance, surtout vis-à-vis des vieilles courtisanes qui lui servaient de chaperonnes.

Elle voulait être libre. Elle voulait pouvoir se promener seule, ou accompagnée de ceux qu'elle choisissait, dans les jardins de Versailles. Elle voulait pouvoir aller écouter de la musique quand cela lui plaisait. Elle voulait même pouvoir porter les habits qui lui faisaient vraiment envie. Elle était belle, elle était jeune, elle ne demandait rien qu'à profiter de la vie.

Alors, certes, elle a contribué à désacraliser la personne royale et elle a sa part aussi dans les critiques, parfois les plus outrancières, que l'on pouvait lire à l'aube de la Révolution. Mais, peut-être aussi était-il temps de procéder à des changements et des assouplissements dans une étiquette devenue si obsolète et demeurée si rigide.

Le seul tort que l'on puisse faire à Marie-Antoinette, c'est d'avoir été trop en avance. Il ne fait jamais bon être trop en avance quand tout le monde est encore attaché aux vieux principes. Elle fut une précurseur.

Ceci dit, la Révolution n'a pas vraiment changé les choses... puisque, au final, la cour est revenue, d'abord sous le Directoire, mais surtout sous Napoléon Bonaparte qui, avec Joséphine, avait recréé tout un cérémonial et une pompe qui valait bien celui de Louis XIV.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 3 Oct - 15:13

Marie-Antoinette était clairement du siècle suivant et du Romantisme : elle aimait les contes, les belles histoires, la musique, elle rêvait d'évasion et d'enchantement, elle s'est créé son monde à Trianon et s'y est enfermée. Par sa sensibilité, elle était clairement Romantique. Le réveil fût brutal.
Ce ne sont pas ses dépenses qu'on lui reprochait (d'autres avaient dilapidé les caisses bien avant elle) mais de ne pas rentrer dans le moule, de ne pas se conformer à l'image que l'on avait d'une reine de France. En France, pays de loi salique, la reine n'a aucun pouvoir, elle doit être toujours fidèle, dévouée et aimante, bonne mère de famille et rester dans l'ombre. Marie-Antoinette n'a jamais caché qu'elle n'aimait pas ce mari qu'on lui avait imposé et ce carrousel d'un autre âge. Elle entendait mener sa vie comme elle le voulait.

Il faut dire qu'il y avait aussi le modèle maternel : Marie-Antoinette vénérait (et craignait) sa mère, la toute puissante impératrice d'Autriche Marie-Thérèse. Cette dernière régnait d'une main de fer dans un gant de velours et Marie-Antoinette voyait en elle une femme qui dirigeait sa vie et son empire comme elle l'entendait et devant qui tous (ou presque tous) s'inclinaient. Elle a naïvement crû qu'une fois reine de France, elle ferait de même. Personne n'avait jugé utile de lui dire qu'en France, le rôle de la reine était simplement de la fermer et de faire des enfants. Et puis surtout, soyons francs, Marie-Antoinette n'avait ni l'intelligence ni l'expérience et le génie politique de sa mère...
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