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 XVIIème ET XVIIIème SIECLES

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Voyageur Solitaire
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 7 Nov - 15:28

"Le duc d'Orléans est le vase dans lequel on a jeté toutes les ordures de la Révolution" dira de lui Talleyrand.
De très haut rang (cousin de Louis XVI), fabuleusement riche, il cherchait clairement à devenir calife à la place du calife. Malheureusement pour lui, il n'avait pas l'étoffe et la carrure nécessaire derrière ses brillantes apparences. Il s'est également vite disqualifié par des orgies scandaleuses et une vie de jouisseur débauché.

Au début, il s'entendît bien avec Marie-Antoinette. Jusqu'à l'incident : participant à une bataille navale, il s'y conduisît plutôt piteusement ce qui ne l'empêcha pas de parader par la suite à la cour. Malheureusement pour lui, le ministre Maurepas le ridiculisa en public par une de ses petites phrases au vitriol dont il avait le secret. Toute la cour ricana et Marie-Antoinette, facilement moqueuse, fît de même, ouvertement. A partir de ce moment, ce fût la guerre ouverte. Riche à millions, Orléans organisa tout au long du règne une fantastique campagne de calomnies et d'ordures contre Marie-Antoinette, la traînant dans la boue et souillant sa réputation. Politiquement, il s'opposa systématiquement à son royal cousin, sans doute dans l'espoir de le voir tomber et de prendre la place. Il ira jusqu'à voter sa mort. On le sait, Louis XVI fût condamné à mort à une voix de majorité. Celle de son cousin.
Juste retour des choses, ce dernier passa lui-même sous le couperet de la guillotine un peu plus tard.
"Surtout faites vite !" aurait-t-il demandé au bourreau.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 7 Nov - 16:54

Homme fabuleusement riche (la première fortune de France) mais prodigieusement cultivé aussi. Il était Vénérable de Loge et ouvert aux idées nouvelles. Il était partisan, comme Voltaire, d'une monarchie parlementaire "à l'anglaise".

Mais ses ambitions, ses excès, son attitude hautaine en faisaient un individu détesté à la cour et un ennemi acharné de la famille royale.

Tous les pamphlets les plus orduriers à l'encontre de Marie-Antoinette, c'est lui qui les rédigeait ou les inspirait.

Les arcades du Palais-Royal, sa résidence à Paris, étaient devenues un endroit de débauche et de luxure. Il semblerait même qu'il se prenait une commission sur les tarifs des prostituées qui déambulaient sous les arcades.

Il fait partie de ces princes qui, comme le cardinal de Rohan, vouaient une passion immodérée pour le profit et l'argent et n'hésitaient pas à employer n'importe quel moyen pour s'enrichir.

C'était vraiment une fin de siècle où vice et corruption régnaient en maître...
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 7 Nov - 18:34

Le XVIIIème a été le siècle du plaisir, du plaisir de vivre, avec passion. Un art de vivre qui a connu les raffinements les plus poussés avant d'être balayé par une violence presque bestiale sous la tornade révolutionnaire.

Pour revenir à Orléans, je crois qu'il était surtout partisan de lui-même, avec une très haute idée de sa personne. La réalité était moins brillante, il n'avait pas la carrure et l'étoffe de ses ambitions.
Son attitude lors du fameux incident le prouve : il paradait à Versailles, disant qu'il avait remporté une brillante victoire, gonflant son importance alors qu'il avait tenu un rôle assez piteux. Le vieux Maurepas se chargea de vite le faire redescendre de son nuage, le descendant en flammes en public. Il se retrouva pris de court, incapable de répondre et se vît refuser la charge de grand amiral qu'il visait et que Louis XVI lui refusa net.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 7 Nov - 19:59

Voyageur Solitaire a écrit:
Le XVIIIème a été le siècle du plaisir, du plaisir de vivre, avec passion. Un art de vivre qui a connu les raffinements les plus poussés avant d'être balayé par une violence presque bestiale sous la tornade révolutionnaire.

Je dirais plutôt le vent DES révolutions... on pense toujours que la Révolution française fut unique. En fait, je pense que c'est en France où la Révolution a eu les conséquences les plus radicales. Sinon, c'est toute cette fin de XVIIIe siècle qui engendra des changements et des bourrasques en Europe et même dans le monde.
La Révolution américaine a engendré la Révolution française, quelque part. Et sans oublier les révolutions des Pays-Bas, les campagnes de pamphlets en Grande-Bretagne (les fameuses  "lettres" de Junius, etc.)

Il y avait vraiment un vent de changement et de réformer le vieux monde.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 7 Nov - 20:03

Voyageur Solitaire a écrit:

Son attitude lors du fameux incident le prouve : il paradait à Versailles, disant qu'il avait remporté une brillante victoire, gonflant son importance alors qu'il avait tenu un rôle assez piteux. Le vieux Maurepas se chargea de vite le faire redescendre de son nuage, le descendant en flammes en public. Il se retrouva pris de court, incapable de répondre et se vît refuser la charge de grand amiral qu'il visait et que Louis XVI lui refusa net.

C'était un égocentrique. Très imbu de lui-même.

En tout cas, son fils était tout son contraire : jamais, avec Louis-Philippe, on aura eu, en France, un roi aussi humble et presque "normal". Le roi bourgeois comme on l'appelait, c'était un surnom bien trouvé : il n'était pas rare de le croiser, dans le jardin des Tuileries ou sur les boulevards, se promener bras dessus bras dessous en compagnie de son épouse, comme l'aurait fait un couple bourgeois classique.

(j'aime beaucoup Louis-Philippe ; avec Henri IV, c'est l'un de mes rois préférés Wink )
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MessageSujet: XVIIème-XVIIIème SIECLE   Sam 13 Jan - 17:43

Pierre le Grand : que tout change !


L'un des Tzars les plus célèbres, celui qui aura imprimé à la Russie un tournant irrémédiable. Etonnant personnage, au physique comme au caractère.

Né en 1672, c'est un géant (il mesure plus de deux mètres) et un colosse, capable dit-on de tordre un plat en argent avec ses mains. Révoltes, intrigues, trahisons et guerres rythment sa jeunesse, le dotant d'une formation "sur le tas". Doté d'une volonté impitoyable, c'est également un visionnaire. Il est décidé à moderniser et réformer la Russie, à la faire entrer dans l'Europe, dans l'Occident, loin de sa "barbarie asiatique", ce sont ses mots.
En privé, il aime beaucoup les femmes. Les hommes aussi. En famille, il est aussi impitoyable : lorsque son fils Alexis se retourne contre lui, il le fait tuer (le prince mourra sous la torture).

Entre 1697 et 1698, il quitte la Russie pour un grand "tour d'Occident" alors que jusqu'ici, les Tzars ne quittaient jamais le territoire national.
Il voyage incognito, il note, il observe, il écrit sur un petit carnet qui ne le quitte jamais. Tout l'intéresse : les hôpitaux, les bibliothèques, les chantiers navals, les ateliers d'artisans... Passionné d'affaires maritimes, il travaille même, incognito, comme simple ouvrier sur un chantier naval hollandais ! Il s'intéresse aux techniques, aux sciences, aux arts, court à l'opéra, au théâtre... Une révolte (écrasée dans le sang) et la guerre contre la Suède l'obligent à rentrer précipitamment.

Vainqueur, Pierre le Grand décide de mettre en application ce qu'il a vu en Europe. Il n'est plus "Tzar" mais proclamé "empereur de toutes les Russies". Les nobles russes, les fameux Boyards doivent désormais raser leur barbe, couper leurs cheveux, abandonner leurs lourdes et fastueuses robes brodées pour porter perruque poudrée, habit à la française, culotte et bas de soie. Les récalcitrants sont arrêtés, ligotés en place publique, rasés et rhabillés de force. Leurs femmes doivent également adopter la mode française, cheveux poudrés et grandes robes à paniers.
Une nouvelle capitale, Saint-Pétersbourg, est bâtie sur le golfe de Finlande. Une ville entière, neuve, aérée, ouverte sur la mer, sur l'Europe, sur l'Occident. Bâtie sur les marécages et sur pilotis, la nouvelle capitale coûta la vie à 150 000 ouvriers, décimés par les accidents et les fièvres. La ville se couvre de larges avenues rectilignes, modernes, aérées, de grandes places, le tout inspiré de Versailles. On y construit palais et églises, mais qui n'ont plus rien à voir avec Moscou : des palais néo-classiques, avec de vastes pièces, hautes de plafond, lumineuses, aux grandes fenêtres, brillamment éclairées par d'immenses lustres de cristal... Terminé le style "vieux russe" avec ses petites salles sombres, couvertes de motifs floraux et de vives couleurs, embrumées d'encens. A l'extérieur, des couleurs lumineuses et pastel, du vert, du bleu, du rouge, de l'or.

Voilà pour la forme. Sur le fond, Pierre le Grand ne chôme pas non plus : réformes religieuses, juridiques, économiques, techniques... Rien ne lui échappe. Il supprime la monnaie nationale pour la remplacer par une nouvelle, plus stable, le rouble, simplifie l'alphabet, modifie le calendrier pour l'adapter à celui en vigueur en Europe, introduit les chiffres arabes qui remplacent les chiffres romains toujours en usage, publie le premier journal en langue russe, modifie le Code des Lois...
Les russes sont désormais autorisés à partir à l'étranger, ce qui était exceptionnel jusqu'ici et l'empereur incite les jeunes nobles à le faire pour s'ouvrir au monde. Pierre le Grand se heurte également à l'Eglise, gardienne des traditions, mais le sacrilège ne l'effraie pas : il la met au pas et, l'argent venant à manquer, il n'hésite pas à faire fondre les cloches des églises pour fabriquer des canons... Lorsque le grand Patriarche meurt, il refuse d'en nommer un autre, comme c'était l'usage. Enfin, il réforme la succession impériale, ce qui permettra à des femmes de monter sur le trône, en tant qu'impératrices aux pleins pouvoirs (dont sa fille, Elisabeth Ière).

Pierre le Grand meurt en 1725. A cheval sur deux siècles, il fût aussi à cheval entre deux mondes. Visionnaire, déterminé, il alla jusqu'au bout sans faire dans la dentelle, c'est le moins qu'on puisse dire... Il faudra des années pour que la Russie digère ce formidable changement mais l'impulsion avait été donnée. L'empereur n'avait jamais oublié le refus de Louis XIV de le recevoir, le Roi-Soleil n'ayant rien à faire avec le souverain "d'une nation d'arriérés et de barbares". Il s'était juré de prouver au monde le contraire, quitte à ruer dans les brancards et sans trop regarder à la casse. A sa manière, il avait réussi même si ce fût un accouchement dans la douleur.


Dernière édition par Voyageur Solitaire le Sam 13 Jan - 18:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Sam 13 Jan - 18:00

Il est encore aujourd'hui dans le "top" des souverains et chefs d'Etat russes les plus populaires. Avec la Grande Catherine, Staline et Gorbatchev.

Mais attention, tout prince "éclairé" qu'il était et pro-occidental, Pierre le Grand n'avait rien d'un démocrate. Cependant il a fait de la Russie un pays moderne et résolument tourné vers l'avenir.

Il aura fait sauter le petit Louis XV sur ses genoux.. Wink
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Sam 13 Jan - 18:07

Oui, c'est vrai : de passage à Versailles, il avait donné des sueurs froides à la cour en prenant le petit Louis XV, encore enfant, dans ses bras pour l'embrasser et le faire sauter sur ses genoux...

On peut dire qu'il a donné naissance à une nouvelle Russie. Rien ne lui a échappé, calendrier, alphabet, monnaie, justice, religion... De la vie quotidienne aux grandes affaires d'état, il a tout chamboulé. Après, effectivement, il restait le maître absolu. Il ne faut pas oublier qu'il a rétabli le servage, souvent noyé dans le sang toute opposition (mais bon, ses adversaires ne faisaient pas de cadeaux non plus...), saigné les finances et fait mourir des milliers d'ouvriers pour bâtir sa nouvelle capitale...
Il n'empêche, il a néanmoins profondément changé l'histoire de son pays.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Sam 13 Jan - 19:20

Voyageur Solitaire a écrit:
Oui, c'est vrai : de passage à Versailles, il avait donné des sueurs froides à la cour en prenant le petit Louis XV, encore enfant, dans ses bras pour l'embrasser et le faire sauter sur ses genoux...

Dans le Journal du marquis de Dangeau, tu auras tous les détails du voyage du tsar Pierre le Grand en France. C'est disponible en version numérique. Tu vas sur Gallica ou Archive.org. Bonne lecture.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 1 Fév - 10:35

Le Traité de Commerce Franco-Anglais

ou

Comment naquit l'Europe du libre-échange



Un Traité négocié par Gérard de Rayneval, pour la France et sir William Eden, pour l'Angleterre.


La délégation française comptait aussi Du Pont de Nemours et Boyetet, l'un partisan du libre échangisme et l'autre du protectionnisme.
Aussi, ce traité n'est-il pas complètement un traité de libre-échange. Il abroge le régime prohibitif qui présidait aux relations commerciales entre les deux pays, mas conservait encore un caractère protectionniste indéniable. Il inagura toutefois, pour les deux pays, un régime libéral économique et les tarifs douaniers furent abaissés des deux côtés de la Manche pour un grand nombre de produits.

L'Angleterre, alors en pleine révolution industrielles, cherchait des débouchés nouveaux pour son industrie. Surtout après la destruction de son monopole commercial dans ses ex-colonies d'Amérique.
La guerre d'indépendance américaine avait lourdement accru la dette anglaise et pour y faire face, le Premier Ministre William Pitt avait opéré sa grande réforme financière : en étendant le système de l'accise et se disposa, par suite, à abaisser les droits d'importation sur les marchandises de consommation courante. Il était donc équitable qu'il demandât à la France un abaissement des mêmes droits sur les produits anglais.
William Pitt avait plus à y gagner qu'à perdre, du reste, dans ce deal : en effet, une enquête diligentée par ses soins, lui avait révélée que la supériorité industrielle de l'Angleterre sur la France mettait son pays à l'abri d'une crise, et ce malgré l'ouverture du marché britannique aux produits français.

De leur côté, les ministres français voulaient assurer des débouchés aux produits agricoles de France, et ils pensaient sincèrement que l'industrie français aurait tout à gagner à être ainsi stimulées par la concurrence. En outre, ils étaient convaincus que par le commerce, ils assureraient enfin, et pour longtemps, une paix avec l'Angleterre.

Le problème, c'est que Rayneval, parti négocier ce traité, ne fut pas à la hauteur de sa tâche.

En revanche, William Eden, lui, était parfaitement renseigné sur les intérêts de l'industrie anglaise et bien documenté sur l'état économique réel de la France et il obtint au-delà de tout ce qu'il pouvait espérer.
Les protestations contre cet accord bilatéral furent plus nombreuses en France qu'en Angleterre : elles vinrent surtout des provinces industrielles sacrifiées (Flandre, Normandie, Picardie, Champagne).

En fait, la France n'était pas prête économiquement à rivaliser avec l'Angleterre. Le traité de 1786, s'il constitua néanmoins une innovation intéressante en matière d'échanges internationaux, contribua à aggraver la crise industrielle de 1788 en augmentant dle chômage et la misère.
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MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 18 Avr - 9:20

Qui était le marquis de Sade ?



Donatien-Alphonse-François de Sade naît à Paris le 2 juin 1740.

Il est le descendant d'une vieille et prestigieuse famille de l'aristocratie de Provence. A 14 ans, il entre dans une école militaire réservée aux fils de la plus ancienne noblesse et, sous-lieutenant un an plus tard, participe à la guerre de Sept ans contre la Prusse.


Il y brille par son courage, mais aussi par son goût pour la débauche.

Revenu, en 1763, avec le grade de capitaine, il fréquente les actrices de théâtre et les courtisanes. Son père, pour y mettre fin, cherche à le marier au plus vite.

Le 17 mai 1763, il épouse Mlle de Montreuil, de noblesse récente, mais fortunée. Il ne s'en assagit pas pour autant et fait, dans la même année, son premier séjour en prison pour « débauches outrées ».

En 1768, il est à nouveau incarcéré six mois pour avoir enlevé et torturé une passante.

Il donne fêtes et bals dans son domaine provençal de La Coste, voyage en Italie, notamment avec sa belle-sœur, dont il s'est épris.

A Marseille, en 1772, il est accusé d'empoisonnement (il avait en fait distribué, lors d'une orgie, des dragées aphrodisiaques à quatre prostituées qui avaient rendu malade l'une d'entre elles) et doit s'enfuir en Savoie.


Condamné à mort par contumace, il est arrêté, s'évade, puis cinq ans plus tard (au cours desquels il alterne voyages et scandales), il est arrêté à Paris où il était venu régler ses affaires à la suite du décès de sa mère.

Malgré les interventions de sa femme, il va passer cinq années dans le donjon de Vincennes, écrivant pièces de théâtre et romans pour tromper son ennui, avant d'être transféré à la Bastille où il commence la rédaction des Cent vingt journées de Sodome (1785) puis, deux ans plus tard, Les infortunes de la vertu et Aline et Valcour.

En juillet 1789, dix jours avant la prise de la bastille, il est transféré à Charenton, dans un asile de fous.

Il recouvre la liberté, accordée à toutes les victimes de lettres de cachet, en 1790.

Sa femme, lasse de ses violences, obtient la séparation.

il cherche à faire jouer ses pièces, se lie avec une jeune actrice, Marie Constance Quesnet, qui lui restera fidèle jusqu'au bout.

Justine ou les malheurs de la vertu est publié - anonymement - en 1791.

Fin 1793, il est arrêté et condamné à mort.

Oublié dans sa geôle à la suite d'une erreur administrative, il échappe à la guillotine et est libéré en octobre 1794.

Vivant chichement - ses seuls revenus sont ses écrits - il publie en 1795 La philosophie dans le boudoir, Aline et Valcour, La nouvelle Justine et Juliette (Justine et Juliette sont deux sœurs, l'une incarnant la vertu, l'autre le vice, qui subissent des aventures où la luxure le dispute à la cruauté).

La presse l'accuse d'être l'auteur de " l'infâme roman" Justine. Il s'en défend maladroitement. En 1801, la police saisit ses ouvrages chez son imprimeur.


On ne lui pardonne pas sa violence érotique, son "délire du vice", sa pornographie.

Sans jugement, par simple décision administrative, il est enfermé dans l'asile de fous de Charenton.

Il va, qualifié de "fou" mais parfaitement lucide, malgré ses suppliques et ses protestations, y mourir le 1er décembre 1814 sans jamais retrouver la liberté.

Cet esprit libre, sur ses 74 années de sa vie, en aura passé 30 en prison.
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