AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 XVIIème ET XVIIIème SIECLES

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Voyageur Solitaire
Admin


Masculin Messages : 5717
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Anywhere out of the world...
Emploi/loisirs : Tout, passionément...
Humeur : A décidé de ne plus s'inquiéter.

MessageSujet: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Sam 16 Juin - 11:04



Arpentez les allées des jardins de Versailles et sauvez votre tête dans l'affaire des poisons ou lors de la révocation de l'Edit de Nantes. Passez au siècle des lumières, bavardez avec les philosophes et assistez à la naissance des Etats- Unis d'Amérique avant de plonger dans les ombres de la Révolution.

Un personnage étonnant, connu et méconnu à la fois et qui fût, on l'oublie souvent, un efficace serviteur de la France : le chevalier d'Eon.

Né en 1728, cet aventurier et "agent secret" de Louis XV est connu pour avoir arpenté l'Europe tantôt en homme, tantôt en femme. Essayons d'y voir plus clair... Il était sans doute prédestiné puisqu'il s'apellait Charles Geneviève d'Eon... C'était un homme androgyne, de carrure étroite, imberbe et peu musclé, les traits fins et délicats, la voix douce. Celà ne l'empêchait pas d'être un guerrier : il faisait partie des Dragons, une unité d'élite et se battît bravement sur de nombreux champs de bataille. Tout commence un soir où il se rend à un bal avec des amis qui lui proposent (pour rire) de se déguiser en femme. D'Eon accepte et celà réussit au-delà de toutes les espérances, l'illusion est parfaite. Seulement, ce soir là, Louis XV en personne est présent et ne reste pas insensible aux charmes de la "dame"... Un peu trop pressé par le roi, d'Eon révèle la supercherie. Surpris, Louis XV se renseigne sur lui et, au vu de ses excellents états de service, lui propose de travailler pour lui, d'être son agent, mais déguisé en femme pour ne pas attirer l'attention. D'Eon accepte... et c'est le début d'une vie incroyable et mouvementée, pleine de rebondissements, où le chevalier parcourt l'Europe, tantôt en homme, tantôt en femme, chevalier/chevalière brouillant les pistes. Mais à jouer avec le feu, on finit par se brûler... D'Eon se voit courtisé par des hommes et le célèbre auteur Beaumarchais lui propose même le mariage ! D'autres hésitent : homme, femme ? Les deux ? Toute l'Europe s'interroge sur cet étrange personnage, on engage des paris énormes sur son sexe. Mais bientôt, la situation devient critique : de mission en Angleterre, le chevalier se retrouve en situation "compromettante". Le gouvernement de Louis XVI le presse de rentrer, mais le chevalier (qui ne travaille pas gratis) négocie âprement une rente conséquente pour ses services. Il a un atout majeur en main : la correspondance secrète échangée entre lui et Louis XV, un véritable "secret d'état". Louis XVI cède et préférant faire ses valises, le chevalier rentre en France où une mauvaise surprise l'attend : il reçoit l'ordre de s'habiller et se comporter en femme définitivement, afin de mettre fin aux spéculations. Et c'est ainsi que, comme l'a dit avec humour un historien, "après avoir été quarante-neuf ans un homme trépidant, il fût pendant trente-trois ans une femme charmante". D'Eon se retira sur ses terres, Louis XVI lui fît faire un trousseau complet et Marie Antoinette lui offrît un éventail. Pour le reste de sa vie, il vécut et se comporta en femme. Il retourna en Angleterre, se battant encore en duel à l'âge de 68 ans, habillé en femme. A sa mort, en 1810, ceux qui procédèrent à sa dernière toilette confirmèrent qu'il s'agissait bien d'un homme "parfaitement constitué". Un groupe de médecins confirma officiellement. Il repose au cimetière de la paroisse de saint Pancrace, dans le Middlesex (ça ne s'invente pas !).

Les historiens se déchirent depuis longtemps sur ce personnage ambigü et dérangeant, sur ses moeurs, sa sexualité (hétéro, homo, bisexuel, impuissant ?), son goût pour le travestissement. Le faisait-il par obligation, pour son "travail" ou y éprouvait-il du plaisir ? Pour certains, il pouvait être atteint d'énonisme, le besoin irrépressible pour un homme d'adopter les vêtements et le comportement d'une femme sans pour autant être homosexuel. Ce qui est certain, c'est qu'au-delà de sa vie rocambolesque et des anecdotes scabreuses, le chevalier/chevalière d'Eon fût un efficace, dévoué et fidèle serviteur du royaume. Pour l'anecdote, Mylène Farmer lui fait un clin d'oeil dans sa chanson "sans contrefaçon" : "un mouchoir au creux du pantalon, je suis chevalier d'Eon...". Il a également inspiré le manga japonais "la rose de Versailles" qui a donné le fameux dessin animé "Lady Oscar".


Dernière édition par Voyageur Solitaire le Jeu 3 Jan - 11:38, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Sam 3 Jan - 15:26


UNE REINE COMPLEXE : MARIE DE MEDICIS

La fille du grand-duc de Toscane, devint reine de France par son mariage avec Henri IV, en 1600.

Mais cette Italienne prétentieuse et sans grâce, n'avait rien pour séduire le Vert-Galant, à peine libéré des griffes de la reine Margot, et les époux devinrent très vite de farouches ennemis, malgré la naissance de six enfants.

A-t-elle joué, comme on l'a dit, un rôle caché dans l'assassinat du roi commis par Ravaillac ? Rien ne le prouve de manière formelle. En 1610, elle est cependant nommée régente du royaume pendant la minorité de son jeune fils, Louis XIII. Passive, entièrement dominée par ses favoris, le duc d'Epernon, Leonora Galigaï, Concini, tiraillée entre les exigences des Grands, Marie de Médicis se rendit bientôt très impopulaire. Sa régence fut pour la France une période agitée, marquée par l'influence croissance de Concini, devenu maréchal d'Ancre, et celle du cardinal de Richelieu, qui sut habilement flatter l'orgueil de la reine.

En 1617, Louis XIII, alors âgé de 16 ans, se révolte contre sa mère et fait abattre Concini, mettant ainsi un terme à la régence. Exilée à Blois, Marie ne parvint à se réconcilier avec son fils et à regagner la cour qu'au bout de trois ans, grâce à l'intrigant Richelieu.
Mais très vite, elle se remit à détester le cardinal, dont la faveur grandit de jour en jour. Conspirant contre lui, elle tenta vainement de le faire disgracier, lors de la fameuse journée des Dupes (1630).

Elle dut s'enfuir à Bruxelles, puis de là gagna Cologne, où elle mourut enfin, quelques mois avant le cardinal, sans jamais avoir revu la France.


On lui doit le Palais du Luxembourg à Paris, là où est installé aujourd'hui le Sénat. Construit sur les plans de Salomon de Brosse et d'après la conception architecturale du Palais Pitti à Florence. Pour la décoration des galeries bordant la cour, la reine fit appel à Rubens.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 7 Jan - 23:52


LOUIS XIII, UN SOUVERAIN PAS SI INDOLENT

On a longtemps admis que Louis XIII, prince sans volonté, subissait l'ascendant de Richelieu, son premier ministre, sans jamais lui témoigner la moindre sympathie.
C'est là une opinion démentie par les faits et l'étude de documents.
Louis XIII, qui se souvenait du rôle jouer par le cardinal du temps où il était encore évêque de Luçon au moment des démêlés avec sa mère Marie de Médicis, ne l'accueillit d'abord qu'avec défiance en son conseil.
Ses sentiments furent tout autres à partir du jour où il eut apprécié son premier ministre.

Louis XIII ne fut ni passif, ni indolent ou résigné à la domination de Richelieu; il fut, au contraire, un prince actif, adonné aux fougueux exercices du corps, excellent soldat, maître de lui-même, ayant une volonté personnelle, appliqué aux affaires et collaborant avec le cardinal à une tâche dont il comprenait la grandeur, lui donnant plus d'une fois des ordres et n'étant pas toujours de son avis.
Si Louis XIII n'avait pas approuvé dans son ensemble la politique de Richelieu, comment aurait-il résisté si longtemps à la pression de sa mère, mais aussi de son épouse Anne d'Autriche, de son frère Gaston d'Orléans, enfin de toute cette noblesse orgueilleuse et frondeuse qui ne cessait de réclamer le renvoi du ministre ?
Qui pourra jamais dire la part qui revient au roi dans les décisions exécutées par Richelieu et qui ont largement anticipé et préparé la monarchie absolue ?

Louis XIII sut s'effacer volontairement, peut-être parce qu'il jugeait plus habile de mettre en avant son ministre, mais il comprenait toute l'importance d'une administration et d'une diplomatie auquelles il prêta son appui le plus conscient et le plus énergique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
cdang



Masculin Messages : 881
Date d'inscription : 15/10/2014
Localisation : Le Havre (76)

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 8 Jan - 10:27

Moi qui croyais que le style hippie était né aux US dans les années 1960…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 8 Jan - 13:11


RICHELIEU OU LA GRANDEUR DE LA FRANCE

A la fin du moyen âge, l'Italie et l'Empire tenaient le premier rang dans l'histoire du monde.
Au milieu du XVIe siècle, ce fut au tour de l'Espagne.
C'est grâce au cardinal de Richelieu si, à partir du XVIIe siècle, la France, rendue forte à l'intérieur, supplanta la maison d'Autriche dans l'hégémonie de l'Europe.

Richelieu, homme de foi, cardinal, fut aussi un grand diplomate, un grand tacticien et un ami de l'ordre.
Il réalisa les ambitions d'Henri IV et prépara la politique de Louis XIV.
Il releva la France des troubles qui l'avaient ruinée pendant près de trente ans, il la fortifia par tous les moyens de l'autorité royale.
Les protestants, s'appuyant sur l'édit de Nantes de 1598, s'étaient arrogés des droits qui menaçaient l'ordre politique et la cohésion du royaume : il les soumit.
Les grands prétendaient braver la couronne : Richelieu envoya à l'échafaud les plus compromis, fit raser les forteresses féodales et supprima les grandes charges militaires.
Il réduisit au silence les Parlements.
Il augmenta le nombre des intendants pour réduire la puissance des gouverneurs.

S'il engagea la France dans la voie de la guerre contre l'Espagne et l'Autriche, c'était pour éviter le retour des dangers qui avaient courus au temps de Charles Quint.
Il desserra l'étau des Habsbourgs au nord, au sud et à l'est et fonda la situation diplomatique de la France en Europe.
Il dota la France d'une Marine qui fit ses premières armes au siège de La Rochelle et qui put, sans problème, rivaliser avec les galères espagnoles au cours de la guerre de Trente Ans.
Il favorisa enfin, toujours au nom de la grandeur de la France, l'expansion coloniale.

Certes, cette politique ambitieuse se paya au prix fort : on l'accusa d'autoritarisme, d'orgueil, d'avoir été vindicatif, violent, impitoyable... mais la raison d'Etat n'aurait jamais su souffrir aucune faiblesse pour réussir et donner un destin à la France. Il fallait pour cela user de tous les moyens pour abattre la domination espagnole, réduire à néant les intérêts personnels des grands et des protestants. Les ennemis de la France étaient puissants, il fallait être plus durs qu'eux.
En entourant la royauté d'institutions qui contre-balançaient la toute-puissance du souverain, il prévint à l'avenir toute velléité de despotisme et de révolutions violentes pour près d'un siècle.

Incontestablement, par son oeuvre, Richelieu mérite plus que jamais de figurer au panthéon des grands hommes qui ont construit la France et d'être un modèle pour tous les hommes politiques actuels.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Voyageur Solitaire
Admin


Masculin Messages : 5717
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Anywhere out of the world...
Emploi/loisirs : Tout, passionément...
Humeur : A décidé de ne plus s'inquiéter.

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 8 Jan - 16:41

Pour en revenir à Louis XIII, il est malheureusement coincé entre ses flamboyants prédécesseurs, son père Henri IV et son fils Louis XIV. En ajoutant un ministre génial, Richelieu, pas évident. Son caractère n'aidait pas non plus : renfermé, secret, solitaire et taciturne. L'assassinat de son père, qu'il adorait, l'a profondément marqué, il n'avait guère de liens avec sa mère, encore moins avec son frère et ses relations avec sa femme ne seront guère affectueuses non plus.

Il fût pourtant assidu à sa tâche, attaché au renforcement de l'autorité royale et au prestige de la France. Et non, Richelieu ne faisait pas de lui ce qu'il voulait. Enfin, on oublie souvent que bien que de santé fragile et souvent malade, il fût un homme de guerre adoré de ses soldats, n'hésitant pas à être présent en première ligne.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 8 Jan - 17:42

Voyageur Solitaire a écrit:


Il fût pourtant assidu à sa tâche, attaché au renforcement de l'autorité royale et au prestige de la France. Et non, Richelieu ne faisait pas de lui ce qu'il voulait. Enfin, on oublie souvent que bien que de santé fragile et souvent malade, il fût un homme de guerre adoré de ses soldats, n'hésitant pas à être présent en première ligne.

L'image du roi taciturne et indolent qui colle à Louis XIII vient d'Alexandre Dumas, en fait.

Les Trois Mousquetaires, c'est un très bon roman d'aventures, un grand classique de la littérature française, mais quand même bourré d'erreurs et d'approximations sur le plan historique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 22 Jan - 0:07


2 octobre 1614 : LOUIS XIII SE DECLARE MAJEUR... ET RETOURNE S'AMUSER AVEC SES JOUETS...

Nous sommes le jeudi 2 octobre 1614, le jeune roi Louis XIII vient d'avoir 14 ans et comme le veut la tradition, il doit se rendre au parlement pour y prononcer son discours de majorité.
La veille au soir, il avait adressé ses voeux à Notre-Dame-des-Vertus pour qu'elle lui accorde la force de ne point défaillir lorsque viendrait ce moment si redouté, lui qui est d'un naturel si timide. Il se rendit au parlement à cheval et là, devant cette haute assemblée, il énonca son discours, nettement, calmement et sans bégayer :

"Messieurs, dit-il, étant parvenu à l'âge de majorité, par la grâce de Dieu, j'ai voulu venir en ce lieu pour vous faire entendre qu'étant majeur, comme je suis, j'entends gouverner mon royaume par bon conseil, avec piété et justice.
J'attends de tous mes sujets le respect et l'obéissance qui est due à la puissance souveraine et à l'autorité royale que Dieu m'a mise en main. Ils doivent aussi espérer de moi la protection et les grâces qu'on peut attendre d'un bon Roi qui affectionne sur toutes choses leur bien et repos ; vous entendrez plus amplement quelle est mon intention par ce que vous dira monsieur le chancelier
."

Il s'adressa ensuite à sa jeune reine, Anne d'Autriche : "Madame, je vous remercie de tant de peine que vous avez prise pour moi ; je vous prie de continuer et de gouverner et commander comme vous avez fait par ci-devant. Je veux et entends que vous soyez obéie en tout et partout, et qu'après moi et en mon absence, vous soyez chef de mon conseil."

Puis, Louis XIII s'en retourna au Louvre dans son carrosse, il était trois heure et demie de l'après-midi.

Il veut alors se coucher, sans dîner. Mis au lit, il se fit apporter ses petits jouets et s'amusa.

Majeur... mais n'en reste pas moins encore un enfant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Dim 1 Fév - 2:28


LES SOUPERS DU PALAIS ROYAL - REGENCE, FÊTES & PLAISIRS

Rarement, au cours de l'histoire de France, les moeurs ne furent plus dissolues que sous la Régence (1715-1723), et ceux qui avaient en mains les rênes du pouvoir furent les premiers à donner l'exemple du vice.


Le Régent lui-même, Philippe d'Orléans, appelait roués ses compagnons de plaisir. En effet, ceux-ci étaient, par leur débauche et leur immoralité, dignes du supplice de la roue. Se montrer ivre en public, c'était faire sa cour au Palais-Royal et au Luxembourg, où la fille bien-aimée du Régent, la veuve du duc de Berry, se piquait d'imiter les orgies paternelles.
Ainsi, les petits soupers du Palais-Royal, résidence du Régent, acquirent la plus honteuse célébrité. "On y buvait, raconte Saint-Simon, on s'échauffait à dire des ordures à gorge déployée et des impiétés à qui mieux mieux; et quand on avait bien fait du bruit et qu'on était bien ivre, on allait se coucher pour recommencer le lendemain."

Là se réunissait tout le gratin mondain de l'époque : Brancas - la Caillette gaie; Canillac - la Caillette triste; le cardinal Dubois, Noailles, Noce, Fargis, la Fare, le poupart de la princesse de Conti, de Broglie, Simiane, Biron, Mme de Parabère - le "Petit Corbeau Noir" du Régent - Mme de Sabran, surnommée l'Aloyau (qui devait être un sacré morceau) et encore Mesdames d'Averne, de Sessac, de Verrue, du Deffand, de Flavacourt, la duchesse de Fallary - que l'on surnommait la "Ninon du XVIIIe siècle" - et sans parler des célébrités de l'Opéra.

Ces années folles du XVIIIe siècle virent ressurgir les tendances d'immoralité et de libertinage que l'austérité d'un Louis XIV vieilli et la dévotion de Mme de Maintenon avaient un moment comprimées.

Paris chansonne alors les roués, mais il les imite; et le duc d'Orléans fut indéniablement plus populaire que le feu Roi.

Les "Lettres Persanes" de Montesquieu, parues en 1721, sont une peinture à peu près fidèle du milieu social de cette époque, et en même temps font ressortir nettement l'audace des jugements que l'on tolère, six ans après la mort du Grand Roi.

La Régence est le véritable début des Lumières. Elle fut aussi le premier symptôme du déséquilibre moral et social qui, à terme, contribuera à déterminer la Révolution...

Elle fut aussi le premier symptôme du déséquilibre moral et social qui, à terme, contribuera à déterminer la Révolution...

Mais, en attendant cette heure fatidique... QUE LA FÊTE COMMENCE ! cheers

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Voyageur Solitaire
Admin


Masculin Messages : 5717
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Anywhere out of the world...
Emploi/loisirs : Tout, passionément...
Humeur : A décidé de ne plus s'inquiéter.

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Dim 1 Fév - 16:54

La Régence fût un peu "Les Années Folles" du XVIIIème : huit années de fêtes, de plaisirs et d'amusement pour oublier la sévérité imposée par la très coincée Madame de Maintenon et l'ambiance mortifère de Versailles, touché par une succession de deuils dans la famille royale, à la mort de Louis XIV.
Philippe d'Orléans était brillant, intelligent et cultivé, mais libertin et fou de fêtes, de plaisirs. On parlait d'orgies, on l'accusa même d'une relation incestueuse avec sa fille qu'il adorait. Voltaire donna là-dessus une pièce de théâtre où les allusions à cette rumeur étaient transparentes. Le Régent y assista et tout le monde dans la salle guettait sa réaction. A la fin, il applaudit comme tout le monde. "Certaines choses viennent de trop bas pour être prises de haut" aurait-il dit à ses amis en quittant sa loge.

Ces années folles eurent même leur Krack boursier. Pour remplir les caisses, le Régent avait fait appel à l'aventurier John Law. Ce dernier fût à l'origine des premières actions, des participations à une Compagnie, que l'on achetait pour les revendre 10 fois, 100 fois plus chères à d'autres. Ce fût l'émeute rue Quincampoix où se trouvaient les bureaux de Law, la spéculation s'envola, des fortunes colossales s'édifièrent en quelques heures. D'après l'avocat Barbier, on vit des valets arriver avec leur maître le matin et repartir en carosse l'après-midi...
Il y eût aussi ce fameux bossu qui inspira le film du même nom, Le Bossu, avec Jean Marais. "Ma bosse porte chance !" disait-il et les gens signaient les papiers sur sa bosse, s'en servant comme écritoire.

La suite se devine aisément : la bulle éclata. Certains, prudents et peu confiants devant cette monnaie de papier, vînrent réclamer l'équivalent de leurs actions en espèces sonnantes et trébuchantes. Le duc de Bourbon serait reparti avec des millions dans son carosse. Ce fût la panique, tout le monde se précipita pour retirer ses billes mais bien sûr, comme on avait émis plus d'actions qu'il n'y avait d'argent pour les garantir... Le système de Law, première ébauche de système boursier en France s'effondra en 1720. Un système qui ruina 10% de la population du royaume mais qui permît de sauver les finances publiques. Law dût fuir et se réfugia à Venise.

Casanova sera plus heureux des années plus tard en créant, grâce à l'appui de Madame de Pompadour, la Loterie Royale qui permettait, là aussi, de faire rentrer de l'argent dans les caisses. Les mises des joueurs allaient directement au Trésor.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Dim 1 Fév - 20:33

Voyageur Solitaire a écrit:
A la fin, il applaudit comme tout le monde. "Certaines choses viennent de trop bas pour être prises de haut" aurait-il dit à ses amis en quittant sa loge.

Belle réaction. Et magnifique réplique, très digne.

Voltaire avait peut-être un talent d'écrivain indéniable, mais c'était vraiment une belle m.... Il ne reculait vraiment devant rien pour se faire sa pub, celui-là, quitte à accuser un père de coucher avec sa fille... quel connard ! Evil or Very Mad

Citation :
Ces années folles eurent même leur Krack boursier. Pour remplir les caisses, le Régent avait fait appel à l'aventurier John Law. Ce dernier fût à l'origine des premières actions, des participations à une Compagnie, que l'on achetait pour les revendre 10 fois, 100 fois plus chères à d'autres. Ce fût l'émeute rue Quincampoix où se trouvaient les bureaux de Law, la spéculation s'envola, des fortunes colossales s'édifièrent en quelques heures. D'après l'avocat Barbier, on vit des valets arriver avec leur maître le matin et repartir en carosse l'après-midi...

Pourtant les idées de Law étaient vraiment très avancées pour son époque. Pour lui, la richesse des Etats était relative à l'abondance de numéraire. Il partait d'un constat simple : que manque-t-il au propriétaire pour défricher ses terrains, au manufacturier pour multiplier ses métiers, au négociant pour étendre ses spéculations ? Des avances, soit du numéraire. Du numéraire pour payer la main d'oeuvre et les matières premières.

Avec quelques millions en plus, pensait-il, on aurait de quoi payer les ouvriers pour éviter qu'ils s'expatrient, on les fixaient sur le sol de leur pays en leur procurant les outils nécessaires à leur travail.

Le problème, c'est que les gens qui ont contribué à son initiative, ont confondu la spéculation avec un casino.

C'est dommage, parce que l'idée en soi était innovante et aurait pu faire prendre de l'avance à la France en matière économique.


En tout cas, moi j'aime bien la Régence. Pour son ambiance, son côté fête permanente, salons, plaisirs, etc. C'est vrai que c'était un relâchement après la pression de la fin du règne précédent.
La France retrouvait les fastes de l'Ile Enchantée, elle retrouvait même un peu la grandeur des débuts de Louis XIV.
On y dansait, on discutait, on s'enivrait, oui, c'est vrai... mais c'était toujours avec élégance.

J'aurais aimé vivre cette période.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Voyageur Solitaire
Admin


Masculin Messages : 5717
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Anywhere out of the world...
Emploi/loisirs : Tout, passionément...
Humeur : A décidé de ne plus s'inquiéter.

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Lun 2 Fév - 17:00

La Régence fût une revanche pour Paris : en s'installant au Palais Royal, Philippe d'Orléans fît revenir nobles dames et grands seigneurs dans la capitale, délaissant Versailles, devenu un mausolée ennuyeux et endeuillé. La capitale se couvrît d'hôtels particuliers, de "folies", ces petites maisons de plaisance, on y donna des fêtes, les théâtres, les opéras, les cafés étaient pleins à craquer... Paris était devenu "Le grand café de l'Europe".
A la mort du Régent, en 1723, Louis XV devenu majeur entretemps regagna Versailles et y ramena la cour auprès de lui, redonnant tout son lustre au grand château.

Le système de Law était trop novateur pour l'époque, la mentalité française n'était pas prête pour ce genre de chose. Et c'était fait de manière trop précipitée, trop brouillonne, les bases n'étaient pas solides. Law ne sût pas gérer et maîtriser l'emballement de la machine et tout s'effondra comme un château de cartes.
Une minorité réussît néanmoins à se tailler des fortunes colossales en quelques jours. Ces "nouveaux riches", partis de rien, ne tardèrent pas à s'acheter un titre de baron, de comte ou de marquis, des armoiries, et à marier leurs filles, richement dotées, dans la haute noblesse.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Lun 2 Fév - 18:04

Voyageur Solitaire a écrit:

Une minorité réussît néanmoins à se tailler des fortunes colossales en quelques jours. Ces "nouveaux riches", partis de rien, ne tardèrent pas à s'acheter un titre de baron, de comte ou de marquis, des armoiries, et à marier leurs filles, richement dotées, dans la haute noblesse.

L'expérience a profité à la bourgeoisie, alors en pleine ascension, et contribué, un peu plus, au déclin de la noblesse...

La suite du XVIIIe siècle jusqu'à la Révolution, ne sera que cela.

Et pas qu'en France. On verra le même phénomène en Europe, et même au-delà, puisque la formation des USA c'est un projet libéral des marchands bostoniens à la base... bref, une classe chasse l'autre.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Voyageur Solitaire
Admin


Masculin Messages : 5717
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Anywhere out of the world...
Emploi/loisirs : Tout, passionément...
Humeur : A décidé de ne plus s'inquiéter.

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Lun 2 Fév - 18:29

Le XVIIIème n'est qu'une lente érosion de la noblesse : retirés à la cour, loin de leurs domaines, ces marquis poudrés et parfumés n'ont plus grand chose à voir avec leurs ancêtres farouches et batailleurs. Ils ne sont plus qu'une classe "parasite", qui capte encore tous les privilèges et honneurs alors qu'elle ne produit plus rien ou presque.

Le XVIIIème est l'ascension irrésistible de la bourgeoisie, c'est à dire du monde de l'argent : négociants, financiers, armateurs, grands patrons de fabriques, banquiers... Par leur commerce, leurs affaires et activités, ils créent des emplois, de la richesse, produisent, innovent...
L'époque est un tournant majeur. Le monde féodal, basé sur les armes et la terre s'efface devant le monde du négoce et de l'argent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 3 Fév - 13:17


Qui était vraiment la comtesse Jeanne du Barry, dernière favorite de Louis XV ?

Elle fut, après le duc d'Aiguillon, une des dernières cibles à abattre pour le Parlement dans sa lutte l'opposant à la monarchie.
La comtesse du Barry fut choisie officiellement comme favorite en 1768.
Tout le portrait opposé de La Pompadour et, bien entendu parce qu'elle n'appartenait pas à la secte des "Philosophes", elle fut l'objet de toutes les calomnies et de pamphlets les plus injurieux circulant dans Paris.

Mais qui est vraiment cette Du Barry si détestée en son temps ?

Elle naquit à Vaucouleurs le 19 août 1943. De son vrai nom Jeanne Bécu-Quantigny, elle est la fille naturelle d'une mère aux moeurs légères. Celle-ci venue à Paris avec elle, épousa un garde-magasin, Nicolas Rançon, qui mit la petite Jeanne en pension chez les dames de Sainte-Aure.
Elle sortit du couvent à 15 ans pour entrer comme demoiselle de compagnie chez une vieille dame, Mme de Delay de la Garde, chez qui elle ne fut pas heureuse et finit par se faire chasser.

Elle fut dès lors employée par un marchand de modes de la rue Neuve-des-Petits-Champs.

C'était une jeune fille plutôt mignonne, "grande et bien faite, nous dit le Prince de Ligne dans ses Souvenirs, blonde à ravir, front dégagé, beaux yeux, sourcils à l'avenant, visage ovale avec de petits signes sur les joues pour le rendre piquant comme pas d'autres, nez aquilin, bouche au rire leste, peau fine".

Sa beauté et sa tournure agréable ne manquèrent pas d'attirer les regards des gentilshommes. L'un en particulier : le comte Jean du Barry, qui se lia d'amitié avec elle, et dont elle épousa le frère, Guillaume, en 1768.

Dans son contrat de mariage, sa mère est qualifiée de veuve du sieur Jean-Jacques Gomard de Vaubernier, intéressé aux affaires du Roi. Voilà donc notre petite roturière légitimée.
C'est donc dans un carrosse armoirié qu'elle se rendit à Versailles pour y être officiellement présentée.


Louis XV, bien qu'approchant la soixantaine, toujours vigoureux et encore bel homme, ne manqua pas de répérer ce joli petit morceau de choix d'à peine 25 ans et comme il aimait bien la chair fraîche, il n'hésita pas, peu après, à l'avouer publiquement comme sa nouvelle favorite.

Elle eut, dès ce moment, un entourage de courtisans, parmi lesquels le prince de Ligne et le duc de Richelieu, dont elle sera l'instrument contre Choiseul et ces messieurs du Parlement.


Elle reçoit de son royal amant la terre de Louveciennes, est invitée à Chantilly par les Condé, intervient dans les affaires du gouvernement, n'hésitant pas à prendre parti pour le duc d'Aiguillon, avant de faire échouer les projets de Choiseul contre l'Angleterre, contribuant ainsi à sa disgrâce auprès du Roi (1770).

Les magistrats du Parlement n'oublieront pas... et s'acharneront dès lors contre elle, en organisant une campagne de pamphlets violents popularisant ainsi la "légende ordurière" de la Du Barry.

Cette femme, pourtant bien éduquée et intelligente, était d'une compagnie recherchée par les gens de lettres et les artistes qui n'avaient de cesse de louer son bel esprit et sa conversation charmante.
Toujours élégante, parée de rares bijoux, elle ne détonnait pas à la Cour : elle s'était affinée par la fréquentation des gentilshommes de grande vie, de gens de lettres, d'académiciens de belle humeur, très à son aise dans son rôle de femme de Cour. Gaie, frivole, aimant la vie tout simplement, mais surtout compatissant et incapable de haïr, elle fut, bien malgré elle au fond, qu'un instrument de domination entre les mains d'un parti politique.

Talleyrand l'a ainsi comparée à la Pompadour sans ses Mémoires :

"Quoique Mme de Pompadour eût été élevée et eût vécu dans la société financière de Paris, qui était assez distinguée alors, elle avait mauvais ton, des manières de parler vulgaires, dont elle n'avait pu se corriger même à Versailles. Elle différait en tout point de Mme du Barry qui, moins bien élevée, était parvenue à avoir un langage assez pur.
Mme du Barry avait les yeux moins grands, mais ils étaient spirituels, son visage était bien fait et ses cheveux étaient de la plus grande beauté ; elle aimait à parler et elle avait attrapé l'art de conter assez gaiement
."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Voyageur Solitaire
Admin


Masculin Messages : 5717
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Anywhere out of the world...
Emploi/loisirs : Tout, passionément...
Humeur : A décidé de ne plus s'inquiéter.

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 3 Fév - 17:26

La du Barry a souffert d'une légende noire dont elle commence à peine à émerger et qui en a fait une vulgaire putain, volontiers grossière et vulgaire.
On sait aujourd'hui qu'elle était passée par le couvent où elle avait reçu une éducation plus que convenable et qu'elle s'était rapidement policée et éduquée au contact des seigneurs qui fréquentaient son lit. Elle avait également du goût, comme en témoigne la décoration de ses appartements.
Elle n'était pas une Pompadour : la politique et les intrigues ne l'intéressaient pas, elle ne pensait qu'à profiter de tout ce luxe, ce faste, ces belles choses que le roi lui offrait. Louis XV était vieux, elle le savait et savait donc sa position fragile. Elle savait parfaitement qu'elle ne serait plus rien après sa mort, d'autant plus que Marie-Antoinette, future reine de France, la détestait.

Louis XV l'a sincèrement aimé et ce fût réciproque. Elle était avec lui désarmante de simplicité et de naturel, sans chichis ni flatteries. Quand il tomba malade, il la garda le plus longtemps possible auprès de lui. Elle le veillait pendant la nuit, assise à son chevet, le soutenait, s'efforçait de le distraire. Elle continua même en ayant appris la nature du mal : la variole était très contagieuse à l'époque et ne faisait pas de cadeaux. C'était la maladie "qui tue ou qui défigure." Malgré le risque de contagion, elle resta à ses côtés le plus longtemps possible. Se sachant condamné, Louis XV lui ordonna de partir, devant se mettre en règle avant sa confession. Il demanda au duc d'Aiguillon de la mettre en sécurité chez lui, à Reuil. Scène touchante : une fois confessé, le roi ordonna :
- Faîtes chercher Madame du Barry.
- Mais Sire, elle est partie.
- Ha, déjà...
Et il pleura.

A la mort du roi, Madame du Barry fût arrêtée à la demande de Marie-Antoinette, devenue reine de France. Elle séjourna un an dans une abbaye, puis fût autorisée à gagner le château de Louveciennes où elle s'établît, recevant tous les plus grands noms de Paris. Joseph II, empereur d'Autriche et frère de Marie-Antoinette, ira la voir lors de son voyage en France.
Lorsque la Révolution éclate, la du Barry prend parti pour cette monarchie qui lui a tout donné : elle prête de l'argent à des royalistes qui tentent de fuir, correspond avec d'autres à l'étranger, en reçoit chez elle...
Elle a une dernière et sincère histoire d'amour avec le duc de Brissac qui est massacré à Versailles en 1792. On joue aux quilles avec sa tête... Dénoncée, Madame du Barry est arrêtée, jugée et condamnée à mort. Elle est guillotinée le 8 décembre 1793. Terrorisée, on dût la traîner jusqu'à l'échafaud. Elle supplia :"Encore un instant monsieur le bourreau !" Au moment fatal, elle poussa un hurlement qui figea l'assistance et ne fût interrompu que par le couperet.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 3 Fév - 17:55

Voyageur Solitaire a écrit:

Lorsque la Révolution éclate, la du Barry prend parti pour cette monarchie qui lui a tout donné : elle prête de l'argent à des royalistes qui tentent de fuir, correspond avec d'autres à l'étranger, en reçoit chez elle...

Voilà ce que j'appelle une véritable patriote et martyre.

Il y a vingt ans, je n'aurais pas dit la même chose... j'aurais rangé la Du Barry dans le coin des "Aristos" et basta. Et puis, j'ai étudié l'histoire, j'ai lu d'autres livres que les manuels scolaires, j'ai eu des mémoires, des bulletins, des journaux et des lettres d'époque en main. Je me suis fait aussi ma propre opinion avec le temps.

Je reconnais : j'ai été, fût un temps, admiratif de la Révolution française... je le suis de moins en moins, aujourd'hui. J'ai dépuis compris certaines choses. Je reconnais toutefois qu'il y avait des tares dans le système, c'est vrai et qu'il fallait les corriger. Mais ça n'excuse pas les massacres de Septembre, l'attaque des Tuileries, la guillotine, les têtes coupées et tout ce sang versé au nom de cette "liberté" dont ils ont sali le nom.

Je comprends aujourd'hui que ceux que l'on nous présentait à l'école comme des "patriotes", des "héros du peuple" sont en réalité des petits arrivistes, opportunistes et bouffis d'orgueil, prêts à tout pour prendre des places qu'ils n'auraient jamais eu sans la Révolution. Tout simplement parce qu'ils étaient des ratés sans talent.

J'ai depuis une certaine estime pour tous ceux qui nous étaient présentés comme des "bourreaux", "despotes" ou "tyrans"... alors que c'étaient des victimes, pas autre chose. Les vrais tyrans, c'était bien ceux qui agissaient au nom de cette liberté dont ils souillaient l'étendard.

C'est cet extrait des Mémoires de Talleyrand que j'ai cité qui m'a, en vérité, amené à avoir un autre regard sur cette époque.

Et du coup, à voir autrement la vie de celles et ceux qu'on nous a toujours présentés comme les "méchants" de l'histoire...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Voyageur Solitaire
Admin


Masculin Messages : 5717
Date d'inscription : 07/01/2012
Localisation : Anywhere out of the world...
Emploi/loisirs : Tout, passionément...
Humeur : A décidé de ne plus s'inquiéter.

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 3 Fév - 18:56

Réduire la Révolution à une opposition "méchants aristos" contre "gentils patriotes" est grotesque. La vie est (heureusement) plus complexe que ça, il y a des salauds et des gentils partout, des lâches, des ordures et des pourris, des héros et des braves dans les deux camps.

Je ne suis pas loin de ton jugement : beaucoup de révolutionnaires n'ont fait que remplacer les abus de leurs prédécesseurs par leurs propres excès. La Révolution les a sauvé, elle a été pour nombre de ratés, d'avocaillons sans causes et de médiocres un formidable tremplin qu'ils n'auraient jamais eu en d'autres circonstances. Ils s'y sont rués "de toutes leurs dents" comme on disait pour Barras. Ceux qui se sont fait baiser en beauté, ce sont les premiers révolutionnaires, ceux qui, naïfs, y croyaient vraiment, voulaient vraiment changer les choses pour le bonheur des autres et qui se sont vite fait bouffer par les ogres révolutionnaires.
Ces derniers se sont de toutes façons tous bouffés entre eux : Hébert, Danton, Saint-Just, Robespierre, cette ordure de Fouquier-Tinville, Camille Desmoulins...
"Liberté ! Que de crimes on commet en ton nom !" (Madame Roland montant à l'échafaud).

Après, encore une fois, personne n'est tout blanc ou tout noir...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://les-terres-de-vs.forumgratuit.org
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 3 Fév - 20:17

Voyageur Solitaire a écrit:
Ceux qui se sont fait baiser en beauté, ce sont les premiers révolutionnaires, ceux qui, naïfs, y croyaient vraiment, voulaient vraiment changer les choses pour le bonheur des autres et qui se sont vite fait bouffer par les ogres révolutionnaires.

Et j'aurais été parmi ces naïfs... c'est pourquoi quand j'en parle, cela me touche d'autant plus que je sais que j'aurais fait partie des premiers à prêter serment dans la salle du Jeu de Paume.


Citation :
Ces derniers se sont de toutes façons tous bouffés entre eux : Hébert, Danton, Saint-Just, Robespierre, cette ordure de Fouquier-Tinville, Camille Desmoulins...

La Révolution est comme Saturne, elle dévore ses propres enfants. Mais je ne sais plus lequel qui a dit cela... scratch
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mar 3 Fév - 20:56


Comment n'en pas tomber amoureux au premier regard ?

Cette fille, c'était vraiment le "top" !

Oups, pas touche, Gorak... c'est la propriété du Roi, alors bas les pattes ! Laughing
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 4 Fév - 18:14

LA FRANCE, LE VRAI BERCEAU DU LIBERALISME


L'affirmation peut surprendre, et pourtant, se répandit en France, dans les deux décennies précédant la Révolution, une doctrine que l'on appela physiocratisme et que l'on peut considérer comme l'origine même du libéralisme.

Les physiocrates prétendent fonder le gouvernement des hommes sur la nature (physis, en grec). Nature considérée comme seule source du droit, de l'ordre et des lois.

1. Pour les Physiocrates, les sociétés doivent être gouvernées par un "ordre naturel" : ensemble de lois irrévocables qui "sont l'expression de la volonté de Dieu". Le bonheur des hommes dépend de l'observation de ces lois, d'où la célèbre formule : "Laissez-faire, laissez-passer" qui n'est pas d'Adam Smith, comme on pourrait le penser, mais de Vincent de Gournay (1712-1759), intendant du commerce.

Les valeurs économiques s'équilibrent par le simple jeu des lois naturelles, ainsi que la loi de l'offre et de la demande. L'Etat n'intervient que pour favoriser les relations commerciales.

2. L'agriculture est la seule productrice de richesses.

C'est du moins la théorie que défend François Quesnay (1694-1774) :


Ce fils de paysans, devenu le premier médecin de la Pompadour, avait vu de ses yeux les populations rurales aux prises avec les disettes et la liberté de commerce des grains lui était alors apparue comme le remède à un mal qu'aggravait encore la lourdeur de l'impôt.
Considérant le sol comme l'unique générateur de richesses, il formula la théorie du "produit net" dans laquelle il n'y a pas d'autre capital que le bénéfice net réalisé par les agriculteurs.
L'industrie ne fait que transformer, le commerce ne fait que faire circuler les produits du sol ; ils ne créent pas des échanges de matières qu'ils ont eux-mêmes produit. Leur rôle est complémentaire mais nécessaire : on ne doit pas les gêner par des barrières douanières, ni par des impôts, ceux-ci ne devant frapper uniquement la propriété foncière.

Dans la pratique, les physiocrates sont partisans du minimum de réglementation mais du maximum d'autorité.

Ils veulent un gouvernement sans contrepoids, un despotisme d'ordre naturel s'incarnant dans la personne du Roi.

Parmi les disciples de Quesnay, citons le marquis de Mirabeau, l'abbé Baudeau, Le Trosne, Lemercier et La Rivière. Dupont de Nemours, l'abbé Reynal, l'abbé Morellet et enfin Turgot qui put, en tant qu'intendant du Limousin, puis comme ministre, appliquer une partie des idées physiocratiques.

Adam Smith s'est beaucoup inspiré des Physiocrates et n'est donc pas vraiment le "père" du libéralisme, comme on a trop tendance à le croire.


Car, en vérité, c'est l'abbé Etienne Bonnot de Condillac qui formulera, un avant avant Smith, une doctrine économique libérale dans laquelle ce dernier va presque tout pomper pour écrire son célèbre traité "De la Richesse des Nations".
Qu'on se le dise : le libéralisme est bien une idée française, "piquée" (une de plus) par les anglo-saxons...

En France, les théories physiocratiques contre le protectionnisme ne restèrent pas lettre morte puisqu'elles réussirent, un temps du moins, à faire proclamer la libre-circulation des grains.

Mais les physiocrates furent toutefois très critiqués. Ils furent rendus responsables des crises dues aux mauvaises récoltes de 1767, 1770 et 1771.
Parmi les adversaires les plus virulents, citons :
Voltaire, qui les attaquent dans sa pièce, L'Homme aux quarante écus ; ou encore Diderot ; l'abbé Mably ; Forbonnais ; l'abbé Galiani et son fameux Dialogue sur le Commerce des blés.
Ils provoqueront la révocation, par l'abbé Terray, des édits de Turgot relatifs à la liberté du commerce des céréales.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 25 Fév - 0:13


TALLEYRAND OU L'OPPORTUNISME AU POUVOIR

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838), évêque d'Autun, député du clergé de son diocèse d'Autun aux Etats généraux, fut élu en 1790 président de l'Assemblée nationale.

Ses parents l'avaient poussé à entrer dans les ordres et cette vocation forcée ne pouvait donner que de fâcheux résultats de la part d'un homme passionné, doublé d'un ambitieux sceptique et sans scrupules. Il servit tour à tour tous les gouvernements, fut l'homme de tous les régimes. C'est ce qu'il appelait "se mettre à la disposition des événements".
Aussi, on vit successivement ce sceptique favoriser le progrès de la cause révolutionnaire, devenir ministre du Directoire, du Consulat et de l'Empire, grand chambellan et vice-grand électeur de Napoléon, pousser ensuite à la déchéance de l'empereur, représenter Louis XVIII au congrès de Vienne, accepter de la Restauration le titre de grand chambellan de la pairie et finalement diriger sous Louis-Philippe l'ambassade de Londres.

Il avait fait sien cet aphorisme : "La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée."

Dès 1789, "il jouissait de cette fortune, qui ne l'a jamais quitté, d'être aussi méprisé de ses amis que de ses ennemis". (Frénilly). Mais si Talleyrand fut sans valeur morale, sa haute intelligence était merveilleuse, son esprit sans pareil, son habileté incomparable et ses succès au Congrès de Vienne, en 1815, furent parmi les plus belles pages de la diplomatie française.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Jeu 26 Fév - 0:55

INSTRUCTION, RELIGION ET CULTURE DANS LA FRANCE DU XVIIIe SIECLE


C'est vers 1720-1730, que se font sentir, en France, les résultats d'un siècle de "christianisation" en profondeur de la société. Celle-ci fut entreprise par la réforme catholique du Concile de Trente en réponse au défi protestant. Le point de départ en fut la multiplication des missions intérieures dans les zones protestantes comme les Cévennes, ou celles font le christianisme restait trop superficiel, comme la Bretagne.

Les clercs de missions, souvent réguliers, prêchaient dans les dialectes locaux, catéchisaient et confessaient, changeant radicalement la culture des lieux où ils passaient. Leur action fut prolongée par l'action permanente des curés dont les qualités intellectuelles, religieuses et morales s'améliorèrent considérablement au XVIIe et XVIIIe siècles, grâce aux séminaires installés dans chaque diocèse.

Parmi les tâches annexes de l'Eglise, la plus importante fut certainement l'instruction des enfants.

La formation des enfants de choeur et des chanteurs de chorale s'accompagnait, et cela dès le XVIe siècle, d'une apprentissage de la lecture et de l'écriture dans les villes mais aussi dans les campagnes où les maîtres d'écoles dépendaient des chantres.
Puis, à ce premier réseau, s'ajoutaient à partir du XVIIe siècle, des écoles charitables pour les pauvres, notamment celles créées par Jean-Baptiste de La Salle et ses frères des écoles chrétiennes qui accueillaient pas moins de 36 000 élèves en 1790 !

Certaines communautés villageoises du Nord de la France complètaient ce réseau en engageant elles-mêmes des maîtres d'école dans les foires.

La place de l'Eglise fut tout aussi importante dans la mise en place d'institutions scolaires d'un niveau plus élevé comme les collèges (ancêtres de nos lycées) fondés par les Jésuites et les Oratoriens. Ils étaient implantés dans les villes de plus de 5000 habitants et scolarisaient pas moins de 50 000 adolescents recrutés à la fois dans les familles nobles mais assez largement dans les classes moyennes. La culture générale dispensée restait à la base axée sur les langues anciennes (les humanités), mais on y apprenait aussi le français, l'histoire, la géographie, les mathématiques et les sciences expérimentales.

Alors, n'en déplaise aux parangons du laïcisme à tout crin, mais l'action de l'Eglise en France fut loin, très loin même, d'être "obscurantiste". Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
cdang



Masculin Messages : 881
Date d'inscription : 15/10/2014
Localisation : Le Havre (76)

MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Ven 27 Fév - 13:41

'fin bon, quand je vois l'emprise morale qu'avait le curé il n'y a pas si longtemps dans les villages — ma femme a subi ça pendant son enfence, non, rien de graveleux, mais une véritable tutelle morale au sien même des familles — et les souffrances qui en ont résulté…

Benoît Poelvoorde, qui a été élevé chez les jésuites, témoignait que s'entendre dire tout les matin qu'un type était mort pour lui, ça pesait quand même assez lourd…

Donc l'instruction oui, mais il y a le reste.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gorak



Masculin Scorpion Messages : 3818
Date d'inscription : 31/08/2012
Age : 43
Localisation : La Principauté de Montbéliard
Emploi/loisirs : Paladin - aime la littérature, la musique, les voyages, découvrir d'autres cultures
Humeur : Agréable et courtoise

MessageSujet: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Mer 8 Avr - 0:14


LE SACRIFICE DE PORCON DE LA BARBINAIS

Tout le monde connait l'histoire de Régulus, ce Romain qui, au cours des guerres puniques, fut fait prisonnier par les Carthaginois et envoyé à Rome, sur sa parole, pour demander un échange de captifs, dissuada héroïquement le Sénat d'accepter les propositions faites et revint à Carthage où l'attendaient d'horribles supplices.

Par contre, beaucoup de Français ignorent qu'un de leurs compatriotes montra autant de courage et de grandeur d'âme qu'un Régulus.

En 1665, un officier malouin, nommé Porcon de La Barbinais, commandant une frégate de 36 canons, faisait la chasse aux Barbaresques en Méditerranée. Assailli par des forces supérieures en nombre, il tomba entre les mains du dey d'Alger, qui l'envoya proposer la paix à Louis XIV, après lui avoir fait jurer de revenir si les négociations échouaient.

Porcon partit, mais ne transmit qu'à contre-coeur au roi les propositions du dey qui furent rejetées. Aussitôt Porcon va à Saint-Malo, prend ses dernières dispositions, retourne à Alger où 600 chrétiens répondaient de sa parole, et meurt décapité.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://othello.forumculture.net/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: XVIIème ET XVIIIème SIECLES   Aujourd'hui à 12:37

Revenir en haut Aller en bas
 
XVIIème ET XVIIIème SIECLES
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 4Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» XVIIème ET XVIIIème SIECLES
» petite dagounette XII et XIII eme siecle !!
» épées lourde forger main du 11e siecles
» Cours #1 • La Crémation des Sorcières au 14ème siècle
» [XVIIIème] Parure inspiration Marie-Antoinette et the Duchess

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Terres d'évasion... :: LE PAVILLON DES DECOUVERTES :: Chez l'historien-
Sauter vers: