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 MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE

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VIC



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MessageSujet: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Dim 19 Mai 2013 - 15:07

L'ODYSSÉE d'HOMÈRE


Je suis en train de relire l'Odyssée. Je comptais faire de petits résumés des chapitres au fur et à mesure de mes lectures.
Toutefois, ces résumés sont déjà présents sur Wikipedia. Je me contenterais de les recopier pour un gain de temps évident, parfois épurés ou bien enrichis par mes soins.
Je posterai ces chapitres au compte-goutte, dès que j'en aurais fini un, afin que ceux qui le souhaitent puissent découvrir Homère pas à pas, plutôt que d'avoir immédiatement un résumé en un énorme bloc indigeste.
Et puis ce sera l'occasion d'avoir un petit feuilleton récurrent sur le forum.

Mais avant cela, une petite présentation de l'Odyssée s'impose :


illustration de Jan Styka, 1922-1927

L’Odyssée est une épopée grecque antique attribuée à l’aède Homère, qui l'aurait composée après l’Iliade, vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C. Elle est considérée comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature et, avec l’Iliade, comme l'un des deux poèmes fondateurs de la civilisation européenne.

L’Odyssée relate le retour chez lui du héros Ulysse, qui, après la guerre de Troie dans laquelle il a joué un rôle déterminant, met dix ans à revenir dans son île d'Ithaque, pour y retrouver son épouse Pénélope, qu'il délivre des prétendants, et son fils Télémaque. Au cours de son voyage sur mer, rendu périlleux par le courroux du dieu Poséidon, Ulysse rencontre de nombreux personnages mythologiques, comme la nymphe Calypso, la princesse Nausicaa, les Cyclopes, la magicienne Circé et les sirènes. L'épopée contient aussi un certain nombre d'épisodes qui complètent le récit de la guerre de Troie, par exemple la construction du cheval de Troie et la chute de la ville, qui ne sont pas évoquées dans l’Iliade. L’Odyssée compte vingt-quatre chants ou rhapsôdies, et peut être divisée en trois grandes parties : la Télémachie (chants I-IV), les Récits d'Ulysse (chants V-XII) et la Vengeance d'Ulysse (chants XIII-XXIV).

Les sources de ce sujet seront :
L'Odyssée, texte intégral, édition EDDL, 1996
Wikipedia, pour la quasi totalité des textes et rémsumés
divers sites, pour l'iconographie
mythologica.fr (Le Grenier de Clio) : portail des civilisations http://mythologica.fr/index.html



Dernière édition par VIC le Lun 10 Juin 2013 - 22:32, édité 5 fois
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VIC



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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Dim 19 Mai 2013 - 15:27

Homère


Portrait d'Homère du « type d'Épiménide »,
d'après une copie romaine d'un original grec du Ve siècle av. J.-C.,
conservé à la Glyptothèque de Munich

Homère est réputé avoir été un aède (poète) de la fin du VIIIe siècle av. J.-C. On lui attribue les deux premières œuvres de la littérature occidentale : l’Iliade et l’Odyssée.
Il était simplement surnommé « le Poète » par les Anciens.

Il est encore difficile d'établir aujourd'hui avec certitude si Homère a été un individu historique ou une identité construite, et s'il est bien l'auteur des deux épopées qui lui sont attribuées. Cependant plusieurs villes ioniennes (Chios, Smyrne, Cymé ou encore Colophon) se disputaient l'origine de l'aède et la tradition l'individualisait en répétant qu'Homère était aveugle.

La place d'Homère dans la littérature grecque est tout à fait majeure puisqu'il représente à lui seul le genre épique à cette période : on lui a attribué l’Iliade et l’Odyssée dès le VIe siècle av. J.-C., ainsi que deux poèmes comiques, la Batrachomyomachia (littéralement « la bataille des grenouilles et des rats ») et le Margitès, et les poèmes des Hymnes homériques.


Homère, personnage historique ?

Certains historiens remettent en cause l'existence d'un Homère historique. Son nom même, qui signifierait « otage », pose problème : on ne connaît aucune autre personne portant ce nom avant l'époque hellénistique et il reste rare avant l'époque romaine, où il est porté en particulier par des affranchis. Par ailleurs, on a fait valoir que pour les épopées, l'anonymat était la règle et le nom d'auteur, l'exception. On a donc pu parler de l'« invention » d'Homère a posteriori.

Une thèse récente, formulée par des auteurs anglo-saxons, postule que l'Odyssée aurait été écrite par une femme sicilienne du VIIe siècle av. J.-C. (et dont le personnage de Nausicaa serait une sorte d'autoportrait) : le premier à avoir lancé l'idée est l'écrivain anglais Samuel Butler dans The Authoress of the Odyssey, en 1897.

Qu'il ait existé ou non un Homère, Homère est devenu un nom fameux dans toute la Grèce, auquel les rhapsodes pouvaient se référer pour attirer les foules lors de leurs récitations publiques.


Homère, poète aveugle ?

La tradition veut qu'Homère ait été aveugle. L'image du « barde aveugle » est un lieu commun de la littérature grecque. Un personnage d'un discours de Dion Chrysostome remarque ainsi que « tous ces poètes sont aveugles, et croient qu’il serait impossible de devenir un poète autrement » ; Dion répond que les poètes se transmettent cette particularité comme une sorte de maladie des yeux.
Tout d'abord, l'aède Démodocos, qui apparaît dans l’Odyssée pour chanter des épisodes de la guerre de Troie, est aveugle : la Muse lui a « pris les yeux, mais donné la douceur du chant ». Ensuite l'auteur de l'Hymne homérique à Apollon Délien déclare à son propre sujet : « c'est un aveugle, qui réside à Chios la rocailleuse ». Le passage est repris par Thucydide, qui le cite comme un passage où Homère parle de lui-même.
De fait, le poète lyrique Xénocrite de Locres est réputé être aveugle de naissance ; Achaïos d'Érétrie devient aveugle pour avoir été piqué par des abeilles, symbole des Muses ; Stésichore perd la vue parce qu'il a dit du mal d'Hélène de Sparte, et Démocrite s'ôte la vue pour mieux voir.

Tous les poètes grecs ne sont pas aveugles, mais la fréquence avec laquelle la cécité est associée à la poésie pousse à s'interroger. Martin P. Nilsson remarque que, dans certaines régions slaves, les bardes sont rituellement qualifiés d'« aveugles »: comme le soutient déjà Aristote, la perte de la vue est supposée stimuler la mémoire. De plus, la pensée grecque associe très fréquemment cécité et pouvoir divinatoire : les devins Tirésias, Ophionée de Messène, Événios d'Apollonie ou Phinée sont tous privés de la vue. Plus prosaïquement, le métier d'aède est l'un des rares accessibles à un aveugle dans une société comme celle de la Grèce antique.



Homère (1812), par Philippe-Laurent Roland, musée du Louvre


Dernière édition par VIC le Dim 19 Mai 2013 - 15:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Dim 19 Mai 2013 - 15:45

la Télémachie (chants I-IV)

CHANT I :

L'histoire commence au moment où Ulysse, après bien des péripéties (qui ne sont évoquées qu'ensuite, aux chants IX à XII), se trouve retenu captif sur l'île de la nymphe Calypso qui désire l'épouser : incapable de rentrer chez lui à Ithaque pour retrouver sa femme Pénélope, il se morfond en pensant aux siens. Tous les dieux sont favorables à son retour, sauf Poséidon qui lui en veut d'avoir rendu aveugle son fils Polyphème, le Cyclope (cet épisode est narré au chant IX). Alors que Poséidon est parti festoyer en Éthiopie, les autres dieux se rassemblent et Athéna demande à Zeus de permettre à Ulysse de rentrer. Zeus y consent ; Athéna réclame que l'on envoie Hermès demander à Calypso de libérer Ulysse, puis fait part à Zeus de son projet de venir en aide à Télémaque. Cependant, ce n'est qu'au chant V, après les premières aventures de Télémaque guidées par Athéna, qu'Hermès est effectivement envoyé chez Calypso et qu'Ulysse apparaît en personne.

Athéna se rend alors sur l'île d'Ithaque. Pénélope y est harcelée par des dizaines de prétendants appartenant aux familles nobles de l'île et des îles environnantes : Ulysse ayant disparu depuis bientôt vingt ans (dix années de guerre à Troie et dix autres d'errances), Pénélope est en devoir de choisir un nouvel époux pour régner sur Ithaque, mais elle diffère indéfiniment le moment de choisir, car elle espère toujours le retour d'Ulysse. Dans l'intervalle, les prétendants se sont installés au palais d'Ulysse, dont ils dilapident les provisions en festins continuels. Athéna, déguisée en humain, conseille à Télémaque, le fils d'Ulysse, d'assembler les Achéens afin de dénoncer les agissements des prétendants de Pénélope, puis de partir vers Pylos et Sparte pour tenter d'apprendre ce qu'est devenu Ulysse.


Pénélope à son métier à tisser et Télémaque
skyphos à figures rouges 440-435 av. J.-C.
Chiusi, Musée national
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Lun 20 Mai 2013 - 18:18

CHANT II :

Le deuxième jour, Télémaque réunit l'assemblée et somme les prétendants de quitter le palais. Malgré le soutien d'Égyptios puis d'Halithersès, et un présage favorable envoyé par Zeus, il ne parvient pas à entamer la confiance des prétendants : leur chef, Antinoos, lui oppose un refus catégorique. Télémaque évoque ensuite son projet de voyage vers la sablonneuse Pylos, mais se heurte là encore à l'opposition des prétendants en la personne de Léocrite, qui prétend lui interdire ce voyage et met brutalement fin à l'assemblée.
Télémaque adresse alors une prière à Athéna, qui prend l'apparence de Mentor(*), le précepteur de Télémaque, pour l'encourager et l'incite à entreprendre le voyage malgré tout. Bravant l'interdiction des prétendants, Télémaque emprunte un navire et, accompagné de la déesse Athéna, toujours sous les traits de Mentor, se rend de nuit à Pylos.


Athéna
(*)Dans Les Aventures de Télémaque, paru en 1699, Fénelon donne un rôle considérable à Mentor. Dès le début du XVIIIe siècle, son nom passe dans la langue comme substantif pour désigner un guide ou un conseiller.


Athéna
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Mar 21 Mai 2013 - 21:34

CHANT III :

Le lendemain, Télémaque et Athéna (toujours déguisée en Mentor) débarquent à Pylos au moment où Nestor et ses compagnons accomplissent un sacrifice en l'honneur de Poséidon. L'un des fils de Nestor, Pisitrate, les conduit jusqu'à son père, qui les fait prendre part au repas. Nestor évoque les souffrances des héros à Troie et leurs destins funestes, mais il n'a aucune nouvelle récente d'Ulysse. À la demande de Télémaque, Nestor décrit la mort d'Agamemnon, assassiné par Égisthe à son retour de la guerre. Nestor conseille alors à Télémaque de se rendre à Sparte pour interroger Ménélas, car il est le dernier en date à être revenu chez lui après de nombreuses péripéties : peut-être a-t-il des nouvelles d'Ulysse. La conversation terminée, Nestor offre à ses hôtes de passer la nuit dans son palais. Télémaque accepte, tandis qu'Athéna-Mentor retourne au navire. Le lendemain, au matin, Nestor offre un sacrifice à Athéna ; Télémaque y assiste, ainsi qu'Athéna elle-même, toujours sous les traits de Mentor. Après le sacrifice, la toilette et le repas, Télémaque, accompagné de Pisistrate, se met en route pour Sparte à bord d'un char.




NESTOR A TÉLÉMAQUE. ON LES VIT ARRIVER TITUBANTS SOUS LE VIN, NOS FILS DE I.'ACHAÏE. Chant III. 138.
Peinture d'une coupe d'Euphronios. (Collection Van Branteghem. Bruxelles.»
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Jeu 23 Mai 2013 - 21:48

CHANT IV :

Au coucher du soleil, Télémaque arrive à Sparte où il est reçu par Ménélas et Hélène. Télémaque admire les splendeurs du palais de Ménélas ; ce dernier évoque les souffrances qu'il a dû subir pour accumuler ces richesses et évoque la guerre de Troie et la disparition d'Ulysse. Hélène, qui remarque le trouble de Télémaque, le reconnaît à sa ressemblance avec Ulysse avant même que les hôtes ne se soient présentés. Hélène offre aux hôtes une boisson contenant une drogue relaxante, puis elle et Ménélas évoquent différents épisodes où Ulysse a démontré sa ruse.

Le lendemain matin (le sixième jour depuis le début de l'épopée), Ménélas décrit son retour de Troie et les péripéties qui l'ont mené en Égypte, où il a interrogé Protée, le « vieil homme de la mer », en le capturant par ruse avec l'aide d'une des filles de Protée, Idothée. C'est de cette façon que Ménélas a pu quitter l'Égypte, où les vents contraires le retenaient depuis longtemps. C'est aussi de cette façon qu'il a appris le sort des autres héros de la guerre de Troie et surtout la mort de son propre frère Agamemnon.

Ménélas indique que Protée lui a dit qu'Ulysse vit encore en captivité sur une île. Il invite Télémaque à rester quelques jours, offre que Télémaque refuse, même s'il s'avère qu'il restera encore plus longtemps à Sparte.
Pendant ce temps, à Ithaque, les prétendants apprennent que Télémaque est parti à la recherche de son père et décident de lui tendre un piège.



Ménélas (à droite) courant après Hélène (au centre) pendant la prise de Troie,
cratère attique à figures rouges, 450-440 av. J.-C., musée du Louvre
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Dim 26 Mai 2013 - 22:16

Arrivée d'Ulysse chez les Phéaciens (chants V à VIII )

CHANT V :

Le lendemain matin (septième jour), de retour sur l'Olympe, Athéna réitère auprès de Zeus et des autres dieux sa demande de libérer Ulysse.
Zeus annonce que le destin d'Ulysse est de retrouver les siens à Ithaque, mais il devra d'abord souffrir vingt jours en mer, avant d'aborder chez les Phéaciens qui le ramèneront à Ithaque. Zeus envoie alors Hermès pour présenter le message à Calypso.

Hermès se rend sur l'île de Calypso et la trouve occupée à tisser dans une caverne au milieu des bois et des jardins.
Calypso accepte à contrecœur de laisser partir Ulysse. La nymphe se rend alors auprès d'Ulysse, qui reste à se lamenter sur le rivage, et lui conseille de se construire un radeau.
Après le repas, elle tente une dernière fois de dissuader le héros de quitter l'île, mais Ulysse préfère retourner auprès de son épouse, bien qu'elle soit mortelle.

Le lendemain, Ulysse se construit un radeau de fortune dont la fabrication est décrite avec précision. La construction du radeau prend quatre jours, puis Ulysse quitte l'île de Calypso. Après dix-huit jours de navigation sans encombres, il est sur le point d'aborder en Phéacie lorsque Poséidon, de retour d'Éthiopie, l'aperçoit et élève aussitôt une tempête contre lui. Le héros est sauvé par l'intervention d'une déesse marine, Leucothée : elle lui prête un voile protecteur qui l'empêche de se noyer une fois que son radeau s'est disloqué.
Ayant dérivé deux jours et deux nuits, Ulysse finit par aborder, non sans mal mais avec l'aide d'Athéna, sur la côte rocheuse de Phéacie (le trente-deuxième jour).

***

Pour aller plus loin ...

Ino / Leucothée


Mosaïque d'Ino, villa romaine du IVème ou Vème siècle de Saint-Rustice, musée Saint-Raymond.

Ino est la fille de Cadmos, fondateur de la célèbre cité de Thèbes, et d'Harmonie. C'est la seconde épouse d'Athamas, de qui elle a deux fils, Léarque et Mélicerte.

Dionysos, encore enfant, lui fut confié par Hermès pour le soustraire à la jalousie d'Héra, mais celle-ci, réputée pour sa rancune tenace, frappa de folie Ino et Athamas.
Ainsi, Athamas, prenant son fils Léarque pour un cerf, le pourchasse et le tue. Ino se précipite, quant à elle, dans la mer avec son fils restant, Mélicerte.

Zeus demande alors à Poséidon de les changer tous les deux en divinités de la mer. Sous son nouveau nom de Leucothée, elle devient la protectrice des marins et naufragés et la déesse des mers calmes, habitant les profondeurs marines. Son fils prend également un nouveau nom, Palémon.

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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Sam 1 Juin 2013 - 21:50

CHANT VI

Pendant la nuit, Athéna se rend au palais d'Alcinoos, roi des Phéaciens, et envoie un rêve à sa fille Nausicaa, pour lui donner l'idée d'aller laver son linge sur la côte : c'est un arrangement pour lui faire rencontrer Ulysse.
À l'aube, Nausicaa, avec l'accord de son père, rassemble ses servantes et se rend sur la plage. Tandis que les jeunes filles, leur lessive et leur bain terminés, jouent ensemble au ballon, Ulysse se réveille et émerge des fourrés, sale, blessé, hirsute et presque nu. Les servantes s'enfuient effrayées ; seule Nausicaa fait preuve de courage.
Ulysse, avec son éloquence habituelle, adresse un discours habile à Nausicaa, et celle-ci accepte de l'aider. Ulysse se baigne et s'habille, et Athéna le fait paraître plus beau ; il accompagne ensuite Nausicaa jusqu'aux portes de la ville, puis reste un peu en arrière tandis que la fille d'Alcinoos va annoncer à son père l'arrivée d'un étranger.



Rencontre d'Ulysse et de Nausicaa.
Amphore du Ve siècle av. J.-C. Munich

La rencontre entre Ulysse et Nausicaa dans l’Odyssée devient un sujet conventionnel en peinture à partir de la Renaissance.
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Mar 4 Juin 2013 - 23:46

CHANT VII

Avec l'aide d'Athéna, qui a pris l'apparence d'une petite fille, Ulysse arrive en ville et parvient jusqu'au palais d'Alcinoos. Athéna déguisée lui recommande de se jeter au pied de la reine, Arété, dès qu'il pénètrera dans la salle du trône. Ulysse entre dans le palais somptueux d'Alcinoos. Il agit comme Athéna le lui a recommandé, et Alcinoos accepte de l'accueillir en vertu des lois de l'hospitalité. Après lui avoir offert un repas, le roi interroge Ulysse sur son nom et ses origines. Ulysse, sans dire son nom, décrit son séjour chez Calypso puis sa navigation jusqu'en Phéacie et l'accueil que lui a fait Nausicaa. La conversation et le repas terminés, Ulysse passe la nuit au palais.



Ulysse à la cour d'Alcinoos, par Francesco Hayez (1813–1815)
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Mer 5 Juin 2013 - 22:53

CHANT VIII

Le jour suivant, Alcinoos invite Ulysse à un banquet en son honneur. L'aède Démodocos chante la querelle d'Ulysse et d'Achille au temps de la guerre de Troie ; Ulysse ne peut retenir ses larmes à ce souvenir, mais il les dissimule et seul Alcinoos s'en rend compte. Pour changer les idées de son hôte, Alcinoos ordonne des jeux improvisés, comprenant des épreuves de course, de lutte, de saut, de disque et de boxe. Invité à participer à l'une des épreuves, Ulysse commence par refuser, puis se décide lorsqu'un nommé Euryale se moque de lui. Il s'essaie alors au lancer de disque, et surpasse de loin tous les autres concurrents. Fier de sa performance, Ulysse défie les Phéaciens et évoque son talent pour le tir à l'arc. Personne n'ose plus se mesurer à lui : Alcinoos met alors fin aux jeux et fait de nouveau venir Démodocos.

L'aède reprend ses chants, et évoque un épisode cocasse de la vie des dieux : les amours adultères d'Arès et d'Aphrodite, et la ruse d'Héphaïstos, mari d'Aphrodite, pour révéler l'adultère au grand jour. Puis deux fils d'Alcinoos donnent un numéro de danse, après quoi le roi fait offrir divers présents à son hôte. Pendant le repas, Démodocos chante pour la troisième fois et raconte l'épisode du cheval de Troie. Encore une fois, Ulysse ne peut retenir ses larmes devant cette évocation de la guerre de Troie, mais dissimule son chagrin à tous, sauf à Alcinoos. Intrigué, le roi demande enfin à son hôte de révéler son nom.


Aphrodite, Arès, et la ruse d'Héphaïstos
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Jeu 6 Juin 2013 - 19:04

Chants IX à XII : les « récits chez Alcinoos »

CHANT IX : (Début du récit d’Ulysse)

Ulysse révèle enfin son identité aux Phéaciens, et fait le récit du voyage de deux ans qu'il a accompli entre la chute de Troie et son arrivée sur l'île de Calypso. Il relate son départ avec une flotte de douze navires; les vents les poussent vers Ismare, la cité des Cicones, qui ont participé à la guerre de Troie aux côtés des Troyens. Ulysse et ses compagnons prennent la ville par surprise et la mettent à sac. Peu empressés de repartir le même soir, ils sont attaqués par les Cicones, qui sont allés chercher de l'aide chez des voisins, et doivent s'enfuir à la hâte.
De là, une tempête les fait dériver pendant trois jours, puis le temps se calme ; mais, lorsqu'ils parviennent à hauteur du cap Malée, des vents contraires les déroutent de nouveau, jusqu'au pays des Lotophages, probablement dans une partie inconnue du monde. Ce peuple d'une grande hospitalité les accueille et leur offre leur nourriture : le lotos. Mais quiconque mange de ce fruit ne désire plus repartir, et Ulysse doit ramener de force aux navires ceux de ses compagnons qui en ont goûté.




Ulysse chez les Lotophages, par Van Thulden

Ulysse et ses marins naviguent ensuite vers l'île des Cyclopes où ils sont faits prisonniers par Polyphème qui dévore plusieurs d'entre eux. Ils parviennent à s'échapper grâce à une ruse d'Ulysse, qui enivre le Cyclope à l'aide du vin pris chez les Cicones, puis perce l'œil unique du monstre pendant son sommeil. Ulysse et ses compagnons quittent ensuite la caverne du Cyclope en se dissimulant dans la laine de ses moutons géants lorsqu'il les conduit hors de la caverne pour les mener paître.



Jordaens, Jacob (1593-1678), entre 1630 et 1635, Moscou, Musée Pouchkine

Ulysse a d'abord trompé Polyphème en lui affirmant s'appeler Outis, ce qui veut dire Personne : ainsi, lorsque Polyphème aveuglé appelle ses compagnons à son secours et leur explique qu'il a été aveuglé par Personne, il passe pour fou. Mais au moment où son navire quitte l'île, Ulysse ne résiste pas au plaisir de révéler son vrai nom pour railler Polyphème. Celui-ci, fou de rage, jette plusieurs rochers en direction du navire, et manque de peu de le broyer, puis réclame vengeance auprès de son père Poséidon, en le suppliant de faire en sorte qu'Ulysse ne rentre jamais au pays, ou bien, si le destin doit le lui permettre, qu'il ne rentre chez lui qu'après de longues souffrances, sur un vaisseau d'emprunt, privé de tous ses compagnons, et qu'il ne trouve chez lui que des malheurs.



Ulysse et ses compagnons aveuglant Polyphème, coupe laconienne à figures noires, 565-560 av. J.-C.


Dernière édition par VIC le Sam 8 Juin 2013 - 17:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Ven 7 Juin 2013 - 20:31

CHANT X :

Ulysse et ses compagnons arrivent ensuite sur l'île de bronze d'Éole, le gardien des vents. Celui-ci leur offre l'hospitalité et tente de les aider à rentrer chez eux en offrant à Ulysse une outre où il a enfermé tous les vents qui pourraient les empêcher d'arriver à bon port ; Éole leur envoie aussi une brise légère qui doit les ramener rapidement à Ithaque. Au dixième jour de navigation après avoir quitté l'île d'Éole, la flotte d'Ulysse aperçoit enfin les côtes d'Ithaque. Ulysse, rassuré et épuisé, succombe au sommeil. Par malheur, les compagnons d'Ulysse, persuadés que l'outre contient des trésors offerts à Ulysse par Éole, ouvrent l'outre, libérant ainsi tous les vents néfastes. Les vents contraires se déchaînent et emportent de nouveau la flotte vers l'île d'Éole, lequel, irrité du piètre usage qu'Ulysse a fait de son cadeau et persuadé qu'il est maudit par les dieux, les chasse cette fois sans ménagement.


Éole, marbre ancien
Après six nouveaux jours de navigation, la flotte aborde à Télépyle, la cité des Lestrygons, gouvernée par le roi Antiphatès. Mais les Lestrygons sont un peuple de géants cannibales : les éclaireurs envoyés par Ulysse sont tués et dévorés, et les Lestrygons, sortis en masse de la ville, écrasent les navires d'Ulysse en leur jetant d'énormes rochers. Ulysse parvient à s'enfuir, mais ne peut sauver qu'un seul navire et une poignée de ses marins.


L'attaque des Lestrygons.
Fresque de la Maison de l'Esquilin. Rome
Le navire d'Ulysse atteint ensuite l'île d'Aiaié, où réside l'enchanteresse Circé, fille d'Hélios. Ulysse aborde le premier et tue un cerf géant qu'il rapporte au navire. Après plusieurs jours de repos, il décide d'envoyer un groupe d'éclaireurs tirés au sort : Euryloque part en compagnie d'une vingtaine d'hommes, tandis qu'Ulysse et les autres restent au navire. Les éclaireurs découvrent le palais de Circé, entouré d'animaux sauvages, lions et loups, qui se comportent comme des animaux domestiques. L'enchanteresse les accueille, mais Euryloque, méfiant, préfère rester dehors. Les hommes qui entrent sont transformés en porcs lors du repas, car Circé a versé une drogue dans leur boisson. Euryloque, après être resté longtemps à attendre en vain le retour de ses hommes repart vers le navire et relate leur disparition à Ulysse. Ulysse se met aussitôt en route pour tenter de sauver ses compagnons. Il rencontre en chemin Hermès, sous l'apparence d'un beau jeune homme, qui lui indique de quelle manière il peut vaincre la magie de Circé et déjouer ses pièges ; il lui donne pour cela une plante, le moly, qui rendra les sortilèges de Circé sans effet.


Circée


Circé accueille Ulysse et verse une drogue dans sa boisson, dans l'intention de le transformer en porc lui aussi ; mais le sortilège ne fonctionne pas. Suivant les indications données par Hermès, Ulysse menace alors la magicienne de son épée ; elle tente de le séduire en lui offrant de partager sa couche, mais Ulysse n'accepte qu'après avoir fait prêter à Circé le grand serment des dieux, qui la rend incapable de lui faire du mal. Circé s'unit à lui, puis le traite en hôte de marque et lui offre un repas, mais Ulysse refuse de s'alimenter avant que la magicienne n'ait libéré ses hommes. Circé rend alors leur apparence humaine aux compagnons d'Ulysse, puis leur offre l'hospitalité, cette fois sans tromperie.

Ulysse et ses compagnons restent un an chez Circé à se reposer et à festoyer, après quoi les compagnons rappellent à Ulysse qu'il faut rentrer au pays. Circé leur conseille de visiter les Enfers, car seul le fantôme du devin Tirésias peut leur indiquer le chemin du retour. Le matin du départ, l'un des marins, Elpénor, se tue en tombant du toit du palais.


Circé offrant une coupe à Ulysse, v. 490-480 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes

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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Sam 8 Juin 2013 - 17:32

CHANT XI : la Nekuia (l'invocation des morts)

Après une journée de navigation, Ulysse débarque au pays des Cimmériens, plongé dans une nuit perpétuelle. Comme indiqué par Circé, il procède à un sacrifice et promet au devin Tirésias un bélier noir s'il accepte de se montrer à lui. Les ombres des morts s'approchent en foule, mais Ulysse leur défend de se nourrir du sang, qu'il réserve à Tirésias. L'ombre d'Elpénor réclame à Ulysse des funérailles convenables lorsqu'il retournera chez Circé. Puis l'ombre de Tirésias arrive, et fournit à Ulysse les indications qu'il recherchait. Ulysse apprend que lui et ses compagnons aborderont à l'île du Soleil, et qu'ils ne devront pas toucher au bétail d'Hélios s'ils veulent rentrer chez eux. Si jamais ils mangent les vaches du Soleil, Ulysse pourra tout de même rentrer, mais seul, misérable, après avoir perdu tous ses hommes, et il devra accomplir un long voyage afin d'offrir des sacrifices à tous les dieux pour les apaiser.


Jan Styka, 1922-1927

Ulysse parle ensuite avec le fantôme de sa mère, Anticlée. Elle lui annonce que Pénélope l'attend toujours fidèlement, et lui donne des nouvelles de son père, Laërte, et de son fils, Télémaque. Ulysse aperçoit ensuite plusieurs reines et héroïnes défuntes, dont les histoires sont racontées au passage : Tyro, Antiope, Alcmène, Mégara, Épicaste (Jocaste), Chloris, Iphimédie, Phèdre, Procris et Ariane, Maira, Clymène et Ériphyle. À ce stade de son récit, Ulysse fait une pause ; Arété, Alcinoos et les Phéaciens qui l'écoutent échangent des commentaires élogieux à son sujet, puis Alcinoos invite Ulysse à poursuivre son récit.


Ulysse sacrifiant un bélier pour appeler l'âme de Tirésias,
cratère à figures rouges lucanien, IVe siècle av. J.-C., Cabinet des médailles de la BnF

Le second groupe d'ombres que voit Ulysse comprend les héros de la guerre de Troie morts pendant ou après la guerre : Ulysse s'entretient avec le fantôme d'Agamemnon qui évoque sa mort sous la main d'Égisthe, puis avec l'ombre d'Achille, qui affirme qu'il préfèrerait être un bouvier misérable, mais vivant, plutôt que de régner sur les morts. Ulysse le réconforte en lui rapportant les prouesses de son fils Néoptolème. Ulysse aperçoit aussi Patrocle, l'irréprochable Antiloque et Ajax, qui lui tient encore rigueur à cause de leur rivalité à propos des armes d'Achille.




Tirésias apparaît devant Ulysse pendant le sacrifice,
Heinrich Füssli, 1780-1785, Graphische Sammlung der Albertina (Vienne)

Enfin, Ulysse voit les grandes figures des Enfers. Il voit Minos qui rend la justice chez les morts, puis le géant Orion, puis les damnés du Tartare en proie à leurs supplices : le géant Tityos dévoré par des vautours, Tantale affamé et assoiffé, Sisyphe poussant en vain son rocher. Il voit ensuite l'ombre d'Héraclès, qui chasse éternellement parmi les morts tandis que le véritable Héraclès, divinisé après sa mort, réside sur l'Olympe en compagnie d'Hébé. Après avoir vu tous ces défunts, Ulysse rentre au navire, de peur d'être changé en pierre par le fantôme de Gorgo (l'une des trois Gorgones - avec ses sœurs Euryale et Sthéno-, dont elle est la seule à être mortelle).



Perséphone surveillant Sisyphe dans les Enfers,
amphore attique à figures noires, v. 530 av. J.-C.


Sisyphe, Le Titien


illustrations de Jan Styka, 1922-1927 ; à droite : Sisyphe


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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Dim 9 Juin 2013 - 18:30

CHANT XII : (Fin du récit d’Ulysse)

Après son escale en Cimmérie, Ulysse retourne sur l'île d'Aiaié auprès de Circé, où le navire aborde au soir. Le lendemain se passe en repos et en festins. Au soir, Circé fournit à Ulysse d'autres indications sur la navigation qui l'attend avant de parvenir à l'île du Soleil dont lui a parlé Tirésias. Elle évoque les sirènes et le moyen de se prémunir de leur chant mortel, puis les Planktes, deux écueils qui broient les vaisseaux au passage et où vivent Charybde et Scylla, que seuls les Argonautes ont réussi à franchir avec l'aide d'Héra. Elle laisse Ulysse choisir entre le passage par Charybde ou celui par Scylla :

- "le premier écueil, de son faîte aigu, atteint le haut Ouranos, et une nuée bleue l'environne sans cesse... et jamais aucun homme mortel ne pourrait y monter ou en descendre ... tant la roche est haute et semblable à une pierre polie. Au milieu de l'écueil il y a une caverne noire ... c'est là qu'habite Scylla qui pousse des rugissements. C'est un monstre prodigieux ... Elle a douze pieds difformes, et six cous sortent longuement de son corps, et à chaque cou est attachée une tête horrible, et dans chaque gueule pleine de la noire mort il y a une triple rangée de dents épaisses et nombreuses."

- "l'autre écueil est mois élevé ... il y croît un grand figuier chargé de feuilles, et, sous ce figuier, la divine Charybde engloutit l'eau noire. Et elle la revomit trois par jour, et elle l'engloutit trois fois, horriblement."






Le lendemain, Ulysse et ses compagnons repartent en mer. Grâce aux conseils de Circé, ils évitent sans encombre les sirènes, car Ulysse a bouché les oreilles de ses marins avec de la cire ; lui-même, désireux d'écouter le chant, s'est fait attacher au mât pour ne pas être tenté de se jeter à la mer sous le charme.

Ils arrivent ensuite à hauteur des deux écueils de Charybde et Scylla : ils passent au large de Charybde, mais ne peuvent éviter l'autre monstre, Scylla, qui enlève et dévore six marins. Une fois franchis les deux écueils, le navire d'Ulysse parvient sur l'île du Soleil. Ulysse répète à ses hommes l'avertissement donné par Tirésias et leur défend de chasser sur l'île. Les premiers jours, les vivres amassés dans le navire suffisent à nourrir tout le monde ; mais pendant un mois, les vents contraires retiennent Ulysse sur l'île. Au bout d'un mois, affamés et ne pouvant repartir à cause de la tempête, les hommes d'Ulysse profitent que celui-ci a succombé au sommeil et dévorent les troupeaux d'Hélios, qui les voit du haut de son char et réclame aussitôt vengeance à Zeus. Les marins d'Ulysse festoient pendant six jours, ignorant des signes funestes envoyés pour les avertir : les viandes tournant sur les broches se mettent à meugler. Le septième jour, la tempête se calme et le vaisseau repart, mais un ouragan survient, et Zeus foudroie le navire, qui sombre avec tout l'équipage. Seul Ulysse, qui n'a pas mangé de bétail, survit au naufrage et échappe de peu à Charybde vers le rocher duquel le vent l'a entraîné. Accroché à une poutre, il dérive ensuite pendant dix jours, puis s'échoue sur l'île de Calypso où il passe les sept années suivantes prisonnier de la nymphe.


Compagnons d'Ulysse volant le bétail d'Helios, Pellegrino Iibaldi (1527 -1596)



Pour aller plus loin :

les sirènes

Une sirène est une créature mythologique hybride : mi-femme et mi-oiseau (tradition antique) ou mi-femme et mi-poisson (tradition médiévale).
Musiciennes dotées d’un talent exceptionnel, elles séduisaient les navigateurs qui, attirés par les accents magiques de leur chant, de leurs lyres et flûtes perdaient le sens de l’orientation, fracassant leurs bateaux sur les récifs où ils étaient dévorés par ces enchanteresses. Elles sont décrites au chant XII de l’Odyssée comme couchées dans l’herbe au bord du rivage entourées par les « amas d’ossements et les chairs desséchées des hommes qu’elles ont fait périr ».



Mosaïque d'Ulysse, Musée du Bardo, Tunis

origine des sirènes :

L’origine des sirènes n’est pas vraiment claire. Selon la mythologie, elles étaient filles du fleuve Achéloos et de la Muse Calliope (ou de Terpsichore, la Muse de la Danse). Les Romains racontent d’ailleurs que les sirènes étaient à l’origine des femmes normales, elles auraient été les compagnes de Coré, devenue par la suite « Perséphone », et auraient laissé Hadès l’emmener. Les sirènes auraient reçu leur forme comme punition pour ce crime et, par la suite, les sirènes, chantaient prophéties et chansons relatives au royaume d’Hadès. Euripide évoque dans Hélène le caractère funéraire des sirènes ce que confirment les représentations de sirènes sur des stèles funéraires.

Une autre explication de leur métamorphose en attribue la cause à la colère d’Aphrodite. La déesse de l’Amour, les affubla de pattes et de plume tout en conservant leur visage de jeunes filles parce qu’elles avaient refusé de donner leur virginité à un dieu ou à un mortel.


stamnos attique à figures rouges du Peintre de la Sirène vers 480-470 av. J.-C.

représentations grecques des sirènes :

Les sirènes étaient représentées, chez les Grecs, avec « un corps d’oiseau et une tête de femme, et jamais avec un corps de poisson comme dans les mythes nordiques. Cependant, il faut noter qu’Homère ne fait aucune allusion à des femmes-oiseaux. Le texte semble même suggérer qu’il pense à des femmes normales se tenant au bord de la mer. Sur les monuments funéraires, elles figuraient des divinités chantant au son de la lyre et laissant supposer des intentions érotiques à l’égard du héros décédé.
Il reste quelques vases grecs qui racontent les aventures d’Ulysse : sur ceux qui sont antérieurs au IIIe siècle av. J.-C., les sirènes apparaissent comme des oiseaux à tête de femme. Par la suite, elles acquièrent des bras, puis une poitrine humaine, attributs peut-être seulement esthétiques, même s’ils constituent des éléments supplémentaires de séduction, puisque les sirènes sont désormais représentées jouant d’un instrument, flûte ou cithare. Ainsi, elles s’humanisent au cours de l’Antiquité pour devenir des femmes ailées chez les Romains et les Étrusques.



John Watherhouse, 1891 (Melbourne, National Gallery of Victoria)

représentations scandinaves et médiévales des sirènes :

Pour les Scandinaves, la sirène est un monstre redoutable appelé Margygr (la « géante de mer »). L’œuvre norvégienne le Miroir royal la décrit comme une avenante créature ressemblant à « une femme en haut de la ceinture, car ce monstre avait de gros mamelons sur la poitrine, comme une femme, de longs bras et une longue chevelure, et son cou et sa tête étaient en tout formés comme un être humain ».
Au VIIIe siècle, le moine anglais Aldhelm de Sherborne les décrit comme des vierges à queue de poisson couverte d’écailles.
Ces deux représentations vont cohabiter jusqu’au XVe siècle où les sirènes volantes laissent définitivement la place à une jolie femme aux longs cheveux et à queue de poisson.
Les bestiaires médiévaux les décrivent comme des femmes « de la tête aux cuisses » et poissons de « là jusqu’en bas avec des griffes et des ailes » dans un syncrétisme qui noue les traditions fabuleuses des mythologies grecque et germanique.
Notons que les anglophones appellent "siren", les sirènes antiques (mi-femmes, mi-oiseaux), et "mermaid", les sirènes scandinaves (avec une queue de poisson).



Ulysses et les Sirènes, Draper Herbert James, 1909

les harpies : mi-femmes, mi-oiseaux, elles sont également présentes dans la mythologie grecque. Ce sont des divinités de la dévastation et de la vengeance divine. Plus rapides que le vent, invulnérables, caquetantes, elles dévorent tout sur leur passage, ne laissant que leurs excréments. Selon Hésiode, elles ont un corps ailé d'oiseau et une tête de femme. Virgile leur donne des visages de fillettes et des serres d'oiseau de proie. Homère en fait aussi des déesses des tempêtes...







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MessageSujet: Re: MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE   Lun 10 Juin 2013 - 22:36

Chants XIII à XX : retour d'Ulysse à Ithaque et préparatifs de la vengeance

CHANT XIII :

Ulysse a terminé son récit ; Alcinoos lui promet de le faire ramener à Ithaque par ses marins sans autres péripéties. Le jour suivant, le trente-cinquième, les Phéaciens offrent à Ulysse un navire, un équipage et des présents. Le soir, après un banquet, Ulysse embarque puis sombre dans le sommeil. Le vaisseau phéacien file sur la mer à une vitesse surnaturelle et après une nuit de navigation, il accoste à Ithaque.
Les Phéaciens déposent Ulysse, toujours endormi, dans une grotte fréquentée par les nymphes, et déposent auprès de lui les présents d'Alcinoos ; puis ils repartent, mais Poséidon obtient de Zeus de punir les Phéaciens qui ont bravé les mers en offrant à Ulysse un retour aussi rapide : Poséidon enracine alors le navire au fond de la mer au moment où il est sur le point de rentrer au port en Phéacie.
Pendant ce temps, à Ithaque, Ulysse s'éveille au matin en colère ; Athéna fait respecter le vœu accordé à Poséidon, et fait en sorte qu'il ne reconnaît pas sa patrie dans un premier temps. Déguisée en jeune berger, elle l'accueille, et il se présente sous une fausse identité en prétendant être un Crétois en fuite.  Athéna révèle son identité de déesse, puis dissipe le sort qui empêche Ulysse de reconnaître les environs. Elle lui révèle qu'il est de retour chez lui, l'informe des manigances des Prétendants de Pénélope, et le déguise en mendiant afin qu'il puisse voir ce qui se passe chez lui sans être reconnu. Il part ensuite retrouver son loyal porcher, Eumée.




illustration de Jan Styka pour le Chant XIV, 1922-1927


Chant XIV :

Ulysse, déguisé en mendiant, est accueilli par Eumée, qui lui offre l'hospitalité. Au cours du repas, Eumée évoque le sort malheureux de son maître disparu et les abus auxquels se livrent les prétendants au palais. Après le repas, Ulysse, toujours incognito, questionne Eumée sur son propre sort : le porcher explique que de nombreux vagabonds viennent au palais raconter des mensonges et de fausses nouvelles d'Ulysse afin de s'attirer la bienveillance de Pénélope. ... Eumée interroge alors Ulysse qui se présente comme un Crétois ayant combattu à Troie et ayant perdu ses compagnons au cours de péripéties en Égypte pendant le voyage du retour. Il dit même avoir entendu parler d'Ulysse chez le roi des Thesprotes, Phidon, et prétend qu'Ulysse serait parti à Dodone consulter l'oracle de Zeus. Eumée, en retour, évoque son propre quotidien et ses visites au palais de Pénélope, mais se refuse toujours à croire qu'Ulysse serait vivant.
Le soir vient, et les pâtres qui travaillent au service d'Eumée rentrent pour le souper. Au cours du repas, Ulysse raconte une anecdote de la guerre de Troie où il se met en scène — en tant qu'Ulysse — trouvant une ruse pour se procurer un manteau à lui-même - sous sa fausse identité. Le récit a pour but de mettre à l'épreuve la générosité d'Eumée en l'incitant à lui offrir un manteau comme couverture pour la nuit. Eumée se montre généreux : il prête un manteau au mendiant pour la nuit.



Pénélope et les prétendants, John William Waterhouse, huile sur toile, 1912


Dernière édition par VIC le Sam 22 Juin 2013 - 12:38, édité 2 fois
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MYTHOLOGIE GRECQUE : L'ODYSSÉE d'HOMÈRE

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